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ENCYCLOPEDIE DE LA POLYNESIE 1
les îles
océaniques
ENCYCLOPEDIE DE LA POLYNESIE
Avec l'Encyclopédie de la Polynésie, les habitants de la
Polynésie française ont à leur disposition, pour la
première fois, un inventaire complet et détaillé du
monde dans lequel ils vivent. Pour la première fois, la
somme des connaissances acquises sur tout ce qui
concerne ce pays en ce moment du XX" siècle est
publiée pour décrire les 118 îles qui le composent, pour
faire revivre les hommes et les sociétés des temps
passés, pour faire l'inventaire des richesses que leur
offre leur environnement et dresser le tableau de la vie
quotidienne dans la Polynésie d'aujourd'hui.
Une encyclopédie de toute la Polynésie fran¬
çaise : si Tahiti et sa capitale Papeete restent l'organe
vital du Territoire, il est aussi vrai que les archipels qui
le composent jouent un rôle déterminant. Par
conséquent, tout au long des 9 volumes de l'Encyclo¬
pédie, Australes, Tuamotu, Gambier, Marquises et
Société sont évoqués, à la fois pour leur appartenance
à l'ensemble polynésien et pour leurs caractères
spécifiques. Ainsi, qu'il s'agisse d'histoire, d'archéo¬
logie, d'économie ou de l'étude des milieux naturels,
l'Encyclopédie apporte un témoignage de la richesse
et de la diversité des îles.
Une encyclopédie thématique : dans cet esprit, une
énumération
comme une
alphabétique des sujets serait apparue
restriction à l'ampleur du propos. Alors
que la répartition de ces 9 volumes en thèmes
successifs permet une compréhension plus complète
et
plus profonde des sujets, où l'on verra que, bien
souvent, l'exploration du passé éclaire les conditions
du présent et les possibilités de l'avenir.
|
Une encyclopédie visuelle : à notre époqué où la
communication par
l'image joue un si grand rôle, il
paraît évident de lui donner une place prépondérante
dans un ouvrage de cette importance. Cartes,
schémas, dessins et photographies occupent plus de
la moitié des pages, ajoutant ainsi à l'information écrite
une vision concrète et attrayante de celle-ci.
Une encyclopédie pour tous : qu'il s'agisse du
peuplement de la Polynésie et de sa culture ancienne,
de ses ressources et de la gestion attentive de son
environnement, ou de l'état actuel de son organisation,
il va de soi que le désir de la connaissance passe par le
plaisir de son approche. Textes et illustrations ont
donc été conçus dans un souci de simplicité qui laisse
intacte la rigueur scientifique. Dans chaque volume,
une bibliographie permet de connaître les sources de
la documentation ou d'aller plus avant dans l'étude
d'un sujet. Enfin, un index et un glossaire éclairent les
termes techniques et facilitent la lecture.
Une encyclopédie des Polynésiens : un ouvrage de
cette conception représente un outil de travail pour les
enseignants, une source de références pour les éléves
et les étudiants, un moyen d'information pour tout
esprit curieux. Il permet à tous ceux qui sont nés ou qui
vivent en Polynésie de la mieux connaître et, pour tous
ceux de l'extérieur, de découvrir une image différente
de celle des cartes postales.
Mais, les dimensions de l'Encyclopédie de la Polynésie
dépassent ces aspects pratiques. Comme tout pays en
plein essor, la Polynésie française est confrontée à ce
défi que constitue l'insertion de sa croissance démo¬
graphique et économique dans le cadre géographique
et politique qui est le sien. Des 9 volumes de cet
ouvrage se dégagent l'historique et le bilan des
ressources dont dispose ce pays. En conséquence
directe, ils mettent l'accent sur ses richesses poten¬
tielles, mais aussi sur la fragilité des équilibres naturel
et humain dont chaque Polynésien est le garant.
En couverture; cl. C.Rives-Cedri; ill. B. Hugueville.
ENCYCLOPEDIE
DE
lA POLYNBIE
DOCÜMINTATION
® C.
ENCYCLOPÉDIE DE LA POLYNÉSIE
Editée et produite par Christian Gleizal
Gleizal/Multipress pour la première édition
Tous droits réservés. Il est interdit de reproduire, d'utiliser dans une banque de
données ou de retransmettre par quelque moyen que ce soit cet ouvrage,
partiellement ou totalement, sans l'autorisation préalable écrite des éditeurs.
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ENCYCLOPEDIE DELAPŒYNESIE
3
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les îles océaniques
Ce premier volume de l’Encyclopédie de la Polynésie a été réalisé sous la direction de
Bernard Salvat,
Docteur ès sciences, Muséum E.P.H.E.
avec
la collaboration de : Roger Bergès, Ingénieur, Service de la Météorologie,
Jean-Marc Bouzat, Ingénieur, Service de l’Energie et des Mines, Robert Brousse, Docteur ès sciences.
Université d’Orsay,
Georges Cauchard, Ingénieur, Service de la Météorologie, Jean-Pierre Charles, Professeur certifié. Lycée Paul Gauguin,
Pascal Gelugne, Docteur de 3ème cycle. Laboratoire des Travaux Publics,
Maurice Graindorge, Didier Jacquet, Ingénieur, Laboratoire des Travaux Publics,
Rémi Jamet, Maître ès sciences et D.E.S., O.R.S.T.O.M., Alain Lafforgue, Ingénieur-O.R.S.T.O.M.,
François Merceron, Agrégé de l’Université, Lycée Paul Gauguin,
Christian Prudhomme, Ingénieur, Laboratoire des Travaux Publics,
Francis Rougerie, Licencié et D.E.A. ès sciences, O.R.S.T.O.M., Bernard Salvat, Docteur ès sciencès, Muséum-E.P.H.E.,
Jacques Talandier, Docteur de l’Université, Laboratoire de Géophysique (C.E.A.), René Villot, Ingénieur, Service de l’Equipement,
Bruno Wauthy, Ingénieur, O.R.S.T.O.M.
et la coopération des organismes et services suivants : Bureau Technique des Communes, Commissariat à l’Énergie Atomique,
Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (Cnexo-I.S.T.P.M.), Lycée Paul Gauguin,
Antenne du Muséum National d’Histoire Naturelle et de l’École Pratique des Hautes Études,
Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer, Service de l’Énergie et des Mines, Service de l’Équipement,
Service de la Météorologie
...
Conception et production : Christian Gleizal
Maquette et coordination de la réalisation technique : Jean-Louis Saquet
Assistante de production : Catherine Krief
Illustration : Bernard Hugueville
Cartographie : Jacques Sablayrolies
Photographies : J.-C. Bosmel, J. Bouchon, G. Boutault, R. Brousse, E. Christian,
M.
Folco, P. Gelugne, B. Hermann, J.-C. logna, R. Jamet,
Marquant, M. Moisnard, G. Mottay, C. Pinson,
Pirazzoli, M. Ricard, C. Rives, J. Robin,
P. Laboute, C. Macherey, J.-P.
M.
F.
Rougerie, B. Salvat, J.-L. Saquet, J. Talandier
Les photographies autres que celles confiées par leurs auteurs ou leurs agences
sont publiées avec l’autorisation des sociétés ou organismes suivants :
C.E.A., C.N.R.S., IFREMer (Cnexo), I.S.T.P.M., Escadrille 12 S, O.P.A.T.T.I.,
O.R.S.T.O.M., Marama Nui, Météorologie nationale, Muséum E.P.H.E...
Notre travail a été considérablement facilité par l’importante documentation
mise à notre disposition par Times Editions/les Editions du Pacifique et leur
fondateur Didier Millet.
CHRISTIAN GLEIZAL / MULTIPRESS
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Préface
La
richesse
essentielle
de
la
croître
et
Polynésie française c’est la splendeur de
sa nature et les vertus d’hospitalité et de
gentillesse de ses habitants. Des premiers
navigateurs d’autrefois aux milliers de
visiteurs qui, de nos jours, redécouvrent
l’enchantement de Tahiti et des archipels
qui forment notre Territoire, cette
renommée
s’embellir.
n’a
fait
que
Cependant, cette image de marquesuivant l’expression consacrée - sert
d’écrin à d’autres richesses, vastes et
diversifiées, dont l’ensemble constitue le
patrimoine réel du peuple polynésien.
Longtemps, la connaissance appro¬
fondie des possibilités qui nous sont
offertes demeura incomplète. Puis, la
qualité et l’abondance des recherches, la multiplicité des compétences, ont permis
l’élaboration d’un ouvrage de grande ampleur, répondant à toutes les
questions que
chaque habitant de ce pays est en droit de se poser. L’Encyclopédie de la Polynésie me
semble satisfaire pleinement à cette légitime curiosité.
Certes, nous savons que la Polynésie française pourrait se suffire à elle-même en
développant son agriculture, l’élevage, en extrayant les phosphates de ses atolls, mais
elle dispose surtout de l’Océan.
Aujourd’hui nous n’en exploitons qu’une infime partie avec la nacre ou ces
disputer sur
place et, dans cet immense vivier, nous ne pêchons que ce qui est nécessaire pour la
merveilleuses perles noires que les joailliers du monde entier viennent se
consommation locale.
Mais demain, nous utiliserons l’énergie
thermique des mers, nous extrairons les
nodules polymétalliques des abysses, nous
développerons la pêche hauturière...
Les projets d’avenir ont d’autant plus de chances d’être menés à bon terme
que
l’on connaît mieux les ressources à notre portée, tel un outil dont il est
précieux de
comprendre le mécanisme et l’efficacité. Avec ses 118 îles et atolls, la Polynésie
française forme un monde double, à la fois terrien et maritime, aux aspects variés,
dont l’inventaire représente justement cet outil
qui nous fait entrer de plain-pied dans
le présent et permet d’aménager le futur avec assurance.
Le propos de cette encyclopédie est de dresser cet inventaire, où le milieu naturel
joue un rôle prépondérant dont dépend notre manière de vivre et la prospérité de
société.
D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Cette
notre
interrogation,
posée par Gauguin dans une de ses plus belles oeuvres, peut venir à l’esprit de tout
lecteur polynésien, comme à celui de tout ami,
métropolitain ou étranger,
sincèrement épris de ce pays isolé au milieu de l’immense Océan...
Au présent ouvrage d’éclairer l’un et l’autre sur la vie réelle, souvent
mystérieuse,
toujours passionnante, des trésors que recèle un environnement exceptionnel, et de
révéler les promesses incluses dans la mer
qui nous entoure, les montagnes
majestueuses des îles, les anneaux argentés des atolls, la sérénité lumineuse des
lagons.
Entre ciel et océan,
l’atoll, stade d'évolution
d’une île haute, est à la
fois symbole de la
précarité - peu d’eau
douce, des sols sans
humus, à la merci des
catastrophes
naturelles - et aussi
image d’une richesse
touristique et
océanographique à
développer,
(cl. C. Rives-Cedr/')
Avant-propos
essentiel de notre Polynésie,
clairsemées au cœur
du Pacifique, loin de toute grande terre, mais encore, purs produits de l’activité volcanique, d’îles qui sont nées du fond même de cet océan.
Quant aux autres îles, celles des plateaux sous-marins en bordure des continents, elles sont qualifiées d’îles continentales.
Cette origine volcanique des îles polynésiennes, conjointement à leur jeunesse - comparée à l’âge de la Terre-sont les deux éléments de base qui
vont décider de tout le reste, du milieu naturel comme des sociétés humaines. C’est cette longue histoire que se propose de raconter et de tenter
d’expliquer l’Encyclopédie dans un premier volume qui met en place le décor. Les deux suivants s’attacheront à brosser le tableau de la vie
végétale et de la vie animale avant que l’homme n’entre en scène. Car il en fut ainsi chronologiquement.
Il nous a paru indispensable de situer géographiquement la Polynésie française avant d’aborder l’origine volcanique de ces îles qui surgissent
en des points relativement précis. Dès leur naissance, elles vont évoluer. Elles-mêmes, tout d’abord, vont se déplacer comme le fond océanique
qui les porte, généralement vers le nord-ouest, en s’enfonçant sous leur propre poids. Ainsi la Polynésie présente-t-elle des îles à tous les stades
d’évolution. Dans le seul archipel de la Société, ils sont tous présents, de Mehetia à Scilly, en passant par Tahiti, Moorea, Huahine, Maupiti...
Puis, une fois sorties de l’eau, ces îles subissent l’influence du climat tropical qui détermine aussi bien l’érosion par les effets du vent, de la pluie,
que les conditions d’habitabilité de la flore et de la faune, venues des îles et des continents les plus proches.
Enfin, l’océan va continuer à modeler ces îles, nées en son sein, et qui évoluent désormais sous l’effet conjugué du volcanisme et du climat :
Les îles océaniques, premier volume de l’Encyclopédie : ce titre n’a pas pour seul but de souligner le caractère
ensemble de constellations d’îles dans l’immensité océanique. Il recouvre une double réalité car il s’agit non seulement d’îles
en leur offrant ou non les conditions de construction corallienne, en organisant la circulation des eaux dans les lagons,
il confère à chacune une identité propre.
Nées du feu, de l’eau, de l’air et de l’activité biologique, les îles ont enfin pris leurs formes.
Il nous restera alors à décrire la nature des sols qui les composent, leur réseau hydrographique et à faire l’inventaire
de leurs ressources pour achever cet état des lieux.
C’est à cet ensemble de connaissances dans le domaine des Sciences de la Terre qu’est consacré
premier volume, selon un découpage et un ordre toujours délicats à déterminer,
interrelations sont multiples entre les sujets abordés.
En fin de compte, c’est la jeunesse, le mouvement et le changement qui gouvernent
naturellement ces îles. Face à des forces qu’il ne dominera pas, l’homme, avec humilité,
retenir cette première leçon. Car il fut et reste intimement lié à son environnement : dans les îlS
océaniques plus que partout ailleurs, les sociétés humaines s’expliquent par les avantages et
inconvénients de l’insularité, replacés dans un contexte géographique local. Certes, pour la Polynésie
les originalités sont nombreuses, mais elles vont de pair avec une certaine précarité,
et même une certaine fragilité naturelle des îles et de leurs peuplements.
L’homme et les activités humaines n’échappent pas à ces données du milieu.
Sur notre planète vieille de plus de 4 milliards d’années, les plus anciens pitons volcaniques de nos îles n’iont
pas 20 millions d’années. Cela représente les 7 dernières minutes d’une Terre qui ne serait âgée que de 24 heures
A peine ont-ils surgi que les volcans disparaissent, laissant place aux atolls.
Et, sur la scène polynésienne, l’homme ne fera son entrée
qu’au cours des 5 derniers centièmes de seconde...
ce
tant les
Bernard SALVAT
1= MARSHALL
1= CAROLINES
Howland
1= GILBERT
L PHOENIX
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Sur cette carte du
Pacifique et de ia
Poiynésie française, ies
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sphères représentent
i'importance reiativedes
popuiations. (dessin de
B. Hugueviile, d'après
F. Merceron et
J.-P. Charies)
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Nukulepipri
lËtoupe Ac
PÉROU
POLYNÉSIE
FRANÇAISE
<^i^V--AVT
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Jwi
'^^ÊÊWElË^'
P
Sommaire 1
Les cinq archipels
9
12
14
16
2
f. merceron, j.-p. charles, m. graindorge
La Polynésie dans le Pacifique
La Polynésie dans l’ensemble français
Tahiti et Moorea : cœur économique du Territoire
19
Les îles Sous-le-Vent et les Tuamotu du Nord
22
Les archipels éloignés
24
Le ciel de la Polynésie
m. Graindorge
Origine et âge des îles
25
28
31
3
La Polynésie dans le monde
La tectonique des plaques et les séismes
Les tsunamis
38
L’âge des îles
j. Talandier
y. Talandier
R. Brousse
Géologie des îles hautes
R. BROUSSE
41
La croissance des îles : le stade sous-marin
44
La croissance des îles : le stade aérien
46
La croissance complexe : plusieurs volcans par île
La décroissance des îles : des volcans aux atolls
'=-54
57
60
62
64
67
70
Les roches volcaniques : des basaltes aux phonolites
Les houles et les marées
Les courants océaniques
_.89
(cl. C. Rives-Cedr/)
B. Salvat
A.
97
Les débits des rivières
Lafforgue
a.
Les crues et les étiages des rivières de Tahiti
Lafforgue
100
A. Lafforgue
104
Les sols
112
de la Terre - de l’archipel
de la Société.
b. salvat, a. lafforgue, r. villot
Les rivières de Tahiti et la mesure de leurs débits
110
Rémur, Hachette)
Page suivante. Cette
photographie de
Moorea émergeant des
nuages nous rappelle
la jeunesse - à l'échelle
...
95
108
(dessin de Tanguy de
Les îles hautes volcaniques
Les atolls ou îles basses coralliennes
105
8
L’eau des lagons
Les lagons et les activités humaines
92
103
connaissance de la
structure et de
révolution de la Terre.
Les travaux qui ont suivi
ont contribué à une
meilleure connaissance
de l'origine et de l'âge
des îles de la Polynésie,
f. rougerie, b. wauthy
Des eaux peu productives
Les types d’îles et l’hydrographie
—
Pacifique. La théorie de
la tectonique des
plaques a bouleversé la
Caractéristiques du climat en Polynésie
Le temps à Tahiti et Moorea
Le cyclone tropical
79
88
g. CA UCHA RD, f. berges
Les nuages et les principaux types de temps
Les météores
76
84
Carte du fond de l'océan
La pression atmosphérique et le régime des vents
L’océan qui nous entoure
73
Les interactions océan-atmosphère
82
7
j. Talandier
L’activité volcanique
4 /'y Le CI i m at
6
j. Talandier
Les points chauds, l’origine des îles et la subsidence
34
49
5
j. talandier, r. brousse
Les nappes d’eau souterraines
Le cycle de l’eau
R. vuiot
r. villot
R. JAMET
La pédologie ou l’étude des sols
Les sols des plateaux
Les sols des pentes
Carte pédologique de Tahiti
113
L’érosion des sols des îles hautes
114
Les sols des hauteurs
116
Les sols des plaines et des vallées
118
B. Salvat
Les sols des atolls et des ceintures coralliennes des îles hautes
Les ressources
121
„124
126
j.-m. bouzat, c. prudhomme, p. gelugne, d. jacquet
Les carrières terrestres et les sites alluvionnaires
c. Prudhomme, P. Gelugne
Les matériaux coralliens
Les ressources hydrologiques et hydrogéologiques
128
Les ressources minières
130
Les énergies renouvelables
135
136
L’énergie thermique des mers
Historique des connaissances
139
Index
140
Lexique
Bibliographie
143
c. Prudhomme, D. Jacquet
..
c. Prudhomme, D. Jacquet
j.-M. Bouzat
J.-M. Bouzat
F. Rougerie
7
1
Les cinq archipels
Le Pacifique est un monde original quiconfiguration
associe des des
poussières
d’îles et de
archipels est bien
formidables étendues maritimes. La
différente dans la partie ouest de l’océan où dominent les grandes îles
(Fidji, NouvelleCalédonie, Salomon...) et la partie orientale parsemée de terres minuscules et de plus
en plus rares vers l'est. Située dans le
quart sud-est de l’océan Pacifique, la Polynésie
française appartient au monde des petites îles en marge du désert océanique vrai et il
est peu d’espaces politiques au monde où la
dispersion des terres et des hommes soit
aussi fortement réalisée.
La Polynésie est restée longtemps à l’écart des mondes actifs de
l’hémisphère
Nord, puis elle a été ouverte aux courants planétaires en deux temps. A la fin du XVIIP
siècle, Wallis, Bougainville et Cook ont inauguré la période des liaisons maritimes
internationales et d’une dépendance multiforme de l’Occident. Il est donc nécessaire
aujourd’hgi de situer la Polynésie dans le monde, dans le Pacifique et dans l’ensemble
français, en tenant compte du fait que l’installation du Centre d’Expérimentation du
Pacifique en 1962 a considérablement accéléré l’Intégration de la Polynésie au monde
tout en bouleversant ses structures et en modifiant les données de sa
géographie.
Les îles de Tahiti et de Moorea forment un espace
organisé autour de Papeete,
capitale énorme à l’échelle du territoire. Dans un rayon de 400 km autour de Tahiti, les
îles Sous-le-Vent et les Tuamotu du Nord apparaissent comme les “banlieues”
éloignées de la capitale, plus intégrées à l’économie moderne que les archipels reculés
des Marquises et des Australes.
capitale. A 300 km au nord-est de Papeete,
les archipels des Tuamotu et des
Gambier, allongés du nord-ouest au sud-est,
égrenant leurs 85 îles dont 77 îles basses sur
commencent
I 700 km, de Mataiva à Mangareva. Par
ailleurs, les îles Australes, à 600 km au sud de
Tahiti et le groupe des Marquises, à I 500 km
au nord-est de
Papeete, constituent des sortes
de bouts du monde peu touchés par la culture
matérielle de l’Occident.
La
Polynésie souffre de ses dimensions
parce qu’elle est faite de petites communautés
qu’il s’agit de relier les unes aux autres. Le re¬
d’octobre 1983 attribuait 166 753
habitants au Territoire dont 142 129 pour le
censement
seul archipel de la Société. Dès lors, il ne reste
que 11 793 âmes aux Tuamotu, 6 283 aux
Australes et 6 548 aux Marquises. Le “poids”
démographique de la Polynésie est donc parti¬
culièrement faible aux yeux du monde. A ce
fait
s’ajoute l’éloignement des grandes puis¬
économiques riveraines de l’océan. Si
l’on plaçait Papeete sur Brest, Sydney serait à
l’emplacement de Boston, Tokyo en Alaska,
Los Angeles au pôle Nord et Santiago du Chili
au Népal ! Les distances
kilométriques n’ont
aujourd’hui qu’une valeur relative, il est
préférable de raisonner en termes de coûts.
Ainsi, l’approvisionnement de la Polynésie
revient particulièrement cher puisque les
quantités transportées sont très modestes en
regard des charges fixes, coût élevé pour les
sances
La Polynésie dans
le monde
Les données géographiques
Des Marquises qui touchent le 8= degré Sud à
Rapa (27" Sud), la Polynésie française occupe
un espace considérable. Si l’on
ajoute aux
4 000 km^ de terres émergées les surfaces
océaniques dont le Territoire peut se réserver
l’exploitation économique, la superficie de la
région s’élève à 5 500 000 km- soit dix fois celle
de la France. L’espace océanique étant encore
fort mal maîtrisé, on conçoit que l’érniettement des terres en 118 îles
implique deux diffi¬
cultés majeures : celle d’assurer la subsistance
des populations et celle de rompre l’isolement
des communautés insulaires. La configura¬
tion des îles varie toutefois de l’un à l’autre des
cinq archipels qui composent la Polynésie.
A l’ouest, les 14 îles de la Société forment
un
ensemble relativement privilégié de hautes
terres
fertiles
bien
reliées
à
Tahiti,
l’île-
Tahiti au centre de la
planète bleue. Tahiti est
au centre de l’hémi¬
sphère maritime,
immergée dans un
océan assez démesuré
pour contenir les 5 con¬
tinents. A l’est et au sud
de Tahiti : des millions
de kilomètres carrés
biens mais égale cherté pour les hommes.
A
l’image de quelques territoires
également assistés par une métropole (Samoa
américaines, Nouvelle-Calédonie), la
seule l’Australie y est
6 000 km de tout conti¬
presque contenue, et si
les Amériques bordent
l’horizon à l’est, l’Asie
n’est visible qu’en son
extrême nord ou par ses
îles bordurières, et
nent, Tahiti est décen¬
trée à 4 500 km au sud
de Honolulu, posée au
milieu du gué de
10 000 km séparant
l’Amérique de l’Asie.
Éloignée des passages
maritimes, du cap Horn
à Panama, Tahiti domine
Afrique et Europe n’ap¬
paraissent pas. A plus de
marins, sans un îlot,
politiquement un espace
océanique de la
récif. Dans cette
moitié de la planète,
sans un
dimension de l’Europe.
SIBÉRIE
ALASKA
CANADA
Vancouver
ETATS-UNIS
Los Angeles
Honolulu
Panama
équateur
Nlle Guinée
Nouméa
AUSTRALIE
Papeete est la capitale
autour de laquelle
s’organise l’espace
polynésien. Les 100 000
habitants de son
agglomération lui
donnent un poids
considérable dans le
Territoire. Le coeur
administratif et
commerçant bat à
l’intérieur du grand V
formé par la rue Foch
et la rue des Remparts
au centre
de la
photographie. Le port
5 000
TAHITI
.^oO
Sydney
Auckland
Polynésie.
Santiago
OCÉAN PACIFIQUE
et la piste de Faaa
constituent les
"poumons” de la
<
cap HQf
\NTARCTIOUE
g
LES ILES OCÉANIQUES
Polynésie constitue une “anomalie” écono¬
mique dans le monde. Le niveau de vie moyen
est élevé (770 000 FCP/ hab. pour l’année 1981
soit le 27® PNB mondial). Papeete présente
tous les aspects extérieurs d’une ville de pays
développé avec ses équipements collectifs de
compétition les Espagnols et les Portugais aux
siècles, la seconde, au XVIII®
siècle, fut conduite par la France et l’Angle¬
étape à Papeete ou à Moorea, les fonction¬
naires fuyant les brumes et les contraintes
métropolitaines, et les trois films tournés sur
par le désir de réaliser des profits mais il s’y
La vision “rousseauiste” de la société et
XV® et XVI®
terre. Les navigateurs étaient toujours animés
commerçante. Pourtant cette aisance dépasse
ajoutait désormais le souci de faire progresser
la connaissance du monde, le goût pour l’exo¬
tisme. En effet, depuis la publication du
localement. La Polynésie appartient en réalité
Rousseau
bon
niveau
et
l’intensité
de
son
activité
de beaucoup la quantité de richesses produites
au
groupe des pays en voie de développement
et les critères
nombreux
qui permettent de l’affirmer sont
taux
d’accroissement
démographique de 3 % l’an, espérance de vie
inférieure de 10 ans à la moyenne européenne,
extrême faiblesse de la production indus¬
trielle et modestie des rendements de l’agricülture et de l’élevage, profondes inégalités
sociales... S’il ne devait compter que sur ses
propres, le Polynésien aurait un
mode de vie semblable à celui du Fidjien, un
ressources
revenu
comparable à celui de l’Algérien ou du
Libanais.
Comment le monde voit
la Polynésie
La “découverte” de la Polynésie appartient à
la deuxième vague des voyages d’exploration
européens.
La
première
La comparaison entre
les produits nationaux
bruts par habitant de
quelques nations du
monde (à dr.) et du
Pacifique Sud (à g.)
amène à constater que
les pays sous tutelle des
grandes puissances
bénéficient d’une
importante assistance
financière qui compense
la faiblesse des
ressources. L’écart des
niveaux de vie est très
marqué entre ces
territoires et les
archipels indépendants.
mettait
en
Discours sur les Sciences et les Arts de J.J.
en
1750, il était admis que le
bonheur était dans la vie simple des hommes
primitifs. Bougainville, qui fréquentait les
cercles cultivés de Paris, était acquis à cette
vision du monde lorsqu’il passa quelques
Jours du mois d’avril 1768 à Tahiti. L’har¬
monie qui semblait y exister entre les hommes
et la Nature, l’hospitalité tahitienne et parti¬
culièrement celle des vahiné, laissèrent croire
navigateur qu’il avait rencontré un peuple
heureux et sage : l’île fut baptisée “la Nouvelle-
au
Cythère”. Le mythe fut entretenu en Occident
par la relation du Voyage autour du monde de
Bougainville, par des gravures et des tableaux.
Au siècle suivant, la Polynésie ne cessera
d’être une source d’inspiration pour un Pierre
Loti (Rarahu), un Robert Stevenson (In the
South Seas) ou un Victor Segalen (Les
Immémoriaux). Aujourd’hui, la quête du
paradis dans les mers du Sud n’a pas disparu,
témoin les dizaines de yachts prolongeant leur
France
Territoires français
la mutinerie de la
de
Bounty.
l’espace polynésiens a dû cependant être
sensiblement amendée et elle n’a pas toujours
survécu. Il importe maintenant d’observer
l’importance
réelle qu’accordent quelques
nations à la Polynésie en cette fin de XX®
siècle. Le Territoire est en premier lieu ignoré
de la plus grande partie des peuples du tiers
monde, peuples aux préoccupations limitant
la vision de l’existence à la satisfaction des
besoins
élémentaires.
Dans
des relations épisodiques avec la
Polynésie et manifestent une certaine défiance
à son endroit. C’est que le Territoire, puis¬
samment assisté sur le plan financier, semble
encore fortement intégré à l’économie et à la
culture des pays occidentaux à haut niveau de
vie. Tahiti reste une destination touristique
prisée. C’est d’ailleurs cette image d’un espace
de loisirs qui domine chez les habitants de
l’Amérique du Nord qui investissent peu en
Polynésie.
L’Australie considère le Territoire d’une
façon différente. A l’échelle mondiale ce pays
est une puissance moyenne - son produit
I Etats-Unis
Etats associés
□ Etats associés
□ Etats membres du Commonweaith (sauf Nelle Zélande)
Territoires britanniques
□ Etats indépendants
PNB par habitant
Le mythe rousseauiste
du XVIII® siècle a été
Z
D
relayé au XIX® par Pierre
Loti avec l’image de la
femme polynésienne
dont il a dressé le
portrait dans Rarahu.
10
Pacifique
n’ont que
Territoires des Etats-Unis et sous administration E.-U.
Nouvelie-Zélande
le
même, les nations en voie de développement
LES CINQ ARCHIPELS
national brut égale celui des Pays-Bas - mais
les archipels voisins, c’est un géant
potentiel qui veut se tailler une zone d’influ¬
ence à sa mesure, faire du
Pacifique Sud sa
pour
mare
nosirum.
L’Australie manifeste donc
fréquemment son désir de voir les territoires
français libérés de la tutelle de leur métropole.
Aujourd’hui, il est devenu indispensable de
nouer des
liens alors que le statut de la
Polynésie évolue. Des relations aériennes,
culturelles et consulaires sont
venues
com¬
Les échanges avec le reste du monde ont été
essentiellement matériels, correspondant en
cela
au caractère
pragmatique de la civili¬
sation maorie. Ainsi, cent quarante années de
française n’ont, en dehors des
pratiques religieuses, que très superficiel¬
lement marqué le quotidien culturel en
Polynésie. Les Européens ont d’autre part
sensiblement modifié la vision polynésienne
du monde. L’enthousiasme des visiteurs qui se
sont succédé durant deux siècles a
pu faire
présence
pléter les activités commerciales.
Pour le Japon, par contre, la Polynésie
croire à l’existence d’un éden tahitien et au fait
le coût de la vie en
admet difficilement la critique et n’est tenté de
est essentiellement un marché.
Les distances,
Polynésie et la sensibilité
japonaise à tout ce qui concerne l’arme nuclé¬
aire constituent de puissants freins à l’établis¬
sement d’un flux touristique.
Comment la Polynésie voit
le monde
La lecture des ouvrages rédigés par les circum-
navigateurs à la fin du XVIIP siècle et les
quotidiens entre locaux et visiteurs
permettent d’affirmer que le Polynésien est
naturellement ouvert sur l’étranger, avec
beaucoup plus de spontanéité que de
nombreux autres peuples. Il faut cependant
nuancer l’aptitude polynésienne à l’accueil.
contacts
que Tahiti était au centre des rêves des peuples
de l’hémisphère Nord. Dès lors, le Polynésien
porter de l’intérêt qu’aux nations qui s’inscri¬
vent
dans cette appréciation séculaire.
Quoi qu’il en soit, ce sont les Etats-Unis
qui exercent une force d’attraction majeure
sur la Polynésie. L’Américain est le descen¬
dant de ces pionniers auxquels voulaient
s’identifier les colons et leurs descendants
“demis”.
La
puissance américaine est
également fascinante : elle avait été déjà
perçue lors de l’installation de la base militaire
de
Bora
Bora
en
1942, elle
est
évidente
aujourd’hui pour qui doit faire escale à Los
Angeles, “vitrine” de l’état le plus dynamique
de l’Union. Ce pays a enfin l’avantage de
n’exercer aucune contrainte politique ou
administrative apparente sur la Polynésie.
L’attrait des
Etats-Unis a été pendant
longtemps économique : s’y installer ou s’y
marier était et reste une situation enviable ;
mais l’influence américaine passe aujourd’hui
la jeunesse qui adopte systémati¬
les modes californiennes ou qui
poursuit ses études aux Etats-Unis.
surtout par
quement
Les îles de l’Asie du Sud-Est sont bien
mais constituent pour de
nombreux responsables locaux et une partie
de la population des modèles à suivre dans
différentes
certains domaines économiques. 11 y a entre la
Polynésie et ces îles asiatiques la même appar¬
tenance au domaine tropical, un même besoin
d’utiliser les milieux maritimes et de se doter
des bases économiques indispensables. Les
réussites des Formosans, des Coréens, des
Malais ou des Japonais intéressent le
Polynésien car il y voit le moyen de retrouver
difficile indépendance matérielle.
Les regards de la Polynésie sur le monde
ne sont donc
pas qu’admiration ou envie.
L’accueil de l’étranger (biens ou personnes)
comporte aussi une défiance de ce qui pourrait
apporter altérations ou contraintes. Depuis
vingt ans la Polynésie vit sous le chot d’une
une
formidable
ouverture
commencé
à
sur
y répondre
renouveau culturel.
l’Occident. Elle
par
un
a
puissant
L'atoll : un anneau de
corail perdu dans
l'océan. Après les îles
hautes verdoyantes tel
est l'autre visage de la
Polynésie. L'archipel
des Tuamotu réunit à lui
seul 76 des 84 atolls de
Polynésie française.
Les motos japonaises
connaissent un vif
succès auprès des
jeunes Polynésiens.
Symboles de l'ère de la
consommation ouverte
par les bouleversements
des années 60, les
scooters et les motos
s'opposent au truck,
moyen de transport
collectif relativement
bon marché.
Les Américains à Bora
Bora. Durant La
Seconde Guerre
mondiale les États-Unis
installèrent à Bora Bora
une garnison forte de
4 500 hommes. L'île
vécut 4 ans au rythme
des G.l.'s. Elle en a gardé
des traces.
11
LES ILES OCÉANIQUES
La Polynésie dans
le Pacifique
Le Pacifique Sud à la recherche
d’une nouvelle unité
Depuis deux siècles, l’unité culturelle de cet
espace de quarante millions de km^ (deux fois
la superficie de l’U.R.S.S.) a été battue en
La
mise
place de relations aériennes
en
modernes, le retour aux sources culturelles et
l’acquisition d’une certaine autonomie au sein
l’ensemble français ont permis à la
Polynésie de se découvrir récemment une
appartenance à l’espace Pacifique. Les points
communs entre la Polynésie et les archipels
de
occidentaux
la colonisation européenne. Les
Anglais et les Français ont infériorisé les
Mélanésiens en imposant des a priori raciaux
jusque là inconnus. La prise de possession des
archipels du Pacifique Sud a été conduite de
façon anarchique puisqu’on observe, dans un
océan relativement anglicisé au début du XX*-'
siècle, des enclaves françaises et allemandes
fort distantes les unes des autres. En privilé¬
giant les liens des colonies avec les métro¬
poles et en combattant les cultures locales, les
Européens ont également modifié les relations
entre les archipels.
Depuis leur accession à l’indépendance
ou à l’autonomie, les territoires du Pacifique
Sud sont encore, tournés vers les puissances
extérieures. Cependant, leur “cordon
ombilical” les rattache parfois plus aux
brèche par
L’unité du Pacifique Sud
riverains sont nombreux. On
une certaine communauté de
relève d’abord
paysages puisque les atolls coralliens ou les
volcans démantelés parsèment l’océan, de l’île
de Pâques à la Micronésie. Si la géomorpho¬
logie des grandes îles du sud-ouest est diffé¬
rente, ces îles n’en sont pas moins incluses
dans la zone intertropicale humide, comme les
autres archipels. On y retrouve donc des
formations végétales voisines où dominent
pandanus, bouraos, cocotiers ou goyaviers.
Le milieu explique en grande partie le type de
civilisation qui le prend pour cadre. Ici,
l’homogénéité des paysages, renforcée par
l’omniprésence de l’océan, permet de
comprendre l’unité de civilisation du
Pacifique Sud. Dans sa thèse, François
Doumenge affirme d’ailleurs que “pour ceux
qui ont les premiers approché la civilisation
des mers du Sud, il n’y avait pas de différence
nations situées à la périphérie de l’océan
Pacifique qu’à l’Europe. C’est le cas des
Samoa occidentales qui réalisent 72 % de leur
commerce avec les premières en 1981 et 2 %
avec la seconde, mais ce n’est pas encore le cas
de la Polynésie française tournée pour40 % de
ses échanges vers la C.E.E. et 35 % vers les
Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande. Face aux
vicissitudes de l’Histoire, le Pacifique Sud
cherche à refaire son unité en provoquant de
fréquentes rencontres entre les responsables
de haut niveau, en organisant des manifesta¬
tions populaires ou en tentant de planifier une
part de son développement économique. Pour
les populations, ce désir de rapprochement se
traduit par des échanges scolaires, culturels et
surtout sportifs. Au niveau des dirigeants et
des techniciens, la coopération semble bien
engagée. La Polynésie entretient depuis 1982
des relations étroites
avec
le gouvernement
des îles Cook, relations qui se superposent à
de solides relations familiales entre les habi¬
Rarotonga et ceux de Tahiti, plus
proches des îles Cook que des Marquises.
tants de
Carie politique du
Pacifique Sud. Vaste
espace relativement
indifférencié sur les
plans physique et
culturel, le Pacifique
Sud a été morcelé en de
nombreuses entités
politiques et
économiques au XIX'
siècle. Aujourd’hui les
différentes nations se
sont donné des
institutions communes
visant à resserrer les
liens entre les
notable dans les coutumes, les structures
sociales et le comportement d’un individu
d’un archipel à l’autre”. Les Polynésiens sont
cousins
effectivement
des
Pascuans,
populations et entre
leurs
gouvernements.
des
Rarotongiens et des Samoans, inscrits comme
dans le grand triangle polynésien.
eux
Dans cet espace qui s’étend d’Hawaii à la
Nouvelle-Zélande et à l’île de Pâques on relève
profonde unité ethnique issue des
migrations indo-malaises vers l’est. Les
migrants ont rencontré des archipels vides, ils
y ont apporté leurs plantes et animaux
domestiques et appliqué les mêmes systèmes
une
de mise
en
valeur des sols. Pendant deux
millénaires, l’évolution des techniques et de la
en général fut très lente et n’a pas
donné lieu à des différences majeures entre les
culture
communautés insulaires.
Sur le plan linguistique par exemple, les
parentés
sont
encore
étonnantes.
Ainsi,
l’horizon se dit iri a tai en tahitien et ilikai en
hawaïen ; la maison se traduit par fale en
et fare en tahitien. La continuité cul¬
turelle n’est pas plus affectée par le passage de
samoan
Polynésie à la Mélanésie. L’ethnologie a
prouvé que les divergences raciales sont très
superficielles entre les deux régions. On
retrouve aussi, à l’est comme à l’ouest, une
même conception des relations familiales.
L’archéologie a confirmé l’unité mélanopolynésienne en montrant que l’aire de la
poterie “Lapita” s’étendait des îles Salomon
aux Marquises. Dès lors, on comprend que les
festivals des arts du Pacifique Sud qui se sont
tenus à Port-Moresby en 1981 et à Nouméa en
1984 aient été honorés par la participation de
tous les territoires du Pacifique Sud.
la
12
Cérémonie d’ouverture
des Jeux du Pacifique
Sud en 1971 à Papeete.
Ces jeux, véritables
olympiades à l'échelle
régionale, se tiennent
depuis 1961. Toutes les
nations insulaires
envoient des
délégations et
organisent
successivement
l'accueil des
compétitions. En dépit
de quelques rivalités
politiques, on voit s’y
manifester des
sentiments unitaires
puissants.
Gaston Flosse recevant
Tom Davis. Les
échanges sont de plus
en plus fréquents entre
la Polynésie française et
les territoires du
Pacifique Sud. Ils sont
particulièrement
privilégiés entre Tahiti
et les îles Cook.
G. Flosse, actuel
président du Conseil de
Gouvernement, recevait
qualité de viceprésident le Premier
en sa
ministre des Cook, en
présence du HautCommissaire de la
République de l’époque,
P. Noirot-Cosson.
LES CINQ ARCHIPELS
Entre la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie,
qui présentent des aptitudes économiques
sensiblement différentes, on prévoit déjà une
concertation sur les possibilités d’activités
complémentaires.
Dans le domaine
économique, comme
celui de l’évolution des sociétés, la
Commission du Pacifique Sud, fondée en
1970, constitue une structure de rencontre et
d’action. Le budget de cette organisation, en
dans
grande partie alimenté par la France et les
grandes puissances du Pacifique, permet des
aides à des programmes de développement
agricole ou énergétique, à la-promotion de
l’éducation ou à des campagnes médicales. En
raison de son statut politique, la Polynésie
française a parfois quelques difficultés à
s’insérer dans cet espace régional fait essen¬
tiellement de pays indépendants. Mais un
autre
défi lui est lancé avec l’émergence des
régions nord et ouest du Pacifique, appelées à
former la plus puissante région économique
du globe.
La Polynésie et le Pacifique
monde”.
Toynbee, l’histoire de
l’Occident connaît de longues phases de
développement et de marasme qui ont pour
Arnold
D’après
cadre
espace
un
maritime original. L’Anti¬
quité gréco-latine avait prospéré autour de la
Méditerranée, puis, la civilisation de l’Europe
de l’Ouest, peu à peu dominée par les pays
anglo-saxons, a bordé l’Atlantique. Le
Pacifique pourrait devenir la “Méditerranée
du XXL siècle” : c’est là
thème d’études
un
l’institut Nomura de Tokyo, au
Massachussets Institute of Technology et à
l’institut du Pacifique de Paris. Il est vrai que,
cher
à
malgré la crise économique mondiale, les pays
riverains du Pacifique Nord font preuve d’un
dynamisme supérieur à celui de l’Europe,
notamment les nouveaux pays
industrialisés
la Corée du Sud, Taiwan ou
Singapour. Ces jeunes puissances, le Japon, la
Californie et l’Australie sont les patries de po¬
pulations combatives, imaginatives et qui ont
que
sont
d’appartenir
conscience
du XXI® siècle
I® Midway
un
“nouveau
Les deux axes commerciaux principaux,
structurant ce
est-ouest
croissant fertile, sont orientés
entre le
Japon et l’Amérique du
Nord et nord-sud du Japon à l’Australie : ils
de
plus en plus la vie
quotidienne d’un milliard et demi d’êtres
conditionnent
humains. Si l’on s’en tient aux raisonnements
géographiques
classiques, la Polynésie
très éloignée du pôle
planétaire ainsi défini. Cependant, l’appari¬
française
semble
tion de nouveaux modes de communication
fait de l’éloignement une notion très relative.
Il semble aussi que l’océan pourrait s’affirmer
comme source nutritive pour les hommes,
comme richesse minérale ou énergétique pour
les économies.
Enfin, l’héliotropisme des humains et un
cadre de vie préservé pourraient contribuer à
faire de la Polynésie un milieu idéal pour le
développement
productivité.
des
activités
à
haute
Commission du Pacifique Sud
I® HAWAII
Appartenance ethnique.
/\
Oahu
I. Wake
Commonweaith
à
I \
Honolulu
des
Le
Triangle polynésien
peuplement maohi
Hawaii
Mariannes
Appartenance politique.
du Nord
Eniwetok
GUAM
Johnston
Ëtai indépendant associé à la NUe Zélande
Bikini
I
jélal indépendant
État indépendant associé aux États-Unis
Pâlaos
I' MARSHALL
Rép. de
État indépendant membre du Commonweaith
|'
PALAU
Palmyra
1= CAROLINES
États fédérés de MICRONÉSIE
KIRIBATI
Hpwland
OUASIE-NOUVELLÉ-GUINÉE
Territoire français d'outre=mer
Possession britannique
équateur
Possession R.U. et U.S.
Jarvis
,URU I’ Gilbert
TUVALU
Possession des États-Unis
1
Christma^
Canton
Possession chilienne
État indépendant dans
Malden
la mouvance américaine
I'' PHOENIX
Ile revendiquée par
1' TOKELAU
WALLIS
jxuwA
SAMOA
occid.
Savaii
Est
États-Unis
les États-Unis
h MARQUISES
Manihiki
Rangiroa
^
i» TUAMOTU
Makemo
1^ COOK
I' TONGA
NOUVELLE-CALÉDONIE
AUSTRALIE
Tahiti
Atiu
Rarotonga
Moruroa
Rurutu
I' PITCAIRN
Tubuai
l‘ GAMBIER
■\ I' AUSTRALES
NOUVELLE-ZÉLANDE
13
LES ILES OCÉANIQUES
La Polynésie dans
Une importance stratégique
Il est bien vrai que la décision de Charles de
l’ensemble français
Gaulle
d’implanter le C.E.P. (Centre
d’Expérimentation du Pacifique) à Moruroa,
décision effective le 19 mars 1963, permet à la
France de rester présente dans le “club
L’évolution du statut
Sous régime de protectorat en 1843, annexée
entre
1880 et 1900, la Polynésie nommée alors
(Etablissements Français de
rOcéanie), a longtemps tenu une place
modeste dans l’Empire français, qui plus est,
isolée dans un environnement anglo-saxon.
E.F.O.
Ensuite, l’Union française, forte de ses
12,6 millions de km^ et de ses 80 millions
d’habitants, maintient la Polynésie, devenue
français d’Outre-Mer de la
Polynésie française”, dans un rôle marginal :
1 /4 000 des terres françaises efi 1946. A cette
date la métropole a à peine fini de réprimer la
révolte algérienne du 8 mai 1945 qu’elle est
aux prises avec la tentative d’indépendance du
Vietnam, avant, l’année suivante, de mettre un
terme brutal au soulèvement de
Madagascar.
Comment
aurait-elle
pu
entendre les
murmures
du comité Pouvanaa a Oopa
“Territoire
scandant “Tahiti aux Tahitiens” dans le fracas
des
armes
Indochine
en
et
les
premiers
Afrique du Nord ? Les
Polynésiens obtiennent la citoyenneté
française en 1945 : cela semble suffire.
L’écroulement de l’Empire du fait de la colo¬
craquements
en
nisation renforce par contre-coup le poids de
Polynésie dans l’ensemble français, poids
plus probant que sa seule
importance territoriale ; près de 3 % des terres
françaises d’outre-mer en 1984.
la
infiniment
Paradoxalement, ce renforcement de la
part de la Polynésie dans l’ensemble français
ne
s’accompagne pas, comme ailleurs, d’une
plus étroite à la métropole. Pas de
insertion
départementalisation ; ici c’est du contraire
qu’il s’agit. C’est dans le sens d’une autonomie
croissante que s’inscrit l’évolution politique
du Territoire. Une nouvelle assemblée repré¬
sentative (les Polynésiens votent pour la
première fois) remplace le 31 août 1945 le
Conseil de la Colonie. La montée d’un fort
courant
Pouvanaa
indépendantiste-autonomiste,
Oopa
de
à Francis Sanford,
entraîne, au-delà de l’adoption officielle du
drapeau tahitien en 1975, après occupation de
l’Assemblée Territoriale, le vote le 12 juillet
a
1977 d’un statut d’autonomie interne. De la
naissance de l’Académie tahitienne en 1972 à
la reconnaissance officielle de la langue
tahitienne en 1980, il ne fait pas de doute que
Polynésie s’achemine vers un statut d’état
état de plein exercice librement
associé : le statut de 1984 prend acte de cette
la
associé,
évolution, sans en être le terme.
La France aurait-elle tiré la leçon de
successives décolonisations manquées ? Si,
bien sûr, elle s’est opposée tant aux indépen¬
dantistes à la fin des années cinquante, qu’aux
autonomistes avec G. Pompidou en 1966, il lui
est venu une sagesse peut-être un peu forcée :
c’est que la Polynésie a pris une importance de
premier plan dans les temps actuels.
14
atomique” et, partant, de rendre opératoire sa
force de frappe dissuasive : une des clefs de la
sécurité métropolitaine n’est pas ailleurs qu’en
Polynésie. L’intérêt nucléaire ne résume pas à
seul celui du Territoire. La présence
militaire française ici élargit considéra¬
blement l’espace de défense de l’Hexagone. La
dernière guerre a bien montré cette évidence
lui
d’une
France
combattante
Le mémorial Pouvanaa
a
Oopa. A l'entrée de
l’Assemblée Territoriale
de Papeete, ce mémorial
se compose d’un buste
de l’ancien metua
surmontant deux portes
qui se veulent ouvertes
l’avenir. Cette
commandée à
G. Oudot, est très
sur
œuvre,
représentative du
courant autonomiste qui
s'est développé depuis
l’après-guerre.
invaincue
hors
Les explosions
atomiques
expérimentales du
C.E.P. ont d’abord été
atmosphériques, mais
depuis 1975 les essais
sont souterrains.
d’Europe. La logistique nécessite la maîtrise
de vastes espaces : la Polynésie avec son
espace maritime approche la superficie du
continent européen. Sa position enfin, en
“deuxième ligne”, en fait une base arrière de
premier ordre
;
Bora Bora
en
a
donné la
preuve au cours du second conllit mondial en
accueillant les G.l.’s. Les visites courtoises
les
forces
navales
françaises et
américaines s’inscrivent dans cette logique.
entre
L’intérêt économique des eaux
territoriales
Mais les
préoccupations métropolitaines et
polynésiennes n’ont pas à elles seules scellé le
LES CINQ ARCHIPELS
destin de la Polynésie : une décision d’ordre
quatre-vingts. L’IFREMer (anciennement
Cnexo) œuvre avec succès dans les domaines
variés de l’aquaculture, de l’énergie océanothermique et des ressources minières des
nodules polymétalliques. L’O.R.S.T.O.M. et
le Muséum d’Histoire Naturelle explorent les
autres données de la vie dans les
profondeurs,
tandis que l’E.V.A.A.M. encourage la pêche
et les nombreuses initiatives
privées qui déve¬
loppent l’élevage de la nacre et la perliculture
international est venue bouleverser les anciens
schémas. La Conférence Internationale des
Droits de la Mer, réunie en 1977, en portant à
200 milles nautiques la limite des eaux territo¬
riales, a brusquement propulsé la France à la
troisième place mondiale des puissances
maritimes. Ici encore la Polynésie épaule
fortement la métropole en lui apportant ses
5 500 000 km^ d’eaux territoriales : l’évolution
récente tourne sans conteste à l’avantage de la
culture
Terres et eaux de
indépendances
calédonienne
Polynésie ce rôle de gardienne
d’une culture porteuse de modernité, et ce,
aux antipodes même de l’Hexagone. Relais
indispensable autour du monde d’une
francophonie ouverte aux différences,
Papeete participe avec Montréal et Paris,
Abidjan et Rabat, d’une sensibilité parti¬
culière à même de maintenir sa propre iden¬
tité, tant par rapport à la francité que par
rapport à une américanisation mondialement
uniformisante. Jamais l’intérêt de la Polynésie
pour la France n’aura été si grand : une
nouvelle ère des relations franco-polyné¬
f^olynésie ne suffisent
pas à marquer l’intérêt croissant du Territoire
la France : c’est qu’en plein cœur du
Pacifique, un monde de 165 000 âmes plus tôt
francophile que francophone témoigne d’une
pour
t SONIN
Les
l’incertitude
et
confèrent à la
dans les Tuamotu-Gambier.
Polynésie. Encore obstacle aux communica¬
tions du fait de l’éparpillement des 118 îles
dont la très grande majorité sont habitées, la
mer
acquiert cependant un intérêt
économique primordial dans la décennie
originale.
successives
siennes est en train de naître.
MIDWAY
MARCUS
•VOLCANO
•
PARECEVELA
P
wÂke
-JOHNSTON
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PALAU
..CAROLINES
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Les Zones Économiques
Exclusives. La décision
1977 de porter les
limites des eaux
territoriales à 200 milles
en
St Pierre
et Miquelon
lïti
Guadeloupe
•Martinique
nautiques a
La France et le français
dans le monde. Alors
qu'au XVIIIè siècle
l'expansion française
était encore orientée
vers le continent
américain, leXIXè siècle
voit la métropole se
tourner vers l’Afrique
et l’Orient. Aujourd'hui,
les possessions se
réduisent aux miettes de
l'empire, mais la langue
française est un outil
quotidien ou un mode de
communication
privilégié pour près
de 100 millions d’êtres
humains.
considérablement
agrandi le domaine
territorial et national,
offrant un incontestable
avantage économique à
la Polynésie.
Bâteaux de pêche
coréens dans le port de
Papeete. Malgré la
relative pauvreté des
eaux océaniques
polynésiennes,
plusieurs dizaines de
thoniers coréens ou
japonais font relâche
chaque année à Tahiti à
la suite d’accords de
pêche renouvelés
régulièrement.
15
LES ILES OCÉANIQUES
Tahiti et Moorea :
cœur
économique
du Territoire
Nettement décentré
ouest vit s’édifier successivement les bâtiments
vers
l’ouest de la
Polynésie, le binôme insulaire Tahiti-Moorea
un
pôle majeur qui organise
l’essentiel de la vie économique du Territoire.
Les deux îles couvrent 1 178 km^ soit 31 % des
émergées et elles abritent les 123 000
165 000 pour tout le pays) qui
reçoivent plus de 85 % du revenu territorial.
Le Territoire est donc macrocéphale au même
terres
habitants (sur
titre que plusieurs autres pays dans le monde
la
missions protestante et catholique, les
palais de la reine Pômare IV et du gouverneur,
les maisons de commerce qui peu à peu consti¬
des
constitue
où
présentaient des aptitudes au moins égales sur
le plan nautique ou sur celui de l’urbanisme
(Taravao par exemple) mais Papeete avait
l’avantage d’être aux mains des Pômare,
dynastie accueillante. Dès lors le littoral nord-
ville-capitale a pris une importance
: l’Uruguay, la Côte'd’ivoire ou
démesurée
l’Islande.
tuèrent un front de mer autour de la baie. Au
début du XX'^ siècle et pendant l’entre-deux-
guerres, la ville resta un petit centre assoupi,
escale mineure sur les routes transpacifiques
puisque
aucune
spéculation
agricole
ou
minière d’envergure n’avait vu le Jour dans les
Etablissements Français d’Océanie.
C’est à partir des années 60, à la suite de
l’implantation du Centre d’Expérimentation
du
Pacifique, que Tahiti a connu un
formidable bouleversement économique et
social et une urbanisation très rapide. En
1961, le tournage du film à grand spectacle Les
mutinés de la Bouniy avait permis aux milliers
de
figurants
rétribués de s’insérer dans
l’économie monétaire. Mais ce sont les grands
travaux
réalisés
sur
les
sites
d’expérimen¬
tation (Moruroa, Fangataufa) et sur la base
arrière (Hao) ainsi que dans la capitale (port et
aéroport) qui ont considérablement accru le
revenu disponible. L’attrait des salaires et le
gonflement des offres d’emplois furent tels
que le déséquilibre dans la répartition géo¬
graphique de la population s’accentua net¬
tement au profit de Tahiti.
La zone urbaine de Tahiti (communes de
Papeete, Faaa, Punaauia, Paea, Pirae, Arue,
Mahina) groupait 40 % de la population de la
Polynésie en 1956, 50 % en 1967 et 56 % en
1983. Le site de Papeete fut rapidement saturé
et l’on vit croître des banlieues résidentielles, à
la fois le
long du littoral Jusqu’à Mahina et
Paea et sur les premiers versants. Depuis 1965,
Les données physiques
et humaines
Pnte
Les deux îles ont été abordées par les naviga¬
Pnte Iriti
polynésiens venus des Marquises au
début de l’ère chrétienne puis découvertes par
teurs
/^PIRSE
Taacm
Wallis en 1767. Pour le visiteur abordant les
îles du Vent par la mer, Tahiti se présente sous
la forme de deux cônes aplatis, soudés par
l’isthme sableux de Taravao. Tahiti Nui (la
grande) et Tahiti Iti (la petite) correspondent
à deux édifices volcaniques apparus au début
de l’ère quaternaire. On y reconnaît encore les
cratères centraux sur les bordures desquels se
trouvent les points culminants : le Mont
Orohena (2 241 m) surplombant la haute
vallée de la Papenoo et le Mont Rooniu
dominant la presqu’île de ses 1 332 mètres. Les
grands plateaux de basalte doucement
inclinés du centre vers la périphérie ont été
fortement attaqués par l’érosion, il n’en reste
que quelques lambeaux au sud de l’isthme et
dans les hautes vallées de la Punaruu et de la
Papeiha. Le plus souvent, les rivières se sont
encaissées au point de ne plus laisser en relief
que de longues échines aux versants ravinés,
s’achevant par un abrupt sur des plaines
littorales étroites.
Moorea
présente
une
topographie
semblable tout en culminant à 1 207 mètres au
Mont Tohivea mais les formes sont plus
aigues et on n’y observe pas la même dissy¬
métrie est-ouest des littoraux qu’à Tahiti. Les
côtes orientales de cette dernière sont en effet
très rocheuses et découpées, mal protégées de
la houle par un récif-barrière discontinu. Bien
exposés à l’alizé, les versants orientaux sont
très humides et portent une végétation luxu¬
riante (les précipitations annuelles atteignent
4 mètres à Tiarei). Ces conditions font de ces
versants une région relativement hostile à
l’établissement des hommes : ceux-ci ne sont
que 110 par kilomètre de côte de Papenoo à
Faaone contre 650 de Punaauia à Mataiea.
Papeete troisième ville
du Pacifique Sud
Le choix de Papeete comme capitale fut dicté
par la situation politique de l’île à l’époque de
l’intervention
16
française.
Plusieurs
sites
Le cœur commerçant de
Papeete. Du centre
Vaima (à dr.) au quartier
du Commerce (à g.)
s'étend la partie la plus
animée de la capitale et
la plus attractive. Au
premier plan, deux
goélettes ravitaillant les
Tuamotu et les Australes
et quelques unités de la
flottille des bonitiers.
La “banlieue” ouest de
Papeete (commune de
Faaa). Dans cette partie
de l’agglomération,
littoral est souvent
le
occupé par de grandes
unités hôtelières tels le
Beachcomber, le
Maeva Beach, le Bel Air
et l’hôtel Tahiti.
L’aéroport a dû être
construit sur des
remblais comme à Nice
ou à Rio. Il est le point
de jonction de 7 lignes
internationales
raccordées à 12 lignes
intérieures que
desservent Air Polynésie
et Air Tahiti.
LES CINQ ARCHIPELS
Papeete joue donc pleinement - et peut-être
trop - son rôle de capitale. Ses 95 000 habi¬
tants la placent au 3e rang des agglomérations
Pacifique Sud archipelagique, derrière
Port Moresby (Papouasie-Nouvelle-Guinée)
et Suva (Fidji).
du
Papeete la capitale
Papeete est d’abord une capitale politique et
administrative, siège du Haut Commissariat,
Conseil de Gouvernement et de
l’Assemblée Territoriale.
Le quartier de
l’avenue Bruat abrite aussi différents services
du
publics : le palais de justice qui, en dehors des
affaires foncières, voit se régler tous les
différends naissant sur le Territoire, les
services centraux de la gendarmerie, ceux des
travaux publics, du cadastre, des domaines et
de l’enregistrement. La capitale étend aussi sa
zone d’influence à l’ensemble de la
Polynésie
le biais des services de santé qui organi¬
des campagnes de soins, grâce aux deux
hôpitaux remarquablement équipés de
l’agglomération. Dans le domaine culturel, le
rôle centralisateur de Tahiti s’affirme par le
drainage des élèves des Tuamotu, Marquises
et Australes vers les deux lycées voire le
collège de Taravao pour les premiers. A
l’inverse, les archipels reçoivent les journaux
édités à Papeete, les émissions de radio et de
par
sent
télévision, soit directement soit sous forme de
cassettes
pré-enregistrées.
Si la ville peut jouer aussi bien un rôle de
collecte que de distribution dans tous les
domaines, c’est qu’elle est devenue la plaque
tournante des voies de communications dans
le Territoire. Aux liaisons aériennes s’ajoute
flottille
de 40 goélettes assurant le
des récoltes (coprah de tous les
archipels et produits maraîchers des îles Sousle-Vent et des Australes) et l’approvision¬
une
ramassage
des îles en produits alimentaires,
matériaux divers et objets manufacturés. En
nement
1983, le trafic intérieur s’élevait à 420 000
passagers aériens, 270 000 passagers-bateaux
et 168 000 tonnes de fret maritime. C’est par
deux “poumons”, portuaire et aéropor¬
tuaire, que la population de l’ensemble du
Territoire peut participer du mode de vie
occidental, à des degrés divers et rapidement
décroissants de Papeete vers les terroirs péri¬
phériques. Les flux administratifs, culturels et
commerciaux sont enfin complétés par les
distributions de revenus à partir de la capitale.
Il s’agit des versements d’allocations et de
prestations familiales réalisés par la Caisse de
Prévoyance Sociale, des prêts bancaires
consentis par les quatre organismes siégeant à
Papeete : Banque de l’indosuez. Banque de
Polynésie, Banque de Tahiti et Socredo, des
ces
subventions accordées par diverses caisses
d’intérêt public pour l’amélioration des
PAEiAR'A
iTepupuarii
ÎUT&—->5sPaniora • Terre Eugénie
Eai'eni
îretie
ManaiStea,
le Utumanomano )
Tahiti. Avec 1 042 km^,
Tahiti est la plus grande
île du Pacifique Sud
entre l’archipel des
Samoa et la côte du
Chili. Elle est formée de
deux volcans
démantelés par
l’érosion, soudés par
l'isthme sableux de.
Taravao : l’ensemble a
souvent été comparé à
une raquette ou à un
miroir à main. La grande
île (790 km^) culmine au
Mt.Orohena (2 241 m),et
la presqu’île (252 km^)
au Mt Rooniu (1 332 m).
L’île compte 116 000
habitants, soit 70% de la
population du Territoire,
La côte nord-ouest
accueille les 95 000
habitants de
l’agglomérationcapitale de Papeete.
\Tepati
LES ILES OCÉANIQUES
infrastructures communautaires. Tahiti
distribue également vers les îles une partie des
touristes
qu’elle attire par son renom et ses
agences spécialisées : une des formules touris¬
tiques la plus fréquente consiste à prendre
Tahiti comme base de séjour et de là à
dans les îles. Mais le tourisme
international n’est pas le seul à enrichir les
archipels voisins. Le niveau de vie des
habitants de l’agglomération de Papeete
explique l’importance des migrations
rayonner
saisonnières de loisirs
vers
les îles
Moorea en particulier.
proches,
L’île de Moorea n’a pas connu les mêmes phé¬
Tahiti
mais la beauté de ses paysages et la proximité
de la capitale ne pouvaient que favoriser son
intégration au “boom” économique. Cette
intégration s’est faite par la villégiature propre
aux
économiques brutaux
L’hôtellerie, avec ses 614 chambres
recensées en 1983, joue pour Moorea un rôle
Ora.
comparable à ceux de la fonction publique ou
du C.E.P. pour Tahiti car, en plus des emplois
directement offerts, elle a permis le dévelop¬
pement de multiples activités annexes :
artisanat, commerce, agriculture, services
divers. Moorea est un espace récréatif pour les
Tahitiens mais aussi un espace résidentiel
pour une catégorie d’actifs qui ne sont pas
entièrement soumis aux contraintes des
sociétés modernes tout en travaillant pour le
Moorea et Tahiti Iti
nomènes
dépaysement et par le tourisme international
qui intéresse plutôt les grands ensembles
hôteliers : Club Méditerranée, Bali Hai, Kia
que
résidents de Tahiti cherchant un relatif
marché de la capitale. Ce sont certains cadres
d’entreprises commerciales, des écrivains, des
artistes voire des employés de la fonction
publique. Moorea contribue également à
approvisionner Papeete par ses productions
horticoles, fleurs de tiare et ananas, et reçoit
Tahiti, comme les autres îles, tous ses
produits manufacturés et même une bonne
de
part de son alimentation. Au total, les
relations sont intenses entre les deux îles :
alors que “l’île
sœur” ne compte que 7 060
habitants, le chenal a été traversé par 450 000
passagers - bateau et avion - et par 80 000
tonnes de fret en
1983.
A l’opposé, le sud de l’île de Tahiti a vu
ses
paysages
modelés
par
deux activités
importantes : l’élevage et le maraîchage. Les
productions sont destinées aux marchés de
Papeete qui se tiennent quotidiennement et, à
ce trafic, s’ajoutent les migrations pendulaires
motivées par le travail ou les achats.
Ainsi, la capitale a tissé des liens solides et
différenciés
fortement
avec
un
espace
aux
contours
marqués par la géographie
physique et qui s’inscrit dans une ellipse dont
le grand axe atteint 85 kilomètres. Ce cœur
économique de la Polynésie bat surtout au
rythme des activités de service et irrigue le
territoire
par
les flux qu’il secrète :
puissamment pour les îles proches, plus
faiblement pour les archipels éloignés.
Moorea et Tahiti Nui à
l'arrière-plan. Ces deux
volcans de type hawaïen
montrent des flancs
démantelés par l’érosion
et une dépression
centrale bien marquée
correspondant au
cratère. La présence
d’une ceinture
corallienne multiplie
dans l’ensemble les sites
abrités. Les 15 km du
chenal séparant les deux
îles ont vu s’établir une
intense circulation
marchande et
plaisancière.
Le Moorea Ferry en baie
de Vaiare à Moorea. A
l’ère des goélettes de
petit tonnage a succédé
celle des ferries mis en
service au début des
années 80. La desserte
de Moorea s’en est
trouvée renforcée, avec
une
Moorea fait partie du
groupe des îles du Vent
qui comprend
également Tahiti et
^emae
îlot Motufare
17^30 S
3 îlots. A 20 km au nordouest de Tahiti, les
136 km^ de Moorea sont
échancrés au nord par
les deux grandes baies
i^upo jjg Cook et d'Opunohu.
‘^u Nuarei
eavaro
Passe Vaiare
Motu Ahi
V
Passe
Tupapaurau
capacité d’emport
de plusieurs dizaines de
véhicules pour le
Moorea Ferry et le
Tamara Moorea //, et les
200 places assises du
Keke III. D’autre part
les goélettes Maire et
Tamara Moorea I
assurent le transport
des marchandises.
LES CINQ ARCHIPELS
Les îles Sous-le-Vent
et les Tuamotu
poids économique et humain de
Le
l’ensemble Tahiti-Moorea et la vie de relations
ont une
importance telle en Polynésie que les
autres, archipels se définissent par rapport à ce
pôle.
L’espace
considéré
comme
“intermédiaire” entre ce pôle et les archipels
éloignés est très hétérogène mais les îles
concernées se situent toutes nettement dans la
mouvance
de Papeete.
Des îles dans la mouvance
de Papeete
Elles sont bien reliées à Tahiti tant sur le plan
de la vitesse que sur celui de la fréquence des
liaisons (avions et
navires) : ce sont les îles
l’archipel Sous-le-Vent, les
Tuamotu du Nord au nord-ouest d’une ligne
passant par Kaukura et Takapoto et l’île de
de
hautes
Hao, base avancée du C.E.P.
Physiquement, les îles
Sous-le-Vent
présentent de nombreux points communs
avec Tahiti et Moorea. Il s’agit de volcans de
type hawaïen qui se sont formés à la fin de l’ère
tertiaire et ont été fortement érodés par la
suite. Les cinq îles principales sont alignées du
sud-est
au
nord-ouest et couvrent 398 km^
dont 282 pour Raiatea et Tahaa situées dans le
même lagon.
Les altitudes sont relativement
élevées avec, par exemple, 1 017 m au Mont
Tefateaiti à Raiatea et 727 m au sommet de
rOtemanu, piton rocheux dominant le petit
massif de Bora Bora. Toutefois, il faut
souligner la modestie des superficies insulaires
et l’absence de grandes vallées fluviales du
type tahitien, ce qui peut s’expliquer par une
submersion très lente mais inexorable des
édifices
découpés
montagneux.
Les
littoraux sont
par des baies profondes, comme
celle de Maroe qui coupe Huahine en son
et protégés par un récif-barrière
beaucoup plus massif et continu qu’aux îles du
Vent. Cette chaussée corallienne porte des
motu, longs îlots d’accumulation sableuse, qui
sont l’ébauche d’un atoll selon l’hypothèse
milieu,
d’une subsidence continue.
Les
îles des Tuamotu
représentent le
terme de l’évolution géologique des archipels
Raiatea et Tahaa. Les
deux îles, situées dans
un seul lagon, sont
polynésiens. Leurs anneaux coralliens sont les
prolongements verticaux d’anciens récifs
madréporiques nés sur les flancs des cônes
volcaniques aujourd’hui engloutis. La
topographie des atolls est assez simple. Le
côté exposé aux houles est une grève de
cailloutis parsemée de blocs coralliens et
prolongée par un platier strié de petits
chenaux perpendiculaires au littoral. Les
bordures lagunaires sont au contraire de
véritables plages colonisées par les cocotiers et
séparées par un plan
d'eau de 3 km de largeur
seulement. A gauche :
Raiatea et la petite
agglomération d'Uturoa,
au cœur de l'espace
lagunaire.àproximitéde
la passe de Teavapiti.
El le fait face aux échines
montagneuses de
Tahaa, tandis qu’au loin
on distingue l’île de
Bora Bora.
les bouraos. Les atolls sont de dimensions très
Uturoa. Sur la rive sud
du chenal séparant
Raiatea et Tahaa et
dominé par le Mont
variables. Le plus vaste est celui de Rangiroa
qui, avec ses 180 km de périmètre, pourrait
englober l’île de Tahiti, mais la superficie
moyenne d’une île des Tuamotu n’est que de
Tapioi (294 m), le petit
centre urbain d’Uturoa
constitue un relais
11 km^. Les atolls culminent à deux ou trois
régional des services
mètres au-dessus du niveau de la mer ce qui
centraux tahitiens, à
l’image d’une petite
sous-préfecture
métropolitaine.
implique deux contraintes pour les hommes ;
l’absence de rivières, donc un problème
«
19
LES ILES OCÉANIQUES
permanent d’approvisionnement en eau,et la
vulnérabilité des villages aux catastrophes
naturelles (cyclones et raz de marée).
Raiatea et Tahaa
A moins d’une heure de Papeete, les îles Sous-
le-Vent
abritent
19
060
habitants
assez
régulièrement répartis dans l’archipel. D’une
l’autre, la mise en valeur du potentiel
terre à
naturel
est
différente, les structures
fort
économiques sont très dépendantes des modes
de
relations
avec
l’extérieur.
Raiatea “la
sacrée” (ou Havai’i dans les textes anciens) a
joué pendant des siècles un rôle politicoreligieux très important. Il semble que son
marae Taputapuatea d’Opoa ait été le cadre
de
rencontres
autorités
internationales
religieuses
des
entre
nations
les
polyné¬
siennes, Sa position centrale aux îles Sous-leVent en a fait, à partir de 1880, la résidence de
l’administrateur civil, délégué du gouverneur
du territoire pour l’archipel.
deux fois moindre que celle de l’archipel dans
Uturoa s’efforce de satisfaire les besoins
élémentaires dans sa zone d’influence. La ville
commerciaux. Les 2 500
habitants d’Uturoa disposent d’un niveau de
vie nettement supérieur à celui de leurs voisins
et leur présence a modifié l’orientation des
productions agricoles. Les cultures tradi¬
tionnelles ont décliné au profit des spécula¬
tions sur l’élevage bovin et l’aviculture, au
point que les districts ruraux de Raiatea
contribuent aujourd’hui à l’approvision¬
nement de Tahiti. Le rayonnement d’Uturoa
reste cependant bien modeste puisque chaque
île, sauf Maupiti, est directement desservie à
partir de Papeete. La ville n’a aucune fonction
industrielle et ne réussit pas à endiguer l’exode
vers
Tahiti, sa croissance a même été
1977-1983.
Les trois autres îles connaissent une situation
différente. Bora Bora (38 km^ et 3 200
habitants)
connu
un
premier
socio-économique avec
a
bouleversement
l’installation d’une base militaire américaine
1942, base fonctionnelle jusqu’en 1945.
en
L’île est entrée brutalement dans l’économie
monétaire, les habitudes alimentaires et les
rapports des hommes avec la terre ont été
profondément modifiés. Bora Bora est
aujourd’hui la seule commune dont un district
prime nettement sur les autres : Nunue
de motu sableux
installés sur le récif.
Une seule passe coupe
la chaussée corallienne,
en face de Vaitape,
le chef-lieu.
petit massif en forme
de croissant, culminant
à 727 m, des îlots
un
basaltiques parsemant
telles
Bora Bora, Huahine, Maupiti
le lagon
plus petites îles de
l’archipel Sous-le-Vent.
Se? 30 km® comprennent
de
l’agriculture traditionnelle, du coprah et de la
pêche, quand ils n’émigrent pas vers Tahiti.
(comme l’îlot
Topua) et une ceinture
Bora Bora est une des
Dans
urbain voisin : ses 3 750 habitants vivent de
d’établissements
rural
période
la
conditions, l’île de Tahaa ne pouvait espérer
tirer grand profit de la présence de ce centre
héberge une subdivision des services de l’amé¬
nagement et de l’équipement, elle compte un
tribunal de première instance, un lycée, un
hôpital de 80 lits, une agence de chacune des
quatre banques de Papeete et une trentaine
L’ïle constitue avec
Tahiti et Moorea un des
trois pôles touristiques
de la Polynésie. Elle doit
cette activité à la beauté
de ses paysages et à la
notoriété acquise
auprès du public
américain depuis
l’installation d’une base
militaire lors de la
Seconde Guerre
mondiale. Le tourisme
fait vivre la plupart des
3 250 habitants et
explique que les 280 km
AÉrodromî
qui séparent Bora Bora
de Papeete soient
parcourus
quotidiennement par les
appareils d’Air
Polynésie.
Teveiroa
B. Paorie
Tereia
B
Faanul
Tairroo
Mataihua
314m
Pnte Tuivahora
Otemanu
7Z7m
Valtape
iNUN'uE
Toput
Mata Pupw
I
148m
Autour de Bora Bora
s’étend une large
chaussée corallienne
parsemée d'îlots sableux
couverts de vastes
cocoterales. Ces motu,
comme celui visible à
gauche, se prêtent à la
production du coprah et
à l'exploitation
touristique. L’un d’eux,
Motu Mute, est le site de
l'aéroport.
20
236m ^
B. Aponapu
milau
169m
Matin
Tau rare
LES CINQ ARCHIPELS
population.
Après les spéculations des années cinquante
sur le coprah et la vanille, la population a peu
à peu préféré le salariat offert par les
ensembles hôteliers qui s’installaient. Bora
Bora était jusqu’en 1961 la seule île de
Polynésie touchée par les grands avions de
ligne, grâce à la piste laissée par l’armée
américaine sur le
Motu
Mute.
Après
l’ouverture de l’aéroport de Tahiti-Faaa, Bora
Bora vit s’implanter plusieurs hôtels à
bungalows qui totalisent aujourd’hui 297
habitants) ont su mener un développement
plus harmonieux. L’éventail des cultures
vivrières y est remarquable et les deux îles se
sont fait une spécialité de la production sur
motu des melons et pastèques acheminés par
goélette vers Papeete. L’extension des vanil-
population active et fixe les
habitants sur place d’autant plus que le renom
de l’île lui vaut d’être, de temps à autre, le lieu
de tournage d’une production cinémato¬
graphique.
ensenible beaucoup moins puissant que les îles
rassemble les deux tiers de la
lières
de
TEPOTO NORD
en
avec
villages principaux : Tiputa et Avatoru.
un
groupé à Rangiroa, cette partie du
grand archipel fait figure de région assez
privilégiée. Les activités économiques sont
bien diversifiées grâce, ici encore, à une bonne
desserte maritime et aérienne à partir de
Papeete. Au traditionnel coprah et aux petites
cultures vivrières sont venus s’ajouter l’expé¬
(P
Dans l’espace intermédiaire des îles Sous-
le-Vent et des Tuamotu du Nord, l’influence
de Papeete peut donc s’exercer pleinement et
Rangiroa beaucoup plus
des concurrences. Seul l’éloi¬
gnement ou une particulière vitalité
économique peuvent limiter le rôle de la
capitale.
trouver en Uturoa et
des relais que
-
^ TAKAROA
TAKAPOTO
RANGI
ARUTUA
\y
APATAKI
0* ARATIKA
^
KAUEHI
RARAKA
iai‘7'
NIAU'
KATIU:^
FAKARAVi
FAAITE^
tuanake
y ^
®
FAKAHINA
F^EMO ^ tAENGA
û nihibu
MARUTEA NORD
MOTUTONGA
ANAA
MOOREA
FANGATAU
^ RAROIA
TAHaS^
UAIAO
raison de la modestie des flux
les îles voisines et de la
faiblesse de la population répartie en deux
un tiers est
-
régional et n’y parviendra qu’avec
difficulté
Sous-le-Vent. Avec 3 263 âmes en 1983 dont
900 habitants) et Maupiti (14 km^ et 800
TIKEHAl
1960. Rangiroa ne joue pas encore le rôle d’un
centre
entretenus
Les îles des Tuamotu du Nord forment
la
MATAIV^
de celui qui avait marqué Makatea de 1910 à
Les Tuamotu du Nord
Alors que Bora Bora a perdu une partie
de son identité polynésienne, Huahine (73 km^
et 3
l’implantation de fermes perlières. Les années
prochaines verront débuter l’exploitation des
phosphates de Mataiva selon un cycle
probable de quinze ans, réplique plus courte
Huahine et
aidant,
tourisme
pement du tourisme à Rangiroa et Manihi et
Maupiti conservent le bénéfice de leur croît
démographique naturel.
chambres. Le tourisme fait vivre ici les deux
tiers
le
et
dition de poisson frais par avion, le dévelop¬
o
O
^
jEKOKOTA
^
HARAIKI
heitorlP
MIKUERU
alF^
^PUKARUA
'Sa
VAHITAHI
NENGONENGO
15CP
O
ç,
PARAOA
°
Q
débarquement en
baleinière est parfois
périlleux pour les
NUKUTAVAKE
O
VAIRAATEA®
i^ANUHANGl
Arrivée de
l’administrateur civil
aux Tuamotu. En
l’absence de passe, le
^
PINAKI
AHUNUI
HEREHERETIJE
anuanuraro
ANUANURUNGA'^
'■
NUKUTEPIPI
0 TUREIA
VANAVANA*’
hommes et les biens. Les
atolls les mieux pourvus
ne disposent que d’un
quai souvent mai abrité
et le transport aérien
reste très onéreux.
TENARAROjo rvTENARUNGA
VAHANGA
®
MATUREIVAVAO
TEMATANGI
a
146°
142°
^_^ORUROA
e
-
s>
CP MARUTEA SUD
22°
MARIA
FANGATAUFA
MORANE
GAMBIER
TEMOE
134=
138°
L’archipel des Tuamotu
présente une unité
physique remarquable.
Il comprend 76 atolls
qui s'égrènent sur
1 600 kilomètres du
nord-ouest au sud-est.
Les îles coralliennes
très plates (altitude
maximale : 3 m) ont des
dimensions très
variables : les lagons de
Rangiroa, Fakarava ou
Makemo pourraient
contenir l’île de Tahiti,
mais Tike, Pinaki ou
Vanavana ne couvrent
que quelques dizaines
d’hectares. L’unité de
l'archipel est
morphologique mais
aussi climatique, avec
des précipitations
partout modérées et un
ensoleillement très
important. Les Tuamotu
ont une superficie de
900 km^ mais il s'agit
d'un espace peu
favorable à l'installation
des hommes. On y
compte 11 200 habitants,
souvent isolés en petites
communautés, à une
distance de Papeete
variant de 300 à
1 500 km.
21
LES ILES OCÉANIQUES
Les archipels
Les 65 atolls des Tuamotu du centre et du
éloignés
Dans un immense croissant qui prend en
écharpe l’est et le sud de la Polynésie, l’océan
est parsemé d’îles très souvent isolées. Les 92
atolls ou hautes terres répartis entre les
Marquises, les Tuamotu du centre et du Sud,
les Gambier et les Australes ne voient vivre
20 000 habitants soit 13 % de la
population du Territoire sur la moitié des
terres émergées.
que
Des conditions naturelles inégales
De Rapa aux Marquises, les milieux naturels
n’offrent pas les mêmes possibilités que ceux
des îles de la Société, vastes terres souvent
fertiles et aux littoraux accueillants.
Les 12 îles Marquises couvrent 997 km- et
présentent une grande unité de paysages. 11
s’agit d’îles hautes d’origine volcanique aux
formes tabulaires par endroits, dominées par
des pitons correspondant à des intrusions de
laves plus dures : cinq d’entre eux dépassent
1 000 m. Les bordures de ces plateaux encore
déserts s’achèvent en falaises imposantes et
sombres, directement attaquées par la boule et
morcelées par de courtes vallées. Les plaines
littorales sont donc rares ce qui rend difficile
l’établissement d’organismes portuaires et
oblige à l’emploi du bateau pour aller d’un
village à un autre. L’archipel comprend deux
groupes d’îles : au nord Ua Pou, Ua Huka, Eiao
et quelques récifs entourent Nuku Hiva,
tandis qu’au sud Tahuata et Fatu Hiva sont
dominées par la masse de Hiva Oa.
Aux
îles
Australes
les
conditions
paraissent un peu moins difficiles
car les terres (également volcaniques) sont
enserrées par un récif frangeant ou une
naturelles
barrière corallienne annulaire et les altitudes
restent modestes : 650 m au Mont Perau de
Rapa, 83 m au Mont Ruahu de Rimatara.
Cependant, trois contraintes donnent au
milieu une certaine âpreté : celle de la faible
superficie des îles, 48 km- à Tubuai mais 8
seulement à Rimatara, celle de l’isolement
puisqu’il faut compter en moyenne 280 km de
mer entre chacune des cinq îles de l’archipel,
celle enfin du climat très venteux laissant
alterner les dépressions tropicales et les per¬
turbations du front polaire.
disposés en quatre guirlandes
parallèles sur des soubassements volcaniques
engloutis. A l’extrême sud-est de l’ensemble,
les Gambier forment un type insulaire
intermédiaire en montrant sept pointements
Sud
sont
rocheux
l’intérieur
à
d’une
c’est l’Eglise réformée qui règne presque sans
partage en s’identifiant avec la société laïque
et ses structures.
couronne
corallienne, ce qui rappelle certains aspects
morphologiques de Bora Bora. Les atolls
constituent un milieu ingrat, dépourvu de
terre arable et manquant d’eau douce en
surface. On se trouve là sur une des marges de
tant l’existence de l’homme est
l’oekoumène
plusieurs titres pour les Paumotu, et multiples
constructions dirigées il y a plus d’un siècle par
le R.P. Laval à Mangareva. Aux Australes,
menacée : les effets des cyclones de la saison
1983 l’ont prouvé.
En dépit des conditions naturelles ou en
réponse au défi qu’elles jettent aux hommes,
les populations s’accroissent rapidement.
