O1648_Les Polynésiens, leur origine, leurs migrations, leur langage. T.I.pdf
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JÆ1&
POLYNÉSIENS
Leur Origine,
leurs Migrations, leur Langage
PAR
LESSON
Lie
ANCIEN
MÉDECIN
EN
CHEF
MEMBRE
PUVRAGE
DE
DES
ÉTABLISSEMENTS
LA
SOCIÉTÉ d’aNTHROPOLOGIE
r^ÉDIGÉ
d’aPRÈS
Par
Ludovic
MEMBRE DE LA
LÉ
SOCIETE
TOME
FRANÇAIS
^VlANUSeRIT
l’OCÉANIE,
DE
DK
L'ytOTEUI\
MARTINET
d’aNTHROPOLOGIE
PREMIER
PARIS
ERNEST
LIBRAIRE
DE