Entre 1977 et 1983 les régions considérées ont
vu leur nombre d’habitants passer de 15 643 à
20 046 soit, en tenant compte de l’émigration
Les contraintes de l’isolement
Si l’on s’en tient à
l’analyse géographique,
l’homogénéité spirituelle et matérielle des
communautés, leur originalité, peuvent aussi
s’expliquer par l’isolement. Taiohae, chef-lieu
administratif des Marquises, est à 1 500 km au
nord-est de Papeete soit à 4 jours de navire.
De Tahiti à Mangareva on compte 1 700 km,
franchis en une journée d’avion, mais une fois
par mois seulement. Enfin, Tubuai est située à
600 km au sud de l’île-capitale et Rapa à plus
(très ralentie désormais), un taux d’accrois¬
sement supérieur à 4 % l’an.
Partout l’habitat est groupé, au creux des
vallées des îles Marquises, ou à proximité des
passes dans les atolls, révélant dans le paysage
la solidité des liens intra-villageois, liens
soigneusement entretenus par les églises. Les
Marquises ont été érigées en vicariat
apostolique dès 1848 et il s’y est établi une
véritable théocratie catholique dans les
premières décennies. La ténacité des premiers
missionnaires et la puissance de la foi qui
anime aujourd’hui les communautés
insulaires
aussi se mesurer au
immobilier de l’Eglise :
églises de corail, refuges à
peuvent
patrimoine
nombreuses
L'île de Rapa a la forme
d’un croissant qui
entoure la baie de
Haurei, visible au
premier plan. Ce bout du
monde battu par les
pluies et les vents porte
lande rase et n’est
relié qu’épisodiquement
à Papeete.
une
Les Iles Gambier
appartiennent à la même
Tenoko
dorsale géologique que
les Tuamotu, aux
confins sud-orientaux
du Territoire. Ce petit
archipel abritant
kirirrfira
580 habitants est formé
d’une île principale,
Y
'arauru-Roa
27 7/
^ j(jLE
MANGAREVA
^ Rikitea
Mangareva, dont le point
culminant atteint 441 m,
et de 7 pointements
tMt Dufl\
rocheux (Taravai,
Aukena, Akaramu...)
logés dans le même,
lagon.
^Aerodrome
Taku
LE TARAVA
Taravai
"'“'AÏÏtijiti
ILEAUKENA
Ilot MOtu O An
Tekoreu J <3
{^yTekava
Ile Mekiro
Sli39
■!Akamaru
Ile Agakaultal
^^LE AKAMARU
«s»
Ile Makapu
Ile Motu Teiku
Une chapelle des
Gambier. La
"théocratie" fondée par
le R.P. H. Laval aux
Gambier a laissé près
d'une centaine de
bâtiments religieux et
de constructions
diverses, pour la plupart
en
ruine aujourd’hui. On
peut mesurer par là la
puissance des
22
.Ile Makaroa
\13S
&lle Manul
sentiments religieux en
Polynésie et aussi,
malheureuserfient,
l’importance de l’exode
rural dans les îles
périphériques.
Ile Kamaka
Kouaku
LES CINQ ARCHIPELS
de 1
100, soit la distance séparant Paris de
impliquent une
économie originale, fortement dépendante du
milieu
physique, mais où l’on décèle
aujourd’hui des facteurs de transformation.
Madrid.
Ces
contraintes
économiques
L’activité essentielle de toutes les îles demeure
l’agriculture. Elle associe la production des
hase
de
les actifs
Ils pratiquent la
cueillette sur les récifs et la petite pêche côtière
pour compléter les maigres apports des petits
élevages.
Depuis une dizaine d’années, cette
paysans-pêcheurs.
se
transforme sous l’effet de trois
facteurs. Les
progrès des dessertes interin¬
économne
Traditions et mutations
tubercules,
Australes. Dans tous les archipels,
sont
l’alimentation
polynésienne, à la récolte de fruits, réalisées au
sein de petits enclos familiaux. Il faut y ajouter
les profits tirés des plantations organisées
dans le cadre d’une économie coloniale
:
le
coprah qui assure l’essentiel des revenus des
Paumotu et le café introduit dans les vallées
marquisiennes ainsi que sur les plaines des
sulaires permettent aux habitants de ces bouts
du monde de s’intéresser au marché tahitien
pleine expansion. Les Australes' se sont
ainsi lancées dans les productions maraî¬
chères, ses habitants et ceux des Marquises
exportent des objets d’artisanat, vannerie et
bois sculptés, destinés aux touristes. Dans un
autre sens, les capitaux tahitiens se sont plus
en
volontiers investis dans la fondation de fermes
perlières à Aratika, Marutea et Mangareva.
Un autre facteur de transformation réside
la
volonté
politique d’aménager
globalement le Territoire. 11 est de plus en plus
clair que Tahiti se sacrifie au développement
urbain et que les populations des autres îles de
dans
la Société se consacrent surtout au tourisme.
Dès lors, les archipels éloignés pourraient se
spécialiser dans la fourniture de produits
agricoles : ils bénéficient déjà de la sollicitude
des services de l’Economie Rurale et d’autres
organismes de recherches. Enfin, il est devenu
.nécessaire d’endiguer les flux migratoires issus
archipels éloignés, pour éviter l’engor¬
Peu à peu, Taiohae et
Atuona aux Marquises et Tubuai aux
Australes s’affirment comme petits centres de
services. La plus grande partie des Tuamotu
reste cependant un espace indifférencié et
vulnérable et les trois archipels n’entre¬
des
gement de Tahiti.
tiennent aucune relation entre eux.
Falu Hiva (îles
Marquises). Les côtes à
falaise montrent par
endroits des
échancrures
correspondant à de
petites vallées fluviales.
Les plaines qui s’y
développent alors fixent
les hommes (témoin la
cocoteraie) et
constituent des mondes
assez fermés.
HATUTU
"^Motu One
e
EIAO
_
•
UA HUKA
La côte nord de Nuku
Hiva. Les Marquises ne
sont pas
bordées de
récifs coralliens. Les
plateaux volcaniques
entrent en contact avec
l'océan par des falaises
sombres aux profils
tourmentés.
FATU HUKU
HIVA OA
Atuona
C. Maiauaoa
Aérodrome
MOTANE
Haatuatua
Pnte Toea
TAHUATA
Les îles Marquises. A
1 300 km au nord-est de
paysages sont
ont longtemps constitué
a
Papeete, les Marquises
grandioses, ravinés par
l'érosion torrentielle qui
monde à part en
quelques pics à plus de
un
Polynésie, isolé et
8. Hakaoa
C.
Pnte Matateteiko
Pnte Motumano
Tikapo
FATU HIVA
1 000 m. Au nord se
détenteur d'une culture
trouvent Nuku
totalisant 1 000 km^ et
que Hiva Oa, Tahuata
et Fatu Hiva n'abritent
originale. L'archipel
comprend 14 îles
Te oho te kea
laissé en relief
réparties en deux
groupes, le groupe Nord
étant sensiblement plus
étendu et plus peuplé
que le groupe Sud.
Les
Hiva,
Lia Huka, Ua Pou et leurs
4 060 habitants, tandis
que 2 500 âmes. Le cheflieu administratif est
Taiohae dans l’île de
Nuku Hiva.
LES ILES OCÉANIQUES
Le ciel
de la Polynésie
l’autre
Le ciel austral fait partie des beautés de la
Polynésie et il représente souvent une décou¬
verte pour les visiteurs venus de
sens
au
coucher du soleil. Le soleil
l’hémisphère
Nord. En effet, si le même soleil éclaire tous les
habitants de la Terre, ce ne sont pas les mêmes
étoiles qui brillent dans la nuit de Paris ou de
Tahiti.
C’est en raison de cette situation que de
nombreuses expéditions européennes ont été
organisées pour observer les étoiles de
l’hémisphère Sud céleste. Faut-il rappeler
l’expédition de Cook et l’observation de
Vénus, expédition qui fut une des premières à
soleil
fond de la cosmogonie polynésienne.
De bonnes conditions
d’observation
Les constellations du ciel
(Kalnii en maori) (petit losange dont le grand
axe donne la direction du sud), le Centaure
l’absence de brouillard et l’inexistence des
lumières nocturnes propres aux grandes villes
ainsi que la la douceur des nuits
l’observation du ciel et des astres.
facilitent
observation
par les planètes de notre système solaire dont
les lumières sont stables, ce qui permet de les
distinguer des étoiles aux lumières scintil¬
lantes. Analogues à notre soleil, des milliards
d’étoiles composent notre galaxie et forment
la voie lactée particulièrement brillante dans
sa partie australe. A des centaines d’années
lumière de notre galaxie se situent des amas
d’étoiles, autres galaxies constituant tout
l’univers dont quelques unes seulement sont
visibles à l’œil nu.
Le soleil et les planètes
La rotation de la Terre sur elle-même en 24
heures et autour du soleil en 365 jours se fait
selon
une
L’ensemble du ciel a été divisé en 88 constel¬
à
lui donner
le Scorpion (constellation dessinant un S et
qui est au zénith dans le ciel de juillet-août), le
Sagittaire (dans la direction du centre de notre
galaxie).
Les cartes du ciel nous aident à repérer
région du ciel
Compte tenu de la situation latitudinale
Polynésie dans l’hémisphère Sud, on
peut voir la totalité de l’hémisphère Sud
céleste et l’hémisphère Nord céleste jusqu’à
20” du pôle. On peut voir clairement la
Grande Ourse, Cassiopée et une partie du
Dragon qui sont des constellations du nord ; il
toutes
constellations et
ces
bien d’autres.
le Grand Chien
l’étoile la plus brillante du ciel, Sirius
( Takuriia en maori) qui passe au-dessus de
Encore faut-il signaler dans
nous
à la verticale.
d'Andromède, voisine
de notre galaxie, n’est
qu'à 200 000
années - lumière de la
Terre. Dans notre
galaxie, en forme de
disque aplati, que
composent quelque
150 milliards d’étoiles
analogues à notre soleil,
notre système solaire est
bordure ; c’est la
vision vers le centre de la
en
galaxie et dans son plan
principal qui constitue
la Voie lactée.
Il y a des milliards de
galaxies dont les plus
lointaines se situent à
plus de 10 milliards
d’années-lumière. Leur
lumière, se déplaçant à
la vitesse de 300 000 km
par seconde, met plus de
10 milliards d’années
à nous parvenir, et nous
les voyons telles qu'elles
étaient avant même que
la Terre existe (4,5
milliards d’années).
•
BALANCE
HYDRE
NAVIRE
.
PFMTAIIRF
CENTAURE
^
CROIX
Du fait de sa situation tropicale, la durée
latitude
h de jour au 21 juin et 13 h de
jour au 21 décembre).
2 heures .d’écart pour une
moyenne (11
Le soleil se lève verticalement au-dessus
de l’horizon et le jour arrive très vite ;
il se
passe peu de temps entre le petit jour et le plein
soleil, le même phénomène se produisant dans
Ciel le 15 mars à 24h
ou le 15 avril à 22 h
ou le 15 mai à 20h
•
.
.
,
•
•
^
•
«Antares
.
,
•
Mimosa.
Agena*
Toliman*
FAUSSE
DU.SUD
•
des jours varie peu en Polynésie au cours de
24
(avec Toliman, étoile triple située à 4,3 années
lumière, la plus proche étoile de notre soleil),
de la
le globe.
:
une
nom,
un
moment de l’année et la situation en latitude
l’année
160 {)()() années lumière), le Navire, la Fausse
Croix (losange de 4 étoiles), la Croix du Sud
lations,
orbite déterminée. Par rapport au
plan de cette orbite dans l’espace, l’axe de la
Terre passant par les deux pôles n’est pas per¬
pendiculaire, mais incliné de 23‘’5. C’est cette
inclinaison qui est la cause des saisons et de
l’inégale durée du jour et de la nuit selon le
sur
L’hémisphère Sud céleste, observable
en totalité à Tahiti, cornporte le Petit
Nuage de Magellan (tache nébuleuse corres¬
pondant à une galaxie proche de la nôtre), le
Grand Nuage de Magellan (autre galaxie à
La galaxie
La pureté d’un air non pollué et sans fumées,
pôle
donc
d’est en ouest.
conventionnellement délimitée.
second millénaire.
Le ciel constituait également la toile de
au
Nord où brille l’Etoile polaire.
d’un
migrations des peuples océaniens. La connais¬
des routes du ciel a permis les grandes
navigations des anciens Polynésiens ainsi que
les petites liaisons interinsulaires au cours du
sance
remarquable, contrairement
étoile
déplacement du soleil dans la
journée. Ce déplacement s’effectue dans le
plan de Vécliptique (ligne où se produisent les
éclipses lorsque, par exemple, notre satellite la
Lune nous cache le soleil en plein jour). C’est
dans ce plan que se déplacent les planètes,
terrestre
comprenant
chacune, outre le
groupement d’étoiles ayant servi initialement
astres du ciel jouèrent un rôle capital dans les
tourner,
l’impression à l’observateur
donne
tous les astres semblent
mais il ne se matérialise par aucune
duquel
autour
Le mouvement relatif de la Terre et du
“découvrir” notre région.
Mais il y a bien longtemps déjà que les
On peut commencer cette
céleste se
situe en moyenne à 17" au-dessus de l’horizon.
Visible tout au long de l’année, c’est le point
puis sud du
du 30 janvier au 11 novembre,
12 novembre au 29 janvier.
manque que la Petite Ourse.
Le pôle Sud de l’hémisphère
ne
passe au zénith de Tahiti le 30 janvier et le
13 novembre à midi. 11 a une déclinaison nord
.
.
«Acrux
»
•
'
•
,
.
•
.
CROIX
^
•
*
,
*
GRAND CHIEN
♦
•
SCORPION
.
OCTAN
«Canopus
ïjSè Grand Nuage
2 Origine et âge des îles
Lesd’atoils,
archipels polynésiens
n’ontnées
pasdans
toujours
existé.
d’îiesleur
hautes
ou
ies îies
i’océan
puisQu’il
ont s’agisse
évoiué dans
forme,
toutes
sont
dans le temps et dans l’espace. Cette aventure géologique a débuté ii y a vraisembia-
blement moins de 75 miliions d’années, ce qui ne représente dans le temps que le
dernier cinquantième de i’histoire de ia Terre depuis sa création.
L’apparition des îles polynésiennes tient à l’activité voicanique du Pacifique au
niveau d’une gigantesque chaîne de montagne sous-marine - ia ride du Pacifique Estet au niveau de certains points d’activité magmatique- ies points chauds-situéssurle
fond de l’océan.
L’évolution des îles une fois qu’elles sont apparues se fait en fonction de
phénomènes que l’on appelle tectonique des plaques et subsidence. Evolution dans
l’espace car les îles se déplacent ; évolution dans le temps car elles se transforment
(d’île haute en atoll, de Tahiti en Rangiroa) et certaines disparaissent.
Ainsi donc les îles polynésiennes ont une histoire comme tout être vivant : elles
naissent, elles bougent, elles évoluent, elles peuvent mourir... mais à une échelle de
temps géologique, au fil de quelques dizaines de millions d’années. Les plus vieilles
dames sont dans les Tuamotu et les Australes, alors que les dernières nées sont dans la
Société et les Marquises.
îles volcaniques
La tectonique
des plaques
et les séismes
La tectonique des plaques
La théorie de la tectonique des plaques ou de
l’expansion des fonds océaniques admet que
la lithosphère terrestre, couche externe de
notre globe, est constituée d’une mosaïque de
plaques rigides en mouvement, délimitées par
des dorsales océaniques, des zones de subduc¬
tion et des failles transformantes. Les plaques
s’écartent au niveau des dorsales où de nou¬
velles surfaces
se
forment. A
l’opposé elles
convergent et entrent en collision dans les
zones de
subduction où une des plaques
plonge et disparaît dans le manteau. Enfin
plaques voisines peuvent coulisser
horizontalement le long de failles transfor¬
deux
mantes.
Le déplacement
fosse
des plaques est imposé
par les courants de convection de l’intérieur
du globe. Le magma en provenance du
manteau, en ascension au niveau des dorsales,
forme en se refroidissant la plaque lithosphé¬
rique rigide qui, entraînée par les courants de
convection du manteau supérieur, mais aussi
par
injection de nouveaux
matériaux à la dorsale, se déplace et va dispa¬
repoussée
fosse
arc
raître dans les-zones de subduction.
insulaire
Vue en coupe de la Terre.
Elle illustre
l'interdépendance des
différentes structures
dans ie cadre des
théories de iatectonique
des plaques et du
déplacement des fonds
océaniques.
La formation et la
subduction de la
lithosphère. Cette vue
en coupe de la croûte et
du manteau montre que ■
les séismes se
produisent
principalement dans la
partie haute de la
plaque plongeante. Les
flèches dans
l’asthénosphère à
gauche de la figure
matérialisent de
possibles courants de
convections
secondaires.
continent
Bassin marginal
océan
volcanisme andésitique
sédiments
volcan en bouclier
LITHOSPHÊRI
changement de phase
ASTHÉNOSPHÊRE
point,chaud
MÉSOSPHÈRE (manteau profond)
'à 650km
25
LES ILES OCÉANIQUES
Chacune des plaques est une portion de la
sphère terrestre. Animée d’un mouvement par
rotation autour d’un axe qui lui est propre,
elle présente deux pôles et un équateur qui, en
fonction de ses dimensions et position sur le
globe peuvent être matérialisés ou fictifs.
Défini par sa vitesse angulaire de rotation, le
déplacement linéaire de la plaque est
maximum à son équateur et croît comme le
Cosinus de sa latitude.
Conséquence immédiate du
mouvement des plaques :
les séismes
La plus grande partie de l’activité sismique est
frontières
plaques
lithosphériques. Au niveau des dorsales,
sources
magmatiques, surviennent des
séismes uniquement superficiels (moins de
50 km de profondeur) et d’énergie modérée.
Les failles transformantes sont également
concentrée
aux
des
séismes du 22 mai 1960 au Chili et du 28 mars
1964 en Alaska illustrent ce mécanisme d’en¬
foncement d’une plaque lithosphérique sous
ici continentale, qui la chevauche.
De magnitude MW =9,5 et 9,2, ces séismes,
dont le premier est le plus fort connu par
une
autre,
mesures
instrumentales,
correspondaient à
de failles sur 1 200 et 800 km,
respectivement.
Le mécanisme des séismes à foyer
superficiel des zones de subduction, qui se
traduit généralement par un enfoncement du
plancher océanique et une montée du plateau
continental ou, pour les arcs insulaires, du
bassin marginal, de part et d’autre d’une zone
de fracture, est favorable à la génération de
raz de marée, appelés tsunamis.
La plaque lithosphérique qui s’enfonce
dans le manteau n’est pas absorbée ou recom-
des ruptures
binée
au
milieu ambiant avant des
qualifiée d’intermédiaire (foyers de 50 à
300 km) et profonde (300 à 700 km), interne à
la plaque plongeante, qui résulte des con¬
traintes que subit cette plaque en pénétrant un
milieu résistant. A ces zones sismiques, appe¬
Beniüjf, inclinées sous les arcs
les continents, correspond
environ le quart de l’énergie totale libérée par
lées plans de
insulaires
ou
les séismes dans le monde.
La tectonique de l’océan Pacifique
On a représenté sur la carte de cette page les
principales
plaques
relatives
de
Axe de rotation de la terre.
Pour le Pacifique Sud,
celles orientées ouestont trait à la dorsale
fossile de Faralon. Les
Pôle de rotation
longueurs qui, coulissant sur des distances
importantes peuvent être le siège de forts
entre les plaques A et B
La structure du
de la faille de San
Pacifique Est. Un
changement de dorsale
Andréas, en Californie, qui sépare la plaque
est intervenu dans cette
Pacifique de la plaque américaine ' (San
Francisco, 18 avril 1906 ; magnitude MS =
région, il y a 15 à 20
millions d’années. Outre
les traces de l’ancienne
8,25).
dorsale, apparaît le
Mais la libération d’énergie sismique de loin la
réseau de fractures du
plus importante se produit dans les zones de
subduction. Elle résulte des rejets brutaux de
la plaque lithosphérique vers les couches pro¬
fondes et des déformations qu’elle subit.
Pacifique Est, fractures
qui sont, en fait, des
failles transformantes
perpendiculaires à la
Mendocino.
De plus faible longueur,
celles orientées ouest-
nord-ouest, est-sud-est,
sont symétriques de part
et d’autre de la dorsale,
actuellement active,
dont elles sont issues.
dorsale dont elles
émanent.
Les
plus importantes sont
celles des Galapagos,
Marquises, Tuamotu et
Australes, parallèles aux
grandes fractures du
Pacifique Nord,
Clipperton, Clarion,
Moiokai, Murray,
Faille transformante
La rotation d’une plaque
rigide sur ia sphère
terrestre. A droite des
segments de dorsale, à
gauche des zones de
subduction, raccordées,
dans les deux cas, par
des failles
transformantes. Les
flèches indiquent lesens
du mouvement; les traits
pointillés symétriques
de part et d’autre de la
dorsale, les linéations
magnétiques.
(flèches) et vitesses de
déplacement (cm/an) des
diverses parties- des
différentes plaques
iithosphériques.
Sens
plaque nord-amertcait
plaque eurasienne
claque Pacifique
plaque de Nazca\
plaque sud-américaine
plaque
plaque indienne
plaque antarctique
26
leurs
sud-ouest, est-nord-est,
modérée, à l’exception de celles de grandes
cas
tectoniques,
déplacement et les
zones
sismiquement actives. La source
magmatique linéaire, orientée nord-sud, dite
directions
caractérisées par une sismicité superficielle et
séismes. Tel est le
profon¬
deurs de 600 à 700 km. 11 s’ensuit une sismicité
ORIGINE ETAGE DESILES
Pacifique Est, engendre la plaque
Pacifique, la plus vaste au monde et les
plaques plus petites des Cocos et de Nazca. La
plaque Pacifique dérive vers l’ouest et le nordouest pour disparaître sous les arcs insulaires
des
Tonga-Kermadec aux Aléoutiennes.
Celles des Cocos et de Nazca se déplacent vers
l’est pour plonger sous le continent central et
sud-américain. A l’exception d’une partie de
dorsale du
la côte nord-américaine et de sa limite sud,
l’océan Pacifique est donc bordé de zones de
subduction où la plaque océanique, constituée
de
matériaux
basaltiques lourds, va
des plaques plus légères,
généralement continentales et granitiques.
Dans ces régions, des fosses océaniques
profondes marquent la zone d’inflection de la
plaque plongeante.
L’histoire des fonds océaniques est
disparaître
sous
reconstituée,
principalement, à partir de
bathymétriques et magnétiques. Le
champ magnétique terrestre s’inverse pério¬
diquement et la lave, en se refroidissant au
dessous du point de Curie, acquiert une ai¬
données
mantation
thermorémanente, parallèle au
champ régnant à l’époque de sa solidification.
Ainsi sont créées, parallèlement aux dorsales,
des bandes d’anomalies magnétiques qui
matérialisent l’alternance des pôles. L’âge de
ces anomalies
est déterminé en datant les laves
des méthodes radiochronologiques afin
que, numérotées, elles servent de références
communes aux différents océans. D’après la
répartition des failles, dorsales et anomalies
magnétiques on peut alors reconstituer les
par
les interactions des plaques
dans le monde et, entre autres, retracer
l’histoire de la partie est de l’océan Pacifique.
mouvements et
La sismicité du Pacifique
central Sud
Plus des huit dixièmes de l’énergie sismique
mondiale sont libérés à la périphérie de l’océan
Pacifique. Dans ce cadre, la Polynésie, que
au Pacifique central Sud, est
située au centre de la plaque Paçifique, à midistance entre la dorsale du Pacifique Est et la
zone
de subduction marquée par l’arc
insulaire des Tonga-Kermadec. Éloigné des
limites de plaque, le Pacifique central Sud est
pourtant le siège d’une sismicité de faible
énergie. Trop faible pour être perçue par les
stations sismiques lointaines, cette sismicité a
été mise en évidence par le Réseau Sismique
Polynésien ■ créé au tout début des années
soixante. Elle se dissocie en sismicité d’origine
volcanique et sismicité d’origine tectonique.
Il est intéressant de constater
que la
sismicité de cette zone, relativement impor¬
tante mais qui reste de faible énergie, n’est
pas
associée aux grandes fractures. Ces cicatrices
de
la
plaque sont en fait les failles
l’on étendra
transformantes
formées
au
niveau
la
de
dorsale, maintenant fossile, de Faralon.
La sismicité du Pacifique central Sud
n’est donc pas corrélée avec les traits majeurs
de la bathymétrie. Elle pourrait
par des
s’expliquer
hétérogénéités de charge de la litho¬
sphère, dues à la présence de l’archipel et du
plateau des Tuamotu, qui induiraient une
zone de faiblesse de la croûte
terrestre, paral¬
lèle à ces structures. Le processus de refroidis¬
sement de la plaque et les
changements de sa
courbure lorsqu’elle progresse sur une terre de
forme ellipsoidale pourraient aussi en être à
direction du mouvement des plaques
axe
frontière de plaque hypothétique
faille transformante
zone
des tremblements de terre à foyer profond
155"
l’origine.
Quoi qu’il en soit, il est clair que les
contraintes imposées par les forces motrices
de la plaque tectonique sont directement
des dorsales
zone
responsables de cette sismicité, contraintes
plus importantes que la vitesse
d’expansion est plus grande. Or, cette zone est
pratiquement sur l’équateur de rotation de la
plaque Pacifique, là où les vitesses de dépla¬
cement, de 11 cm par an, (soit 1 100 km en
10 millions d’années) sont parmi les
plus
de subduction
d’autant
150»,
élevées au monde.
ôe'i.
en
I
Pomariono
Tiputa
Vahituri *
haut :
Carte du monde
illustrant la tectonique
des plaques. On a
RANGIROA
Rauvai-
représenté ici ies
principaies piaques
iithosphériques et leurs
Amanu
i
Faratahi
^
TAHITI
Af
limites : dorsales, zones
de subduction avec les
fosses océaniques, et
failles transformantes.
Les mouvements relatifs
des plaques, en
admettant que la plaque
Otepa
HAO
Nake
africaine est
stationnaire, sont
indiqués par des flèches.
On voit que les
i\e!-
principales régions
sismiquement actives
ôej
^ÊéibOai
station sismique
•
Localisation des séismes
RIKITEA
sont confondues avec
les zones de subduction.
Le réseau de stations
sismologiques et
marégraphiques du
Laboratoire de
Géophysique (CEA). Le
sous réseau de Hao est
actuellement
désactivé.
Les épicentres des
principaux séismes du
Pacifique central Sud
enregistrés depuis la
création de stations
sismologiques sensibles
Polynésie à
l'exception de ceux de la
région de Mehetia
proche de Tahiti.
en
Nombre de ces
épicentres sont alignés
parallèlement à la
direction de
déplacement de la
plaque vers l'ouestnord-ouest.
27
LES ILES OCÉANIQUES
Les points chauds,
l’origine des îles
et la subsidence
Les
souvent
bathymétriques, pourtant
incomplètes, des océans montrent un
cartes
grand nombre d’îles, d’atolls et de montagnes
sous-marines, qui sont en fait des volcans. La
majorité d’entre-eux, trop éloignés des
dorsales océaniques, ne peuvent y avoir pris
naissance.
11 faut donc admettre l’existence
d’autres sources magmatiques indépendantes
et
isolées, parfois éloignées des limites des
plaques : ce sont les points chauds. Ancrés
dans le manteau, ils sont immobiles ou ne se
déplacent que très lentement. De ce fait, le
mouvement des plaques lithosphériques audessus d’eux engendre, en surface, des aligne¬
ments de volcans.
Les points chauds
eaux
chaudes,
marine pour
guyot
montagne sous-
récifs/bioconstruits ne peuvent se développer.
Le volcanisme de point chaud océanique
prend la forme d’édifices individualisés et non
de structure continue comme suggéré par le
défilement linéaire de la plaque. L’interaction,
dans l’asthénosphère, entre le magma à faible
viscosité et le milieu ambiant provoque, en
effet, la formation de colonnes ascendantes et
l’inclinaison
des
conduits
magmatiques
suivant un processus répétitif. Une succession
de volcans va donc prendre naissance, se
développer, puis s’éteindre lorsque l’incli¬
naison insuffisante ou inversée du conduit
n’autorisera plus l’alimentation par
diapirisme. Interviendra alors la subsidence
de l’édifice volcanique.
magmatiques fixes
génèrent à la surface de
la plaque lithosphérique
qui se déplace des
alignements de volcans.
Les points chauds sont
la manifestation, à la
surface du globe, de
colonnes ascendantes
de magma en
provenance des
Quelles que soient les méthodes employées, les
tentatives de matérialisation des points
ou
les régions plus froides où les
profondeurs du
arc
La subsidence ; évolution
des îles hautes en atolls
Midway, l’archipel des Hawaii
De Hawaii à
montre
aérien
bien
en
l’évolution
d’un
volcan actif
atoll, et de Mehetia à Tupai, en
passant par Tahiti, il en va de même pour
l’archipel de la Société. La disparition de
l’édifice sous l’océan résulte de trois effets
cumulatifs. En premier lieu l’érosion, consi¬
dérable sous un climat tropical. En second lieu
les phénomènes de subsidence proprement
dit
;
on
constate
réajustement
un
tassement,
différentes
un
couches du
volcan, formé de coulées de lave juxtaposées,
parfois très hétérogènes, avec pour les
édifices de grandes dimensions, comme
Tahiti, un effet de poinçonnage viscodes
volcanisme de point chaud
dorsale médio-océanique
insulaire
manteau. Ces sources
chauds dans le manteau ont échoué. La nature
points chauds reste donc encore contro¬
cependant qu’ils sont la
manifestation, à la surface du globe, de
colonnes ascendantes de magma ou panaches,
en provenance du manteau, sous l’asthénosphère. Ces panaches de matériaux chauds
provoquent un bombement de la base de la
lithosphère. La fissuration qui s’ensuit permet
au magma de transiter vers la surface où se
développe le volcan.
On trouve des points chauds au niveau
des
versée. On admet
des dorsales
(Islande), ou sur les continents
où, en favorisant l’écartement des plaques, ijs
l’origine de certains océans
(Atlantique notamment) ou enfin à l’intérieur
des océans. Les points chauds intra-plaques
océaniques sont ceux qui nous intéressent ici.
Le plus connu est celui de Hawaii qui a donné
naissance à l’archipel du même nom qui s’étire
sur plus de 3 000 km dans le Pacifique Nord.
Les îles et les montagnes sous-marines qui le
composent illustrent parfaitement les trois
états successifs de l’édifice volcanique : volcan
actif, volcan éteint et érodé,enfin atoll pour les
peuvent être à
Les états successifs de
l’édifice voicanique
développés à partir du
point chaud : volcan
actif, volcan éteint et
Bombement de la
lithosphère et
poinçonnage de ia
croûte terrestre. On
constate un bombement
des fonds marins, de
grande longueur d’onde,
au niveau du point
chaud, dû à l’ascension
magmatique et à une
dépression de la croûte
terrestre au voisinage
immédiat de l’édifice
érodé, enfin
volcanique résultant de
soubassement d'un atoll
en eaux
niveau de la mer
intertropicales
l’enfoncement visco-
élastique de la plaque
cette charge.
et guyot ou montagne
sous-marine.
sous
1000
500
0
500
distance à OAHU en km
volcan éteint aérien
île voicanique
'’^^'volcan andésitique
zone
voican actif
de subduction
lithosphère
asthénosphère
mésosphère
28
POINT CHAUD
(fixe dans le manteau)
1000
ORIGINE ET AGE DES ILES
élastique plus ou moins marqué de la croûte
terrestre.
La troisième raison de la diminu¬
l’édifice sont rapides au début, plus lentes
ensuites : ainsi le prolongement de la pente des
volcan s’abaisse d’autant. Enfin, dans le même
planèzes de Tahiti, reste de la structure origi¬
nale du volcan, conduit à une montagne de
3 000 m. Huit cents mètres ont donc disparu
en quelque 800 000 ans, et, dans le même
temps, l’érosion a creusé les vallées. De même
il y a 6 millions d’années, probablement après
une
première période d’érosion, Moruroa
croissant
Actuellement le toit du volcan est à 180 m sous
tion d’altitude du volcan tient au bombement
des fonds marins au niveau du point chaud,
en surface, la présence d’une
région chaude en ascension dans le manteau.
Ce bombement disparaît lorsque la litho¬
sphère s’éloigne de cette zone anormale et le
traduisant,
profondeur des océans
l’âge de la lithosphère, elle
augmente donc dans la direction du
déplacement de la plaque. Cet effet n’est
sensible que sur des distances et donc des
temps importants, mais il est permanent, par
opposition au précédent qui ne joue qu’au
ordre
d’idée,
la
avec
début du processus.
Les vitesses d’abaissement de l’altitude de
était
une
île haute de 600
m
la surface de l’atoll. Enfin à
mesures
récentes
de hauteur.
Rangiroa, des
situent le substratum du
volcan, qui aurait au moins 49 millions
d’années, à une profondeur de 1 000 à 2 000
mètres.
Pour le Pacifique central Sud, l’abaisse¬
ment du volcan
serait donc, en moyenne, un
supérieur au millimètre par an les
premières centaines de milliers d’années,
l’effet d’érosion étant le plus marqué. L’abais¬
sement serait ensuite un peu supérieur au
dixième de millimètre par an sur 6 millions
d’années, puis inférieur à cette valeur.
peu
vitesse
La
vement
construit
par
développement du récif biocomblement
sédimentaire
du
îles du Vent et Sous-le-Vent, l’évolution de la
largeur des lagons du sud-est vers le nordouest, pour des volcans de dimensions compa¬
rables, illustre la subsidence des édifices.
sont
1
conduit magmatique j.
La formation d’édifices
voicaniques
individuaiisés à partir
d'une source
magmatique fixe.
Formation de conduits
magmatiques inclinés
et de colonnes
ascendantes de magma
selon un processus
répétitif. Un volcan
naître, se développer,
va
s’éteindre lorsqu'il ne
sera
et
lagon de plus en plus vaste. En Polynésie, aux
niveau du
actuellement
certains
î
récifs'
penser l’enfoncement des édifices volcaniques.
La formation de l’atoll se fait donc progressi¬
Au
"xJ
des
point chaud, Mehetia,
épanchements de lave
sous-marins, possède en
volcan actif dont les
volcan
■
croissance
de
coralliens est largement suffisante pour com¬
plus alimenté, puis
subir un phénomène de
subsidence.
endroits
une
amorce
de
récif
frangeant. Plus loin, le lagon de Moorea, très
régulier, fait en moyenne un peu moins de 1
km de large. Puis ceux de Raiatea et Tahaa
sont beaucoup plus vastes (plus de 2 km).
Ensuite à Bora Bora et surtout à Maupiti ne
subsiste plus qu’un gros rocher au centre d’un
immense lagon. Enfin Tupai est un atoll.
On observe cependant que le lagon de
Tahiti, assez irrégulier du fait de mouvements
récents de l’édifice qui paraît avoir basculé
vers le nord-est, est souvent plus vaste que
celui de Moorea. L’âge des îles allant croissant
vers le nord-ouest, il y a là contradiction. De
fait, la grande largeur des lagons de Tahiti et
de la presqu’île de Taiarapu reflète l’enfonce¬
ment plus rapide de montagnes de grandes
dimensions qui chargent la plaque lithosphé¬
rique, à réponse élastique, d’un poids consi¬
dérable.
Cette réponse élastique de la lithosphère
pour conséquence l’élévation de 80 m de
l’atoll de Makatea. La lithosphère fléchit sous
a
la masse considérable que représentent Tahiti
(montagne de plus de 6 000 mètres de haut si
on
prend comme référence les fonds
océaniques) et la presqu’île, provoquant une
des
fonds
océaniques à sa
périphérie. Makatea se trouve à la distance
(dépendante des paramètres de rigidité de la
plaque) où l’élévation est maximale, mais cet
effet, couplé à celui de Mehetia, édifice très
jeune, est encore sensible à Anaa, Niau,
élévation
L'ile de Mehetia est
constituée d’un cône
volcanique de 400
mètres de hauteur et
1 500 mètres de
diamètre. A son sommet,
le cratère, faiblement
Mataiva. Proche de Tahiti, l’atoll de Tetiaroa
aurait, au contraire, subi un enfoncement. Ce
érodé, rappelle son
activité récente.
mécanisme ne s’applique pas dans la direction
du
La réponse élastique de
la lithosphère. Modèle
de la flexion de la
lithosphère élastique
sous la charge d’un
édifice volcanique et de
sa
remontée
périphérique. Le volcan
actif pourrait
représenter Tahiti,
Makatea au point le plus
haut subit une élévation,
au contraire Tetiaroa,
proche de Tahiti,
s’enfonce.
déplacement de la plaque, la lithosphère
ayant subi un réchauffement, et donc une
diminution d’élasticité, lors du passage à la
verticale du point chaud : tel est le cas des îles
du Vent.
L’origine des archipels
polynésiens
Dans le Pacifique central Sud, la formation de
plusieurs archipels relève du mécanisme de
point chaud. L’archipel de la Société en est le
meilleur exemple.
Les îles de la Société. Constitué de quatre
volcans actifs, Moua-Pihaa, Rocard, Teahitia
et
Mehetia, ces deux derniers étant en crises
29
LES ILES OCÉANIQUES
successives
depuis 1981, le complexe
volcanique de Mehetia est à la verticale de la
source magmatique. Les volcans constituant
l’archipel sont d’autant plus anciens que l’on
s’éloigne de cette zone et, comme on vient de le
voir, révolution du lagon matérialise claire¬
ment la subsidence des édifices volcaniques.
Déduit des datations de roches prélevées sur
les neuf îles hautes de l’alignement, le taux de
migration du volcanisme qui, puisque la
source magmatique est
fixe, représente la
vitesse de déplacement de la plaque du
Pacifique Ouest vers l’ouest-nord-ouest, est de
11,1
par an.
cm
Marquises. La théorie des points
s’applique avec réserves aux îles
Marquises,-car, outre un dispersement assez
marqué des îles, et contrairement à l’archipel
de la Société, cet alignement n’est pas parfai¬
tement parallèle à la direction de déplacement
de la plaque du Pacifique Ouest. Une expli¬
cation possible, cohérente avec la vitesse de
migration déduite des datations, de9,9 cm par
Les îles
chauds
an,
résiderait dans
vers
aussi
un mouvement modéré
l’ouest de la source magmatique. 11 faut
remarquer qu’aucune
récente ne matérialise cette
source
manifestation
mètres
Hiva, soit
qui se
situerait quelque part à une centaine de kilo¬
au
sud-est
de
Fatu
Elle a donc subi
un
réchauffement, soit un
rajeunissement qui, facilitant les intrusions
magmatiques, pourrait d’après certains
auteurs expliquer l’importance du volcan de
Tahiti d’un volume de quelque 60 000 km-’ de
lave.
L’archipel des Tuamotu. Une source
magmatique du type point chaud intra
plaque, ne peut être à l’origine de cette
multitude d’atolls. A cela plusieurs raisons.
En premier lieu les îles - dont les atolls du
nord-ouest de grandes dimensions - ne sont
pas comme pour les autres archipels séparées
par de
grands fonds océaniques. Elles
culminent sur un plateau situé de 1 500 à 2 000
mètres de profondeur, scindé en deux
segments décalés au niveau de Raroia, et les
limites de ce plateau, notamment au sudouest, souvent abruptes, sont incompatibles
avec une source ponctuelle fixe. En second
lieu, loin d’être alignés, les atolls sont disper¬
sés et amorcent même parfois des branches
orientées perpendiculairement à la direction
de déplacement de la plaque. Des sédiments
profonds prélevés au voisinage du grand atoll
de Rangiroa (le plus vaste au monde après
celui de Kwajolein aux îles Marshall) ont été
datés à environ 49 millions d’années. Le ou
plus probablement les édifices volcaniques le
constituant sont nécessairement plus âgés, ce
qui dans l’hypothèse de point chaud qui ne
pourrait être que celui de Pitcairn, donnerait
des vitesses de migration du volcanisme
beaucoup trop faibles, incohérentes avec
celles obtenues pour les autres archipels.
Enfin des études récentes de la structure du
plateau des Tuamotu donnent une croûte
terrestre de 30 km d’épaisseur, preuve d’une
zone anormale, car
exceptionnellement forte
pour une région océanique.
L’origine des Tuamotu reste donc
controversée, l’hypothèse la plus plausible
suppose un parallèle entre la ride de Nazca et
le plateau des Tuamotu, symétriques de
part et d’autre de la dorsale du Pacifique Est.
Ces structures auraient pris naissance à la
dorsale fossile de Faralon, probablement à
partir d’une
au
voisinage ou sur la grande fracture des
Marquises. Cette faille transformante, bien
qu’elle soit fossile, n’est peut-être pas étran¬
gère à cette situation.
Les îles Australes. En géologie, l’archipel des
L’ile de Makatea est en
fait un atoll surélevé,
conséquence de la
réponse élastique de la
lithosphère. Celle-ci
l'effet du
fléchissement que lui
sous
Australes est indissociable de celui des Cook.
Bien que le volcan
inflige la masse de l'île
de Tahiti, a provoqué
Mac-Donald, très actif à
une
l’heure actuelle, constitue une source magma¬
datations sont en désaccord avec l’hypothèse
de point chaud fixe. Pour expliquer cet aligne¬
abrupte de la falaise
récifale habituellement
sous-marine.
ment volcanique complexe, on doit faire inter¬
en
élévation de
80 mètres au-dessus du
niveau de la mer.
On remarque la pente
tique située au sud-est de l’archipel, plusieurs
venir
source magmatique
Par un mécanisme
de vastes
complexe
résultant de la progression des dorsale et faille
transformante, cette source aurait évolué en
point chaud, plus ponctuel, à l’origine de
l’alignement île de Pâques et Sala y Gomez.
dimensions.
complément la notion de ligne
chaude, c’est-à-dire de
source
magmatique
linéaire et non ponctuelle, qui autoriserait la
réactivation du volcanisme de certaines îles,
alors éloignées de leur origine. Là encore, la
relative dispersion des îles Cook et le nonalignement avec l’ensemble de ces archipels
îles de l’extrémité est (Mac-Donald,
Marotiri, Rapa, récif Neilson et les hauts
fonds voisins) suggère un mouvement de la
source magmatique actuellement à la verticale
des
du
Mac-Donald. Les datations les plus
anciennes donnent, pour les Australes et
Cook, une vitesse de migration du volcanisme
de 10,7 cm par an.
Un alignement peu connu mais satis¬
faisant pourtant très bien à la théorie des
points chauds, est celui constitué principale¬
ment des îles Pitcairn, Gambier, Fangataufa,
Moruroa,
Tematangui,
Nukutepipi
/Si
et
Hereheretue. Dans le prolongement est-sudest de l’archipel de la Société, ces différentes
îles sont bien
alignées, parallèlement à la
direction de déplacement de la plaque. La
vitesse de migration, à partir de la source
magmatique, située au niveau ou très proche
de Pitcairn, serait de 10,9 cm par an ce qui en
pratique est identique aux 11,1 cm par an du
point chaud de Mehetia. Il faut remarquer que
la plaque lithosphérique de l’archipel de la
Société a transité au-dessus du point chaud de
Pitcairn
30
avant
d’atteindre celui de Mehetia.
Le plateau des Tuamotu
et la ride de Nazca,
symétriques de part et
d'autre de la dorsale,
peuvent avoir une
origine : une
magmatique de
commune
source
grande dimension à
l'époque de la dorsale
fossile de Faralon,
■33
>
W
II
/
\
\
i
\
\
'
ORIGINE ET AGE DES ILES
L’activité
Les laves du volcan
Teahitia. Cette photo a
été prise par la
volcanique
Le volcanisme du Pacifique central Sud
est un volcanisme intra plaque, mettant enjeu
des laves ultrabasiques, très fluides, de tempé¬
élevée,
rature
qui
par
opposition
au
volcanisme de zone de subduction, ne peut
revêtir de forme explosive. Les éruptions sont
sous-marines et s’il y a des manifestations
visibles à la surface de l’océan pour les volcans
à faible profondeur, il n’en va pas de même des
épanchements de lave à grande profondeur,
perçus uniquement par les ondes sismiques
qu’ils génèrent.
C’est ainsi que les éruptions du volcan
polynésien le plus proche de lieux habités, le
Teahitia, situé à moins de 35 km du village de
Tautira dans la presqu’île de Taiarapu, restent
confinées sous les fortes pressions hydrosta¬
tiques créées par 1 600 mètres d’océan. On ne
peut donc parler de risque volcanique en
Polynésie française. Une réserve cependant :
Mehetia, où les dernières éruptions superfi¬
cielles remontent à l’époque historique (au
plus quelques milliers d’années), peut encore
se réveiller comme l’a
prouvé une forte crise,
heureusement sous-marine, en 1981.
On a vu que quatre des cinq alignements
volcaniques du Pacifique central Sud relèvent
du mécanisme de points chauds océaniques.
Deux d’entre eux, Mehetia et Mac-Donald, se
sont
manifestés au cours des vingt dernières
années,
Mac-Donald
de façon répétitive
indépendamment d’une
sismicité permanente et de quelques essaims
de séismes d’origine volcanique, deux des
volcans de la région de Mehetia, par de très
fortes crises depuis 1981.
depuis
1977
et,
soucoupe Cyana du
Cnexo, vers 2 000
mètres de profondeur
sur les flancs du volcan.
Ce sont des laves en
coussinet typiques
d’éruptions profondes,
légèrement
saupoudrées de
sédiments.
L’île de Mehetia relève
du mécanisme des
points chauds.
Située à l'est de la
presqu'île de Taiarapu,
elle a été le siège d’une
très forte crise
volcanosismique en
1981.
La jeunesse du volcan
est attestée par
la faible
érosion des pentes et du
cratère, par le fait que la
végétation n'a pas
encore colonisé la
totalité des pentes et par
l'absence d’un récif
corallien.
Carte bathymétrique du
sud-est de l’archipel de
la Société. Les 4 volcans
actifs du point chaud
de Mehetia y figurent.
Rattaché à Tahiti et la
presqu'île par des fonds
océaniques modérés, le
Teahitia fait partie du
même complexe
bathymétrique que ces
îles, alors que les 4
autres volcans, dont
celui inactif du nord-
ouest de Moua-Pihaa, en
sont nettement
détachés.
L’activité volcanosismique
L’activité volcanique est accompagnée d’évé¬
sismiques. Il faut toutefois bien
distinguer la sismicité issue directement des
transferts magmatiques et celle impliquant la
nements
construction des édifices,
conduits et réservoirs
(effondrement
de
l’évolution
des
magmatiques
caldeiras) enfin les
contraintes que subissent les milieux sous
l’effet de la pression magmatique. La première
résulte d’une forte concentration de tension
dans un milieu très hétérogène. Elle est carac¬
térisée par un grand nombre de séismes de
faible énergie qui fracturent la roche, et des
Irémors, c’est-à-dire des tremblements
sou¬
terrains provoqués par le magma transitant
sous
forte pression par les fissures ainsi
formées. La seconde illustre une tension plus
diffuse, dans un milieu plus résistant. De plus
forte énergie et spatialement dispersée, elle
peut, en fonction des phénomènes impliqués,
suivre immédiatement, ou se produire indé¬
pendamment des crises. Les termes de
volcanique et tectonique sont attribués à ces
deux classes de sismicité, bien qu’en fait,
toutes
deux
soient
relatives
à
l’activité
volcanique.
Le
développement d’un réseau de
stations sismiques sensibles aux îles du Vent et
à Rangiroa a mis en évidence une sismicité de
31
LES ILES OCÉANIQUES
la classe tectonique. Typique des régions de
volcanisme actif, elle ne doit pas être
confondue avec la sismicité, déjà traitée, issue
des contraintes internes à la plaque lithosphé¬
rique, résultant de son mouvement.
La carte des principaux épicentres de la
région de Tahiti - Mehetia s’appuie sur les
enregistrements effectués entre 1963 et 1980.
Elle figure les essaims de séismes d’origine
volcanique qui se sont produits au niveau des
volcans Rocard et Moua-Pihaa entre 1963 et
1980. La concentration d’épicentres
dans le
voisinage immédiat du Teahitia situe bien la
zone anormale,siège des principales crises
volcaniques que l’on va décrire.
le
complexe volcanique du point chaud de
Mehetia comprend cinq volcans, dont quatre
sont
actuellement
montagnes
culmine
à
actifs
:
Mehetia et les
sous-marines : Moua-Pihaa qui
180
mètres
sous
de l’océan au nord-ouest de Moua-Pihaa, en
sont nettement détachés.
Fin décembre 1983, une première recon¬
naissance du Teahitia par la soucoupe
plongeante Cyana du Cnexo, a mis en évi¬
appareil sommital complexe avec
au moins deux caldeiras jointives. L’hydrodence
un
thermalisme de ce volcan est
probablement
considérable, comme suggéré par la vision
d’un site en action, pour une exploration très
partielle du sommet de l’édifice. Les photo¬
graphies prises à cette occasion montrent des
laves en coussinet, typiques d’éruptions pro¬
fondes, légèrement saupoudrées de sédiments.
On a matérialisé sur la carte des princi¬
Le point chaud de Mehetia
Situé à l’est de la presqu’île de Taiarapu,
que, individualisés, les quatre autres volcans
dont celui inactif à 1 400 mètres sous la surface
la surface de
l’océan, Rocard à 2 000 mètres et Teahitia à
paux épicentres de la région de Tahiti Mehetia la direction du déplacement de la
plaque lithosphérique. On remarque que si le
Moua-Pihaa est bien aligné avec les îles de
l’archipel de la Société, il n’en va pas de même
des autres volcans, sensiblement plus au nord,
sur un axe qui passe par Mehetia, au sud-est,
Rocard, Teahitia et Tetiaroa. Le point chaud
manifesterait donc suivant deux traces, la
étant actuellement la plus active,
comme confirmé par la répartition des épi¬
se
1 600 mètres. Rattaché à Tahiti et la presqu’île
trace nord
mètres, le Teahitia fait partie du même
complexe bathymétrique que ces îles, alors
centres des
par des fonds océaniques de l’ordre de 2 500
vingt dernières années et les très
fortes crises volcanosismiques de Mehetia en
1981 et Teahitia en 1982, 1983 et 1984.
Actuellement atoll, bien que dans un ali¬
gnement de volcans récents, l’édifice volca¬
nique de Tetiaroa aurait subi un abaissement
rapide d’altitude dû à l’affaissement de la
lithosphère sous la charge de Tahiti, volcan
considérable, un peu plus jeune car moins
avancé dans la direction de déplacement de la
plaque. Ce mécanisme de flexion de la li¬
thosphère et soulèvement périphérique a déjà
été évoqué pour expliquer la surélévation de
certaines îles ou atolls dont Makatea.
Les crises de Mehetia et Teahitia
Mehetia est une île haute de 1 500 mètres de
diamètre et 400 m de haut, présentant à son
sommet un petit cratère bien défini. La
jeunesse du volcan est attestée par la faible
érosion des pentes et du cratère, par le fait que
la végétation n’a pas encore colonisé la totalité
des pentes de l’île et par l’absence d’un récif
corallien à sa périphérie. Les laves sont trop
récentes pour avoir pu faire l’objet de datation
par les méthodes radiochronologiques, mais
le contexte de cette île suggère que les
dernières éruptions se sont produites il y a
moins de 2 000 ans.
De mars à décembre 1981, Mehetia a été
le siège d’une très forte crise volcanosismique
avec
près de 4 000 séismes enregistrés par les
^7050 Les
principaux séismes
de ia crise du Teahitia
de mars-avril 1982. On
TEAHITIA (Isobathe 2 000 m)
observe une migration
de la sismicité d'est en
ouest à laquelle
correspond une
ascension du magma
vers la surface encore
plus importante.
''
■’++-H-4r
Sismicité concentrée et
profonde du début, puis
plus étalée
lorsqu’elle s’approche
V,
de plus en
de la surface.
Page de droite en haut :
Histogramme de la
crise de Mehetia. Le
diagramme
représente le nombre
d’événements
17°7C
148°74
149°
de 3 jours. Ôn distingue
deux épisodes: le
premier avec la montée
abrupte du nombre
TEAHITIA (Isobathe 2 000 m)
d’événements du début
et les très nombreux
petits événements du
mois de mars, avril et
mai est essentiellement
volcanique. Le second
plus énergétique,
vraisemblablement
associé aux
réajustements
souterrains faisant suite
à l’activité volcanique
première, plus
particulièrement
tectonique.
Au-dessous :
Histogramme de la crise
du Teahitia de 1982. On
distingue jusqu’au
5 km
Les principaux
épicentres de la région
de Tahitl-Mehetia pour
la période 1965 à 1979.
Les stations du
Laboratoire de
Géophysique des îiesdu
Vent et de Rangiroasont
indiquées, ainsi que ies 4
32
voicans actifs et ies
crises voicanosismiques
antérieures à 1981. Les
droites représentent la
direction du
déplacement de la
plaque pour cette
région. On constate que
le point chaud de
148"74
149”
Mehetia se manifeste
par deux traces, la trace
nord étant actuellement
la plus active.
Les principaux séismes
de la crise du Teahitia de
Juillet 1983.
Contrairement à la crise
précédente, il n’y a pas
de migration notable de
la sismicité et les
épicentres sont groupés
voisinage du sommet
au
du volcan.
30 mars les essaims de
séismes à foyer profond,
suivis d’une activité
superficielle simultanée
des trémors
volcaniques.
Sur ces 2 diagrammes
l’échelle des hauteurs
représente le nombre de
séismes observés.
ORIGINE ET AGE DES ILES
stations des îles du Vent, et de Rangiroa pour
les plus forts.
La crise volcanosismique du Teahitia qui
a suivi en mars et avril
1982, était d’autant plus
importante, comparée à celle de Mehetia,
qu’elle n’a comporté qu’un épisode volca¬
nique. En moins de deux mois plus de 8 000
séismes ont été enregistrés, accompagnés de
trémors volcaniques de divers types dont ceux
reconnus
simultanés des éruptions à Hawaii.
La durée de ces trémors observés pendant des
journées entières prouve l’importance des
transferts magmatiques et donc des volumes
de lave engagés.
Autres crises du Teahitia, celles de Juillet
1983, mars-avril 1984 et janvier 1985 de 3 000,
8 000 et 10 000 séismes accompagnés de trémors
intenses et de longue durée. Contrairement aux
précédentes, la dernière a vu un épisode tectoni¬
que de forte énergie avec des séismes de magni¬
tude 4,0 à 4,4 ressentis par les habitants de
Tahiti. Le degré V de l’échelle de Mercalli a été
atteint et dépassé en plusieurs points de l’île.
En résumé nous observons une sismicité
concentrée et profonde au début, puis de plus
en
plus étalée et superficielle, accompagnée
lors du transfert dans la croûte terrestre de
trémors volcaniques. L’ascension de bulles de
magma
des grandes profondeurs, qui
s’épanchent vers la surface, explique ce
processus de migration de la sismicité, sa
répartition spatiale et la soudaineté des crises
de 1981 et 1982 après une période de calme de
plusieurs décennies.
Ces cycles éruptifs ont conduit à des
épanchements sous-marins de lave, vers 1 700
mètres sous la surface de l’océan pour Mehetia
et 1 600 mètres pour Teahitia. La pression hy¬
drostatique qui règne à ces profondeurs
n’autorise pas les phénomènes de dégazage
rapide et vaporisation de l’eau à l’interface
lave / liquide. Les éruptions profondes sont
donc tranquilles, silencieuses et aucune mani¬
festation n’est visible à la surface de l’océan.
Elles prennent souvent la forme de laves en
coussinet.
radiochronologiques
mètres sous la surface de l’océan qui n’existait
pas en 1975. Le Mac-Donald se serait donc
approché de 22 mètres de la surface lors des
crises de 1977 à 1981.
Les reconnaissances
mis
en
par plongeur ont
évidence la structure tourmentée du
plateau pour la partie inactive, et des cônes de
lave d’environ 6 mètres de hauteur et 3 mètres
de diamètre à leur base, symétriques de part et
d’autre d’une fissure. Ces spatters cônes ont
été construits récemment par la lave éjectée
violemment de l’ouverture voisine. De plus
cratère
Bien que des contradictions apparaissent dans
datations
40 mètres, mais surtout un piton central à 27
grandes dimensions, le piton sommital n’a pu
encore être reconnu. Il pourrait s’agir d’un
Les crises du Mac-Donald
les
mesures récentes
montrent une très nette
élévation du plateau sommital, en moyenne à
de
la
chaîne des Australes et des Cook, le MacDonald est interprété comme le point chaud à
l’origine de la majorité des volcans de ces
archipels. Découvert à la suite d’une crise vol¬
canique détectée par hydrophones en 1967, il
est, depuis 1977, le siège d’éruptions superfi¬
cielles répétées.
Des mesures bathymétriques et des
explorations du Mac-Donald ont été effec¬
tuées de 1969 à 1975, où le sommet du volcan a
été relevé à 49 mètres, puis de 1981 à 1983. Les
formation. Enfin les navires ont
en
signalé la présence d’eau décolorée, indiquant
la permanence d’hydrothermalisme entre
crises.
Le Mac-Donald est éloigné de 800 km de
la station sismologique la plus proche. A cette
distance, le seuil de détection des séismes est
relativement
élevé
et
phénomènes
les
proprement sismiques des crises volcaniques
nous
échappent totalement.
L’activité du
Mac-Donald n’est donc perçue que par les
ondes acoustiques générées à l’interface lave /
liquide lors des éruptions sous-marines,
superficielles, donc bruyantes. Appelées
ondes T, ces ondes acoustiques, qui se
propagent dans l’océan sur de grandes
distances, sont perçues par les stations du
Réseau Sismique Polynésien, entre autres
Rikitea,
Tubuai,
Rangiroa.
Après
un
Moorea
sommeil
et
Vaihoa
d’une
à
dizaine
d’années, le Mac-Donald s’est manifesté par
12 crises volcaniques depuis 1977. La majorité
d’entre
elles
débute
phénomènes explosifs
la
comme
brutalement
par
des
que l’on interprète
libération des conduits
magmatiques permettant à la lave de s’épan¬
cher à la surface du volcan. Ils sont suivis d’un
fluctuante, parfois spora¬
dique, associé aux épanchements de laves, ou
simultané
d’autres
séquences explosives
produites par les éjections violentes de
matériaux par faible profondeur d’océan.
bruit d’intensité
L’activité intense des dernières années, le
Le plateau du volcan
Mac-Donald (par 40
mètres de profondeur).
Cette partie du plateau
est aciuellement
inactive ; les
HEURES
MARS
structures visibles telles
que spalters cônes ou
hornitos, témoins des
éjections parfois
violentes des matériaux,
sont cependant
récentes.
AVRIL
différenciées, de même
celles présentant de
nombreuses séquences
explosives. On
constate une forte
augmentation de
l’activité du Mac-Donald
pour l'année 1983 et ceci
d'autant plus que
l’absence des
phénomènes explosifs
du début qui ne sont
observés que pour les
crises récentes, peut
indiquer une
permanence de l'activité
magmatique
superficielle, non
détectable à grande
distance.
|r^ nombreuses séquences explosives
^ début explosif
début lent
cratère en form'ation et son édification rapide
déjà constatée de même que l’élévation du
plateau sommital, la faille associée à des
spaiters-cônes, qui témoignent des éjections
parfois violentes de matériaux, l’hydrothermalisme entre crises et l’absence de phéno¬
mènes explosifs au début des crises récentes,
preuves
d’une probable permanence de
l’activité magmatique superficielle, tous ces
différents éléments nous autorisent à conclure
à une possible émersion du Mac-Donald dans
les années à venir. Reste que l’érosion marine
pentes d’équilibre pour un
petites dimensions font que ce
volcan ne semble pas encore en mesure de
s’imposer durablement à la surface de l’océan.
On ne peut cependant exclure, si l’activité
intense des derniers temps se maintient,que
l’action constructive, parvenant assez rapi¬
dement à compenser l’action de l’abrasion
marine, conduise au développement d’un îlot
volcanique persistant.
et la recherche de
édifice
de
33
LES ILES OCÉANIQUES
Les tsunamis
Lorsqu’ils sont sous-marins, les tremble¬
ments de terre, explosions volcaniques, glis¬
sements de terrain, de même que les effondre¬
de falaise
ments
ou
les éboulements
sur
les
côtes et les flancs des îles, sont susceptibles de
transmettre
des
mouvements
aux
océaniques. Si le phénomène est très
énergétique, il y a création d’un raz de marée
qui se propage sur de grandes distances. Les
Ht
v =
l’arrivée
sur
un
talus
le
phénomène est
-
.h2-i/4
=(-)
OÙ V est la vitesse du tsunami, G l’accélération de la pesanteur (9,81 m/s^), h la profondeur de l’océan, enfin H
et “X respectivement les hauteur et longueur d’onde de la vague.
de marée issus de bouleversements des
fonds marins sont appelés tsunamis, du terme
japonais (tsu. baie
Les lois données ci-dessous sont valables
uniquement pour des fonds horizontaux. A
Les variations de l’amplitude d’un tsunami. A titre indicatif, voici ies ampiitudes obtenues pour différentes
profondeurs d’océan, en prenant une période de 20 minutes et en appiiquant ies iois, simpiifiées, qui régissent
ie phénomène.
masses
d’eau
raz
restreint et leur hauteur augmente propor¬
tionnellement. La seule caractéristique qui
reste constante est la période.
onde) adopté
internationalement qui les désigne. Les
mouvements .de plus faible ampleur génèrent
des vagues qui à distance de leur lieu de for¬
mation se propagent comme celles des houles
d’origine météorologique, sauf qu’elles sont
souvent
de
plus grande amplitude et
comportent rarement plus de deux ou trois
crêtes. On les appelle ondes solitaires ou lames
et nanti,
h
H
m
m
km/h
m/s
km
5 000
1
800
222
2 000
1,25
1,5
1,8
504
356
140
252
70
267
168
119
84
15,3
10,4
9,5
1 000
500
V
20
4
55
5
5,6
7,1
38
2
34
X
99
18,3
12,5
11,4
de fond.
Des lames de fond imprévisibles
Temps de propagation
d’un tsunami. La
qui s’amortissent
rapidement, n’ont d’effets qu’à proximité de
leur épicentre. Au contraire des tsunamis qui,
de très grande longueur d’onde, ne sont pas
observables par les bateaux naviguant en
plein océan, les lames de fond, de longueur
d’onde modérée, sont d’autant plus dange¬
reuses pour les navires qu’elles sont impré¬
Les
lames
fond,
de
Polynésie occupe une
situation centrale dans
le Pacifique. Elle est
entourée de zones de
subduction, le plus
souvent à l’origine des
tsunamis. Les cercles
concentriques
représentent le temps
de propagation en
heures, des vagues du
tsunami, jusqu’à Tahiti.
visibles. Il en est de même à terre, où elles
déferlent inévitablement sur la côte. Leur
origine reste presque toujours inconnue.
L’importance de certaines de ces vagues,
leur effet de surprise (de nuit en particulier ou
lorsque la visibilité est mauvaise) pourraient
être la cause de disparitions brutales et
inexpliquées. Des exemples précis montrent
que même pour des navires de gros tonnage le
risque n’est pas négligeable.
La naissance et la propagation
d’un tsunami
Le tsunami est un train de vagues de grande
longueur d’onde qui se propage à partir d’un
mouvement brutal sous-marin, provoqué par
un phénomène de forte
énergie, séisme ou plus
rarement explosion volcanique (Krakatoa en
1883). Ce train de vagues ou plus exactement
d’ondes de gravité, se traduit en surface par
une oscillation du niveau de l’océan au
rythme
de la période, qui est le temps observé entre
deux crêtes ou deux creux. Lors de sa propa¬
gation,
le
mouvement
horizontal
des
particules liquides est égal sur toute la hauteur
de la colonne d’eau et le mouvement vertical
décroît linéairement de la surface vers le fond.
période d’un grand tsunami est de
l’ordre de 20 minutes ; par des fonds de 5 000
mètres, sa vitesse, qui ne dépend que de la pro¬
La
fondeur de l’eau
et
de l’accélération de la
pesanteur, est de 800 km/h, ce qui correspond
à” une longueur d’onde de 270 km. Son
amplitude au large n’excède pas 1 à 2 mètres.
A l’arrivée sur
une
relèvent et, par
côte, les fonds marins se
conséquent, la vitesse et la
longueur d’onde des vagues diminuent,
l’énergie se concentre dans un volume plus
34
La vitesse des vagues
du tsunami se
détermine en fonction
de la profondeur de
l’océan. A l’arrivée sur
une côte leur vitesse
diminue et leur
amplitude augmente
d'autant plus que la
pente sera plus faible.
Les dimensions
verticales sont ici
très largement
exagérées.
mouvement
vertical
des fonds
océaniques
Tsunami sur les côtes
des îles Hawaii. Ces
murailles d’eau qui
avancent et déferlent
détruisent tout sur leur
passage.
ORIGINE ETAGE DES ILES
complexe. Très schématiquement, pour les
petites îles polynésiennes on peut dire que, du
fait de la forte pente, l’énergie sera réfléchie et
non dissipée. La dimension horizontale du
talus est petite devant la longueur de la vague
incidente qui ne pourra pas se développer et
atteindre de grandes amplitudes.
Le cas des îles Hawaii est inverse, leurs
très faibles pentes, leurs grandes dimensions,
permettent aux vagues des tsunamis de
prendre une ampleur considérable et des
cambrures telles que le déferlement devient
possible.
La forme et les irrégularités des côtes
interviennent aussi sur l’amplitude des
tsunamis. Une côte convexe, arrondie, aura
tendance à disperser l’énergie, cas le plus
fréquent pour la Polynésie, au contraire des
Hawaii, dont les côtes, souvent concaves,
focalisent l’énergie. Les baies de faible pro¬
fondeur, dont la largeur va en diminuant régu¬
lièrement, sont très favorables au dévelop¬
pement de vagues de grande hauteur. C’est le
de la baie de Hilo (Hawaii) de 10 km de
long et 15 km d’ouverture, dont la profondeur
décroît régulièrement depuis 80 m (vagues de
11 à 12 m en 1946 et 1960).
provenance de cette région, pourrait entraîner
des dégâts plus importants que ceux observés
Les effets des tsunamis
assauts
cas
en
en
Marquises, ne sont pas aussi vulnérables aux
des tsunamis que suggéré par leur
morphologie et situation géographique. On a
vu, en effet, que les fortes pentes des côtes,
plongeant dans l’océan, la petite dimension
des îles devant la longueur d’onde des
tsunamis, leur forme arrondie, qui a tendance
à disperser l’énergie et non à la concentrer,
enfin la présence d’un récif corallien au large
(pour les îles hautes) font que, dans la plupart
Polynésie
Les forts séismes des zones de subduction, à la
périphérie du Pacifique, sont à l’origine des
principaux tsunamis qui se produisent dans le
monde. La Polynésie qui occupe une position
centrale est, dans presque tous les cas, touchée
par ces phénomènes. Située de 8 000 à
10 000 km de la majorité de ces régions, elle
bénéficie,
maximum
heureusement,
de
presque
des cas, le raz de marée se traduira par une
inondation lente, au plus de quelques mètres
au
dispersion géométrique
la
1946 et I960.
Les îles polynésiennes, à l’exception des
de la plaine côtière.
d’énergie à la surface du globe, c’est-à-dire de
la diminution de densité d’énergie par unité de
surface de l’épicentre jusqu’à la distance de
10 000 km. Une exception notable, pourtant,
l’arc insulaire des Tonga-Kermadec n’est qu’à
Le cas des îles Marquises est nettement
plus défavorable. Les grandes baies à faible
pente directement ouvertes vers l’océan et ne
bénéficiant pas de la protection de barrières de
récifs, ont tendance à piéger et concentrer
l’énergie propagée dans l’eau. La mer envahit
2 à 3 000 km de Tahiti et un fort tsunami, en
SÉISMES
TSUNAMIS
Heure
DATE
Le tsunami de 1946 à
Oahu. Il avait pour
origine les îles
Aléoutiennes, et on a pu
observer des hauteurs
maximales de 9 mètres.
Le tsunami de 1960 à
Tahiti. Sont figurées les
hauteurs maximales des
inondations, en mètres,
observées lors du
tsunami de mai 1960,
qui avait pour origine
le très fort séisme du
Chili. On remarque
que,
bien qu'arrivant du
sud-est, c’est la côte
nord qui a été la plus
touchée (3,4 mètres à
Papenoo). C’est la
géométrie des côtes qui
définit l’effet des
tsunamis. La pente de la
côte nord de Tahiti est
T. U.
LIEU
Latitude
Longitude
M S
MT
A
17 Novembre1837
12 51
Chili
36-38 S
?
?
3 ?
17 Mai
6,0
1841
21 25
Kamchatka
?
?
2
14 Août
1868
16 45
4,6
Chili
S
71,0 W
?
4 ?
4,6
?
?
3
9,1
S
71,0 W
?
4 ?
4,9
?
18,5
25 Juillet
1869
?
?
?
10 Mai
1877
00 59
Chili
21,5
Japon
Tonga
39,6
N
144,2 E
7,6
4
9,1
19,0
S
172,5 W
8,3
1 ?
4,2
6,1
15 Juin
1896
10 33
30 Avril
1919
07 17
03 Février
1923
16 02
Kamchatka
54
N
161
E
1933
17 31
8,3
3 ?
02 Mars
39,1
N
144,7 E
01 Avril
Japon
4,8
6,5
1946
12 29
8,3
Aléoutiennes
53,5
N
160,0 W
7,4
5,0
17
04 Novembre1952
16 58
Kamchatka
52,8
N
09 Mars
159,5 E
8,25
4,0
10,4
1957
14 22
Aléoutiennes
51,3
N
8,3
1960
19 11
3,5
16
22 Mai
175,8 W
Chili
39,5
S
74,5 W
28 Mars
8,5
10,5
1964
03 36
4,5
Alaska
61,1
N
147,8 W
8,4
4,5
4,8
plus faible en raison
des dépôts alluviaux
de la rivière Papenoo
et il n’y a pas dans cette
zone de barrière de
récifs.
Les principaux tsunamis
des 150 dernières
années dans l'océan
Onze mètres à Hawaii.
Telle est la hauteur
maximale des vagues de
ce même tsunami de
1960 sur les côtes del’île
de Hawaii.
UPOLU POINT
Pacifique. Parmi les 121
tsunamis répertoriés
aux îles Hawaii
depuis
1837, dont 99 de 1900
à 1975, seuls ceux ayant
2.1^^..3S
.
\WAIPIO VALLEY
2,7.\
2,1
HONOKAA
LAUPAHOEHOE
tsunami, est définie
■2,7
3,6
•1,5
HAKALAU
HONOMU
ONOMEA
PAPAIKOUpi-2,1
HILO*
KEAAUt-1’®
HONOLULU LANDING^
X- L
OPIHIKAO X
POHOlKI
NAPOOPOO
i
/^1-8
KALAPANAX3,9
A HONAUNAU
KAIMU
Ahookena
HALAPE
JmILOLII
U
PUNALUy/
>f^3,3
HONUAPO
\
\
^2,7
\KAALUALUy\S,1
3,6-n L4 2
SOUTH POINTLs,!
le logarithme,
base 2, de l'amplitude
maximale observée sur
une côte à moins de
1 000 km de l’épicentre.
comme
PEPEEKEOy rV.
\KAHALUU
\KEAUHOU
demi-siècle peuvent
être incomplètes, on ne
peut donc exclure une
sous-estimation de
certains des tsunamis
du XIX' siècle et du
début du XX'.
MS, la magnitude du
séisme, est déduite des
ondes de Rayleigh. MJ,
la magnitude du
'OLOLa<'’V2,4
VALLEY^ '
KAWAIHAE 7
entraîné des amplitudes
de vagues supérieures
à 4 m ont été retenus.
Les observations
antérieures au dernier
L’amplitude des vagues
dépendant
essentiellement de la
géométrie de la côte, la
magnitude MT n’est pas
toujours significative de
l’énergie réelle du
tsunami. On note que,
au tsunami le plus
important, celui du 1er
Il ,5
X
avril 1946, correspond
une magnitude de
séisme de 7,4
seulement.
A est l’amplitude
maximale observée à
Hawaii, en mètres.
35
LES ILES OCÉANIQUES
le rivage et les plaines côtières sur plusieurs
centaines de mètres, lorsque les altitudes sont
faibles. Elle remonte le lit des rivières et vallées
encaissées, parfois sur plusieurs kilomètres.
Le reflux entraînant troncs d’arbres et débris
divers provoque alors les destructions les plus
importantes.
11 n’y a pas eu, à notre connaissance,
d’études systématiques des effets des tsunamis
aux îles Marquises. Mais on sait que des
amplitudes importantes, atteignant 3 à 5 m
au-dessus du niveau moyen de l’océan, ont été
observées pour le tsunami chilien de mai 1960,
provoquant des inondations et dégâts consi¬
dérables. Pour le tsunami de 1946 (îles
Aléoutiennes), ces amplitudes ont été
dépassées, et il y a eu deux morts par noyade
dans la baie de Tahauku. A ces époques, les
baies à haut risque des îles Marquises étaient
peu habitées. 11 n’en va plus de même
maintenant où, pour certaines d’entre elles, les
constructions se sont développées, parfois de
façon inconsidérée. Ces mêmes tsunamis se
produisant aujourd’hui pourraient donc avoir
des conséquences plus désastreuses.
D’après les archives des îles Hawaii, dont
la situation géographique peut, pour ces
événements, s’assimiler à celle de la Polynésie,
14 tsunamis importants se sont propagés dans
le Pacifique depuis
1830. Seulement six
d’entre eux, pouvant être qualifiés de destruc¬
teurs ont réellement concernés les îles poly¬
nésiennes. Quatre de ces derniers ont trait à
l’époque récente. Ils avaient pour origine des
On doit aussi signaler l’hypothèse selon
laquelle un tsunami, dépassant en énergie tout
ce que l’on a connu le siècle et demi écoulé,
aurait ravagé la Polynésie vers le XVH siècle.
La prévision des tsunamis
Le risque couru par les habitants diminue
considérablement lorsqu’ils sont prévenus en
temps utile du danger. Heureusement, les
ondes sismiques se propagent beaucoup plus
rapidement que le tsunami. Pour une distance
à l’épicentre de 8 000 km, par exemple les îles
Aléoutiennes
est la
de
vues
suivante :
H -F 0
H J- 11
Tahiti, la chronologie
Chargé d’élaborer l’alerte, le Laboratoire
de Géophysique du C.E.A., à Tahiti, a mis au
point et applique une méthode basée sur ces
signes précurseurs que sont les ondes
sismiques. Il localise et détermine les princi¬
pales
caractéristiques
du séisme
(magnitudes, profondeur de foyer) d’après les
premières phases perçues (ondes P,S et ondes
superficielles) et en fonction de l’intensité des
ondes T, représentatives de l’énergie libérée
dans l’océan, estime si le séisme est susceptible
d’avoir généré un tsunami. Ponction de l’éloi¬
gnement de l’épicentre (Japon pour le plus
éloigné, Tonga-Kermadec pour le plus
proche) le préavis ainsi obtenu est, en
Séisme
28 s
Ondes P
H J- 20 mn 49 s
Ondes S
H -F 32 mn 31
Ondes superficielles se propageant dans la
mn
s
^
,
de volume se propageant a rinteneur du globe.
,
,
.
,
,
,
,
plaque lithosphérique et le manteau supérieur.
H -F 1 h 29 mn
Ondes acoustiques (T), canalisées dans l’océan.
H + 10 h 30 mn
Tsunami.
Les blocs massifs de
Rangiroa. De tous ceux
arrachés au récif sousmarin distant de 50
mètres, ce bloc est le
plus grand
(12 X 10 X 5 m). Très
anguleux, il ne semble
pas avoir été roulé, mais
bien soulevé et déplacé.
séismes aux îles Aléoutiennes le 1='' avril 1946,
Kamchatka le 4 novembre 1952, encore
îles Aléoutiennes le 9 mars 1957 et au
Chili le 22 mai 1960. Celui de l’Alaska du
au
aux
Piégeage des sédiments
28 mars 1964 a, par un effet directif, surtout
concerné la côte ouest de l’Amérique du Nord.
au
11 n’y en a pas eu de notable depuis.
Les
plus importants des 150 dernières
années restent ceux du H"' avril 1946 et 22 mai
1960. Ces tsunamis ont provoqué des dégâts
divers en Polynésie française mais ils restent
sans
commune
mesure
avec
les ravages
causés par ces mêmes phénomènes aux îles
Hawaii,
niveau des beach rocks
et de ia végétation
ii
(coraux, aigues, calcaires vivants)
Vidange des sédiments des sillons sous l’effet d’un abaissement
brusque du niveau de la mer
la Arrachement des sédiments “vifs”
Ib
i^HOA
Japon et à proximité des
épicentres, au Chili et en Alaska.
Tenant compte de l’insuffisance probable
au
de documentation concernant le XIX^ siècle,
on retiendra que la Polynésie a subi, depuis le
début du XX‘= siècle, moins de six tsunamis
dangereux. Ce petit nombre permet d’avancer
que la probabilité de tsunami destructeur,
pour la Polynésie, reste faible, tout en
soulignant que le risque, très réel, doit être pris
en considération puisqu’un tel phénomène,
directement fonction de l’activité sismique à la
périphérie du Pacifique (siège de 8 à 9/10 des
séismes mondiaux dont les plus violents) peut
se produire à tout moment.
Sédiments transportés dans^i^
les trains de houle ^
de très forte énergie
fî
/.'ÿ
Mouvemen'
-|-10m-f6m et -|événement
catastrophique
de très forte
énergie
-6m et abaissement
brusque du niveau
de l’océan sous l’effet
d’événements
catastrophiques
Aspect chaotique du
platier avec le
chevauchement de
blocs de dimensions
décamétriques.
36
Fragilisation de la dalle du platjef par organismes cariants,
fracturation longitudinale du^atier
ORIGINE ETAGE DES ILES
pratique, de 10 à 2 heures avant l’arrivée de la
première vague en Polynésie. Des informa¬
tions complémentaires concernant les séismes
et
tsunamis, sont obtenues du Pacific
Tsunami Warning Center basé à Honolulu.
Cet organisme international qui centralise les
informations des stations sismiques et marégraphiques du Pacifique a été créé à la suite du
tsunami désastreux de 1946, qui par manque
d’informations, a provoqué plusieurs
centaines de morts et blessés à Hawaii.
24 heures de propagation
phénomène ne pouvait être dangereux !
presque
le
Des traces en Polynésie :
cyclone ou tsunami ?
On observe sur certains atolls, notamment sur
la pointe nord-ouest de
très
nombreux et
sur
Rangiroa où ils sont
la
côte nord-est de
Kaukura, des blocs de calcaire, de dimensions
métriques à décamétriques, pesant de la tonne
Mais la prévision ne suffit pas, encore
faut-il y croire ! Le tsunami du Chili, de mai
à deux milliers de tonnes. Issus d’une forte
17 000 km. Bien qu'averties les autorités
avaient estimé qu’à une telle distance et après
platier, à quelques dizaines de mètres pour les
plus gros, à une époque récente.
1960, a tué 180 personnes au Japon, situé à
Genèse des blocs
cyclopéens. Sur ce
schéma a été
reconstituée la genèse
des blocs à partir d'une
dalle fracturée et
fragilisée par des
organismes cariants, et
de leur déplacement par
un
événement
fracturation du sommet de la falaise récifale,
ces blocs ont été détachés et déposés sur le
Quels phénomènes peuvent avoir déplacé
des masses de cette importance ? 11 n’y a que
deux hypothèses envisageables : les tsunamis,
essentiellement liés, comme nous venons de le
voir, à l’activité sismique, et les cyclones
d’ordre météorologique et dépendants des
relations océan-atmosphère.
On sait que le cyclone, particulièrement
violent, de février 1906, a ravagé les Tuamotu
du Nord-Ouest dont Rangiroa. Des villages
ont été détruits, des passes bouchées et des
témoins rapportent le déplacement d’énormes
blocs de corail. Les blocs cyclopéens de
Rangiroa, dont le plus gros fait presque
1 000 m\ et de Kaukura ont-ils été déplacés à
occasion ? Cela impliquerait une énergie
considérablement plus importante que celle
cette
A noter le changement
de niveau des eaux,
l’arrachement des
développée par les cyclones de 1983 ce qui
reste
possible. Mais, comment expliquer
qu’au droit de la zone dévastée, les inarae de
prière et de jeu, ce dernier sur une dune, donc
coraux, algues et
calcaires vivants, le
transport de blocs dans
le lagon après traversée
vulnérable
subsistent ?
très
des hoa.
Niveau de l'eau sous l’effet d’événements catastrophiques
cataclysmique de forte
énergie dont il reste à
déterminer la nature :
cyclone ou tsunami.
LAGON
à
l’écoulement
des
eaux,
Quelques arguments viennent appuyer
l’hypothèse d’un tsunami. D’après P. Ottino,
les traditions orales de Rangiroa (faaiara) ont
enregistré une catastrophe soudaine et brutale
qui détruisit la plus grande partie de la façade
ouest
sud-ouest
et
de
l’atoll.
Pour
cet
événement, \esfaatara précisent “Sous le soleil
mettant des éclairs éblouissants dans le creux
des immenses vagues” ce qui exclut le cyclone,
alors que le
Traînée sableuse à l’arrière du motu
ivfofu couvert de végétation
continentale (cocoteraies)
mauvais temps est clairement
évoqué pour la destruction, antérieure, de la
partie méridionale de l’atoll. La datation
généalogique reconstituée situe le cataclysme
au XVL' siècle. La destruction de la
partie
ouest de l’atoll de Scilly et l’abandon du site
habité de Hane, aux îles Marquises, daté de
1535 à 1600, pourraient avoir la même origine.
Le fait que les Marquises soient en dehors de
la zone cyclonique renforce l’hypothèse d’un
tsunami.
Dans
légendes
tahitiennes,
Australes,
le
même
ordre d’idée, des
raiatéennes
antérieures
à
et
l’arrivée
des
des
Européens donc exemptes d’influence
chrétienne, évoquent un déluge parfois non
associé à de grands vents.
Compte tenu du faible nombre d’événe¬
ments de forte énergie observé, un recul d’un
siècle et demi est insuffisant pour juger de
l’intensité maximale que peuvent atteindre ces
phénomènes. En théorie, la génèse d’un
tsunami de plus forte énergie que ceux d’avril
1946 et mai 1960 est possible. Enfin, le
dynamisme d’un tsunami de grande ampli¬
tude pourrait être à l’origine du mouvement
des blocs très anguleux de Rangiroa, qui ne
paraissent pas avoir été roulés par la houle
mais soulevés et déplacés.
Cyclone, tsunami, les phénomènes du
début du siècle sont-ils en cause ou faut-il faire
voit le récif sous-marin
fracturé d’où sont issus
les blocs du platier.
Dans cette zone, le
sommet sous-marin de
la falaise récifale est
arraché au droit des
motu et les morceaux
de dalle corallienne
différenciés par leurs
poids, se trouvent
jusque dans le lagon.
appel à des événements antérieurs Le cyclone
de 1906 n’a t-il pas simplement dispersé des
éléments formés et déplacés au XVL' siècle '?
Peut-être les études en cours permettront-elles
de trancher. D’après les photos aériennes et
terrestres, il est clair, en tout cas. que les
cyclones de 1983 n’ont en rien modifié la côte
de
Maeherehonae
(côte
nord-ouest
de
Rangiroa), tant au niveau du platier que du
récif sous-marin.
37
LES ILES OCEANIQUES
L’âge des îles
tuels
Toutes les îles, sortes d’accidents ponc¬
dans l’immensité marine, sont des
volcans mais ceux-ci sont soit bien apparents
(les îles hautes) soit, au contraire masqués par
les croissances coralliennes (les îles basses) ou
encore, immergés (les seamounts).
Les deux types de volcanisme
générateur
Les volcans nés à la ride. Il existe tout d’abord
océanique sur laquelle ils
reposent. Ce sont les volcans nés sur la ride tels les Galapagos - ou très près de la ride - telle
l’île de Pâques. Ils sont devenus inactifs, dès
qu’ils se sont éloignés de la zone EstPacifique, entraînés sur le tapis roulant de la
croûte infrabasale. Ces volcans représentent
des zones de plus grande activité sur ou aux
flancs de la ride et ils sont, à des degrés divers
de volume
les équivalents de l’Islande, à
l’aplomb précisément d’un point exception¬
nellement actif de la ride Médio-Atlantique.
celui de la croûte
,
Le volcan nouveau s’édifie sur une croûte
récente d’âge
zéro s’il croît sur la ride ou au
naissance
flanc de la ride. Cette
moins sur une croûte jeune (inférieure à 8
millions d’années par exemple) s’il prend
jeune
environ),
reposant sur une couche plastique (l’asthénosphère) se déprimera sous le poids du
nouveau volcan un peu à la manière d’un doigt
s’enfonçant dans une matière molle.
croûte solide, alors mince (5 km
Les Tuamotu, de Maria à Mataiva, ap¬
partiennent à^ce premier type.
Les volcans de point chaud. U n second type de
volcanisme générateur est celui qui apparaît à
l’intérieur de la plaque océanique. Là, un
point chaud ou hot spot, anomalique, corres¬
pond à un relèvement des couches profondes
du manteau vers la surface,ce qui entraîne leur
fusion à un taux important. En première
approximation, ce point chaud - ou plutôt la
zone chaude d’un rayon de 100 km environ est fixe alors que la croûte solide défile à sa
verticale. Dans ce second type de volcanisme,
le plus fréquent en Polynésie, chacun des
volcans qui s’édifie à la verticale du point
chaud repose sur une croûte vieille (supérieure
à 35 millions d’années). Celle-ci est alors
épaisse (25 km environ) et son enfoncement
sous le poids surajouté du nouveau volcan ne
peut se faire que sur une large aire. Il est alors
intéressant de signaler que les deux types de
déformations
sous
les îles sont Identifiables
depuis
un navire océanographique par les
anomalies de gravité qu’elles induisent. Il est
ainsi possible de reconnaître, a posterîori, une
île initialement construite près de la ride sur
lithosphère mince et flexible de celles qui
plaque vieillie
à lithosphère épaisse dont la réponse au poids
ajouté a été à la fois plus forte et plus
généralisée.
Les archipels des Marquises, de Fatu
une
se sont édifiées d’emblée sur une
Eiao, des Gambier, de Pitcairn à
Hereheretue, de la Société, de Mehetia à
Hiva à
Bellingshausen et des Australes, du MacDonald à Mangaia relèvent de ce type de
volcanisme de point chaud.
38
Les deux modèles
ne sont
toutefois pas
incompatibles. En effet, la croûte qui passe à
la verticale d’un point chaud, plus largement
fondue et donc plus plastique, aura tendance à
glisser plus facilement, ce qui la désolidarise,
par le
non
des volcans dont l’âge est celui ou à peu près
au
Le modèle présenté du point chaud
pourrait être remplacé, selon certains, par
celui d’une fracture profonde de la li¬
thosphère, une sorte de voie de sortie
permanente du magma vers la surface.
biais de fractures, de la croûte encore
arrivée au point chaud.
de la Ligne.
En effet, au prix d’un “coude” de
changement de direction, les îles de la Ligne
continuité
sont en
avec
celles des Tuamotu
plus au nord du Pacifique, l’ali¬
gnement des guyots de l’Empereur succède, au
delà de l’atoll de Midway, à l’alignement des
tout comme,
Hawaii.
L’âge des Marquises
Aucun tremblement de terre n’a été signalé ni
même enregistré dans les Marquises qui
pourrait signer des traces encore actuelles
d’instabilité. Le volcanisme est éteint mais des
L’âge des Tuamotu
effets thermiques sont encore actifs au niveau
Les Tuamotu, définis ici géologiquement sans
les Gambier, Fangataufa et Moruroa, sont !
faits de vieux volcans, ne serait-ce que parce
de la Soufrière de Fatueki à Hiva Oa et de la
source
thermo-minérale de Hatiheu à Nuku
Hiva.
L’île complexe de Hiva Oa. Plusieurs volcans
qu’ils sont tous enfouis sous une épaisse chape
concourent à former la plus grande île des
corallienne, apparente en surface, dans la
couronne des atolls. De fait et ainsi
qu’il a été
Marquises, allongée sur 35 km pour 14.km de
précisé plus avant, les îles des Tuamotu ! large en moyenne. On est donc en droit de
seraient nées sur ou aux flancs de la ride Est- \ s’attendre à un assez long étalement dans le
Pacifique et auraient l’âge du substratum sur temps de la formation de Hiva Oa. De fait, le
vieux volcan de Taaoa, à l’ouest, est âgé de 3,4
lequel elles se sont édifiées. Elles doivent donc
| à 6,5 millions d’années. Par contre, toutes les
dit, l’île de Rangiroa, l’une des plus au nord- i autres formations, que ce soient les deux
ouest, serait née il y a 60 millions d’années, i caldeiras effondrées d’Atuona dans le vieux
tout au début du Tertiaire, alors que Hao, ;
volcan, ou le volcan est de Puamau, sont plus
située à l’inverse très au sud-est, serait
jeunes, âgées de 1,6 à 2,9 millions d’années. Il
en est de même de la
apparue
vers
40 millions d’années, à
phase d’intrusions tral’Oligocène.
chytiques, responsable notamment de la mise
La découverte dès
1919 de fossiles [ en place du grand dyke du Mont Otua (2,1
éocènes (donc vieux de 37 à 53 millions
millions d’années) qui, partageant l’île en
d’années) dans le récif soulevé de Makatea
deux, sépare le vieux volcan de celui de
avoir de 40 à 63 millions d’années. Autrement
correspond bien à ce qu’on peut estimer avoir \
été l’âge du début de la sédimentation sur le:
volcan immergé. La même indication est,'
fournie par les grands foraminifères éocènesj
qui, mêlés aux débris d’érosion du matériel!
volcanique de l’atoll d’Arutua, ont été
reconnus dans l’un des forages du programme
océanographique international (Deep Sea
Drilling Project).
Bien
entendu,
l’activité
à
la
Puamau.
Les diagrammes cidessous et page de
droite donnent la
position des îles des
M.A.
archipels des Marquises
et de la Société par
rapport au point chaud
et leur âge estimé en
millions d'années.
ride,
responsable de la formation des Tuamotu, est
arrêtée et ceci depuis 40 millions d’années
environ. Le début du volcanisme à la ride
Pacifique qui va construire l’alignement des
Tuamotu doit par contre être reporté dans le
temps car, auparavant, il a édifié l’alignement
Illustrgtidtv''
photographique de
l’évolution des Iles.
près de l’île de Mehetia
et ont dérivé vers le
nord-ouest en
Exemple : l’alignement s’enfonçant.
de la Société. Toutes ces Conjointement à cette
dérive et à cet
îles ont pris naissance
au
point chaud situé
enfoncement, les récifs
coralliens ont ceinturé
les îles. Lorsque te
dernier piton volcanique
disparu, il ne reste plus
que les formations
coralliennes d’un atoll.
a
ORIGINEETAGEDESILES
De Fatu Hiva à Eiao. Les âges de chacune des
Marquises, à l’exception de ceux de
Hiva Oa, sont compris dans une “fourchette”
îles des
étroite de moins de 2 millions d’années. Si, dès
ces datations (en ne
les âges jeunes de Hiva Oa), il
apparaît une bonne corrélation entre les âges
et les distances à Fatu Hiva, l’île la plus au sudest de l’archipel.
Les âges s’étalent depuis 1,3 - 1,4 million
d’années à Fatu Hiva Jusqu’à 4, 8-6, 3 millions
lors,
nous comparons
retenant que
d’années à Eiao.
La vitesse de migration de l’activité
volcanique est de 9,99 cm/an comptée selon la
direction
d’allongement de l’archipel
(8,50 cm/an selon la direction hawaïenne),
une donnée conforme au modèle de point
chaud.
Le point chaud des Marquises serait à
placer au sud-est de Fatu Hiva à proximité
immédiate de la fracture des Marquises, une
ancienne faille transformante de la ride Est-
Pacifique.
Des écarts
au
modèle sont toutefois à
signaler. Le premier écart concerne la reprise
d’activité de Hiva Oa. Quant au second écart,
il est suggéré par l’âge apparemment très
récent des appareils scoriacés, bien conservés,
des environs de Vaiapae à Ua Huka.
C’est pourtant sur 1 700 kilomètres que se
dessine parfaitement l’alignement des
Moruroa, le volcanisme aérien s’étale
8,40 et 6,42 millions d’années.
A
entre
Gambier, fait tout d’abord d’îles hautes Pitcairn et les Gambier
puis d’îles basses Fangataufa, Moruroa, Tematangi,
qui suit, seuls les volcanismes
comparés et, de plus, pour
calculer la vitesse de migration de l’activité
volcanique, nous ne tiendrons pas compte de
Moruroa car, en raison de sa proximité avec la
hawaïenne, au N.O.-S.E., mais, de plus, cet
alignement des Gambier est dans l’exact
prolongement de celui de la Société.
y a été anormalement prolongée. Cette vitesse
est de 12,8 cm. an ce qui permet, par extra¬
-
Nukutepipi, Anuanurunga, Anuanurara,
jusqu’à Hereheretue.
La direction de l’alignement est bien sûr
radiométriques sont
évidemment rares en raison de la présence de
deux îles hautes seulement : Pitcairn, âgée de
0,45 à 0,93 million d’années et l’archipel des
Les
Gambier,
données
vieux
de
4,77
à
5,98
millions
lieu d’y ajouter les données
d’âges de la pile volcanique atteinte par
forages à Fangataufa et à Moruroa. Dans la
première de ces deux îles, sous la masse
récifale de 350 à 400 mètres d’épaisseur, le
volcanisme aérien, épais lui-même de 80
mètres, est âgé de 9,1 à 7,1 millions d’années,
une reprise d’activité à 5,7 millions d’années
étant responsable de la mise en place de dykes.
Le volcanisme sous-marin, sous-jacent, est
bien sûr plus vieux, âgé de 11,8 millions
d’années. 11 y a
d’années à - 674 mètres.
Dans
aériens
ce
sont
fracture des Australes, l’activité à son endroit
polation, de proposer un âge de 14 millions
d’années pour la base volcanique de l’atoll de
Hereheretue.
Nous retiendrons cet âge pour fixer le
début d’activité du point chaud des Gambier
qui, placé à 100 kilomètres au sud-est de
Pitcairn, ne peut pas être considéré comme
définitivement mort en raison de l’âge relati¬
vement récent de Pitcairn, inférieur au million
d’années.
L’âge de la Société
Les
éruptions sous-marines actuelles
aux
environs de Mehetia, un volcan lui-même très
récent, montre qu’à la différence des aligne¬
ments précédents, le
est
actif
point chaud de la Société
Depuis Mehetia jusqu’à l’atoll de
Bellingshausen, l’alignement est relativement
court,
L’âge des Gambier
800
km,
car,
avec
une
vitesse de
migration volcanique calculée à 12,5 cm an,
la production du point chaud n’aurait débuté
L’alignement des Gambier n’a pas d’identité
historique. Il est fait d’îles qui, au sud-est,
appartiennent classiquement aux TuamotuGambier
Moruroa, Fangataufa - alors que
qu’à 7 millions d’années.
L’alignement n’est pas rectiligne, plutôt
fait de secteurs parallèles, décalés les uns par
rapport aux autres, en une disposition dite “en
-
les îles du nord-ouest sont les atolls du Duc de
Gloucester.
échelons”.
-15°
■
Bellingshausen
400
Maupiti
Maupih
La Soufrière de Fatueki
à Hiva Oa, témoigne de
chaudes encore
efficaces sous le jeune
volcan. De nombreuses
sorties d’eaux et de gaz,
dans une aire d’une
centaine de mètres de
zones
_Bora Bora
^Tahaa
^
Raiatea *
IJlHuahine
Tetiaroa^
diamètre, déposent des
sulfures et, surtout,
décomposent les
basaltes en
une
bouillie
^Taiarapu
d’argiles diversement
teintées par les oxydes
de fer et les sulfures
en
jaune, rouge, marron.
1
155°
$
De droite à gauche :
Mehetia, sans récif
corallien.
Moorea, avec un lagon
réduit.
Maupiti, au large lagon.
Atoll de Tupai.
39
LES ILES OCÉANIQUES
L’âge des Australes
Ici aussi, les éruptions du volcan sous-marin
Mac-Donald signalent un point chaud actif à
l’alignement des Australes.
Mais, à la différence de la Société, cet
alignement, se prolongeant dans les Cook, est
très long, plus de 2 000 km, car le début de
l’activité remonte à plus de 20 millions
l’extrémité
de
d’années.
Le décalage entre les échelons est ici suffi¬
qu’il y ait tentation à
scinder l’archipel des Australes en deux
alignements autonomes : l’un, jeune (0 à 5
samment important pour
millions d’années) du Mac-Donald à Rapa, et
l’autre, vieux (de 5,5 à 19 millions d’années) de
Raevavae à Mangaia. L’unicité est en outre
masquée par un rajeunissement des îles les
plus occidentales.
Rurutu,
par
exemple, montre un
soubassement
volcanique sous-marin à
pillow-lava et hyaloclastites, vieux de 12,5 à
8,6 millions d’années, secondairement exondé
en même temps que le récif frangeant. Une
Rapa, dont les plus
anciennes roches datent
de 5 millions d'années,
n’est pas très éloignée du
point chaud qui lui
donna naissance, à la
hauteur du Mac-Donald
dont les éruptions sousmarines sont actuelles.
Archipel des Australes.
Age des îles en millions
d'années et leur
éloignement au
Mac-Donald.
reprise d’activité y est beaucoup plus récente à
1,9 - 1,1 million d’années.
migration volcanique,
calculée en ne retenant que les âges anciens de
première formation,est de 11,1 cm/an.
11 reste que le rajeunissement des îles
La
vitesse
de
occidentales se fait in situ et sans relation avec
le point chaud. D’une manière globale, c’est
périmètre d’un cercle d’un rayon de
I 000 km à peu près centré sur Mehetia que
au
sont soit des soulèvements d’atolls à des cotes
100 mètres (Makatea dont le
corallien, karstifié, a évolué par
pédogénèse en phosphates), soit des réacti¬
vations volcaniques (Rurutu, Rimatara ...).
Les calculs permettent de concevoir un affais¬
sement du manteau sous le poids des volcans
allant jusqu’à
plateau
nouveaux
des environs de Mehetia, un affais¬
compensé par un bourrelet mantellique relevé, exondant les îles à sa verticale,
ou/et autorisant des déchirures par lesquelles
sement
la lave accède à la surface.
Une vue globale de l’ancienneté
des îles
archipel a une ancienneté et une
durée de vie d’autant plus grandes qu’il est
Comme un
allongé, il est aisé de constater une quasipermanence des Tuamotu prolongés par la
Ligne, et des Australes-Cook prolongées par
les Marshall, les parts polynésiennes des
Tuamotu et des Australes ayant respective¬
ment de 40 à 63
millions d’années et de 0 à 25
millions d’années (15 millions estimés pour
Maria auxquels s’ajoutent les 10 millions de
croissance sous-marine).
En ce qui concerne l’apparition des trois
archipels, cette fois isolés et sans suite,
elle fait succéder (en tenant compte des 10
millions possibles de vie sous-marine) aux
autres
Gambier à 25 millions d’années, simultané¬
ment, la Société et les Marquises à 17 millions
d’années.
Les vitesses de production
volcanique
A l’exception des Marquises dont le très court
archipel (350 km) est produit à faible vitesse
(9,9 cm/an), tous les autres alignements sont
normalement allongés sur 800 (Société), 1 700
(Gambier) à 2 100 km (Australes) en raison
des vitesses de production volcanique qui,
respectivement de 12,5 12,8 et 11,1 cm/an,
sont supérieures à la vitesse moyenne de
dérive de la croûte du Pacifique ( 10,7 cm/an).
Pour une comparaison plus précise des
vitesses de production volcanique, il y a lieu de
ne pas retenir les vTesses linéaires car, à la
surface du globe terrestre, les mouvements
sont ceux d’une rotation. Dans la sphère de
rotation de la plaque Pacifique, dont le pôle
est situé à 67‘’3N-59‘’4W, les archipels poly¬
nésiens sont proches de l’équateur, respecti¬
vement à 84",
74", 73" et 67" pour les
Marquises, les Gambier, la Société et les
Australes. L’archipel marquisien, le plus
équatorial, devrait avoir la vitesse linéaire la
plus grande si, en un million d’années, l’angle
de rotation était le même pour chacun des
alignements. Comme, bien au contraire, sa
vitesse est la plus petite, ceci rend compte de sa
basse valeur angulaire, ,à 0,90 degré par
million d’années alors que les autres valeurs
sont de 1,08
1,13 et 1,20 degré par million
d’années pour les Australes, la Société et les
,
,
Gambier.
Dès lors
se
pose la question de la
représentativité de ces derniers résultats.
L’inégalité des valeurs angulaires peut tout
d’abord
n’être
due qu’à d’insuffisantes
données sur l’âge des îles, ajoutées à la diffi¬
culté de ne comparer que le même stade de
croissance.
En alternative, les inégalités doivent être
regardées comme effectives, les productions
volcaniques se faisant à des vitesses diffé¬
rentes. Les vitesses plus rapides que celle de la
dérive de la plaque océanique peuvent être
dues soit à
une
accélération du sous-sol de
l’océan glissant sur un point chaud plastique,
soit à une migration du point chaud en sens
inverse de l’avancée de la plaque. Pour les
vitesses moins rapides (Marquises), le point
chaud pourrait migrer, cette fois, dans le sens
de la progression hawaïenne.
40
3
Géologie des îles hautes
DePacifique
par leur croissance
au sein deà iaia hauteur
piaque Pacifique,
que ce soit àieslaautres
ride Esties Tuamotu,
d’un point chaud
aiipour
ou
pour
gnements poiynésiens, tous les volcans naissent en milieu marin. A aucun moment de
ieur existence ces montagnes n’ont été directement iiées à un continent. L’ancienne
théorie d’un continent effondré qui, laissant sa piace à i’océan, subsisterait en pitons,
émergés résiduels, ne peut être retenue. Le fait que ies volcans aient été perpétueilement isolés impose, bien sûr, des contraintes à la colonisation par ia vie animaie ou
végétale de ces nouvelles montagnes.
A titre d’exemple, les îles des Marquises, des Gambier, de la Société et des
Australes, dont les points chauds sont situés sous un sous-sol océanique âgé de 40 à
60 millions d’années ont d’emblée été éloignées de la ride Est-Pacifique de 4 000 à
6 000 km, chiffres calculés en admettant une vitesse de production moyenne de
l’écorce océanique de 10 centimètres par an. Il faut encore remarquer que la ride n’était
elle-même pas en relation directe avec le continent américain.
La croissance
des îles :
le stade sous-marin
Chacune des îles correspond à un volcan
fonds de l’ordre de
-4 000 m (Marquises, Gambier, Société,
Australes) à un peu moins de -3 000 m, sans
doute, en ce qui concerne les Tuamotu.
Le sous-sol sur lequel le volcan s’édifie,
formé au niveau de la ride Est-Pacifique, ainsi
qu’il a été déjà dit, est évidemment vieux, en
raison de la position centrale des îles polyné¬
siennes. C’est le socle des Gambier qui est le
né
sous
la mer, par des
plus Jeune,
âgé de 35 millions d’années
environ, alors que celui des Marquises et des
Tuamotu
a
de 40 à 60 millions d’années. Le
soubassement le plus vieux se trouve sous les
îles de la Société et des Australes, âgé de 60 à
85 millions d’années.
Pas d’explosion dans les grandes
profondeurs, mais des coulées
de pillow-lava
Aux fortes pressions qui régnent dans les
grandes profondeurs où les volcans commen¬
cent à croître, les explosions sont impossibles.
Le magma sort calmement en formant des
coulées
débitées
en
boules
successives,
jointives, connues sous l’appellation interna¬
tionale de pillow-lava. Ce sont des sortes de
sacs dont la
est
surface, instantanément refroidie,
prise en
un verre
noir, alors
que. leur
intérieur, refroidi plus lentement sous l’écorce
protectrice, est un basalte classique bien cris¬
tallisé. Le volume du pillow solide est moindre
que celui du sac initial distendu de lave
liquide, aussi apparaît-il des fentes et des
cassures, généralement radiaires, au cours du
refroidissement. La forme des pillows est
plutôt irrégulière, bombée en leur dessus,
pour un dessous s’effilant en un pédicelle
médian qui s’insère entre les pillows sous
jacents.
Les coulées à pillow sont suffisamment
fluides pour pouvoir s’étaler assez loin du
point de sortie. Mais il est toutefois difficile
d’imaginer que des volcans dont le diamètre
de base est de l’ordre de 70 kilomètres (Tahiti)
puissent être nés d’un seul point d’éruption.
D’emblée, les cheminées d’expulsion des laves
ont dû être multiples. Le schéma actuel au
sud-est de Tahiti à quatre centres indépen¬
dants
peut
servir d’exemple. Mehetia,
Rocard, Teahitia et Moua-Pihaa sont les
sièges d’essaims de petits séismes qui signalent
des éruptions périodiques. Ces quatre centres
actifs, compris dans une ellipse dont le grand
axe a 100 kilomètres environ, pourraient être
à l’origine d’un futur volcan ou tout au moins
de deux volcans (Teahitia-Rocard et MehetiaMoua-Pihaa). Les laves prélevées à Mehetia
et celles draguées sur le Moua-Pihaa, sont, de
fait, identiques.
Pillow-lava isolé au
sein de la masse des
hyaloclastites de
Rurutu, une masse elle-
même faite des débris
cassés et plus ou moins
petits des coussinets de
lave.
L’âge du sous-sol
océanique sur lequel
reposent les
alignements des
Marquises (M), des
Tuamotu (T), Gambier
(G), Société (S) et
Australes (A)
croît depuis la Ride Est
Pacifique-I’île de Pâques
(P) en est proche jusqu’à l’est. Il est
repéré en 7 bandes
(de A à G) larges de
20 millions d’années
(M.A.). La bande (H)
correspond au plus
Une coulée sous-marine
faite de pillow-lava
empilés les uns sur les
autres. Cette coulée
appartient au
volcanisme sous-marin
de Rurutu qui,
actuellement, forme une
relevée de
100 mètres. Chaque
masse
pillow, d’une
cinquantaine de
centimètres de
diamètre, est ici
souligné par un liseré
d’altération d’un mamu
vieux socle du
débutant, là où l'eau
140 M.A.
préférentiellement.
Pacifique, âgé de plus de
circule
41
LES ILES OCÉANIQUES
A - 1 000 m les hyaloclastites
Lorsque les volcans ont crû jusqu’à atteindre
cote
une
de
l’ordre de -1
000 mètres, les
explosions deviennent possibles et il y a, au
moins, émiettement de la lave en éclats et
débris divers. Ceux-ci sont vitreux car, de
petite taille, ils sont refroidis très rapidement
au
contact de l’eau marine froide. Ils subissent
aussi
les effets hydrothermaux de l’eau
réchauffée et le verre basaltique initial non
hydraté, de coloration noire, se transforme
alors en un verre hydraté, de teinte jaunâtre :
la palagonite. La somme de ces débris vitreux,
le plus souvent curvilignes, constitue une
brèche désignée sous l’appellation de hyalocliisiiie (littéralement, verre cassé). Elle
renferme
quelques pillows éboulés, plus ou
moins intacts. Dans la masse poreuse de ces
hyaloclastites où subsistent de nombreux
vides, les gaz magmatiques et la vapeur d’eau
qui y circulent sont à l’origine du dépôt de
calcite et de zéolites. De la sorte, les fissures
sont
comblées et apparaissent alors en
filonnets alors que les vacuoles sont tapissées
par ces minéraux fumerolliens.
Les volcans sous-marins, non encore arrivés à
l’émergence ou ne dépassant pas ce stade, sont
appelés des seamounts (littéralement, les
de
la
mer).
pillow et de hyaloclastites, est ainsi visible à
Huahine. Toutefois, c’est à Rurutu que le
relèvement a été le plus important, exondant
100 mètres de volcanites primitivement sousmarines. Les observations de pillows, d’un à
Leur forme est bien
différente de celle des volcans aériens en
raison du plus facile refroidissement des
coulées et de la moindre dispersion des
projections, beaucoup plus freinées dans l’eau
que dans l’air. Ce sont en effet des montagnes
aux parois subverticales (60 à 80“) accédant à
une
plate-forme sommitale, plane ou
légèrement déprimée en son centre. Bien
•
Les explosions
en
ailleurs
Afar
dans
première décrite se forme par un
phénomène initialement différent de celui du
volcanisme apparu sous une épaisse tranche
d’eau de mer. 11 s’agit d'explosions phréatomagmatiques (phréatiques pour l’eau
le
l’eau
imbibant
le
substratum
de
plus anciennes coulées
de basalte du volcan
ces
principal de Tahiti.
étendues aqueuses. Elles se produisent à la
faveur d’éruptions latérales alors que l’île est
La mer frappe
actuellement les hautes
falaises de
fiées, de coloration jaunâtre, contenant des
blocs plus ou moins gros, de quelques centi¬
mètres
à
quelques décimètres, des coulées
□ sable noir
I
I dyke
coulées de basalte
tufs (épisode aérien)
j
hyaloclastites
pas connue, car pour aucun d’entre eux leurs
vitesse
d’empilement des laves
identique en milieu aérien et sous-marin, une
estimation peut être proposée. Le laps de
temps nécessaire pour élever un volcan
océanique d’une hauteur d’un mètre est en
effet de 600 ans en Islande, 625 ans à Sainte-
Hélène, I 650 ans à Hawaii et 5 000 ans aux
Gambier. Autrement dit, pour croître depuis
des fonds à -4 000 mètres jusqu’à la surface, il
faut de 2,5 à 20 millions d’années ; retenons
valeur moyenne de 10 millions d’années.
L’observation des soubassements volca¬
niques marins des îles ne serait pas possible si
relatif terre-mer ne s’était
produit. Mais il n’en est généralement pas
ainsi et, souvent, l’île a été relevée. Un liseré
hyaloclastites. Seules
quelques petites
encoches ménagent des
baies (Beach House) au
sable noir provenant de
la désagrégation des
matériaux volcaniques.
volcan se forme, fait de hyaloclastites strati¬
monde,
différents stades de croissance n’ont pu être
observés. Toutefois, en faisant l’hypothèse
42
L'ensemble du volcan
secondaire est recoupé
par de petits filons
(dykes). Il recouvre les
souterraine) survenant au contact du magma
l’eau d’un lagon ou d’un lac ou plutôt
émerger un volcan
aucun mouvement
Page de droite en bas :
avec
avec
Beach House
100
empilement de
centimètres d’épaisseur
que la route de Mahina
recoupe dans la
descente du col du
Taharaa.
la
La durée de vie sous-marine des volcans n’est
une
un
strates de quelques
Une variété de hyaloclastites peu distincte de
10 millions d’années pour voir
d’une
les retombées forment
phréatomagmatiques
(à la frontière de la
République de Djibouti et de l’Ethiopie).
notamment
plus ou moins pentées.
Après quoi sont venues
des explosions
magmatiques projetant
des scories rouges dont
Auti à Naairoa.
masqué par des coulées plus
ou
hyaloclastites disposées
en couches horizontales
Avera et Moerai et le long de la route reliant
d’entre eux ont pu être exondés lors de surrec-
toutefois
créant des retombées de
de débris altérables, sont à faire entre
masse
tions. 11 en est ainsi à Rurutu où le seamount
récentes,
phréatomagmatiques
trois mètres de diamètre, emballés dans une
entendu, les seamounts sont difficiles à étudier
en
milieu marin, mais un certain nombre
est
Le volcan secondaire
du Taharaa. Il a eu, tout
d'abord, des explosions
aérienne voire même déjà fort haute. Un petit
Les seamounts : volcans non
arrivés à émergence
monts
côtier de 4 à 10 mètres d’épaisseur, de laves en
200 m
GÉOLOGIE DES ILES HAUTES
fragmentées par la brutale
expansion de l’eau portée à l’état de vapeur
grâce à l’apport de chaleur par le magma
antérieures
montant. Des blocs
de calcaires blancs sont
également dispersés dans la masse des projec¬
tions, des blocs issus de la fragmentation du
récif frangeant déjà installé à la périphérie du
volcan. De telles explosions côtières sont
survenues
plutôt un mur dessinant un hémicycle de
retombées stratifiées très riches en gros blocs.
ou
A la verticale de la cheminée
à Tahiti, créant le cône du Taharaa
Papeete et Mahina ou celui du Maeva
près de Faaa. Dans les deux cas, le cône de
hyaloclastites, haut d’une quarantaine de
mètres, est surmonté par un cône de scories
rouges ou noires, provenant d’une classique
éruption aérienne alors que la colonne
magmatique s’était isolée du milieu marin par
la construction du cône de hyaloclastites. A
Huahine aussi, une explosion côtière a édifié
un cône de projections
phréatomagmatiques
subsisté une
a
dépression - un niaar en terme international
adoptant une expression allemande - comblée
par les argiles et les sables sédimentés dans le
lac qui s’y était logé.
L’érosion retarde l’émergence
entre
peu cohérent et mal consolidé des hyaloclas¬
tites. Cet intense travail d’érosion mécanique
d’ailleurs
avec
l’action
des
profonds, bien avant que le cône
n’arrive au niveau zéro. Le volcan sous-marin
courants
Mac-Donald,
au
petites éruptions édifient. Le démantèlement
est toutefois freiné lorsque des coulées à
pillow sont mêlées aux projections sousmarines et, surtout, lorsque des filons arment
en quelque sorte l’édifice. Les intrusions sous
forme de laves basaltiques peu épaisses (20
centimètres à 2 mètres) - des c/ykes en terme
international
La sortie des eaux d’un volcan sous-marln est
retardée par l’action des vagues sur le matériel
commence
soumis à la profondeur de-20 mètres (en 1984)
à la dégradation qui peut détruire ce que de
sud-est de Rapa, est ainsi
-
sont
souvent
nombreuses,
parallèles entre elles dans la direction N.W,S.E. d’allongement des archipels, ou s’entre¬
croisant.
Un
chevelu
en
terme de
stockwerk
système complexe de
filonien dense, - un
métier désignant un
cassures
filoniennes
formant un réseau de veinules enchevêtrées est notamment bien visible dans la carrière
ouverte à mi-chemin entre Avera et Moerai, à
Rurutu.
Vue aérienne du
seamount Asmara en
Ethiopie. Le volcan s’est
construit sous la mer à
de moyennes
profondeurs. Les
retombées de
hyaloclastites se sont
peu dispersées. Elles
constituent une masse
dont les parois
subverticales sont le
résultat des attaques
marines sur un matériel
peu cohérent. La
cheminée centrale n'est
marquée que par une
légère dépression du
toit du seamount en
raison des
remaniements par les
courants marins qui ont
Baie de Haapu
NW
GoupeA ■ ■
presque comblé le
cratère initial.
Situation et coupe du
maar de Haapu à
Huahine. Le volcan
secondaire, allongé sur
700 mètres environ,
perce au travers des
coulées du volcan
principal. Il s’agit d’une
éruption souterraine
JHAAPU
dont le cratère
d’explosion a été corn blé
par les sédiments
déposés dans le lac qui
a pendant un temps
occupé la dépression.
alluvions
coulées basaltiques
sédiments
produits d'explosion
phréatomagmatique
volcano-détritiques stratifiés
NW
A
43
LES ILES OCÉANIQUES
La croissance
des îles :
le stade aérien
s’ensuit que chaque coulée crée un relief.
coulée suivante
mément
colonisera
toutefois qu’une faible part du volume total,
de 16% seulement pour Tahiti.
Le stade d’émergence
Dès la sortie des eaux, apparaît un volcan à
forte explosivité car la cheminée d’alimenta¬
tion reçoit encore beaucoup d’eau au travers
hyaloclastites. Cette eau, portée bruta¬
lement à l’état de vapeur à la gueule du cratère,
des
nourrit de fortes explosions qui fragmentent
la lave en grosses scories rouges. Un cône de
débris volcaniques est alors fortement
penté (15 à 20°), et son cratère sommital,
nettement dessiné, est un profond entonnoir à
très fortes pentes (20 - 30°). Dans les dernières
décades, l’île de Surtsey est ainsi apparue au
ces
sud de l’Islande.
Polynésie, le phénomène n’a pas été
vécu, mais l’île de Mehetia en donne une fidèle
image. C’est le seul volcan typique du centre
Pacifique. 11 est suffisamment récent pour que
l’érosion n’ait pas encore modifié sa morpho¬
logie initiale. Ses scories rouges et noires
sous
les pas lors des ascensions
croulent
rendues difficiles de ce fait. Elles ne sont pas
toutes colonisées par la végétation.
Le rivage
de l’île, en plages ou, le plus souvent, en petites
falaises d’attaque
marine, n’est pas protégé
par un récif frangeant car la croissance
corallienne est impossible dans les eaux
côtières souillées par les débris qu’apportent
les eaux de ruissellement généralisées sur tout
Lorsque le volcan aérien a atteint une taille de
de quelques centaines de mètres,
l’explosivité diminue et, dès lors, les coulées
prédominent. Ce sont même souvent les seuls
produits émis. Le point de sortie reste central,
quelquefois remplacé par une ligne fissurale,
généralement orientée selon l’axe N.W.-S.E.
de l’alignement des archipels. Depuis ces lieux
d’émission, les coulées s’éloignent en s’incli¬
nant doucement de 2 à 5 degrés seulement.
Elles s’empilent les unes sur les autres jusqu’à
constituer les énormes épaisseurs qu’on peut
l’ordre
déceler dans les falaises du cœur de Tahiti,
souvent
un
Autour
de
la
cheminée
surépaisseur de laves dessine
mucron.
En
certains
cas,
les
s’empilent bien régulièrement, en
couches de 0,5 à 3 mètres d’épaisseur, ce qui
coulées
confère
au
volcan la forme d’un grand
bouclier posé à plat, et leur succession mime
alors la belle ordonnance des terrains sédimentaires stratifiés. Mais, en bien d’autres
les coulées ont une extension latérale
limitée. Comme elles sont bombées en leur
cas,
partie médiane alors qu’elles n’ont plus que
quelques centimètres sur leurs bordures, il
44
l’autre
des
compressant l’air jusqu’à ce que la pression
s’écoule assez facilement. Toutefois, au lieu de
s’étaler en couches uniformes, la lave, capri¬
cieuse, s’engage en couloirs plus ou moins
grands. Dans ces unités d’écoulement, bien
individualisées, le refroidissement provoque
la formation d’une croûte superficielle et, de la
sorte, seule la partie centrale reste fluide. 11
s’agit dès lors de tubes de lave (encore dits
tube-lava) dont la taille varie depuis quelques
décimètres jusqu’à plusieurs mètres.
Deux
évolutions peuvent ensuite
survenir. Dans un premier cas, le tube après
avoir servi, plus ou moins longtemps, de voie
de transit depuis l’amont vers l’aval, ne reçoit
plus de lave,-soit parce que l’éruption s’arrête,
soit parce que la lave opte pour d’autres
parcours. Le tube reste alors vide, et seules
quelques stalactites de lave figée, pendant du
plafond, témoignent de l’ultime phase de
transfert liquide. La cavité axiale persiste et si
le tube est de grande taille, il peut être possible
de se promener en son intérieur (Papenoo à
Tahiti). Un cas particulier se présente lorsque
Le Trou du Souffleur à
Tahiti est un tube-lava
ouvert dont l’air est
comprimé par la vague
montante jusqu’à ce que
le seuil d’explosion soit
dépassé. Il y a alors
explosion brutale du
mélange d’airet d’eau de
mer.
Le stade d’un volcan en bouclier
une
et
des coulées basaltiques, relativement fluides,
le cône et non encore hiérarchisées.
rOrohena.
l’une
terrains à stratification entrecroisée. Chacune
observons. La partie émergée ne représentera
centrale,
le
paraît irrégulier et ressemble globalement aux
longue phase de croissance sousmarine succèdent les phases aériennes qui
vont faire apparaître les îles telles que nous les
sous
La
lieu de s’établir unifor¬
bordures déprimées et, au total, l’empilement
A la
En
au
Le principe de
l'étalement des coulées
successives.
La première coulée, plus
épaisse en sa partie
médiane qu’à ses
marges plus ou moins
lobées, présente
toutefois un chenal axial
par où s’écoulent les
ultimes laves.
Lorsqu’une seconde
coulée arrive, elle trouve
place à côté de la
première dont elle
sa
colonise cependant l’un
des flancs. Elle peut
même déborder au delà
de l’axe de la première
coulée si elle est plus
épaisse
tube affleure en bordure d’une falaise
marine. La mer s’engouffre dans la cavité en y
atteigne un maximum explosif qui enclenche
jet brutal et bruyant d’embruns (le Trou du
Souffleur à Tahiti).
En un second cas, le plus général
d’ailleurs, le tube vidé n’est pas suffisamment
résistant et il s’écrase sous le poids des tubes
sus-jacents. Le vide disparaît car plancher et
plafond du tube viennent en contact.
un
Le stade d’effondrement
et la formation d’une caldeira
Lorsque le volcan aérien a atteint une impor¬
tante hauteur et à la suite d’une phase effusive
particulièrement longue, qui a eu pour effet de
vider le réservoir magmatique dans lequel la
lave stationne entre deux éruptions, des effon¬
drements
interviennent.
En
effet,
en
profondeur, le toit du réservoir s’affaisse en
entraînant la partie du sous-sol qui la
immédiatement. 11 s’ensuit un
décollement dans lequel le liquide restant dans
le réservoir est propulsé. La lave qui remplit
surmonte
l’espace arqué (ou plusieurs si les décollements
se font à plusieurs hauteurs) apparaîtra plus
tard sous la forme d’un puissant filon fait de
roches à gros grains, millimétriques et indi-
GÉOLOGIE DES ILES HAUTES
viduellement visibles à l’œil nu, car, dans le
filon, le refroidissement a été lent (les cristaux
plus petits que le refroidisse¬
plus rapide, de quelques dizaines à
centaines de microns seulement pour ceux qui
apparaissent dans les coulées aériennes).
L’effondrement
en
“cascades”, qui
débute en profondeur affecte enfin la surface,
où apparaît une dépression centrale de
quelques kilomètres de diamètre, profonde de
plusieurs centaines de mètres - une caldeira
(appellation internationale d’origine
sont d’autant
ment est
portugaise).
La caldeira de Tahiti Nui, dominée par
rOrohena est, à ce titre, typique encore que la
Papenoo ait, par érosion, détruit
l’ordonnance première en s’ouvrant une voie
d’accès à la mer.
L’activité volcanique qui suit l’effondre¬
ment
-
la phase post-caldeira - donne lieu à
chimiquement peu différentes de
celles du stade pré-caldeira précédent, mais,
des laves
les
conditions
topographiques
différente.
effet,
ayant
beaucoup changé, la morphologie des coulées
est
En
non
seulement la
grande dépression caldeirienne existe, mais
encore des failles radiaires (ou dans le sens
d’allongement N.W.-S.E. de l’archipel), con¬
temporaines de l’effondrement, ont favorisé
l’installation des rivières qui, rapidement, ont
"
■
'"V ‘
creusé d’étroits canyons aux murs subver¬
ticaux. Les laves, émises à proximité des
failles - bordières de la caldeira, ont dès lors
début de refroidissement permet
et titanomagnétite.
Les laves restantes, issues
des couloirs préférentiels d’écoulement dans
du fond du réservoir seront de ce fait enrichies
plus s’étaler comme elles le faisaient jusqu’ici,
dans le stade pré-caldeira, sur les pentes
:
ce
sont
des océanites et des
ankaramiies très porphyriques, autrement dit
lesquels elles vont s’accumuler. Elles ne vont
douces du volcan en bouclier. Les coulées ont
alors de dix à trente mètres d’épaisseur et, par
refroidissement, elles se débitent en prismes,
plus ou moins réguliers selon les conditions
locales. De telles coulées de vallées, prismées,
sont présentes dans toutes les grandes rivières
de Tahiti dont elles constituent le substrat
voire le pied de leurs parois (Papenoo) lorsque
la rivière très active a réussi à les traverser.
Le stade en dômes
Quand le volume des dernières laves excède
celui de l’effondrement, la caldeira et les fossés
radiaires sont partiellement voire entièrement
oblitérés. En général, cette phase tardive de
révolution des îles va avec un changement
important de la qualité des laves. En effet, les
éruptions se sont faites de plus en plus rares et
espacées dans le temps alors que dans les
premiers stades, la lave ne cessait de monter
directement, ou presque, des grandes profon¬
deurs. Entre les éruptions, la lave stationne
en ces
chuter
cristaux lourds qui ont eu le temps de
à très nombreux et très grands phénocristaux.
A l’inverse, la lave résiduelle de la partie haute
du réservoir, appauvrie en cristaux riches en
calcium, fer, magnésium, sera enrichie en
éléments n’entrant pas
tion
dans leur composi¬
sodium, potassium, aluminium. Elle
aura
une
composition de trachyte ou de
phonolite, des laves visqueuses qui vont
:
des dômes et de très épaisses
coulées. Ces dernières laves vont napper en
constituer
quelque sorte le volcan, remplaçant la caldeira
centrale par un large plateau sommital se
continuant par de larges et volumineuses
coulées sur les flancs du volcanjusqu’à la mer.
Raiatea est à ce stade, le plateau de Temehani
se prolongeant en continu Jusqu’à la côte
nord.
dans le réservoir souterrain reconstitué où un
Schéma d'un volcan en
bouclier essentiellement
fait de minces coulées
ieira sommitale
empilées les unes sur
les autres et peu
inclinées depuis le
centre du volcan
cheminée.centrale
Chacune des couches dessinée
représente une
accumulation-dé plusieurs
sur cette coupe
centaines de fines coulées de.
réservoir de
la cristalli¬
sation de grands cristaux d’olivine, pyroxène
magma
lave.
jusqu'à la côte. Les
volcans de Polynésie ont
eu cette morphologie
lors de leur première
reconstitué par la
pensée en prolongeant
les plateaux encore
laissés intacts entre
deux rivières à Tahiti
Nui.
En A,
le volcan-bouclier
imaginé a son sommet à
3 200 mètres
d'altitude,
bien au-dessus de la
phase de croissance
aérienne. Aucun,
toutefois, n'est resté à ce
stade. Il peut néanmoins
dépression de la
caldeira qui, depuis,
Tube-lava écrasés à
Fatu HIva. Dans la
lumière du tube, la lave
s’est écoulée puis,
Le tube est l'élément
unitaire d'une coulée.
Ses bordures se figent
être aisément
lorsque le conduit a été
vidé, il s'est écrasé sous
le poids des autres
unités qui le
recouvraient. Les tube-
lava aplatis forment des
sortes de galettes
affaissées.
s'est substituée au
mucron sommital.
En B, vue du nord de l'île.
rapidement, limitant un
conduit central par où la
lave liquide continue à
avancer. Faute
d’alimentation, le
conduit se vide en
laissant un tube ouvert
(ici à Maupiti).
45
LES ILES OCÉANIQUES
La croissance
complexe : plusieurs
volcans par île
Lorsque les îles ont plusieurs kilomètres
de diamètre, il est rare qu’elles correspondent
à un seul appareil éruptif. Bien au contraire,
plusieurs volcans concourent en général à
l’édification globale, et ceci quel que soit le
stade de construction volcanique atteint.
Les volcans à caldeira
Sans revenir sur le cas d’exception de Mehetia
-
un
au
petit volcan à cratère - plusieurs îles sont
caldeirien.
stade
Elles
sont
totalement
basaltiques et lorsqu’elles possèdent des
appareils trachytiques ou phonolitiques,
ceux-ci, sur les flancs du volcan principal, sont
de petite taille.
Une caldeira unique : Rapa dans les Australes.
Le cas le plus simple d’un volcan insulaire se
présente à Rapa. L’île a la forme circulaire
typique, aux embouchures de rivières près. Sa
partie centrale est effondrée en une caldeira
dont les murs se dressent, jusqu’à I 000 mètres
environ,
sur
les trois quarts du pourtour.
L’hémicycle est en effet ouvert, au nord, sur
l’océan qui, par ailleurs, noie le plancher de la
caldeira.
Depuis la ligne des sommets, enfin, les
pentes premières du volcan font doucement
accéder à la mer. L’érosion a bien sûr affecté
l’ensemble, soit localement dans l’axe des
rivières, soit en de plus larges panneaux qui,
détachés du mur de la caldeira, ont glissé en
11
masse.
s’est
ainsi
formé
des
croupes
inclinées vers le centre de l’île, dont la présence
amoindrit la brutalité des parois verticales.
L’érosion a par ailleurs suffi pour que les
massifs grenus injectés en profondeur lors de
l’effondrement arrivent à l’effleurement.
L’île de Tapui, au centre de la caldeira, est
un
de ces massifs. Même dans le cas simple
qu’illustre Rapa, existent quelques volcans
secondaires, des dômes de phonolite et des
centres
plaine à l’ouest, entre le murde l’ancien volcan
à
région de Vaipae que des volcans secondaires
tardivement apparus ; celui, scoriacé à
cratère égueulé de Tepoepo, et celui de
truction trachytique devient déjà importante ;
et les pentes du volcan second. C’est dans cette
sont
Tahoatikikau à lac de laves.
Plusieurs volcans à caldeira : Hiva Oa dans les
Marquises est constituée de plusieurs volcans
:
trois d’entre eux, alignés,
possèdent de petites caldeiras dont les
planchers sont soit ennoyés (baie des
Traîtres), soit à des cotes allant de 0 (Atuona)
coalescents
100 mètres
(Maunaofefe). Un quatrième
volcan est excentrique, àTaamau. Ici, la cons¬
un
filon
(dyke), nord-sud, long de 5 kilo¬
mètres, constitue en effet la crête sommitale
séparant les trois volcans du quatrième.
Les volcans en dômes
Au stade des productiçns trachytiques, celles-
ci effacent le tracé des caldeiras. Plus précisé-
Les deux îles de Fatu
Hiva et de Nuku Hiva
dans ies Marquises ont
la même construction.
Dans la caldeira d’un
volcan externe croît un
second volcan, plus
récent et plus petit,
possédant lui-même une
caldeira centrale.
L’habitat est concentré
dans la "rimaye” entre
les deux volcans, la baie
des Vierges et Omoa à
Fatu Hiva étant
homologues de Hakaui
et Taipivai
à Nuku Hiva.
En plus, Taiohae est
installé dans la caldeira
interne de Nuku Hiva.
Dans les deux cas, un
effondrement diamétral
ne laisse subsister
qu’une moitié des
volcans.
bas :
Hiva Oa. A l’intérieur de
la grande caldeira du
vieux volcan de Taaoa
en
(vieux de 6,5 à 3,4
millions d’années) croît
le volcan d’Atuona
(vieux de 2,5 à 1,7
millions d’années).
L'ensemble est prolongé
vers l’est par le volcan de
Puamau (vieux de 2,9 à
1,6 millions d’années)
affecté par deux petites
caldeiras.
Une large lame de
phonolite traverse l’île
de part en part et du sud
au
nord, à la limite des
volcans de Taaoa et de
Puamau, en constituant
notamment le Mont
Ootua.
scoriacés.
Deux caldeiras concentriques : Fatu Hiva et
volcan de Puamau
(1,6-2,9 M.A.)
Nuku Hiva dans les Marquises. Ces deux îles
présentent un degré de complexité
supplémentaire. Dans les deux cas, au centre
de la caldeira du volcan premier et principal le plus grand -, a crû un volcan secondaire,
plus petit, dont le centre est également
effondré en une petite caldeira. Les deux
volcans successifs sont concentriques ; l’é¬
chancrure entre le mur de la caldeira princi¬
pale et les pentes du volcan interne étant nette
et le site naturel des principales baies habi¬
tées
:
i
Vieux Volcan de Taaoa
(3,4-6,5 M.A.)
caldeira
T
cône de scories
Ootua
Omoa et Hanatane à Fatu Hiva par
exemple. Quant à la caldeira interne, centrale,
elle est plus importante à Nuku Hiva où se
loge Taiohae qu’à Fatu Hiva où il ne s’agit
plus que d’un simple cratère en entonnoir (Oi)
au fond
duquel affleurent les roches grenues.
Deux caldeiras excentriques : Ua Huka dans
les Marquises. Ua Huka diffère des cas
précédents par une croissance excentrique du
volcan interne. De la sorte, le plancher de la
caldeira principale subsiste en une assez large
46
volcan de Atuona
(1,7-2,5 M.A.)
t:,
(2,1 M.A.)
Atuona
Taaoa
formations externes
du Vieux Volcan
(3.4-6.5 M.A.)
\
Puamau
Atuona
(1.7-2.SM.A.)
N
intrusions de la
/
chaîne centrale
GÉOLOGIE DES ILES HAUTES
ment, tous les intermédiaires existent dans ce
remplissage
des
structures
effondrées,
caldeira étant ou non encore conservée.
la
Une caldeira et des coulées trachytiques ;
Moorea. La première étape morphologique
est bien exposée à Moorea, où l’île possède en
parties à peu près égales des basaltes et des
trachytes. L’amphithéâtre de la caldeira, aux
parois dressées verticalement, est bien dessiné,
ouvert au nord, et fortement échancré
par les
deux baies de Cook et d’Opunohu. Toutefois,
occupé par la masse trachytique
qui, précisément, sépare les deux
grandes baies. De plus, à mi-pente des flancs
de l’île qui descendent depuis la crête de la
caldeira jusqu’à la mer, affleurent d’épaisses
coulées trachytiques.
son centre est
du Rotui
L’effondrement
trachyte
en
un
a
affecté ces coulées de
épisode
tectonique
suffisamment Jeune pour que les structures
effondrées restent lisibles. Mais déjà, la
caldeira est encombrée par des formations
plus récentes.
Des masses trachytiques ou phonolitiques au
sommet des îles : Raiatea et Tubuai. La moitié
nord de Raiatea présente une longue crête
sommitale parfois élargie en plateaux (plateau
de Temehani). Dans ce cas, la caldeira sous-
jacente
été totalement occultée par les
qui non seulement
occupent les cimes mais qui, de plus, s’étalent
en une épaisse carapace jusqu’à la mer.
a
formations de, trachyte
Il en est de même dans le volcan principal
de Tubuai, un volcan sans caldeira dessinée
que termine le dôme
L’île de Ua Pou est
phonolitique du Taita.
sommets à 750-825
essentiellement
mètres d'altitude, les
coulées de trachyte ont
colonisé les anciennes
phonolitique,
l'empilement des
coulées de ptionolites
et de trachytes
remplaçant, au-delà
pentes du volcan et elles
Raiatea possède, au
d’un liseré côtier,
l’habituel empilement
des coulées de basaltes
noirs. De plus, des
nord, une longue échine
sommitale de trachytes
qui s'élargit par endroits
en plateaux, celui de
points de sortie, sous la
forme de larges dômes
ou de necks étroits (des
sortes de cous), percent
la carapace des coulées
Temehani étant, par sa
flore, le plus célébré.
Depuis cette arête des
sont descendues jusqu'à
la côte ouest, voire, plus
exceptionnellement, au
nord (Uturoa) ou à l’est.
Plus récemment 4
dômes de phonolites,
alignés du nord au sud,
de Uturoa à Tevaihue,
ont crû.
et créent un
incomparable paysage.
Page de gauche :
Rapa, l’île habitée la plus
sud-est du Pacifique,
est un volcan récent et
de ce fait simple. Le
volcan en bouclier initial
est effondré en une
caldeira centrale dont le
au
plancher est envahi
par la mer grâce à une
échancrure au nord.
Les murs verticaux de la
caldeira sont adoucis
par la présence de blocs
affaissés et glissés,
formant des collines
descendant vers la baie
caldeirienne.
L’ile de Moorea est un
volcan en bouclier
affecté par
l’effondrement d’une
caldeira que la mer
envahit par les baies de
Cook et d'Opunohu. Le
stade post-caldeira met
en
place des coulées
et des necks de
trachyte qui constituent
à peu prés la moitié de
l'édifice actuel sans
effacer pour autant
l'amphithéâtre
caldeirien, la seule
construction notable à
l'intérieur de cette
caldeira étant le
Mont Rotui.
47
LES ILES OCÉANIQUES
Mais cette fois, il manque les coulées
phonolitiques de flancs. L’érosion doit en être
responsable, car les blocs résiduels de phonolite sont très nombreux entre le sommet du
Taita et la côte est de l’île. Le moiu Ofai, le seul
sein d’un lagon de Polynésie qui soit
fait de roches volcaniques et non de débris
îlot
au
coralliens, peut même être regardé comme un
témoin encore conservé de ces épanchements
de laves phonolitiques blanches.
Il est aisé de
comprendre que les grandes dalles de
phonolite, ici et là laissées par l’érosion,
fortement burinées par les embruns marins et
naturellement cannelées, aient été utilisées, de
préférence aux classiques plaques coral¬
liennes, dans l’édification des anciens marae.
Une masse phonolitique principale : Ua Pou.
Cette fois, l’édifice volcanique est essentiel¬
lement fait de phonolites, les basaltes n’affleu¬
qu’à la base de la zone, émergée. Bien
rant
entendu,
aucune
des structures d’effondre¬
plus dessinée, remplacée non
les épaisses coulées de
phonolite mais aussi par les pitons (necks)
ment
n’est
seulement
par
cylindriques qui jalonnent les axes de sortie
dykes sont alors disposés en rayons. 11 en est
Ua Pou diffère dès lors totalement des
ne sont que les témoins de la lèvre sommitale
d’une caldeira ennoyée.
des dernières laves.
Polynésie. Son sol, développé
aux dépens des phonolites, a la coloration
autres
îles de
blanche de la roche-mère, bien différente de la
teinte rouge du manni formé aux dépens des
basaltes dans toutes les autres îles.
Et
phallique
comparable !
autre
paysage
n’est
à
nul
son
Lorsque, par contre, la fracturation
précède ou suit la phase principale d’effon¬
drement, les cassures - et donc les dykes parallèles entre eux, ont en général la
direction d’alignement des archipels. D’une
manière plus précise, chacune des phases
tectoniques a son propre schéma directionnel
d’ouvertures.
Les intrusions
Chaque dyke, symétrique par rapport à
plan axial, possède une fine pellicule vi¬
treuse, noire et brillante, instantanément re¬
Certes, les coulées constituent l’essentiel des
son
de constructions volcaniques. Les intrusions,
froidie. Au-dessous de cette croûte viennent
volcans mais elles ne sont pas les seules formes
sous
forme de longues lames peu épaisses - de
quelques centimètres à 2-3 mètres -, les dykes,
sont très fréquentes. Il s’agit d’une lave qui
remplit les inévitables cassures qui affectent
l’édifice. Lorsque la fracturation est contem¬
poraine de l’effondrement central, les cassures
s’irradient tout autour de la caldeira et les
des
bandes
alternativement vacuolaires et
denses, zones de sortie ou non des gaz. Enfin,
la bande axiale est à la fois la zone la
5
plus
enrichie en phénocristaux et celle qui, la plus
tardivement refroidie, a servi, par le biais de
grosses
vacuoles, de voie de
derniers gaz.
Le Moiu OfaI dans le
nombre de dykes
2
ainsi dans les Gambier dont les îlots restants
passage
aux
dalles phonolitiques de
lagon de Tubuai est fait
de phonolites et non de
Tubuai, cannelées et
lagons polynésiens. Les
commune.
débris coralliens comme
cela est de règle dans les
taraudées par les
embruns, ont une
beauté sauvage peu
150
Dans le volcan de
Huahine Itl, les
nombreux dykes sont
110
allongés dans 5
directions principales
dont l’importance
relative est figurée dans
la rosace. La direction la
plus fréquente est Nord-
Sud, suivie par les deux
directions NE-SW (Nord
50) et NW-SE (Nord 120).
Teauaone
■
La coulée de la Porte
de Makapu aux Gambier
est une ancienne coulée
de vallée, prismée,
actuellement en position
d’inversion de relief. Les
.Tepapuri
•<’
prism'es, formés au
du
refroidissement de la
coulée (la lave liquide
initiale a un volume
cours
Taku
,
Puaumu
Totegegie
À
\ ^arauru Roa
plus grand que la roche
solide finale), sont
perpendiculaires aux
parois de l’ancienne
Aukena
vallée comblée.
Les fractures de
distension qui
permettent la sortie des
laves depuis la
profondeur vers la
surface, comme celles
qui cassent le volcan
après son édification
sont emplies de laves
et forment des dykes.
Ceux-ci sont parfois,
comme
ici aux Gambier
(figurés en rouge)
rayonnants par rapport
au centre
48
de la caldeira.
■
‘Viè-thrVTokorua
Akamaru
Motu.feiku
Kamaka
GÉOLOGIE DES ILES HAUTES
La décroissance des
îles : des volcans
aux atolls
Les deux volcans de
Tahiti, raccordés entre
eux
par l'isthme de
Taravao, sont deux
unités primitivement
indépendantes. La
forme ronde de chacun
d'eux est bien
conservée, à la fois dans
le tracé de leur côte et
dans le développement
du récif-barrière.
l’exception de Mehetia, dont la crois¬
sance n’est sans doute pas terminée, tous les
autres volcans de Polynésie sont dans un état
de dégradation d’autant plus avancée qu’ils
sont plus âgés ou, si l’on préfère, qu’ils sont
dans leur alignement plus distants au nordouest du point chaud générateur.
Trois processus concourent à réduire la
hauteur et la surface émergées : tectonique du
A
volcan, érosion aérienne, et subsidence du
sous-sol océanique.
Tectonique cassante et
affaissement du volcan
Chacune des îles
polynésiennes devrait être
ronde ou elliptique à l’image des deux volcans
de Tahiti. Or,
il n’en est généralement pas
ainsi ; le plus souvent les caldeiras sont en effet
tronquées et réduites à
hémicycle
ou
Les effondrements sous-marins de Rapa.
Le
moins.
un
relevé bathymétrique des environs immédiats
de Rapa montre que les pentes ne descendent
pas régulièrement. Bien au contraire, il appa¬
raît plusieurs gorges, développées sur un
623 m
larges d’une
centaine de mètres. Il s’agit, vraisembla¬
blement, des cicatrices laissées par le glisse¬
demi-cercle,
profondes
•:
une
X
^480
direction
opposée à la gorge. En effet, le poids qu’ajoute
chaque grande phase éruptive, un poids qui
peut être mal réparti en raison de la course
préférentielle des coulées, peut suffire pour
déséquilibrer en partie l’édifice volcanique.
Les effondrements aériens des Marquises. Les
effondrements sous-marins précédents n’af¬
fectaient pas la superstructure aérienne et
visible de Rapa. car ils lui étaient antérieurs.
Aux Marquises, par contre, chacune des îles
ne possède qu’une moitié des deux volcans
d’origine. Les deux caldeiras emboîtées sont
réduites, limitées par une faille qui correspond
actuellement à une côte rectiligne de hautes
falaises. Ici, le glissement a été tardif. Affec¬
tant
près constante de la
côte. Au-delà,
apparaissent des
et
ment de l’ensemble de l’île dans la
.
Autour de Rapa, la
courbe des -50 métrés
est à une distance à peu
\
m
accidents sous la forme
de gorges d'une
centaine de mètres de
profondeur, arquées sur
1 060 m
1 000 m
2 à 5 kilomètres. Il
s'agit sans doute des
cicatrices laissées
lors de glissements de
la superstructure de l'île.
Le mur de la caldeira du
vieux volcan Taaoa à
Hiva Oa, dressé sur près
de 1 000 mètres de
hauteur (Mont Teani,
1 085 m), est vertical.
L'érosion l'a toutefois
buriné et les nombreux
ruisseaux qui ledrainent
sont autant de griffures
concrétisant les
outrages du temps.
moitié des îles, il confère au relief
restant une rude et rare beauté.
L’importance des effondrements. Les glisse¬
évoqués s’ajoutent aux grands effon¬
drements qui ont créé les caldeiras pour
abaisser l’altitude initiale du volcan émergé.
L’effet est important comme on peut s’en
rendre compte en prolongeant par la pensée
les versants conservés car compris entre deux
vallées radiaires. Ces versants, qui ont la
forme d’un triangle à pointe centrale, sont
appelés des planèzes (terme international pris
à l’origine dans le Cantal). A Tahiti Nui, la
ments
hauteur ainsi restituée serait de l’ordre de
3 200 mètres, et le sommet primitif aurait été à
plus de 900 mètres au-dessus de l’Orohena !
L’érosion aérienne
Sous climat tropical océanique, à la fois chaud
et
pluvieux, les deux types d’érosion sont très
: linéaire et mécanique le long des
effectifs
49
LES ILES OCÉANIQUES
ruisseaux
sur
ou aérale par altération
chimique
l’ensemble. Nous n’insisterons pas sur le
deuxième
type d’érosion - le chapitre
“Les sols” lui étant consacré -, une érosion
qui ne laisse plus qu’un résidu rouge - le mamu
des roches primitives dont l’essentiel des
éléments chimiques est perdu et véhiculé par
-
les eaux courantes.
Des
vallées
têtes
amphithéâtres et
nombreuses
cascades.
Les rivières, plus
développées sur les pentes au vent, sont égale¬
ment moins denses à basse altitude qu’en
hauteur où les pluies sont plus abondantes.
Leur nombre par unité de surface augmente
donc avec l’altitude alors qu’en raison du
schéma
d’écoulement
radiaire, la place
impartie i chacune des unités fluviales
diminue. Il en résulte des captures d’un bassin
plus actif à un autre ne laissant plus que de
aux
en
minces parois intercalaires à peine suffisantes
pour y construire une route ou un lotissement
(Tahiti). Par ailleurs, les rivières s’écoulent sur
un matériel
volcanique alternativement fait de
couches résistantes (les coulées massives) et
meubles (les brèches sous et sur-coulées ; les
cendres). D’emblée ces rivières vont affouiller
les couches peu résistantes alors qu’elles
franchissent en cascades les couches dures. Un
cours d’eau jeune présente alors une suite de
petites cascades mais chacune de ces petites
chutes recule
son
de cascade dont les
mur
prismes de basalte sont déchaussés. Les chutes
ont ainsi tendance à se réunir à celle qui est le
plus en amont. 11 se forme de la sorte, à la tête
du ruisseau, une grande cascade développée
en un
spectaculaire amphithéâtre. Le “point
de chute” des eaux au pied de l’amphithéâtre
est à la cassure du profil en long de la rivièreLes captures de rivières.
Après les premiers
drainages diffus d'un
voican (c'est le cas
actuellement de
Mehetia), des rivières
disposées selon les
rayons d'un cône (des
barrancos en terme
international)
s'installent. Elles sont
alors à peu près égales
en force d'érosion mais,
très vite, les faibles
écarts s'agrandissent.
Les rivières les plus
fortes agrandissent leur
bassin versant aux
dépens de leurs
voisines, moins
érosives. De la sorte,
elles captent les
affluents de la rivière
affaiblie et
s'enrichissent des cours
secondaires dont les
tracés, caractéristiques,
.présentent un coude
à angle droit.
100
0 m-
Les rivières franchissent
en cascade chaque
coulée ou chaque mur
de dyke. Elles affouillent
la base scoriacée des
coulées qui s'éboulent.
Le mur de cascade
recule. Dans une rivière
mature, toutes les
petites cascades ont
disparu au profit d'un
mur unique.
Au-dessous de cette
cascade la plus en
longitudinal en L
renversé, la pente à l'aval
transversal, en V
tronqué à la base, rend
compte de l'importance
du lit majeur nécessaire
à l’évacuation des
de celles des crues
instantanées (200 mVs
en 1980 pour la
Papenoo).
50
\
-200,
\
-300.
-400.
-500'
A Ua Huka, le profil
sous-marIn au sud-est
de la pointe Teoho Ole
Papa montre un large
(5 km) plateau, situé
60 à 75 mètres
d’eau. Il s'agit d’une
ancienne plate-forme
d’érosion aérienne,
secondairement
sous
-600'
-700'
immergée, soit à la suite
d’un effondrement
tectonique de l’île, soit
grâce à un relèvement
importantes eaux en
période humide
(30,9 mVs en régime
maximum, pour 1,9 m%
en régime minimum de
la Papenoo) et surtout
\
-100-
amont, le cours des
rivières a un profil
étant faible, inférieure
à 2 %. Le profil
\
-800'
-900.
-1 000 m
du niveau marin.
.
1km
.
mature, un profil en L renversé : “|
où le
point de chute sépare précisément la partie
avale peu pentée (inférieure à 3") et à érosion
faible de la partie amont, encore intensément
,
active.
L’importance de l’érosion. Il est certes diffi¬
cile de chiffrer l’érosion en raison des diffé¬
rences qui se manifestent selon les époques et
les zones : rivières ou interfluves. Il reste que
cette érosion est importante et rapide, globa¬
lement estimée de 2 à 4 et 68 centimètres en
100 ans, respectivement aux Gambier, Hawaii
à la
Réunion. En acceptant un chiffre
de 3 centimètres par siècle, le calcul
ferait disparaître un volcan de 3 000 mètres de
et
moyen
hauteur en 10 millions d’années. Nous ne
retiendrons que l’ordre de grandeur, en remar¬
quant
que
Maupiti
ou
Eiao, vieux de 5
millions d’années, ne sont plus effectivement
GÉOLOGIE DES ILES HAUTES
que des reliefs résiduels.
Des falaises côtières. Les érosions aérienne et
effet de 2 à 8 mètres plus haute, entre 26 000 et
39 000 ans. Des remontées plus importantes
encore du niveau marin sont
responsables des
marine conjuguent leurs effets pour modeler
rapidement une falaise en bordure de côte,
d’autant plus haute que le pendage des coulées
est plus fort. Le pied de la falaise est le niveau
dépôts marins coquilliers que l’on trouve aux
Marquises, au sommet d’Eiao par exemple
(+ 160 mètres). Des traces marines ont même
Mais bien d’autres dispositions existent,
dues au mouvement relatif de la mer et des îles
350 000 ans.
marin.
émergées dans les dernières périodes du
Quaternaire.
Le niveau de la mer
Hnt falaise morte, celle de la côte ouest de
Tahiti par exemple, séparée du rivage par une
plaine basse, est le témoignage d’un niveau
marin plus haut que l’actuel. La mer était en
Page de gaüche :
Le développement des
falaises côtières est
fonction de la géométrie
qu'a l'empilement des
coulées. Pour des
coulées peu inclinées, la
falaise est basse, alors
été découvertes à l’altitude de 1 200 mètres aux
îles
Hawaii
(Mahana), vieilles de plus de
A l’inverse, un pied de falaise situé sous la
mer, entre - 60 et - 70 mètres, au sud-est de Ua
Huka, par exemple, est le témoignage d’un
niveau marin plus bas que l’actuel.
le niveau de la
mer a changé dans les trois derniers millions
d’années en fonction du climat du globe. Un
climat froid fait augmenter le volume des
glaces polaires au détriment du volume des
eaux océaniques dont le niveau baisse. A
D’une manière générale,
contrario, lors d’un climat chaud, le volume
des glaces stockées est amoindri en libérant
des eaux fondues qui augmentent le volume
océanique ; le niveau marin monte. Une alter¬
nance
des baisses et des remontées eustati-
ainsi agrandi ou diminué les reliefs
insulaires, engendrant de plus, soit une
ques a
érosion accrue, soit une sédimentation des
rivières. Si les 30 millions de kilomètres cubes
actuels de
glace fondaient, le niveau marin
remonterait de
monde entier
!
60 mètres environ dans le
A l’inverse, les glaces qui
auraient été formées lors de la troisième gla¬
ciation quaternaire (Illinois) sont estimées à
80 millions de kilomètres cubes. Elles auraient
été plus importantes encore au tout début du
Quaternaire, ce qui aurait provoqué un abais¬
du niveau des mers à -1 000 mètres
-1 200 mètres. Les larges plateaux qui existent
sement
Nuku Hiva. La falaise
côtière a subi la double
érosioh des pluies et
de la mer dont le niveau
a plusieurs fois
changé,
depuis 3 millions
d'années, en fonction
du climat du globe.
que, à l'inverse, la falaise
est haute pour des
coulées à fortes pentes.
D'autres fracturés
interviennent.
Lorsqu'une île est
basculée, la partie
relevée est en falaise
battue par la mer (côte
est de Tahiti par
exemple) alors que le
côté abaissé est occupé
par une large plaine
sédimenlaire (côte
ouest de Tahiti).
Tahiti, côte nord. Sur
cette photographie, la
lumière rasante du matin
met en évidence la forme
rayons des rivières.
On remarque que la
Tuauru a agrandi son
bassin versant aux
en
dépens des rivières
voisines.
Dans la vallée de la
Papenoo, une suite de
phases alternées de
creusement et de
remblaiement est
décelable.
La première vallée,
large, creusée aux
dépens de l'empilement
des coulées du volcan
bouclier, est tout
d'abord comblée par
en
une
coulée boueuse
(lahar) issue d'une
échancrure de la
caldeira, récemment
créée. Un creusement
ménage une nouvelle
I coulée de vallée
vallée dans laquelle
lahar
vallée. Un creusement
empilement
s'engage une coulée de
plus axial reprend,
compensé pour partie
par un remblaiement
sédimentaire.
I' du cycle
pré-caldeira
alluvion
51
LES ILES OCÉANIQUES
à ces profondeurs et entourent tous les archi¬
pels et plus particulièrement les Tuamotu en
seraient les témoins,
La subsidence des fonds
océaniques
Jusqu’à présent, nous avons vu que les îles
perdaient de l’altitude par réduction de leur
volume aérien, l’importance de cette diminu¬
tion étant compliquée par les changements du
zéro de référence en raison des fluctuations du
niveau marin. Tout autres sont les réductions
d’altitude qui, à l’inverse, sont une consé¬
quence de la diminution du volume sousmarin du volcan. Trois causes y pourvoient.
Enfoncement de l’île sous son propre poids.
L’énorme empilement de laves denses (d = 2,7
surcharge localement la croûte
océanique sur laquelle repose le volcan. En
réponse, celle-ci s’abaisse à la verticale et dans
l’immédiat voisinage de l’île. Il apparaît ainsi
une
fosse marginale compensée par un
à
3,1)
bourrelet de la croûte océanique remontée de
part et d’autre de la zone affaissée. L’enfon¬
cement d’une île sous son propre poids est de
l’ordre de 500 à 1 000 mètres, un enfoncement
continu et lent - encore appelé subsidence - à
l’échelle géologique, mais procédant plus
vraisemblablement par à-coups successifs à la
faveur desquels les glissements internes déjà
signalés ont pu se produire.
L’éloignement au point chaud. Le point chaud
chaque alignement correspond à une
remontée du manteau profond qui entraîne
de
la
croûte.
un
Autrement
dit, chacun des volcans croît sur
une
bosse
du
bombement
de
elle-même
sous-sol
océanique
qu’il
abandonne peu à peu. De ce fait, en quittant la
zone
chaude d’une centaine de kilomètres de
rayon,
jeune
la hauteur de la partie immergée du
volcan croît, diminuant d’autant
l’altitude apparente.
Age en millions
d'années (MA) de
l'écorce océanique
dont les basaltes
enregistrent les
variations de
l'inclinaison
magnétique,
alternativement
positive (en rouge) et
négative fer) blanc).
(L'échelle d’inclinaison
rapportée est celle de
l’hémisphère Nord ; elle
doit donc être inversée
pour la Polynésie, située
dans l'hémisphère Sud.)
Le socle des îles est
repéré en âge et sa
profondeur théorique
est donnée en fonction
de-la loi Pm — 2 500
-f 350 VT MA.
52
Une île volcanique (ici
Hawaii) pèse sur son
substratum qui
s’enfonce. La gorge qui
ceint la base de
l’édifice est limitée par
un
petit bourrelet
compensateur.
GÉOLOGIE DES ILES HAUTES
La
la croûte océanique. A
la lithosphère se refroidit, elle
subsidence de
mesure
que
subit, comme tous les corps, une contraction
.Autrement dit, son épaisseur
diminue, ce qui, en corollaire, influe sur la
profondeur (P) du plancher océanique.
L’expression mathématique, P = 2 500 +
350 Vr(P est la profondeur en mètres ; t l’âge
en millions d’années), exprime l’augmentation
de la profondeur de l’océan à la verticale d’une
croûte de plus en plus âgée, du moins tant que
thermique.
celle-ci a moins de 60 millions d’années.
Bien
entendu,
l’accroissement
de
Des îles aériennes aux atolls
Les îles aériennes sont donc détruites par la
puissante érosion tropicale. De plus, elles
s’enfoncent sous leur propre poids et parce
que l’écorce océanique se déprime au fur et à
mesure de leur éloignement à la ride. De la
sorte, les volcans perdent de leur altitude
première et en moins de 10 millions d’années il
ne subsiste plus, comme à Maupiti, qu’un
relief résiduel. Si le volcan était en zones
maritimes froides, son sort serait désormais
ne subsisterait plus que sous
forme d’un guyot sous-marin. Mais dans
la
la
zone
tropicale polynésienne, la croissance
corallienne va compenser la subsidence. Celleci commence bien avant la submergence du
volcan, dès le moment où le réseau hydro¬
graphique est hiérarchisé.
Tant que le ruissellement est diffus et
général sur le Jeune volcan - Mehetia par
scellé et il
la
profondeur de l’océan revient à accroître la
hauteur de la partie immergée du volcan qui
repose sur cette croûte. Cet effet est toutefois
peu sensible car les îles polynésiennes sont
toutes installées sur une croûte déjà vieille,
âgée de 35 (Gambier) à 85 millions d’années
(Maupiti).
exemple - l’apport de matériaux sur tout le
l’installation des
pourtour de l’île empêche
coraux.
Avec l’apparition de vallées principales,
pollution terrigène n’est plus limitée qu’à
leur débouché et, partout ailleurs, se forme un
récif côtier puis un récif-barrière. dont les
passes font face aux vallées.
la
La
réduction
du
relief fait
diminuer
matériaux fluviaux et, en
corollaire, les passes se réduisent. Le lagon se
ferme. La phase ultime est la disparition du
volcan aérien sur lequel croissent les coraux
d’un atoll fermé, La chape corallienne coiffant
le substratum volcanique est d’autant plus
épaisse que l’ancien volcan est plus éloigné du
point chaud et que sa position est plus au
l’apport
des
nord-est.
Elle est de 400 mètres environ à
Moruroa et vraisemblablement de l’ordre de
1 000 mètres à
Rangiroa.
25 M.A.
Les différentes phases
de croissance puis de
démolition d’un volcan
passant du stade sousmarin à celui du
domaine aérien (les îles
hautes), puis retrouvant
le domaine marin sous ia
forme d’un substratum
dont i’enfoncement
continu est compensé
ETABLISSEMENT D'UN GUYOT
par ia construction d’un
récif.
8 M.A.
La falaise vivante,
battue par la mer,
présente souvent une
caverne que creusent
les vagues les plus
fortes. A son toit et
surtout à son plancher
sortent des eaux douces
qui transitent depuis
la surface par le biais
des fractures qui
affectent la masse des
coulées empilées de
basalte.
A la suite d’un
abaissement du niveau
marin (ou d’un
relèvement de l’île) la
falaise n'est plus
battue par la mer dont
elle est désormais
séparée par une large
plaine. La caverne à la
base de la falaise morte
persiste et les eaux
douces peuvent s’y
accumuler en un petit
lac dont la température
fraîche est appréciée
des nombreux
baigneurs qui, de tout
temps, l’ont fréquenté.
Les célèbres piliers de
la baie des Vierges à
Fatu Hiva sont découpés
dans une très épaisse
coulée boueuse (ou
lahar) qui s’est écoulée
dans l'échancrure entre
les volcans, externe et
interne.
La masse est chaotique,
non
classée, faite de
blocs de toutes tailles
emballés dans un ciment
de plus fines poussières.
53
LES ILES OCÉANIQUES
Les roches
refroidit, lentement certes, mais suffisamment
volcaniques :
des basaltes
phonolites
aux
îles
les
cristaux
températures
phonolile.
de
plus lourds
que
plus élevés apparaissent. Ce sont les phéno¬
de titanomagnétite, d’olivine puis
d’augite. Autrement dit, les solides appa¬
raissent les uns après les autres - c’est la cristal¬
lisation fractionnée et, de plus, chacun d’eux
a une composition différente du liquide basal¬
tique dans lequel il précipite. En corollaire, la
composition des liquides restants est
modifiée. Comme les phénocristaux
précipités sont riches en magnésium, calcium
et un peu moins en aluminium, le liquide
résiduel est appauvri en ces éléments mais, à
de
l’inverse, il est enrichi en sodium, potassium
(tendance alcaline) et, à moindres degrés, en
aluminium, alors que son rapport fer/magné¬
sium augmente. Ce processus de différencia¬
tion conduit à des roches de plus en plus diffé¬
Le basalte : roche principale
rentes du
basalte initial au fur et à mesure du
dernières
de
et
solidification.
-
Polynésie ont une
origine volcanique et ne sont faites, à
l’exception de leur couverture ou de leur
bordure
corallienne, que de matériaux
éruptifs.
Toutes
refroidissement
pour que les cristaux aux points de fusion les
l’avancement
fractions
liquides,
900"C, est
encore
850"
-
viennent de
tout
descendent à
début de refroidissement. Par contre, la
vite
de
200"
1
-
000"C
1
aux
20"C
la base du réservoir.
est
ainsi enrichi en cristaux accumulés. C’est
mélange qui constitue les laves les mieux
connues, car les plus spectaculaires en raison
précisément de leurs très nombreux et très
grands cristaux bien individualisés.
L’abondance des phénocristaux d’olivine
qualifie les océanites, alors que la richesse en
pyroxènes est le fait des unkaramites.
Au total, dans une île, il existe toute une
pyroxènes
subrectangulaires et des
divines losangiques.
A l’inverse, dans la pâte
formée lors du
refroidissement rapide
des coulées de laves, les
-
petits cristaux - ou
microlites - sont des
baguettes de
plagioclase cernant des
où pyroxènes,
olivines et magnétites
sont peu distincts,
(agrandi 21 fois).
zones
tahitiens, car l’eau enfermée dans
encore closes, étant
portée à l’état de vapeur par la chaleur du
des fours
leurs
cavités internes,
foyer, explose en projetant des éclats rocheux.
Les basaltes s’altèrent vite, l’eau d’imbibition produisant ses destructions en gagnant
de la surface jusqu’au centre. Au cours de cette
altération centripète, des couches concen¬
triques - en pelures d’oignon - se dessinent
autour
d’une
boule
centrale
encore
saine.
Dans les rivières, les galets sont le plus souvent
fragments restés sains de ces boules,
aplatis et polis par contacts mutuels. Mais, au
cours de ce façonnement naît un sable dont les
grains millimétriques (0,2 à 2 millimètres) sont
soit de petits fragments de roche soit les phé¬
nocristaux isolés. Ce sable noir, sur les plages
proches des débouchés de rivières, a la juste
réputation d’être chaud car il capte la chaleur
des
solaire,
corallien
froid.
à
la
différence
du
sable
blanc,
qui, la réfléchissant, semble plus
Les séries de différenciation :
des basaltes aux phonolites
Lorsque entre deux éruptions le magma
stationne dans le réservoir souterrain situé à
quelques kilomètres de profondeur, il se
54
Altération en boules
d’une coulée basaltique
de Ua Pou. L’altération
commence au niveau
des fissures par
lesquelles l’eau
chemine. Des boules
saines sont ainsi
isolées qui, à leur tour,
sont morcelées par une
altération gagnant le
long de fissures
secondaires.
Lame mince de tahitite
de la Pointe de Raiaroa à
Tahiti Nui, regardée en
lumière naturelle sous le
microscope polarisant.
Les grands cristaux à
contours cernés de noirs
(faciès en forts Vauban)
sont les haüynes, des
feldspathoïdes bleus
lorsqu’ils sont vus à l’oeil
les échantillons
massifs. Ils sont
nu dans
accompagnés par des
pyroxènes, le tout étant
noyé dans une pâte à
structure fluidale.
(agrandi 150 fois).
un
ce
avant la sortie en
l’atmosphère. Le liquide se prend alors en une
pâte apparemment uniforme à l’œil nu mais
en réalité faite de myriades de très petits
cristaux
les microlites (quelques microns).
Les phénocristaux sont l’olivine verte
devenant jaunâtre par altération, l’augite
noire mate et la titanomagnétite noire
brillante, 11 s’y adjoint dans les basaltes
évolués (ou hawaiites), au sens que nous
préciserons plus loin, des baguettes blanches
de plagioclase.
Les
variétés
morphologiques sont
nombreuses, depuis les basaltes massifs
jusqu’aux basaltes plus ou moins vacuolaires,
ces derniers ne convenant pas à la confection
Par
phénomène de sédimentation
magmatique, le liquide du fond du réservoir
surface, sont des
de
une
véritable
microscope polarisant.
Les grands cristaux - ou
phénocristaux - formés
température du liquide qui s’écoule chute très
aux
le liquide dans lequel ils
prendre naissance, chutent et
Basalte de la vallée
d’Ahonu (Tahiti) vu en
iame mince sous le
-
la
A l’inverse, les premiers cristaux formés,
Le basalte, roche noire et lourde, prédomine
largement. Lorsqu’elle arrive en surface, elle
possède déjà de grands cristaux - les phénocristaux
qui se sont solidifiés dans la
chambre magmatique souterraine lors d’un
de
ultime, issue des
roche
La
GÉOLOGIE DES ILES HAUTES
famille
de
roches,
née du même basalte-
parent, depuis les océanites et les ankaramites,
passant par les basaltes, les hawaiites, les
roches intermédiaires, jusqu’aux phonolites.
Les hawaiites diffèrent des basaltes par la
en
présence de phénocristaux de plagioclases,
mais ce sont encore des laves noires.
Les laves intermédiaires - les spécialistes
y distinguent les mugéariies et les henmoréites
contre plus claires, grises, pauvres
olivine. Les phonoliles, enfin, sont
verdâtres dans leur masse saine,
mais
deviennent blanches par altération. Elles se
-
sont par
ou
sans
débitent
aisément en lames épaisses de
quelques centimètres, des lames qui ont la
propriété de rendre un son clair lorsqu’on les
frappe.
La part de chacun des termes dans la série
de différenciation
faciès
est inégale : les roches à
basaltique (océanites - ankaramites -
hawaiites) sont très abondantes,
les phonolites sont rares mais leur
gisement en dômes et leur inhabituelle couleur
blanche les font si aisément distinguer qu’on a
tendance à surestimer leur pourcentage. Les
roches intermédiaires sont, enfin, excep¬
basaltes
-
alors que
tionnelles. Parmi elles, la célèbre lahiiite,
dédiée à Tahiti, est une mugéarite à haüyne,
un minéral bleu en baguettes
qui éclaire le
fond uniformément gris de la pâte.
volcan externe et la seconde
un volcan plus
petit, interne dans la caldeira du précédent.
Les basaltes-parents des deux phases diffèrent
par leur teneur en silice, teneur qui diminue
avec le temps. Certes, en Polynésie, tous les
basaltes relèvent de la classe dite des basaltes
alcalins à olivine, mais ceux des premières
phases, enrichis
aux
Chaque grande période éruptive suffisam¬
ment longue a son réservoir et donc sa propre
phonolites.
particulièrement net aux
Marquises où les phases éruptives sont bien
distinctes, la première construisant un grand
Cela
est
silice, s’approchent des
tholeiites est peu différenciée - des océanites
basaltes et hawaiites seulement - à
l’inverse de la seconde série qui, bien diffé¬
Deux à plusieurs séries
de différenciation par île
série de différenciation.
en
iholeiiles. En général, la première série issue
des
basaltes transitionnels proches des
renciée,
va
des basaltes alcalins Jusqu’aux
L’une des séries de différenciation conduit aux
de différences
phonolites et les
trachytes, mais les premières possèdent de la
néphéline et (ou) de l’analcime en
trachytes.
apparentes
11
existe
entre
les
peu
basaltes alcalins
variabilité des roches
grandes, on passe à des
basaltes alcalins puis à
(en rouge) les roches
représentation de
Schéma expliquant la
émises par le volcan.
A la verticale de la
remontée la plus haute
de l'asthénosphère
fournies sont des
basaltes tholeiitiques.
Alors que, à partir des
flancs et à des
profondeurs plus
des basanites. Les taux
de fusion passent alors
de 30 à 10 et 3%.
Il faut noter que la
l’ascension du magma
par une cheminée
coudée ne correspond
pas à la réalité, ici
schématisée.
L’ankaramite de Tahiti,
lame mince sous
lumière polarisée,
montre l'abondance des
vue en
grands cristaux de
pyroxène associés à de
moins nombreuses
olivines. Ces minéraux
lourds, tôt formés dans
la chambre magmatique
profonde, ont chuté et se
sont accumulés au
plancher du réservoir,
(agrandi 21 fois).
Les nodules de
péridotites, dans
lesquels les olivines
prédominantes (80 à
90%) confèrent leur
coloration verte, sont
si abondants dans le
basalte du dyke de la
vallée de la Fautaua
(Tahiti) qu'ils sont
presque jointifs. Ces
nodules, faits de gros
minéraux bien
discernables à l'œil nu,
se sont formés au niveau
du manteau.
Les cailloux fleuris de la
Baie de Hohoi à Lia Pou
sont des phonolites
dans lesquelles des
grenats jaunes à
contours pétaloïdes
tranchent sur le fond
apparemment
homogène, marron, de
la pâte.
55
LES ILES OCÉANIQUES
phénocristaux et surtout en microlites. De ce
fait, les phonolites sont pauvres en silicium sous-saturées alors que les trachytes, essen¬
tiellement faits de feldspaths sont neutres,
voire excédentaires en silicium, exprimé sous
forme de quartz ou de tridymite.
-
Partant d’une série de basaltes alcalins à
olivine, eux-mêmes sous-saturés, l’évolution
conduit normalement à des termes alcalins
sous-saturés : les phonolites (Moorea, Tahiti-
Taiarapu).
profonde se fait en
présence de vapeur d’eau, des minéraux
hydroxylés - amphibole et (ou) mica prennent naissance pour partie à la place des
pyroxènes. Or, ces minéraux hydroxylés sont
Mais si l’évolution
silicium et, en corollaire, le
restant après leur cristallisation
très pauvres en
liquide
s’enrichit en silice, devenant neutre, voire sur¬
saturé. Ainsi apparaissent les trachytes dans la
série interne de Nuku Hiva, Raiatea, Tahaa...
Nombreuses séries de différenciation. L’île de
Tubuai a eu une vie éruptive exceptionnelle¬
longue et cinq phases éruptives y sont
décomptées, deux d’entre elles seulement
étant bien différenciées. Mais, bien entendu,
comme partout ailleurs, les basaltes-parents
des phases de plus en plus jeunes deviennent
de plus en plus sous-saturés. Les premiers
basaltes sont transitionnels puis viennent des
basaltes alcalins à olivine, suivis par des
ment
basanites (ou basaltes à néphéline) et enfin par
des murites. Ces dernières roches sont excep¬
tionnelles, non seulement en Polynésie, mais
dans le monde entier.
L’origine des basaltes successifs. Les basaltes
naissent dans le manteau relevé au niveau des
points chauds. Les péridotites (ou pyrolites)
de l’asthénosphère y fondent alors pour
partie, un taux de fusion à 30 % donnant des
tholeiites. de 5 à 10 % des basaltes alcalins à
olivine, à 2 % environ des basaltes et à moins
de 2 % des murites.
Comme au fur et à mesure de son vieillis¬
possèdent notamment en belles taches
Jaunes pétaloïdes les phonolites, dites
“cailloux
Ua Pou.
fleuris”
de
la
baie de Hohoi à
témoignage des évolutions dans le
enfin apporté sous la forme de
nodules de péridotites, par les basaltes les plus
primaires. Dans toutes les îles nombre de
coulées en possèdent.
Un
manteau est
Variations dans un alignement
En général, les volcans issus d’un point chaud
sement le volcan est alimenté par des basaltes
donné sont des sortes de copies conformes des
proviennent d’une fusion de plus en plus
partielle, soit d’une zone plus profonde, soit
plutôt des flancs de la remontée mantellique
lorsque le volcan quitte la zone centrale du
point chaud.
11 n’est pas impossible que dans les îles où
prédominent les phonolites, Moorea et
surtout Ua Pou, ces laves, au lieu d’être le
produit ultime d’une différenciation
basaltique - une lacune dite Daly gap ou
absence des roches intermédiaires les sépare
suivront. Le fonctionnement du point chaud
de plus en plus sous-saturés, c’est que ceux-ci
volcans qui les ont précédés et de ceux qui les
ne
change pas avec le temps.
A
l’encontre
de
cette
loi,
une
modification continue est identifiable dans
l’alignement de la Société. Les îles les plus
vieilles (Maupiti) ont des basaltes transition¬
nels
alors
que
ceux
des îles plus Jeunes
fusion à très faible taux (inférieur à 0,5 %) de
deviennent de plus en plus sous-saturés. Leur
taux en titane croît parallèlement Jusqu’à
atteindre près de 5 % à Mehetia, faisant des
matériaux de cette île les représentants
terrestres les plus proches de certains des
basaltes de la Lune. L’interprétation proposée
avec des
en
des basaltes -, soient directement nées d’une
la
pyrolite. Une minéralogie exceptionnelle
grenats - minéraux rouges à oranges Les six roches
représentatives de
Huahlne vues en lames
minces sous
microscope poiarisant.
1
La phonollte est presque
entièrement faite de
feidspaths aicaiins dont
les longues baguettes
blanches sont
distribuées en lignes,
parallèles au flux de
mise en place. Quelques
grains sombres de
pyroxène sont
décelables.
2
L’hawalite est une roche
dans laquelle olivine,
pyroxène et plagioclase
forment la population
des phénocristaux.
3 Le basalte, la lave la plus
abondante, possède des
phénocristaux d'oiivine
(teinte verte de
polarisation) et d’augite
(teinte orangée sur la
photo). Les plagioclases
n’ont pas précipité avant
la sortie de la lave et ils
n’appartiennent qu'à la
pâte.
Les grands
cristaux d’oiivine
forment près de 70% de
la roche. Il s’agit d'un
cumulât du fond de la
chambre magmatique.
4 L’océanite.
5 La péridotite. Tous
minéraux sont de
les
grande taille. Ce sont
essentiellement des
olivines mêlées à
quelques pyroxènes.
Les péridotites, en
nodules dans les
coulées, peuvent être
regardées comme des
messages du manteau.
6 Le mlcrogabbro.
Dans
les intrusions épaisses,
le magma basaltique
refroidit lentement et
les minéraux de la pâte
qui noie les phéno¬
cristaux atteignent des
tailles moyennes.
56
milite en faveur de cette hypothèse. C’est ce
que
voit, dans les taux de fusion devenant de plus
plus faibles au niveau du point chaud de la
Société, le signe de son déclin.
4 Le climat
LJ intérêt s’adapter
des hommes pour
la météorologie
remonte
la préhistoire
lorsqu’il leur La pression
conditions
climatiques
et àaffronter
les phénomènes
atmosphériques. Ne pouvant comprendre ni dominer les éléments, ils s’en remettaient
atmosphérique
quelque divinité tutélaire. Chez les anciens Polynésiens,
Ra’a avait
gouvernement des problèmes du temps, mais
l’absence de toute tradition orale
et le régime des vents
rien du climat des archipels
fallait
aux
à
nous savons que
le
ou
en
écrite il nous faut reconnaître que nous ne savons
aux
temps anciens.
Après les découvreurs qui en ont fait les premières descriptions, tous les marins
qui ont fréquenté les mers du Sud en ont vanté les agréments : un climat chaud sans
excès, de l’eau en abondance, des tempêtes rares... Autant d’éléments qui ont
contribué à ia création du mythe de la Nouvelle Cythère, îles paradisiaques au milieu
d’un océan pacifique. Cependant, les récits de voyageurs et de missionnaires font
aussi état de sérieux coups de vent, de dévastations, de tempêtes que ce soit en 1831,
1878, 1903, 1905 ou en 1906 lorsque Victor Segalen, dans Les Immémoriaux, y fait
allusion plus en poète qu’en météorologiste, bien entendu, avec peu ou pas de
données chiffrées.
Du milieu du XVIIP siècle au début du XX® siècle, nous ne possédons que des
connaissances fractionnées et éparses des données climatiques de la Polynésie. Il faut
attendre 1935 pour voir débuter les premières observations régulières à Papeete. Dès
lors, la connaissance du milieu atmosphérique s’élabore au fur et à mesure que les
réseaux d’observation se développent. Et c’est seulement dans les années 1960 que les
conditions sont réunies pour des progrès décisifs. D’une part la France développe
entre 1958 (année géophysique internationale) et 1964 des réseaux d’observation et de
mesures en aititude. Le Territoire, d’autre part, contribue au développement d’un
réseau de postes de mesures (une cinquantaine aujourd’hui) dont l’intérêt est
primordial pour une bonne connaissance de la pluviométrie et de ses conséquences.
La pression atmosphérique représente le
poids de la colonne d’air de hauteur infinie qui
surmonte une surface de I cm^ (environ 1 kg).
Elle s’exprime en millibar (mbar), unité
remplacée depuis peu par l’hectopascal (hPa).
Au niveau de la mer la pression moyenne est
de 1 013 mbar. La pression, différente d’un
point à un autre, varie constamment plus ou
moins rapidement. Elle décroît en altitude
d’autant plus vite que l’air est plus froid ; à une
altitude de 3 000 mètres elle est voisine de
700 mbar, à 12 000 mètres elle est d’environ
200 mbar, soit 5 fois moins qu’au niveau de la
mer.
Au sommet de l’Orohena (2 241
m), la
pression est de l’ordre de 750 mbar.
En Polynésie, la plus basse pression a été
enregistrée à Hereheretue au passage du
cyclone Orama (977,2 mbar), la plus élevée à
Rapa (I 031,9 mbar).
Toutes les données recueillies sont archivées et traitées par la section
Climatologie de la Direction du Service de la Météorologie à Faaa, d’où proviennent
toutes les valeurs statistiques qui figurent dans ce fascicule.
Puis apparaissent les premiers satellites météorologiques lancés par les U.S.A.
Ainsi, depuis 1965, le Centre Météorologique de Faaa dispose régulièrement d’une
i EXOSPHÈRE
\ Les molécules
|. de gaz
f.. échappent
600km
j à rattreciion
documentation précieuse couvrant les zones maritimes qui entourent nos archipels. Il
terrestre.
).
est alors possible d’étudier les grands systèmes nuageux qui traversent la Polynésie et
les systèmes de pression qui, circulant au sud du tropique, influencent l’évolution du
temps dans les archipels.
;
ê- '
i
'
500km:
^THERMOSPHÈRE
La température
[
remonte
à +500®C,
parfois plus.
I
[
'
■
LÜ
i
I
Œ
•
ÜJ
-
X
û.
i
CO
O
Z
Aurores polaires
'
85km
! MÉSOSPHÈRE
\ Nuages nocturnes
lumineux
i
STRATOSPHÈRE:
i '
I Nuages
!
;
LU
□I
nacrés
I Vols aupersoniqties
HU
I
Q.
CO
,
11 km
TROPOSPHÈRE..
±
O
N
O
Phénomènes
météorologîQues
r.
O
SOL
L’atmosphère. Sa
l'ensemble du globe et
fonction de i’altitude.
On distingue 5 couches :
dans les régions
composition varie en
l'exosphère, la
thermosphère, la
mésosphère, la
stratosphère et la
troposphère, région de
l'atmosphère en contact
avec
le sol.
Les satellites
météorologiques sont
des plates-formes
d’observation qui
permettent de surveiller
l’atmosphère sur
plus particulièrement
dépourvues de stations
météorologiques
d’observation telles que
les océans, les régions
polaires, les déserts...
La Polynésie est dans le
champ d’acquisition
d'un satellite
géostationnaire placé
sur l’équateur par 135°
de longitude Ouest à
36 000 km d’altitude.
Des satellites évoluant à
quelque 800 ou 900 km
d'altitude survolent
chacun nos îles deux
fois par jour.
57
LES ILES OCÉANIQUES
Le vent
Les mouvements de l’air - le vent - résultent
des différences de pression atmosphérique. Le
est orienté suivant les lignes d’égale
pression ou isobares.
Dans l’hémisphère Sud, la circulation se
fait dans le sens des aiguilles d’une montre
autour des centres de basses pressions ou
dépressions et dans le sens contraire autour
des centres de hautes pressions ou anticy¬
clones. L’écoulement est quasi horizontal.
vent
La
vitesse,
ou
force, est fonction du
équateur
ia rotation dé la Terre.
Cette force est dirigée
la gauche dans
Circulation moyenne
autour des centres de
pression. Autour de la
Terre, tout corps en
vers
mouvement est soumis
à une force
complémentaire dite
force de Coriolis, due à
l'hémisphère Sud, vers
la droite dans
l’hémisphère Nord. Elle
équilibre la force de
pression.
T 0’ERAU
Tokorau
Tokerau
Un réseau de stations
d’observation couvre la
PAHA'APITI
PATO'ERAU
Pakorau
Polynésie : 15 stations
synoptiques
'Akarua Patokorau
HA'APITI-FA'ARUA
PAFA'ITE
d’observation
permanente, dont 5
'Akarua
Parapu
Urumaraki
stations de mesures de
vent, température et
humidité en altitude et
5 autres de mesures de
vent seulement.
Les postes
Wakaruaroa
PARAPU
NlUHITI
Parapu
'Akarua
Patiu
pluviométriques
Pamoake
relèvent les mesures des
eaux de pluie une fois
par jour.
AINE
Tiu
Uru
MAOA'E
Moake
Marangai
Les vents. En
météorologie, par
convention, on indique
URU
d’où vient le vent.
La rose des vents
comporte 16 directions.
La vitesse s’exprime en
m/s, km/h ou noeud
(1 noeud = 0,5 m/s). Les
marins utilisent
volontiers l’échelle de
Beaufort (voir p. 76).
58
MAOA'E TARA VA
Pamoake
Urupatiu
toujours la direction
Les appellations des
vents en langues
maories sont données à
titre indicatif, car elles
ne correspondent pas
rigoureusement aux
directions du compas
magnétique.
MARA'AMU
URUPA-'ANAHOA
Marangai
Pitonga
Tama Uru
ARUEROA
Urupatoga
MARA'AI'ARU
TO’A
Toga
Tonga
Marangai Patonga
LE CLIMAT
gradient de pression : plus l’écart de pression
entre deux points est grand,
plus le vent est
fort. Près de la surface, à cause des forces de
frottement, les vents sont légèrement ralentis
et déviés vers les pressions
plus basses. En
altitude, les vents sont souvent plus forts qu’en
dorsale
sur
courant
des alizés d’est à nord-est qui draine
des
la
Polynésie. Il commande le
d’air
masses
chaud
et
humide
(air
néotropical).
L’anticyclone de Kermadec est plus
mobile que le précédent, mais souvent présent
surface.
entre la
Les anticyclones
dirige sur le sud de nos régions un courant de
Dans le Pacifique Sud, la circulation des vents
subtropical), qui tempère le climat des îles les
plus méridionales et, momentanément au
Polynésie et la Nouvelle-Zélande. 11
sud-est, frais
s’organise autour de deux anticyclones :
L’anticyclone de Pâques, quasi
permanent au sud-est, se prolonge par une
et moyennement
cours de la saison
fraîche, celui de la Société et
du sud des Tuamotu : c’est le maraamii.
°
1010
010
enrhyn
-
-
.
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MOBILE
(trace au SOl)\
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1 005
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(trace au sol)
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1
1025
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Rapa
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1
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1015
H0
^
.
Hü
1: 0
li 0
j
Tahiti
■
l
l’origine de coups de vent de nord-ouest de la
Ils sont à l'origine des
tempêtes qui valent à
ces
latitudes
l’appellation de
X
-
nord de l’anticyclone de Kermadec, entre
20" et 30" Sud, en toutes saisons. Elles sont à
Société aux Gambier ou de nord-est à est à
Rapa, sensibles jusqu’à plus de 500 km du
dépression.
centre de la
40àmes rugissants.
dépressions tropicales, systèmes de
Les
petites
dimensions
''1 ^
DU PACIFIQUE-5UCP0UEST
-
__
’i
sty.
'
<?/ r*.
Rapa
air polaire
,
tSO"
BHImoyenne troposphère
.ïï.
‘surface et basse troposphère
14(r
km
de
Alizés et vents d’ouest
sud-est le courant des
rarement
Capricorne, au nord des
anticyclones tropicaux.
Elles rejoignent vers le
Dans
atolls'une circulation constante,
les
excessive,
est
appréciée des
prédominent,
perturbations polaires
après avoir franchi la
insulaires.
subtropicale.
saisonnières et diurnes sont faibles.
Dans les îles hautes l’écoulement des flux
ceinture anticyclonique
La Z.C.P.S. est une zone
de mauvais temps qui
résulte du conflit entre
les alizés d'est ou nordest et les alizés de sudest. Elle s'établit de
préférence sur l’axe
Samoa-Gambier.
Responsable de la forte
pluviométrie des
archipels de la Société
et des Australes, elle
favorise la formation
des perturbations
cycloniques de la saison
chaude.
rarement
est
Les vents d’est y
supérieurs à 40 km/ h. Les variations
fortement perturbé. Au niveau des crêtes
les vents sont accélérés. Outre les effets géo¬
morphologiques, le régime des vents est
compliqué des effets d’origine thermique :
brises venant de la mer dans la journée et,
pendant la nuit, brises de terre qui apportent
un peu de fraîcheur
(hiipe). Le pourcentage
des vents faibles est élevé la nuit.
Les alizés. Les alizés de nord-est, en dehors de
perturbation, soufflent rarement à des
vitesses supérieures à 40 km/h. Les alizés de
sud-est sont parfois rapides et peuvent
toute
souffler pendant plusieurs jours consécutifs à
des vitesses de 50 à 60 km/h.
.
^
air
NÊOTROPICAL
DE PAQUES
1
400
naissance un peu au sud
du tropique du
( HAUTES
PRESSIONS
'
'
..
à
diamètre), se forment en saison chaude au
nord du 18ème parallèle dans la Z.C.P.S.
Les vents d’ouest. En altitude, la circulation
s’inverse, les alizés font place à des vents
d’ouest. L’épaisseur des vents d’est varie, en
moyenne, de quelques centaines de mètres à
1,5 km à Rapa, de 2 à 6 km sur la Société, et est
légèrement supérieure à 6 km aux Marquises.
Ils sont normalement plus épais en saison
chaude.
Les vents
HAUTES PRESSIONS
(200
moindres dimensions
que les dépressions
■"^Atuona
ALIZÉ D'EST
d’ouest.
Les dépressions subtropicales se forment
et 60°.
IIO^W
itropical I3E retour
air SUE
.
dépressionnaires :
Les grandes dépressions du front polaire,
qui étendent parfois leur influence Jusqu’au
tropique du Capricorne, rarement au-delà,
d’avril à octobre, provoquent des coups de
au
1C 10
1! 0
Bien que qualifié de pacifique, l’océan connaît
des colères, toujours causées par des systèmes
vent
polaires, elles prennent
'1020
Les dépressions
tourbillons évoluent
d’ouest en est, au sud
des anticyclones
Les dépressions
subtropicales. De
1025
1005
V 0
0
1010
1020
Les dépressions
polaires. De vastes
subtropicaux, entre 35°
^
Ràr >tonga
Nandi
-TOIS-to
front froid
Pago PagÔ''''s^
1020-
'•'"Âtuona
"1
A
1015
humide (air
Ces deux courants se rencontrent dans un
talweg relatif, plus ou moins accusé, qui
prolonge la dépression de la mer du Corail en
direction des Gambier, associé à la zone de
convergence du Pacifique Sud (Z.C.P.S.).
surface
:
ils
perturbée.
d’ouest peuvent souffler en
sont
le
signe d’une situation
Rares
aux
Marquises, leur
fréquence atteint 15 à 20 % dans l’archipel de
la Société, 40 % à Rapa où ils sont souvent
forts et turbulents, tandis qu’ailleurs leur
vitesse dépasse rarement 50 km/h.
Le courant d’ouest atteint souvent des
vitesses de 200 km/ h dans la tranche d’altitude
de 9 à 12 km au sud du 20ème
parallèle. 11
entraîne au-dessus de la Polynésie soit des
masses
d’air tropical chaud et humide
originaire des latitudes équatoriales (mer du
Corail) soit de l’air plus frais (air subtropical),
venant du sud-ouest, qui amène en général du
beau temps.
59
LES ILES OCÉANIQUES
Les nuages
et les principaux
types de temps
Les nuages
En
Polynésie, l’atmosphère est normalement
c’est-à-dire que l’air relativement
instable,
chaud en surface, donc moins dense, tend à
s’élever et poursuit son ascension tant qu’il
plus léger que son environnement
(phénomène de convection). Comme dans
toutes
les régions tropicales les nuages
convectifs du genre cumulus prédominent.
La pression décroissant avec l’altitude,
l’air se refroidit par détente à raison de P’C par
reste
100 mètres avant saturation. La condensation
intervient couramment vers 500-600 mètres,
hauteur de la base du nuage. 11 peut s’élever
ainsi jusque 10-12 km mais, le plus souvent,
son extension verticale est limitée par une
plus chaude qui peut être située à
n’importe quel niveau. Le nuage s’étale alors
pour donner des stratocumulus, des altocu-
Le ciel y est rarement clair ou
couvert).
Deux systèmes, remarquables par leur
quasi-permanence et leurs dimensions,
barrent le Pacifique aux latitudes inter¬
tropicales. D’une part, la zone de convergence
inieriropicale (Z.C.I.T.) qui s’étend de la
région indonésienne à l’Amérique centrale.
totalement couvert. Dans les autres archipels
et au sud du 20ème parallèle, la nébulosité est
forte sous l’influence des pertur¬
bations et, de jour, sur les îles, à cause des
souvent
formations nuageuses d’évolution diurne.
Pendant l’été austral elle apparaît sur la mer
du Corail, mais au nord de la Polynésie elle
Les systèmes nuageux
évolue entre 5" et 15" Nord, ne franchissant
qu’exseptionnellement l’équateur, comme ce
Les grands systèmes nuageux se développent
fut le
principalement au sein des masses d’air
tropical venant de l’ouest du Pacifique et
soumises à un soulèvement dynamique par
convergence. L’organisation, la structure et
l’évolution de ces systèmes sont maintenant
bien connues grâce aux images transmises par
les satellites météorologiques.
de novembre
part
la
les cumulus s’étalent
500 et 2 000
métrés et forment des bancs de stratocumulus
entre
1
Le phénomène de foehn.
D'abord étudié en
VENT
désagrégeant
Europe, d’où son nom
à consonance
germanique, il se
retrouve chaque fois
sous
versant au vent
MOUVEMENTS ASCENDANTS
:uersam sous le vent
MOUVEMENTS
DESCENDANtS
celles-ci sont franchies
perpendiculairement
par une masse d'air plus
ou
l’orographie, la
pluviométrie est 2 à
3 fois plus élevée à
Tiarei qu'à Punaauia. A
est stable, quand l’air est
s’élever, par exemple sur le
de
l’intérieur de l’île, il
tombe près de 10 mètres
d’eau par an.
versant au vent d’une montagne
mécanique)
aériens
ou encore
confluent
(soulèvement
quand les courants
(phénomène de
convergence).
Les nuages ainsi formés
peuvent être stratifonnes (atmosphère abso¬
lument stable) ou cumulifonnes si la structure
est
convectivement instable.
Si au contraire l’air est poussé vers le bas,
les nuages se dissipent. C’est ce qu’on appelle
la suh.sidence dont l’effet de foehn est l’illus¬
tration la plus spectaculaire.
convectifs jouent un rôle
important dans l’économie énergétique de
l’atmosphère. Ils assurent le transfert dans les
couches supérieures de la vapeur d’eau et de la
chaleur latente libérée par la condensation. La
condensation de 1 gramme d’eau libère
Les
nuages
moins humide.
A Tahiti, du fait de
La condensation peut intervenir aussi si
contraint
le vent des chaînes
montagneuses, lorsque
typiques.
l’atmosphère
1983.
zone
couche
mulus ou des cirrus. Dans les courants d’alizés
1982 à avril
de convergence du
Pacifique Sud (Z.C.P.S.) qui va de la mer du
Corail jusqu’aux marches sud du Territoire où
elle se confond avec les perturbations du front
polaire austral. La Z.C.P.S. traverse la
Polynésie entre 15” et 30“S, évoluant au gré
nuages
se
cas
D’autre
Page de droite en bas :
Au lever du jour, le
relief est bien dégagé.
L’air refroidi par
rayonnement s’écoule
la mer, créant un
affaissement des
couches
vers
Les différents types de
nuages se répartissent
atmosphériques et la
dissipation des nuages.
entre la surface et 12
kilomètres d’altitude.
Leur texture, leur forme,
leur organisation
Dans la journée, le
réchauffement crée un
phénomène de
dépendent de la
convection au-dessus
de l’île et la formation
de nuages cumuliformes
structure de
l'atmosphère, stable ou
instable, de la
température et du
plus ou moins
développés
mouvement
d’entraînement.
verticalement.
Température moyenne en altitude
environ 590 calories. Chaleur et vapeur d’eau
sont alors entraînées par les courants aériens
loin de leur région d’origine. Un cumulo¬
nimbus contient plus d’un million de tonnes
d’eau dont la plus grande partie est exportée
sous
GES
NUAGES
A
d’autres cieux.
Dans les îles hautes, l’évolution diurne est
significative. Le ciel est souvent clair ou peu
DÉVELOPPEMENT®
K'
VERTICAL
lirros fratus
la nuit, très nuageux à couvert le
jour. En mer. par temps non perturbé,
l’activité convective passe par un maximum
en fin de nuit, faiblit brusquement
après le
lever du jour pour reprendre progressivement
dans l’après-midi.
nuageux
La nébulosité
La
nébulosité
est
la
Cul^ulus congestus
fraction de la voûte
Nimbostratuî
céleste, vue par un observateur au sol, qui est
masquée par des nuages. Elle s’exprime en
linocia représente la huitième partie du
'umui
Cumulonimbus
octas.
ciel.
nord
Dans l’archipel des Tuamotu et en mer au
du
60
parallèle, la nébulosité
de l’ordre de 4 octas (ciel mi-
20ème
moyenne est
averses
0
10
25»
30"
orages
Température "C
éclairs
d'ali:
LE CLIMAT
des jours et des saisons. Elle est responsable
des principaux épisodes pluvieux. Elle est
siège des cyclogénèses tropicales ou
subtropicales.
aussi le
Entre
ces
deux
zones
de forte
activité,
subéquatoriales une
vaste région réputée pour sa faible pluvio¬
métrie, en raison d’une forte divergence dans
s’étend
aux
latitudes
les alizés.
Dans la Z.C.P.S. active, les nuages sont
très abondants à tous niveaux, les nuages en
couches aux niveaux moyen et supérieur étant
associés à des nuages convectifs souvent de
extension verticale. Dans les cas
extrêmes, les couches sont soudées. Les pluies
grande
sont
alors
importantes, surtout
en
saison
chaude, saison pendant laquelle l’alimen¬
tation en air fortement tropicaliséest la mieux
Lorsque les masses d’air en conflit
bien contrastées, le système prend un
caractère frontal : front subtropical en
assurée.
sont
altitude, front des alizés en surface.
L’air d’origine polaire s’écoule de façon
continue vers les basses latitudes. Le front de
vague est souvent visible
dans l’alizé de nord-est dans le prolongement
chaque nouvelle
fronts froids Jusqu’aux latitudes subé¬
quatoriales, sous forme de lignes d’instabilité.
Elles viennent se fondre dans la Z.C.P.S. qui
est aussi une zone de mélange. Celles qui
des
arrivent
directement
du
sud
renforcer le caractère frontal.
viennent
Rue de cumulus par
alizé de nord-est audessus de Papeete. Ce
Nuages moyens de type
altocumulus et
cirrocumulus formés de
type de nuages ne crée
petites balies organisées
en lignes parallèles.
pas de précipitations.
Les principaux types de temps
Alizé de nord-est
à est (air néo-tropical).
Temps plutôt chaud et bien ensoleillé, ciel peu
nuageux par cumulus, passagèrement très
nuageux par bancs de stratocumulus et gros
cumulus accompagnés de courtes averses. Ce
type de temps prédomine toute l’année dans
les archipels des Marquises, des Tuamotu et
de la Société. Une forte activité se manifeste
occasionnellement,
perturbation dans
provoquée
le
par
d’ouest
courant
une
en
altitude. Le système, composé de foyers
convectifs et de nuages abondants aux étages
et supérieur, se déplace à contre-
moyen
courant des alizés de surface.
Alizé de sud-est (air subtropical). Temps assez
beau,
et
sec
cumulus
et
frais. Ciel nuageux par petits
bancs
de
stratocumulus.
Les
nuages peuvent être abondants aux niveaux
élevés : altocumulus et cirrus. Ce type de
temps est fréquent sur la moitié sud où il
alterne avec le type de temps ci-dessus.
Régime de sud-ouest (air polaire évolué).
Temps frais, ciel peu nuageux. Ce type de
temps est observé à l’arrière des dépressions
subtropicales. 11 dure peu et est souvent suivi
d’une poussée d’alizé de sud-est.
Régime de nord à nord-ouest (air tropical ou
équatorial). Temps caractéristique des
épisodes pluvieux, variable, souvent très
nuageux à tous niveaux avec des gros cumulus
ou cumulonimbus organisés en lignes d’insta¬
bilité.
Les
averses
sont
fréquentes, parfois
fortes, accompagnées d’orages et de rafales de
vent.
en
Le système traverse la Polynésie d’ouest
est,
Marquises.
mauvaises
épargnant également
Il peut maintenir
conditions
en
un
les
de
lieu
îles
très
donné
pendant plusieurs Jours consécutifs.
61
LES ILES OCÉANIQUES
Les météores
On appelle météore tout phénomène
observé dans l’atmosphère ou à la surface du
globe. On les classe en 4 groupes.
Les hydrométéores sont constitués par de
l’eau : la pluie, la neige, la grêle, le brouillard...
Les Hihométéores sont constitués par des
particules solides autres que la glace : la
tempête de sable, la brume sèche. Ils sont
inconnus en Polynésie.
Les électroméiéores sont des manifesta¬
tions audibles ou visibles de l’électricité
atmosphérique : le tonnerre, l’éclair, les feux
St Elme...
Les photométéores sont des phénomènes
optiques résultant de la modification de la
lumière du soleil et de la lune : l’arc-en-ciel, le
halo...
Certains météores peuvent être observés
en
L’air
peut
contenir d’autant plus de
vapeur d’eau, avant saturation, que la tempé¬
rature est élevée. A la pression normale de
1
013 mbar il faut 4 grammes
saturer un kilogramme d’air à 0“,
d’eau pour
10 grammes
à 15” et 28 grammes à 30“. Ceci explique le fort
débit des pluies dans les régions tropicales. La
hauteur d’eau condensable est en moyenne de
50 mm sous nos latitudes.
Le terme pluie désigne plutôt des précipi¬
tations continues tombant de nuages du genre
nimbostratus ou altostratus et variant peu en
intensité. Le terme averse est réservé à une
précipitation passagère, très localisée et d’in¬
l’espace que
dans le temps, tombant des nuages convectifs
tensité variable aussi bien dans
du genre cumulus. Une averse forte peut
débiter 50 mm d’eau en moins d’une heure.
Lorsque la température est négative les
gouttelettes d’eau se congèlent pour donner la
neige ou la grêle. Les grêlons se forment dans
les nuages du type cumulonimbus au-dessus
de 3 000 mètres ; ils constituent un danger
pour les aviateurs. Sous nos latitudes, ils
fondent le plus souvent avant d’atteindre la
surface. La grêle a été signalée en 1958 et 1962
à Tahiti.
La rosée
La rosée est un dépôt de gouttelettes d’eau sur
des objets au sol ou près du sol. Elle se forme
par condensation
directe de la vapeur d’eau
contenue dans l’air ambiant au contact d’une
surface refroidie par rayonnement nocturne.
Elle est observée couramment dans nos îles
par vent calme et ciel clair.
Polynésie.
Les précipitations
La pluie est le météore le plus commun. Dès
que les gouttelettes d’eau en suspension dans
un nuage ont atteint une certaine dimension,
elles tombent par gravité et parviennent
jusqu’à la surface, à moins qu’elles ne s’éva¬
porent avant de l’atteindre. Un mètre cube
d’air pris au niveau de la mer peut contenir
entre 20 et 25 grammes d’eau sous forme de
vapeur. Si on le soulève de 3 000 mètres, la
condensation peut libérer 10 à 15 grammes
d’eau liquide.
La quantité de pluie s’exprime en hauteur
d’eau : I millimètre correspond à 1 litre d’eau
par mètre carré. Une pluie de 50 mm produit
50 000 mètres cubes d’eau par kilomètre carré
(50 000 t).
La rosée est un
phénomène
hydrométéorique
consistant en un dépôt
de gouttes d'eau sur des
surfaces refroidies : ii
s’observe fréquemment
ie matin sur ies piantes.
Pluie aux Marquises. La
distribution des piuies
en
Poiynésie est à
i'inverse de la normaie
qui veut que la
pluviométrie augmente
en
direction de
l’équateur. Celle-ci,
faible aux Marquises,
augmente
régulièrement vers le
sud-ouest, pour être
pratiquement triple aux
îles Australes. Aux
Marquises, les sept
premiers mois de
l’année sont également
pluvieux, avec un
maximum en juin, et les
cinq derniers mois sont
secs.
62
LE CLIMAT
Le brouillard et la brume
arrachés à la mer ou au sol. Son diamètre peut
Ces phénomènes sont constitués de très petites
gouttelettes d’eau en suspension dans l’air au
voisinage du sol. Ils réduisent la visibilité : à
moins de 1 000 mètres pour le brouillard et
entre 1 000 et 5 000 mètres pour la brume.
L’humidité relative est alors égale à 100 %.
Le brouillard a été signalé une seule fois
en
Polynésie au cours des vingt dernières
années
dans les parages de Moruroa.
-
La trombe
colonne
nuageuse associée à un mouvement tourbil¬
La
trombe
(ou tornade) est
une
lonnaire de l’air sortant d’un nuage orageux et
accompagnée d’un “buisson” constitué de
gouttelettes d’eau ou de matériaux divers
atteindre
plusieurs
hectomètres.
chaude. A Tahiti, à cause des effets orogra¬
récemment des tornades à Papeete (14 janvier
phiques, ce chiffre est largement dépassé : 60
jours environ avec tonnerre ou éclair. L’acti¬
vité orageuse est moindre dans le sud du pays :
15 jours environ par an. Il s’agit là d’orages
d’origine frontale répartis tout au long de
Le tonnerre et l’éclair
L’arc-en-ciel
Ces météores
bilité.
L’arc-en-ciel est un arc coloré produit par
réflexion des rayons solaires ou lunaires sur
des gouttes de pluie. Les couleurs se succèdent
rencontre
assez
souvent
en
mer
On
en
en
saison
chaude. Parvenant â la côte, elles se dissipent
en
quelques centaines de mètres. On a signalé
1981), à Hereheretue (28 novembre 1982) et à
Papara (décembre 1983).
témoignent d’une forte insta¬
Les orages sont très rares aux Marquises
(environ 5 Jours par an) et dans l’extrême est
des Tuamotu.
Leur fréquence croît en
direction du sud-ouest ; elle est maximale dans
l’archipel de la Société (20 à 30 jours par an).
Ils
se
produisent principalement en saison
l’année.
dans l’ordre suivant
:
rouge
à l’extérieur,
orange, jaune, vert, bleu et violet à l’intérieur.
Un deuxième arc est parfois visible à
l’extérieur
du
principal, nettement moins
lumineux, où l’ordre des couleurs est inverse.
L’arc-en-ciel est seulement visible par un
observateur tournant le dos au soleil.
L’arc-en-ciel se classe
parmi les
photométéores. C’est un
phénomène optique
résultant de la lumière
généralement solaire,
présence des gouttes
en
d’eau contenues dans
l’atmosphère.
L’alternance de pluie et
de soleil, fréquente en
Polynésie, rend ce
phénomène familier.
Schéma type d'une
trombe marine. La
trombe se présente sous
la forme d’un entonnoir
constitué de
goutteiettes d’eau qui
s’éièvent en un
mouvement spiral. Par
son sommet eiie est en
contact avec la couche
nuageuse, et par
l’extrémité inférieure
avec lasurface de la mer.
On appelle buisson les
paquets d’embruns qui
s’organisent à son pied,
en
forme annulaire, et
qui laissent dans le
sillage une mer agitée.
L’éclair est la
manifestation de
l’électricité
atmosphérique.
Résultant de conditions
orageuses, il.est
observable en Polynésie
lors de la saison chaude,
et plus fréquemment
dans l’archipel de la
Société.
63
LES ILES OCÉANIQUES
Caractéristiques
sensibles : 18 à 24° C. La température la plus
Une forte humidité
du climat
février.
entre
en
progressive.
et
(8°5) a été observée à Rapa en
septembre, la plus élevée (36°2) à Atuona en
basse
Polynésie
latitude
la
L’humidité est en moyenne élevée, comprise
65 et 100 % ; la saturation, rarement
atteinte au niveau de la mer sauf quand il
est
pleut, est habituelle au-dessus de 500 mètres
dans les îles montagneuses. Le
minimum journalier correspond au maximum
de température. En saison fraîche l’humidité
relative s’abaisse de façon significative par
d’altitude
îles montagneuses, les brises de terre abaissant
Seuls
nettement le
quelques sites échappent à cette classification
en
avec
Dans les atolls l’amplitude de la variation
diurne est faible, de l’ordre de 4” C ; dans les
La Polynésie bénéficie d’un climat chaud
humide du type tropical océanique.
variation
La
atteint 8° C.
raison d’une pluviométrie insuffisante en
minimum matinal,
: il s’agit des plus petites îles
marquisiennes Ua Pou et Ua Uka et des côtes
l’amplitude
saison fraîche
Rose des vents annuelle
TAKAROA 1966-1983
N
nord et ouest de Tahiti.
moyenne. Les
fréquences (en %) des
D’autre part, l’extrême sud, où les
températures moyennes du mois le plus frais
sont voisines de
vitesses de vent selon la
direction sont indiquées
18°C, est à la limite du climat
tropical. L’île de Rapa bénéficie d’un climat
bien “tempéré” par l’influence des pertur¬
bations du front polaire austral. Les saisons y
sont naturellement plus tranchées qu’aux îles
Marquises proches de l’équateur, où les écarts
de températures sont très faibles. C’est surtout
le régime des pluies qui différencie le climat
des îles. Dans les archipels de la Société et des
Tuamotu la tradition populaire distingue la
saison des pluies, de décembre à mars, qui
correspond à la période chaude, et la saison
sèche, de juin à octobre, correspondant aux
mois les plus frais.
pourcentage.
Chaque cercle
concentrique
représente 1%.
en
Pour Takaroa, la
fréquence des vents
calmes (Oet 1 m/s) est de
5,1%.
Une prédominance des alizés
Des
vents
de
secteur
modérés
est
(20 à
30 km/h) prédominent en toutes saisons sur
l’ensemble des îles ; aux Australes ils soufflent
souvent du
sud-est,
en
alternance avec des
à composante ouest.
Autour des îles montagneuses, les brises
vents
viennent compliquer le régime des vents : en
règle générale, les sites exposés à l’ouest sont à
l’abri des alizés, ce qui constitue un avantage
en
saison fraîche et un inconvénient en saison
atolls, l’absence de relief
garantit une ventilation permanente.
Les vents forts, toujours liés à des pertur¬
chaude.
Sur
les
fréquents à Rapa.
3 m' '
Les températures moyennes mensuelles
l’air sont voisines de celles de la mer
Penrhyn
—^
de
Mppelia
3 m'
des
Rarotonga
Rapa, naturel¬
différences plus
Vent
Températures : moyennes
mensuelles extrêmes en °C
Pluies : hauteur annuelle en m
nbre de jours/an
hauteur
0.1 mm et +
10 mm et +
Orages : nombre de jours par an
Insolation : nombre d'heures par an
64
_
Atuona
"—-
•
\ Takaroa'v
Çôra
_
>
pj^a pùka,.
,
^
\
.v-r -.^3°
Tahiti-Faâa
•
'
Kermadec-'ifln°
’
„
--
-,
izûî'" .11:
Marquises
Tuamotu/
Gambier
alizés
est
est
permanents
dominant
dominant
25° - 27“
23° - 28°
0,7 à 1.5
1,2 à 2,5
Société
M4^
ro CO
1,5 à 3
160°
Australes
\ Tubuai
2,5 m
”
Rapa'‘"'-.„^
Rapa
est 75%
ouest 25%
ouest 40%
20° - 26°
18°- 24°
20°
Tureia
Morucoa
est 60%
1.5 à 2.5
Reao
•
\
25 à 27° C.
enregistre
c
Bora
en
les températures mensuelles varient peu dans
lement,
“—
1,5 m-
2J5 m
Pagb PagO
surface, légèrement plus basses de quelques
dixièmes de degré. Mars est le mois le plus
chaud, août le plus frais. Au cours de l’année,
:
m
équateur
Des températures moyennes
élevées
les îles du nord
-1
3 m"'
bations dépressionnaires, sont assez rares. Ils
sont
2 m
-3 m
3m"
'Totegegie
'''-.O
—
^ 'i|Î30“
140°
Pâques
"1,5 m
Le temps dans les
différents archipels.
Tableau des valeurs
moyennes. Ces valeurs
s’appliquent à des lieux
mer.
190 à 230
150 à 250
160 à 180
200 à 220
30 à 35
35 à 45
50 à 100
45 à 55
60 à 70
0 à 5
10 à 20
20 à 30
lOà 15
10 à 20
2 400/2 900
2 800/2 900
2 600/2 700
2 100/2 300
1 400/1 800
110°
30°
que le contraste entre la
saison chaude et la
saison fraîche est
caractéristique à Faaa ;
il existe à un moindre
degré dans lesTuamotu.
On note qu'aux
Marquises le maximum
de courbe intervient en
2 à 3
120 à 200
120°
Page de droite :
Carte de la pluviométrie
en
Polynésie
(distribution des pluies
observée au cours d’une
année). On remarque
juin-juillet. A Rapa,
les pluies sont
également réparties tout
au long de l'année.
Pour chaque station
choisie, on a donné
la hauteur moyenne
annuelle (en mètres) et
la période de mesure.
LE CLIMAT
régime de maraamu (alizé de sud-est). Dans
les îles hautes des effets de foehn sont la cause
de taux d’humidité exceptionnellement bas,
de l’ordre de 30 %.
Pluies et températures. Quelques valeurs extrêmes.
Une pluviosité spécifique
de chaque archipel
La
pluviométrie
relativement
PÉRIODE
maxi
mini
Atuona
(61-83)
(0,75;m à Vaipaee) croît régulièrement vers le
Takaroa
lignes joignent les
points où les sommes
moyennes des
précipitations annuelles
sont égales).
Les îles Marquises se
36,2
18,1
4 679
fév.
560
1 021
juil.
1983
1962
fév. 1983
977
681
13
1977
1976
janv. 1958
mai 1967
Hao
32,7
17,6
2 040
931
563
6
mars
sept.
1970
1976
fév. 1970
août 1968
14,9
2 489
940
956
1965
0
1972
janv. 1965
juin 1966
4 882
2 185
1 154
8
1974
1972
fév. 1982
août 1976
4 050
1 393
1 234
1979
1972
janv. 1979
4 807
2 026
1 326
20
1979
1977
déc. 1979
juil. 1975
34,0
août
mars
-
-
-
Moorea-Opunohu
(70-83)
(76-83)
sud-est au-dessus de
Tubual
Rapa. Une inversion vers
développement des
2
avr.
1973
33,2
17,8
2 558
1 149
809
6
avr.
juil.
1981
1976
fév. 1978
sept. 1976
10
2 313
1 325
juil,
603
10
1964
1973
déc. 1964
mal 1979
31,6
8,5
3 794
1 677
mars
sept.
1965
1975
mars
Rapa
(51-83)
cumulus qui s’étalent
en bancs de
stratocumulus.
-
32,7
(64-83)
1 500 mètres limite le
.
-
Bora Bora
Ciel typique de beau
temps par alizé de
1965
3.127
Papeari 1
(49-83)
pluviométrie. En plein
océan, sous l’équateur,
il tombe par an moins
d'eau que dans le
3
nov.
19,5
(58-83)
situent en bordure sud
d'une zone de très faible
mois le
plus sec
janv.
Tiare! Il
bénéficient, à cause de
l’influence de la
mois le
33,2
(58-83)
Z.C.P.S., d’une forte
pluviométrie.
année la
fév.
Tahiti-Faaa
Carie des isohyètes (les
d’anticyclones
subtropicaux,
année la
(58-83)
(65-83)
Page de gauche :
Sahel...
A l’inverse, les Australes,
bien que situées près
de la ceinture
PLUIES (quantité en mm)
plus humide plus sèche plus humide
moyenne annuelle,
dans l’extrême nord
faible
TEMPÉRATURES
EXTRÊMES (°C)
STATION
ET
■
avr.
735
12
1955
fév. 1966
sud-ouest pour atteindre 2,5 à 3 mètres aux
Australes. Ceci est paradoxal ; en effet, aux
latitudes subtropicales, qui englobent tous les
déserts, la pluviométrie est
généralement faible et elle augmente en
direction de l’équateur. La distribution des
pluies dans le Pacifique central et oriental est à
l’inverse de ce schéma. Les îles Marquises se
grands
situent en bordure sud d’une vaste zone aride
-
quasi désertique qui s’étend vers l’ouest depuis
les côtes de l’Equateur. Les îles Australes sont
1,21
sous
l’influence de la zone de convergence du
Pacifique Sud qui s’étend de la mer du Corail
aux confins sud-est de la
Polynésie.
ATUONA
(1961-1981)
La
( 1951-1981)
3m •
0
t,.
2m,im
-
^1
0
1
1,4'
r
TAHITI-Faaa
(1958-1981)
V
•
■
\
•
^
>/>
1..
H/ ,0
(1965 1981)
interan¬
Rapa, il pleut assez régulièrement tout au long
de l’année : on note deux maximums relatifs,
1,48
1,89 -
w
TOTEGEGIE
(1969-1980)
TL BUAI
W '’Vv
(
^
•
ou
Dans les îles du sud, et notamment à
•
196 4-1981)
«
saisonnière
Dans les archipels de la Société et des
Tuamotu, il pleut abondamment de décembre
à mars ; les mois de juillet à octobre sont
souvent très secs. Aux îles
Marquises, les sept
premiers mois de l’année sont également
arrosés avec un maximum relatif en juin ; les
cinq derniers mois sont très secs.
«
1,69
^ '
J.
variabilité
nuelle est très forte dans les îles du nord et
faible dans l’extrême sud.
B(DRA BORA
m
«
,362«-
RAPA
(1951-19B1)
1500 N
145 W
140 >W
135 'W
l’un en saison chaude, l’autre en hiver lié aux
perturbations d’origine polaire.
Le nombre de jours de pluie est élevé,
compris entre 150 et 220 jours. La
pluviométrie est profondément modifiée par
les effets géomorphologiques. Dans les petites
îles où le relief moyen est inférieur à
1 000 mètres, c’est le cas des îles Sous-le-Vent,
de Moorea et des îles Marquises, la hauteur
d’eau annuelle est nettement augmentée,
même sur les sites exposés à l’ouest.
65
LES ILES OCÉANIQUES
Un ensoleillement exceptionnel
dans les atolls
Une forte évaporation
plus orientales totalisent en
moyenne 2 900 heures d’ensoleillement par an
soit près de 8 heures par jour. L’insolation
lation. Dans les atolls, elle dépasse les 100 mm
Les
îles
décroît
les
vers
le
sud-ouest
pour
atteindre
2 200 heures à Tubuai et seulement
1 600
heures à Rapa soit moins dë 5 heures par jour.
Dans les îles montagneuses, l’insolation peut
être réduite par des nuages orographiques
dans des proportions significatives, surtout
on s’élève. Une forte insolation est
parfois associée à des températures moyennes
inférieures à la normale, en particulier en
quand
saison fraîche dans la moitié sud du pays.
tension
L’évaporation dépend beaucoup de la venti¬
chaque mois.
de vapeur maximale à partir de
laquelle la condensation intervient, l’air étant
saturé
de
vapeur
d’eau. Cette tension
maximale croît très vite avec la température :
voisine de 6 mbar à 0“ C, elle atteint
42,4 mbar à 30“ C.
Faisant intervenir les deux paramètres
humidité et température, la tension de vapeur
La tension de vapeur d’eau,
un indice de confort
Dans l’air humide,
d’eau constitue un bon élément d’appréciation
de la sensation de confort.
mélange d’air sec et de
d’eau, cette dernière exerce une
pression partielle, appelée tension de vapeur
réelle, exprimée en millibars comme la
pression atmosphérique dont elle fait partie.
Pour chaque température, il existe une
vapeur
Dans nos régions on peut estimer que la
valeur 26 mbar représente un seuil : plus la
tension de vapeur réelle s’abaisse au-dessous
de ce seuil, mieux l’on se sent ; plus elle s’élève
au-dessus, plus la chaleur moite est difficile à
supporter.
HAO 1965-1983
Sur les atolls, la tension
de vapeur réelle reste
élevée pendant la saison
chaude, aussi bien la
nuit que ie jour. La
sensation de moiteur
étouffante n’intervient
cependant qu’en
l'absence de ventilation,
ce
qui est reiativement
rare.
L’insolation atteint
des valeurs
remarquables sur tout
l'archipel des Tuamotu
et aux îles Marquises,
mais va en
décroissant au sudouest, sous l'influence
de la Z.C.P.S.
66
LE CLIMAT
Le temps à Tahiti
et Moorea
Les conditions
climatiques des îles du
Vent sont influencées par la nature du relief.
Elles peuvent être fort différentes pour des
sites très rapprochés, selon qu’ils sont exposés
ou non aux vents dominants.
Celles de l’aérodrome de Faaa sont bien
;
des relevés des principaux
paramètres météorologiques y sont effectués
régulièrement depuis 1958. Le site est bien
protégé des vents de sud-est et il est un des plus
connues
secs
de l’île. Ces valeurs servent de référence
mais il serait hasardeux de les utiliser
sans
précaution pour d’autres sites de Tahiti.
Les effets dynamiques du relief
Les courants aériens qui se heurtent aux îles
cherchent à les contourner et à les surmonter.
Ce faisant, ils remontent les pentes (phéno¬
mène d’ascendance) : les masses d’air suffi¬
samment
niveau
humides
atteignent rapidement le
de condensation.
La nébulosité est
donc normalement forte et les précipitations
plus abondantes sur les versants au vent :
si l’atmosphère est instable, pluies si
elle est stable. Après avoir franchi les crêtes,
averses
les courants aériens descendent les pentes sous
le vent et les nuages se désagrègent. Ces effets
plus nets que le courant général
flux synoptique est rapide.
sont d’autant
ou
Les effets thermiques du relief
Les effets thermiques sont également très si¬
gnificatifs, surtout en saison chaude, lorsque
le courant synoptique est faible. Ils obéissent à
un cycle très régulier.
Dans la matinée, les pentes s’échauffent,
l’île devient plus chaude que l’environnement.
L’air chaud s’élève (convection), l’appel d’air
déclenche les brises de
vers
mer
qui convergent
le centre de File en remontant les pentes.
La condensation intervient normalement vers
500 à 600 mètres.
En soirée, les pentes se refroidissent ; l’île
devient plus froide que l’environnement ; l’air
froid s’écoule des cimes vers la mer ; c’est la
brise de terre. Au-dessus de l’île s’établit un
courant descendant, les nuages se désagrègent
en
début de nuit : le ciel s’éclaircit. L’effet de
subsidence se fait sentir jusqu’au niveau des
cirrus. Le cycle reprend dans la matinée du
lendemain. Les deux effets se combinent pour
des
circulations
beaucoup plus
compliquées qui diffèrent selon la vitesse et la
donner
L'influence de l’ïle de
Tahiti sur la direction et
la vitesse des vents par
régime de nord-est et
sud-est est clairement
visible sur ces deux
schémas. Les flèches
direction des vents entre la surface et 3 000
indiquent la direction,
les isolignes, la vitesse
mètres.
courant de base de
chaude, où la structure est
convectivement instable, de jour les cumulus
En saison
peuvent se développer, devenir cumulus
congestus et même cumulonimbus. Poussés
par les courants d’altitude, ils dérivent en mer,
donnant çà et là, à la côte, de fortes averses,
parfois des orages. Des vents assez forts en
altitude contrarient le développement des
cheminées d’ascendance et les nuages s’étalent
en
bancs d’altocumulus ou cirrus.
en
nœuds, pour un
20 nœuds.
Le chenal entre Tahiti
et Moorea, où se
conjuguent souvent les
effets du vent et de
houles d’origines
lointaines, est une zone
parfois dangereuse pour
les marins et les
plaisanciers.
67
LES ILES OCÉANIQUES
En
saison
fraîche,
la
structure
des
couches moyennes au-dessus de 2 000 mètres
stable, ce qui limite les dévelop¬
est souvent
pements verticaux. De plus, les vents soufflent
fréquemment de l’ouest au-dessus des alizés de
surface ; ce cisaillement est peu favorable à la
formation
et
à l’entretien de nuages suscep¬
tibles de précipiter.
Un régime des vents complexe
Sous le vent des îles se forme une zone de vents
faibles ou cône de dévente, qui, pour la grande
île de Tahiti s’étend par vent assez fort de sudest
jusqu’à l’île de Moorea. Les marins et plai¬
fiant aux conditions favorables
qui régnent sur la côte ouest de Tahiti et
voulant rejoindre Moorea, ont parfois de
sanciers,
se
désagréables surprises dans le chenal. Le vent
forcit brusquement et la mer se creuse, effet se
conjuguant avec des houles d’origine
lointaine. Des phénomènes de réflexion et
LIsa (du 11 au 13
décembre 1982) est à
classer dans la catégorie
des dépressions
tropicales de forte
Intensité. Entre Faaa et
la pointe Vénus, les
vents ont atteint 95 km/h
avec des rafales de plus
de 120 km/h. Les
d’interférence rendent parfois la mer dange¬
reuse
pour de petites embarcations au voisi¬
nage de la pointe de Temae.
Les vents sont ralentis
sur
les
côtes
faisant face au vent, ils sont accélérés et tur¬
bulents le long des côtes plutôt orientées dans
le lit du vent - côte de Tiarei à Pointe Vénus
Pointe Vénus à Faaa
par vent de nord-est. Le long des côtes sous le
vent, les brises dominent, le pourcentage de
par vent d’est, ou de la
vents faibles est élevé.
sont
Sur les crêtes, les vents
le plus souvent accélérés.
assez
brusques de 3 à 6" C accompagnent les
fortes averses de l’après-midi.
En altitude, les températures moyennes
100 mètres ;
500 mètres, l’air est plus frais de 3 à 4" C.
s’abaissent d’environ 0,7" C par
vers
Les températures les plus élevées sont dues à
température la plus
14,9" C le 24
août 1958, la plus élevée, de 34" C le 29 mars
des effets de foehn. La
basse enregistrée à Faaa était de
1979.
Des pluies abondantes
Les pluies sont dans l’ensemble abondantes,
Des températures moyennes
élevées
de
Le long des côtes, les températures moyennes
et
écarts journaliers peuvent cependant dépasser
mètres d’eau par an. Cette valeur croît avec
l’altitude pour atteindre selon les années 6 à 10
répartition et hauteur variables suivant
l’exposition par rapport aux vents dominants
l’altitude.
extrêmes ne s’écartent guère de celles de
Faaa. Au débouché des grandes vallées les
A la côte, les sites exposés aux alizés, de
Tautira à Papenoo, reçoivent de l’ordre de 3
des minimums
Des variations
mètres au cœur de Tahiti et de la presqu’île de
et
C par un abaissement
matinaux du fait du hupe.
8"
LIEU
ET
PÉRIODE
Faaa
précipitations à Faaa ont
(58-83)
jours pour une moyenne
Pamatai
été de 506 mm en six
mensuelle de 264 mm.
moyenne
annuelle
1 708
2 215
(68-82)
Paea
1 514
(49-82)
Papara
(50-83)
2 401
Taravao
3 263
(60-82)
Pueu
3 428
(68-82)
Faaone
3 814
(68-82)
Papenoo
(65-82)
3 384
Pirae
1 975
(49-82)
Tetiaroa
1 712
(76-82)
Paopao II
(60-82)
2 751
Opunohu 1
(70-82)
3 088
Afareaitu II
.
2 265
(61-82)
AFAREAITU
(1961-1983I
Les précipitations à
Tahiti et Moorea. Les
hauteurs moyennes
annuelles sont de
1,86m pour Afareaitu,
1,62m pour Paea, 2,16m
0
68
5
10 km
pour Papeari, 2,87m
pour Pueu, 3,02m pour
Tiarei et 1,97m pour
Pirae.
A l'intérieur, à une
altitude supérieure à
400 ou 500 métrés, la
moyenne oscille entre
6 et 12 mètres.
LE CLIMAT
Taiarapu. La moitié est recueillie de décembre
à
A Moorea et dans la presqu’île de
Taiarapu, l’écart entre les côtes exposées à
l’est et celles exposées à l’ouest est moins
accentué qu’à Tahiti, le relief moyen n’étant
pas suffisamment élevé pour faire barrière.
Le nombre de jours de pluie annuel varie
Sous le vent des alizés, la hauteur
mars.
dépasse à peine 1,5 mètres, croissant
d’eau
l’altitude pour atteindre 3 mètres au
sommet du Mont Marau. 65 %sont recueillis
de décembre à mars, les mois de juillet à
avec
octobre sont souvent très
secs
:
de 90 à
moins de
sud à 5
sur
la
heures, on relève assez fréquem¬
ment plus de 100 mm. A Faaa, les intensités
record s’établissent comme suit pour les
En 24
durées indiquées :
6 mn
15 mn
30 mn
29 mm
49 mm
70 mm 102 mm
1 h
12 h
203 mm
24 h
231
mm
Ces records ont sûrement été largement
dépassés en de nombreux points de l’île.
ouest.
mois le
année
plus
plus
la plus
humide
humide
presqu’île ; il est compris entre 50 et 80 à
Moorea.
les côtes est et à 10 sur les côtes
mois le
sec
année
la plus
sèche
on
recueillie atteint 10 mm, leur nombre va de 40
à 50 sur la côte ouest à 80-100 sur la côte est et
C’est le mois de décembre qui est souvent
plus humide, suivi de janvier, le plus sec
étant juillet ou août. Un important déficit pluviométrique peut persister pendant plusieurs
mois, ce fut le cas en 1972 et en 1976. Le coef¬
ficient de proportionnalité entre l’année la
plus humide et la plus sèche s’établit entre 2 et
3 ; il est plus élevé sur la côte sud entre la
pointe de Maraa et Papeari. Entre le mois le
plus sec et le mois le plus humide (valeurs
moyennes), le coefficient passe de 3 sur la côte
le
Punaauia à 250 à Faaone. Si
décompte les jours où la hauteur d’eau
50 mm mensuels.
nombre de jours
maximum de
par an où la
quantité de pluie
pluies en
24 h
Une forte humidité
Dans la bande côtière, les valeurs moyennes
sont
comparables à celles de Faaa. Les plus
fortes
humidités
relatives
s’observent
par
temps de pluie (taux voisin de 100 %) ; le
brouillard y est pratiquement inconnu.
En altitude, l’humidité relative croît et la
saturation intervient vers 500 mètres, base
habituelle des
nuages. L’humidité la plus
basse enregistrée à Faaa a été de 23 % le 29
mars 1979. Des humidités très faibles résultent
des effets de foehn. La rosée est fréquemment
observée.
Un ensoleillement important
La durée d’ensoleillement, maximale sur les
côtes ouest de Tahiti avec 2 600 heures
environ, diminue au fur et à mesure que l’on
gagne l’intérieur des terres. Elle est proba¬
blement plus faible sur les côtes est de Tahiti.
Quelques données pluvlométrlques. Les
précipitations sont
indiquées en mm.
atteint :
337
39
2 489
940
janv.
août
1965
1972
473
45
3 152
1 394
janv.
août
1970
1972
237
55
2 386
885
janv.
juil.
1965
1951
286
155
avril
3 506
1 224
1979
1976
499
124
4 658
1 836
déc.
août
1979
1972
494
118
4 744
1 956
déc.
août
1981
1972
504
120
4 865
2 564
déc.
juil.
1981
1972
559
99
4 969
2 055
janv.
août
1970
1972
433
62
2 768
979
janv.
juin
1961
1972
286
42
2 131
1 189
janv.
août
1981
1976
419
98
4 689
1 492
déc.
août
1979
1972
486
133
4 807
2 026
janv.
août
1979
1977
387
89
3 565
1 009
janv.
août
1965
1972
déc.
0,1
1
10
138
97
42
231
7/02/1960
151
113
253
49
14/12/1971
120
98
42
196
7/02/1960
156
140
63
270
16/05/1960
220
184
376
84
4/12/1975
233
195
314
87
25/02/1982
251
212
317
99
28/12/1972
182
172
296
89
14/12/1971
'116
101
251
50
14/12/1971
171
137
49
179
21/02/1982
132
119
249
68
25/12/1974
169
145
293
74
21/01/1979
115
102
247
55
25/01/1970
L'ensoleillement est une
des caractéristiques ies
plus évidentes du climat
de la Polynésie. D'une
durée maximale de 2 900
heures par an, pour les
îles les plus orientales,
Il descend à 2 600 heures
pour Tahiti, puis 2 200
heures à Tubuai et
1 600 à Rapa. Ces
valeurs sont corrigées
pour les îles hautes par
les nuages
orographiques.
69
LES ILES OCÉANIQUES
Le cyclone tropical
Cyclone tropical, typhon, ouragan...,
autant de noms régionaux qui désignent un
seul et même phénomène météorologique : le
plus redouté, car le plus dévastateur, de ceux
qui affectent les régions tropicales. En
novembre 1970, un cyclone dont l’atterrissage
la côte du Bangladesh coïncidait avec la
marée haute a fait 300 000 victimes ! Les spé¬
sur
?^
4 11
1
•
\
\
\
11
1
11
1
é
1
tï
1
i.r
/
1
^
cialistes de l’Organisation Météorologique
Mondiale estiment que 80 cyclones tropicaux
se forment chaque année sur les océans du
globe, provoquant la mort de 20 000 per¬
sonnes et coûtant 6à 7
9y
18 0"
9 D"
milliards de dollars aux
économies des pays frappés.
Les tempêtes tropicales.
Cette carte représente
les zones dans
Un puissant tourbillon
lesquelles elles se
forment et leurs
atmosphérique
cyclone, originaire des basses latitudes
(l’amorce de sa formation se situant dans la
bande comprise entre 7 et 15“ de latitude
moyenne), est de diamètre relativement réduit
Le
(quelques centaines de kilomètres). Sa
pression au centre anormalement basse (entre
900 et 980 millibars) contribue à la hausse du
niveau de la mer (1 cm/mbar). 11 s’accom¬
pagne de formations nuageuses très denses
précipitations torrentielles,
lesquelles les vents violents, circulant
dans le sens des aiguilles d’une montre dans
l’hémisphère Sud, soulèvent des mers grosses
à énormes et engendrent des houles cyclo¬
niques de 6 à 10 mètres de creux.
11 comporte une partie centrale, l’œil,
fournissant des
dans
principales trajectoires
moyennes. Les chiffres
indiquent pour chaque
région le nombre moyen
annuel d’individus.
Vue aérienne d’un
cyclone sur le Pacifique.
Depuis 1966, grâce aux
satellites, l’inventaire et
la connaissance des
cyclones sont rendus
plus aisés, même si leur
prévision reste
hypothétique. On
distingue nettement, au
centre de la masse
nuageuse, la zone calme
appelée œil. Le diamètre
d’un cyclone peut
atteindre 500 km.
d’un diamètre variant entre 20 et 100 km, sans
vent ni nuages, l’absence de nuages
étant liée à
la présence de courants aériens descendants.
Un cyclone peut déverser par jour de l’ordre
de 15 km-’ d’eau (15
milliards de m’) soit le
débit du fleuve Colorado pendant un an - ce
qui correspond à 250 000 000 tonnes d’eau en
24 heures sur l’île de Tahiti.
Une gigantesque machine
thermique
Un
cyclone tropical met en Jeu des énergies
équivalant approximative¬
seconde, à celle fournie par
l’explosion de cinq bombes nucléaires du type
Hiroshima ! ou, en 24 heures, à la consom¬
mation de Tahiti en électricité pendant
considérables,
ment,
par
10 000 ans.
Cette énergie est puisée pour 80 %dans la
chaleur latente de condensation de la vapeur
atmosphérique obtenue par
évaporation des océans, et pour 20 % dans la
chaleur sensible fournie directement par les
couches marines superficielles.
De cette énergie, 3 % seulement sont
transformés en énergie cinétique, c’est-à-dire
en vent, ce qui correspond tout de même, par
jour, à la consommation électrique des U.S. A.
pendant six mois...
d’eau
La force de Coriolis l’éloigne
de l’équateur
La vitesse du vent géostrophique résulte de
l’équilibre entre la force de pression généra¬
trice de mouvement, d’une part, la force
70
Les effets
hydrologiques des
cyclones sont de deux
sortes.
Dans les îles basses, la
houle provoquée par le
cyclone - jusqu'à 12 ms’attaque a la couronne
corallienne alors que le
lagon voit son niveau
s’élever et des vagues de
4 mètres (Nano dans le
0°
1.
LE CLIMAT
centrifuge
et la force de Coriolis
(2 (0 V sin<p ), liées au mouvement, d’autre
part.
Classification des tempêtes tropicales
cyclonique. Elle est maximale
aux pôles, nulle à l’équateur : c’est ce qui
explique que les cyclones ne .prennent pas
naissance à proximité de l’équateur.
tropicale
modérée
faible
la rotation terrestre, est nécessaire à l’amorce
du tourbillon
Dépression ou tempête
Dépression
tropicale
Appellation française
La force de Coriolis, force déviante liée à
Cyclone
tropical
forte
supérieur à 32 m/s
13-17 m/s
18-24 m/s
25-32 m/s
Vent moyen
25-33 nœuds
34-47 nœuds
48-63 nœuds
63 nœuds
près du centre
46-62 km/h
63-87 km/h
88-116 km/h
116 km/h
Appellation américaine
Tropical
moderate
severe
Hurricane
tropical storm
cyclone*
(*) Le terme anglo-saxon cyclone signifie “dépression" ce qui peut prêter à confusion.
La force centrifuge limite
son diamètre
La force centrifuge se substitue progres¬
sivement à la force de Coriolis qui reste faible
compte tenu de la latitude ; elle est donc la
seule force capable d’équilibrer la force de
ZONE
150
160
170"
de convergence
L'action éolienne des
—
Tahiti
dépression tropicale,
le stade cyclone, puis
la dépression extra¬
tropicale.
/
..V"'
Rap a
'
lOîO'
ANTICY CLONE SUBTROPICAL
'dép mbar
cyclones est celle qui
éprouve le plus les îles,
qu'elles soient hautes ou
---
coralliennes. Dans le cas
des îles hautes, les
Moruroe
Rarotonga '
successives : la
110°W
Atuona-'^'x
Le cyclone tropical. Son
développement passe
par 3 phases
120
•Penrhyn
(
Pago Pago
130
140
pression au fur et à mesure que le cyclone se
développe. Comme la force de pression est
considérable au stade de maturité du cyclone,
la force centrifuge en recherche d’équilibre
doit être elle-même considérable, ce qui
implique une forte courbure des isobares,
donc un faible diamètre du phénomène et en
conséquence des vents violents.
\
/
V
dommages du vent sont
ANTICYCLONE
encore accrus par
DE PAQUES
/
40'S
dôpressio n
stade
cyclone
traiectoire du centre
dépression
extra-tropicale^
^
l'effet
de foehn engendré par
les reliefs. La
localisation des dégâts à
Moorea, Huahîne,
Raiatea, Tahaa, Bora
Bora et Tahiti a mis en
évidence ia force
destructrice des vents
au débouché des vallées
du versant opposé au
cyclone.
lagon de Hao) se former.
Sur les îles hautes,
s'ajoutent les pluies
diluviennes, dont les
ruissellement
provoquent des dégâts
considérables, et qui
causent parfois de
véritables inondations
au débouché des
rivières, sur la plaine
littorale.
71
LES ILES OCÉANIQUES
Les tempêtes tropicales dans
le Pacifique Sud-Ouest
Fréquentes à l’ouest du 170“ Ouest, région où
les années sans cyclone sont l’exception, elles
plutôt rares à l’est où l’on compte un
beaucoup plus grand nombre d’années sans
cyclone.
Elles prennent en général naissance en
mer du Corail ou dans les zones subéquato¬
riales avoisinantes, jusqu’aux îles Cook dans
l’est, c’est-à-dire presque vers le 160“ Ouest.
Certaines font route vers le sud-est et frappent
les Cook du Sud puis les Australes, parfois la
sont
bordure sud-ouest de la Société, à raison d’un
individu tous les 2 à 3 ans.
(63 km/h). Au cours de la saison 1982-1983, le
centre
d’analyse et de prévision de Tahitidû suppléer Nandi pour donner un
Faaa
a
nom à
Nano (né à l’est du 140“ Ouest, limite de
la
zone
de
responsabilité des Fidji),
pour
Orama, appelé ensuite Nisha, et pour Saba
dont la trajectoire est tout entière à l’est des
Tuamotu.
Le cyclone tropical tahitien
Les tempêtes qui touchent les Tuamotu et/ou
la Société se forment sensiblement à la lati¬
tude des Marquises à l’est du 150“ Ouest : c’est
le phénomène que nous appelions
le cyclone
tropical tahitien, qui a sévi sur le Territoire au
début du siècle puis au cours de la saison 19821983. Ses caractéristiques principales sont les
suivantes.
Il naît entre 8 et 11“ Sud et prend de la
vigueur
Depuis 1979, un nouveau système, alter¬
les prénoms masculins et féminins, a été
mis en place sous l’égide de l’Organisation
Météorologique Mondiale. Pour notre
région, c’est le Service Météorologique de
Nandi aux Fidji qui est chargé d’attribuer le
nom dès que le phénomène comporte des
vents moyens égaux ou supérieurs à 34 nœuds
nant
L'aviso escorteur
Enseigne de vaisseau
Henry a accompli une
double mission lors des
cyclones : d’une part
apporter des secours à
la population, et d’autre
part recueillir et
transmettre des
informations
météorologiques, avec
parfois des creux de
12 mètres.
dans
son mouvement à vitesse
modérée vers l’ouest. Sa croissance est explo¬
au voisinage de
15" Sud pendant une
période de ralentissement où la trajectoire est
très incertaine avec possibilité de boucle ou de
virage plus ou moins serré. C’est la période la
plus critique pour la prévision. Après le recourbement il se dirige vers le sud-est en accé¬
lérant et dégénère assez vite après le 22“ Sud.
Pendant la période de maturité, l’œil est bien
net et peut atteindre de grandes dimensions :
sive
60 à 80 km de diamètre. Si l’on considère les
trajectoires, elles présentent une forme de
parabole ouverte vers l’est dont le sommet se
situe entre 15 et 18” Sud.
Pendant la Deuxième Guerre
mondiale, les
avions de reconnaissance
américains dans le Pacifique Nord-Ouest ont
pris l’habitude de donner un nom féminin aux
tempêtes tropicales. Cette pratique a été offi¬
cialisée en 1953 par le Service Météorologique
des
des Etats-Unis.
Cyclone aux Tuamotu
en
1906. Plus de 150
morts dans l’ensemble
des îles, dont 99 à Anaa.
En 1903, sur la seule
île d'Hikueru, 37-7
personnes périrent
noyées.
72
victimes de la force des
vents cycloniques.
Sur
les atolls, la cocoteraie
a été viqlemment
touchée par les vents,
atteignant des vitesses
maximales de 200-220
km/h.
Sur les îles hautes, les
arbres ont été d’autant
plus facilement
déracinés que la
pression des vents
s’exerçait le long du
relief, à i’inverse du flux
La dénomination des tempêtes
et des cyclones
équipages
Les formations
végétales sont
particulièrement
Tautira, après le
passage de Veena,
semble avoir subi un
véritable
bombardement : l’œil du
cyclone est passé à
quelque 50 km de la
presqu’île.
dominant habituel.
5 L’océan qui nous entoure
L5 Océanie desintertropicale
géographes comprend
petitesîles
disséminées
dans
de l’océan l’ensemble
Pacifique des
le choix
de
terme
met l’accent
la ceinture
sur
;
ce
les caractéristiques typiquement océaniques de leur environnement.
Parmi ces
îles, les plus éloignées de toute influence continentale sont sans conteste celles des
archipels de la Polynésie française, à plus de 6 000 kilomètres d’un continent. L’océan
est bien pour les Polynésiens le domaine privilégié de leur expérience passée et
présente.
Par ses échanges avec l’atmosphère, l’océan commande les conditions
climatiques à long terme. L’état de la surface conditionne le paysage et les activités
humaines à court terme. Les mouvements internes des masses d’eau océaniques
déterminent la vie et la richesse de la flore et de la faune, aussi bien au large que dans
les lagons ou sur les récifs, dont l’homme bénéficie à son tour.
Si l’homme prend dans l’océan, il y rejette aussi les déchets de ses activités,
provoquant des nuisances et des pollutions dont certaines sont particulièrement
néfastes pour l’environnement, spécialement dans les lagons.
Nous avons voulu exposer ici quelques données océanologiques spécifiques à la
Polynésie et évoquer les relations que l’homme entretient avec ce milieu.
Les interactions
océan-atmosphère
Les manifestations externes des interac¬
tions entre l’atmosphère et l’océan sont
évidentes lorsqu’on observe des phénomènes
aussi spectaculaires que l’agitation de la
surface océanique sous l’effet du vent ou la
tiédeur moite de l’alizé après un long parcours
océanique. En fait, les interactions entre ces
deux milieux fluides que sont l’atmosphère et
l’océan sont à la fois étroites et complexes et
permettent de parler d’un système couplé où
toute action sur l’un des milieux conduit à une
réaction
Lorsque au début du
siècle on a essayé d’appréhender les règles
logiques rendant compte de la dynamique
océanique, on s’est aperçu que les équations
de la météorologie étaient utilisables en chan¬
geant seulement la valeur des coefficients
d’inertie, de turbulence, de friction, etc.
sur
l’autre.
Le soleil charge l’océan d’énergie
Dans le domaine des échanges d’énergie qui
conditionnent au premier chef le fonction¬
nement du couple océan-atmosphère, la zone
intertropicale bénéficie d’un bilan thermique
positif ce qui signifie que l’océan tropical
reçoit du soleil plus d’énergie qu’il n’en perd
par rayonnement vers l’espace et par con¬
duction et évaporation vers l’atmosphère. Cet
excédent de chaleur est stocké sur place dans
une épaisse couche océanique chaude puis
exporté progressivement par les courants
marins
vers
les latitudes élevées où le bilan
thermique est négatif. La répartition des
températures dans l’océan conditionne en
partie la distribution des pressions atmosphé¬
riques ou champ barométrique qui lui-même
commande les déplacements des couches
atmosphériques ; les vents ainsi créés exercent
une'
tension d’entraînement
sur
la surface
océanique et sont à l’origine des grands
courants, marins de la planète. Comme elle est
presque totalement incluse dans la bande tro¬
picale sud du Pacifique central, la zone marine
polynésienne possède ainsi un important
contenu thermique stocké dans les couches
superficielles. Toutefois c’est dans le Pacifique
équatorial occidental que la couche chaude de
température supérieure à 25°C atteint sa plus
grande épaisseur, généralement de l’ordre de
150 mètres : cette énorme quantité de chaleur
incluse fait de cette zone marine le pôle du
chaud àt la planète. A l’opposé, au sud de 70“
Sud, le continent antarctique possède un bilan
radiatif global très négatif et constitue \epôle
du froid de la planète. Les masses d’eau qui se
forment le long de ce continent ont ainsi des
caractéristiques thermohalines spécifiques qui
se conservent pendant la dérive subsuperfi¬
cielle de ces eaux vers le tropique Sud et
l’équateur.
L’extrême éloignement des façades con¬
tinentales
américaines,
antarctiques
et
australo-asiatiques fait que la zone marine
polynésienne se trouve au centre de l’hé¬
misphère liquide de la planète. De ce point de
vue, et dans leur ignorance de l’existence des
continents, il n’est pas étonnant que les
anciens Maoris aient considéré Tahiti comme
le nombril de la terre : te pito te fenua, bien
que cette “terre” soit plutôt une “mer”, ainsi
que nous le font découvrir les photos prises de
l’espace. Ce caractère franchement océanique
conditionne de façon prépondérante les
données hydroclimatiques de la Polynésie.
Les températures océaniques
et l’évaporation vraie
De la latitude de Tahiti jusqu’à quelques
degrés au sud de l’équateur la température
moyenne de la couche superficielle océanique
est de l’ordre de 28"C, chiffre supérieur de 1 à
l,5”C à la température moyenne de l’air. Au
Le bilan thermique de
l’océan. L’océan tropical
reçoit du soleil plus
d’énergie qu’il n’en perd
par rayonnement vers
l’espace ou par conduc¬
tion et évaporation.
Les vents. La
configuration du champ
de pression (hautes
pressions subtropicales,
basses pressions
équatoriales et
subpolaires) et l’action
de la rotation de la T erre
(effet de Coriolis) font
que les vents soufflent
de l’est dans la bande
intertropicale (ce sont
les alizés) et vers l’est
dans les zones
tempérées (ce sont les
vents d'ouest).
Les courants
océaniques. Par
frottement à l’interface,
le couple de ces vents
entraîne les masses
d’eau dans des
mouvements circulaires
à l’échelle des bassins
océaniques. Dans
l’hémisphère Nord les
courants généraux
tournent dans le sens
des aiguilles d’une
montre, et dans
l’hémisphère Sud dans
le sens inverse.
73
LES ILES OCÉANIQUES
sud de Tahiti les températures océaniques
décroissent régulièrement avec la latitude et
au sud du tropique du Capricorne la moyenne
thermique océanique devient inférieure à celle
de l’air. Aux latitudes tempérées (sud de
l’archipel des Australes), l’effet saisonnier
hiver-été devient
prépondérant dans le
contrôle du processus de stockage/déstocka¬
ge de la quantité de chaleur océanique.
En plus de ces différences dues aux écarts
de latitude, on peut également opposer l’ouest
polynésien, ehaud et pluvieux en été austral,
au quadrant nord-est, plus froid et relati¬
vement
aride. Or la valeur de la salinité de la
couche de surface est directement tributaire de
l'évaporalion vraie, définie comme étant la
différence entre l’évaporation réelle et les
précipitations. Lorsque l’évaporation vraie est
La situation
hydroiogique moyenne
et ia circuiation
océanique de surface
pendant i’hiver et i’été
austral. Dans la zone
polynésienne la
caractéristique
hydrologique majeure
est l'extension de l’Eau
Subtropicale Sud vers
l’ouest, variable avec les
saisons, qui s’oppose à
En hiver austral, l’Eau
Subtropicale Sud qui se
forme en surface à l’est
des Tuamotu atteint
facilement les îles de la
Société ; on trouve des
salinités supérieures à
36,20 pour 1 000 à
Tahiti ; la circulation est
prédominante vers
l’ouest, avfec des contrecourants modestes.
la dessalure des eaux de
surface produite par les
négative, l’excès d’eau douce reçue par la pelli¬
cule de surface abaisse la salinité, ce qui est le
cas en
dérive vers l’équateur qu’il atteint au nord de
la
particulier le long de l’axe de conver¬
gence des vents alizés (Z.C.P.S.) où la salinité
peut être inférieure à 35 pour 1 000,
Au contraire une évaporation vraie
positive augmente la salinité de surface, ce qui
se produit dans l’est, nord-est des Tuamotu,
où se forme en permanence l’eau la plus salée
de l’ind O-Pacifique, l’Eau Subtropicale Sud,
de salinité supérieure à 36,5 pour 1 000.
Poussée par les alizés d’est et incluse dans le
courant équatorial coulant vers l’ouest, cette
masse
salée tend progressivement à être
recouverte par les eaux plus chaudes et moins
salées présentes dans le Pacifique occidental.
Dans le Pacifique Ouest ce noyau salé se
trouve à une profondeur de 150 à 200 m et
En été austral, la
Z.C.P.S. s’installe et les
précipitations
abondantes rendent
compte de la dessalure
(moins de 35 pour 1 000)
observée au sud-ouest
d’une ligne SamoaGambier ; dans le même
temps l’intensification
du contre-courant
équatorial Sud amène
de l’ouest de l'eau de
surface moins salée.
précipitations locales ou
amenée de l’ouest par
les contre-courants.
Les températures
moyennes. A Tahiti la
température moyenne
annuelle de la couche
superficielle océanique
Nouvelle-Guinée.
La
connaissance
du
champ thermique et du bilan d’eau permet
ainsi de schématiser les caractéristiques hy¬
droclimatiques moyennes de la Polynésie, par
exemple pendant les deux saisons, estivale et
hivernale, sans perdre toutefois de vue le
caractère
fluctuant
certaines
de
frontières
hydrologiques, thermiques ou isobariques.
Les anomalies de 1983
Ainsi pendant l’année
1983, une partie du
thermique océanique, normalement
présent à l’ouest de la ligne de changement de
date (180“) a atteint le Pacifique central et
contenu
même oriental dans la bande 5" Nord - 15"
Sud. Dans le même temps le courant épiso¬
dique El Niho amenait le long des côtes du
T'-C
29-
2827-
est de 28°C alors que la 26-
température moyenne
de l’air est d’environ
270C.
2524-
23
■air
22-1
■
F
J
M
A
M
J
S
La température de l’air
à la surface de la mer.
Elle croît régulièrement
du sud vers l’équateur et
de l’est vers l’ouest dans
la bande proche-
D
N
O
Station côtière de Tahiti, lat. 17'’33’S. - long.
Année 1981.
océan
149'37’W.
L'évaporation vraie
totale. Elle est positive
sur les Tuamotu et à l’est
équatoriale ; au nord du
tropique, elle est
de ia Polynésie ; partout
ailleurs les
inférieure à la
précipitations
l’emportent sur
l’évaporation.
température océanique
de surface.
i\
\
•
i
\
\
Eté austral. Situation hydrologique moyenne et circulation
océanique de surface
,
'"'-26.5
•
1
/
/
o*
Eau Subtropicale
i
■
.
-eooR
-
,
—
GAM
"■""-Xempérature de l’air à la
21
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150
i
A
-
_
1/'
1
V.
...
surfa.çe de la mer (T°C)
145
ilesmaXqu SES
J
’
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/
/
1
_...
^ OOK
,1^
TA^Tl/ ; 1
/ / I'
-'0
Hiver austral. Situation hydrologique moyenne et circulation
océanique de surface
74
Évaporation vraie totale
(ETP-P en cm)
]
1
1
,,
.lOO
/
L’OCÉAN QUI NOUS ENTOURE
Pérou et du Chili des eaux équatoriales
chaudes mais pauvres en plancton alors
qu’habituellement ces côtes sont baignées par
des eaux froides riches en sels nutritifs et en
plancton. A l’opposé, sur la bordure ouest
entre
l’Australie
et
la Nouvelle-Zélande, les
tempérées froides migraient vers le
tropique. Ce déséquilibre de l’hydroclimat du
Pacifique Sud a ainsi déclenché une
succession de catastrophes dites naturelles :
sécheresse en Australie, déluge sur les côtes du
Pérou, cyclones en Polynésie, mortalité
d’importantes colonies d’oiseaux marins...
Bien que l’enchaînement chronologique
eaux
de ces anomalies ait été bien suivi : affaiblis¬
de la ceinture des hautes
pressions
subtropicales orientales, disparition des alizés
remplacés dans la bande 0-15‘’ Sud par des
sement
vents d’ouest, renverse vers l’est du sens de la
dérive océanique équatoriale et inversion de la
pente de la surface océanique entre les bords
et
est, les causes de ce profond
bouleversement ne sont pas précisément
ouest
Parmi les hypothèses retenues, on
peut citer l’influence d’éruptions volcaniques
comme celle du El Chichon en avril 1982 au
connues.
Mexique, envoyant jusque dans la
tosphère
des
cendres
des
stra¬
gouttelettes
d’acide sulfurique dont le pouvoir réfléchis¬
sant est très grand. On
s’interroge également
sur les effets à
long terme des pollutions liées
et
aux activités humaines entraînant entre autres
augmentation constante de la teneur de
l’atmosphère en gaz carbonique, et ce malgré
la dissolution par l’océan d’une importante
fraction de la quantité émise. On sait
une
Inversion de la pente océanique (sur la bande 5-15°
Sud)
également que les à-coups hydroclimatiques
existaient autrefois, comme en témoignent la
précédente série cyclonique polynésienne de
1903-1906 et la longue et catastrophique série
des El Niho le long des côtes Équateur-Pérou,
bien suivie depuis le XVIP siècle. Dans ce
domaine aussi, seule
TOGA
il.
upwelljng côtier
courant équatorial
27“G
mousson d'été austral
vents d'ouest
La température
TAHITI
29°C
■
—-
_
_
océanique de surface.
A une augmentation
permanentes de données océanographiques,
des mesures bathymétriques systéma¬
tiques par les marines marchande et militaire
et sur
l’outil satellitaire, devraient fournir de
précieux éléments de réponse.
moyenne et celle du
1er semestre 1983. En
année normale
moyenne, les alizés de
S.E. provoquent une
circulation vers l'ouest
de la couche de surface
latitude décroissante
se
La salinité. Ses
variations suivent de très
superpose un
gradient longitudinal
dans la bande
équatoriale entre l’eau
refroidie par upwelling
à l’est et l’eau chaude
accumulée par les alizés
à l’ouest.
près celles de
l'évaporation vraie : le
maximum est trouvé
dans l'est de la Polynésie
où se forme l'Eau
Subtropicale Sud.
L'Inversion de la pente
océanique. Ce fut une
des principales
Pacifique équatorial
et tropical
Sud ;
l’upwelling côtier du
Pérou et l'upwelling
équatorial entretiennent
des basses
températures dans la
partie orientale ; de l’eau
chaude s'accumule en
surface dans la partie
occidentale où se
cantonne la zone à
contre-courant
régulière de la
température avec la
risque cyclonique (en
été) de l'hémisphère
Sud.
La situation pendant
le 1er semestre de 1983
est très différente ; par
suite de l'affaiblissement
des alizés de S E. et de
l’apparition de vents du
secteur ouest dans la
zone
intertropicale du
Pacifique occidental, la
circulation de surface
s'est inversée ; entre
10"N et 20“S on trouve
un
courant vers l'est qui
déplace les eaux
chaudes vers le
Pacifique central et le
Pacifique oriental où la
disparition des
upwellings aggrave le
déséquilibre thermique ;
la zone à risque
cyclonique s'est
étendue à la Polynésie
et le niveau a suivi une
pente inverse. Les eaux
manifestations des
anomalies de 1983. En
situation normale les
alizés de secteur est
entraînent la formation
d'une pente ascendante
dans le sens AmériqueIndonésie. En situation
siècle
sur
du
Avril 1983
ce
(Tropical Océan and Global
Atmosphère), s’appuyant sur des acquisitions
La situation
20"C ;
recherche appro¬
nationaux prévus pour la fin de
comme
hydroclimatique
Année normale
une
priée permettra de progresser en séparant les
causes des effets
par une approche globale à
l’échelle du Pacifique. Les programmes inter¬
chaudes ont envahi l'est
de l'océan, provoquant
une hausse de la
française.
température de près
de 7°C.
an
EL CHICHON
exceptionnelle (avril
1983) les vents d'ouest
ont remplacé les alizés
Situation hydroclimatique moyenne
Zone à risque cyclonique
(T°C)
ILES MARQUISES
22
.
Courant océanique
Température océanique de surface en °C
y
/
■
■'"^àcîâTÉ
...
*^5
36>-
'' 3é.O.
/
Salinité océanique en surface
Situation hydroclimatique du 1er semestre 1983
75
LES ILES OCÉANIQUES
Les houles
et les marées
Étant
un
milieu
cette houle générée dans les hautes latitudes
antarctiques par les dépressions polaires peut
atteindre 3 mètres de creux aux îles de la
Société et aux Tuamotu où elle provoque
fluide, l’hydrosphère
océanique réagit par des déformations aux
forces naturelles qui s’exercent à sa surface.
Les forces gravitationnelles dues à la présence
de la lune et du soleil engendrent l’onde de
marée, le vent lève des houles et génère des
courants, eux-mêmes déviés par la rotation
terrestre (force de Coriolis). La combinaison
de ces différentes interactions qui mettent en
jeu des énergies considérables modifie l’état
moyen océanique qui tend vers un équilibre
Jamais atteint et se traduit près des côtes et des
lagons par des phénomènes spectaculaires :
jets de rive, déferlements sur les récifs
frangeants et les barrières coralliennes,
surcôte et ensachage des lagons, accélération
l’ensachage des lagons ; sa période est de 7 à
10 secondes.
Un troisième type de houle affecte
épisodiquement la Polynésie par le secteur
nord à nord-ouest pendant l’été austral. Ce
train de houle très énergétique est une consé¬
quence
des tempêtes hivernales de la zone
Kouriles-Aléoutiennes et du golfe de l’Alaska,
où la concavité de la côte provoque une forte
réflexion de l’énergie vers le sud. C’est ainsi
qu’à partir de creux de 12 mètres dans le golfe
de l’Alaska au jour J, et en prenant une vitesse
de propagation moyenne de 80 km/h, on
observe une amplitude de 8 mètres à Hawaii
au jour J -f 2 et 4 mètres à Tahiti au jour J -b 4.
La prévision d’arrivée de cette houle sur les
nord
côtes
de
Tahiti
est
épisodiquement
faite, à partir d’Hawaii, parles adeptes du surf
pour qui ces vagues permettent les plus belles
chevauchées.
Le
houlographe (bouée
Datawell) installé au large de la digue du port
de Papeete (côte nord-ouest) détecte parfai¬
tement
ce
dernier train
de houle dont
la
période est de 10 à 18 secondes.
Les dépressions et surtout les cyclones
tropicaux dont les vents sont supérieurs à
116 km/h engendrent pour leur part des
houles exceptionnelles pouvant dépasser
10
mètres
de
creux
et
dont
le
de
sens
propagation est fonction de la trajectoire du
cyclone. Dans ce cas, la diminution de la
pression atmosphérique crée une surélévation
du niveau moyen de la mer, de 1
millibar de dépression
centimètre
; les enregis¬
trements faits à Tahiti au cours du passage des
par
cyclones Reva et Veena (mars et avril 1983) à
des courants de passe, etc.
La mer du vent
En l’absence prolongée de vent, la surface de
la mer peut devenir plate et lisse comme un
miroir ; lorsque la brise se lève, des petites
griffures capillaires apparaissent ; elles se
transforment en vaguelettes, puis en vagues de
plus en plus creuses et longues en rapport avec
l’énergie croissante transmise à l’océan par la
tension du vent. Si celui-ci forcit, la cambrure
des vagues augmente jusqu’à ce que les crêtes
brisent en “moutons” dispersés, caractéris¬
tiques d’une mer bien levée par brise fraîche de
10 mètres par seconde. Si la vitesse du vent
augmente encore, des embruns sont arrachés
crêtes
et
des traînées d’écume
différentes étapes
que codifie i'échelle de
la mer est blanche d’écume. 11 existe donc une
l’état de la mer et la
vitesse du vent.
viennent énormes et brisent sans discontinuer,
relation assez étroite entre l’état de la mer et la
vitesse du vent qui génère ce que l’on appelle la
du vent : ces diverses phases ont
codifiées et classées suivant l’échelle
mer
l’ouragan il existe
une reiation étroite entre
de
Beauforl. Dans son aire de génération, la mer
plus ou moins hautes et longues qui se
déplacent dans différentes directions, à des
vitesses inégales, les plus longues rattrapant et
dépassant les plus courtes.
En s’éloignant de cette zone chaotique,
les différentes ondes sont filtrées et atténuées,
lames les plus courtes et les moins
énergétiques disparaissent les premières ; à
grande distance il ne subsiste que la
déformation assez régulière d’une onde
sinusoïdale dont l’amplitude et la période
évoluent lentement dans le temps et que l’on
les
nomme
la houle.
Aspect de la mer
Chiffre
Termes
dont on déduit la force du vent
Beaufort
descriptifs
Beaufort, en étabiissant
été
du vent est donc formée de crêtes juxtaposées
ÉCHELLE DE BEAUFORT
L'échelle de Beaufort.
Du calme plat à
appa¬
raissent dans le lit du vent ; au-delà de 20 m/s
le vent souffle en tempête, les vagues de¬
aux
La houle. En eau
profonde, la houle a une
allure sinusoïdale. Sa
cambrure est faible
(h/L inférieur à 0,15) ; h
est le creux de la vague,
c’est-à-dire la distance
verticale entre le
sommet et la base.
La longueur L séparant
deux crêtes successives
est liée à la période T
(en secondes) par la
relation L=1,56T7 La
Vitesse
Vitesse
moyenne
moyenne
en
nœuds
km/h
en
Comme un miroir
0
Calme
<
Quelques rides
1
Très légère brise
1
Vaguelettes ne déferlant pas
2
Légère brise
4- 6
Les moutons apparaissent
3
Petite brise
7 - 10
12 - 19
20 - 28
-
1
<
3
1
1
-
5
6 - 11 '
Petites vagues, nombreux moutons
4
Jofie brise
11-16
Vagues modérées, moutons, embruns
5
Bonne brise
17-
Lames, crêtes d’écume blanche, embruns
6
Vent frais
22 - 27
39 - 49
Lames déferlantes, traînées d'écume
7
Grand frais
28- 33
50 - 61
Tourbillons d'écume à la crête des lames,
8
Coup de Vbnt
34 - 40
62 - 74
9
Fort coup de vent
41
75 - 88
10
Tempête
48 - 55
89 - 102
11
Violente tempête
56 - 63
103 - 117
12
Ouragan
21^
29 - 38
traînées d’écume.
Lames déferlantes, grosses à énormes,
-
47
visibilité réduite par les embruns.
> 64
>
118
période eët le temps
séparant deux crêtes
successives.
Lorsque le fond
remonte, L diminue. On
alors L=3,13xTx \^d
a
Les houles
Du fait de la prédominance des régimes
d’alizés soufflant du secteur sud-est à nord-est
tropicale, une houle en provenance de
direction est souvent observée en zone
en zone
cette
tropicale polynésienne avec des creux de 1 à
3 mètres et une période de 6 à 9 secondes.
Un deuxième type de houle plus or¬
donnée est classiquement rencontré pendant
l’hiver austral en provenance du sud-ouest ;
76
(d étant la profondeur).
Le déferlement
"plongeant”, zone
propice au surf, se
produit lorsque les
configurations de
pentes sont favorables
(pente entre 5 et 10 %) et
à l’endroit où la
profondeur d’eau est
telle que le creux est
égal aux 3/4 de d —
souvent à l’aplomb de
l’ancienne barrière
récifale.
sable noir d’origine volcanique
ancienne
barrière ,
^cifale I
L’OCÉAN QUI NOUS ENTOURE
120 kilomètres dans l’est ont révélé une surélé¬
vation de l’ordre de 40 cm.
Enfin, on ne peut totalement négliger la
possibilité d’arrivée sur les îles polynésiennes
d’un raz-de-marée ou tsunami, bien que la
probabilité qu’un pareil phénomène puisse
devenir dangereux reste faible du fait de la
dimension modeste des îles par rapport à la
longueur d’ondes des lames de fond (200 à
300 km).
La prévision d’arrivée d’un tsunami est
assurée par les soins d’un réseau d’alerte intra
Pacifique, le Tsunami Warning dont le
maillon polynésien est le Laboratoire de
Géophysique du C.E.A. à Tahiti-Pamatai.
L’efficacité du réseau d’alerte repose sur le fait
que
les ondes sismiques (détectées par
sismographe) se propagent beaucoup plus vite
dans la lithosphère que les ondes créées dans
l’océan, bien que pour une profondeur
océanique de 5 kilomètres comme dans le cas
Pacifique, celles-ci atteignent la vitesse de
700 km/h. Pour des épicentres potentiels
situés au niveau des grandes failles de bordure
du Pacifique (Amérique, Japon, etc.) la
prévision d’alerte à Tahiti est donc d’une
du
dizaine d’heures, mais elle n’est que de deux
heures
pour
un
Tonga-Kermadec.
séisme dans la fosse des
Les marées
synoptique précise des pulsations de l’onde de
marée et des anomalies qui peuvent appa¬
raître dans des archipels aussi éloignés les uns
des autres. Dans la zone marine des îles de la
Société l’amplitude moyenne est seulement de
l’ordre de 15 centimètres environ ce qui indi¬
querait la présence proche d’un point de
marnage nul ou point amphidromique, dont
la cartographie dans le Pacifique Sud est
encore imparfaite. A Tahiti pour un niveau
moyen établi à 30 cm, la hauteur de la mer
varie entre 15 cm et 45 cm en marée de vive eau
Polynésie la marée océanique est de type
semi-diurne à faible inégalité, mais de grandes
différences d’amplitude et de phase peuvent
exister d’un archipel à l’autre. Des marégraphes ont été installés à Tahiti, à Nuku Hiva
(îles Marquises) à Moruroa (Tuamotu) et
Rikitea (Gambier). Ce réseau est toutefois
insuffisant pour avoir une connaissance
En
(pleine lune et nouvelle lune). Chaque mois,
moment du dernier quartier, soit une
semaine après la pleine lune, une marée de
au
morte
eau
annule
toute
différence
de
marnage. C’est la période où le taux de renou¬
vellement des eaux lagonaires est minimal et
où les courants de passe sont les plus faible^.
Dans les Tuamotu du Sud-Est (Moruroa) et
Carte des points
amphidromiques et des
lignes d'égale marée.
Les points
amphidromiques (en
orange sur la carte)
représentent les lieux de
marnage nul, où le
niveau de la mer reste
constant. Les lignes
(en blanc sur la carte)
joignent les lieux où la
marée haute se produit
simultanément.
Hauteur
probable des
vagues en mètres
0
0.1
(0,1)
0,2
(0,3)
0,6
(1)
1
(1.5)
2
(2,5)
3
(4)
4
(5,5)
5,5
(7,5)
7
(10)
9
(12.5)
11,5
La marée est une oscil¬
lation périodique de la
surface de la mer, qui
monte sous l'attraction
de la lune et du soleil.
Ces influences tantôt
la terre, leurs forces
d'attraction tendent à
s'annuler et ce sont les
marées d'amplitude
minimum ou marées de
s'additionnent.
Quand soleil et lune sont
sur deux axes perpen¬
diculaires par rapport à
(nouvelle lune et pleine
lune) ont lieu les marées
d'amplitude maximum
s'opposent et tantôt
(16)
morte-eau.
Quand ils sont alignés
ou
marées de vive-eau.
> 14
Hauteur des vagues selon
les indications des bulletins
météorologiques.
Calme sans ride (mer d'huile)
Ridée
0 m
Belle
0 m 10 à 0 m 50
à 0 m 10
Peu agitée 0 m 50 à 1 m 25
Agitée
1 m 25 à 2 m 50
Forte
2 m 50 à
4 m
Très forte 4 m
à
6 m
Grosse
à
9 m
6 m
Très grosses m
à 14 m
Énorme
à 14 m
>
77
LES ILES OCÉANIQUES
aux
Gambier, le marnage est plus élevé qu’à
Tahiti avec un écart de 0,7 sur les coefficients
de marée de vive eau. Aux îles Marquises les
différences d’amplitude marée haute/marée
basse sont encore plus fortes et se situent entre
les niveaux 0 et 160 cm pour un niveau moyen
de 80 cm. Toutefois le niveau moyen ne
constitue pas un critère absolu puisque en fait
sa
valeur
fluctue
avec
les
conditions
at¬
mosphériques ; il est bas quand l’alizé bien
établi reflète l’influence des hautes pressions
subtropicales et remonte par calme plat ou
vent d’ouest.
Les courants de passe
Les
anomalies
hydroclimatiques
de l’été
austral 1983 se sont également traduites par
une baisse exceptionnelle du niveau moyen de
l’océan. Cette baisse de l’ordre de 30 cm à
Tahiti entre février et avril a également affecté
les Tuamotu du Nord et a entraîné une exon¬
dation permanente des récifs. Les hypothèses
proposées pour expliquer un tel phénomène
font intervenir l’inversion de la pente océa¬
nique et le renforcement considérable en
largeur et en vitesse dü système des contrede retour vers l’est. Les effets de
l’arrivée d’une onde de marée sont insensibles
courants
côtes, dépendent
topographie et de la
géomorphologie du plateau continental ou de
la pente externe. Dans le cas d’un tombant
abrupt comme aux Marquises la marée se
manifestera uniquement par la création
au
large
et,
près
essentiellement de la
des
d’ondes internes de subsurface, indécelables
en surface. Dans le cas où la surélévation du
niveau permet la pénétration par la passe et
par déferlement subrécifal d’eau océanique
dans un lagon, il en résulte tout un processus
d’eau et de mélange qui
régime hydrologique et donc
l’équilibre biologique du lagon.
En période normale, le rythme quotidien
de remplissage/délestage d’un lagon par la
marée est de toutes façons perturbé par les
effets du vent local, par les variations du débit
des rivières et par les arrivées de houle du
large. Selon la tension de vent local et l’angle
de
transport
conditionne le
d’attaque de ces houles par rapport au récif,
un secteur récifo-lagonaire au vent peut être
balayé par un puissant courant océanique,
l’excès d’eau lagonaire s’évacuant par les
passes en formant un panache de sortie, géné¬
ralement plus turbide et plus coloré que l’eau
océanique. La prévision concernant les carac¬
téristiques d’un courant de passe est donc
difficile, le problème étant compliqué par le
fait que dans une passe profonde comme celle
d’Avatoru à Rangiroa, un courant superficiel
entrant
peut surmonter un flux d’eau
lagonaire plus dense car plus salée se
déversant
Pendant
au
ras
du
la saison des
fond
dans
l’océan.
pluies le processus
inverse est souvent observé dans les lagons
côtiers des îles de la Société : le panache d’eau
lagonaire saumâtre se perd en surface dans
l’océan, ce flux étant compensé en subsurface
par un courant océanique coulant vers le fond
de baie : ce type de circulation est appelé
circulation d’estuaire et permet un bon renou¬
vellement de l’eau des baies profondes, par
exemple la baie de Faaora à Raiatea.
Les panaches. En saison
des pluies l’eau turbide
du lagon est évacuée par
les passes et se perd
dans l'océan. Ce flux de
surface est compensé
par un courant entrant
de subsurface.
Ici, la passe Irihonu à
Moorea.
La passe d’Avatoru.
Les courants de passe
sont des
phénomènes
complexes, dépendant
de facteurs
topographiques,
hydrologiques,
climatiques et
océaniques. Dans le cas
d’Avatoru à Rangiroa, le
courant superficiel
entrant se superpose à
un flux lagonaire plus
salé donc plus dense
dont la circulation se
fait au fond de la passe.
78
L'OCÉAN QUI NOUS ENTOURE
Les courants
La surface des océans
représente environ 70 %
de la surface du globe
et l'océan Pacifique en
couvre à lui seul près
océaniques
Le volume total de l’océan
de la moitié.
Pacifique atteint
600 000 000 km\ ce qui représente la moitié du
volume de l’océan mondial. L’océan Pacifique
est également le plus profond des trois océans
moyenne de 4 400 m, ce bassin sédimentaire étant entaillé dans sa partie occi¬
dentale par des fosses de profondeur supé¬
avec une
rieure à 10 km. Dans la partie centrale seuls
des plateaux sous-marins portant des îles
les Tuamotu ou des alignements d’îles
les Australes viennent rompre la
monotonie de la plaine abyssale recouverte
comme
comme
par quelque 5 000 mètres d’eau.
Cette masse liquide est
mouvements lents
admettre
animée de
mais constants et on peut
que chaque molécule d’eau
océanique effectue un trajet circumplanétaire
en trois dimensions en un laps de temps de
l’ordre de 20 siècles. Par comparaison et en
faisant abstraction des continents, la même
molécule d’eau dérivant en surface dans un
courant
équatorial théorique et continu d’un
mètre par seconde, ne mettrait qu’un peu plus
d’une
année
départ.
pour
retrouver son point de
Le bassin Pacifique Sud
méridien 155°W,
L’océan Pacifique Sud est le plus mal connu
raison de ses vastes dimensions. Incomplè¬
en
continentales, il est
peu parcouru par les lignes de navigation
reliant les grandes métropoles humaines.
Limité au sud par le continent antarctique, cet
océan austral est profondément marqué par
les conditions hydroclimatiques du pôle du
froid de la planète. Le long du socle
antarctique plonge une eau qui du fait de
l’intense refroidissement (- 2“C) et de la
sursalure due à la prise en glace hivernale du
pack est la plus dense de toutes les eaux de
tement bordé de marges
l’océan
libre,
abstraction
faite
Convergence et
divergence. Sur une
coupe pôle-équateur du
Pacifique le long du
des
apparaissent les
différentes couches
d'eau (eau de fond, eau
profonde, eau
antarctique, eaux
subtropicale et
équatoriale). Ces
couches sont animées
de mouvements internes
propres alors qu'en
surface apparaissent
les phénomènes de
convergence,
accumulation et
plongée d'eau, ou de
divergence, remontée
d'eau.
Coupe pôle-équateur sur le méridien 155°W
Les mesures de
température et de
salinité sont effectuées
par largage d'appareils
de mesure à partir
d'avions ou de bateaux.
En Polynésie
le Coriolis
effectué de
nombreuses campagnes
depuis 1964. Ici on
descend au bout du
câble porteura
conducteur une sonde
S.T.D. qui donnera la
salinité, la température
et la profondeur de l'eau
de sa plongée.
Tout autour sont
installées des bouteilles
de prélèvement de l'eau
afin de faire d'autres
au cours
analyses (sels nutritifs,
phytoplancton...).
mers
fermées. Cette eau occupe le fond du bassin
antarctique et s’écoule vers l’équateur et les
hautes latitudes nord : elle constitue ainsi l’eau
de fond de l’océan mondial.
Si en surface on s’éloigne du continent
antarctique, on traverse successivement des
zones
de convergence (accumulations et
plongées d’eau) et de divergence (remontées
d’eau) dont la plus marquée est la divergence
antarctique centrée sur 70° Sud et où
affleurent les eaux profondes venant du nord.
L’arrivée
en
zone
éclairée
de
ces
eaux
profondes, précédemment stabilisées entre
2 000 et 4 000 mètres et riches en sels nutritifs,
au printemps austral un bloom
phytoplanctonique intense qui entretient une
biomasse de plusieurs centaines de millions de
tonnes de krill, crevettes euphausiacées, dont
déclenche
se nourissent les baleines.
un
Entre 55 et 50° Sud,
réchauffement des eaux de plusieurs degrés
signale la convergence subantarctique, limite
où les eaux froides venant du sud plongent
sous des eaux plus légères et s’écoulent en
direction de l’équateur ; cette eau de faible
salinité (salinité inférieure à 34,5 pour 1 000)
appelée Eau Antarctique Intermédiaire
79
LES ILES OCÉANIQUES
0
35.5
36
36,5 %o
20°
25°
30°
50
Les courants et contre-courants
occupe progressivement le niveau 500 - I 500
mètres et conserve ses caractéristiques jusque
dans
l’hémisphère boréal. Au nord de la
250 ■
masse
créer une succession de petites convergences
dont la plus importante, appelée convergence
A partir de 500 m, on
trouve l'Eau Antarctique
Profils verticaux de la
température et de la
salinité au large de
Intermédiaire, de faible
salinité et de
Tahiti. Dans la couche
température basse,
superficielle (0-30 m) on
formée en surface dans
les latitudes élevées.
Ces trois masses
d'eau se sont mélangées
trouve une eau chaude
peu salée : cette
dessalure est due
précipitations
aux
locales et à une origine
en
subtropicale se déplace, selon la saison, entre
30 et 40° de latitude Sud et indique la frontière
hydrologique entre le système tempéré et le
système tropical. Entre 25 et 15° de latitude et
à l’est de la Polynésie, se forme en surface, par
l’effet d’une forte évaporation, l’eau la plus
salée du Pacifique (salinité supérieure à 36,5
pour 1 000) dont le déplacement sous l’action
des
alizés
se
fait
vers
Cette Eau
l’ouest.
Sud est progressivement
recouverte, au cours de sa plongée, par des
eaux plus chaudes et moins salées et occupe
dans le Pacifique équatorial Ouest le niveau
Subtropicale
150 - 300 mètres.
En subsurface, entre
50 et 250 m, se place
l'Eau Subtropicale Sud,
très salée, formée en
surface à l'est des
Tuamotu où
l'évaporation est forte
eâü
,
sijbtropicale
sud
:135.75
.t35aa/_
Circulation de surface dans le Pacifique Sud
L .‘SV
W-. ^
^
il
180
140'E
iJ- ..
..
,
J
)
CE
\
EN
CCES
TAHITI
S
21
CCTS
CES
IS^S
\
dérivé d'ouest '
CCA
Les courants et les
contre-courants. Dans
CCA : contre-courant antarctique
le Pacifique Sud le
mouvement des
courants suit une boucle
circulant dans le sens
inverse des aiguilles
d'une montre sous l’effet
des vents. Cette
circulation est
complétée par des
mouvements inverses
.
80
circulation
principalement
car sous
courants.
VIARÜ à MAI 1980
Z.C.P.S. entre les
alizés de nord-est et de
sud-est.
une
peut être
GAMBIER
zone
est
la dépendance des vents, et
représentée en première approxi¬
mation par une grande boucle englobant tout
le Pacifique Sud et parcourue en sens inverse
des aiguilles d’une montre. Cette représen¬
tation globale dite anticyclonique recouvre en
fait une situation plus complexe, mais mal
connue, caractérisée par l’existence de tour¬
billons et de méandres à moyenne et grande
échelle et par la présence plus ou moins
permanente de courants opposés à la
circulation
générale et appelés contre-
zonale
20“S
300K
36,50) à l'est des
Tuamotu qui s'oppose
à la partie ouest
relativement dessalée,
en particulier par les
précipitations de la
Celle-ci
CP : courant du Pérou
EN : El Nino (non permanent)
CCM : contre-courant des Marquises
CE : courant équatorial
CCES : contre-courant équatorial sud
CES : courant équatorial sud
CCTS : contre-courant tropical sud
CEA : courant est australien
l’ouest
et
tournant
autour
du socle
antarctique sous l’effet de vents anticj'cloniques : le contre-courant antarctique. Ce
contre-courant est remplacé quelques degrés
plus au nord par un très large flux dirigé vers
l’est et dont la largeur dépasse 20° de latitude,
la grande dérive d’ouest. Celle-ci alimente en
partie le flux qui remonte le long de la côte
sud-américaine et qui reçoit le nom dé courant
du Pérou. Ce flux tend à dévier sur la gauche
pour devenir un courant zonal est-ouest, le
courant équatorial, qui balaye toute la zone
et les pluies rares.
(salinité supérieure à
étroitement associés à
superficielle.
vers
MARQUISE^.-
Carte de la salinité de
surface de la Polynésie.
Elle fait apparaître
la zone de formation de
l'Eau Subtropicale Sud
sont
Du continent antarctique à l’équateur on
observe successivement : un mince flux dirigé
partie, donnant des
couches intercalaires où
la température et/ou la
salinité varient.
équatoriale occidentale
possible.
déplacements méridiens au sein de la
liquide, déplacements dont les vitesses
vont de 50 cm/s pour les eaux subsuperfi¬
cielles à moins d’ 1 cm/s pour les eaux de fond,
Ces
convergence subantarctique le réchauffement
des eaux superficielles peut être discontinu et
L’OCÉAN QUI NOUS ENTOURE
tropico-équatoriale Sud. Le long de l’axe
équatorial la couche subsuperficielle tend à
migrer vers la surface ; cette remontée d’eau
appelée upwelling , favorable à la produc¬
tion primaire, est une conséquence de la diver¬
gence des eaux de surface qui, sous l’action de
la force de Coriolis, tendent à dévier vers la
gauche dans l’hémisphère Sud et vers la droite
dans l’hémisphère Nord. Également le long de
l’équateur mais entre 100 et 250 mètres de
profondeur coule un courant de retour dirigé
l’est,le courant de Cromwell. Celui-ci
atteint la surface au niveau des Galapagos.
Dans le Pacifique Ouest et en mer du
vers
Corail, la circulation
plus complexe à
cause de la
topographie et de la rotation des
vents pendant la mousson d’été austral. Deux
est
contre-courants permanents ont toutefois été
mis en évidence entre la Nouvelle-Calédonie
l’équateur, le contre-courant équatorial
Sud qui débouche de la mer des Salomon et le
et
tropical Sud, vers 17° Sud.
séparés par le flux vers l’ouest du
courant équatorial Sud dont la vitesse est de
contre-courant
Ils sont
l’ordre de I nœud et l’épaisseur supérieure à
évidence, mais ni son extension orientale, ni sa
La zone marine polynésienne
sont connues.
Incluse
courant, qui pourrait représenter l’extension
saisonnière du contre-courant équatorial Sud,
300 mètres.
dans
la
circulation
générale
transpacifique et bien balayée par les alizés
d’est, la couche océanique superficielle poly¬
nésienne tend à se déplacer vers l’ouest en
subissant des perturbations dues aux obs¬
tacles topographiques et aux variations sai¬
sonnières du régime des vents et du champ de
pression. Dans l’est polynésien, de 4° Nord à
20° Sud, le courant équatorial est particu¬
lièrement constant en vitesse et direction : c’est
inclus dans ce courant que le radeau Kon- Tiki
devait en 1947 s’échouer sur l’atoll de Raroia
(Tuamotu), après une dérive à l,5 nœud de
moyenne à partir du Pérou. Des TuamotuGambier à Pitcairn une veine de ce courant
équatorial s’infléchit vers le sud et rejoint au
sud de 30° S la partie nord du grand courant
de
retour
vers
l’est.
A
la
latitude
des
Marquises ( 10° Sud) un contre-courant super¬
ficiel coulant vers l’est a été récemment mis en
liaison avec la contre-circulation de l’ouest ne
Pendant l’été austral
un
autre contre-
atteint les îles de la Société et amènejusqu’à la
longitude 150° Ouest des eaux chaudes et peu
salées. Au sud des Australes et de 30° Sud le
flux porte à nouveau à l’est en sens opposé à
celui des alizés mais est favorisé par le régime
d’ouest d’hiver austral : c’est après avoir
atteint le tropique Sud que le radeau d’Eric de
Bisschop a pu bénéficier d’une dérive vers l’est
arriver à proximité des côtes chiliennes en
et
1958.
En subsurface les mouvements des eaux
sont
plus lents mais plus constants : dérive
l’ouest, entre 100 et 250 mètres, de l’Eau
Subtropicale Sud très salée (salinité supé¬
rieure à 36,3 pour 1 000) ; dérive vers le nord,
entre 500 et 1 500 mètres, de l’Eau Antarctique
Intermédiaire de salinité minimale (salinité
inférieure à 34,5 pour 1 000) ; dérive vers le sud
vers
2 000 et 4 000 m de l’eau profonde
(température d’environ 3°C) et dérive vers le
entre
Coupe de la température
le long du 150°W. Elle a
été obtenue par des
lâchers d’AXBT à partir
d'un avion de l’U.S. Navy
volant d’Hawaii à Tahiti.
La structure
thermique est
directement en rapport
avec le système des
courants zonaux. Dans
le courant équatorial
qui coule vers l’ouest
la divergence des eaux
de surface à l’équateur
(effet de Coriolis)
entraîne une remontée
d'eau subsuperficielle
plus froide (upwelling)
le montrent les
isothermes 26“ et 27“C :
cette bande équatoriale
refroidie est encadrée
au nord et au sud par de
comme
l’eau à plus de 28°C. Des
contre-courants coulent
l'est ; le contrecourant Nord, entre 5°N
et 10“N, est le plus
vers
important ion observe
une remontée nette de la
thermocline sur sa
borduranord vers 10“N
(doming). Un
phénomène analogue
mais plus faible est
décelable sur la
bordure sud du contrecourant des Marquises
vers 10°S ; ces
mouvements verticaux
(upwelling et doming)
permettent aux sels
nutritifs profonds
d’enrichir l'eau de
surface.
nord entre 4 000 et 5 000 m de l’eau de fond
(température d’environ 1°C). Résultante de
toutes les forces externes et internes qui
s’exercent sur le milieu océanique, tension du
vent dans les couches superficielles, courants
de pente, courants de densité, ondes internes,
cette
circulation à trois dimensions reflète la
grande inertie de l’océan et constitue la
mémoire hydroclimatique de la planète.
Les courantométres
sont des appareils de
haute précision que l’on
utilise pour mesurer et
enregistrer la vitesse et
la direction des courants
océaniques.
Ils comportent en
général un rotor
actionné par l’eau et
une dérive qui s’oriente
dans le courant.
81
LES ILES OCÉANIQUES
Des eaux peu
L’océan est en état de stratification thermique
élevée, empêchant tout mélange entre les
productives
La
grande transparence des
eaux
du
Pacifique central tropical Sud est le signe
d’une faible densité en organismes planctoniques ; la couleur bleu outre-mer est en
effet pour l’océan ce que le jaune du sable
signifie pour la terre : le désert.
La production primaire
et sa mesure
La production primaire représente le résultat
de l’activité photosynthétique des végétaux,
créant de la matière organique à partir du gaz
couches superficielles épuisées en éléments
nutritifs et les couches plus riches et moins
chaudes qui se situent à 200 ou 300 mètres de
profondeur, et au-delà.
Les phénomènes de remontée
d’eau
Dans les eaux du large, ce faible niveau de
production primaire ne sera augmenté que
dans les zones où peuvent se produire des
remontées d’eau vers les couches superfi¬
cielles, appelées doming pour les couches
superficielles ou upwelling lorsque le phéno¬
mène atteint la surface. Ces zones privilégiées
sont peu nombreuses dans le Pacifique central
carbonique et des sels minéraux, en utilisant
l’énergie fournie par le soleil. Le gaz
carbonique est constitué de carbone et
d’oxygène et le premier de ces éléments est
indispensable aux molécules de matière
Sud et restreintes à deux structures zonales.
nitrites,
Cet upwelling équatorial est mis en évidence
vivante. Les sels minéraux sont les nitrates,
phosphates et silicates, essentiel¬
lement. Cette photosynthèse s’accompagne
d’un rejet d’oxygène.
La production primaire dans une masse
d’eau océanique ou lagonaire sera donc
fonction de ces paramètres que sont la teneur
en sels minéraux et
évident que cette
D’une part une bande équatoriale où les
eaux
du
courant
équatorial coulant
vers
l’ouest sous l’action des alizés d’est, divergent
à l’équateur sous l’effet de la force de Coriolis
et entretiennent une remontée d’eau verticale.
par un refroidissement en surface de plusieurs
degrés et par un sensible enrichissement en
phosphate. Cette divergence équatoriale a un
effet très positif sur la production primaire les teneurs en chlorophylle-a peuvent dépasser
2 mg/m’ en surface. Bien que la divergence
équatoriale soit située au-delà de la limite
nord de la Zone Économique Exclusive des
200 milles, elle a un effet positif sur la produc¬
tivité des eaux au nord des Marquises.
D’autre part, un doming associé à la
limite sud du contre-courant des Marquises
entraîne une augmentation de la production
primaire sensible entre 50 et 150 mètres de
profondeur.
Les effets d’île et les effets de lagon
ces phénomènes propres à la
équateur-Marquises, d’autres manifes¬
tations plus ponctuelles peuvent améliorer la
production primaire des eaux.
11 existe ce que l’on peut appeler les effets
d’île ou d’archipel : les obstacles que consti¬
tuent les îles pouvant être générateurs de tour¬
billons au sein des courants océaniques et
En dehors de
zone
entraîner
éléments
la lumière. Mais il est bien
production sera d’autant
plus importante que la masse d’organismes
végétaux - ici du plancton végétal ou phytoplancton - est plus importante. 11 y a donc lieu
de distinguer cette masse (biomasse phytoplanctonique) de ce qu’elle est capable de
synthétiser comme matière vivante en une
période de temps déterminée ( production
primaire). La biomasse s’exprime en
milligramme de chlorophylle par mètre cube
d’eau
les pigments chlorophylliens per¬
mettent aux végétaux la photosynthèse. La
production primaire s’exprime en milli¬
gramme de carbone fixé par jour et par mètre
cube d’eau par le phytoplancton, lorsque
celui-ci fabrique de la matière vivante par
photosynthèse. Des coefficients permettent de
passer des valeurs de mg de chlorophylle à la
biomasse réelle du phytoplancton, et des
valeurs de mg de carbone par m’ par jour à la
quantité de matière vivante totale produite
par m’ et par jour en ce qui concerne la
production primaire.
Les passes. Ce sont les
lieux de passage des
eaux enrichies dans le
lagon. La concentration
de plancton, larves et
petits poissons y attire
-
les thonidés.
<9J
qui situent la zone océanique de Polynésie
parmi les moins productives de l’océan
tropical.'Les teneurs en sels nutritifs dissous
effectivement très faibles à l’intérieur de
la couche éclairée, dite couche euphotique, où
sont
peuvent avoir lieu
les processus de
photosynthèse du phytoplancton.
Cette relative
carence
en
sels nutritifs
azotés, phosphatés et silicatés, constituant
généralement le facteur de limitation de la
production organique primaire de la zone
marine tropica,le, est aggravée dans le
Pacifique central Sud du fait de la plus grande
épaisseur de la couche chaude superficielle.
82
V;.
.
0f
\
r*,
i-
if
Les nutriants sont les
V'\ V./\/
1
A/
\
\
w
Une faible production primaire
Les évaluations de la biomasse végétale de la
couche de surface donnent des chiffres faibles
seuls
remontées d’eau riche en
nutritifs.
Les
conséquences
des
_i
:
V)
%
Q.
PH
composés essentiels
organiques ou
inorganiques
nécessaires au
développement des
organismes
autotrophes : nitrates,
nitrites, phosphates,
silicates, vitamines...
Leur concentration
renseigne sur la qualité
productive des masses
d’eau. Ainsi le long du
154°W les résultats
de la campagne
Danaïdes II du
^.
Coriolis en 1977 font-ils
ressortir la différence
s entre les eaux de surface
au nord et au sud de
10» S.
Au nord, la remontée
des eaux profondes en
direction de l’équateur
k
(oxygène < 3ml/l et
pH < 8,10) enrichit la
couche 0 - 100 m
(nitrates >
1 mmole/m= et silicates
>2 mmole/m=).
Au sud de 10°S une
couche de surface
épuisée s’épaissit et
atteint 250 m à la
latitude des îles Sous-leVent. Cette situation
très stable caractérise
un “désert océanique".
L'OCÉAN QUI NOUS ENTOURE
bénéfiques sur les paramètres physico¬
chimiques sont cependant difficiles à mettre
en
évidence et semblent limitées
aux
eaux
subsuperficielles. Ainsi les observations faites
autour des îles Australes n’ont jamais révélé
de phénomènes de remontée verticale et les
changements des qualités de l’eau qui en
résultent ; la zone située entre 20° et 35° Sud
est l’une des plus pauvres en sels nutritifs et en
chlorophylle-a.
On observe aussi des effets de lagon : le
délestage dans l’océan des eaux ayant subi un
transit lagonaire crée au niveau des passes un
panache enrichi en plancton, larves et petits
poissons. Ces divers organismes ont un effet
très attractif sur les thonidés, faisant des zones
de passe
des lieux d’agrégation et de pêche
privilégiés.
Les engrais de la mer
Dans l’océan les processus qui, à partir des
excrétions et des tissus morts, permettent le
recyclage de la matière vivante, sont analo¬
gues à ceux de la biosphère terrestre. Des plus
petits organismes planctoniques jusqu’aux
L’oxygène dissous
dans ies couches
superficieiies de l'océan
requins et aux baleines, la flore et la faune
marines qui meurent entrent en décomposi¬
tion et sont ainsi dégradées par des bactéries
qui tendent à transformer les cellules
complexes à base de protéines, lipides et
glucides en molécules plus simples et réassi¬
milables. Ces processus permettent ainsi aux
résidus particulaires de se transformer en
éléments dissous, organiques ou minéraux,
lorsque leur taille devient inférieure à
0,45 micron. Ainsi les acides aminés et l’urée
d’un copépode ou d’un poisson seront pro¬
gressivement transformés et oxydés en ammo¬
niaque, puis en nitrite et finalement en nitrate.
Cette activité bactérienne qui oxyde la matière
vivante en matière minérale (minéralisation)
est consommatrice d’oxygène mais permet à
l’océan de régénérer son stock de nutriants
essentiels, phosphates, silicates et nitrates, qui
sont les indispensables engrais de la mer.
Une faible production secondaire
La production secondaire se définit comme la
quantité de matière vivante animale produite
par les animaux végétariens. 11 s’agit essen¬
est en
tuent le zooplancton se nourrissant du phyto-
plancton. Le zooplancton entre à son tour
dans la chaîne alimentaîre (ou chaîne
trophique) lorsqu’îl est consommé par les
coraux ou certains poissons.
En ce qui concerne la production secon¬
daire, il est plus difficile de la quantifier, mais
les travaux actuels confirment également la
pauvreté de la zone polynésienne, car il y a une
relation directe entre la production primaire
et la production secondaire.
Sur un axe Australie-Amérique centrale,
les concentrations de copépodes de la couche
de surface sont en moyenne supérieures à 100
par litre d’eau de mer dans le sud de la merdu
Corail, comprises entre 50 et 80 entre la
Nouvelle-Calédonie et les Tonga, inférieures à
20 en Polynésie, puis atteignent 300 à l’équa¬
teur et dépassent 1 000 à l’est des Galapagos.
La zone marine polynésienne se situe donc au
bas de l’échelle de production océanique
tropicale mondiale et ne paraît donc pas
pouvoir abriter les mêmes populations de
thonidés (et de prédateurs pélagiques) que les
eaux
bordurières du
l’oxygène de l’air
puisqu'il est à la fois
ration, et aussi produit
pendant ie jour par
les eaux polynésiennes
qui sont même souvent
processus de reminéra¬
lisation et par la respi-
tique. L’oxygène est
toujours abondant dans
Le gaz carbonique
i’activité photosynthé¬
consommé par les
équilibre instable avec
tiellement de crustacés copépodes qui consti¬
sursaturées en surface.
réajustement permanent
mosphère, dans les eaux
superficielles, par
dégazage ou dissolu¬
tion. Ainsi l’océan joue-
microscopiques (de 5
microns à 1 millimètre)
parmi lesquelles les
(CO^ ou anhydride
carbonique) dissous
avec
•oxygènie (20%)
■composés azotés organiques
bactéries
-^îkatrices d'azote
\
\
\
.^-■tissu^
détritique
^rganique
M
tissu détritique
‘
'
-
'''
ptï^pfahcton
ml /
végétalcs'C>.''
émis sur les continents
le phytoplancton
constitue les “pâturages
de la mer”. Capable de
résistants : becs de
calmar ou dents de
requin ; ils vont
constituer les noyaux
des nodules de
nitrate
.
'
,
çonlommation î production
L -- ‘ d’oxygène
composés azotés minorai
minéraux
.O
IV
manganèse.
J djoxygène
!
<
Constitué pour
l’essentiel d’algues
Diatomées, les
Dinoflagellés et les
profondeurs ne subsis¬
tent que les plus
nitrite
vivant en
t-il un rôle de tampon
pour le cycle du CO^
car il stocke une fraction
par l'utilisation des car¬
burants. La concentra¬
tion en CO“ dans
l'océan augmente avec
la profondeur, ce qui
entraîne une dissolution
accélérée des tests
calcaires. Parmi les
matériaux qui tombent
de la surface vers les
ammoniac
bactéries
le CO^ de l’at¬
importante de celui-ci
!
dénitrifj^tes -.», -^*
\
excrétions
:
bactéries
.
Le phytoplancton est
l'ensemble des
organismes végétaux
pleine eau, de
capacité natatoire nulle
ou faible, qui sont
déplacés passivement
au gré des courants.
dans l’eau de mer est en
azote moléculaire (80%).
Pacifique.
Coccolilhophoridés
sont les plus nombreux,
synthétiser la matière
organique vivante à
partir de l’énergie
lumineuse solaire et des
sels inorganiques
dissous grâce à ses
pigments
chlorophylliens, il est la
seule source de
nourriture pour tous les
organismes, herbivores
ou carnivores, qui
peuplent les océans. Il
se trouve dans la couche
superficielle bien
éclairée. Sa
concentration est élevée
dans les zones côtières
enrichies par les apports
en sels nutritifs des eaux
continentales et dans
certaines zones
océaniques où des
remontées d’eau
profonde amènent ces
sels en surface. Les mers
tropicales où la couche
de surface chaude isolée des couches
profondes froides et
riches par une
thermocline très stable est rapidement
épuisée
sels nutritifs par la
photosynthèse, sont en
général pauvres en
phytoplancton et,
en
Carte des eaux riches e
nutriants. La Polynésif
apparaît au centre d’ui
eaux
riches en nutriants
“désert" dont les
limites sont au sud le
continent antarctique,
à l’est le continent
américain et au nord 1;
zone
équatoriale.
partant, ne peuvent
fournir que des
ressources limitées pour
la pêche.
Sur la photo,
des Dinoflagellés,
Ceratium vultur.
83
LES ILES OCÉANIQUES
L’eau des lagons
peuvent dépasser très largement la moyenne
océanique de 2 mmole/mL
Si la superficie occupée par la centaine de
lagons
polynésiens ne représente que le
I ; I 000 de la Zone Economique Exclusive, le
volumique lagon/océan est encore
plus faible. En prenant en première approxi¬
mation
20
mètres
comme
profondeur
moyenne de l’ensemble des lagons et 4 000 m
pour la zone océanique, on obtient un rapport
rapport
inférieur à 1/100 000. L’eau incluse dans les
lagons ne constitue donc qu’une infime partie
de la masse océanique et ne saurait, lorsqu’elle
est réincluse dans la circulation
générale,
altérer notablement les propriétés de la
couche de surface océanique. 11 est toutefois
évident que les systèmes lagonaires jouent un
rôle majeur dans certaines activités humaines ;
leur connaissance doit donc constituer le
préalable à toute tentative de développement
de gestion rationnelle des zones côtières et
des atolls. Le sujet suivant, ainsi que le volume
de l’Encyclopédie consacré à la faune et à la
flore marines, envisagera l’impact sur les éco¬
systèmes récifaux et lagonaires des activités
humaines qui engendrent pollutions et dégra¬
dations, plus particulièrement dans les
quelques îles hautes où la concentration
urbaine est importante.
et
Ainsi, dans le lagon de Vairao, lors des
fortes crues des rivières, les teneurs atteignent
jusqu’à 100 fois la valeur océanique, le rapport
étant de l’ordre de 10 à 20 pour les autres
éléments nutritifs. La production primaire des
de ce lagon, d’une teneur moyenne en
pigments chlorophylliens de 0,4 mg/m\
représente 4 fois la valeur océanique moyenne
de surface. L’oxygénation des eaux, de l’ordre
de 5 à 6 ml/1 est donc au moins égale à la
eaux
valeur de saturation. On
ne connaît pas de
façon précise les caractéristiques de la circu¬
lation dans ce lagon mais la transparence des
eaux indique un temps de résidence assez
court. La sélection de ce site pour des opéra¬
tions d’aquaculture s’avère donc un choix
judicieux confirmé par le maintien de la
qualité des eaux, même en période très
pluvieuse.
Les lagons confinés. D’autres types de lagons,
moins
ouverts
à
l’influence
océanique,
peuvent abriter des eaux dont les propriétés
physico-chimiques s’écartent sensiblement de
leurs caractéristiques d’origine. Ainsi, le lagon
de Port-Phaeton entre Tahiti Nui et Tahiti Iti,
fortement enclavé dans les terres, indente
profondément l’isthme de Taravao et s’ouvre
par le sud sur l’océan (passe de Teputo) et sur
le lagon ouest de la presqu’île de Taiarapu.
Sur plus de la moitié de sa superficie, la baie a
une profondeur inférieure à 5 mètres, les
sédiments terrigènes de la partie nord étant
progressivement remplacés vers le sud par les
dépôts organogènes des récifs coralliens
affleurants. Les teneurs en seslon, ensemble
des particules vivantes ou détritiques, varient
de 2 à 10 mg/1 en fonction du degré de confi¬
nement
qui
des eaux et des précipitations.
concerne
En ce
la production, les teneurs
en
pigments chlorophylliens sont peu élevées et
Les passes. Elles jouent
un rôle essentiel dans le
fonctionnement des
lagons. Ici une des plus
belles baies de
Polynésie, celle
d’Opunohu à Moorea.
Les lagons d’îles hautes
Ces lagons sont surtout développés autour des
îles Australes, des Gambier et des îles de la
Société, où ils peuvent constituer une ceinture
quasi ininterrompue. De profondeur
moyenne de l’ordre de 10 à 15 mètres et de
largeur généralement comprise entre 100 et
1 000 mètres, ils sont ouverts sur l’océan par
des passes habituellement situées dans l’axe
des vallées. Le navigateur J. Cook avait
d’emblée deviné la relation
entre ces
ruptions du récif-barrière
inter¬
et la nécessaire
évacuation des eaux douces ou saumâtres
issues du ruissellement sur les reliefs.
L’existence de passes, puisque celles-ci fonc¬
tionnent le plus souvent dans le sens lagon-
océan, en permettant l’évacuation de l’excès
d’eau accumulé par la marée, le vent, les
houles, est également liée au fonctionnement
Schéma de
fonctionnement d’un
lagon continé. Ce
fonctionnement est
celui d’une baie comme
celle de Port-Phaeton,
avec
pour principales
caractéristiques
l'évacuation en surface
des éléments terrigènes
vers
l’océan, la
pénétration d’un flot
océanique sous la
précipitations
supérieures à
l’évaporation.
En fait
chaque lagon et même chaque
lagonaire constitue un
système
différencié dont les caractéristiques sont
fonction de la topographie des récifs et des
passes, de la bathymétrie, de l’exposition aux
secteur
dominants
et
des
flux
d’effluents
liquides ou solides qui s’y déversent.
Les lagons ouverts.
aux
vents
Dans les lagons exposés
dominants
comme
ceux
de
la
presqu’île de Tahiti, qui sont à la fois larges et
profonds, les caractéristiques hydrologiques
sont peu différentes de celles de la couche de
surface océanique, le rôle des influences terrigènes étant minime. De même la dilution
entraînée par les eaux de ruissellement
représente une proportion de moins de I pour
1 000 d’eau douce. Les teneurs en sels nutritifs
phosphatés et azotés
sont également très
proches de celles de la couche de surface
océanique et ne dépassent pas 0,7 mmole/ml
En revanche, les teneurs en silicates
84
PLUIE
ÉVAPORATION
et à la circulation des eaux du secteur de
lagon
dans lequel elles sont incluses.
vents
ALIZÉ D'EST
surface et des
sud-ouest
L’OCÉAN QUI NOUS ENTOURE
plus proches des valeurs moyennes des
côtières de Tahiti (0,1 à 0,2 mg/m’) que
celles du lagon voisin de Vairao. On est amené
à invoquer la présence, dans les eaux de PortPhaeton, d’un mécanisme inhibant partielle¬
ment la photosynthèse planctonique qui n’uti¬
liserait de ce fait qu’une fraction des nutriants
disponibles. En période sèche, l’énergie
sont
eaux
lumineuse incidente est maximale et la trop
forte irradiation ultra-violette peut effec¬
tivement abaisser le rendement photosynthé¬
tique de la couche superficielle surchauffée.
En période très pluvieuse, la présence de la
couche dessalée superficielle peut également
constituer une entrave au développement du
phytoplancton par son effet mécanique et ses
effets induits : forte turbidité limitant la péné¬
tration de la lumière
vers
les couches
sous-
jacentes, brutale augmentation des teneurs en
éléments libérés par l’érosion naturelle du
relief (titane, magnésium, fer, etc.) et, éven¬
tuellement, entraînement d’effluents artificiels
(pesticides, détergents...). La possibilité d’im¬
prégnation de la bande côtière par des
molécules issues de la dégradation de certains
végétaux toxiques comme le Barrintoniaasiatica n’est également pas à exclure.
Le renouvellement des
eaux
de la baie
dépend directement du régime des vents : il est
important lorsque les alizés bien établis
évacuent vers la passe la couche superficielle
dessalée et riche en particules. Ce mouvement
est
compensé en profondeur par une
pénétration d’eau océanique en direction du
goulet nord. Cette circulation, de type
“estuaire”, est favorisée par l’absence de seuil
et la relative profondeur dans l’axe de la baie ;
elle s’oppose donc au confinement des eaux et
constitue le mécanisme essentiel de préser¬
vation de l’écosystème. Par calme plat ou vent
inférieur à 5 nœuds (30 % du temps) le temps
de résidence augmente notablement alors
que certains déséquilibres peuvent
s’amorcer : diminution de la teneur en oxy¬
même
gène dissous, augmentation du pH, formation
de poches d’eaux dessalées et surchauffées,
etc. Ces déséquilibres, dont les états limites ne
sont pas connus précisément, illustrent la fra¬
gilité de ce milieu semi-confiné qui réunit des
caractéristiques propres aux lagons et aux
estuaires.
Les lagons d’atolls
Les quelque 80 lagons d’atolls de Polynésie
française appartiennent presque tous à l’ar¬
chipel des Tuamotu, orienté nord-ouest/sudest. Les caractéristiques morphologiques des
exondées sont relativement sem¬
blables mais les milieux liquides lagonaires
couronnes
peuvent être différents, avec comme facteur
primordial de différenciation l’existence ou
non
de passe.
Le transit Interne des
sels nutritifs. En dehors
des passes et des hoa,
points de
communication entre
l’océan et l’eau des
lagons, il existe un
autre type d’échanges
lagon-océan par le socle
corallien poreux.
Sur ce schéma,
synthétisant des études
menées dans l’atoll
fermé de Takapoto,
apparaît le transit des
Les hoa. Dans les lagons
sels nutritifs
d’atolls fermés
(phosphates, nitrates.,.)
dépourvus de passe
franche, les échanges
lagon-océan se font en
surface par les hoa.
organogène de l’édifice
corallien.
A noter la
représentation de la
couche d'eau éclairée
par le soleil, ou couche
euphotique (environ
200 mètres).
de l’eau océanique
profonde vers le lagon.
Cet échange invisible se
fait à travers le calcaire
sS
nord-est
entrée par hoi
couche eclairée
sédiments
terrigènes
200 m
silice
EAU PROFONDE
RICHE EN SELS^
NUTRITIFS
VOLCAN basaltique
_
SILICEUX
.
85
LES ILES OCÉANIQUES
Les
lagons d'atolls fermés. L’atoll de
Takapoto est caractéristique des nombreux
atolls dépourvus de passe franche et a fait
l’objet d’une étude globale dans le cadre du
programme Man and Biosphère (M.A.B.) de
i’UNESCO. Avec 20 mètres de profondeur
moyenne et 50 mètres en son centre, cette
nappe lagonaire semble au premier abord
définitivement captive puisque les échanges
externes avec l’océan se limitent au débit inter¬
mittent de 2 hoa dans le sens océan-lagon. Le
milieu peut être fortement stratifié en salinité,
gradient vertical capable d’assurer le
d’inversions de température
supérieures à 1"C entre la surface et le fond.
La salinité moyenne du lagon (40 pour 1 000)
étant supérieure à celle de l’océan (36 pour
1 000), cette différence permet une évaluation
du temps de résidence théorique des eaux
lagonaires. Un calcul de ce type basé sur la
valeur de certains paramètres (bilan Évapo¬
avec un
maintien
perte en sel est 2 fois plus importante qu’en
probables de fluctuations de la salinité et
amène à conclure à un temps de renouvelle¬
ment à 50 % de l’eau lagonaire de 2 à 3 ans.
socle
hoa, etc.)
permet de fixer les limites
Toutefois un certain nombre d’observa¬
tions ont permis de montrer que le fonction¬
lagon était plus complexe et que
échanges externes devait être
complétée par celle des échanges internes à
travers le socle poreux de l’atoll. En effet, avec
une évaporation vraie
positive de -h 50 cm/an
et une compensation par le débit des hoa
nement
du
l’étude
des
fonctionnant
essentiellement
dans
le
sens
océan-lagon, le lagon de Takapoto devrait
être sursaturé en sel, puisque l’eau douce
d’évaporation est remplacée par de l’eau
océanique ; comme ce n’est pas le cas, il existe
une évacuation probable de l’excès de sel à
travers
la
poreux.
Le fait qu’en période pluvieuse la
couronne
ou
le
socle
corallien
période sèche s’explique par le réajustement
hydraulique du niveau du lagon à travers le
poreux.
nutritifs,
un
Inversement,
pour
les sels
transfert ionique par diffusion
océan-lagon par l’intermédiaire
de l’eau interstitielle du socle corallien peut
dans le sens
constituer le mécanisme nécessaire et suffisant
au maintien de la production
primaire, 4 fois
plus élevée que celle de la couche océanique de
même épaisseur.
Les lagons d’atolls ouverts. Le lagon de l’atoll
de Moruroa est celui sur lequel nous détenons
le plus grand nombre de connaissances scien¬
tifiques. En effet, pour des raisons liées au
choix de cet atoll comme site des tests nuclé¬
aires à partir de 1965, plusieurs organismes
ont étudié l’atoll et son lagon.
Celui-ci possède
dans sa partie ouest une large passe profonde
de dix mètres, par laquelle s’évacuent les eaux
Fonctionnement du
Période sèche : processus statique
Évaporation
ration/Précipitations, niveau du lagon, débit
des
Précipitations
lagon de l’atoll fermé de
Takapoto. En période
sèche l'évaporation
l’emporte sur les
précipitations ; dans le
lagon le niveau a
tendance à baisser et la
salinité augmente ; pour
expliquer que ces
changements soient
limités - compte tenu
que les apports d’eau
océanique par les hoa
restent faibles et ne
peuvent qu'ajouter du
sel - il faut que des
échanges à travers
l’édifice corallien
compensent la baisse du
niveau et exportent le
sel.
En période pluvieuse,
le niveau a tendance à
Période pluvieuse : processus dynamique
.
,
.
.fs; V
^ ...;:s
•
Évaporation
Précipitations
augmenter et la salinité
diminue ;
malgré
rapport d'eau par le
déferlement des houles
le lagon ne déborde pas,
qui implique une
évacuation du volume
excédentaire à travers le
calcaire poreux de
l’atoll.
ce
L’atoll de Takapoto n'a
dilution
calcaire organogène poreux
pas de passe ; sa
superficie est de 70 km7
La profondeur moyenne
du lagon est de 20 m.
Dans cette vasque
partiellement isolée de
l’océan, les espèces
marines sont moins
nombreuses et moins
diversifiées que dans les
lagons ouverts.
Quelques espèces
dominent : les nacres
Pinctada margaritilera,
86
les bénitiers Tridacna sp.
A la saison chaude,
apparaissent de fortes
concentrations de
petites méduses
urticantes, les kea-kea,
qui constituent une gêne
pour la chasse sousmarine et la plonge des
nacres.
L’OCÉAN QUI NOUS ENTOURE
lagonaires lors de la marée descendante. Avec
une dynamique propre élevée, caractérisée
par
une contre-circulation profonde des eaux vers
l’est de l’atoll, en réponse à une dérive super¬
ficielle vers l’ouest en régime d’alizés, ce lagon
est typique des lagons à passe et abrite une
biomasse tant benthique que planctonique
importante. En ce qui concerne la richesse
phytoplanctonique, les teneurs en chlorophylle-a sont de l’ordre de 0,4 mg/m-\ et donc
supérieures aux teneurs de la couche océani¬
que superficielle. Toutefois, ramenées à l’unité
de surface sur toute l’épaisseur de la couche
éclairée,
les
semblables
25
teneurs moyennes s’avèrent
dans les deux milieux (20 à
mg/m2 de chlorophylle-a). 11 reste qu’à
chaque reflux le lagon perd de façon définitive
une
fraction importante de sa biomasse
primaire et secondaire, une évaluation
empirique donnant le chiffre de 10 tonnes de
matières planctoniques perdues par mois.
Ce constat fait donc ressortir le paradoxe
concernant
le
fonctionnement
de
type
ce
d’écosystème lagonaire qui, exportant quoti¬
diennement par la passe une partie de sa
production primaire et secondaire, ne s’épuise
pas pour autant : la machine récifo-lagonaire
accomplirait donc le prodige d’être traversée
par une eau océanique claire, pauvre en sels
nutritifs, en phytoplancton et en zooplancton,
restituant à l’océan le même volume
d’eau considérablement enrichi en pigments et
tout en
planctoniques...
L’éventualité d’é¬
changes internes lagon/océan à travers le
socle corallien poreux s’impose donc, si l’on
veut équilibrer les éléments du bilan éner¬
gétique lagonaire. Des prélèvements effectués
en 1980 dans quelques-uns des profonds puits
forés à partir de la couronne de l’atoll ont
permis de connaître la composition physico¬
chimique de l’eau interstitielle présente dans le
socle corallien poreux (0-500 m) jusqu^’au cône
taxa
basaltique. 11 apparaît ainsi que, si le gradient
thermique vertical dans le socle poreux est
identique à celui de l’océan, les teneurs en sels
nutritifs azotés et silicatés sont à profondeur
égale plus importantes dans l’eau interstitielle
que dans la couche euphotique océanique.
ces données permet de
modèle de fonctionnement des
lagons d’atolls dont le maintien de la fertilité
est assuré par une diffusion verticale des sels
nutritifs, depuis l’eau océanique intermé¬
diaire jusqu’à la base du lagon. Affleurant à la
surface
océanique, la vasque lagonaire
fonctionne ainsi à la façon d’une lampe à
pétrole : la photosynthèse brûle les nutriants
exogènes qui apparaissent à la base du lagon
après avoir migré dans le socle corallien (la
mèche) à partir du riche réservoir océanique
profond (Eau Antarctique Intermédiaire).
L’ensemble de
proposer un
océan
lagon
chlorophylle-a 0.1mg/m^
chlorophylle-a 0.5mg/m®
r-o
nappe
phréatique
100
.
pertes latérales
|
^thermocline
-200
nitrates
silicates
basalte siliceux (andésite)
zone
périphérique
d’altération de l'andésite
I -1000
^^concentration en mmole/m^
L'eau
océanique qui rentre est
pauvre en
phytoplancton (0,1 mg
chlorophylle-a/m^) alors
que l'eau lagonaire qui
sort est nettement plus
riche (0,5 mg/m^) ; Il en
va de même pour le
zooplancton ; l’atoll est
donc un exportateur de
matière organique dont
la production suppose
un apport de sels
nutritifs dans le lagon.
L'eau océanique de la
Fonctionnement du
lagon de l’atoll ouvert
de Moruroa. L'eau
océanique pénètre dans
le lagon par déferlement
des houles par dessus
la couronne récifale et
par un courant près du
fond dans la passe
principale où s'établit
surface le courant
sortant vers le large.
en
couche de surface
entrante est épuisée en
sels nutritifs et la seule
source
possible est la
réserve des couches
océaniques profondes
en dessous de la
thermocline ; des puits
forés dans la masse de
l’afoll ont confirmé la
présence de
concentrations
importantes de silicates
et de nitrates dans l'eau
interstitielle du socle
corallien poreux et leurs
gradients ont été
mesurés en fonction de
la profondeur. Par un
effet de mèche, des sels
nutritifs de la réserve
océanique profonde
sont amenés vers la
vasque lagonaire où ils
sont utilisés par la
photosynthèse des
algues benthiques et
des algues symbiotiques
des coraux pour
produire de la matière
vivante en amont des
diverses mailles du
réseau trophique de
l'écosystème de l'atoll.
Ainsi sont mis en
évidence des échanges
ioniques entre le lagon
et l’océan profond à
travers la masse de
l’édifice calcaire poreux
d’un atoll ouvert. Les
atolls sont des "oasis"
dans les “déserts
océaniques”.
87
LES ILES OCÉANIQUES
Les lagons
et les activités
humaines
douce polluée et aux chocs osmotiques qu’ils
entraînent.
par ceux-là même qui les utilisent pour leurs
activités de pêche, de loisir, d’aménagement
du
littoral, etc. Les menaces les plus impor¬
plus
peuplées, là où les rejets incontrôlés, les
pollutions et les dégradations multiples
tendent à transformer les rivières en égouts à
ciel ouvert. Ce problème de l’impact des
activités humaines sur les lagons n’est évoqué
ici qu’en ce qui concerne les qualités des
tantes
masses
existent
autour
des
îles
les
d’eau. Les effets sur la faune et la flore
des récifs et lagons seront développes dans le
de l’Encyclopédie consacré aux
peuplements animaux et végétaux marins.
volume
Entre Paea et Mahina les données recueillies
indiquent une
dégradation croissante de la qualité des eaux
lagonaires, le facteur initial de ces déséqui¬
libres étant constitué par les apports des
rivières, véhicules principaux des pollutions.
Les comptages bactériens font également
apparaître des pullulations dangereuses dans
les baies les plus confinées, en conséquence
directe de la surpopulation humaine de la
bande côtière. Les données d’hydrologie
donnent une moyenne de 28°C pour la
température, 35,5 pour 1 000 pour la salinité, 9
à 12 mg/1 pour la charge particulaire sestonique et 6 à 8 mg/1 pour l’oxygène dissous. La
biomasse phytoplanctonique évaluée par la
charge en chlorophylle-a est comprise entre
0,1 et 0,5 mg/m3, le pourcentage de pigments
actifs étant particulièrement bas et inférieur à
50 %. Ce mauvais état des populations est en
partie redevable aux importants apports d’eau
au cours de la dernière décennie
Les coraux
constructeurs de récifs
(scléractiniaires
hermatypiques) sont en
équilibre précaire avec
leur environnement
écologique et les
conditions habituelles
de lumière, de courants,
d’agitation de la surface.
88
distinguer entre les apports telluriques à
partir du socle basaltique (mercure) ou
océanique (cadmium) et ceux dépendant de
l’activité humaine (cuivre libéré par l’antifouling des bateaux, plomb libéré par
l’essence, etc.). Ainsi les teneurs relativement
de
Ce patrimoine naturel exceptionnel que
constituent les lagons est gravement menacé
D’autres données permettent également
élevées
de
mercure
aux
embouchures des
rivières, 3 à 10 fois supérieures aux teneurs
océaniques, sont probablement d’origine
tellurique, par lixiviation des roches basal¬
tiques, mais posent néanmoins un problème
d’ordre toxicologique. La concentration de
cet élément très toxique par certains bivalves
comme le bénitier, est à prendre en compte, dé
même que l’augmentation progressive des
teneurs au fur et à
mesure de l’élévation du
niveau trophique des espèces marines.
La zone portuaire, en expansion vers la
Taaone grâce à la protection d’une
digue cimentée sur le récif-barrière a entraîné
de grandes modifications topographiques et
morphologiques ; la dégradation qui en
résulte a un caractère irréversible et pourrait
s’étendre à l’ensemble des lagons nord-ouest,
en
l’absence de mesures de protection et
passe du
d’assainissement.
En
effet
les
travaux
effectués ou en cours diminuent les apports
océaniques directs et augmentent le temps de
résidence d’une eau portuaire, polluée en
permanence par les décharges de plusieurs
rivières et l’arrivée d’effluents urbains non
traités. Nous ne pouvons pour le moment
percevoir qu’une partie des conséquences :
augmentation de la turbidité, mort d’un fort
pourcentage d’algues et de coraux, disparition
de la grosse faune des platiers et odeurs déplai¬
santes lorsque l’alizé de nord-est ne souffle
pas. Les altérations de cet écosystème étant
certainement plus importantes qu’il n’y paraît,
on est ainsi malheureusement amené à parler
dedensitéplanctonique,
dégradés et appauvris,
comme le
optimales sont remplies,
(comblement, érosion,
glissement d’éboulis...),
soit par le fait des
pour une cause
indéterminée, expulsé
algues symbiotiques
internes (les
zooxanthelles) et se
trouve ainsi dépigmenté.
etc.
Quand les conditions
la colonisation des
fonds peut être totale,
comme le montre cette
colonie d’Acropora.
Toutefois certains
milieux peuvent être
soit à la suite d’une
évolution naturelle
activités humaines.
D’autres altérations du
biotope sont plus
difficiles à interpréter.
blanchiment
des coraux. Celui au
centre de la photo a,
ses
d’un lagon en voie de dégénérescence.
Pour les lagons d’îles hautes en zones d’urba¬
nisation intensive comme ceux de Tahiti, nous
nous
devons d’insister
sur
les
conclusions
pessimistes des études effectuées : les pollu¬
tions
actuelles
inévitablement
liées
aux
activités humaines nous conduisent à parler
d’ores et déjà de survie problématique. C’est
hélas un des aspects du lourd tribut que risque
de payer l’île, en conséquence d’une poussée
démographique parmi les plus fortes de la
planète : 3 % en moyenne annuelle, ce qui
conduit à un doublement de la population en
20 ans, (50 000 habitants à Tahiti en 1960,
100 000 en 1980, 200 000 en l’an 2000 ?...).
Les rivières ayant de plus en plus l’aspect
et
la fonction de véritables émissaires d’eaux
polluées, leurs effluents constituent pour les
lagons la menace essentielle, d’autant que de
nouvelles agressions semblent inévitables,
comme celles liées aux travaux d’équipement
hydroélectrique (surcharge terrigène) ou à
l’implantation de porcheries dans le fond des
vallées (germes bactériens, pesticides, etc.).
Un simple détournement d’embouchure ne
peut constituer qu’un palliatif dérisoire (cas de
la Nymphéa par exemple) et il faut envisager
au
plus tôt la seule solution préservant
valablement l’avenir : le rejet direct dans
l’océan. Cette solution implique un captage de
la rivière à son embouchure, un tubage par
buses de béton courant sur le fond du lagon en
direction de la passe et une évacuation de
l’effluent dans l’eau océanique extérieure à
une profondeur d’au moins 50 mètres.
Pour les atolls, le risque de surpopulation et
donc de pollution paraît peu probable bien
que le problème de l’eau potable se pose de
façon permanente, et l’équilibre écologique
des lagons des Tuamotu ne semble menacé
que par des cas ponctuels de surpêche ou par
des
épisodes cycloniques exceptionnels
comme ceux
de 1983.
6 Les types d’îles et Thydrographie
Les îles de Polynésie, nous l’avons vu précédemment, sont des îles volcaniques.
Eiies sont nées dans i’océan, puis sont apparues à sa surface et ont évoiué sous
ies effets de i’érosion aérienne, de i’érosion marine qui attaque ies côtes, et de
différents phénomènes intéressant tout i’édifice voicanique : dérive vers i’ouest,
enfoncement par
subsidence ou, plus exceptionnellement, exhaussement. A ces
phénomènes s’est ajoutée la construction récifale coraliienne sur ies bords de i’îie
voicanique. Nous savons que le stade ultime d’évoiution d’une îie haute voicanique est
en fait un atoll corallien. Entre Tahiti et Rangiroa ii existe de nombreux états
intermédiaires que nous évoquerons. Mais nous nous attacherons surtout à dégager
ies grands traits géomorphologiques des îles hautes volcaniques d’une part, des atolis
d’autre part:
Puis, ie cycle de l’eau étant dans- les îles particulièrement important, nous
montrerons que i’eau est responsabie de tous ies phénomènes d’érosion, qu’elie est à
la fois ie iien mobile entre la terre et l’océan, qu’elle conditionne ledéveioppementde la
vie et constitue une des ressources capitaies pour les activités humaines.
Les îles hautes
volcaniques
Parmi les 118 îles de Polynésie française
compte 34 îles hautes présentant en surface
des roches volcaniques. La Société en compte
9, de Mehetia au sud à Maupiti au nord-ouest.
on
Marquises comprennent 1 1 îles
volcaniques depuis Hatutu au nord jusqu’à
Fatu Hiva au sud, auxquelles il faut adjoindre
Les
l’îlot de sable corallien de Motu One à l’extrê¬
nord de l’archipel. Les Australes s’étirent
quelque 3 000 km depuis Marotiri, ou îlots
de Bass, au sud-est de Rapa, à Maria qui est la
seule Jle sur les 7 de l’archipel à être coral¬
lienne.
Géologiquement cet archipel se
poursuit par les Cook. Les Gambier sont
différents des précédents archipels car les 8 îles
et
îlots volcaniques qui constituent cet
ensemble sont très proches les uns des autres
et entourés d’un récif émergé ou submergé. 11
me
sur
convient de rattacher aux Gambier l’atoll de
Timoe, au sud-est, ainsi que les îles Oeno et
Pitcairn qui ne dépendent pas toutefois de la
Polynésie française.
□ basaltiques
roches volcaniques
□□ roches coralliennes
une phase
□ d’émergence
récifaprès
construit
pendant
ou
L'ile de Moorea est
ceinturée par un récif de
800 m de largeur en
moyenne, entaillé ici par
une passe.
Les différents types
d'îles volcaniques et
coralliennes.
a) île volcanique
sans récif frangeant
b) île volcanique
avec récif frangeant
c) île volcanique
avec récif frangeant,
après soulèvement
d) presque atoll
e) presque atoll soulevé
f) atoll
g) atoll submergé
h) atoll légèrement
soulevé, à lagon
ouvert sur l'océan
I) atoll légèrement
soulevé, à lagon fermé
I) atoll soulevé
k) atoll soulevé
très érodé
89
LES ILES OCÉANIQUES
L’altitude et les conditions
Répartition selon les archipels des îles hautes volcaniques et des îles
basses coralliennes ou atolls de la Polynésie française.
Archipel
Iles hautes
Atolls
Total
volcaniques
Société
Tuamotu
Gambier
Australes
9
5
14
0
76
76
8
1
.9
6
1
7
Marquises
11
1
12
Total
34
84
118
Maria (Tuamotu). Ce
petit atoll de 6 km de
diamètre, à mi-chemin
de Moruroa et des
Gambier, est un atoll
fermé, car sans passe.
Les eaux du lagon ne
communiquent avec
celles de l’océan que par
des hoa, fonctionnant
essentiellement aux
fortes marées hautes et
par gros temps.
La profondeur du
n’excède pas une
lagon
quarantaine de mètres.
climatiques
Considérées à l’échelle mondiale ou même à
celle du Pacifique Sud, les îles volcaniques de
Polynésie française sont de superficie très
réduite. La plus grande, Tahiti avec 1 042 km-,
est 20 fois plus petite que la Nouvelle-
Calédonie, et 10 fois plus petite que Fidji. Les
plus petits îlots volcaniques de notre région
sont Marotiri dans les Australes et les îlots des
Gambier.
La superficie d’une île volcanique dépend
des conditions dans lesquelles elle s’est créée et
de
son
alimenté
évolution. Tant que le volcan est
en roches magmatiques, l’édifice,
puis aérien, gagne en
superficie. Si cette activité
volcanique est réduite, l’île sera de petite
dimension, ce qui fut le cas pour Maiao
(Tubuai Manu). Si elle est importante et pro¬
longée dans le temps, l’île sera plus grande,
comme Tahiti, et parfois complétée par un
autre édifice volcanique : Tahiti Nui et Tahiti
d’abord
altitude
sous-marin
et
en
Iti, Huahine Nui et Huahine Iti, Raiatea et
Tahaa.
Nous avons vu dans le chapitre consacré
climat que l’air saturé de vapeur d’eau
s’élève à l’approche d’une masse insulaire.
au
Cette élévation entraîne un refroidissement et
superficies et les altitudes des 34 îles et Ilots
volcaniques de Polynésie française. C’est dans
l’archipel de la Société que l’on rencontre les îles les
plus grandes et les plus hautes.
Les
Iles
Superficie
(km^)
Altitude
maximale (m)
Société
Tahiti
Raiatea
1 042
2 241
194
1 017
Moorea
136
1 207
Tahaa
88
590
Huahine
Bora Bora
73
669
30
727
MaupitI
14
380
10
154
Mehetia
2,3
435
Tubuai
48
422
Rapa
40
650
389
437
Maiao
Australes
29
16
Rurutu
Raevavae
106
Rimatara
Marotiri
Marquises
80
330
320
105
1 208
Fatu Hiva
Ua Huka
Eiao
Tahuata
80
960
77
854
Hatutu
Nuku Hiva
Hiva Oa
Ua Pou
Motane
1 190
1 252
52
577
50
1 050
18
420
15
520
1
359
Fatu Huku
Motu Iti
Gambier
Mangareva
Taravai
Aukena
Akamaru
Agakauitai
Kamaka
Makaroa
Manui
90
14
441
5,3
1,5
256
198
2
246
0,7
0,5
0,2
0,1
139
176
50
54
La profonde baie de
Cook à Moorea est
séparée de la baie
d’Opunohu, à l’ouest,
par le Rotui culminant à
900 mètres. On notera
les passes dans le récif
face des deux baies.
en
MaupitI (Société). Cette
d’années, la masse
exemple polynésien
d’un presque atoll.
Dans quelques
380 m d’altitude
île constitue le plus bel
centaines de milliers
volcanique centrale de
disparaîtra sous le lagon
par subsidence et l’île
sera
alors un atoll
LES TYPES D’ILES ET L'HYDROGRAPHIE
une condensation de la vapeur
d’eau et l’appa¬
rition de nuages et de précipitations, tout spé¬
cialement
sur
les versants
vent des
au
îles
(versants est et sud). 11 est bien évident qu’une
plus grande altitude permet un plus grand
refroidissement, une plus forte condensation,
une plus importante pluviosité et un plus
grand ruissellement. Cette relation entre
altitude
des
îles
et
précipitations joue
également sur les autres conditions clima¬
tiques telles que la température, l’insolation...
Les vallées et les baies
Les eaux de pluie vont jouer le rôle essentiel
dans l’érosion aérienne des îles dès leur appa¬
l’édifice vol¬
canique et la nature du terrain, des lignes
rition. Selon la topographie de
de crête vont
creuser
s’individualiser, des vallées se
alors que subsisteront parfois des pla-
plateaux, témoins des flancs
primitifs du volcan. Du massif de l’Orohena,
point culminant de Tahiti à 2 241 mètres, une
ligne de crête détermine le bassin versant de la
Papenoo dont la superficie est voisine de
90 km- alors que sur les bords externes de cette
ligne de crête près d’une dizaine de crêtes, se
dirigeant vers la mer, déterminent une dizaine
de bassins versants et de vallées principales
nèzes et des
Tahiti. Certaines îles, comme les
Marquises, possèdent des vallées plus encais¬
sées que celles des îles de la Société,
pour
Cet ilôt de roche
volcanique dans
l’archipel des Marquises
ne présente qu'une
végétation très réduite.
Sur les flancs sousmarins du rocher se
développent des coraux
dont il n'existe que peu
d’espèces dans cet
archipel sans qu’il y ait
formation de récifs
coralliens.
Plusieurs hypothèses
ont été avancées pour
expliquer l'absence de
récifs coralliens aux
Marquises, mais aucune
ne satisfait
tous les
spécialistes.
Toutes les îles hautes de Polynésie ne
possèdent pas un réseau hydrographique aussi
développé que celui de Tahiti. Leur altitude et
leur superficie étant plus réduites, les rivières
sont moins nombreuses et moins importantes.
Par ailleurs, certaines îles ont une topo¬
graphie particulière où
ne
aucune rivière telle Motane aux
s’individualise
Marquises, île
longueur avec un versant occidental
abrupt culminant à 520 m et un versant
oriental en pente douce, telle Eiao dans le
même archipel, une île en forme de plateau
légèrement Incliné.
tout en
Les baies
ne
sont
pas
très fréquentes.
Elles tiennent à la morphologie et à la topo¬
graphie de l’île dès sa naissance comme la baie
de Taiohae (Nuku Hiva) qui pénètre jusqu’au
cœur de la caldeira. Elles peuvent tenir de la
présence de deux édifices volcaniques rappro¬
chés
(Port-Phaeton entre Tahiti et sa
presqu’île). Elles peuvent tenir à des vallées
ennoyées par les eaux océaniques à la suite de
la subsidence de l’édifice volcanique (baie de
Faaroa à Raiatea). Elles peuvent tenir à des
zones
d’effondrement d’une partie de la
caldeira du volcan (baies d’Opunohu et de
Cook à Moorea). Si ces baies sont profondes
elles déterminent la présence d’eaux
saumâtres,
zone
d’affrontement des
eaux
douces fluviales et des eaux salées océaniques.
Avec ou sans récifs coralliens
Selon les conditions de milieu régnant
dans
l’océan, les pentes sous-marines de l’île volca¬
nique seront ou non colonisées par les coraux,
et leur vitalité permettra éventuellement l’édi¬
fication de récifs.
Les îles Marquises ne possèdent pas de récifs
coralliens et plusieurs hypothèses ont été
avancées par les scientifiques pour expliquer
absence. Remarquons immédiatement
la faune corallienne est moins riche aux
Marquises qu’aux îles de la Société par
exemple, et l’un des genres de coraux très
important dans la construction récifale, le
genre A cropora (corail branchu) est absent du
littoral marquisien. Toutefois les fonds sousmarins des Marquises révèlent une flore et une
faune typiquement récifales et même quelques
cette
que
récifs au fond de la baie du Contrôleur à Nuku
Hiva, par exemple.
Parmi les hypothèses explicatives de cette
absence de récifs
nous
citerons
:
une
subsi¬
rapide, l’absence de plate-forme
littorale, des remontées d’eaux froides épi¬
sodiques, des actions hydrodynamiques trop
fortes, des apports terrigènes trop importants
et un isolement géographique induisant une
pauvreté en espèces d’organismes récifaux.
Dans les Australes, l’île de Rapa, par 27°5 de
latitude Sud ne possède pas de récif corallien
car la température de l’eau de mer descend en
dence trop
cours d’année au-dessous de 20°, ce que ne
tolèrent pas les coraux constructeurs de récifs.
Notons toutefois que l’île est entourée d’un
plateau sous-marin où les colonies coral¬
liennes sont florissantes, mais insuffisantes
pour constituer des récifs.
Aux îles de la Société, l’île de Mehetia dont
l’activité volcanique n’a cessé- qu’il y a
quelques milliers d’années, est encore bien
jeune. Par 10, 20, 40 mètres de profondeur les
colonies coralliennes
ne
recouvrent
encore
partiellement le basalte et les récifs
frangeants sont encore inexistants. Tout au
plus peut on signaler la présence de trottoirs
d’algues calcaires et de coraux en certains
que
endroits de l’île, dans la zone infralittorale.
Tahiti est entourée d’un complexe récifal
typique sur la côte ouest ; récif frangeant,
chenal et récif-barrière entrecoupé de passes,
généralement face aux vallées, c’est-à-dire aux
débouchés
des
rivières.
L’ensemble
de
ce
lagon est large d’un kilomètre ; il s’est édifié au
cours
d’un million d’années environ. Là où
brisent les vagues de l’océan et avant que ne
débute la pente externe, l’épaisseur du corail
est d’une centaine de mètres - sous la digue de
Fare Ute par exemple. En fait, les pentes des
parties basses de l’île de Tahiti se prolongent
avec
la même inclinaison sous le lagon.
L’absence de récif-barrière émergé sur la côte
est requiert actuellement l’attention des cher¬
cheurs.
De Moorea à
Maupiti, l’édifice volca¬
nique devient de plus en plus réduit car il s’est
enfoncé et les récifs coralliens construits à sa
comme
Tupai.
On remarquera que les
récifs submergés à fleur
d’eau occupent une
large part de la
couronne corallienne.
périphérie deviennent progressivement
dominants. Lorsque le dernier piton volcani¬
que, au centre d’un lagon entouré de récifs,
aura disparu, la formation insulaire d’une île
haute deviendra un atoll. L’île ne continuera
d’exister que par les coraux que leur crois¬
sance
maintiendra à la surface de l’océan.
91
LES ILES OCÉANIQUES
Les atolls ou îles
basses coralliennes
Lorsque le dernier piton basaltique de ce
qui restera de l’île volcanique de Maupiti aura
sombré sous le lagon par le phénomène de
subsidence, alors que les coraux se maintien¬
dront à la surface de l’océan par leur crois¬
sance en hauteur, il ne restera plus alentour
que des formations récifales. Il est commun
d’écrire que le stade ultime d’évolution d’une
île haute est l’atoll. Mais, en fait, la réalité est
plus complexe et il faut savoir distinguer les
atolls proprement dit des récifs submergés,
des atolls submergés et des atolls soulevés.
Notre connaissance de la Polynésie française
permet d’identifier des exemples de chacune
de ces catégories et de les interpréter compte
tenu
plusieurs
de
phénomènes
tels
que
subsidence, conditions océaniques pour la
croissance corallienne, tectonique, variations
du niveau marin...
près des trois quarts sont dans l’océan
Pacifique, le restant dans l’océan Indien essentiellement Laccadives et Maldives - et
quelques unités
en Atlantique du côté des
Caraibes. Dans le seul triangle polynésien on
compte 136 atolls et l’arcbipel des Tuamotu
est celui qui, au monde, compte le plus
d’unités;76, auxquelles il faut ajouter les 5
atolls des îles de la Société (Mopelia, Scilly,
Bellingshausen, Tupai et Tetiaroa), l’îlot coral¬
lien de Motu One (Marquises), l’atoll de
Timoe près des Gambier et l’atoll de Maria
(Australes), ce qui porte le nombre d’atolls à
84,
deux fois
le nombre des îles hautes
L’atoll
définit
se
comme
une
structuré
uniquement constituée en surface de roches
calcaires
-
à
l’exclusion
de
toute
roche
volcanique - qui émerge de 5-7 mètres au'
maximum au-dessus de l’océan. Certaines for¬
ne remplissant pas ces conditions
qualifiées d’“atolls submergés” ou
mations
sont
d’“atolls soulevés”.
Un atoll et son fonctionnement
Un atoll typique c’est, par exemple, Takaroa
C’est un atoll présentant une
émergée avec des motu, des récifs
submergés à fleur d’eau, des chenaux de
communication entre l’océan et le lagon (hoa)
et une passe, échancrure de quelques mètres
de profondeur dans la couronne. Celle-ci
délimite un lagon intérieur et la passe assure
d’importants échanges entre l’océan et le
lagon ; elle permet aux bateaux d’y pénétrer et
ou
Hao.
couronne
d’en sortir.
La géomorphologie d’un atoll comprend
les formations suivantes, allant de l’océan vers
le lagon.
La pente externe. Elle débute où brisent les
de l’océan par une zone à éperons
(constructions coralliennes et algales) et
sillons (vallon d’évacuation des blocs coral¬
liens cassés par gros temps). Elle plonge vers
des fonds de 1 000 m et plus. On note l’exis¬
vagues
tence de terrasses sous-marines vers -10 et -20
mètres, correspondant à d’anciens niveaux
marins. Cette pente externe est la partie
actuellement très vivante et constructive de
92
l’édifice de l’atoll. Les coraux et autres
Le lagon, à la profondeur d’une quarantaine
constructeurs
recouvrent
le
substrat en totalité jusqu’à 60, 80, 100 mètres
de mètres et d’où s’élèvent des pâtés coralliens,
fisante pour les coraux.
Le récif extérieur, dont la seule partie en cours
motu,
organismes
de profondeur ; au-delà la lumière est insuf¬
de construction est la zone frontale du récif. Il
s’agit d’une crête algale de couleur lie-de-vin si
la houle est forte, ce qui permet la proliféra¬
tion d’algues (Lithothamniées) donl les parois
cellulaires sont de carbonate de calcium. Si le
milieu est plus calme, la zone frontale est
colonisée par des coraux. En arrière se situe le
platier ou la dalle corallienne. Sous quelques
décimètres d’eau c’est une zone souvent morte
elle était vivante il y a
quelques milliers d’années lorsque le niveau de
l’océan était plus haut de 2 mètres environ.
Le beach rock et le conglomérat récifal ancien,
témoins également de niveaux plus hauts de
et en cours d’érosion ;
l’océan.
Le motu constitué de débris coralliens (sable
et
Il existe 400 atolls dans le monde dont
volcaniques.
tout
galets) et généralement couvert de végéta¬
tion.
La plage du lagon, souvent de sable fin, ou
parfois un platier interne (récif frangeant
lagonaire).
dont certains affleurent en surface.
Les chenaux de communication entre les
appelés hoa, et la passe permettent les
échanges entre l’océan et le lagon et l’impor¬
tance de ces échanges va déterminer un certain
renouvellement des eaux lagonaires et la
nature des peuplements vivants du lagon. Les
hoa se situent généralement sur la bordure
méridionale des atolls ; il peut y en avoir un
très grand nombre (288 à Moruroa) ou
quelques unités seulement (Takapoto,
Mataiva...).
La partie vivante de l’atoll est la pente
externe. C’est là que s’élabore la majeure
partie du calcaire, notamment par les madréporaires. Les motu ne sont constitués que des
squelettes calcaires rejetés par les vagues,
parfois en véritables remparts de blocs par les
cyclones. Le lagon est, actuellement, le lieu
d’une
sédimentation qui
amènerait
inéluctablement
à
son
comblement
en
quelques millénaires si le niveau de l’océan ne
changeait pas.
Dans cet environnement à fleur d’eau, les
conditions de vie terrestre sont
précaires -
Tupai (Société). La zone
frontale du récif
extérieur de cet atoll est
ici colonisée par des
algues calcaires de
couleur lie-de-vin et par
quelques espèces de
coraux ; elle n’émerge
qu’à basse mer.
Aratika (Tuamotu).
vagues de l’océan
déferlent sur la
barrière de corail et
Les
d’algues calcaires
(couleur rose). On note
une alternance de motu,
de hoa et de platiers
submergés. A l’arrièreplan, le lagon avec
quelques pâtés
coraliiens.
LES TYPES D’ILES ET L’HYDROGRAPHIE
l’eau douce indispensable n’existe sur les motu
La
présence
ou
l’absence
de
passe
que par une lentille au-dessus de l’eau salée qui
influence beaucoup l’établissement et le déve¬
pratiquement sans humus. La vie terrestre
végétale et animale de même que les activités
humaines sont à la merci de catastrophes
naturelles telles que les cyclones et les
ailleurs les richesses lagonaires et leur exploi¬
tation seront différentes entre les atolls
imbibe
tout
l’édifice corallien, les sols sont
loppement des populations humaines. Par
ouverts et fermés et parmi ces derniers il y aura
une
forte variabilité selon le degré de confine¬
tsunamis.
ment.
Ainsi les
Les atolls ouverts
et les atolls fermés
nacre
sont
La description que nous venons de faire d’un
atoll typique correspond à un atoll ouvert à
une
passe.
Mais ce schéma modèle peut être
modifié en augmentant, en diminuant ou en
supprimant certains éléments géomorpholo¬
giques. 11 peut y avoir 2 passes (Rangiroa) et
même
3
On compte 34 atolls
(Amanu).
ouverts dont 11 avec au moins 2 passes et 23
passe unique. Les autres atolls, au
nombre de 50, sont des atolls fermés, sans
avec une
11 s’agit là d’une originalité des atolls
polynésiens, car en Micronésie et en
Mélanésie les atolls ouverts prédominent
largement. Dans les atolls fermés les seuls
échanges entre l’océan et le lagon se font alors
par les hoa.
passe.
peuplements abondants de
plutôt caractéristiques des lagons
fermés ou faiblement ouverts.
La
grandeur des atolls est très variable
entre Rangiroa (80 sur 30 km), le plus grand
des Tuamotu et le second du monde, et les plus
petits comme Nukutipipi ou Tikei (quelques
kilomètres). La profondeur centrale des
lagons d’atolls ouverts est voisine de 50
mètres ; elle est égale ou inférieure pour les
atolls fermés en fonction de leur taille, de leur
forme et de leur degré de comblement.
coralliens, du moins pour “récifs” et “bancs”,
alors que pour “E.D.” l’existence même d’un
fond proche de la surface demanderait à être
vérifiée. On peut citer les récifs du Président
Thiers (Australes), ceux de la Minerve (sudest
des
Tuamotu), le banc Thomasset
(Marquises). On ne sait pratiquement rien de
la morphologie et des peuplements de ces
récifs et bancs submergés. Toutefois des
études récentes de télédétection par satellite,
en déterminant l’épaisseur des couches d’eau
récifs Portland, au sud des
Gambier, ont permis de constater que ces
récifs présentent un anneau corallien avec un
lagon central déprimé (20 mètres de
profondeur) : ce serait en fait un atoll
submergé. Les chercheurs s’interrogent sur les
raisons qui ont fait que cet atoll n’a pas
surmontant les
survécu à la subsidence.
Les atolls submergés
et les atolls soulevés
Sur la carte hydrographique de la Polynésie
on peut lire “récifs”, “bancs”, “E.D.”, signi¬
fiant eaux décolorées. 11 s’agit vraisemblable¬
ment
d’édifices
proches de la surface de
l’océan et qui sont couverts de peuplements
L’atoll de Temoe, près
des Gambier, tel qu'il
apparut après traitement
des images du satellite
Landsat, prises le 21
janvier 1979.
Les différentes couleurs
correspondent à des
altitudes et à des
profondeurs différentes.
Il n'existait aucune carte
du lagon de Temoe.
Coupe d’un atoll.
7. pente externe avec
coraux et algues.
2. crête à algues
calcaires.
3. platier extérieur
^
4.
plage extérieure
portant souvent des
beach rocks.
5. terre émergée
recouverte de
6.
7.
8.
végétation.
plage côté lagon, plus
abritée.
platier interne,
ensablé et
descendant en pente
douce.
pente du lagon.
9. fond du lagon
souvent recouvert
10.
d'algues.
pinacles ou pâtés
coralliens s'élevant
le fond du lagon.
sur
Tetiaroa (Société). Un
étroit hoa entre les
cocotiers permet à
l'eau de l’océan de
pénétrer dans le lagon
par gros temps.
93
LES ILES OCÉANIQUES
Nous
avons
vu
dans
un
chapitre
précédent que la lithosphère présentait une
certaine élasticité et que le poids d’une île
importante provoquait une déformation sous
forme d’un bombement à une
distance. Tel est le cas de Tahiti
certaine
et
de
sa
presqu’île qui ont provoqué le soulèvement de
Makatea. Cette île entièrement calcaire est en
fait un atoll soulevé dont les falaises de 80 m
dominent actuellement l’océan. 11 existe
TAKAPOTO
HAO
plusieurs atolls soulevés dans le monde qui,
pour la plupart, ont donné lieu à une exploi¬
tation de phosphates comme Makatea.
Notons
les atolls du nord-ouest des
que
Mataiva, lui aussi
possédant des phosphates, subissent un léger
que
Tuamotu,
tels
soulèvement mais demeurent toutefois des
atolls typiques. Makatea est le seul atoll
soulevé de Polynésie française.
Classification des 84 atolls de Polynésie trançaise. Ils se
répartissent en plusieurs catégories en fonction du degré
de confinement des eaux du lagon. Ce confinement
croissant détermine une flore et une faune de plus en plus
pauvres jusqu'à leur disparition complète dans le cas
d'atolls comblés. Notons que l'atoll de Fangataufa était un
atoll fermé mais qu'une passe a été artificiellement ouverte
dans sa couronne pour les besoins d'infrastructures des
expérimentations nucléaires.
Type d'atoll
Exemple
Atoll submergé
Récif Portiand
Atoll ouvert avec 3 passes
Amanu
Atoll ouvert avec 2 passes
Rangiroa
Atoll ouvert avec 1 passe large
Moruroa
et profonde bordée de platiers
TAIARO
Les beach rocks sont
des dalles de calcaire
qui semblent sortir de la
plage et qui sont en
pente douce.
Il s'agit d'un sable
consolidé qui a pris
naissance au sein de la
plage au niveau du
contact eau douce - eau
sa
PUKA PUKA
disparition.
REAO
submergés
Atoll ouvert avec 1 passe étroite
Hao
Atoll fermé avec une grande partie
de la couronne submergée ou à fleur
d'eau
Scilly
Atoll fermé avec de très nombreux hoa
Reao
Atoll fermé avec cocoteraie presque
continue et quelques hoa
Takapoto
Atoll complètement fermé, entrée d'eau
lors de gros temps, cyclones et tsunamis
Taiaro
Atoll presque comblé, lagon sableux à
eau résiduelle
Puka Puka
Atoll comblé, lagon occupé par la
Nukutavake
cocoteraie
Atoll soulevé
MATAIVA
salée. Le fait que ces
beach rocks soient
maintenant visibles
traduit généralement
un recul de la plage ou
Représentation
schématique de
différents atolls dont les
lagonaires sont
plus ou moins isolées de
eaux
RANGIROA
(Tuamotu). La
passe joue un rôle
passe
Tlkehau
essentiel dans le
Makatea
MORUROA
celles de l'océan.
fonctionnement pu
lagon et pour ses
peuplements.
platier
récif extérieur
cocotiers
submergé
►
chenal hoa
Q cloisons coralliennes lagonaires
.
entrée d'eau lors de gros temps
LES TYPES D’ILES ET L'HYDROGRAPHIE
Les rivières
de Tahiti
et la mesure
de leurs débits
•
L’île de Tahiti est pourvue d’un réseau de
rivières et de ruisseaux très dense qui résulte
d’actions érosives intenses à la surface des
deux cônes
volcaniques anciens qui la cons¬
tituent. Sans tenir compte des petits ruisseaux
côtiers qui drainent moins d’un kilomètre
carré,
on dénombre 72 cours d’eau sur le
pourtour de l’île, dont 46 pour Tahiti Nui.
Selon la position et l’origine de leurs bassins
versants, ces cours d’eau, dont le régime
torrentiel est toujours très
marqué, peuvent être classés en trois groupes
principaux. Il s’agit d’un classement reposant
sur des critères purement géomorphologiques
mais qui recoupe assez exactement celui qui
pourrait être fait selon les superficies de
bassins par ordre décroissant. Il permet
d’autre part de dégager, pour chaque groupe,
des caractères communs susceptibles d’avoir
une influence non négligeable sur leur com¬
portement hydrologique, notamment sur le
développement des crues.
d’écoulement
Les rivières de la caldeira
Le premier groupe comprend les rivières qui
parties centrales de l’île en
prenant leur origine sur le rebord interne des
caldeiras. Il s’agit de la Papenoo, la plus
grande rivière de l’île, et de la Vaitepiha, prin¬
cipale rivière de la presqu’île de Taiarapu.
Leurs bassins qui s’ouvrent vers le nord ont un
aspect relativement compact et sont carac¬
térisés par un réseau d’affluents d’impor¬
tances presque égales convergeant radialement. Cette configuration, très favorable à
une concentration rapide des eaux de ruissel¬
lement, est particulièrement nette sur la
Papenoo dont le bassin supérieur est constitué
drainent
d’une
les
vaste
cuvette
circulaire
dont
Le réseau
hydrographique de
Tahiti. On y dénombre
72 cours d’eau dont
46 pour la seule
Tahiti Nui.
La principale rivière de
Tahiti Iti est la Vaitepiha,
dont le bassin est
Les principaux bassins
versants de i’iie de
Tahiti. Les rivières se
divisent en trois
exposé au vent de nord-
groupes : les premières
prenant naissance sur
le bord interne de la
des plus forts.
On en voit ici
externe et enfin les
est et dont le débit est un
caldeira, les secondes
naissant sur le bord
l'embouchure, àTautira.
Au loin, les Monts Teava
et Mairenui, et le
rivières dites de
planèze.
On remarque le bassin
sommet de la presqu’île,
supérieur de la
Papenoo, constitué
le Mont Rooniu,
culminant à 1 332 m.
d'une vaste cuvette
circulaire allant se
resserrant vers
l’embouchure.
la
superficie avoisine 40 kilomètres carrés. Elle
est bordée par une ligne de crête incluant les
plus hauts sommets de l’île, hérissée de nom¬
breux pitons rocheux, et sillonnée d’arêtes
secondaires qui limitent une demi-douzaine
de sous-bassins. A l’intérieur de ceux-ci les
d’eau présentent des pentes moyennes
extrêmement fortes, comprises entre 15 % et
PAPENOO
PUNARULL.
FAATAUTIA
cours
50 %
depuis leur origine Jusqu’au point de
va se
resserrant, un peu comme un entonnoir,
confluence. Plus en aval, le contour du bassin
Station d’enregistrement
des hauteurs d'eau
Papenoo s’écoule alors sur ses alluvions
avec une pente beaucoup plus raisonnable de
l’ordre de 0,8 % sur une quinzaine de kilo¬
et la
et de mesure des débits
VAITEHORO
VAITEREMU
mètres.
Le deuxième groupe comprend les cours
d’eau qui prennent naissance sur les rebords
des caldeiras ou, du moins, assez
sur les versants des anciens cônes vol¬
externes
haut
caniques. Les étroites vallées qu’ils ont
creusées divergent vers la côte à la manière des
rayons d’une roue. Très encaissées, ces vallées
présentent des flancs extrêmement escarpés,
tailladés par les lits de nombreux torrents,
eux-mêmes souvent entrecoupés par des
TUMARUA
PAPEITI
MARIPEHE
VAITEPIHA
I
VAITUNAMEA
AlURi
VAIRAHARAHA
AlVARO
VAITIO
95
LES ILES OCÉANIQUES
cascades. En amont elles se terminent par des
cirques très profonds ; en aval elles se
resserrent progressivement
pour déboucher
brusquement, soit sur ie rivage, soit sur la
plaine littorale lorsqu’elle existe. Les profils
en long sont en général un
peu moins concaves
que pour le groupe précédent, avec des pentes
moyennes
à l’amont un peu moindres mais
pente à l’aval plus forte, comprise entre
2 % et 4 %. D’autre part, sauf au niveau des
une
cirques terminaux et à l’exception des plus
grands bassins du groupe, les cours d’eau ne
comportent pas d’affluents importants ; d’où
un chevelu
hydrographique affectant la forme
caractéristique d’une arête de poisson. Les
bassins versants de ce groupe ont des
superficies de l’ordre de dix kilomètres carrés
sur la presqu’île et de dix à
quarante kilo¬
mètres carrés pour Tahiti Nui.
Les rivières de planèze
En se creusant, les profondes vallées qui
viennent d’être décrites ont parfois laissé
subsister entre elles des témoins de la surface
primitive. Ces planèzes jalonnent la périphérie
de l’île depuis le niveau de la mer jusqu’à des
altitudes dépassant rarement 1 000 mètres.
Elles ont elles-mêmes été marquées par
l’érosion qui s’y manifeste par de nombreuses
griffures parallèles ou légèrement divergentes.
bassins
Les
correspondants sont
allongés, presque
filiformes, et parcourus de cours d’eau quasi
rectilignes, dépourvus d’affluents. Comparés
à ceux des groupes précédents les profils en
long sont beaucoup plus réguliers mais les
pentes moyennes, peu différentes de la pente
générale des planèzes, restent élevées (entre
12 % et 18 %). Les superficies des bassins de ce
troisième groupe sont dans l’ensemble relati¬
vement faibles, inférieures à dix kilomètres
donc
versants
extrêmement
L’équipement hydropluviométrlque de Tahiti
comprend 17 stationsde
mesures de débits,
autant d'appareils
enregistreurs de pluies
et 60 postes
pluviométriques
d’altitude complétant
le réseau
météorologique.
La mesure des débits
des rivières est rendue
difficile par le régime
torrentiel des cours
d'eau et la violence de
leurs crues.
Limnigraphe installé sur
la Faatautia.
1
Le limnigraphe permet
d'enregistrer, avec une
démultiplication
appropriée, les
mouvements d’un
flotteur suivant les
variations du niveau
d'èau d'une rivière. Il est
constitué par un organe
transmetteur (flotteur,
carrés.
Les observations et les
mesures
hydrologiques
câble, poulies de
réduction) et un organe
récepteur (stylet et
Le réseau d’observations hydrométriques sur
l’île de Tahiti est relativement récent et n’a été
tambour actionné par un
mouvement d’horlogerie
qui assure une
progressivement développé que depuis une
1er janvier 1984, il
comprend 17 stations de mesure des débits
auxquelles il faut ajouter autant d’appareils
enregistreurs de la pluie (pluviographes) ainsi
qu’une soixantaine de postes pluviométriques
d’altitude (pluviomètres totalisateurs) qui
complètent le réseau côtier de la météoro¬
logie. Depuis 1983 des mesures sont
également effectuées régulièrement sur trois
révolution Journalière,
hebdomadaire ou de
15 jours). Un réducteur
de course indépendant
douzaine d’années. Au
peut être intercalé entre
le flotteur et le stylet,
permettant de mesurer
des variations du plan
d'eau allant jusqu’à 10 m.
câble
téléphérique
d’eau de l’île de Raiatea.
La gestion de ce réseau est assurée par le
cours
Service de
l’Equipement
avec
le
concours
scientifique de l’O.R.S.T.O.M. Les
principaux résultats déjà acquis sont
présentés ici, mais il convient d’insister sur les
difficultés éprouvées par les hydrologues pour
les obtenir. Ces difficultés résultent surtout de
l’insuffisance des accès à l’intérieur de l’île, du
régime torrentiel des cours d’eau qui rend
leurs lits particulièrement instables, et de la
violence des crues qui détruisent ou emportent
assez
fréquemment les installations de
mesures.
96
Un dispositif de mesures
de débits de crues d'un
cours d'eau. L’organe de
mesure
proprement dit
est un moulinet dont la
moulinet
vitesse de rotation
permet d'obtenir les
vitesses ponctuelles du
courant. Le moulinet,
monté sur un saumon
suspendu à un câble,
peut être placé en un
point quelconque de la
rivière grâce à un
téléphérique.
saumon
LES TYPES D’ILES ET L’HYDROGRAPHIE
Les débits
des rivières
des crues ainsi que, de façon indirecte, sur les
dépendent
d’une façon générale
de très nombreux
facteurs qui peuvent être classés en quatre
catégories selon leur nature.
Les facteurs climatiques interviennent au
premier chef puisqu’ils sont responsables de
l’abondance et de la répartition dans le temps
des précipitations et commandent en outre
l’évaporation à la surface du bassin versant.
Les caractéristiques morphologiques du
Les débits d’un
bassin
ont
une
cours
d’eau
influence
sur
le
développement et la vitesse de propagation
Méthode classique
utilisée pour obtenir les
débits et les apports
d’une rivière en un point
donné.
1.
phénomènes d’évaporation. Par exemple, des
versants à forte pente favorisent la concen¬
tration puis l’évacuation des eaux de ruissel¬
lement alors que des plaines ou des vallées
marécageuses accentuent les phénomènes
d’inondation et d’évaporation.
Les caractéristiques du soi et de la
végétation sont à la base des phénomènes d’in¬
filtration
types
et
de
de rétention de l’eau. Certains
sols
de
ou
retenir tout ou partie des
précipitées qui seront ainsi acheminées
vers les nappes souterraines ou reprises dans
l’atmosphère par évapotranspiration.
Les facteurs anthropiques tels que le
auront tendance à
eaux
l’Équipement et de la
Tahiti.
Les mesures effectuées
sur les réseaux
d'observation des
Services de
Enregistrement
végétaux
couverts
favorisent le ruissellement tandis que d’autres
Esquisse
pluviométrique de
dans le temps (T) des
variations de cote (H) du
degré d’urbanisation, l’extension des zones
mises en culture ou les grands travaux d’amé¬
nagement modifient et parfois annulent les
effets des facteurs décrits plus haut, boulever¬
Météorologie Nationale
permettent de mettre
en
évidence un très
important gradient de
pluviométrie entre la
bande côtière de l’île
et les plus hauts
sommets montagneux.
Comme le montre
plan d’eau à l'aide d'un
appareil appelé limnigraphe.
l’esquisse ci-contre, la
pluviométrie moyenne
Exploration pé¬
riodique du champ des
interannuelle,
2.
inférieure à 2 000
millimètres en certains
vitesses du courant dans
une section droite du
cours d'eau à l'aide de
points du littoral,
dépasse largement
10 mètres au centre de
l’île. On constate par
ailleurs que, pour une
altitude donnée, les
dispositifs appropriés
(moulinets).
3. Intégration spa¬
tiale du champ de
vitesses afin de calculer
des débits instantanés
précipitations les plus
fortes ont lieu sur les
versants au ventqui sont
nettement les plus
(Q).
4. Élaboration
d'une courbe d'étalon¬
arrosés.
nage Q (H) à partir de
tous les couples connus
5. Transformation
de la courbe de variation
des hauteurs dans le
temps H (T) en une
courbe de variation des
débits Q (T) à l'aide de la
courbe d'étalonnage.
I
I
moins de 2 500 mm
I
I
entre 2 500 et 5 000 mm
I
I
entre 5 000 et 7 500 mm
I
I
entre 7 500 et 10 000 mm
plus de 10 000 mm
sant dans certains cas les conditions naturelles
d’écoulement.
D’une part, dans l’île de Tahiti et proba¬
blement d’ailleurs dans toutes les îles hautes
Polynésie, les facteurs autres que clima¬
tiques sont relativement homogènes. D’autre
part les actions anthropiques restent en
général, et jusqu’à présent, limitées à une
étroite bande côtière. C’est pourquoi l’examen
global des débits des rivières va faire
apparaître que le facteur hydrologique de
loin le plus important est le régime des préci¬
pitations qui dépend lui-même étroitement de
l’altitude ainsi que de l’exposition des bassins
versants par rapport aux vents dominants.
de
Les débits moyens ou
modules interannuels
Les mesures effectuées sur les différentes
stations
du
réseau
tahitien
permettent
d’établir des moyennes de débits sur une
douzaine d’années pour onze des principales
rivières. Les valeurs de ces moyennes interan¬
nuelles,
encore
appelées
modules
sont
données sous forme de tableau. Elles ont été
ramenées à une période commune qui débute
le
1er novembre
1970 et
se
termine le 31
octobre 1982, et, afin de faciliter les compa¬
raisons, à une unité de surface commune. 11
s’agit de modules spécifiques exprimés en
litres par seconde et par kilomètre carré de
superficie. Par exemple, sur la période
commune
d’observation, la Papenoo qui
draine le bassin le plus étendu de l’île
(79,7 km-) a fourni un débit moyen de
11,5 m’/s, ce qui correspond à un module
spécifique de 144 1/s/km-. Dans le même
temps la Vaitepiha a débité en moyenne
6,01 m-’/s soit un module spécifique de
180 1 /s/km-, supérieur à celui de la Papenoo
malgré une superficie moindre (33,3 km-).
Le classement des rivières par ordre de
débits spécifiques décroissant permet de
mettre en
évidence l’abondance relative des
Débits moyens observés sur quelques cours d’eau
Rivière et station
Situation du
Altitude
bassin
moyenne
(mètres)
Débit
moyen
sur
ans
12
(m^/s)
Module spé¬
Paraura à là cote 100
Tahiti Nui côte est
5,69
800
2,06
362
Papeiha à la cote 60
Papelha à la cote 10
Tahiti Nui côte est
(700)
506
4,62
6,02
225
Tahiti Nui côte est
20,5
30,7
Vaitepiha à la cote 10
Presqu’île (nord-est)
33,3
410
6,01
180
6,6
749
1,05
159
Vairaharaha à la cote 200 Tahiti Nul côte sud
Importance
cifique Qs
(hs/km')
196
Papenoo à la cote 45
Tahiti Nui centre nord
79,7
.605
11,5
144
Taharuu à la cote 100
Tahiti Nui côte sud
26,3
720
3,31
126
6,5
480
0,65
100
des écoulements
selon leur origine
tants
Qs
>150l/s/km2
Zone intermédiaire
Ecoulements assez forts
75 < Qs
<150 l/s/km"
Alvaro à la cote 10
Presqu’île (sud)
Tuauru à la cote 10
Tahiti Nui
(nord)
26,5
746
2,23
84
Punaruu à la cote 50
Tahiti Nui
(côte ouest)
39,2
724
2,48
63
Fautaua à la cote 92
Tahiti Nui
(côte ouest)
19,9
781
1,23
62
Côtes sous le vent
Ecoulements relativement faibles
Valtlu (Orofero)-oote 60
Tahiti Nul (côte ouest)
18,4
750
0,72
39
Qs
< 75
l/s/km"
97
LES ILES OCEANIQUES
écoulements selon leur origine. C’est ainsi que
les
écoulements les plus importants
s’observent sur les rivières dont les bassins
versants sont les mieux exposés aux vents
dominants comme la Paraura, la Vaitepiha, la
Les modules interan¬
nuels. Délimitation de
homogènes en
fonction des modules
zones
spécifiques Qs en
l/s/km^.
Papeiha, la Vairaharaha. Les débits spécifi¬
ques y sont généralement supérieurs à
Modules spécifiques.
On appelle modules
spécifiques les valeurs
des moyennes de débits
calculées sur plusieurs
années (une douzaine
pour les cours d'eau de
Tahiti) et exprimées en
litres par seconde et par
kilomètre carré de
150 1/s/kmL On doit cependant noter que le
superficie.
module attribué à la Paraura (3621/s/km’) est
fort
malgré l’excellente
exposition de son bassin aux alizés de nordest. Selon toute vraisemblance, cette rivière
reçoit des apports additionnels souterrains en
provenance des bassins voisins du plateau
anormalement
I
I Qs inférieur à 75
i
I Qs entre 75 et 150
Qs supérieur à 150
d’Hitiaa.
En
revanche
les
cours
d’eau
qui
s’écoulent vers la côte ouest, sous le vent,
présentent des modules spécifiques beaucoup
plus faibles, généralement inférieurs à
75 l/s/km-. Si l’on considère par exemple
deux bassins tels que ceux de la Papeiha et de
la
Punaruu qui occupent des positions
symétriques par rapport aux plus hauts
sommets de l’île, on constate que le premier,
exposé plein est, débite en moyenne de l’ordre
de 200 1/s/km- alors que le second, protégé
des
vents
63 1/s/km-.
dominants,
débite
ne
que
Entre les secteurs bien protégés et ceux
qui sont exposés en toutes saisons, il existe
une zone intermédiaire
partiellement exposée
où
les
modules
fluctuent
entre
75
et
l/s/km2. C’est le cas de toute la partie
centrale de Tahiti Nui et en particulier celui du
grand bassin versant de la Papenoo,
partiellement abrité par les crêtes qui le
bordent à l’est, crêtes dépassant fréquemment
150
1 000 mètres d’altitude.
Les bilans d’écoulement
Pour un bassin versant donné le bilan d’écou¬
lement exprime l’égalité qui doit exister entre
les quantités de pluie précipitées d’une part et
la
somme des quantités d’eau
qui se sont
écoulées, infiltrées et évaporées d’autre part.
Etant donné qu’il est très difficile d’évaluer
séparément ces deux derniers termes, on les
regroupe fréquemment sous l’appellation
globale de déficii d’écoulement. Malgré cet
artifice, le bilan d’écoulement reste encore
délicat à établir en raison de l’incertitude qui
règne sur l’estimation de la pluie moyenne
étendue à la superficie du bassin versant. Les
valeurs fournies dans le tableau pour trois
cours
d’eau représentatifs des zones
précédemment définies
approximatives.
Rivière et
station
Vaitepiha
cote 10
Papenoo
cote 45
sont
donc
Les rivières de Tahiti ici ia Vaihiria - offrent
souvent i’aspect
tumuitueux des
torrents.
assez
Pluie
Ecoulement
moyenne
annuelle (mmj
moyen annuel
Déficit
d'écoulement
(mmj
annuel (mm)
Coefficient
d'écoulement
7800
5680
2120
73 %
6600
4544
2056
69 %
3700
1957
1743
53 %
Fautaua
cote 92
98
Vue aérienne de
l'embouchure de la
Papenoo. Ce cours
d'eau draine le bassin le
plus étendu de l'île, avec
un débit moyen de
11,5 mVs.
LES TYPES D’ILES ET L’HYDROGRAPHIE
On constate que globalement, les déficits
d’écoulement moyens observés à Tahiti sont
extrêmement élevés et dépassent de loin les
possibilités évaporatoires des bassins. Cela
s’explique par une forte perméabilité
d’ensemble des sols et du sous-sol de l’île : une
partie des eaux infiltrées rejoint directement
l’océan à partir des nappes souterraines sans
réapparition préalable dans le réseau de
drainage superficiel. Cependant, les
coefficients d’écoulement, supérieurs à 50 %
dans la majorité des cas, conservent malgré
tout des valeurs remarquablement fortes en
raison de l’énormité des précipitations.
Quant à l’irrégularité interannuelle, elle
être appréciée par la valeur d’un
coefficient égal au rapport des modules
annuels qui caractérisent respectivement une
peut
année “humide” et une année “sèche” corres¬
pondant toutes deux à une période de retour
moyenne de dix années. On a coutume de
désigner ce coefficient par le symbole K..t.
médian
Module
décennal
Coefficient
(m^/s)
K3
d'irrégularité
Moduie
Module
Rivière et
décennal
station
humide (m^/s)
Vaitepiha
La Vaitepiha près de son
embouchure. Comme
tous les cours d'eau de
Tahiti cette rivière, issue
de ia caideira de la
presqu'île, charrie
des quantités
encore
3,70
cote 10
Papenoo
cote 45
9,55
5,10
8,55
11.1
15,5
1,81
1,84
1,25
0,83
2,22
Fautaua
cote 92
2,58
considérables de roches
et de galets.
Les débits spécifiques
mensuels. Ces schémas
mettent en évidence une
période humide de
novembre-décembre à
mars
et une période
sèche en juillet-août-
septembre.
Débits spécifiques mensueis médians de six cours d’eau de Tahiti
Les valeurs de K.t, de l’ordre de 2 pour les
modules
des
cours
d’eau
de
Tahiti, sont
caractéristiques de régimes réguliers, un des
éléments régulateurs étant l’importance des
réserves souterraines qui jouent le rôle de
volant d’inertie.
Les variations saisonnières
des écoulements
Les débits mensuels sont plus variables d’une
année sur l’autre que les modules. Cette irré¬
gularité peut également être caractérisée par
un coefficient K.t dont la valeur moyénne pour
un mois donné est d’environ
2,5 sur l’ensemble
de l’île. Il s’ensuit que les moyennes mensuelles
sont plus difficiles à évaluer lorsqu’on a affaire
à de courtes
périodes d’observation comme
c’est le cas à Tahiti.
Pour
cette
raison,
plutôt
que
les
moyennes, sont présentés, ici, sous forme de
diagram'mes annuels, les débits spécifiques
mensuels
médians
de
six
rivières.
Ces
diagrammes mettent une fois de plus en
évidence l’effet de l’exposition des bassins et
permettent en outre de définir pour les débits
une période humide de trois à quatre mois qui
débute en novembre-décembre pour se
terminer début mars, et une période sèche de
trois mois (juillet-août-septembre). Les autres
mois,
mars
à juin et octobre-novembre
constituent des périodes transitoires entre les
débits importants et les étiages, ou plus bas
niveau des eaux.
En réalité, comme on pourra s’en assurer
consultant la partie de cet ouvrage qui
traite de la climatologie, le régime saisonnier
en
des écoulements suit de façon assez fidèle celui
de la pluviométrie.
99
LES ILES OCÉANIQUES
Les crues
et les étiages
des rivières de Tahiti
Dans les pages qui précèdent ont été
analysées les valeurs centrales, moyennes ou
médianes, présentées par les écoulements.
Avec les crues et les étiages on aborde le
domaine des valeurs extrêmes dans lequel les
connaissances sont encore embryonnaires.
L’étude statistique des basses eaux et, plus
encore, celle des crues, ne peuvent en effet
reposer valablement que sur des mesures
nombreuses et précises, menées sur de très
longues périodes d’observation des cours
d’eau. Hélas, il faut reconnaître que les
échantillons statistiques dont on dispose
actuellement ne présentent pas encore ces
caractéristiques. On se bornera donc le plus
souvent dans ce qui suit à énumérer des faits
d’observation relativement isolés que l’on ne
pourra que très rarement rattacher à des
fréquences d’apparition.
Étant donné la relative exiguité des
bassins versants, leur forme encaissée, l’incli¬
naison très forte des versants et des lits, les
temps de réponse aux averses sont toujours
très brefs ainsi que les temps de montée et de
qui n’excèdent pas quelques
donc
en
présence de
phénomènes de ruissellement d’une extrême
brutalité susceptibles d’atteindre des
concentration
heures.
On
intensités
est
record
dans
le
cas
d’averses
cycloniques.
Les plus fortes crues observées
Les premières observations et les mesures
précises des débits à Tahiti n’ayant commencé
qu’au début de la décennie 70, les données
recueillies depuis lors sont insuffisantes pour
une analyse statistique des crues. Cependant,
le caractère exceptionnel de quelques épisodes
pluvieux récents laisse à penser que les débits
auxquels ils ont donné naissance sont
également exceptionnels, sans qu’il soit
Les caractéristiques des crues
Les crues à Tahiti sont le plus souvent liées à
séquences pluvieuses qui regroupent
plusieurs averses successives et, si l’on excepte
le cas d’orages isolés, les hydrogrammes
présentent un aspect complexe de trains de
crues qui s’étalent parfois sur quatre ou
cinq
jours. Ces trains de crues au nombre d’une
trentaine en moyenne par an, surviennent
des
pour 70 % en été, entre les mois d’octobre et de
C’est
également au cours de cette
l’on observe généralement les
volumes ruisselés et les débits de pointe les
plus importants.
mars.
période
que
Les crues causent
Débit maximal de la
Débit de pointe d'une
plus forte crue connue
Rivière et station
Nombre
crue
annuelie médiane
d'années
brut
spécifique
(m^/s/km^)
Episode pluvieux
correspondant
Superficie
(km^)
(m^/s)
33,3
550
16,5
12.04.83 cyclone Veena
30,7
880
28,7
12.04.83 cyclone Veena
d'observation
brut
spécifique
(mys)
(m'^lslkmy
12
270
8,1
9
300
9,8
à la station
parfois d'importants
dégâts. Ceux-ci ont été
occasionnés sur ia route
de ceinture par ia crue
de la Papenoo
consécutive au cyclone
Veena.
Secteur au vent
Vahitepiha cote 10
Papeiha cote 10
Vaiharuru A. cote 535
0,72
(26,2)
12.04.83 cyclone Veena
-
1,05
12.04.83 cyclone Veena
1
-
Paraura cote 100
(42.5)
(36,3)
(40,4)
1
Vaiharuru B. cote 526
5,69
180
31,6
12.04.83 cyclone Veena
3
-
-
Vaitaara cote 5
23,6
(40,2)
12.04.83 cyclone Veena
8
Papenoo cote 45
(950)
79,7
2200
27,6
12.04.83 cyclone Veena
12
420
-
-
-
-
5,3
100
enregistrées aux diffé¬
rentes stations de
mesure et de courbes
d’étalonnage plus ou
moins extrapolées par
des méthodes classi--
Secteur sous le vent
Ahonu cote 120
Les débits maximaux
des plus fortes crues
recensées à Tahiti. Ils
ont été établis à partir
des cotes maximales
ques. Ils sont donc rela¬
tivement sûrs, sauf
7,5
140
18,7
Tuauru RT2
26,2
244
9,3
Fautaua Bain Loti
20,7
244
11,8
Punaruu RT1
12.04.83 cyclone Veena
43,3
460
10,6
10.03.81
Vaitiu cote 60
18,4
(300)
(16,3)
12.04.83 cyclone Veena
8
-
Taharuu cote 100
26,3
560'
21,3
8
-
Maripehe cote 15
9
(62)
12.04.83 cyclone Veena
1
-
Vaitunamea cote 10
(6,9)
12.04.83 cyclone Veena
16,1
(87,5)
5,4
12.12.82 dépression Eisa
1
-
Vairaharaha RT1
14,6
330
22,6
8
-
Vahiria cote 25
12.04.83 cyclone Veena
(9,6)
130
12.12.82 dépression Eisa
3
-
Aivaro cote 10
(13,5)
6,5
110
16,9
12.04.83 cyclone Veena
9
70
12.04.83 cyclone Veena
10.03.81
cyclone Tahmar
cyclone Tahmar
8
-
8
-
10
12
_
-
-
120
2,8
-
-
_
-
-
-
10,7
quand ils ont été placés
entre parenthèses. En
revanche, les valeurs qui
se rapportent aux îles
Marquises (page de
droite) sont des
estimations qui reposent
sur des
relevés
topographiques
(mesures de pentes et de
sections mouillées)
effectués par
l'O.R.S.T.O.M. à l’issue
de la saison cyclonique
1982-83. Ces valeurs
sont évidemment un peu
moins précises.
LES TYPES D’ILES ET L'HYDROGRAPHIE
toutefois
possible de leur attribuer préci¬
sément une période de retour.
L’examen du tableau fait apparaître que
pointe des plus fortes crues
plus élevés
que ceux des crues annuelles médianes, ce qui
est déjà considérable. Mais pour l’œil averti
d’un
spécialiste, les valeurs des débits
spécifiques apparaissent comme
monstrueuses et presque incroyables car la
plupart des débits estimés dans le secteur au
les
débits de
connues sont
de deux à cinq fois
Estimation des pius
forts débits de crue de ia
saison cycionique
1982-83 sur queiques
rivières de i’archipei des
Marquises. Ces valeurs
sont moins
considérables que celles
des rivières de Tahiti,
mais elles sont
cependant
exceptionnelles et
témoignent de
l’importance des pluies
cycloniques qui sont
tombées sur ces îles.
à l’occasion du cyclone Veena frôlent la
plupart des records répertoriés de par le
monde par les hydrologues.
En effet, les estimations relatives aux très
petits bassins comme ceux de la Vaiharuru et
de la Paraura ne sont dépassées que par les
vent
valeurs exorbitantes observées aux U.S.A. en
1973 (San Rafael à San Rafael) et en I969
(L. San Gorgonio à Beaumont) ainsi qu’en
(rivière Halawa). Quant au
maximum de 27,6 m-’/s/km^de la Papenoo,
I965 à Hawaii
Superficie
Débit spécifique
du bassin Débit maximum
maximum
Ile
Nuku Hiva
Hiva Oa
Ua Pou
Rivière
(km^)
brut (m^/s)
m^/s/km^
Meau
5,88
120
20,4
Taipivai
32,5
400
12,3
Faakua
26,1
530
20,3
Vaioa
13,3
210
15,8
Hakahau
7,67
130
16,9
Hakahetau
8,92
215
24,1
des superficies comparables il rivalise
1963
pour le rio Buey à San Miguel (Cuba) et n’est
dépassé à notre connaissance que par les
valeurs fantastiques données pour une autre
rivière hawaïenne (2 470 m’/s sur la Waïlua en
I963 pour 58 km^) et une rivière mexicaine
(3 000m-’/ssur le rio San Bartoloen l976pour
pour
celui de 28,2 m^s/km- retenu en
avec
8I km^).
Bien que moins remarquables, les valeurs
pour les îles Marquises doivent
également être considérées comme extraor¬
dinaires. Il est d’ailleurs à noter que des crues
d’importance comparable, sinon supérieure,
se seraient déjà produites au début du siècle
dans ce même archipel en janvier 1903 et mars
retenues
I905.
Quelle est la période de retour moyenne
Il est bien entendu très
de tels phénomènes ?
difficile
de se prononcer, d’autant que
l’absence d’habitat dans les vallées ainsi que
les endiguements récents dans la zone littorale
rendent
crues
de
infructueuses les enquêtes sur les
historiques à Tahiti. Cependant, à l’aide
recoupements basés sur l’évaluation de
Les débits estimés dans
la zone au vent de l’île
de Tahiti ont, lors de
la période cyclonique de
1982-1983, été proches
des records relevés par
les hydrologues tant
aux
États-Unis qu'à
Hawaii.
Ruisseliement
généralisé en nappe,
observable à l'occasion
de précipitations
cycloniques.
101
LES ILES OCÉANIQUES
antérieures au début des
(1944, 1955 et 1968 pour la
Papenoo, 1968 pour la Punaruu) on peut
penser comme J. Danloux, hydrologue de
rO.R.S.T.O.M., que ces phénomènes
quelques
Cyclone et pluie.
Schéma de répartition
spatiale de la pluie
tombée en 24 heures
lors du cyclone Veena
et hydrogramme de la
du 11 au 13 avril
la Papenoo. On
notera que le volume de
celle-ci dépasse très
certainement 40millions
de m= ce qui correspond
à une lame d'eau
écoulée supérieure à
500mm sur la surface du
bassin versant !
crue
reviennent
sur
\
'
,
environ
les
50
ans
débits
des
rivières
tous
en
moyenne.
Les débits d’étiage
La
décroissance
des
général au mois de mars ou avril
et se poursuit de façon plus ou moins régulière
jusqu’en octobre-novembre. La période
d’étiage proprement dite, ou période des plus
basses eaux, se situe le plus fréquemment au
mois d’octobre (30 % des cas) ainsi qu’au mois
d’août (20 % des cas) mais il existe des chances
non négligeables pour que certaines années le
commence en
1 000mm
500mm
“250mm
crues
observations
•
«
(,
débit minimum des cours d’eau s’observe soit
avant le 1er juillet (10 % des cas) soit après le
Le cours moyen de la
1er novembre (15 % des cas) : si la saison
humide a été brève, précoce ou interrompue,
Papenoo. A sa sortie de
la caldeira, la rivière
serpente dans une vallée
se resserrant jusqu’à
le minimum peut même apparaître en avril-
Les débits minimaux
mai
d’étiage. La période des
plus basses eaux se
l’embouchure. On
remarque des cascades
sur ses flancs
situe généralement en
octobre et en août.
escarpés.
comme
cela s’est
produit en 1973 ; au
contraire, si les pluies sont en retard, comme
en 1977-78 l’étiage peut se prolonger jusqu’en
décembre ou même janvier.
Le classement des mesures recueillies sur
différentes stations entre 1973 et 1982 permet
d’établir quelques valeurs caractéristiques des
étiages à Tahiti. Les débits les plus forts
s’observent
naturellement
sur
les
bassins
versants les mieux arrosés mais aussi sur ceux
précipitations saisonnières sont assez
bien réparties (Aivaro). Quant à l’irrégularité,
où les
elle est d’autant plus faible que les précipi¬
tations sont plus élevées mais elle peut aussi
être atténuée par la forte rétention de certains
bassins comme ceux de la Punaruu et de la
Taharuu.
Les cascades subissent
aussi les variations des
débits, se gonflant lors
Débits minimaux d'étiage
Rivière et station
102
décennal sec
médian
décennal humide
Coefficient
d'irrégularité
(l/s)
(l/s/km=)
(l/s)
(l/s/km^)
(l/s)
(l/s/km^)
Papenoo cote 45
756
9,5
1420
18,2
2250
28,2
2,97
Papelha cote 10
534
Valteplha cote 10
409
.
Ks
17,4
1035
33,7
1529
49,8
2,86
12,3
789
23,7
1205
36,2
2,94
Alvaro cote 10
54
8,3
135
20,7
233
35,9
4,32
Valtlu cote 60
65
3,6
153
8,3
248
13,5
3,75
Punaruu cote 50
258
6,6
427
10,9
601
15,3
2,33
Taharuu cote 100
488
18,6
794
30,2
1226
42,8
2,30
■
d’une forte pluie, ou
s’amenuisant en saison
sèche.
LES TYPES D’ILES ET L’HYDROGRAPHIE
Les nappes d’eau
souterraines
L’eau provenant des précipitations mété¬
oriques s’infiltre en partie dans le sol et ali¬
mente les nappes souterraines que l’on
peut
classer en nappes libres et en nappes captives.
Les nappes libres ou captives,
perméables où elles
été mise en évidence dans la vallée de
Fautaua et contribue par son exploitation
a
Les
nappes
libres sont celles qui
correspondent à une circulation dans des
terrains
fracturées. La recristallisation à l’intérieur des
fissures et des pores de la roche reste un signe
de stérilité (cas des îles de Huahine et de Bora
Bora). Une nappe de dyke très caractéristique
phréatiques ou profondes
subissent
desquels elles
peuvent prendre la forme qui leur est caracté¬
ristique (cas des nappes phréatiques). Les
nappes captives sont prisonnières entre deux
couches de terrain imperméable et leur
alimentation ne s’effectue que par les affleu¬
rements du terrain perméable à l’intérieur
duquel elles se trouvent incluses. Il est bien
entendu que l’on peut rencontrer au fur et à
mesure que l’on s’enfonce dans le sol plusieurs
nappes superposées, séparées entre elles par
aucune contrainte et à l’intérieur
Les nappes de dyke. Le réseau des dykes
verticaux, dense en bordure de la caldeira,
devenant plus lâche à la périphérie du volcan,
peut constituer un réservoir naturel souterrain
par
le compartimentage des horizons
aquifères perméables. Les roches magasins
sont constituées par des laves fissurées ou
ne
( 130 1/s) à l’alimentation delà zone urbaine de
Papeete. De petites nappes perchées ont pu
être
reconnues
horizontaux
et
dans
exploitées par des forages
les
îles
de
Moorea
et
Maupiti. 11 est à noter que ces nappes déli¬
vrent
une
eau
d’excellente
qualité mais il
apparaît que leur existence est liée à la taille du
volcan qui doit être importante.
Les nappes de couverture altérée. L’altération
chimique des basaltes en climat tropical
océanique produit une épaisse couche de
limons. Ceux-ci possèdent une teneur en eau
très
élevée.
Dans
certains
cas,
on
peut
exploiter leur nappe dont le débit ne dépasse
pas toutefois quelques litres par seconde, par
des tranchées drainantes.
Les nappes littorales. 11 a pu être mis en évi¬
dence dans l’île de Tahiti l’existence de nappes
littorales en charge sous des formations volca¬
niques ou sédimentaires imperméables
appelées caprock, qui assurent une bonne
protection de la nappe. Des nappes exploi¬
tables importantes existent dans le nord-ouest
bassin versant
bassin versant
des terrains imperméables.
Les nappes peuvent être classées encore
source
bedrock
phréatiques et nappes profondes.
Les nappes phréatiques sont celles qui
reposent sur la première couche imperméable,
non loin du niveau du sol. Elles sont toujours
en
nappes
libres
et
souvent
contaminées.
Les nappes
profondes reposent sur une couche imperméa¬
ble plus profonde ; elles peuvent être libres ou
captives.
La surfacepiézométrique d’une nappe est
la surface passant par les points les plus élevés
de la couche d’eau composant la nappe ; elle
est également appelée niveau hydrostatique.
La puissance d’une nappe est représentée par
le volume total de l’eau contenue entre le
imperméable
piézométrique.
support
et
la
surface
En
Polynésie française, l’étude et
l’exploitation des eaux souterraines diffèrent
sensiblement suivant qu’il s’agisse des îles
hautes (appareils volcaniques émergés) ou des
bassin hydrogéologique
Le bassin versant et le
bassin
hydrogéologique. Le
bassin versant ou bassin
hydrologique est une
zone
du relief dont les
eaux de ruissellement de
surface s'écoulent et se
rassemblent vers un
exutoire unique. Il est
déterminé par la
détermine une nappe
essentiellement par les
donc l’écoulement
souterrain et les
réserves.
Le bassin versant et le
bassin
morphologie,
lignes de crêtes et de
partage des eaux.
Le bassin
hydrogéologique se
rapporte aux eaux
souterraines. C’est
l’unité structurale qui
aquifère. Il conditionne
hydrogéologique, dans
une région déterminée,
ne présentent pas
puits de la nappe phréatique
nécessairement ies
mêmes délimitations.
Ainsi, le ruissellement
de surface et
l’écoulement souterrain
peuvent ne pas
correspondre aux
mêmes sources
d’alimentation
superficielle.
1
■
zone
de recharge
de l'aquifère artésien
niveau piézométrique
îles basses (atolls).
L’eau souterraine
dans les îles hautes
NAPPE PHRÉATIQUE
Dans les îles hautes, les principaux aquifères
NAPPE LIBRE
rencontrés sont les suivants.
Les nappes
de basalte. La masse des roches
d’horizons
perméables constitués
volcaniques comporte un réseau de fissures et
par
des
scories principalement qui sont à l’origine des
infiltrations et des circulations des eaux sou¬
terraines. On y distingue les nappes perchées
Les premières sont
horizons aquifères perméables
situés en altitude. Les secondes se rencontrent
dans les vallées. Les alluvions qui remplissent
celles-ci sont imperméables vis-à-vis des
basaltes encaissants. 11 se rencontre donc à
et les nappespérialluviales.
liées
à
des
leur contact une frontière propice à la consti¬
tution d’une réserve d’eau si le rocher est suffi¬
samment fissuré et poreux. Ce type
d’aquifère
permet des exhaures supérieurs à 10 1/s (le
débit est fonction de l’importance du faciès
des vallées).
AQUIFÈRE ARTÉSIEN
NAPPE CAPTIVE
Coupe d'un système
d’aquifères. Les niveaux
piézométriques des
puits 1 et 3 sont
supérieurs à celui du
puits 2, celui-ci
n’atteignant pas la
nappe càptive située
le niveau
sous
imperméable.
103
LES ILES OCÉANIQUES
de
l’île
(Faaa-Punaauia).
Par ailleurs des
nappes libres littorales apparaissent quand le
caprock
n’existe
associées à des
Elles sont souvent
pas.
sources
sous-marines.
Le cycle de l’eau
Ces
nappes restent cependant très vulnérables à la
pollution de surface.
L’eau souterraine dans les atolls
Dans les îles basses, les conditions de gisement
d’une nappe d’eau douce répondent schémati¬
théorie de Ghyben-Herzberg,
figurant une lentille asymétrique d’eau douce
flottant sur l’eau salée océanique. Cependant
la réalité est modifiée sensiblement par les
particularités géologiques rencontrées et par
le caractère dynamique des écoulements des
liquides. Les Polynésiens ont de tout temps
exploité cette nappe par des puits percés à
quement à la
travers la dalle corallienne. 11 faut noter que
l’eau est de qualité médiocre, car chargée de
L’eau dans la nature suit un vaste cycle
éternel sous ses trois formes : liquide à l’état
normal, gazeuse en vapeur et solide en glace.
Ainsi lorsque les rayons solaires échauf¬
fent une mer ou un lac, ils activent l’évapo¬
ration de la couche d’eau superficielle. L’air
humide proche de la surface liquide s’échauffe
lui-même au contact de l’eau et, devenu plus
léger, il s’élève dans l’atmpsphère tout en se
refroidissant.
11 arrive un moment où sa température
tombe au-dessous du point où la vapeur d’eau
se
condense et il se forme alors des nuages.
Quand les gouttelettes
ou
les minuscules
cristaux de glace qui constituent ces nuages
deviennent trop lourds pour pouvoir être
par
l’air, il se produit une
précipitation qui peut adopter la forme de
pluie, de neige ou de grêle, suivant les condi¬
tions météorologiques du lieu. La plus grande
partie des précipitations tombe dans les vastes
océans. Pour les précipitations continentales,
une certaine proportion de l’eau est inter¬
ceptée par la couverture végétale. Une partie
de celle qui atteint le sol imbibe la terre ou
peut être retenue dans les flaques ou les mares
ou encore pénètre directement dans le soussol. Enfin le reste des précipitations alimente
les cours d’eau.
L’eau retenue par la
soutenus
d’hydrogène sulfuré (décompo¬
matière vivante détritique du
corail). Les méthodes modernes de puisage
par pompe mécanique peuvent compromettre
la pérennité de cette nappe. En effet un débit
d’exhaure trop important peut avoir pour
conséquence la contamination de la lentille
par une remontée de l’interface eau douce/eau
salée. De plus, cette nappe libre reste très
vulnérable à la pollution, d’autant que la per¬
méabilité du corail est importante.
Dans le cas exceptionnel des atolls suré¬ I végétation, une partie de celle des flaques et
levés, il a pu être mis en évidence un véritable j enfin l’humidité conservée par les couches
réseau karstique au sein des calcaires coral¬
inférieures de l’air s’évaporent. Les eaux
liens soulevés (atoll de Niau). L’infiltration et
courantes s’écoulent vers le réseau hydrogra¬
la dissolution au sein de la masse calcaire
phique (rivières et fleuves) qui les déverse dans
les lacs ou dans la mer, et réapparaissent ainsi
expliquent l’existence de grottes avec retenues
d’eau comme il en existe à Makatea.
dans le cycle.
calcium
et
sition de la
Infiltration. L'eau des
pénétrant dans le sol et le
précipitations, après avoir
sous-sol où elle alimente les
évapotranspiration et
absorption par la couverture
végétale, parvient à la
rétention, écoulement
hypodermique, écoulement
subi des pertes par
surface du sol où elle se
répartit en deux fractions :
ruissellement de surface et
infiltration. Cette dernière
représente la quantité d’eau
104
eaux
souterraines : eau de
souterrain et reconstitution
des réserves aquifères.
L’évapotranspiration épuise
une
part conséquente des
précipitations. Aussi, une
fraction seulement de
celles-ci reconstitue les
nappes ; écoulement
souterrain et réserves. On
parle alors d'infiltration
efficace, exprimée en
millimètres de hauteur
d’eau. Ce phénomène reste
difficile à évaluer car il
échappe aux mesures
directes par des processus
simples.
Écoulement. L’écoulement
est alimenté par les eaux qui
ont échappé à l’infiltration
profonde et à
l’évapotranspiration. Il faut
y ajouter de plus le
déversement des nappes
souterraines comprises
Entre temps, une partie des eaux super¬
ficielles (celle des flaques, des rivières et des
lacs) s’infiltre dans le sol et atteint la nappe
phréatique, couche aquifère souterraine qui se
forme
sur
un
lit de roches
inférieur, l’eau souterraine peut réapparaître
plus loin sous la forme de source ou de puits
artésien, ou bien après un parcours entière¬
ment souterrain elle rejoint les eaux d’un lac
ou d’une mer. La gravité n’est pas la seule
force en jeu. Dé l’eau de la nappe phréatique
monte par capillarité en suivant les interstices
qui subsistent entre les grains du sol.
Ce liquide, ainsi que celui qui s’infiltre
depuis la surface ou celui qui est retenu dans le
sol par l’attraction moléculaire, peut être
absorbé par les racines des plantes, d’où il
atteint les feuilles. La transpiration qui a lieu à
la surface de
ces
dernières restituera l’eau à
l’atmosphère sous forme de vapeur.
Ces manifestations se produisent suivant
des proportions variables en relation avec la
topographie, la constitution géologique du
sol, le climat, la température, ’ etc. Ce
processus complexe, fondé sur^un équilibre
naturel entre l’évaporation, la transpiration,
les précipitations et le retour à la mer des eaux
courantes
superficielles et souterraines
constitue le cycle hydrologique.
Le cycle de l’eau évolue dans trois milieux
différents : l’atmosphère, la surface du sol et le
sous-sol. Ainsi apparaissent trois champs
d’études bien délimités : les eaux atmosphé¬
riques (liées étroitement à la météorologie),
l’hydrologie de surface et les eaux
souterraines.
Précipitations. Les
précipitations groupent
l'ensemble des eaux
dans le bassin versant
incriminé. L’écoulement est
météoriques recueillies par
un
zone
paramètre directement
mesurable avec précision
(stations de jaugeages),
alors que le ruissellement de
surface reste difficile à
appréhender.
imperméables.
Courant sur ce lit à la recherche de son niveau
un
bassin versant ou une
spécifique.
La hauteur de
précipitation est la hauteur
de la lame d’eau qui
s’accumulerait sur une
surface horizontale si toutes
les précipitations y étaient
immobilisées. Elle est
assimilée au volume total
d’eau tombée, en m^, divisé
par la section
pluviométrique évaluée en
m^. Cette hauteur de
précipitation peut se
rapporter à divers intervalles
de temps : jour, mois, année.
7 Les sols
Trois
mille tel
six apparaît
cents kilomètres
carrés, centdedix-huit
îles groupées
cinq
archipels,
le domaine
la Polynésie
française,enréduit,
terrestre
morcelé et disséminé sur quatre millions de kilomètres carrés d’océan. Il se partage en
deux types d’îles : les îles hautes volcaniques, représentant les deux tiers des terres
émergées, et les îles basses coralliennes ou atolls pour le reste.
Dans le milieu monotone de ces dernières, la couverture pédologique,
généralement alcaline, est peu diversifiée. Dans les îles hautes par contre, au relief
vigoureux, l’éventail des sols, toujours plus ou moins acides, est nettement plus vaste.
La nature géologique des roches-mères variant peu, la distribution des sols dans le
paysage est essentiellement liée au modelé, ou aux variations climatiques inhérentes à
l’orientation ou à l’altitude.
Le sol, ce produit si répandu de la nature,
primordial pour certains, de peu d’intérêt
pour beaucoup, est généralement peu connu,
aussi concepts et points de vue le concernant
sont-ils variés.
Pour le profane, c’est cette mince couche
laquelle
croissent les plantes. Pour l’exploitant minier
ou l’entrepreneur de travaux publics c’est la
terre inutile, gênante, qu’il faut enlever avant
de pouvoir atteindre le minerai, le matériau
exploitable ou le support solide. Pour l’ex¬
ploitant agricole, ce sont les premiers
décimètres de la terre arable qu’il va travailler,
fertiliser, protéger de son mieux afin qu’elle lui
fournisse les meilleures récoltes possibles.
terre
meuble
et
noire
,
soumise aux actions de l’eau, des variations de
température, s’effrite, s’altère, se décompose.
Algues, champignons, micro-faune s’y
installent rapidement ; puis les végétaux
supérieurs qui enrichissent le sol en
formation, en matière organique qui, ellemême, en accélère l’évolution. Les eaux de
pluies, qui y circulent, y favorisent des trans¬
formations
ou
néoformations,
entraînent
certains éléments en profondeur où ils s’accu¬
La pédologie
ou l’étude du sol
de
Ce
schéma
représente un système
dynamique au sein duquel la roche-mère
dans
mulent, ou les exportent au loin.
Quant aux spécialistes de son étude, les
pédologues qui décrivent le sol, en expliquent
révolution, en reconstituent l’histoire,, ils en
ont donné de nombreuses définitions parmi
lesquelles l’on peut retenir celle de
J. Boulaine
;
La topographie, facteur particulièrement
important en Polynésie française, intervient
aussi. Le relief, qui perturbe les mouvements
de l’eau, rend les sols des îles hautes parti¬
culièrement vulnérables à l’action de l’érosion.
11 faut y ajouter le facteur temps, et les inter¬
“Le sol est le résidu de l’altéra¬
tion, du remaniement et de l’organisation de la
couche supérieure de la croûte terrestre sous
l’action de la vie, de l’atmosphère, et des
échanges d’énergie qui s’y manifestent”.
ventions humaines qui accélèrent ou
modifient les processus dans un sens parfois
favorable, bien souvent regrettable.
La formation du sol
Le sol
se
forme par
ralement très
transformation, géné¬
lente, d’une roche consolidée
(comme le basalte) ou meuble (comme le
sable) selon un processus évolutif appelé la
pédogénèse, déterminé par le milieu, c’est-àdire par les facteurs écologiques.
Facteurs écologiques
Roche-mère
Sol
Pédogénèse
Le sol ainsi formé se compose de
plusieurs phases : phase solide (minérale et
organique), phase aqueuse (eau et sels
dissous), phase gazeuse et phase vivante
(animaux et végétaux inférieurs et
supérieurs).
Le profil pédologique
Sous l’influence de tous
ces
facteurs, le sol
s’approfondit, se structure. Il s’y individualise
progressivement des couches plus ou moins
homogènes qui se superposent tout en
n
Succession de sols sur
roche basaltique
n
^lu,es\7
oxydisols
surface du soi
sols ferralitiques
à métahalloysite
mamu
(altérité)
imperméabilité
relative
sols peu évolués
à caractères
vertiques
PLUIES
désiticification et désalcalinisation
; :
partielle
(sur les pentes) ^
accumulation-
néoformation
de montmoriltonite
(dans la plaine)
élimination
de la silice
et des bases
concentration relative
des oxydes et hydroxydes
de fer. aluminium et titane
=
nappe
80 à 90 %
(sur les plateaux)
drainage oblique silice et bases
Trois roches-mères de
Polynésie française,
basalte alvéolaire ;
b : basalte microlitique
a ;
(formé de cristaux
microscopiques) ;
c .• gabbro aux minéraux
visibles à l’œil nu. La
fraction minérale des
sols provient de la
transformation des
roches-mères.
105
LES ILES OCÉANIQUES
dépendant étroitement les unes des autres. Le
sol formé se caractérise alors par la succession
de ces couches, appelées horizons et qui se
différencient par leur couleur, leur teneur en
matière
organique, leur texture, leur
structure, leur compacité...
La section verticale d’une telle succession
d’horizons est appelée profil pédologique et
l’ensemble
des
horizons
surmontant
le
matériau originel constitue le solum.
L’horizon A occupe la partie supérieure
profil. Sa couleur sombre est due à une
accumulation de matière organique. Parfois
peu décomposée et abondante (tourbe), elle
est généralement bien mélangée à la fraction
du
minérale
et
entretient
intense activité
une
biologique. Cet horizon peut être appauvri en
argile, et en oxyhydroxydes sous l’effet de la
percolation des eaux pluviales.
En-dessous, l’horizon B, d’épaisseur
variable de quelques centimètres à plusieurs
mètres, est plus vivement coloré en rouge,
brun, beige
Généralement meuble, il peut
être défini par l’une de ses caractéristiques
dominantes : coloration, consistance, emprise
les
racines des arbres prélevant, en
profondeur, ces éléments qui retournent à la
surface par l’intermédiaire de la litière.
Le sol, un milieu vivant
Bien
qu’apparemment inerte, le sol est un
milieu où règne une vie intense mais localisée
pour l’essentiel dans sa partie supérieure,
enrichie en matière organique. Un bon sol
peut renfermer plus de deux kilos de matière
vivante, flore et faune, au mL dont environ
10 % pour cette dernière, depuis les vers de
terre jusqu’aux organismes microscopiques ;
un seul gramme de terre de surface peut
contenir de 20 à 30 millions de germes.
Si certains de ces microorganismes sont
pathogènes, la plupart jouent dans le sol un
rôle essentiel. Les plantes, en effet, ne se
nourrissent pas de substances organiques
mais de sels minéraux. Les éléments minéraux
du fumier, du compost comme de la matière
organique naturelle du sol doivent donc être
mis en solution dans le sol, avant de pouvoir
être absorbés par les plantes.
C’est là qu’interviennent les microorga¬
nismes qui vont, par étapes, transformer les
matières d’origine végétale ou animale,
d’abord en produit simplifié, Vhumus, qui luiva être détruit, libérant ses éléments
minéraux qui seront absorbés par les racines.
même
organique et vie microbienne sont
liées, la matière organique
étant à la fois le support et l’aliment de la
plupart des microorganismes.
Matière
donc intimement
,
...
de l’eau, texture, structure.
tions
y
sont fréquentes,
Les accumula¬
qui résultent de
latérales d’argile,
migrations verticales ou
oxydes, hydroxydes, humus...,
Litière -t- rhizosphère
et peuvent
conduire à la constitution de carapace ou de
cuirasse. Les
d’horizon B.
sols
peu
évolués n’ont
pas
Au-dessus de la roche brute, le matériau
d’altération, où l’activité biologique est
fortement réduite, et à partir duquel s’est
formé le sol, constitue l’horizon C, que l’on
différencie, selon que la texture de la roche est
Le cycle
blogéochimique. Les
éléments minéraux
conservée (isaltérite), ou pas (allotérite).
La pédogénèse. Le sol
forme par
transformation de la
roche (basaltique ici)
sous l’influence des
facteurs écologiques.
horizons de surface. Dans certains cas
toutefois (sous forêts) ces processus peuvent
Le profil pédologique.
Sur une section
verticale du sol,
C’est la roche-mère qui fournit, par sa
décomposition, les éléments minéraux du
profil. Mais les processus d’entraînement
tendent à en appauvrir, progressivement, les
être contrariés par les cycles biogéochimiques.
apparaissent nettement
les trois horizons : A,
brun, enrichi en matière
organique. B, plus
106
puisés dans le sol par les
racines lui sont restitués
par l’intermédiaire de
la litière.
se
Composition voiumique
d’un sol de plateau, à la
base de l’horizon A
(20 cm) en saison
pluvieuse (janvier). Lesol est très poreux.
les proportions d’air et
d’eau utile (eau que les
racines peuvent
absorber) y varient
rapidement en fonction
de la pluviosité.
LES SOLS
Les principales caractéristiques
d’un bon sol
Le sol est composé d’un ensemble d’éléments
variant par leurs dimensions et leur nature ;
cailloux et graviers excédant 2 mm, sables de
0,05 à 2 mm, limons de 0,002 à 0,05 mm,
argile granulométrique comprenant toutes
les particules les plus fines inférieures à
0,002 mm (2 microns). La proportion de
chacune de ces fractions varie d’un sol à l’autre
et définit sa texture.
du
Ces éléments constitutifs'
constituer des
agrégats de taille et forme variables, cet
assemblage déterminant la structure du sol.
Les agrégats peuvent, à leur tour, s’assembler
sol
s’assemblent
pour
pour former des mottes.
Dans les agrégats, et surtout entre eux,
subsistent des espaces vides qui permettent la
circulation de l’air et de l’eau ; de leur dévelop¬
pement dépend la porosité du sol.
Le rôle premier du sol est de servir de
support aux plantes et, pour que ce support
soit bon, il faut que sa texture soit équilibrée,
ni trop argileuse, ni trop sableuse ; qu’il soit
meuble donc bien structuré et suffisamment
profond pour
développer.
en
que
les racines puissent s’y
Son second rôle est nourricier, le sol étant
effet le pourvoyeur des plantes en
nourriture. Si l’atmosphère fournit à celles-ci
l’oxygène et le gaz carbonique dont elles ont
besoin, c’est le sol qui, par l’intermédiaire des
racines, fournit tous les éléments minéraux
indispensables ; éléments qu’il doit être en
mesure de fixer pour éviter leur
entraînement,
mais pas trop fortement afin qu’ils puissent
être facilement restitués aux plantes. Le sol
fournit aussi l’eau, élément essentiel, qui doit
pouvoir y circuler sans entrave et être retenue
en quantité suffisante mais sans excès.
Les méthodes de la pédologie
Science de terrain autant que de laboratoire,
la
pédologie est tributaire de nombreuses
ou physiques. Le
pédologue doit, en premier lieu, décrire l’envi¬
ronnement, les conditions du milieu qui ne
a,utres sciences naturelles
peuvent être dissociées de l’étude du sol
proprement dite. Devant le profil, il s’attache
à relever toutes les caractéristiques discer¬
nables de chacun de ses horizons, sans oublier
d’apprécier la répartition des systèmes
racinaires, la porosité, le drainage. Toutes les
caractéristiques physiques, physico¬
chimiques, chimiques ou minéralogiques ne
pouvant être déterminées avec précision qu’en
laboratoire,
des échantillons des divers
horizons sont prélevés, qui sont soumis à des
analyses et tests variés, dont les résultats
permettent d’établir la typologie et la fertilité
du sol étudié.
L’établissement d’un document carto¬
graphique, reproduisant la répartition des sols
dans l’espace, constitue le plus souvent
l’aboutissement des études du pédologue.
La répartition des sols dans le
paysage polynésien
Dans les régions au relief très accidenté, telles
les îles hautes de la Polynésie française, la
La planèze, ou pente
primitive du volcan, est
entaillée par une
profonde vallée (la
Punaruu) aux pentes
escarpées sur sa rive
gauche, plus inclinées
sur sa
rive droite. Au
pied de ces pentes
s'étendent des terrasses
alluviales peu
développées. Sur la
planèze, déjà fortement
disséquée, subsistent
des portions encore
épargnées par l'érosion
Au premier
plan, la plaine littorale
ou plateaux.
fertile.
topographie joue un rôle essentiel dans la
répartition des sols dans le paysage. La
diversité des stations fait que ceux-ci peuvent
varier très rapidement d’un point à un autre
sans
lien apparent entre eux. Mais l’on
observe aussi, fréquemment, un étagement de
différents types de sols dont certaines des
caractéristiques varient, de façon plus
ou
moins continue, le long de la pente. C’est ainsi
que les éléments solubles, silice et bases, des
sols de l’amont, sont presque totalement (sur
les
“plateaux”) ou partiellement (sur les
pentes) mobilisés par les eaux de drainage
oblique qui vont enrichir les sols de l’aval (des
plaines et des vallées). 11 s’y développe alors
des néoformations de montmorillonite (vertisolisation) et de métahalloysite sur les pentes,
tandis que, privés de leur silice, les sols des
“plateaux” ne renferment plus d’argile miné¬
ralogique.
Dans certaines îles, et en particulier à
Tahiti dont les hauts sommets dépassent
2 000 mètres, la baisse de la température et de
l’hygrométrie, liée à l’altitude, donne à la pédogénèse, au-dessus de 1 000 m environ, une
orientation particulière en liaison avec le
La topographie joue un
rôle essentiel dans la
répartition des sols,
notamment par son
influence sur le régime
des eaux et i’écouiement
des pluies. Ici, un
paysage des Marquises.
ralentissement de la transformation de la
matière organique (débris végétaux...) en
humus ou humification.
Sur les formations coralliennes, très
développées autour de certaines îles hautes et
constituants
exclusifs
des
atolls,
se
développent des sols particuliers, typiques du
substratum calcaire.
107
LES ILES OCÉANIQUES
Les sols des
localités de Mahina, Faaa et surtout Taravao.
Ces plateaux sont recouverts de sols de
plateaux
teinte
(jusqu’à 900 - 1 000 m)
généralement sombre, brun-chocolat,
brun-rougeâtre ou brun-ocre dont la
profondeur n’atteint, bien souvent, pas un
surface primitive du volcan, subsistant entre
les vallées qui s’encaissent. L’érosion n’a
sols ferrallitiques fortement désaturés, humi-
Les
planèzes sont les témoins de la
épargné
de
telles
reliques,
doucement
inclinées vers la mer, en forme de triangle à
sommet dirigé vers le haut, qu’à la
périphérie
plus jeunes (Tahiti et sa
presqu’île). Les planèzes sont elles-mêmes
déjà fortement disséquées et les plateaux en
sont les portions encore épargnées. Les plus
beaux exemplaires s’observent au-dessus des
des
cônes
les
mètre.
Ce sont des
fères
oxydisols, c’est-à-dire des
gibbsitiques.
et
démuni
silice
en
éléments minéraux nutritifs. La
quasi-totalité'été entraînées par les eaux de
pluie. 11 n’y reste plus alors sauf exceptions,
grandes vallées.
volcan.
Leurs sols sont riches
en
oxydes métaliiques.
Ils sont généralement
sombres, dans les tons
bruns. Leurs bonnes
propriétés
physiques
les font
figurer parmi les
plus intéressants du
point de vue agricole, à
condition que leur
soient apportés des
engrais et de l'eau.
En effet, la nature des
sols de plateaux fait que
l'eau, faiblement
retenue, a tendance à y
filtrer. Le problème qui
se pose aux maraîchers
est celui de
l'assèchement de la
partie supérieure de ces
sols.
Le plateau de Taravao.
Les plateaux de l'ouest
de la presqu'île
s'étendent sur plus de
20 km^ constituant la
plus Importante réserve
foncière de Tahiti. De
pente faible, facilement
accessibles à la
mécanisation,
l'élevage, les cultures
maraîchères, vivrières
florales et d'agrumes s'y
développent. Le plus
gros problème réside
dans
l'approvisionnement en
eau.
humifère
les
Des orangers, introduits
parties épargnées des
planèzes, témoins de la
surface primitive du
sol
bases, éléments solubles, que
renfermait, à l’origine, le matériau, ont en leur
et
Le plateau de Tamanu,
dans la haute Punaruu,
est un plateau-témoin.
Les plateaux-témoins
sont ce qui subsiste des
coulées qui ont en partie
comblé certaines
Les plateaux sont les
Un
renferme des
quantités importantes de
matière organique. Un sol désaturé tsi un sol
par Cook, y produisent
à l'état sauvage des
fruits dont la saveur est
très appréciée. Leur
ramassage, à la fin du
mois de juin ou au début
de juillet, tient plus de
l'exploit sportif que de la
cueillette.
les éléments les plus stables, oxydes et
hydroxydes d’aluminium, de fer, de titane.
que
Une fraction de l’alumine est entraînée
profondeur,
tandis
en
de fortes
concentrations de fer et de titane apparaissent
en surface :
jusqu’à 70 % du poids du sol pour
les 50 centimètres supérieurs, dont 1/4 de
titane, sur les bas-plateaux de la presqu’île.
De texture fine, malgré l’absence d’argile
minéralogique, ces sols acquièrent une
structure en petits grains stables, qui favorise
une ''augmentation
excessive de la
perméabilité, comparable à celle observée
pour les sols à dominante sableuse. L’eau,
faiblement retenue, a tendance à y filtrer
rapidement, phénomène très légèrement
que
LES SOLS
lué toutefois par
la richesse en matière
nique dont les teneurs croissent avec
tude de 9 à 11 % en moyenne. Ainsi, l’un
problèmes préoccupant les agriculteurs,
lîchers en particulier, est celui de cet
îhement rapide du sol ; les plantes à
cinement superficiel peuvent en effet,
nt la saison la plus sèche, souffrir de ce
que d’eau dans la partie supérieure du sol.
irbustes ont quant à eux la possibilité de
penser cet assèchement superficiel en
;vant plus profondément l’eau qui leur est
ssaire.
Ces
sols
d’une
grande pauvreté
lique et très acides. Leur capacité de
ition des éléments nutritifs, faible en pro¬
sont
fondeur, croît en surface grâce à la matière
organique ; mais la rareté de ces éléments,
potassium, calcium ou magnésium, les laisse
en
l’état de très forte désaturation. Seul le
phosphore y est présent en quantités
importantes mais est si fortement fixé qu’une
très
faible fraction
plantes.
en
est
accessible
aux
Malgré leur pauvreté chimique à laquelle
il est possible de remédier par des apports
d’engrais ou amendements, et malgré leur
faible capacité de rétention de l’eau, partiel¬
lement compensée par une bonne répartition
de
la
pluviosité et, pour les cultures
exigeantes, par l’irrigation, ces sols, grâce à
bonnes propriétés physiques figurent
parmi les plus intéressants quant à leur mise
leurs
valeur.
En effet, sans être très profonds, ils le
sont
dans l’ensemble suffisamment ; la
porosité y est développée, la structure est
bonne et stable, offrant une grande résistance
à la dégradation. Les sols de plateaux
en
constituent donc de bons supports pour les
cultures et en outre, facteur déterminant, ils
sont localisés sur les pentes les
des sites favorables.
plus faibles, en
Cependant, nombre des petits plateaux
de la périphérie de Tahiti, dont la plupart ne
dépassent pas quelques hectares, sont d’accès
très difficile et ne sont, de ce fait, l’objet
d’aucune exploitation. Les grands plateaux de
l’ouest de la presqu’île, qui s’étendent sur plus
de
20 km2 sont, par contre, d’accès
généralement aisé et ouverts aussi à la
mécanisation. Les principales fermes de
Tahiti s’y trouvent regroupées, qui
pratiquent
l’élevage sur plus de 600 hectares de pâturages.
En liaison avec celui-ci ou pour l’alimentation
humaine l’on y pratique aussi les cultures
vivrières. Les plantations d’agrumes s’y
développent de même que les cultures
maraîchères et florales mais dans la mesure
seulement où les disponibilités en eau sont
satisfaisantes.
Postérieurement à l’épanchement de la
pellicule basaltique dans laquelle se sont
différenciés planèzes et plateaux et posté¬
rieurement au creusement des grandes vallées,
d’importantes coulées se sont produites qui
ont en partie comblé ces dernières. Il en
subsiste des plateaux-témoins, dans les
grandes vallées de l’île de Tahiti surtout. L’on
y distingue deux types de sols.
Des sols ferrallitiques dans les secteurs au vent
recevant
tes
plus
fortes
précipitations.
Brunâtres, bien structurés, peu profonds,
moins
évolués
que
les précédents, ils
renferment, à côté de la gibbsite, des propor¬
tions variables de métahalloysite, qui est une
variété d’argile minéralogique. Bien que riches
matière organique, leur potentiel de
fertilité est faible, ils sont fortement désaturés
et très acides. Leur situation
topographique
est leur atout essentiel mais, situés dans les
hautes vallées ils sont d’accès très difficile et de
en
ce
fait ne sont pas utilisés.
Des sols bruns eutrophes tropicaux, localisés
sur les
plateaux les plus abrités, sous le vent de
l’île (plateaux de Tamanu et de Rata à Tahiti).
Plateau de Taravao.
Préparation du terrain
en vue de l'implantation
decultures maraîchères.
Ces sols bruns, caractérisés par leur
pierrosité, sont assez profonds,
Les teneurs en méta¬
croissent notablement, aussi
structurés, poreux.
halloysite
y
forte
bien
retiennent-ils mieux l’eau. Ils sont riches en
matière organique, bien pourvus en éléments
Elevage bovin sur les
plateaux de Taravao.
L'ensemble des fermes
laitières de Tahiti sont
regroupées sur ces
plateaux. L'élevage y est
pratiqué de façon
intensive sur plus de
600 hectares de
pâturages avec parfois
plus de 4 bêtes à
l'hectare.
fertilisants, faiblement désaturés, peu acides.
Malgré la présence fréquente d’importantes
quantités d’éléments rocheux, leur potentiel
de fertilité est satisfaisant. Mais, situés comme
les précédents loin du littoral et d’accès
difficile, ces sols ne sont pas non plus cultivés.
Introduits par Cook, des orangers y viennent
à l’état naturel et donnent d’excellents fruits.
Des plantations de ce type pourraient y être
développées, de même que d’autres cultures
arbustives ou vivrières.
109
LES ILES OCÉANIQUES
Les sols des pentes
(jusqu’à 900 - 1 000 m)
Quel que soit le stade atteint par cette
évolution morphologique, les pentes de toutes
natures occupent donc, et de loin, sur chacune
des îles hautes, les superficies les plus impor¬
multitude de vallées
profondes aux pentes
escarpées que seules d’étroites crêtes séparent
les unes des autres, en leur partie amont. Les
rivières y coulent entre de véritables murailles
les dominant parfois de plus de 1 000 m. Et si,
à
la
périphérie, subsistent encore de
nombreux lambeaux de la surface primitive
du volcan,ceux-ci sont eux-mêmes profondé¬
ment ravinés. Dans les îles plus anciennes, la
dissection des cônes volcaniques est plus
: les altitudes moindres, les flancs
réduits des vallées, la totale disparition des
surfaces primitives sont là pour témoigner de
avancée
cette
plus grande ancienneté.
développer davantage. Bien
que très peu profond encore et peu différencié,
le profil atteint le stade A(B)C avec un horizon
des sols peu évolués d’érosion, bruriifîés : un
(B) peu développé. Ce sont des sols bruns
eutrophes tropicaux peu différenciés
graveleux ou caillouteux, riches en minéraux
primàires résiduels, eux-mêmes riches en
calcium et magnésium. Ils sont bien pourvus
en matière organique et en bases.
Cependant,
situés sur des pentes trop fortes, très sensibles
à l’érosion, et malgré leur bonne fertilité
physico-chimique, ces sols n’offrent que peu
d’intérêt sur le plan agricole.
directement sur la roche (profil AC), morcelée
l’on
partout, à l’exception toutefois des
“murs” proches de la verticalité, ces pentes
tantes ;
Les cônes volcaniques les plus jeunes
(Tahiti Nui et Tahiti Iti) sont entaillés par une
sols peuvent se
sont recouvertes
qui
se
d’un sol, parfois très réduit
développe
manteau végétal.
sous
la protection d’un
Sur les pentes les plus fortes, parsemées
d’éboulis et de blocs rocheux, se développent
horizon friable mais riche en graviers repose
d’abord, massive ou fragmentée ensuite, où
s’ancrent
les
racines.
Riches
en
matière
organique et en bases, faiblement acides, ces
sols sont d’une très grande fragilité et la
destruction de la végétation protectrice entraî¬
nerait leur disparition.
La pente décroissant sensiblement, les
La pente décroissant en-dessous de 45°,
entre
dans
L'érosion des pentes est
fortement accélérée par
la dénudation et les
travaux agricoles
répétés. Ces sols
peuvent donner de bons
Les pentes sont les
témoins de l'évolution
morphologique des îles
hautes. Pentes abruptes
de vallées profondes
entaillant les cônes
volcaniques des îles
jeunes, elles se
réduisent et
s'adoucissent au fur et à
mesure de la disparition
des surfaces primitives
dans les îles anciennes.
Le développement du
sol des pentes fortes est
freiné par l'érosion. Cet
équilibre est fragile et
la destruction de la
végétation peut causer
sa disparition.
le
domaine
des
sols
ferrallitiques, bruns à brun-rougeâtre ou
brun-jaunâtre sur basaltes, gris-beige sur
roches andésitiques. Leur profondeur, qui
n’est pas toujours en rapport avec la pente,
oscille entre 20 et 130 cm pour une valeur
moyenne de 50 cm. Le profil est généralement
du type ABC.
résultats, si on leur
apporte les fertilisants
nécessaires. Toutefois,
ils sont plus propices
à la culture arbustive
ou à la reforestation.
LÉS SOLS
L’érosion étant ici moins vive, l’évolution
plus grande partie des
eaux de pluie percole au travers du sol poreux,
dissolvant et entraînant au passage les
du sol s’accentue. La
éléments solubles
:
bases et silice sont ainsi
partiellement emportées, avec pour
conséquences une baisse de la teneur en argile
et de la capacité de rétention de l’eau, une
chute de la capacité d’échange.
des
Les sols ainsi formés sont généralement
sols
ferrallitiques fortement désaturés,
humifères. Ils demeurent riches
organique
mais
ne
matière
en
renferment
plus
de
minéraux résiduels riches en bases. Ils sont
très pauvres en éléments nutritifs d’où leur
forte désaturation et l’acidification croissante.
Leurs
propriétés physiques demeurent
cependant satisfaisantes, aussi sont-ils suscep¬
tibles, sur pentes accessibles et avec des
apports importants de fertilisants, d’être
cultivés. Mais, très sensibles à l’érosion, leur
vocation est soit la culture arbustive pérenne,
soit la reforestation.
Les
sols
ferrallitiques n’ont,
sur
ces
pentes, pas tous atteint ce degré d’appau¬
vrissement. Dans la partie ouest, sous le vent
de l’île, là où la pluviosité est moindre
(inférieure à 2 500 mm) subsistent en effet, à
côté des précédents, des sols moins fortement
désaturés, plus riches en éléments nutritifs,
moins acides aussi. Ils ne sont pas plus riches
en matière organique mais possèdent encore
une
réserve
calco-magnésienne non
négligeable. Ce sont des sols ferrallitiques
faiblement
ou
moyennement désaturés,
humifères. De tels sols, dont l’ensemble des,/
propriétés, tant physiques que chimiques|
Il est fréquent aussi de voir s'accumuler
au
bas des pentes, par glissement le long de
celles-ci,
masses
plus ou .pioins
de—maténau \ meuble. \ Ces
formations dites[ço//mw/c.ç apparaissent dans
des
importantes
les fonds de vallons7~lfîÏDas des versants
limitant les vallées... mais-su-rtouL-à-la-péri-
ph4rie_des„_îles,,^^..Jioxdur.e de la plaine ■
littOJale,--ou 'fellës 'peuvent- -recouvrir dés-
superficies importantes particulièrement dans
les districts sud de Tahiti.
matériaux, enrichis en débris
résiduels, riches en
bases, se développent des sols au profil peu
différencié : des sols peu évolués d’apport
colluvial.
Bien drainés, bien structurés,
sont satisfaisantes, sont actuellement utilisés
profonds, ridîies en matière organique et bien
sur des pentes assez fortes, pouvant atteindre
pourvus,en éléments nutritifs, ces sols sont à
75 %, pour des cultures vivrières ou maraîA classer parmi les meilleurs. Et lorsqu’ils sont
.)
Dans
rocheux
ces
et
minéraux
chères intensives avec de bons résultats. Mais \ situés sur des pentes modérées, ils offrent
malgré leur bonne tenue les travaux répétés en d’intéressantes possibilités pour tous les types
accélèrent fortement l’érosion.
de cultures couramment pratiqués.
Sur les pentes très
fortes, les sols d'une
grande fragilité sont à ia
merci de la destruction
de la végétation
protectrice. Sur les
pentes moins fortes, les
sols demeurent peu
profonds et, malgré leur
bonne fertilité, n'offrent
que peu d'intérêt sur le
plan agricole.
Sur les pentes de moins
de 45°, ce sont les sols
situés sur les parties
ouest, sous le vent de
l’île, où la pluviosité est
moindre, qui donnent
les meilleurs résultats
pour les cultures
vivrières ou
maraîchères.
Les maraîchers cultivent
des pentes pouvant
atteindre 75 % avec de
bons résultats.
Les pentes occupent
dans les îles hautes les
superficies les plus
importantes.
Sol profond
et vivement coloré de
bas de pente. Cette
formation, dite
colluviale, est richè en
matière organique et en
éléments nutritifs, cequi
en fait un bon sol pourla
culture.
111
LES ILES OCÉANIQUES
Carte pédologique
de Tahiti
La carte pédologique reproduit la répar¬
tition des sols dans l’espace.
topographie joue un rôle essentiel
dans la répartition des sols dans les paysages
des îles hautes où les pentes fortes occupent de
loin les superficies les plus importantes.
La
Aux basses altitudes, le degré d’évolution du
sol est fonction de la pente.
Il croît des plus
fortes, recouvertes de sols peu évolués
d’érosion brunifiés ou de sols bruns eutrophes
tropicaux peu différenciés, riches mais fra¬
giles, aux plus modérées, domaine des sols
ferrallitiques, à des stades divers d’appauvris¬
sement.
Sur les plateaux, parties encore conservées de
la surface primitive des volcans, dont la pente
faible ne dépasse pas 20 %, se différencient les
sols les plus évolués, les oxydisols, désilicifiés,
riches en fer, titane et alumine. Font exception
les sols de certains
hruns
riches.
plateaux de vallées, sols
eutrophes tropicaux, nettement plus
Le mamu. Ici à Huahine,
l’érosion a entraîné la
totalité du sol meuble
jusqu'au mamu, laissant
apparaître l'altération
caractéristique, en
boules écailleuses, des
roches de la formation
trachytique.
Dans
les
plaines
les vallées se sont
accumulés des matériaux
et
provenant
de l’érosion des parties
hautes de l’île, enrichis en silice et
en bases. Il s’y développe des sols peu
évolués
d’apport, les plus riches, mais fré¬
quemment hydromorphes.
En altitude, au-dessus de 900 ou 1 000 m, la
baisse de la température et de l’hygrométrie
favorise un très net enrichissement en matière
organique. C’est le domaine des sols bruns
humifères dystrophes, des sols ferrallitiques
gibbsitiques bumifères ou des sols ferralli¬
tiques “podzolisés”.
112
î
LES SOLS
L’érosion des sols
des îles hautes
Les sols des îles hautes, pour la plupart
issus de roches basaltiques, opposent généra¬
lement
une
bonne
résistance
à
l’érosion.
Riches en matière organique, bien structurés,
ils sont très poreux, de sorte que les eaux de
'j
pluies s’y infiltrent rapidement tout au moins
jusqu’au niveau moins perméable du mamu.
Le ruissellement, facteur principal de l’érosion
n’y apparaît alors qu’à retardement, lorsque,
sous de très fortes précipitations, le sol est
parvenu à saturation, mais d’autant plus vite
qu’il est moins profond. 11 croît avec l’incli¬
naison de la pente et sa longueur mais son
action érosive est tempérée par la stabilité de
la structure qui permet au sol de résister assez
bien à la détérioration physique, inhérente
aussi bien à l’agressivité des pluies qu’à celle
couche de I centimètre environ. Sous forêt
cette perte est inférieure à
En
effet, les arbres fixent le sol avec leurs
lèrent fortement le ruissellement et l’érosion.
Des mesures récentes ont montré que, sur des
pentes de 50 % cultivées en maraîchage de
façon intensive, 80 tonnes de terre sont
emportées chaque année par hectare, soit une
(Casuarina equisetifolia). Le pin des
seulement
protège,
mais
l’érosion.
près de 2 500 ha à'Albizzia
falcata ont été plantés, dont la moitié environ
aux îles Sous-le-Vent ainsi que plus de 3 000
ha de pins des Caraïbes, répartis sur toutes les
îles hautes, avec pour ces derniers un objectif
Au total
l’érosion, en particulier sur les pentes fortes,
la reforestation. Dans le Territoire, elle a
est
entreprise il y a une vingtaine d’années.
Elle s’est intensifiée ces derniers temps avec
été
Pinus
Albizzia
Aïto et'
falcata
divers
876,9
200,8
155,6
465,9
298,6
138,5
14,3
216
146,9
28,9
78,3
5,7
5,5
248,5
613,8
240,7
235,2
38,5
24,3
61,4
Tahiti
■uj
Huahine
U
Raiatea
de 11 250 hectares.
Caraïbes
ji) Moorea
§ Tahaa
Bora Bora
-
AUSTRALES
354,8
845,4
67,4
MARQUISES
GAMBIER
TUAMOTU
TOTAL
deux
Vaïto
contre
Le moyen le plus efficace pour lutter contre
la
non
Caraïbes (Pinus Caraïbea) ovxrt son rôle utili¬
taire assure également la protection des sols
La lutte contre l’érosion
toute
aussi
qui,
améliore le sol. Plus accessoirement est utilisé
racines et le protègent de l’érosion.
des eaux de ruissellement elles-mêmes. Dans
partie centrale des îles, la plus à l’abri de
agression humaine, l’érosion demeure
généralement peu perceptible à nos yeux, bien
qu’elle s’y poursuive inexorablement mais très
lentement. Le milieu paraît stabilisé sous son
couvert végétal.
11 n’en est pas de même dans les lieux
habités ou exploités de la périphérie, où les
travaux de terrassements (lotissements, pistes
de pénétration...), les cultures et les feux accé¬
I tonne par hectare.
-
3265,4
235
256,6
375,5
8
2333,6
8
646
Bois
d'ébénis-
Total
terie
9,7
55,5
1172
68
299,5
477,9
763,3
679,6
532,5
12,2
211,2
0,7
1019,3
1321,6
364,7
9
35,1
-
401,4
16
6646,4
objectifs : la constitution d’un capital
forestier de production de bois d’œuvre et la
protection des sols contre l’érosion.
Les reboisements de protection sont prio¬
ritairement effectués dans les massifs les plus
sensibles, et dans certains bassins versants afin
d’y assurer la pérennité des ressources en eau.
La principale espèce utilisée à cet effet est une
légumineuse arborescente, VAIbizzia falcaia
sols de plaines et de vallées
sols de pentes
sols de plateaux
sols d’altitude
sols coralliens
zones
urbanisées
Plantation de pins des
Caraïbes à Ralatea. Le
pin, de croissance
rapide, est largement
utilisé dans le
reboisement avec pour
but principal la
constitution d’une
importante réserve de
bois d’œuvre. Il assure
en même temps une
bonne protection des
sols contre l’érosion.
L’AlbIzzia falcata est une
légumineuse
arborescente
protégeant efficacement
le sol contre l’érosion
et l’enrichissant en
azote. Deux mille cinq
cents hectares en ont été
plantés, répartis dans
tout le Territoire.
113
LES ILES OCÉANIQUES
Les sols
des hauteurs
versants de
Us s’observent surtout à Tahiti, seule île
cotes élevées. Avec l’altitude fraîchit le climat,
à
la
ravines entaillant les
baisse
moindres, avant tout, par
une
accumulation superficielle de matière
organique. Ils sont plus ou moins désilicifiés,
presque totalement sur les plateaux où la
gihbsite est abondante. Très pauvres en bases,
fortement désaturés, ils sont aussi très acides.
sols des altitudes
où de nombreux sommets franchissent des
corrélativement
ou
milieu frais et humide, ils se différencient des
(au-delà de 900 - 1 000 m)
et
vallons
planèzes. Evoluant., comme les précédents, en
de
la
température et de l’humidité, des modifi¬
cations importantes interviennent dans la
végétation et dans son évolution une fois celleci retournée au sol. Les sols se caractérisent
ainsi
par leur très net- enrichissement en
matière organique, au-dessus de 900 mètres
environ pour ceux situés au vent de l’île, de
1 000 mètres dans les secteurs ouest sous le
Leur localisation
sur
les hauteurs les tient à
l’écart de toute utilisation à des fins agricoles
mais ils pourraient facilement être reboisés.
Des sols ferrallitiques podzolisés
: leur
domaine débute, selon l’exposition, vers 1 100
ou
1 200
m
;
il est constitué par les parties
extrêmes, les plus hautes des planèzes ou des
“plateaux”
de vallées. Au-delà de cette
altitude en effet, en corrélation avec la baisse
nettement
plus sensible de la température,
superficielle de la matière
l’accumulation
Les plateaux d’altitude
ont des pentes faibles
qui sont le domaine des
sols ferrallitiques
podzolisés. Sous
l’horizon humifère épais
apparaît un horizon
blanchi, riche en
alumine. Ici au Mont
Marau à Tahiti.
vent, les plus abrités. L’on y observe soit une
accumulation superficielle de matière
organique, soit un fort enrichissement de
la faible épaisseur du sol, fréquemment
toute
recouvert
alors
d’une
couche de
mousses.
témoigne d’un très net ralentis¬
sement de l’activité biologique.
D’autre part, sur les roches basiques à
altération rapide, cette matière organique, de
décomposition lente, freine la cristallisation
des oxyhydroxydes. 11 apparaît alors dans les
sols des minéraux amorphes (non cristallisés)
qui leur confèrent des caractères andiques
plus ou moins marqués : une forte capacité de
rétention de l’eau, et une capacité d’échange
élevée. L’on peut ainsi distinguer plusieurs
types de sols caractéristiques des secteurs les
plus élevés.
Des sols à profil peu différencié, très
humifères, caractéristiques des pentes très
L’ensemble
fortes,
des
sommets
bien
arrosés
et
relativement frais.
Leur
profondeur ne
dépasse pas une cinquantaine de centimètres
mais ils sont, sur toute cette épaisseur, très
riches en matière organique et riches aussi en
minéraux amorphes. Ils sont, par contre,
fortement appauvris en bases, en silice et
acides.
Des sols bruns humifères, dystrophes, c’est-àdire très fortement acides dont le pH peut, en
surface,
être
inférieur
à
4.
La
matière
organique, très abondante, ou bien
s’incorpore au sol, ou bien s’accumule en
surface. Situés sur des pentes souvent plus
faibles, ces sols bruns à brun-jaunâtre sont
plus profonds que les précédents et possèdent
une importante capacité de rétention de l’eau.
Les teneurs, variables, en fer et aluminium
amorphes permettent de distinguer des sols
proches soit des sols andiques, les plus riches,
soit des sols ferrallitiques. Déjà très évolués,
ils ont tous perdu une grande partie de leur
silice et de leurs bases et sont très fortement
désaturés. Très pauvres en éléments nutritifs
ils sont, par contre, assez riches en aluminium
échangeable, en partie responsable de la forte
qui peut entraîner une certaine
toxicité pour la végétation. Leur situation
topographique les rend inaptes à toute
spéculation.
Des sols ferrallitiques gibbsitiques, très
acidité et
humifères
:
ces
sols, brun-ocre à rouge-
jaunâtre ou beiges, peu profonds,
apparaissent sur les pentes faibles des
plateaux, ou un peu plus accentuées des
114
Du fait de l’altitude,
les sols des hauteurs ne
sont
pratiquement
observables qu’à Tahiti.
Ils n’offrent pas de
possibilité de mise en
valeur pour
l’agriculture : c’est le
domaine des fougères,
des petits arbustes et
des mousses.
LES SOLS
organique se fait plus importante et avec elle
l’évolution du sol se différencie.
Comme
sur
les
plateaux
de
faible
altitude, le sol est, en sa partie supérieure, très
fortement désilicifié ; mais ici, sous l’action de
la matière organique extrêmement acide et
agressive, le fer en est aussi partiellement
entraîné, mais pas très loin puisqu’on le
retrouve accumulé quelques centimètres plus
bas. C’est ainsi qu’apparaît, sous l’horizon
humifère,
un horizon blanchi, peu épais,
dépourvu de silice, très appauvri en fer,
enrichi de façon relative en alumine et en
titane, et nettement délimité par une pellicule
ferrugineuse, très dure, obstacle à la
pénétration des fines racines. Il se produit une
sorte de podzolisation superficielle.
Horizon organique excepté, ces sols, peu
profonds, sont pauvres en tous les éléments
nutritifs
et
donc
fortement désaturés.
La
présence d’aluminium échangeable dans le sol
quantité trop importante peut entraîner
une certaine toxicité pour la
végétation. Situés
en
à
des
altitudes
accessibles,
tentative
élevées
et
difficilement
ils n’ont été l’objet d’aucune
de
mise
en
valeur.
Ils
sont
généralement recouverts de fougères
dominées par des arbustes rabougris, au port
tortueux, aux branches recouvertes d’un épais
manchon d’humus, de mousses et de lichens.
Un horizon blançhi
à se
commence
développer dans ce sol
ferrailitique podzolisé
du plateau de Temehani
à Raiatea.
Les paysages d’altitude
sont le domaine des sols
à profil peu différencié
très humifère et des sols
bruns humifères
dystrophes. Au second
plan apparaît le Mont
Orohena, plus haut
sommet de Tahiti,
culminant à 2 241
m.
115
LES ILES OCÉANIQUES
Les sols des plaines
et des vallées
Au cours des millénaires, d’importantes
quantités d’éléments détritiques, provenant de
la dissection, par l’érosion terrestre ou marine,
des cônes volcaniques, se sont accumulées
dans le fond des vallées et à la périphérie des
îles. Plus tardivement, dans la plaine littorale,
des sédiments d’origine corallienne s’y sont
localement mêlés. Puis, survenant il y a 3 000
ans environ, le dernier abaissement, de faible
amplitude, du niveau marin, a provoqué
l’émersion de ces dépôts alluviaux, respon¬
sable de la constitution des terrasses allu¬
viales et des plaines côtières, enrichies depuis
par des apports de faible épaisseur.
L’extension de la plaine littorale
maximale
dans
le
sud
de
Tahiti
où
est
sa
profondeur atteint 1,5 km. Nettement plus
étroite autour du reste de l’île, elle disparaît
même,
à l’aplomb de certaines côtes
rocheuses. Dans les autres îles de la Société sa
largeur ne dépasse généralement pas les 400
mètres. C’est à Tahiti également, dans les
basses vallées des principaux cours d’eau, que
s’observent les terrasses alluviales les plus
étendues.
Ces zones planes d’accumulation sont le
domaine des sols les plus riches ; jeunes, peu
évolués, ils sont fréquemment veriiques, c’està-dire qu’ils renferment des argiles gonflantes,
aussi hydromorphes, évoluant sous
l’influence de l’eau, et plus rarement tourbeux.
Sur le matériau corallien apparaissent des sols
souvent
identiques à ceux des «tort/ décrits plus loin.
Les sols des plaines côtières
Les plus répandus sont les sols peu évolués
modaux ou hydromorphes à caractères verti-
ques fréquents.. Ils sont modaux lorsque leur
évolution n’est pas perturbée par un excès
d’eau. Seul s’y différencie un horizon humilère sombre, assez épais, parfois presque con¬
fondu avec le reste du profil dont la teinte va
du gris au brun. Compte tenu de l’origine du
matériau, la texture, à dominante limoneuse,
varie rapidement verticalement et latéra¬
les éléments détritiques grossiers
pouvant y être abondants.
En saison pluvieuse, la nappe phréatique
peut
remonter très haut, y laissant son
empreinte sous la forme de petites tâches
rouille. En saison sèche, par contre, elle peut
y
lement,
descendre à un ou deux mètres ou davantage.
Sur la coupe asséchée apparaissent alors,
fréquemment, des fentes de retrait trahissant
la présence d’une argile gonflante, la montmorillonite, qui se forme dans les milieux sédimentaires au drainage ralenti et enrichis en
bases, calcium et magnésium notamment.
Ces sols sont, en effet, fortement enrichis
en silice apportée en solution par les eaux
provenant du drainage des parties hautes des
îles
et
en
ces
deux
éléments, calcium et
magnésium qui peuvent atteindre 15 % de leur
poids. Une grande partie en est, toutefois.
dans
deux
minéraux
résiduels
également hérités des roches basaltiques :
l’augite et le labrador, qui constituent une
Incluse
116
importante réserve lentement libérée. Ils sont
assez bien pourvus également en potassium,
phosphore et matière organique, la capacité
d’échange et le degré de saturation y sont
élevés, l’acidité d’ensemble faible.
L’ensemble des caractéristiques
physiques et chimiques de ces sols est très
favorable à leur mise en valeur. La cocoteraie
y est très développée. L’on y pratique aussi les
cu-ltures maraîchères, vivrières et fruitières,
l’élevage. L’on y a même, jadis, cultivé le coton
et
la canne à sucre.
Bien souvent, la plaine littorale n’émerge
de très peu au-dessus du niveau de la
pleine mer et, de surcroît, les petites
dépressions y sont fréquentes. Dans ces
conditions, la nappe phréatique étant très
proche de la surface, l’emprise de l’eau est
que
forte. Elle affecte l’évolution et les caracté¬
ristiques du sol mais de façons variées selon
que l’engorgement est permanent ou
Les cultures
maraîchères
s’accommodent fort
bien des sols peu
évolués de la plaine
littorale.
Le golf d’AtImaono à
Papara. La plaine
litforale atteint
à cet endroit son
extension maximale,
1,5 km de large.
Son sol a permis le
développement au
avec
siècle dernier de
plantations de coton, de
café et de canne àsucre.
temporaire,
profil.
C’est
l’ensemble du
couvre
ou non
là
domaine
le
des
sols
hydromorphes, généralement minéraux, plus
rarement organiques lorsqu’à pu se produire
une accumulation de matière organique de
type tourbe, à l’abri de l’air.
Les
sols
hydromorphes minéraux à pseu-
dogley ou à gley sont les plus fréquents. Ils
sont
facilement reconnaissables sur le terrain
par la présence
de
traînées et
d’un pseudogle'y, c’est-à-dire
taches rouille et grisâtres
jusqu’en surface, trahissant l’engorgement
périodique avec son alternance d’oxydation et
de réduction du fer,
ou d’un gley unifor¬
mément gris-bleuté marquant les horizons
engorgés en permanence.
Comme les précédents, ces sols se
caractérisent par leur richesse en calcium et
magnésium et la néoformation de
LES SOLS
montmorillonite.
Les
teneurs
en
matière
organique y sont inférieures à 10 % et l’acidité
faible.
Les
hydromorphes
sols
organiques ou
Sous-le-Vent, ne
couvrant que quelques dizaines d’hectares à
Tahiti, ils prennent de l’extension aux îles
Australes, à Tubuai, au sein d’une vaste zone
marécageuse avoisinant les 1 000 hectares.
L’épaisseur de la masse végétale accumulée et
plus ou moins bien décomposée peut atteindre
jusqu’à un mètre. L’acidité et la saturation en
éléments minéraux, variables selon le lieu,
conduit à les partager en deux groupes, celui
des sols oligotrophes très acides et désaturés,
celui des sols mésotrophes, moins acides' et
tourbeux
:
rares
aux
îles
mieux saturés.
ne
La mise en valeur des sols hydromorphes
peut se faire sans drainage préalable et il est
impossible dans les secteurs trop proches du
niveau de la
tourbières, des
précautions doivent être prises lors de sa mise
en place de façon à ne
pas provoquer un
assèchement
mer.
Pour les
irréversible
de
la
couche
supérieure des sols, qui peuvent alors convenir
aux
cultures maraîchères et vivrières.
Les sols des vallées
Les cours inférieurs des rivières sont bordés
par des terrasses alluviales hautes de quelques
mètres. Étroites dans les petites vallées, leur
largeur peut dépasser 400 mètres dans les plus
grandes, en particulier à Tahiti. Grossières et
essentiellement caillouteuses à l’amont, les
alluvions superficielles s’affinent vers l’aval où
acquièrent une texture limoneuse à
limono-argileuse.
11 s’y forme des sols peu évolués d’apport
elles
alluvial, caractérisés comme ceux des plaines
par
un
net
enrichissement
organique des trois
ou
en
matière
quatre décimètres
supérieurs du matériau, et une concentration,
moindre cependant, des mêmes minéraux
résiduels, riches en calcium et magnésium.
Peu acides, ils ont une bonne capacité
d’échange, sont assez bien saturés. Bien que
parfois carencés en potassium, leur fertilité
chimique est généralement bonne. La texture
de surface y est généralement équilibrée, la
structure
bonne, le bilan hydrique
satisfaisant.
Ces sols sont partiellement utilisés pour
des cultures
maraîchères, vivrières,
bananières, rarement l’élevage. Une partie est
occupée par la cocoteraie, le reste par des
jachères ou la forêt à Purau (Hibiscus
tiHaceus), Antaraa Popaa (Badamier), Tiairi
ou
Bancoulier (Aleurites moluccana), etc.
avec fréquemment
en sous-bois le caféier
(Coffea arabica).
Sol brun peu évolué
d’apport de la plaine
littorale.
Dans ces sols
hydromorphes de
plaines, la nappe
phréatique est la
plupart du temps proche
de la surface : leur
utilisation pour la
culture nécessite un
drainage.
Les zones
d’accumulation
alluvionnaire sont les
domaines des sols les
plus riches,
particuliérement
favorables aux cultures
maraîchères et vivrières.
Les terrasses alluviales
sont parfois utilisées
comme
pâturages, mais
plus souvent pour les
cultures maraîchères.
Les sols des terrasses
alluviales qui ne sont pas
occupés par le cocoiier
le sont par les purau, les
badamiers... La caféier
trouve en sous-bois un
terrain propice à sa
croissance.
Les cours inférieurs des
rivières sont bordés
de terrasses alluviales,
parfois réduites.
117
LES ILES OCÉANIQUES
Les sols des atolls
et des ceintures
coralliennes des îles
hautes
Les motu, chapelets de petits îlots de
verdure au ras de l’océan, sont les parties
exondées de l’anneau corallien constituant les
atolls, ou du récif-barrière de certaines îles
hautes volcaniques. Dans les deux cas, ils sont
le résultat conjugué du dernier abaissement du
niveau de la
mer
et d’une
accumulation de
fragments arrachés au récif et déposés par les
fortes vagues lors des tempêtes. Larges de 200
à 400 m, parfois davantage, ils peuvent
s’étendre sur plusieurs kilomètres.
L’aspect des molu dépend de leur
modelage par les vents dominants. Le plus
souvent, une plage de sable corallien et coquillier, mêlé de fragments et blocs de coraux, en
constitue la limite externe se prolongeant,
côté océan, par une ceinture de bancs
coralliens, et limitée, en direction du lagon,
par la pente accentuée d’une levée rocailleuse
pouvant dominer la mer de 4 à 6 m. Une pente
conduit ensuite au lagon, d’abord
douce
rocailleuse, à surface entièrement recouverte
de fragments de coraux, plus sableuse ensuite
terminant parfois par une ou plusieurs
petites dunes sableuses bordant la plage.
et se
Les
sols
se
forment
coralliens et
morcelés. En
sur
ces
débris
coquilliers plus ou moins
profondeur, au-dessus de la
nappe d’eau douce apparaît fréquemment une
dalle calcaire.
En
surface, la matière orga¬
La cocoterale sur l’atoll
de Tupal. Ces sols sont
formés de débris
coralliens et coquilliers
de toutes tailles. Leur
fertilité repose
essentiellement sur la
matière organique dont
s'est enrichi l'horizon
humifère de surface. La
nappe d'eau douce n'est
jamais très profonde :
1 à 2 mètres environ.
118
nique leur donne une teinte brune à grise plus
ou moins accentuée et
profonde en fonction
ses teneurs.
Très lentement, la granu¬
lométrie s’affine : la corrosion du calcaire par
la matière organique, sa dissolution par les
de
eaux
et
sa
reprécipitation dans la zone de
battement de la nappe contribuent à accroître
les fractions fines de la taille des limons et
argiles. C’est ainsi que l’activité du calcaire
croît fortement en même temps qu’il s’affine,
avec pour conséquence des effets néfastes tel le
blocage du phosphore, du fer, du manganèse,
indispensables au bon développement de la
végétation. Sa fraction finement divisée ou
calcaire actif, susceptible de se solubiliser
rapidement, peut atteindre des valeurs
supérieures à 20 % dans les horizons
humifères.
Une faible fertilité
La fertilité de ces sols repose cependant essen¬
tiellement
sur
la matière
organique dont le
rôle est tout à fait primordial. C’est en effet
elle seule qui, à défaut de matière colloïdale
minérale, peut fixer les éléments minéraux
fertilisants, en particulier la potasse que l’on
concentrée dans le seul horizon
humifère. Très avide d’eau, elle Joue un rôle
trouve
important dans le maintien de l’humidité ; elle
est seule avec le calcaire très fin à en retenir des
teneurs
notables, le calcaire grossier n’en
très peu, par capillarité
La
organique favorise encore
l’agrégation des horizons de surface.
retenant
matière
que
.
Les carences en certains éléments-traces
(par exemple carence en fer, provoquant la
chlorose) sont exacerbées par la nature alca-
Rendzlne humifère, avec
horizon A très
enrichi en matière
son
organique.
LES SOLS
line du milieu (pH = 8,5), de même que le
phosphore y est insolubilisé. Par son action
acidifiante, la matière organique contribue à
réduire ces effets nocifs, d’autant plus qu’elle
est plus abondante ; d’où l’importance d’une
bonne conservation du stock existant, qui
peut, dans la partie centrale du niotu, où la
cocoteraie est la plus florissante, dépasser
10 % du poids du sol sur une quinzaine de
centimètres. Le coprah exportant déjà, à lui
seul, de fortes quantités de potasse, élément
qui fait le plus défaut au sol, on a donc tout
intérêt à rapporter au sol tous les déchets des
récoltes, sans les brûler. En effet, si on les
brûle, le sol ne peut pas retenir les éléments
minéraux contenus dans les cendres, trop
rapidement entraînées par les pluies.
La fraction minérale de ces sols est, dans
tous les cas, constituée quasi exclusivement de
carbonates
;
carbonate
de
calcium
pour
l’essentiel et de magnésium, auxquels s’ajoute
localement du
phosphore, à l’exclusion des
silicates et des oxydes. Aussi la matière orga¬
nique devient-elle le principal critère de diffé¬
renciation et de classification des sols. Elle est
évolués où l’horizon
visible, apparaît recouvert
d’une pellicule de débris coralliens délavés.
Parfois abondante, elle se présente sous la
forme d’une accumulation superficielle dans
rare
dans les sols peu
humifère,
peu
Une levée rocailleuse,
constitue, côté océan,
la limite du motu.
Le cocotier est une des
plantes les mieux
adaptées aux sols
coralliens et aux
conditions ciimatiques
des atoils ou des
ceintures coraiiiennes.
ii puise dans ia nappe
peu profonde i'humidité
dont ii a besoin, ii
s'accommode d’eau
saumâtre et ne craint
pas le vent.
La dalle calcaire très
dure apparaît ici tout
près de la surface, au-
dessus de la nappe d’eau
douce d’un motu de
Bora Bora.
sols pierreux ou graveleux
du centre du motu
119
LES ILES OCÉANIQUES
les
sols
tourbeux
Elle
est
parfois même
petites dépressions.
semi-tourbeux,
au
niveau de
souvent
assez
abondante
et
intimement mélangée au calcaire. C’est ce que
l’on observe, généralement, sur la pente douce
du
proche du lagon, domaine des
rendzines humifères caractérisées par leur
horizon A, gris-brun, assez épais.
molli
plante la mieux adaptée à
ces
élément
peu
s’accommoder de l’eau saumâtre.
Si dans les lointains atolls, c’est la seule
grande culture envisageable, sur les moiu des
îles Sous-le-Vent, par contre peu éloignées du
marché de Papeete, les agriculteurs ont,
depuis plus de 20 ans déjà, introduit un type de
fait particulier produisant
pastèques et melons. Au
départ, il y avait deux facteurs favorables :
d’une part la présence de vastes superficies
planes facilitant le travail, d’autre part de
meilleures conditions phytosanitaires. En
culture
Des cocotiers et des pastèques
La
qu’il peut puiser dans la nappe
profonde toute l’humidité dont il a
besoin, pouvant même, à l’occasion
son
tout
à
essentiellement
sols
coralliens est, sans conteste, le cocotier.
Aimant le vent et les sols perméables, tolérant
les sols alcalins, il s’y trouve d’autant plus dans
effet, dans la végétation plus dense de la
il se développe davantage de
microorganismes pathogènes qui attaquent
les plantes. Le sol corallien se prêtant
cependant mal à ce type de culture, les utili¬
montagne,
sateurs décidèrent de lui substituer de la terre
arable
rapportée de la montagne, en la
déposant dans un réseau de trous creusés à
même le sol corallien, en ayant soin toutefois
de la remplacer périodiquement. Engrais et
irrigation
à partir de l’eau de la nappe
faisant le reste, on produit ainsi chaque année
environ 2 000 tonnes de pastèques et melons
auxquelles s’ajoutent poivrons, tomates,
concombres.
La culture de poivrons
à Huahine.
Entre les rangs, des fûts
de 200 I jouent le rôle
de fontaines où est
sur motu
puisée l’eau d’arrosage.
Ils sont alimentés par un
système de tuyaux reiié
à une pompe qui tire
i’eau de ia nappe
souterraine.
Les trous, creusés à
même ie sol corallien
et emplis de terre en
provenance de l’île
haute, sont prêts à
recevoir les semis de
pastèques ou de melons,
principales cultures sur
les motu.
Les parcelles cultivées
sur ce motu
à Huahine
gagnent
progressivement sur la
cocoteraie. Les motu
offrent de grandes
surfaces planes et de
bonnes conditions
phytosanitaires pour
les cultures.
120
8 Les ressources
Les îles volcaniques de Polynésie française, îles hautes ou atolls coralliens, Les carrières
recèlent un certain nombre de ressources. Par ressources il faut entendre les
éléments de structure ou relatifs à leur fonctionnement que renferment ces îles,
susceptibles d’être utilisés et exploités par l’homme. Les ressources biologiques ne
sont pas comprises dans ce chapitre car 'elles ne seront évoquées que lorsque nous
aurons abordé le monde vivant des îles et de leur littoral. Il s’agit ici d’abord de faire
l’inventaire des ressources en matériaux puis des ressources minières, des ressources
en eau et enfin des ressources en énergie.
La recherche de roches et de sables pour les constructions est de fait une
impérieuse nécessité pour les activités humaines et le développement économique,
mais c’est aussi une menace car leur extraction ne va pas sans entraîner des
dommages à l’environnement.
L’exploitation minière ne concerne à ce jour en Polynésie française que les
phosphates et les nodules polymétalliques. Ressources du passé pour le gisement
épuisé de Makatea, ressources du futur proche pour le gisement encore inexploité de
Mataiva, ressources hypothétiques en ce qui concerne les nodules.
L’eau, ressource renouvelable, est une richesse pour certaines îles hautes (Tahiti),
alors que pour d’autres et pour toutes les îles basses elle est rare et ne peut être
exploitée qu’avec prudence.
Enfin, le besoin pour un système insulaire de s’affranchir des approvisionnements
extérieurs en énergie (pétrole essentiellement) exige de considérer avec la plus
grande attention l’éventail de ressources énergétiques dont il peut disposer. Energies
hydroélectrique, solaire, éolienne, mais aussi énergie thermique des mers : voilà les
ressources dont dispose, à des stades différents de développement, la Polynésie
française.
terrestres et les sites
alluvionnaires
Les gisements de granulats
Les granulats extraits du sous-sol destinés à la
construction et à la viabilité, constituent en
Polynésie l’essentiel de la production miné¬
rale : environ 140 000 tonnes extraites à Tahiti
en
1982.
granulats ont essentiellement deux
:
les gisements ■ alluvionnaires
(matériaux meubles) et les gisements de
Les
origines
roches massives.
Les matériaux recherchés
proviennent des roches éruptives non altérées,
issues de coulées en place, ou d’alluvions dans
le lit des principales rivières sous forme de
tout-venant grossier, provenant de l’érosion
de ces roches et ayant déjà subi une sélection
naturelle.
L’exploitation de matériaux alluvion¬
représente encore, à l’heure actuelle,
l’essentiel de la production, mais les consé¬
quences qui en résultent par la modification
du lit des rivières, l’érosion des berges et la
pollution de l’eau ont incité le Territoire à
étudier aujourd’hui la possibilité d’une limi¬
tation de ces exploitations au profit de l’ou¬
naires
verture de
carrières terrestres.
Une seule carrière utilisant des roches
sédimentaires,
sous
forme
la
de
calcaire
corallien émergé par des phénomènes tectoni¬
ques est en exploitation
Territoire à Rurutu.
temporaire sur le
Les alluvions, telles
qu’elles se présentent
Le stockage des
hydrocarbures à Fare
Lite. La Polynésie
dépend des
hydrocarbures pour
ici, constituent en
Polynésie le matériau
employé généralement
pour la fabrication de
granulats, leur
exploitation étant pius
facile que celle des
carrières de roches
massives.
98.5 % de sa balance
énergétique.
L’hydroélectricité ne
constitue encore qu'un
faible appoint, pour
1.5 %.
121
LES ILES OCÉANIQUES
Les carrières de roches massives
l.e choix de tels sites s’est toujours heurté à la
difficulté de localiser une forte concentration
de roche saine, de bonne qualité, exempte de
trop grandes quantités de matériaux stériles.
épanchements volcaniques de type
qui ont permis la construction des
Les
hawaïen
îles hautes ont conduit en effet à des coulées
généralement peu épaisses, le plus souvent
d'ordre métrique, de dureté satisfaisante mais
séparées par des horizons scoriacés de dureté
médiocre et souvent de puissance plus
importante.
Sur l'ensemble de la Polynésie, il n’existe
actuellement que peu de carrières en service
(Rurutu.
Nuku
Hi\a.
Ua
Pou.
Raiatea.
Tahiti) ou ayant eu une mise en exploitation
temporaire. Un inventaire des sites de carrière
potentiels sur Pile de Tahiti est actuellement
en cours
de
la
de réalisation : seul le site de la vallée
Punaruu
entré
phase
d’exploitation plus suivie.
Cette exploitation a mis en évidence les
est
dans
végétale) et élimination des parties stériles
superficielles qui conduisent à la réalisation de
gradins d’une dizaine de mètres de hauteur ;
puis le choix de la technique d’abattage, et
la
sélection
du
centage du résultat de l’abattage, devra être
étudiée pour permettre la rentabilité de telles
exploitations. L’utilisation en remblai sélec¬
tionné
couche de fondation de chaussée
ou
semble un débouché possible.
Le mamu
Il s’agit d’un
matériau bien connu sur les îles
hautes de Polynésie, son nom tahitien voulant
exprimer l’idée de terre inculte. Ce terme a été
progressivement étendu à l’ensemble des
terrains reconnus en géotechnique comme
étant issus d’une altération des roches volca¬
niques dont l’aspect est celui d’une terre rouge,
parfois grise. Ce processus de dégradation
peut affecter une épaisseur de roches pouvant
atteindre plus de 15 mètres, d’après les
sondages. La décomposition des basaltes en
milieu faiblement
alcalin conduit essentiel¬
qui est
les cheminements de Teau. Les
oxydes de fer et d’alumine issus de l’hydrolyse
lement à
une
libération de la silice
évacuée par
une
difficultés réelles rencontrées. D’abord la
découverte : décapage (végétation et terre
finalement
et criblage, qui conduit à la
granulométrie et propreté souhaitée. Les
petites installations ne disposent générale¬
ment
que
d’un concasseur primaire à
mâchoires, les installations plus importantes
de Tahiti utilisent un concassage secondaire
giratoire ou à percussion qui permet d’obtenir
une meilleure forme
pour les graviers.
L’orientation à terme vers l’exploitation
plus systématique de carrières terrestres et Tamélioration de qualité toujours demandée
pour les produits finis conduiront les stations
à envisager de s’équiper de deux niveaux de
concassage et vraisemblablement d’un niveau
de lavage.
L’utilisation des produits stériles de qua¬
lité inférieure qui représentent un fort pour¬
concassage
matériau
noble
dans l’éboulis résultant du tir, au pied du front
de taille.
Technique particulière
de prélèvement des
alluvions sous la forme
d'une grande excavation
réalisée à distance de la
rivière en plaine
alluviale. Ce
prélèvement d'environ
7 mètres de profondeur
n'est possible qu'en
l'absence de nappe
phréatique. En cas de
présence d’eau, ce type
d’exploitation ne peut se
faire que par dragage.
Les gisements alluvionnaires
conditions d’exploitation se révèlent
beaucoup plus faciles du fait de la taille géné¬
ralement plus petite du matériau, de sa
meilleure propreté et de la préexistence de
sables et graviers naturels, stockés dans l’im¬
portant lit inférieur des rivières (épaisseur
pouvant atteindre plusieurs dizaines de
Les
mètres, du fait du soulèvement récent des îles).
zone
exploitable
En Polynésie, l’exploitation se fait le plus
souvent au
stade artisanal dans le lit vif des
nature
rivières, entre les périodes de crues, sous la
forme de ballastières exploitées sur une épais¬
q ravi ère
dépassant jamais 3 mètres. Le travail
pelles chargeuses sur
pneus de grande mobilité permettant au
chantier de se déplacer plus facilement en
fonction des stocks reconstitués par les crues.
De nouvelles techniques d’exploitation telles
que la fabrication de pièges à cailloux sont en
cours d’étude. Elles permettraient ainsi de sta¬
seur ne
s’effectue à l’aide de
alluvions
biliser le niveau du lit de la rivière et de limiter
grossières 50 mm
200 mm
alluvions fines
pollutions dues aux fines (argiles, etc.)
libérées dans l’eau, lors de la récupération des
les
alluvions.
sablosilteuses
sableuses
avec
passées
avec
Le traitement des matériaux
passées
de galets
l.e traitement des matériaux doit permettre
les produits souhaités pour la
de silt
organique
souvent impropre
d’obtenir
construction
site d’extraction dans des stations de concas¬
sage-criblage, souvent de type mobile dans les
îles ou pour les petites exploitations de Tahiti.
Il comporte une combinaison de pré-criblage,
122
à
les
techniques • routières,
généralement des graviers de 12 à 25 mm, des
gravillons deôà 14 mm, des sables de 0 à 6 mm
ou des tout-venant de
qualité 0,40 à 0,60 mm.
Ce traitement est effectué au voisinage du
et
*
Coupe théorique des
alluvions de rivière
montrant les variations
possibles du matériau
avec la profondeur. Ces
changements de qualité
sont dus aux variations
de régime du cours
d'eau dans le temps et
l’espace.
passées de débris
coralliens
\
: rexpioitation
LES RESSOURCES
des silicates
se trouvent alors reconceritrés.
donnant ainsi la couleur du matériau.
Une classification des différents degrés de
l’altération a été mise au point. Elle se base sur
les différents facteurs significatifs d’aspect qui
caractérisent le passage de l’état de lave saine à
celui d’une argile.
minéralogique révèle différents
éléments que l’on peut répartir en trois classes
principales, les deux premières étant consti¬
tuées de minéraux néoformés par lessivage de
la roche d’origine. Il s’agit de minéraux argi¬
leux (Halloysite, Métahalloysite, Montmorillonite, Gibbsite, lllitc) et de minéraux
métalliques (Géothite, Hématite, Magnétite).
La troisième classe comprend des minéraux
hérités (Pyroxènes et Plagioclase). Lorsque
ces derniers sont déjà présents dans la roche
d’origine, ils résistent à l’altération et peuvent
facilement représenter Jusqu’à 20 9f de
L’analyse
Exploitation en gradins
de roche massive dans la
vallée de la Punaruu.
Cette mise en valeur
nécessite un décapage
général du terrain qui en
surface se présente soit
sous
la forme de terre
végétale, soit bien
souvent sous laformede
roche volcanique altérée
dénommée localement
mamu.
Ce type de formation,
qui résulte de l’action
des pluies et du soleil,
est courant en
Polynésie. Une
classification a été
établie pour traduire
ses différents états.
Une fois l’opération de
mise en valeur effectuée,
l’exploitation peut
commencer
l’analyse minéralogique.
l.e phénomène le plus important est le
lessivage de la silice, dont la teneur décroît au
fur et à
mesure
de l’altération. On notera
toujours une forte progression d’alumine, de
fer et à un moindre degré de titane avec l’alté¬
ration de la roche.
Tous les autres éléments font également
l’objet d’un lessivage progressif entraînant
leur diminution, voire le plus souvent leur
disparition. En contrepartie dans cette
évolution, l’analyse révèle finalement une
augmentation d’eau (H^O chimique)
importante ( 10 à 15 %) par rapport à la roche
saine (0 à 2 %).
dégradation progressive du matériau en
s’accompagne d’une évolution des
caractéristiques physiques : la granulométrie
passe d’un graveleux sableux à un silt argi¬
leux, la plasticité augmente, la teneur en eau
I,a
nmmii
toujours très élevée (presque à saturation
ainsi que des caractéristiques
mécaniques : diminution de l’angle de frotte¬
ment interne et augmentation de la cohésion.
L’utilisation de ce matériau pour la construc¬
tion traditionnelle, pour les bâtiments et les
corps de chaussée n’est pas possible compte
tenu
des mauvaises caractéristiques géo¬
techniques précédentes. L’utilisation du
est
entre 30 et 60 %),
mamu
est limitée actuellement à la confection
(plates-formes, digues alluvion¬
naires) qui nécessitent toutefois une sélection
du matériau et des contraintes importantes de
mise en place. Les rares études d’une possibi¬
lité de stabilisation par liant hydraulique ou
résines n’ont pas abouti à des résultats con¬
vaincants. A ce jour, la recherche de gisements
susceptibles de convenir à la confection de
terres cuites et céramiques ne s’est pas révélée
de remblais
concluante.
Mamu stade IV : de
couleur le plus
souvent ocre ou rouge
(lorsqu’il a été
latéritisé) ; sa
structure a disparu. Il
est essentiellement
constitué de minéraux
argileux et contient
parfois des galets
et des blocs moins
altérés.
Mamu stade III
:
souvent bariolé ; sa
structure et sa texture
sont encore visibles. Il
contient déjà une
proportion notable de
minéraux argileux
emballant des blocs,
des galets et des
cailloux en voie
d’altération. Il se
désagrège à la main.
par
l’abattage de la roche
afin de fournir des
matériaux à la station de
concassage dont le rôle
est une transformation
contrôlée en granulats
de différentes tailles.
Mamu stade II
:
de
couleur gris ou ocre,
plus rarement rouge ;
structure et texture
bien visibles. Assez
cohérent, a la
consistance de la
craie, il contient
toujours des blocs
beaucoup moins
altérés.
Mamu stade I ; le plus
souvent de couleur
grise, lorsqu’il
provient de lave
compacte ou
vacuolaire ; sa rochemère est bien
discernable. Il ne se
désagrège plus sous
la main. Il contient des
blocs peu ou pas
altérés.
Lave altérée : les
phénocristaux sont
transformés,
l'altération s'installe.
Lave saine.
Mamu.
123
LES ILES OCÉANIQUES
Les matériaux
coralliens
désigne
On
toutes
par
mètres, délimitant ainsi un milieu desédimen-
tation particulier :
matériaux coralliens
les formations constitutives du récif et
démantèlement sous l'action de la
houle. Leur abondance est donc liée au déve¬
de
son
loppement des organismes coralliens.
Ces matériaux forment toute la partie
visible des iles basses de type atoll. Ils
proviennent, dans le cas des îles hautes, de
deux édifices coralliens bien distincts : le récif
frani’eant
qui se développe sur le socle
insulaire et poursuit la côte à la limite du
rivage, et le récif-barrière, distant de la côte de
quelques centaines à quelques milliers de
biologique où chaque type d’organismes
vivants (corail, algue calcaire...) occupe une
place déterminée. Le développement de ces
organismes suppose des conditions climati¬
ques et morphologiques strictes : température
de l’eau comprise en général entre 24 et 29‘’C,
salinité supérieure à .^5 pour 1 000, eaux sans
turbidité, etc. Ces critères expliquent l’in¬
terruption des récifs au niveau des grandes
rivières, où l’apport en eau douce et en
alluvions est trop important.
les
Polynésie, ces conditions d’existence
îles
de
Australes,
(récif-barrière, récif
frangeant) par l’hydrodynamisme marin, sont
progressivement
accumulés dans le
Les
les atolls des Tuamotu, pour
Société, pour certaines îles
tandis que les îles Marquises,
la
Rapa
ne
matériaux
lidée
ces
fragments coralliens s’ajoutent des débris
d’autres organismes vivants : coquilles de mol¬
lusques, foraminifères... Ces dépôts étant
d’origine biologique, on parle de sédiments
biodétritiques meubles. Leur granulométrie
est très variable : on trouve tous les intermé¬
diaires depuis la grave corallienne (soupe de
corail) formée d’éléments grossiers jusqu’au
sable corallien où l’érosion mécanique a réduit
la taille des éléments.
sable, limons
apports terrigènes (limons)
's'ablè
calcaire corallien ^ '-
matériaux compacts
124
matériaux meubles
zone
se
peuvent localement former des accumula¬
tions recouvertes de végétation : les mulii. A
Origines des constituants de la soupe de corail.
lâche
peuvent
d’organismes récifaux arrachés à leur support
par la houle au moment des tempêtes ou
cyclones ; ils se déposent dans le lagon et
corail.
compacte
de récif-
.
éléments grossiers
mélangés à des “fines”,
est appelé soupe de
grave corallienne
coralliens
pas
Les matériaux meubles. Ils sont constitués
lagon. Ce sédiment
meuble, de
granulométrie variable,
lorsqu'il comporte des
crête algale
possèdent
présenter sous une forme meuble ou conso¬
L’édifice corallien est le résultat d’une activité
En
Rurutu,
barrière.
Une origine biologique
sont réunies pour
Ces matériaux,
constitués d’organismes
récifaux arrachés à leur
zone de construction
lagon ou lagune.
de mélange
LES RESSOURCES
Les matériaux consolidés. Les matériaux
se
présentent dans ce cas sous forme d’une roche
plus ou moins compacte, nommée calcaire
corallien. Il est le résultat de la cimentation en
des organismes récifaux par
comblement des vides laissés par la croissance
place
récifale
ou
de la cimentation de
coralliens
grossiers rejetés
(conglomérat récifal).
par
fragments
les vagues
Les édifices coralliens sont soumis à des
phénomènes de dissolution qui entraînent la
formation de cavités, dont la taille et l’exten¬
sion conduisent
à
un
véritable réseau
karstique. Les sédiments meubles peuvent
également être consolidés, on obtient dans ce
cas un grès de plage, fréquent au niveau des
rivages (heach rock).
Dans tous les cas, cette roche est formée
essentiellement de calcaire : carbonate de
calcium (Ca CO’) qui se présente sous diverses
Extraction de toutvenant corallien. Les
matériaux tout-venant
dragués dans les lagons,
rassemblés sous la
dénomination générale
formes selon son origine. On observe avec la
profondeur un remplacement de l’ion calcium
par du magnésium pour former un carbonate
double de calcium et magnésium Ca Mg
(CO’). Ce processus d’échange ionique et de
recristallisation sous l’influence de circula¬
tion d’eaux magnésiennes est appelé clolomhi.sation.
matériaux
coralliens
meubles
îles
ne
disposant pas de matériaux basalti¬
ques, dequalitésupérieure(Hao, Moruroa...).
Le dragage de sédiments coralliens
provoque
d’importantes nuisances, comme
la mise en suspension dans le lagon de parti¬
cules fines, induisant la mort des organismes
récifaux ; c’est pourquoi on tend à limiter ce
type de prélèvements.
L’extraction et l’utilisation
Les
Cette utilisation reste néanmoins limitée aux
sont
prélevés par dragage dans le lagon, technique
une partie des particules fines
nuisibles à la qualité du matériau. La.soupe de
corail ainsi obtenue peut être directement
employée comme matériau de remblai, de
corps de chaussée.
Un traitement approprié (concassage tamisage) fournit des granulats pour béton
hydraulique et pour revêtement de chaussée.
qui élimine
Un phénomène géologique récent a
provoqué la surrection de certaines îles autour
de Tahiti : l’amplitude du mouvement a atteint
80 m à Makatea, 100 m à Rurutu. L’édifice
corallien se trouve actuellement émergé pour
former les falaises spectaculaires de Rurutu,
où l’exploitation est réalisée en carrière.
Les coraux n’interviennent pas seulement
en tant que matériaux pour travaux publics :
vivants, ils sont, par leur beauté, un attrait
auquel nul n’est insensible.
Caractéristiques granulométriques moyennes d’un
matériau type soupe de corail (avec indication des
diamètres des particules).
10 à 25 % de particules fines (inférieures à 0,08 mm)
10 à 20 % de sable fin (entre 0,08 et 2 mm)
20 à 30 % de sable grossier (entre 2 et 20 mm)
30 à 40 % d’éléments grossiers (supérieurs à 20 mm)
soupe de corail peuvent
présenter soit une
dominante sableuse
avec une
granulométrie
discontinue (le plus
souvent dans les atolls),
soit une granulométrie
régulière (cas des îles
hautes).
Suivant des critères de
granulométrie, de
dureté des grains, de
propreté (éventuelle
contamination par des
éléments terrigènes),
l'utilisation sera orientée
des destinations de
vers
plus en plus nobles
telles que remblais,
couches de fondation et
de base pour chaussées,
agrégats pour bétons
de ciment et bétons
hydrocarbonés.
Si la faible dureté des
grains et leur porosité
La soupe de corail,
matériau utilisé dans le
domaine des travaux
publics (routes,
remblais), est prélevé
dans le lagon par
dragage. Cette
technique présente
l’avantage d’éliminer les
particules fines
nuisibles à la qualité
du matériau, mais
amène du même coup
une mise en suspension
de ces particules fines
dans le lagon,
provoquant
d’importantes
perturbations de
l'écosystème.
constituent des
inconvénients pour la
mise en oeuvre et les
caractéristiques finales
des matériaux mis en
place, les phénomènes
de prise lente constatés
permettent
une amélioration
sensible des
caractéristiques des
remblais dans le temps,
et les bétons obtenus
présentent des qualités
acceptables du fait
d’une meilleure
adhérence des mortiers
grains.
L’hétérogénéité
granulométrique du
tout-venant peut être
compensée par un
traitement économique
par tamisage après
aux
extraction.
Dans le cas où des
caractéristiques
élevées sont exigées et
l'absence de
matériaux basaltiques,
il conviendrait alors
en
d’exploiter la dalle
corallienne par
concassage et criblage,
ce qui pourra conduire à
des agrégats
d’excellente qualité
(exemple à Moruroa).
125
LES ILES OCÉANIQUES
Les ressources
hydrologiques et
hydrogéologiques
potable,
eau
d'irrigation,
eau
à
usage
populations doit s'adapter à l’état des
ressources hydrologiques, qui concernent les
eaux de surface, canalisées par les reliefs en un
réseau hydrographique, et des ressources
hydrogéologiques, concernant les eaux
souterraines.
plus facilement
exploitables, à partir de simples captages de
rivière et d’adduction par gravité. Ils consti¬
tuent le principal type d’approvisionnement
ressources
Le lac Valhirla.
D'importants travaux
réalisés sur des rivières
des retenues
ou
Ressources en eaux souterraines
l’inverse, l’approvisionnement
Les différents aquifères connus sont
toriés en quatre types principaux.
dans la fourniture en eau ; elle est de
l’ordre de 65 % pour la ville de Papeete. A
rante
de la
conurbation Faaa-Punaauia par l’exploita¬
tion des eaux souterraines a permis le déve¬
loppement démographique important de cette
Depuis 1983, la mise en service du
captage de la Punaruu (450 1/s) prend le relais
zone.
de ces adducteurs.
quantitative des ressources
des mesures régulières de débit sur
une ou plusieurs années
hydrologiques, afin
de déterminer le débit d’étiage, c’est-à-dire la
quantité d’eau minimum disponible en fin de
saison sèche. L’eau de captage doit être
L’étude
les
natureiles, tei ce iac,
permettent
d'approvisionner les
îles hautes en eau.
soumise à un traitement physique et chimique,
afin d’éliminer les matières en suspension, les
bactéries. Un autre facteur limitant est le débit
Un schéma théorique
des îles hautes permet
de replacer les grands
types de nappes
pouvant être exploitées
pour l’alimentation en
eau potable.
nappe littorale libre
b nappe littorale sous caprock
c nappe perchée
d nappe périalluviale
e réservoir de dyke
a
126
en eau
suppose
Ressources en eaux de surface
les
part des eaux de captage reste, compte tenu
des fortes quantités disponibles, prépondé¬
apparue dans les années 1970, à la suite
d’études menées principalement à Tahiti. La
industriel. L'alimentation en eau potable des
Ce sont
de crue à la saison des pluies, où le taux de
turbidité devient trop élevé pour permettre
est
Le développement d'un pays, d'une île est
conditionné par la quantité d'eau disponible :
eau
dans les îles hautes. Cependant la sollici¬
tation des eaux souterraines en complément
source
traitement. Un appoint en eaux souter¬
raines est alors souhaitable.
tout
réper¬
Les nappes perchées sont constituées par des
écoulements au travers d’une formation
perméable, en général des produits d’altéra¬
basaltique (mamu), reposant sur une
couche imperméable (nappe du plateau de
Taravao). Leur intérêt pour l’exploitation à
grande échelle est assez limité, sauf dans les
secteurs les plus défavorisés.
tion
nappes de dykes. Ces aquifères sont
limités par des laves intrusives (dykes) qui se
Les
présentent sous la forme de bancs métriques
recoupant les coulées basaltiques qui cons¬
tituent la roche réservoir.
A Tahiti, ces ressources font l’objet d’une
exploitation dans la vallée de la Fautaua,
perchée
cascade
couche imperméable
vallée
LES RESSOURCES
réalisée au moyen de 5 forages horizontaux ;
ils fournissent un débit maximum de 140 1/s.
L’intérêt est d’obtenir une eau de qualité,
distribuée sans frais de traitement ni de
pompage
;
les
volumes disponibles sont
limités.
Les nappes alluviales. Les fonds de grandes
vallées sont constitués de matériaux alluvion¬
naires basaltiques, atteignant jusqu’à 100 m
d’épaisseur dans la Papenoo. De perméabilité
moyenne à faible, ces alluvions abritent une
nappe alluviale superficielle, alimentée par
infiltration des eaux de rivière, et en moindre
partie par des venues d’eau depuis les flancs de
vallée.
Cette eau peut être collectée au moyen de
galeries drainantes, disposées à 2 à 3 mètres de
profondeur (dispositif en fonctionnement
dans les vallées de Fautaua, Taharuu). Le
débit obtenu est d’environ 0,2 1/ s par mètre de
galerie.
Les lentilles d’eau douce. Dans les atolls et les
motu
il existe, en plus de la collecte des eaux
de pluies, des ressources en eaux souterraines
qui peuvent être un appoint non négligeable
en
période de sécheresse. Cette nappe,
alimentée directement par les eaux d’infil¬
tration à la surface de l’île, est en équilibre, du
fait de la différence de densité, sur les eaux
d’infiltration marine.
Des études détaillées menées sur le motu
Tevairoa à Bora Bora ont permis de préciser la
géométrie de la lentille d’eau douce : la zone de
transition (eau saumâtre) a été mesurée à 25 m
de profondeur, tandis que le toit de la nappe se
situe à environ I mètre au-dessus du niveau
moyen de mers. L’observation des hauteurs
d’eau (niveaux piézométriques) sur toute la
surface du motu permet d’évaluer le débit de
fuite de la lentille à 5 000 m-’/Jour, ce qui tend à
montrer
que
56 % seulement de la
pluviométrie (I 300 mm/an) s’infiltre dans le
sol, le reste étant évaporé. Les ressources
exploitables sont beaucoup plus faibles, de
l’ordre de quelques centaines de mètres cubes
par jour. Pour l’heure, l’exploitation de ce
type de nappe à faible échelle ne permet
l’exhaure que
de quelques dizaines de
préoïpitafiohs et infilfrétiôrisjii'W
alimentant la lentille d’eau doù.çe
1
m’/jour,
voire
considérée
quelques
m’/jour
d’eau
saumâtre, quoique
potable. Elle constitue un excellent complé¬
ment
à
comme
l’exploitation des eaux météoriques
dans les nombreux atolls des Tuamotu.
Dans les îles hautes
observe
comme
à
Tahiti,
on
plus grande échelle un schéma
hydrogéologique comparable ; les eaux d’in¬
filtration alimentent une nappe profonde, qui
est en général maintenue en charge (sous
pression) par des terrains imperméables allu¬
vionnaires, le caprock. Cette lentille d’eau
douce est en fait la superposition de plusieurs
niveaux aquifères, correspondant à une roche
réservoir poreuse (basalte alvéolaire, en nid
d’abeilles), séparés par des couches imper¬
méables (basalte compact).
L’exploitation est réalisée par pompage
des forages verticaux atteignant une
soixantaine de mètres de profondeur. La con¬
naissance de la perméabilité moyenne des
terrains, de la géométrie du toit de la nappe
(gradient hydraulique) permet de faire une
évaluation du débit de la lentille, qui est de
l’ordre de 1 000 m’ jour pour 100 m de largeur
dans
dans la zone de Faaa. Ce chiffre constitue une
'r~
limite supérieure des ressources exploitables
l’absence d’études sectorielles.
'\j /
en
pompage par éolienne
pompage par photopiles
lentille d'eau douce
eaux
marines salées
de transition
iNTERFACE
zone
intrusion d'eaux marines
sous l’effet du pompage
Dans les îles basses,
comme aux
Tuamotu,
ou sur les atolls,
des possibilités
il existe
d’exploitation d’eau
douce qui se présentent
la forme d’une
lentille alimentée par les
sous
.
précipitations, dont
Les ressources en eau
des îles hautes sont très
variées.
Les richesses en eaux de
surface et en eaux
souterraines sont peu à
peu recensées et
exploitées de façon
rationnelJe. Les îles
hautes bénéficiant d’une
forte pluviométrie, l’eau
seulement 56 %
s’infiltrent dans le sol.
Cette nappe, en
équilibre sur les eaux
d’infiltration marine
du fait de la différence
de densité, peut
constituer un apport en
potable
complémentaire de la
récupération des eaux
météoriques.
eau
y est abondante, une
fois captée, elle doit être
épurée avant sa
consommation.
Le drainage de l’eau
contenue dans les
nappes alluviales
permet d'obtenir un
débit d’environ 0,2 l/s
par mètre de galerie
drainante.
D’autre part, le
caprock
nappe littorale
pompage des eaux
souterraines apporte,
comme dans les atolls,
un
appoint non
négligeable.
L'éolienne, hélice
l’exploitation de la
place pour fournir
l’énergie nécessaire sur
simplifiant les
problèmes d’entretien et
d’approvisionnement
en énergie.
fonctionnant avec la
force du vent, est une
des techniques mises en
les atolls à
lentille d’eau douce,
127
LES ILES OCÉANIQUES
Les ressources
minières
Mataiva
Le premier indice de phosphate dans le lagon
de Mataiva
avec ce
a
été découvert par sondage en
septembre 1976, à l’occasion d’une campagne
L’histoire minière de la Polynésie débute
siècle, par la mise en exploitation du
gisement de phosphate de Makatea. Elle
devrait se poursuivre dans un proche avenir,
toujours grâce au phosphate, avec le projet
d’exploitation de Mataiva, et l’exploration
d’autres atolls des Tuamotu, L’avenir plus
lointain dépendra largement des données,
dont le recueil est encore incomplet, sur les
ressources
en
nodules polymétalliques du
de reconnaissance effectuée dans une dizaine
d’atolls des Tuamotu du Nord. Ces travaux, et
les
recherches
ultérieures, sont dus à
Groupement d’intérêt Economique constitué
l’origine par la Sogerem (Groupe Puk) et
trois partenaires, polynésien, canadien et
Le
Bureau
1981 à la Sogerem.
Makatea et la Compagnie
Française des Phosphates
de l’Océanie
Makatea
est
un
atoll
corallien
soulevé,
plateau d’altitude moyenne de
50 mètres, aux falaises abruptes. Elle est située
un
à environ 200 km au nord de Tahiti, sur la
bordure ouest des Tuamotu.
La découverte du phosphate à Makatea
gisement
principal présentait, sous une couche super¬
ficielle à peu près plane, tout un ensemble de
vasques et d’entonnoirs (pol-holes), morpho¬
logie karstique témoignant de l’élaboration de
phosphate tricalcique à partir des fientes
d’oiseaux et du calcaire lagonaire sous l’influ¬
date de la fin du XIX= siècle. Le
ence
des eaux d’infiltration. Le minerai était à
: 80 à 85 % en phosphate tri¬
calcique.
La Compagnie Française des Phosphates
haute teneur
de
l’Océanie, fondée en 1908, obtint en 1917
concession d’exploitation sur l’ensemble
de l’île. L’activité dura jusqu’en 1964.
une
La morphologie accidentée du gisement
contraignit à un travail à la pelle et au
marteau-piqueur, le transport du minerai aux
lieux de séchage et de stockage étant assuré
par bandes transporteuses et wagonnets.
Les effectifs, d’environ 300 personnes au
départ, progressèrent jusqu’à plus de 900.
Parallèlement, la main-d’œuvre étrangère,
essentiellement asiatique, était remplacée par
des Polynésiens français, dont le nombre resta
supérieur à 700 à partir de 1956.
La production, dirigée pour la plus
grande part vers le Japon et la NouvelleZélande, fut limitée jusqu’en 1954 à 200 000
tonnes par an, en raison des difficultés d’éva¬
cuation. Celle-ci se faisait par chalands, qui
embarquaient le minerai à proximité des
rouleaux du récif frangeant, et le conduisaient
au bâtiment amarré à 400 mètres du rivage. La
construction d’une flèche capable de charger à
106 mètres du rivage, avec un rythme
supérieur à 500 tonnes par heure, permit de
porter la production à plus de 300 000 tonnes
par an. La quantité totale extraite a été, pour
la durée de vie du gisement, de 11,2 millions de
tonnes.
Pendant toute cette
période, l’exploita¬
tion de Makatea a fortement marqué la vie
économique de la Polynésie. Les rentrées
fiscales issues de cette activité ont pu atteindre
24 % du budget du Territoire en 1960.
128
de
Recherches
Géologiques et Minières s’est substitué en
fond de l’océan.
formant
un
à
américain.
L’atoll de Mataiva. Cet
atoll, à l'aspect bien
spécial, dit réticulé,
contient sous les
vasques dessinées dans
le lagon intérieur
environ 12 millions de
tonnes de phosphates
exploitables.
Le ramassage des
nodules. Les
hypothèses techniques
pour assurer le
ramassage des nodules
sont nombreuses. Les
variantes les plus
connues sont
l’aspirateur et la navette
maritime.
particulier de ce gise¬
tient au fait que les puits et anfractuo¬
Le caractère très
ment
sités du karst dans lesquels se trouve le phos¬
phate sont situés sous les eaux du lagon, sur
une
surface d’environ 5 km^.
L’étude de faisabilité a nécessité la cons¬
truction d’une drague expérimentale, qui a
extrait près de 12 000 tonnes de minerai en
1981-82. Ce minerai traité, contenant 35 % de
phosphate P2 05, a été essayé dans un circuit
industriel de fabrication de superphosphate
en Nouvelle-Zélande, et a donné satisfaction.
La partie récupérable du gisement est estimée
LES RESSOURCES
à 12 millions de tonnes, et la durée de vie de
l’exploitation entre 10 et 15 ans.
Les conditions délicates d’insertion d’une
activité industrielle de cette taille dans un
milieu naturel et humain de dimensions très
réduites sont actuellement étudiées. Il est
toutefois certain que l’épuisement prochain de
la mine de Nauru donne aux phosphates de
Mataiva la perspective de débouchés réels
dans le Pacifique Sud-Ouest.
Les nodules polymétalliques
Les nodules sont des concrétions reposant sur
le sol des océans, qui contiennent des teneurs
métalliques, essentielle¬
ment manganèse et fer, mais aussi nickel,
cuivre, cobalt et molybdène. Cette deuxième
série de métaux, plus rares, est susceptible de
présenter un intérêt industriel.
variables d’éléments
La découverte des nodules remonte aux
explorations du Challenger dans le Pacifique
en
1871-1876. Toutefois, c’est seulement à
partir de 1960 que des sociétés minières amé¬
ricaines engagèrent des recherches dans la
perspective d’une utilisation commerciale,
rapidement suivies par des groupes industriels
européens et japonais.
En
France,
les
travaux
du
Centre
l’Exploitation des Océans
(Cnexo) ont démarré en 1970 ; le Cnexo a
constitué avec la société Le Nickel, puis le
Commissariat à l’Energie Atomique, les
chantiers France Dunkerque et le Bureau de
Recherches Géologiques et Minières, l’Asso¬
ciation Française pour l’Etude et la Recher¬
che des Nodules (Afernod) qui est le support
industriel des recherches menées sur ce sujet.
National
pour
La
zone
économique entourant la
Polynésie française dans la limite des 200
milles constitue un champ d’exploration
d’environ 4 millions de km^. Les reconnais¬
sances dans le Pacifique Sud, soit dix missions
de 1971 à 1974, ont porté sur 2,4 millions de
km-, dont environ 40 % dans la zone écono¬
mique. Des données supplémentaires ont été
recueillies jusqu’en
1979 sur les parties
occidentale et septentrionale de la Polynésie.
Les résultats obtenus jusqu’à présent font
de zones moins riches que celles du
Pacifique Nord : 47 % des localités visitées ont
moins de I kg/m- de nodules, dont plus de
état
80 % sans nodules. 5 % des localités présentent
plus de 9 kg/m^, mais les nodules qu’on y
trouve sont pauvres en métaux utiles.
En ce qui concerne les teneurs, la famille
la plus riche (plus de 0,75 % de cuivre et plus
de 0,85 % de nickel) représente un peu moins
de la moitié des sites reconnus. Mais la con¬
centration
2,5 kg/m-.
moyenne
s’établit
à
environ
critères actuellement considérés
seuil minimum d’un gisement exploi¬
table sont une concentration de champ d’au
moins 10 kg/m^, et une teneur cumulée de
Les
comme
nickel, cuivre et cobalt d’au moins 2,5 %, sur
une
par endroits recouvert
de concrétions
renfermant certains
assura, pendant les dix
dernières années de
l’exploitation une
capacité d'exportation
annuelle de 300 000
tonnes de phosphates.
/•
éléments métalliques
susceptibles de
présenter, dans
plusieurs décennies, un
intérêt économique en
raison de leur rareté :
nickel, cuivre, cobalt,
molybdène.
Aucun gisement de ce type n’a encore été
évidence en Polynésie. Les missions
régulièrement programmées de navires océa¬
nographiques permettront de préciser les
mis
Un champ de nodules.
Le fond des océans est
A Makatea, la flèche
de chargement qui
surface de 40.000 à 60 000 km-.
en
connaissances
ressource
encore
potentielle.
insuffisantes sur cette
129
LES ILES OCÉANIQUES
Les énergies
L’hydroélectricité à Tahiti
renouvelables
L’intérieur de l’île de Tahiti reçoit une pluvio¬
métrie abondante, de l’ordre de 8 à 9 mètres
L’économie de la Polynésie présentait en
1980 une dépendance complète à l’égard des
hydrocarbures, seule source d’énergie
primaire. Les quelque 300 000 m’’ de produits
pétroliers importés annuellement sont pour
tiers
un
du
carburéacteur
nécessaire
aux
transports aériens, pour un tiers du gazole terrestre et maritime à parts égales-, le reste se
répartissant entre l’essence automobile ( 15 9t),
les
combustibles
destinés
à
production
électrique ( 15 Çf), et les produits divers ; il s’y
ajoute environ 5 500 tonnes de gaz butane,
A cette dépendance quantitative,
qui pèse
sur la balance des
paiements du Territoire,
s’ajoute une dépendance interne, d’ordre
qualitatif : l’approvisionnement en hydro¬
carbures des archipels est soumis aux aléas du
transport maritime dont les incidents et
retards,
souvent
inévitables, peuvent
perturber la vie économique et domestique
la
des habitants des îles.
Outre les améliorations à apporter au
transport et au stockage des hydrocarbures,
deux
voies ont permis, à partir de 1980,
d’opposer à cette double contrainte des
réponses porteuses d’avenir. Elles sont toutes
deux fondées sur les énergies renouvelables.
Sur le plan quantitatif, la mise en valeur du
fort potentiel hydroélectrique de l’île de Tahiti
permet d’entamer le monopole des hydrocar¬
bures sur la balance énergétique. Sur le plan
qualitatif, le développement des applications
de l’énergie solaire essentiellement, mais aussi
de l’énergie éolienne et de la biomasse,
parvient à doter un nombre croissant de
communautés isolées d’une très grande auto¬
nomie énergétique.
La consommation
d'énergie en Polynésie.
Les transports (aériens,
terrestres et maritimes)
gazole). La part de
l'énergie utilisée
nécessitent
directement par les
habitants (essence pour
■produits pétroliers
(carburéacteur et
gaz...) si elle est
moindre, est cependant
importante.
l'importation d'une
grande quantité de
130
sites particuliers sont à signaler ; les plateaux
les voitures, électricité,
par an ; les vents dominants favorisent parti¬
culièrement les précipitations sur les côtes est
sud. Malheureusement, les surfaces de
bassins versants en général réduites et la
mauvaise consistance des roches due à
l’altération du basalte, interdisent la mise en
et
d’équipements
importants.
œuvre
En
revanche,
les
hydroélectriques
inventaires
réalisés
démontrent la possibilité d’aménager environ
vingt rivières pour recueillir des puissances de
800 à 4 000 k W. pour des hauteurs de chute en
général comprises entre 60 et 200 mètres et des
débits de I 000 à 2 000 litres par seconde. Deux
de
Hitiaa. où
un
dénivelé de 500 mètres
puissance totale de près de
7 000 k W et la rivière Papenoo, dont le bassin
versant est le plus étendu de l’île, et
qui est
susceptible de produire une douzaine de
mégawatts.
Le
développement de la mini¬
hydraulique a donc été choisi par le Territoire
comme voie
privilégiée pour une réduction de
la dépendance énergétique.
permet
une
.
Sur les
172 millions de kilowatts-heure
produits à Tahiti en 1983, près de 16 millions
sont d’origine hydraulique, soit 9,2 %. Cette
proportion était d’environ 2 % en 1982. Elle
devrait se situer pour 1984 entre 15 et 20 %.
Ces chiffres témoignent de la vigueur avec
laquelle a été lancé le programme hydro-
LES RESSOURCES
électrique de Tahiti. L’objectif retenu est
d’atteindre les 50 % en 1992.
Cette aventure industrielle
-
le
relief
mouvementé et les difficultés de pénétration à
l’intérieur
de
l’île
autorisent
l’expression-
repose essentiellement sur la Compagnie pour
le
Développement des Energies
Renouvelables, dite Marama-Nui. Fondée en
prises d’eau indépendantes des ouvrages de
retenue,
conduites
en
acier enterrées,
avec
protection cathodique et revêtement intérieur
Epoxy, turbines Francis pour les hauteurs de
chute jusqu’à 130 mètres, et Pelton au-delà.
Dès
1981, le Territoire et
un
certain
nombre d’industriels locaux participaient au
capital de la société, qui entamait la mise en
1980 à partir de capitaux privés locaux, elle
mettait en service dès 1981 un équipement de
720 k W sur la rivière Vaite, au sud-est de l’île.
valeur de deux
chute de 60 mètres pour un débit de 1 800 litres
guiderit le développement du programme : la
répartition équilibrée des unités sur les côtes
sud et est pour bénéficier au mieux des deux
régimes principaux de vent, la recherche de
retenues significatives, de manière à garantir
le maximum d’effacement des pointes de la
Ce premier ouvrage, équipant une hauteur de
par seconde, est assorti d’une retenue de
20 000 m'. Les techniques adoptées seront
identiques pour les réalisations ultérieures :
collinaires
étanchéifiées
film
synthétique, murs d’ouvrage de type “poids”.
retenues
par
nouveaux
sites
:
la rivière
Vaihiria, voisine de la Vaite, et les plateaux de
Hitiaa.
Plusieurs
orientations
essentielles
production thermique, l’exploitation auto¬
matisée et télécommandée des centrales, et la
standardisation
des
équipements
diminuer les temps d’indisponibilité.
pour
La mise en valeur complète des 3 sites
indiqués, qui devrait s’achever en 1986, repré¬
sentera une puissance installée de 13,6 méga¬
watts, sur 8 turbines, un productible annuel
prévu de 54 millions de kilowatts-heure, et une
capacité totale de retenue de 2 millions de mf
L’investissement correspondant est de 2,8
milliards de francs CFP, soit un coût du
kilowatt installé de 200 000 francs CFP.
Les économies de devises pétrolières
induites pour la Polynésie par cette première
phase du programme commenceront ainsi à
devenir importantes. On peut les chiffrer, au
coût
actuel
des
hydrocarbures et dans les
Le potentiel
hydroélectrique de
Tahiti
repose sur une
pluviométrie annuelle de
8 à 9 mètres au centre
de l'île,
malheureusement
canalisée par des
bassins versants peu
importants. On estime
toutefois qu’environ
30 mégawatts
pourraient être exploités
dans les dix années à
venir.
□ans les archipels,
essentiellement aux
Marquises, mais aussi
dans l'île de Raiatea, il
existe des possibilités
de micro-hydraulique.
Ici, la constructioh du
petit ouvrage d’Opoa à
Raiatea, d’environ
50 kW.
Les retenues collinaires
étanchéifiées par film
synthétique, les
ouvrages "poids", les
conduites enterrées
prises d’eau
indépendantes des
avec
ouvrages sont
caractéristiques du
programme
hydroélectrique de
Tahiti mis en place par
Marama-Nui. Malgré le
relief très encaissé, les
retenues sont
maximisées pour
profiter au mieux de
l’effet d'effacement de
pointe, donc
d’économie de gazole,
de l’hydraulique.
La turbine de la Vaite,
mise en service en 1981,'
équipe une hauteur de
chute de 60 mètres pour
un débit de 1 800 litres
par seconde. Elle
représente un
productible de plus de
3 millions de
kilowatts-heure par an.
131
LES ILES OCÉANIQUES
conditions actuelles de production de l’élec¬
tricité thermique, à environ 360 millions de
francs CFP par an.
Les énergies douces
La
Polynésie, pour répondre au problème de
l’alimentation en énergie d’un nombre élevé de
communautés isolées, dispose de ressources
qui en font un lieu privilégié de
développement des énergies dites douces. Au
premier chef elle bénéficie d’un ensoleillement
qui dispense en moyenne 5.3 kW’h parm- et par
jour. D’autre part les alizés de sud-est, d une
vitesse de 5 à 6 mètres par seconde, repré¬
sentent un gisement éolien
important. Enfin la
biomasse, constituée en particulier par 50 000
tonnes annuelles de déchets de
coprah, est un
potentiel d’énergie non négligeable, ainsi que
les possibilités de micro-hydraulique, essen¬
tiellement aux Marquises et à Raiatea.
La mise en œuvre systématique par le
Territoire, le Commissariat à l’Energie
Atomique et l’Agence Française pour la
Maîtrise de l’Energie d’un programme visant à
l’utilisation de ces ressources remonte à 1978.
Une première phase fut consacrée, de 1978 à
1981, à l’expérimentation et au choix des
techniques susceptibles d’être utilisées dans les
conditions propres aux archipels avec le
maximum de fiabilité. Les principaux besoins
à satisfaire portaient sur les usages
domestiques, le froid -individuel ou collectif-,
l’alimentation en eau douce.
Un certain nombre de réalisations dans
les domaines potentiels d’utilisation furent
et
donc engagées, avec un caractère encore
rimental
:
pompages, dessalements,
expé¬
réfrigé¬
rateurs, congélateurs, bacs d’eau de mer
glacée, climatisation solaire, séchoirs solaires,
gazogène, micro-hydraulique, alimentation
par voie solaire ou éolienne d’habitations,
d’émetteurs, de réémetteurs de télévision, de
radiobalises.
Les résultats essentiels du programme
d’une part, de sélectionner une
furent,
technique particulièrement apte à faire l’objet
d’une diffusion commerciale
rapide : l’ali¬
mentation électrique d’habitations indivi¬
duelles et d’ensembles collectifs par photo¬
piles ; d’autre part d’effectuer un choix parmi
les voies présentant de plus grandes difficultés
de mise au point, de manière, là encore, à les
L’énergie solaire est
l’énergie renouvelable
la mieux répartie sur le
Territoire de la
Polynésie ; elle dispense
moyenne 5,3
en
kilowatts-heure par
mètre carré et par jour.
L’utilisation des
éoliennes en Polynésie
connaît à l’heure
actuelle ses premiers
succès, en particulier
pour l'alimentation des
pompages d’eau douce
les atolls.
sur
I
Le rayonnement en
Polynésie. Seul
l’archipel des Australes
présente un déficit de
rayonnement solaire,
d’environ 25 %. Pour les
applications courantes,
l'utilité des techniques
solaires en site isolé
justifie toutefois
largement l’emploi de
quelques panneaux
photovoltaïques
supplémentaires.
132
LES RESSOURCES
plus rapidement possible
subvention, et technique, en testant les divers
Pour ce deuxième aspect, les orientations
de mise en œuvre et d’utilisation de l’énergie
faire déboucher le
sur
des applications concrètes.
actuelles portent avant tout sur les pompages
La
commercialisation
Groupement d’intérêt Economique constitué
en 1983
par les trois partenaires publics déjà
cités et des industriels du secteur énergétique
implantés en Polynésie.
des problèmes d’adaptation.
par exemple, qui sont étudiées au cas par cas,
inverse, ou l’alimentation de réseaux, posent
L’habitat solaire
En ce qui concerne l’habitat photovoltaïque,
dès 1982 à une phase de diffusion
significative, le programme engagé en 1978
joue un rôle de soutien financier, par voie de
parvenu
l’atmosphère, créant des
différences de
solaire dans l’habitat.
photovoltaïques d’eau douce, qui sortent à
présent du stade expérimental, et sur les petits
gazogènes à bourre de coco, d’une puissance
de 40 kVA ; l’utilisation des aér'ogénérateurs
pour le pompage, le dessalement par osmose
encore
Le soleil échauffe de
manière irrégulière
composants formant la chaîne de production,
repose
sur
un
Outre les installations collectives, hôtels
plusieurs “kits” sont proposés pour les habi¬
tations, allant du simple éclairage de la
maison par 5 luminaires, avec 2 modules
solaires de 36 watts-crête, 2 batteries 12 V de
100 Ah et un régulateur, à l’installation
télévision, réfrigérateur
(fabriqué localement) et 7 luminaires, qui
complète
avec
température qui
engendrent d'immenses
courants d’air : les vents.
C’est ainsi que se
développe l'énergie
Le soleil est une source
Inépuisable d’énergie.
Les énergies
éolienne.
Le soleil fait
renouvelables onttoutes
évaporer l’eau, qui forme
les nuages puis tombe
en pluies et crée les
constater, ce sont les
La force de l’eau retenue
et canalisée entraîne
pour origine le soleil.
Certaines sont faciles à
énergies solaires
directes : la chaleur et la
lumière.
D’autres sont des
conséquences des
premières, ce sont les
énergies solaires
indirectes.
rivières.
des turbines ; c’est
l'énergie hydraulique.
Le soleil permet aux
plantes de se
développer. En brûlant
les déchets des plantes
on obtient l'énergie de la
biomasse.
aàrogénérateuL
VENT
Al H CHAUD
photopiles
cHauffe-ëaü
PLUIE
0'
turbine
La réfrigération des
produits de la pêche a
été une des premières
utilisations des
photopiles en Polynésie.
Ce bac d’eau de mer
glacée, installé à
Moorea, permet de
pendant
plusieurs jours le
poisson ramené par les
pêcheurs de l'île.
conserver
La technique des
photopiles permet un
ensemble
Le gazogène de Bora
Bora, bénéficiant d’une
alimentation
automatique en bourres
de coco, produit un gaz
utilisé dans un diésel
"Dual-fuel" de 200
kilowatts.
d’équipements
modulaires, allant du
simple "kit” d'éclairage
à l’installation complète,
comprenant sept
luminaires, télévision,
réfrigérateur et des
possibilités de
branchement
d’outillages spécifiques.
Une Installation de
climatisation solaire.
L’utilisation de ce
moyen de climatisation
permettrait une sérieuse
économie d’énergie :
Papeete emploie
en effet
10 % de sa
consommation totale
pour climatiser ses
immeubles et bureaux.
Cependant le coût
d'investissement fait
encore
obstacle à ce
développement.
133
LES ILES OCÉANIQUES
nécessite 12 modules de 36 watts-crête.
déjà
600 habitations, 4 hôtels, un collège, ont
été équipés entièrement en solaire,
plaçant ainsi la Polynésie au plus fort taux
mondial d’utilisation de cette technique. En
1983. 5 atolls des Tuamotu avaient adopté le
solaire. Ce chiffre devrait passer à 10 à la fin de
1984. La préférence pour ce type d’électrifi¬
cation par rapport au thermique repose sur
son coût de fonctionnement très faible, la per¬
manence
de l’alimentation, et l’indépendance
l’approvisionnement en hydro¬
carbures ; elle se heurte à un coût d’investis¬
vis-à-vis de
encore
légèrement supérieur, et
à la faible puissance disponible et au
choix limité d’équipements électroménagers,
sement
surtout
malgré l’effort important engagé localement
pour y remédier.
Il convient enfin de
signaler le succès
Polynésie par les chauffe-eau
solaires, dont le marché s’est élevé pour 1983 à
rencontré
en
environ 800 unités.
Le développement de
fabrications loca¬
les, sous l’impulsion du programme Energies
Renouvelables, a depuis lors permis de
changer du tout au tout cette situation. C’est
ainsi que pour 1984, alors que le chiffre
d’affaire du marché intérieur du chauffe-eau
solaire était de l’ordre de 150 millions de
francs CFP. la part des importations ne devait
pas excéder
18 %.
L’amélioration des structures existantes,
essentiellement au niveau de la distribution
des produits, permettra aux deux entreprises
locales d’accroître encore une production qui
d’ores et
déjà dépasse largement les hypo¬
thèses initiales.
Au total, les énergies renouvelables
(hydroélectricité, photovoltaique, solaire,
thermique) emploient environ 150 personnes.
Les chauffe-eau solaires
représentent un marché
annuel d’environ 800
unités.
La C.G.E.E. fabrique
localement les chauffeeau. Ses ventes pour
1984 devaient atteindre
500 unités, soit 68 % du
marché local.
Les chauffe-eau solaires
Total -Giordano sont
assemblés localement
depuis mai 1984, à partir
des pièces importées de
métropole. La
production pour 1984
devait être de lOOunités,
soit 14 % du marché,
pour atteindre ensuite
250 à 300 unités par an.
Les photopiles en
Polynésiesont installées
face au nord, et inclinées
de 15° à 25° de façon à
bénéficier au mieux du
rayonnement solaire
tout au
long de l'année.
Les photopiles se
présentent sous la forme
de cellules rondes et
bleues, groupées dans
des modules qui
peuvent être placés sur
un support commun.
Dans les meilleures
conditions
d'ensoleillement, la
puissance maximum
d'un module, ou
puissance-crête, est de
33 watts.
Lorsque le temps est
qu'ii pleut,
les photopiles
couvert ou
fournissent entre 10 et
50% de leur puissance
134
LES RESSOURCES
L’énergie thermique d’énergie thermique des
global d’une machine
mers est très faible ; 2
à 3 % ; et les débits d’eau doivent être très
élevés. Pour produire 1 MW électrique, il faut
ainsi pomper 3 à5 m’/s d’eau chaude et autant
Le
des mers
Dans le large éventail des projets techno¬
logiques devant permettre à l’homme de
mieux utiliser les
ressources
de l’océan, un
industriel paraît particulièrement
prometteur pour la Polynésie, celui de l’utili¬
sation de l’énergie thermique des mers pour
projet
fournir de l’électricité.
principe de la thermody¬
namique, dit principe de Carnot, enseigne
qu’il est possible de faire fonctionner une
machine thermique utilisant la différence de
température entre une source chaude et une
source froide. Il est possible d’appliquer ce
principe dans les océans tropicaux, en
utilisant la couche superficielle comme source
chaude et l’eau profonde comme source
Le
second
froide. Ainsi dès 1930 le Français Georges
un essai en vraie
Claude réalisait à Cuba
grandeur d’une centrale d’énergie thermique
des mers (E.T.M.) avec un tuyau de pompage
de l’eau froide de 2 km de long et de 1,6 m de
diamètre. Mais, brisé par la première tempête
rendement
d’eau froide. Il faudra donc utiliser des tuyaux
de grand diamètre pour véhiculer de tels flux.
C’est ainsi que pour produire des puissances
de 1,10 et 100 MW il faudra utiliser des tuyaux
respectivement 1,5 - 5 et 15 m de
diamètre, donc bien supérieurs aux plus gros
tuyaux de l’off-shore pétrolier, mais dans des
conditions de température et de pression
beaucoup moins rudes. On estime qu’environ
un tiers de la puissance produite sur l’arbre de
la turbine (la “puissance brute”) sera utilisée
pour pomper les eaux froides et chaudes. Les
puissances de pompage ne sont d’ailleurs pas
prohibitives en regard de la puissance totale
produite et ce malgré de grands débits, parce
que les hauteurs de pompage ne sont que de
quelques mètres : pour une centrale à terre 3 m
pour le circuit d’eau chaude, le double pour le
ayant
froide.
d’eau
Cette
hauteur
de
pompage correspond à la somme des pertes de
charge dans les prises d’eau, dans les conduites
d’amenées dans les échangeurs et dans les
conduites de rejets auxquelles s’ajoute la perte
de charge (environ 1 m) provenant de la
différence de densité entre les eaux pompées et
l’eau de surface.
Dans le projet de centrale de Tahiti,
la
centrale est prévue sur la digue terre-plein de
Fare-Ute,
au
niveau du récif-barrière. Le
tuyau d’eau froide de plus de 3 m de diamètre
devra descendre au moins jusqu’aux fonds de
900
m.
Si le cycle ouvert est
choisi, l’usine
pourra fournir de grandes quantités d’eau
douce de l’ordre de 1000 m^/jour par MW
produit, et délivrer des frigories De plus, les
rejetées, plus riches en sels nutritifs
pourront être utilisées pour la production
expérimentale d’algues. Enfin, dans le
domaine écologique, une usine E.T.M.
présente l’avantage de ne pas rejeter de
polluants dans la biosphère.
.
eaux
Gisement de l’énergie
thermique des mers
dans le Pacifique. Une
projet n’aboutissait pas, pas plus que
au large du Brésil ou à
.'kbidjan.
De nos jours les acquis technologiques,
en particulier ceux de l’off-shore pétrolier,
permettent de concevoir des projets écono¬
miquement rentables et susceptibles de
résister aux tempêtes. La réalisation récente
dans le Pacifique de deux prototypes expéri¬
mentaux de très faible puissance, l’un à
Hawaii, sur barge Bottante, l’autre de concep¬
tion japonaise sur l’île de Nauru et leur
exploitation pendant quelques mois,
témoignent du renouveau d’intérêt pour ce
type d’énergie.
L’E.T.M. Pour faire
fonctionner ie cycle
Une centrale pilote à Fare Ute
à 27°C en moyenne.
Les tuyaux pour le projet
de Tahiti ont plus de
3 mètres de diamètre.
ce
différence de
d’autres ébauchés
A Tahiti un projet de moyenne puissance,
circuit
température entre la
surface et 1 000 m de
profondeur d’au moins
1
est nécessaire pour
pouvoir exploiter
l’E.T.M.
Les différentes zones
thermodynamique qui
sert de principe à
l’énergie thermique des
mers,
indiquent la moyenne
mensuelle de
différences de
température ( A T).
il faut pomper,
pour obtenir 1 mégawatt
électrique, 3 à 5 m^ par
seconde d’eau à 1 000
métrés de fond
(température de 4°C) et
autant d’eau de surface
permettant une production électrique de 3 à 5
mégawatts pourrait fonctionner à l’horizon
1990 et servir de pilote à une ambitieuse
aventure
industrielle
dont
la
nécessité
s’imposera de plus en plus face à l’épuisement
progressif des ressources en combustibles
fossiles. En zone polynésienne l’écart de
température entre la surface (27°C) et la
profondeur 1000 mètres (4°C) atteint 23°C en
moyenne, ce qui permet de concevoir une
centrale
d’énergie thermique des mers
fonctionnant toute
l’année à puissance
optimale. Le principe est simple : l’eau chaude
de surface provoque l’évaporation d’un fluide
dans un évaporateur, la vapeur ainsi produite
permettant de faire tourner une turbine de
grand diamètre ; à ce stade l’eau de fond très
froide condense les vapeurs ce qui permet
d’entretenir la basse pression et de relancer le
cycle vaporisation/condensation.
fonctionner en
thermodynamiques
différents. Dans l’un, dit cycle ouvert, l’eau de
mer, vaporisée sous vide à la source chaude
Cette
suivant
machine
deux
peut
cycles
entraînera la turbine. Dans l’autre dit cycle
fermé, l’eau de mer chaude sert à évaporer un
fluide intermédiaire comme l’ammoniac qui,
après travail, est condensé à la source froide.
135
Historique
des connaissances
Géographie
Géophysique
La découverte du Pacifique par les Euro¬
péens fut une entreprise de longue haleine qui
commença lors du débarquement de Magellan à
Que sont nos îles ? D’où viennent-elles ? Que
deviendront-elles ? Telles sont les questions qui
Puka Puka en 1521 et s’acheva à lafindu XVllP
siècle. La science géographique ayant considé¬
rablement évolué dans cette période, les voyages
d’exploration n’ont pas obéi aux mêmes motiva¬
tions. Quiros aux Marquises et aux Tuamotu du
Sud de 1595 à 1606, Le Maire et Schouten à
Rangiroa en 1616, Roggeveen en 1722 à Bora
Bora et à Maupiti tentent de repérer et de décrire
sommairement les îles en contribuant à une con¬
naissance approximative de la cartographie du
Pacifique. Par contre, à la fin du XVIIP siècle,
Wallis, Bougainville et Cook ont laissé des
observations précises qui témoignent d’une plus
grande exigence intellectuelle. Le siècle des
lumières est en effet celui du développement
scientifique et philosophique, des analyses pluri¬
disciplinaires conduisant à la naissance d’une
géographie cherchant à décrire les relations entre
les êtres vivants et leur milieu naturel.
Si l’Ecole de géographie allemande s’était
imposée au début du XIX' siècle avec Humboldt
Ritter, l’école française menée par Vidal de la
Blache est la plus novatrice à la fin du siècle. Elle
et
Durckheim et Marx
cher aux angloplus féconde du
probabilisme. C’est alors que les études régio¬
nales se multiplient et que la géographie acquiert
une large autonomie concrétisée par son ensei¬
gnement universitaire et la fondation d’une
Union Géographique Internationale en 1922.
La Polynésie est restée longtemps à l’écart
des recherches géographiques. Jusqu’en 1950, la
est
influencée par Darwin,
oppose au délerminisme
saxons la notion
beaucoup
et
connaissance du Territoire est tributaire des
relations de voyage subjectives tandis que les
travaux sur l’économie locale s’intéressent essen¬
tiellement aux aléas des spéculations coloniales.
Il faut saluer les recherches en géologie et en
la carte du
donnée. Ce sont les théories récentes de la tec¬
tonique globale, puis des points chauds qui ont
permis d’élucider la genèse des alignements
volcaniques intra-océaniques.
Entrevue
aux
Wegener
XVIII et XIX' siècles, c’est
au début du XX' s. qui déduit la
mobilité des continents de leur forme complé¬
mentaire et d’un grand nombre de corrélations
géologiques et paléomagnétiques, témoignant
d’un
passé commun des deux côtés de
l’Atlantique. Bâtie vers 1910, sa théorie est, en
son temps, fort controversée, puis abandonnée.
Mais, suite au développement des techniques de
mesure
et
à l’exploration des océans, les
nouvelles preuves du déplacement des continents
se multiplient. Elles conduisent, dans les années
soixante, à l’élaboration d’une théorie complète,
maintenant adoptée universellement, dite de
{'expansion des fonds océaniques, puis de la
tectonique globale, plus connue sous le nom de
tectonique des plaques.
Pourtant, si la tectonique des plaques
satisfait
à
la
majorité des observations
géophysiques (répartitions des séismes,
anomalies magnétiques, topographie des fonds
océaniques, flux de chaleur ...), elle ne peut
suffire à expliquer la présence de volcans au sein
des océans, en des lieux éloignés des sources
magmatiques qu’elle place aux limites des
plaques lithosphériques. Intervient alors l.t
théorie des points chauds, exposée notamment
par
Morgan et Wilson vers' 1970.
Complémentaire de la première, elle justifie les
alignements volcaniques intra-océaniques et
propose, en outre, un système de référence qui
met
en
évidence
le
mouvement
absolu
des
botanique entreprises dès le milieu du XIX'
plaques lithosphériques.
Blache qui considérait la géographie comme une
sismologiques menées à TahitiRangiroa d’une part, et par hydrophone dans le
Pacifique Nord d’autre part, révèlent le
volcanisme actif des régions de Mehetia et du
Mac-Donald,''à l’extrémité sud-est des archipels
de la Société et des Australes. A la même époque,
les premières datations cohérentes, par les
méthodes radiochronologiques, de laves
prélevées sur les îles polynésiennes, montrent une
croissance de l’âge des volcans vers l’ouest-nord-
siècle mais on reste loin de l’idéal de Vidal de la
science de synthèse permettant de mesurer les
interactions de tous les agents physiques et
humains pour définir “l’être géographique d’une
contrée”.
11
faut
1943
attendre
(naissance de
rO.R.S.T.O.M.) et, après la Deuxième Guerre
mondiale, la multiplication des documents
cartographiques et statistiques pour qu’ap¬
paraissent des
monographies proprement
géographiques ou que la Polynésie soit incluse
dans quelques ouvrages de synthèse en langue
française ou anglaise. Aujourd’hui, de nombreux
organismes concourent à la connaissance géo¬
graphique du Territoire : l’O.R.S.T.O.M., le
C.E.A., les services territoriaux, les sociétés
savantes telles que la Société des Océanistes et la
Société des Etudes Océaniennes, quelques
chercheurs qui se vouent à une étude régionale
ou
thématique en restant attachés à une
université éloignée (Hawaii, Wellington,
Paris...). L’abondance des données est devenue
telle
qu’une synthèse serait ardue.
Les
géographes se spécialisent donc suivant l’un des
quatre grands courants dans lesquels ils se recon¬
naissent : quanlitativiste, paysagiste, naturaliste
■
socio-économiste, ces trois derniers étant les
mieux représentés dans l’école géographique
ou
française.
F. MERCERON
136
quand on voit ces points minuscules sur
Pacifique. Il y a seulement 20 ans,
aucune réponse satisfaisante ne pouvait y être
se posent
les
Dans la seconde moitié des années soixante,
mesures
ouest.
Ces
observations
militent
pour
une
migration des îles dont les chercheurs, sont
convaincus, avant que ne soit expliciterr.ent
formulée la théorie des points chauds.
Une des difficultés rencontrées par les
géophysiciens en Polynésie est l’absence de
références historiques et la faible durée des
mesures dont ils disposent.
C’est par la création du Laboratoire de
Géophysique en I960 et du Réseau Sismique
Polynésien, qu’a débuté en Polynésie la
recherche dans cette discipline. Mais les données
recueillies ne portent que sur moins d’un quart de
siècle. Comment déduire de
mesures
relevant
période aussi courte l’évolution de
l’activité volcanique et sismique dans le
Pacifique Central Sud au cours des siècles passés
et à venir, tel est l’un des problèmes à résoudre.
d’une
J. TALANDIER
Dans l’immensité de l’océan
Océanologie
Météorologie
Géologie
Pacifique, les
lies ont bien sûr intéressé mais elles sont restées
étudiées. 11 est bon de se rendre compte
qu’elles sont peu importantes dans un océan qui
est le plus grand du monde - 178 millions de km-,
plus que la surface totale des continents (135
millions de km-) -, le plus ancien (depuis le
Jurassique, 160 millions d’années), le plus
profond, nanti de plus d’une ceinture instable
réputée, la ceinture de feu, à volcans et séismes
peu
associés.
Les idées qui ont longtemps prévalu
faisaient regarder le Pacifique comme un océan
pérennant ayant toujours occupé la cuvette
actuelle. 11 aurait même pu exister, en son fond,
un continent effondré, et un plateau continental
(l’Albatros) aurait prolongé l’Amérique du Sud
jusqu’aux Tuamotu et aux Australes. La révolu¬
tion des Sciences de la Terre dans les années
1963-65 (Wilson, 1963) avec l’édification du
modèle de tectonique globale des plaques faisait
entrer dans l’ère moderne. Le Pacifique est un
océan né, pour ses parties les plus récentes, à la
ride Est-Pacifique, Les îles qui le jalonnent ont
pris naissance à cette ride (Mc Birney et Cass,
1967) ou en des points fixes anormalement
1971).
La première phase d’acquisition des con¬
naissances suit les grandes croisières, depuis celle
de Cook (1775) jusqu’à celle de Dumont
d’Urville (1851) ; les premiers explorateurs
accompagnent les expéditions (Forsters J.R, et
G. 1775) à moins que les échantillons prélevés ne
soient envoyés aux géologues européens.
La seconde phase conserve le modèle
précédent à ceci près que les missions ont
désormais pour objets premiers la connaissance
géologique et biologique des îles. Iddings (1916),
Williams (1933) séjournent ainsi dans les
archipels, mais l’essentiel est alors dû à Chubb
(1925-1935), versé dans les publications du
Bishop Muséum. A la même époque, les échan¬
tillons rapportés de croisières ou envoyés par des
correspondants îliens sont étudiés par A.
Lacroix (1928-1939) à Paris.
La troisième phase suit la Dernière Guerre,
avec un
regard exhaustif à chacune des îles
hautes (Obellianne, 1955, Aubert de la Rue,
1959), voire un levé de leurs cartes géologiques.
Retenons de cette phase les premières datations
chauds (Morgan,
absolues de Krummenacher et Noetzlin en 1966.
La phase actuelle sera l’Histoire de demain.
R. BROUSSE
La prévision du temps a constitué dès la plus
haute antiquité une des préoccupations majeures
Dès l’antiquité grecque et l’émergence des
premières civilisations technologiques, les tenta¬
tives d’appropriation de la mer à des fins
stratégiques et économiques ont suscité la
création de puissantes flottes marchandes et
traduite
des océans atteignit son apogée au XIX' siècle
l’invention du baromètre en 1643 par Torricelli
(l’expérience du Puy de Dôme par Pascal est
célèbre). Commencent alors les premières séries
d’observations météorologiques synoptiques qui
permettront de définir les climats et d’aborder
rationnellement la prévision.
Très rapidement, on s’est rendu compte qu’il
fallait avoir une image complète du temps sur
étalage de puissance maritime allait de pair avec
une grande ignorance de la nature même des
océans et des grands équilibres qui les régissent.
La science de l’atmosphère ou météorologie
titre de l’ouvrage célèbre
d’Aristote consacré à la connaissance du temps.
tire
son
nom
du
peuples qui, jusqu’au XV11F' siècle, s’est
par des règles populaires ou des
prévisions astrologiques.
La
météorologie moderne naît avec
des
une
vaste zone
à
un
moment
donné pour en
qui a conduit à la
création des réseaux synoptiques. Dès 1780,
Lavoisier entreprend l’établissement en Europe
déterminer l’évolution
; ce
d’un réseau de stations. C’est surtout vers le
milieu du XIX*^ siècle que se développent pro¬
gressivement des réseaux
travers
bien structurés à
le monde et notamment en France sous
l’impulsion de l’astronome Le Verrier. Leurs
activités seront bientôt coordonnées par l’Orga¬
nisation Météorologique Internationale, créée
en 1873, qui deviendra en 1950 l’Organisation
Météorologique Mondiale (O.M.M.).
Dans la première moitié du XX' siècle, le
développement de la météorologie est lié à celui
de l’aéronautique. La connaissance du climat et
celle du milieu atmosphérique s’améliorent avec
la mise au point de nouveaux appareils d’explo¬
ration ; les techniques de prévision s’affinent
mais demeurent empiriques.
I960, l’avènement des satellites météo¬
rologiques et celui des ordinateurs ■ sont à
En
l’origine
du
développement
accéléré de
nombreuses branches de la météorologie, mais le
problème de la prévision du temps défie les
savants.
En
Polynésie française, les premières
observations météorologiques datent de 1935 à
Papeete. C’est à partir des années I960 que le
de mesure se met en place,
permettant rapidement une meilleure connais¬
sance de la pluviométrie et de ses conséquences.
Les satellites météorologiques lancés par les
réseau des postes
U,S. A. ont permis ensuite un bond en avant pour
compréhension et la prévision de l’évolution
temps dans l’ensemble de la Polynésie.
Malgré des progrès indiscutables au cours des
la
du
météorologistes
conservent une mauvaise image de marque
auprès du public - les usagers toujours plus
exigeants n’acceptant pas les limites d’une
science et d’une technique encore mal maîtrisées.
dix
d’ernières
années,
les
G. CAUCHARD
militaires. Cette utilisation militaro-mercantile
lorsque le pavillon anglais flottait sur les cinq
continents et dominait les mers. Toutefois cet
Il fallut
en
fait attendre le début du XX'
le rôle primordial de notre
hydrosphère marine commence à être perçu et
que les premières descriptions globales en soient
tentées.
Dans
le
sillage de fructueuses
expéditions circum-océaniques étalées sur
plusieurs années, des novateurs, comme Albert
de Monaco en Europe ou E.W. Scripps en
Californie, créèrent les premiers Instituts océa¬
nographiques permanents, s’intéressant à tous
les aspects de l’océanographie hauturière.
Au fil des ans se forgèrent ainsi de nouvelles
disciplines comme la géophysique marine, la
biologie pélagique et benthique, l’hydroclimatologie, etc. De nos jours, les contrôles continus
et les échantillonnages à toutes profondeurs
tendent à optimiser l’exploitation des ressources
biologiques et celle, plus lointaine, des ressources
siècle
pour que
minérales tout en évitant certains excès : l’océan
tend à être perçu comme un patrimoine commun
à gérer et non plus comme un pactole inépuisable.
Dans
le
porte sur le
Pacifique central, l’effort actuel
descriptif physico-chimique des
d’eaux et
sur
trois dimensions.
Le
masses
leur circulation selon les
navire océanographique
Coriolis, spécialement construit pour travailler
en zone tropicale, a permis d’effectuer en 20 ans
plus d’un millier de stations hydrologiquès.
D’autres navires ont également été utilisés : le
BCM Marara, le Tainui (jusqu’en 1983) et le
Noroît. Des opérations spécifiques, comme
l’étude de site du projet E.T.M. (Energie thermi¬
que des mers) de Tahiti, ont nécessité l’interven¬
tion du petit sous-marin Cyana et de son navire
accompagnateur le Nadir. A terre, plusieurs
laboratoires ont été créés ces dernières années :
une antenne du Muséum National d’Histoire
Naturelle et de l’Ecole Pratique des Hautes
Etudes à Moorea, un centre O.R.S.T.O.M. à
Tahiti-Arue,
une
station
l’E.V.A.A.M. à Rangiroa.
Ces moyens coûteux
de
recherche
restent
de
toutefois
modestes par rapport aux dimensions océanes et
Aussi une vaste
coopération internationale tend-elle à prendre le
relais des programmes locaux : Programme
Régional Océanien de l’Environnement sous
l’égide de la Commission du Pacifique Sud,
programme Togo (Tropical Océan and Global
Atmosphère) sur les échanges océanatmosphère, par les pays riverains du bassin
Pacifique. L’étude, la compréhension puis la
prévision des événements hydroclimatologiques
passent par la mise en œuvre de moyens sophis¬
tiqués : réseaux de relevés synoptiques, stations
automatiques, bouées émettrices dérivantes,
satellites spécifiques comme Spot ou Topex.
à la complexité des problèmes.
F. ROUGERIE
137
Hydrographie
Les vestiges d’ouvrages hydrauliques extrê¬
ingénieux construits par d’anciennes
civilisations font supposer que celles-ci dispo¬
mement
saient d’une certaine connaissance de l’hydro¬
logie : les réseaux d’irrigation d’Egypte et de
Mésopotamie, les galeries drainantes de Perse,
les aqueducs de la Rome antique et de l’indus, les
digues et barrages de Chine en sont, par exemple,
d’incontestables témoignages. Cependant,
aucune formulation rationnelle du cycle de l’eau
n’apparaît dans les textes laissés par nos anciens.
Comme dans beaucoup d’autres sciences, il
faut attendre la Renaissance et plus précisément
la deuxième moitié du XVL siècle pour que
soient énoncées clairement des relations de cause
à effet déduites d’observations objectives. C’est à
des chercheurs tels que Léonard de Vinci et
Bernard Palissy que l’on doit les premiers
schémas exacts du cycle de l’eau et c’est au cours
du XVIL siècle que l’on imagine les dispositifs
effectuer des
giques correctes.
pour
mesures
hydrométéorolo¬
Sur ces bases théoriques et techniques les
progrès de l’hydrologie iront s’accélérant à
mesure que se développeront les acquis dans les
différentes disciplines auxquelles elle a recours :
géologie, météorologie, hydraulique, mécanique
des fluides, statistique mathématique et, enfin,
informatique.
on commence dès le XVIIP
siècle à effectuer des observations suivies sur les
En
Europe,
rivières, et le XIX'-' voit se développer l’hydro-
métrie avec la constitution de réseaux officiels
d’observation.
Au début du XX" siècle, sous la pression des
besoins, les applications pratiques se multipliant,
les administrations publiques orientent et coor¬
donnent les recherches, puis l’hydrologie s’orga¬
nise en discipline indépendante. Depuis 1950, les
réseaux d’observation se sont étendus à la
plupart des régions du globe et, parallèlement,
aussi bien les techniques de mesure que les
méthodes de résolution des problèmes n’ont
mathématiques
la prévision des débits et l’exploitation
optimale des ressources en eau).
En Polynésie française, à l’exception de
Tahiti, l’hydrologie de surface est très mal
cessé de s’améliorer (modèles
pour
et le réseau d’observation de l’île de
Tahiti est lui-même de création relativement
récente. Des prospections à caractère semiofficiel ont bien été entreprises dès 1953 dans la
connue
Papenoo en vue de la construction
d’un barrage, mais ce n’est qu’en 1968 qu’une
“cellule hydrologie” a été constituée par le
Service des Travaux Publics et des Mines pour la
mise en place et l’exploitation d’un embryon de
réseau.
Celui-ci, repris en
1970 par le
vallée de la
Laboratoire des Travaux Publics, est resté très
rudimentaire jusqu’en octobre 1972, époque à
laquelle l’O.R.S.T.O.M. a été chargé par le
Territoire de développer un véritable “service
hydrologique”. Depuis 1976 c’est le Service de
l’Equipement qui assure l’organisation des
mesures et des études hydrologiques, toujours
assisté par l’O.R.S.T.O.M. pour la Surveillance
et l’exploitation scientifique des résultats. Les
exposés présentés dans la présente Encyclopédie
constituent la première tentative de synthèse de
ces
résultats.
A. LAFFORGUE
138
Pédologie
Énergies
Science jeune, la pédologie n’a vu le jour
qu’à la fin du siècle dernier, vers 1880, sous
l’impulsion de Dokoutcheieff, pédologue russe
qui, le premier, en a édicté les idées maîtresses.
De tout temps l’homme a essayé d’utiliser au
mieux les ressources de la nature et de maîtriser
Celles-ci,
celles
comme
de
son
école,
se
répandirent rapidement en Russie, mais ne
furent que progressivement admises à l’étranger.
Des conférences
internationales consacrées à
l’énergie. Dès la préhistoire, il s’est servi de la
pierre et du bois pour s’abriter, fabriquer ses
outils
Plus tard, il a utilisé les moulins à vent,
...
à aube
Puis, vers le XVF siècle, se
développées les techniques minières et
métallurgiques avec l’utilisation des minerais
les
roues
...
sont
l’étude du sol furent cependant organisées dès le
(charbon, fer ...).
agropédologique de Prague en
1922, que naquit VAssociation Internationale de
progrès
début de ce siècle et c’est à l’issue de l’une d’elles,
la
la
conférence
Science du soi
De nombreuses écoles de
pédologie se sont, depuis, développées de par le
monde, chacune
ou
presque avec son propre
système de classification des sols, aucun n’ayant
pu être universellement adopté,
VAssociation française pour l'étude du sol
(A.F.E.S.) a fêté, quant à elle, son cinquantième
anniversaire en 1984. L’essor des études pédolo¬
giques en France, sous l’influence d’Agafonoff,
ne date cependant que de la fin de la Deuxième
Guerre mondiale. Leur développement y fut
toutefois très lent tandis que, sous l’influence de
G. Aubert et de l’O.R.S.T.O.M., organisme de
recherches créé à la même époque, elles prirent
une rapide extension dans les régions tropicales,
africaines en particulier.
En Polynésie française, les premières études
importantes ont été effectuées par G. Tercinier, à
partir de la Nouvelle-Calédonie, durant les dix
années qui ont précédé l’ouverture du Centre
O.R.S.T.O.M. de Papeete en 1966. Ces études s’y
sont développées depuis 1979 avec pour objectif
principal l’inventaire et la cartographie des sols
des îles hautes.
R. JAMET
Mais c’est à partir du XIX'-' siècle que des
réels
ont
été
accomplis
avec
la
découverte de l’électricité. Le développement de
l’hydroélectricité ou houille blanche a pu se faire
grâce à une meilleure maîtrise de la transforma¬
tion et du transport de l’énergie électrique, dès la
fin du XIX".
Les recherches et les expérimentations sur
énergies nouvelles ont été intensifiées pour
permettre une diversification des ressources en
diminuant ainsi la dépendance vis à vis du
pétrole. C’est notamment depuis 1970, avec
l’augmentation du prix des hydrocarbures, que
les pays industrialisés ont cherché à produire
eux-mêmes leur énergie. D’où le développement
des études sur la biomasse, les aérogénérateurs,
l’énergie solaire... bénéficiant des progrès
accomplis dans les domaines techniques et scien¬
tifiques, permettant ainsi de diminuer les coûts
d’exploitation.
Quant aux ressources minérales, leur utili¬
sation dépend de l’industrie chimique et des
progrès réalisés dans les méthodes de prospec¬
tion, notamment pour les gisements sousles
marins.
En Polynésie, la première utilisation à
grande échelle des énergies renouvelables fut
l’œuvre de l’Electricité de Tahiti, qui alimenta de
1928 à 1945 la ville de Papeete à l’aide de
gazogènes à bourre de coco (120 kW). L’E.D.T.
installa en 1978 un gazogène, également à bourre
de coco, à Bora Bora (200 kW),
1978 fut la date
général
les énergies renouve¬
lables, financé à parts égales par le Territoire, le
lancement
de
d’un
d’expérimentations
C.E.A.
et
programme
sur
l’A.F.M.E. Celui-ci déboucha essen¬
tiellement, dès 1982, sur la commercialisation de
photopiles et de systèmes d’utilisation de
l’énergie solaire, en particulier dans le dornaine
de l’habitat.
L’exploitation du potentiel hydroélectrique,
d’abord étudiée en 1976 dans la perspective d’un
barrage sur la Papenoo, dut ensuite d’orienter
la mini-hydraulique. Les premiers schémas
concrets de développement furent faits en 1980et
se trouvèrent confirmés à la fois
par les études
théoriques ultérieures et par la mise en œuvre de
nouvelles installations (7 MW installés en 1984).
Sur le plan minier, la découverte des
phosphates de Makatea date de la fin du XIX"
siècle et leur exploitation dura de 1917 à 1964.
Le gisement de Mataiva a été découvert en 1976,
vers
et
les études visant à démontrer son caractère
exploitable ont abouti en 1983. Enfin, l’étude des
gisements de nodules a été entamée en 1971.
L’information
collectée
de
1971
à
1979
est
complétée par des missions océanographiques
régulières.
J.-M. BOUZAT
BC..REGAM
A.FME
Index
Pour les
E
îles, la lettre entre parenthèses signale
l'archipel dont elles font partie ; (A) pour Australes.
(G) pour Gambier, (M) pour Marquises. (S) pour
Société et (T) pour Tuamotu.
En ce qui concerne les notions
l'index n'est pas exhaustif. On
géographiques,
a signalé de
préférence les pages où ces notions sont dévelop¬
pées Les numéros de page en gras renvoient à un
titre ou un intertitre ; ceux en italique à
illustration ; les autres se rapportent au texte.
une
A
Afernod Agence française pour
l’étude et la recherche des nodules
129
Agence française pour la
maîtrise de l'énergie 132
eaux
MARIA
territoriales voir Z.E.E.
éclair 63
effondrement 44, 49
E.F.O. Etablissements français de
l'Océanie 14, 16
El AO (M) 22, 38, 39, 50, 51, 90, 91
émergence 43, 44
énergies douces 132
énergies renouvelables 130
énergie solaire 132, 133, 134
énergie thermique des mers 135
ensoleillement 66, 69
érosion 43, (aérienne) 49, (des sols)
113
alizés 59, 61, 64
29
anticyclone 59
FAKARAVA (T) 21
FANGATAUFA (T) 16, 30, 38, 39
FATU HIVA (M) 22, 23, 30, 38, 39, 45,
46, 46, 53, 89, 90
ANUANURARA(G) 39
ANUANURUNGA (G) 39
ARATIKA (T) 23, 92
FATU HUKU
arc-en-ciel 63
ARUTUA (T) 38
atoll 28, 49, 53,
(ensoleillement) 66,
(lagons) 85 et 88, 92, 94, (eau) 104,
(sols) 118
AUKENA (G) 90
AUSTRALES (archipel des) 9, 17, 22,
23, 25, 26, 30, 33, 37, 38, (âge) 39,40,
41,46, 62, 64, 65, 72, 74, 79, 81, 83, 84,
89, 90, 91, 92, 93, 113, 117, 124, 132
(M) 90
baies 91
Beaufort (échelle de) 76
BELLÏNGSHAUSEN (S) 38, 39, 92
bilans d'écoulement 98
BORA BORA (S)
11, 11, 14, 19, 20
(carte), 21, 22, 29, 71, 90, 103, 113,
119, 127, 133
bouclier (volcan en) 44
Bureau de recherches
géologiques et minières 128, 129
H
ciel 24
climat (caractéristiques du) 64
Cnexo Centre national pour
l’exploitation des océans 15, 32, 129
Commission du Pacifique Sud 13
Compagnie française des
phosphates de l'Océanie 128
crues
100
cycle de l'eau 104
cyclone 37, 70, 70
cyclones (saison de 1982-1983) 57,
68, 72, 74, 700, 101, 102
D
débits des rivières 97
dépressions 59
dôme 45, 46
dyke 48, 103
MOPELIA (S) 92
MORUROA (T) 14, 16, 29, 30, 38, 39,
53, 63, 77, 86, 87, 87. 92, 94, 125
MOTANE (M) 90, 91
MOTU ITI
(M) 90
MOTU ONE (M) 89, 92
MOUA-PIHAA (vole.)
(S) 29, 32, 41
houles 76
HUAHINE{S) 19, 20,21,42, 43, 43,48,
71, 90, 103, 112, 113, 120
humidité 64, 69
hyaloclastites 42
hydroiogiques (mesures) 96
I
intrusions 48
K
(G) 90
KAUKURA (T) 19, 37
KAMAKA
L
Laboratoire de Géophysique du
C.E.A. 27, 36, 77
lagons 82, 84, 85, 88
lames de fond 34
33, 38, 40, 43
(vole.) (A) 30, 31,33,
MAIAO (S)
(Tubuai Manu) 90
MAKAROA (G) 90
MAKATEA (T) 21, 29, 30, 32, 38, 39,
94, 104, 121, 125, 128, 129
MAKEMO (T) 21
mamu
50, 112, 113, 122
MANGAIA (A)
38, 40
MANGAREVA (G) 9, 22, 23, 90
MANIHI (T) 21
MANUI (G) 90
maraamu
56, 77, 90, 91, 122
NUKUTEPIPI
(T) 30, 39, 93
O
coralliens (matériaux) 124
courants de passe 78
statut de la Polynésie 14
29, 33, 39, 47, 47, 56, (temps) 67, 68 et
69, 71, 84. 89. 90, 90, 91, 103, 113, 133
NUKUTAVAKE (T) 94
MAC-DONALD
79
sols 105
MOOREA (S) 9, 10, 16,18(carteJ, 19,
HIKUERU (T) 72
HATUTU
M
courants océaniques 73,
sismicité 26, 27, 31
modules interannuels 97
19, 27, 38, 71, 92, 94, 125
(M) 89, 90
HEREHERETUE (T/G) 30, 38, 39, 57,
HAO (T) 16,
contre-courants 80
Coriolis (force de) 70
séismes 25, 26
météores 62
(niveau de la) 51
du vent 76
(T) 29, 104
nodules polymétalliques 129
nuages 60
NUKU HIVA (M) 22, 23, 38, 46, 46, 51,
41, (lagons) 84 et 88, 89, 103
ILES SOUS-LE-VENT 17, 19, 20, 21,
29, 63
atomique 129, 132
C.E.P. Centre d'expérimentation du
Pacifique 9, 14, 16, 19
seamount 42
SOCI ÉTÉ (archipel de la) 9,25,28,29,
30, 32, (âge) 38, 39, 40, 41,56, 5'9, 61,
63, 64, 65, 72, 74, 76, 77, 78, 81, 84, 89,
90, 91, 92, 113, 116, 124
mer
NIAU
îles hautes volcaniques 28, (géologie)
Commissariat à l’énergie
S
SCILLY (S) 37, 92, 94
subduction (zones de) 26
subsidence 28, 52
T
TAHAA (S) 19, 79, 20, 20, 29, 56, 71,
90, 113
TAHITI (S) (géo.) 16 et 18, (temps)
67, 112 (carte pédo.), (hydroélec.)
130
48, 50, 53, 78, 84, 89, 90, 93, 113
c
carrières 121
(vole.) (S) 27, 28, 29, 29,
30, 31, 31, 32, 33, 38, 39, 39, 40, 41,
44, 46, 49, 50, 56, 89, 90, 91
MEHETIA
RURUTU (A) 40, 41, 42, 43, 90, 121,
122, 124, 125
TAKAPOTO (T) 19, 85, 86, 86, 92, 94
TAKAROA (T) 64, 92
ILES DU VENT 29, 31
caldeira 44, 46, 95
128, 128
MAUPITl (S) 20, 21, 29, 38, 45, 50, 53,
56, 89, 90, 91, 91. 92, 103
(S) 29, 32, 41
nappes d'eau souterraines 103, 104
nébulosité 60
brume 63
cailloux fleuris 55, 56
MATAI VA (T) 9, 21, 29, 38, 92, 93,121,
rosée 62
N
des) 15, 22
(carte), 30, (âge) 38, 39, 40, 41,42, 48,
IFREMer Institut français de
recherche pour l’exploitation de la
mer 15
brouillard 63
MARUTEA (T) 23
ROCARD (vole.)
GAMBIER (archipel
G
49, 90
hoa 85, 92
beach rock 92
63, 64, 65, 78, 81, 82, 89, 90, 91,92, 93
113, 124, 131, 132
TAHUATA (M) 22, 23, 90
HIVA OA (M) 22, 23, 38, 39, 39, 46, 46,
basaltes 54, 56
(âge) 38, 39, 40, 41,46, 51, 59, 61, 62,
RIMATARA (A) 22, 40, 90
Muséum national d’Histoire naturelle
15
63
B
rivières 95, 96
22, 23 (carte), 25, 26, 30, 35, 36, 37,
E.V A.A.M. Etablissement de
valorisation des activités aquacoles
et marines 15
F
ANAA (T)
MARQUISES (archipel des) 9, 16,17,
mer
évaporation 66, 73, 104
AMANU (T) 93, 94
(G) 33, 77
RIKITEA
89, 90
étiages 100, 102
E.T.M. Energie thermique des mers
135
AGAKAUITAI (G) 90
âge des îles 38
AKAMARU (G) 90
ressources en eau 126
(T) 38, 90
MAROTIRI ou îlots de Bass (A) 30,
59
marées 76, 77
MARIA (A) 40, 89, 92
origine des archipels 29
O.R,S.T.O.M, Office de recherche
scientifique et technique outre-mer
15, 96, 100, 102
P
Pacifique Sud 12, (tectonique) 26,
(sismicité) 27, (océano.) 79
Papeete 9, 16, 16, 17, 121
passe 78, 84, 92
pédologie 105, 107
phonolites 54, 56
phosphates 128
phréatomagmatiques (explosions) 42
pillow-lava 41
PINAKI (T) 21
planèze 96, 107
pluviosité 65, 68
points chauds 28, 32
précipitations 62, 104
pression atmosphérique 57
production primaire 82
production secondaire 83
PUKA PUKA (T) 94
R
RAEVAVAE (A)
40, 90
RAIATEA (S) 19, 19, 20, 20, 29, 45, 47,
47, 56, 71, 78, 90, 91, 96, 7 73, 114,
122, 737, 132
RANGIROA (T) 19, 21, 25, 29, 30, 31,
32, 33, 36, 37, 37, 38, 53, 78, 89, 93,
94, 7 79
(A) 9, 22, 22, 30, 40, 40, 43, 46,
46, 49, 49, 57, 59, 64, 65, 66, 69, 90, 91,
RAPA
TAIARO (T) 94
TAPUI (A) 46
TARAVAI (G) 90
TEAHITIA (vole.) (S) 29,31,37, 32,33,
41
tectonique 26, 49
tectonique des plaques 25
TEMATANGI (T) 30, 39
TEMOE (G) 89, 92, 93
températures atmosphériques 64, 68
températures océaniques 73, 81
tempête tropicale 72
temps (principaux types de) 61
tension de vapeur d’eau 66
TETIAROA (S) 29, 32, 92, 93
TIKEHAU (T) 94
TIKEI (T) 21, 93
tonnerre 63
trombe 63
tsunami 34, 35,
(âqe) 38, 39, 40, 41, 52, 59, 60, 61, 63,
64, 65, 72, 74, 76, 77, 78, 79, 80, 81,85,
88, 90, 92, 93, 94, 100, 101, 113, 124,
127, 128, 134
TUBUAI (A) 22, 23, 33, 47, 48, 48. 56,
66, 69, 90, 117
TUPAI
(S) 28, 29, 38, 91, 92, 92, 778
U
UA HUKA (M) 22, 23, 39, 50, 51,64, 90
UA POU (M) 22, 23, 47, 48, 54, 55, 56,
64, 90, 122
Unesco United Nations foreducation,
science and communication 86
V
vallées 91, 116, 117
VANAVANA (T) 21
vents 57, 58, 58,
volcan 42, 44, 46, 49
volcanique (activité) 31
volcanique (production) 40
volcaniques (roches) 54
124
volcanisme 38
Z
récifs coralliens 91
relief (influences sur le temps) 67
remontées d'eau océanique
(phénomènes de) 82
Réseau sismique polynésien 27, 33
68, 73
vents d’ouest 59
RAROIA (T) 30, 81
REAO (T) 94
(prévision) 36, 37, 77
TUAMOTU (archipel des) 9, 11, 15,
17, 19, 21 (carte), 22, 25, 26, 30, 37,
Z.C.I.T. Zone de convergence
intertropicale 60
Z.C.P.S. Zone de convergence du
Pacifique Sud 59, 60, 61, 74
Z.E.E. Zone économique exclusive
14, 75, 84
139
Lexique
c
A
ADVECTION. Processus de transport des pro¬
priétés d'une masse d’air par le champ de vitesse
de l’atmosphère.
ALIZÉS. Vents persistants qui soufflent d’un
anticyclone* subtropical vers les régions équato¬
riales,
ANTICYCLONE. Région de l’atmosphère où la
pression est élevée par rapport au voisinage au
même niveau,
ARGILE
granuloméfrique. Argile constituée
d’autres minéraux variés dont la taille n’excède
pas 2 microns.
Argile minéralogique. Argile au sens propre,
constituée de minéraux spécifiques à l’état de
fines particules : silicates d’alumine, hydratés.
ARTÉSIEN (puits). Puits exploitant une nappe
captive ; puits dans lequel l’eau monte plus haut
que le niveau où on l’a rencontrée. Au sens
restreint, puits où l’eau jaillit à la surface du sol.
AL'TOTROPHE. Qualifie un organisme
capable de créer sa propre matière par
synthèse à partir des éléments minéraux de son
milieu et d’une forme d’énergie externe.
B
BALLASTIÈRE.
Mot
désignant
un
milieu
sable et gravier.
BASALTE. Roche volcanique la plus fréquente,
noire, dense (environ 2,9-3). Son indice de diffé¬
renciation est compris entre 25 et 35.
BATHYMÉTRIE. Mesure de la profondeur des
fonds océaniques.
BATHYPÉLAGIQUE. Qualifie les organismes
normalement
horizons supérieurs
(couche que
pas).
en
pleine
eau
dans les
de la couche aphotique
la lumière de la surface n’atteint
BEACH ROCK. Sédiments consolidés à l’inter¬
face eau douce/eau de mer à l’intérieur d’une
plage de sable. La présence de heach rocks avec
leur inclinaison est souvent significative d’un
recul de la plage.
BEAUFORT (échelle de). Échelle de force du
vent, basée à l’origine sur l’état de la mer,
exprimée par un chiffre de 0 à 12 (voir p. 76).
BÉNTHIQUE. Qualifie tous les organismes et
les processus ayant un lien avec les fonds marins.
BIOMASSE. Quantité totale de matière vivante
des organismes présents dans un milieu à un
instant donné.
BLOOM. Forte élévation de la densité du phyto-
plancton ; elle se produit généralement en milieu
tropical à la suite de l’augmentation de la concen¬
tration du milieu en sels nutritifs.
BRÈCHE. Roche volcanique faite de blocs plus
ou moins gros, anguleux, dans un ciment à petits
grains,
BUYS-BALLOT (règle de). Règle reliant la
direction du vent à la distribution horizontale
des pressions et qui peut s’énoncer ainsi :
lorsqu’on tourne le dos au vent, on a les basses
pressions à sa gauche dans l’hémisphère Nord et
à sa droite dans l’hémisphère Sud. Elle permet de
savoir dans quelle direction se trouve le centre
d’un cyclone.
140
CALDEIRA. (chaudière en portugais) Cratère
volcanique de grandes dimensions (diamètre
supérieur à I km), formé lors de l’explosion puis
de l’effondrement d’une cheminée volcanique.
CAPILLARITÉ, (du latin capi/lus : cheveux)
Nom donné au phénomène d’ascension des
liquides dans les tubes fins. Par extension, phé¬
nomène d’ascension
ou
de rétention de l’eau
grains constitutifs d’un sol, au-dessus du
niveau piézométrique* de l’eau.
entre les
CAPROCK. Zone indurée permettant l’isole¬
ment par rapport à la surface de la lentille d’eau
douce et sa mise en charge du fait d’une accu¬
mulation gravitaire sous cette interface*.
CHLOROPHYLLE-A.
Pigment cellulaire
caractéristique du domaine végétal ; il permet la
photosynthèse de la matière organique à partir
des éléments minéraux en utilisant l’énergie
solaire.
CLIMAT. Ensemble fluctuant des conditions
atmosphériques, caractérisé par les états et les
évolutions du temps d’un domaine spatial
déterminé.
CONFLUENCE. Resserrement progressif des
lignes de courant.
CONGLOMÉRAT RÉCIFAL ANCIEN. Zone
de roches calcaires noires (présence d’algues per¬
forantes) en formations tabulaires à l’arrière du
platier*, et correspondant à une partie inférieure
construite et une partie supérieure détritique
consolidée,
d’extraction de matériaux alluvionnaires de type
vivant
étant le rapport de la somme des cations métal¬
l’ensemble traduisant un ancien
niveau marin plus haut de quelques décimètres à
I mètre que l’actuel, il y a environ 2 000 ans.
CONVECTION. Mouvements internes orga¬
nisés dans une couche d’air amenant des
transferts verticaux de chaleur, de quantité de
mouvement, d’humidité...
CONVERGENCE. Dans les basses couches, la
convergence résulte de la confluence* des lignes
de courant : elle s’accompagne d’un soulèvement
des couches atmosphériques.
CORIOLIS
(force de). Force centrifuge
composée, due à la rotation de la Terre sur ellemême, qui agit sur les particules dont on
considère le mouvement par rapport à la Terre.
Le paramètre de Coriolis est f = 2 co V sin (p ;
(0
étant la vitesse angulaire de rotation terrestre
et <p la latitude du
point considéré,
CRÊTE ALGALE. Zone frontale du récif exté¬
rieur des atolls en mode battu où la violence des
vagues favorise
la croissance d’algues calcaires
(Mélobésiées) et empêche la colonisation par les
madréporaires.
CURIE (point de). Température à laquelle,
lorsque la lave se refroidit, l’orientation des
matériaux magnétiques se fige définitivement.
CYCLOGÉNÈSE. Processus d’apparition ou
d’intensification d’une circulation cyclonique.
D
DALY GAP. (lacune de Daly) Désigne l’absence
de roches intermédiaires entre basaltes* et
phonolites dans les séries volcaniques. Il en est ainsi
dans la plupart des îles où les laves proches des
tahitites manquent.
DÉPRESSION. Région de l’atmosphère où la
pression est basse par rapport au voisinage au
même niveau.
DÉSATURÉ (sol). Sol dont le taux de
saturation est très faible. Le taux de saturation
liques retenus multipliée par 100 sur la capacité
d’échange*.
DIAPIRISME. Phénomène par lequel plus les
matériaux sont légers, plus ils ont tendance à
monter
à la surface.
DIFFLUENCE. Épanouissement progressif des
lignes de courant.
DIVERGENCE.
Dans les basses couches, la
divergence résulte de la difOuence* ; elle s’accom¬
pagne d’un affaissement des couches atmosphé¬
riques ou subsidence*.
DOMING. Structure baroclinique rapprochant
les eaux profondes de la couche superficielle et
les mettant dans la zone d’action possible de
mélange sous l’action du vent,
DYKE. Lame de lave peu épaisse mais très
longue, verticale à inclinée (pente inférieure à
45") traversant les couches préexistantes.
DYSTROPHE (sol). Sol acide et désaturé.
E
ÉCHANGE (capacité d’). Quantité de cations
métalliques que le sol peut fixer.
ENSACHAGE. Élévation du niveau de l’eau
dans un lagon, consécutive à une entrée d’eau
persistante sous l’effet de vents dominants, sans
que cette eau puisse être évacuée par les hoa* et
par la passe* à courant sortant.
ÉPICENTRE. Projection verticale à la surface
terrestre du foyer* d’un séisme.
ETIAGE. Plus bas niveau des eaux d’une rivière.
EUPHOTIQUE (couche). Couche superficielle
des océans dans laquelle l’intensité de la lumière
solaire permet la photosynthèse. Dans une eau
claire, cette zone a une profondeur habituelle de
pendant l’été à des latitudes
moyennes, et d’environ 100 m à de basses
40 à 50 mètres
latitudes.
EUTROPHE (sol). Sol faiblement acide, ayant
une
capacité d’échange* à saturation en bases
élevée.
EUTROPHISATION. Phénomène caractérisé
une multiplication de végétaux dont la
décomposition diminue la teneur en oxygène des
eaux profondes ; il résulte d’un excès de sels
nutritifs comme les nitrates et les phosphates, ou
de la matière organique particulaire ou dissoute.
ÉVAPORATION. Émission de vapeur d’eau par
une surface libre d’eau
liquide à une température
inférieure au point d’ébullition.
EXHAURE. (du latin exhaurire : épuiser)
par
Épuisement des eaux d’infiltration.
F
FALAISE MORTE. Ancienne falaise en bord
de mer qu’un abaissement du niveau marin ou
que le relèvement du relief émergé fait précéder
d’une plaine avant que n’arrive le rivage.
FELDSPATHS. Famille de minéraux blancs
comprenant les feldspaths alcalins et les plagio-
clases.
FINES. Lors d’une séparation granulométrique
d’un matériau meuble, les fines représentent les
particules inférieures à 0,08 mm.
FOEHN.
Vent
échauffé
mouvement descendant, en
montagne.
et
asséché
par
un
général en aval d’une
FORAMINIFÈRES. Organismes animaux unicellulaires, planctoniques* ou benthiques*,
secrétant une coquille calcaire. Les foraminifères
constituent une part importante de nombreux
sédiments.
FOYER ou hypocentre. Point précis, situé en
profondeur dans le manteau, où se produit un
séisme.
propriétés physiques différentes : par exemple,
interface eau douce / eau salée.
INVERSION DE TEMPÉRATURE. Réparti¬
tion verticale de température telle que la tempé¬
G
Fréquente dans les
courants d’alizés*, elle sépare l’air humide de
d’espèces
ISOBARE. Ligne liant tous les points de même
pression, sur une surface donnée.
ISOHALINE (carte). Carte où les traits relient
les lieux d’égale salinité*.
rature croît avec
GABBRO. Variété de roche grenue, cristallisée
dans la cheminée volcanique principale après les
ultimes éruptions, constituée d’un assemblage
minérales claires
sombres (augite et olivine).
(feldspaths)
et
GÉOSTROPHIQUE
(vent). Vent théorique
correspondant à l’équilibre entre la force hori¬
zontale de pression et la force de Coriolis*,
supposées agir seules sur l’air. Il souffle parallè¬
lement aux isobares* rectilignes.
GRADIENT. Variation spatiale d’une propriété
caractéristique du milieu. Par exemple,
le gradient thermique vertical de l’océan exprime
ou d’une
la différence de
température de l’eau selon la
profondeur.
Le gradient de pression est le vecteur perpendi¬
culaire à la ligne isobare* dirigé vers les basses
pressions et dont l’intensité est égale au taux de
variation de la pression en fonction de la
distance.
GRAVE.
Matériau à granulométrie étalée
(présence de tous les diamètres de grains).
GUYOT.
Montagne sous-marine dont le
sommet
tabulaire témoigne d’une ancienne
émersion et des effets de l’érosion aérienne.
H
PRÉCIPITABLE. Quan¬
en hauteur d’eau, qui
pourrait être obtenue si toute la vapeur d’eau
HAUTEUR D’EAU
tité
d’eau,
exprimée
contenue dans une colonne d’air
atmosphérique
était condensée et précipitée. Elle est d’environ
50 mm en Polynésie.
HOA. Terme polynésien désignant un chenal de
communication des eaux océaniques et des eaux
lagonaires entre deux molu*. Il existe tous les
intermédiaires
entre
un
hoa
fonctionnant
à
chaque marée basse et un hoa ne fonctionnant
qu’en période cyclonique.
la hauteur.
l’alizé*, situé au-dessous, de l’air chaud et très
sec, situé au-dessus.
L
international d’origine
désignant la dépression circulaire
d’un cratère d’explosion souterraine. Un lac est
souvent logé dans un maar.
MAMO. Terme polynésien pour désigner la
terre d’altération tropicale des roches volca¬
niques des îles hautes. Le mamu est une latérite
qui, en climat tropical océanique sans saison
sèche nette, n’a pas d’horizon d’accumulation à
concrétions ferrugineuses.
MARAAMV. En langue tahitienne, désigne les
MAAR.
Terme
allemande
sud-est frais.
MÉTÉOROLOGIE. Science de l’atmosphère.
MICROLITE. Cristal de petite taille qui,
invisible à l’œil nu, n’est déterminable qu’au
microscope,
MILLIBAR.
Unité de
pression. Un millibar
(1 mbar) vaut I0-' bar, soit 10' baryes ou
0,750062 mm de mercure ; I millibar vaut
hectopascal (1 h P).
MONTMORILLONITE.
Minéral
argileux
ayant les propriétés de gonfler et de se contracter
et
possédant une capacité d’échange* élevée.
HORIZONS. Dans un sol, couches successives
se différenciant sur le profil pédologique par des
différences
de
couleur, texture, structure,
MOTU. Terme polynésien désignant les dépôts
HOT SPOT. Voir point chaud.
cocoteraie.
MUCRON. (du latin mucro :
capacité d’échange*, etc,
HUMUS. Désigne couramment la matière
organique globale du sol ou, plus précisément, la
fraction brune de cette matière organique, trans¬
formée par les micro-organismes.
HUPE. En langue tahitienne, désigne la rosée et
la brise de terre.
HYALOCLASTITE.
international
Terme
d’origine anglaise (littéralement : débris vitreu.x)
désignant les produits d’explosion sous-marine,
instantanément refroidis en un verre qu’altère
l’eau de mer en palagonite* jaune.
HYDROTHERMALISME.
marines
d’eau
minérales.
HYDROXYDE.
chaude
Sources
riche
Combinaison
en
d’eau
sous-
matières
et
d’un
oxyde*.
HYGROMÉTRIE. Humidité de l’atmosphère.
I
INSOLATION.
Nombre
d’heures
pendant
lesquelles le soleil a brillé.
INTERFACE. Surface séparant deux milieux de
OXYDE. Composé résultant de la combinaison
d’un
élément
chimique
FezO^ oxyde de fer),
avec
l’oxygène (ex.
:
P
PACK. Nom anglais synonyme de banquise.
basaltiques.
M
1
du sol.
PALAGONITE. Complexe jaune à orange
formé par hydratation et oxydation des verres
LITIÈRE. Feuilles mortes et autres débris
végétaux non décomposés recouvrant le sol.
LIXIVIATION. Passage lent d’un solvant à
travers un produit pulvérisé en couche épaisse,
pour en extraire des constituants solubles.
vents de
OROGRAPHIQUE (nuage). Nuage dont la
présence et la forme sont déterminées par le relief
détritiques coralliens accumulés entre le récif
externe et le lagon (atoll ou île haute) et colonisés
par un couvert végétal, généralement une
pointe) Petite
pointe portée par un édifice volcanique.
N
d’origine anglaise
(littéralement : cou) désignant une intrusion ou
une extrusion de forme allongée,
tronconique à
cylindrique.
NUTRIANTS. Éléments nutritifs, composés
essentiels organiques ou inorganiques, néces¬
saires au développement des organismes autotrophes* : nitrates, phosphates, silicates,
NECK. Terme international
vitamines...
O
ŒKOUMÈNE. Espace habitable de la surface
terrestre.
Qualifie un milieu dans
lequel les taux des éléments nutritifs sont peu
élevés et la production organique faible.
OLIGOTROPHE.
PASSE. Échancrure profonde - de 5 à 10 m - de
la couronne récifale d’un atoll ou d’une île haute,
mais d’une largeur de quelques dizaines à
centaines de mètres et permettant aux bateaux
l’accès au lagon. La passe joue un rôle essentiel
les conditions de milieu et d’écologie du
lagon. Atoll ouvert : atoll avec une ou plusieurs
passes. Atoll fermé : sans passe,
PENTE EXTERNE. Du côté océanique, au delà
de la zone frontale du récif (correspondant
souvent à une crête* algale) c’est la pente à 45",
puis avec une inclinaison plus faible, qui descend
vers des fonds supérieurs à 1 000 m. La pente
externe comporte parfois des terrasses. Dans le
cas d’eau très limpide, les peuplements coralliens
vivants descendent jusqu’à 80-100 m sur la pente
pour
externe.
PERCOLATION. Passage lent de l’eau à travers
un
terrain perméable.
PÉRIODE d’une
vague. Temps que mettent
deux crêtes de vagues successives pour passer le
même point.
pH. Logarithme de l’inverse de la concentration
hydrogène dans le milieu liquide. Ce
des ions
coefficient caractérise l’acidité ou la basicité d’un
milieu : si pH est inférieur à 7, on a une solution
acide ; si pH est supérieur à 7, on a une solution
alcaline.
PHRÉATIQUE. Se dit d’une
souterraine.
nappe
d’eau
PIÉZOMÉTRIQUE (niveau). Niveau atteint
naturellement par l’eau de la nappe souterraine
dans un tube vertical qui y est enfoncé,
PILLOW-LAVA. Terme international d’origine
anglaise (littéralement : lave en oreiller)
désignant les boules distendues des coulées sous-
marines.
PIPE. Poche de magma reliée par un canal à une
autre source
magmatique.
PLANCTON.
Ensemble
des
organismes
végétaux (phytoplancton) et animaux
(zooplancton) vivant en pleine eau, de faible
capacité natatoire.
PLANÈZE. (mot d’origine dialectale auver¬
gnate) Plateau basaltique incliné de forme
souvent triangulaire. Il est situé sur les versants
externes
d’un appareil
volcanique et bordé par
deux vallées qui convergent vers l’amont.
PLATIER. Zone du récif extérieur d’un atoll
compris entre le motu* (ou le hoa*) et la zone
frontale du récif où brisent les vagues de l’océan.
PLUVIOMÉTRIE. Étude des précipitations, de
leur nature, de leur distribution et des techniques
de leur mesure.
PLUVIOSITÉ. Quantité de pluie tombée en un
lieu donné pendant un temps donné.
PODZOLISÉ (sol). Sol formé sous l’influence de
organique soluble et acide, caractérisé
altération poussée des silicates avec
formation de
complexes organo-minéraux
matière
par une
en
des
matériaux amorphes.
s’accumulant
horizons
riches
en
141
POINÇONNAGE. Dépression, enfoncement de
la croûte terrestre à la base d’un volcan.
POINT CHAUD ou hot spot. Zone qui, dans le
manteau, est plus chaude que son environnement
mêmes profondeurs. C’est un lieu de fusion,
productif de magma. Les points chauds sont
considérés comme étant fixes sous la plaque du
Pacifique qui défile, au-dessus, à la vitesse
moyenne de 10 cm/an.
aux
PORPH YRIQUE. Cristal dont la taille est suffi¬
(supérieure au millimètre) pour
qu’il puisse être vu à l’œil nu.
samment grande
R
caractériser la distribution saisonnière d’un
ou
de plusieurs éléments en un endroit donné.
RENDZINE. Sol carbonaté,
calcique, faisant
effervescence à froid avec l’acide chlorhydrique
épais, de profil AC, son pH est
supérieur à 1.
RIDE.
H aut-fond allongé du plancher
océanique, actif ou non. Un exemple de ride
active
est
la
ride
Est-Pacifique, lieu de
production de la croûte de l’océan Pacifique,
produisant une lame de 16 à 28 cm sur 10 km
d’épaisseur tous les ans. Une ride aséismique,
non active, est celle, par exemple, des Tuamotu.
ROCHE-MÈRE. Roche dont est issu le sol. Elle
peut être meuble : sable... ou dure : basalte*...
peu
S
Mince zone où les alizés* des 2 hémisphères se
anormalement
SYNOPTIQUE (observation). En météorologie,
observation qui est effectuée au même instant
Z.C..LT. Zone de Convergence
rejoignent.
Z.C.P.S.
Zone de
Inter-Tropicale.
Convergence du Pacifique
Sud. Zone de convergence* au sein des alizés*
dans l’océan Pacifique Sud.
T
TALWEG ou thalweg. Axe de basses pressions.
En opposition à dorsale, crête, ou axe de hautes
pressions.
TAXUM (taxa au pl.). Représente un niveau
dans la classification des êtres vivants. Ainsi les
espèces, les genres, les familles, les ordres, sont
des taxa de la taxonomie qui est la science de
classification des êtres.
THERMOCLINE. Couche étroite, à environ
100-200 m sous la surface océanique, où se fait le
contact entre
l’eau
tiède de surface.
profonde froide et l’eau plus
THERMOHALINE. Qualifie ce qui a trait à la
fois à la température et à la salinité*.
TRANSITIONNEL.
Adjectif qualifiant
les
basaltes* intermédiaires entre les tholeiites et les
basaltes alcalins.
TRÉMOR. (de l’anglais
teneur en sels de l’eau de mer. Le taux de salinité
est la masse
totale, en gramme, des substances
dissoutes dans un kilogramme d’eau de mer. La
salinité varie selon l’apport d’eau douce par les
fleuves, la pluie et la fonte des glaces, ou selon
l’évaporation*. La salinité moyenne de l’eau de
mer est de 33 à 37
parties de matière dissoute
pour I 000 parties d’eau.
SAUMATRE. Se dit d’une eau douce polluée
par de l’eau de mer. La lentille d’eau douce est ici
contaminée à l’interface* par l’eau de mer sous-
jacente.
SCORIE, (du grec skôria : écume de fer)
Petit
(entre 2 et 64 mm) projeté dans
l’atmosphère où il est rapidement refroidi. Le
brutal départ des gaz lors de la solidification crée
de grosses et nombreuses vacuoles.
SEAMOUNT. Terme international d’origine
anglaise (littéralement : mont de la mer)
qualifiant les volcans sous-marins non encore
arrivés à l’émergence.
SESTON. Ensemble des particules d’origine
minérale ou organique et des très petits orga¬
nismes en suspension dans l’eau (plancton*).
SILT. Correspond ici à des sédiments détritiques
meubles dont le grain est compris entre
1/256 mm et 1/16 mm. Ce terme peut être
employé en géologie pour les roches sédimentaires plus ou moins consolidées qui se forment à
partir du dépôt de ces matériaux.
STOCKWERK. Terme allemand à vocation
internationale désignant un réseau croisé d’intru¬
sions de minces épaisseurs. Dans un plan, les
intrusions sont si nombreuses qu’elles peuvent
être exploitées ensemble lorsqu’il s’agit de
filonnets de minerais.
142
élevée en sels de l’eau de mer.
Concentration
:
tremblement) Bruit
souterrain généré par la lave transitant sous forte
SALINITÉ. Expression conventionnelle de la
bloc de lave
VOI.f'ANITE. Vocable pour désigner n’importe
quel produit volcanique, solide (lave) ou meuble
(scorie*).
Z
SURSALURE.
représentation générale de l’état de l’atmosphère
tiques ou de corpuscules.
REGIME. En climatologie, terme utilisé pour
VERTISOL. Sol de couleur noire ou gris très
foncé où dominent les argiles* gonllantes.
(sédiments, croûte océanique).
En clinwiologie : L’air en subsidence se
comprime et s’échauffe et sa stabilité initiale est
augmentée (voir divergence*).
SUBSTRATUM. Élément sur lequel repose une
couche (ex. : substratum basaltique...).
à l’instant considéré.
RAYONNEMENT ou radiation. Énergie émise
;
tance, mais souvent répété, affectant la surface
dans de nombreuses stations afin d’obtenir une
par un corps sous forme d’ondes électromagné¬
dilué
SUBSIDENCE. En ftéophysiquc : Mouvement
d’affaissement vertical, lent et de faible impor¬
pression à travers les fissures formées par les
séismes.
TROPHIQUE (niveau). Élément de la série
nutritive des écosystèmes dans lequel un groupe
d’organismes d’un certain stade de la chaîne ali¬
mentaire obtient
similaire.
sa
nourriture d’une manière
trophiques sont les
assimilateurs (ou producteurs
primaires), les herbivores (ou producteurs
secondaires), les carnivores (producteurs
tertiaires et autres).
TROPOSPHÈRE. Partie inférieure de l’at¬
mosphère terrestre qui s’étend du sol jusqu’à une
hauteur d’environ 15 à 17 km dans nos régions, et
dans laquelle la température décroît assez régu¬
lièrement quand on s’élève.
TUBE-LAVA ou tube de lave. Élément unitaire
Les
niveaux
végétaux
d’écoulement des laves
la forme de tube,
sous
plus ou moins grand (quelques déeimètres à
plusieurs mètres).
U
UPWELLING. Mouvement ascendant des eaux
profondes
vers
la surface
;
ce
phénomène
favorise la production biologique par l’apport
d’éléments nutritifs. Il se produit près des côtes
où les vents poussent l’eau vers le large avec
persistance, et en plein océan quand les courants
de surface sont divergents,
V
VERTIQUES (sol à caractères). Sol ayant une
moins poussée que
certaine évolution vertique
celle des vertisols*.
L’astérisque signale les mots faisant l’objet d’une
définition dans le lexique.
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143
Crédit photographique
Malgré nos efforts, certains noms de photographes ont pu nous échapper : qu’ils
veuillent bien nous en excuser.
Les mentions sont faites dans l'ordre suivant : le numéro de la page est suivi du nom des
photographes et éventuellement de celui de l'agence qui le représente. Les photos sont
répertoriées de la gauche vers la droite et du haut vers le bas.
Pp. 4-5 B. Hermann ; p. 8 C. Rives-Cedr/; p. 9 E. Christian ; p. 10 B. Hermann ;
p. 11 E. Christian, J.-L. Saquet, U.S.I.S. : p. 12 Serv. de Presse du Conseil de Gvt.,
E. Christian ; p. 14J. Bouchon, C.E.P. ;p. 15 J.-L. Saquet ; p. 16 E. Christian, E. Christian;
p. 17 B. Hermann ; p. 18 C. Rives-Cedr/, O.P.A.T.T.I. ; p. 19 E. Christian, E. Christian ;
p. 20 O.P.A.T.T.I. : p. 21 E. Christian ; p. 22 C. Rives-Cedr/, B. Hermann ;
p. 23 O.P.A.T.T.I., M. Moisnard ; p. 29 C.E.A. ; p. 30 C.E.A. ; p. 31 IFREMer (Cnexo),
E. Christian : p. 33 O.R.S.T.O.M.-P. Laboute ; p. 36 J. Talandier ; p. 37 J. Taiandier,
C.E.A. : p. 38 B. Hermann, E. Christian ; p. 39 E. Christian, E. Christian ; p. 40 C. Pinson ;
p. 41 R. Brousse, R. Brousse ; p. 43 R. Brousse, E. Christian ; p. 44 B. Hermann ;
p. 45 R. Brousse, G. Boutault ; p. 46 G. Mottay ; p. 47 R. Brousse, E. Christian ;
p. 48 R. Brousse, R. Brousse : p. 49 R. Brousse ; p. 51 M. Moisnard, B. Hermann ;
p. 53 M. Moisnard ; p. 54 G. Boutault, R. Brousse, G. Boutault ; p. 55 G. Boutault,
M. Folco, R. Brousse ; p. 56 C. Macherey ; p. 57 Météorologie Nationale : p. 61 C. Pinson,
G. Boutin-Exp/orer, J.-L. Saquet ; p. 62 J.-L. Saquet, C. Rives-Cedr/; p. 63 J.-L. Saquet,
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p. 72 Escadrille 12S, J.-C. logna, Escadrille 12S ; p. 73 C. Rives-Cedr/; p. 76 E. Christian,
J.-P. Marquant ; p. 77 C. Rives-Cedr/; p. 78 M. Folco, E. Christian ; p. 79 F. Rougerie ;
p. 81 O.R.S.T.O.M.-P. Laboute ; p. 82 E. Christian ; p. 83 M. Ricard ; p. 84 E. Christian ;
p. 85 B. Hermann ; p. 86 E. Christian ; p. 88 O.R.S.T.O.M.-P. Laboute ; p. 89 E. Christian ;
p. 90 B. Salvat, M. Folco ; p. 91 C. Rives-Cedr/, E. Christian ; p. 92 B. Salvat, E. Christian ;
p. 93 M. Pirazzoli, E. Christian ; p. 94 B. Salvat, E. Christian ; p. 95 B. Hermann ;
p. 96 J. Robin, J. Robin ; p. 98 B. Hermann, C. Rives-Cedr/ ; p. 99 P. Laboute ;
p. 100 Escadrille 12S ; p. 101 D. Arles-Gamma, Escadrille 12S : p. 102 E. Christian,
C. Rives-Cedr/ ; p. 105 J.-C. Bosmel ; p. 106 J. Bouchon, R, Jamet ; p. 107 M. Folco,
B. Hermann ; p. 108 R. Jamet, C. Rives-Cedr/, E. Christian ; p. 109 C. Rives-Cedr/,
C. Rives-Cedr/; p. 110 E. Christian, C. Rives-Cedr/, R. Jamet, E. Christian ;
p. 111 C. Rives-Cedr/, R. Jamet ; p. 112 R. Jamet ; p. 113 R. Jamet ; p. 114 R. Jamet,
C. Rives-Cedr/;p. 115C. Rives-Cedr/, R. Jamet, R. Jamet ; p. 116M. Folco, B. Hermann;
p. 117 R. Jamet, C. Rives-Cedr/, J. Bouchon ; p. 118 R. Jamet, B. Hermann ;
p. 119 M. Moisnard, R. Jamet, R. Jamet, B. Hermann ; p. 120 R. Jamet, R. Jamet,
E. Christian ; p. 121 E. Christian, C. Pinson ; p. 122 P. Gelugne ; p. 123 P. Gelugne,
C. Pinson ; p. 124 J. Bouchon, B. Salvat ; p. 125 B. Salvat, B. Salvat ; p. 126 Marama Nui ;
p. 127 C.E.A. ; p. 128 B Hermann ; p. 129 E. Christian, IFREMer (Cnexo) ;
p. 130 Marama Nui ; p. 131 Marama Nui ; p. 132 C.E.A. ; p. 133 C.E.A. ; p. 134 C.E.A.
Sources des illustrations
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p. 24 carte d’après M. Graindorge. ORIGINE ET AGE DES ILES : p. 26 carte d'après
J.B. Minster et T.H. Jordan (1980), encadré d’après E.M. Herron (1972) ; p. 27 carte de la
Terre d’après J.F. Dewey (1972) ; p. 35 Oahu et Hawaii d'après D.C. Cok et J.F. Mink
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J. Talandier (1984). GÉOLOGIE DES ILES HAUTES : p. 42 d’après A. Eisenstein (1982) ;
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(1984) ; p. 47 d'après R. Brousse, E. Berger, C. Esnult, J.C. Moutin (1984) ; p. 48Huahine
d’après C. Macherey (1984), Gambier d’après R. Brousse et G. Guille (1974) ;
p. 50 Ua Huka d’après R. Brousse, J.-P. Chevalier, M. Dehizot et B. Salvat (1978) ;
p. 51 d’après M. Becker, R. Brousse, G. Guille et H. Bellon (1974) ; p. 52 Hawaii d’après
H.T. Stearhs (1966) ; p. 53 croissance et démolition d’un volcan d’après J. Démangé et
A. Gachon. LE CLIMAT : p. 57 d’après J.-P. Triplet et G. Roche (1977) ;
pp. 58, 59, 60 d’après doc. Service de la Météorologie de P.F. ; p. 63 d’après J. Darchen,
Météo. Nat. {Cols Bleus, n° 1793, 1984) ; pp. 64 à 71 d’après doc. Service de la
Météorologie de P.F. L’OCÉAN QUI NOUS ENTOURE : d’après doc. O.R.S.T.O.M.
LES TYPES D’ILES ET L’HYDROGRAPHIE : p. 93 d'après O. Cayet (Le monde vivant des
atolls, 1972) ; p. 96 profil d’après A. Braquaval ; p. 97 esquisse d’après données
O.R.S.T.O.M. et Services de l’Équipement et de la Météorologie de P.F. ; p. 100 tableau
d’après J. Danloux, O.R.S.T.O.M. ; p. 101 tableau d’après J. Danloux et L. Ferry,
O.R.S.T.O.M. ; p. 102 Veena d’après J. Danloux. LES SOLS : p. 106 cycle
biogeochimique d’après Toutain (1975) (P. Duchaufour, 1977) ; p. 119 d’après
G. Tercinier (1956). LES RESSOURCES : p. 126 d’après P. Petit (1969) ; pp. 128, 129
et 135 d’après doc. Cnexo-IFREMer ; p. 135 carte d'après U.S. Dept. ol Energy.
Achevé d’imprimer: Août 1985
Dépôt légal: 1°'trimestre 1986
Cet ouvrage a été compose par POLYTRAM, Tahiti
La photogravure a été réalisée par POLYCHROME, Tahiti
Imprimé et relié par TOPPAN, Singapour.
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1 •
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iP!9i
entreprise collective : la réunion dans
l’Encyclopédie de la Polynésie d'une centaine des plus
éminents spécialistes, dans des domaines aussi
différents que la géographie, la climatologie, la
biologie, l’histoire^ l’archéologie, l’ethnologie, la
sociologie ou l’économie, est, sans conteste, un
événement sans précédents Tahiti. Un monument de
1 500 pages, traitant 500 sujets, se devait de faire appel
aux chercheurs, universitaires, enseignants, aussi bien
qu’aux forces vives du Territoire, acteurs de la vie
administrative, politique, économique et culturelle. Et,
comme pour la conception et la construction d’un
édifice de vastes dimensions, il fallait que chaque
volume possède son architecte en chef, un "maître
d’œuvre” en assumant la responsabilité scientifique :
Bernard Salvat pour les trois premiers volumes ; José
Garanger pour le volume 4 ; Anne Lavondès pour le
volume 5 ; Pierre-Yves Toullelan pour les volumes 6 et
7 : François Ravault et Jean-Marc Pambrun pour les
Une vaste
deux derniers volumes.
Encyclopédie de la Polynésie
CETTE COLLECTION EST COMPOSÉE DE 9 VOLUMES
VOLUME 1
les îles océaniques
VOLUME 2
flore et faunes terrestres
VOLUME 3
le monde marin
VOLUME 4
à la recherche des anciens Polynésiens
VOLUME 5
la vie quotidienne dans la Polynésie d'autrefois
VOLUME 6
la Polynésie s’ouvre au monde (1765-1842)
VOLUME 7
la Polynésie s’ouvre au monde (1842-1960)
VOLUME 8
vivre en Polynésie 1
VOLUME 9
’
vivre en Polynésie 2
témoignage de maturité ; la réalisation de cette
Encyclopédie révèle qu’en ce moment du XX" siècle, le
développement en Polynésie de la Recherche - tant
territoriale que nationale - àtteint une maturité qui
Un
reflète celle d’un pays.
Bile est, aussi, le résultat de concours individuels
déterminants : celui de Julien Siu qui nous a apporté
dès la naissance du projet un soutien sans faille, et
celui de Bernard Salvat qui a su donner à cette
collection
l’impulsion de son dynamisme
communicatif.
Distribution exclusive: DIFFUSION TAHITIENNE DU LIVRE
Fait partie de Encyclopédie de la Polynésie. 1. Les îles océaniques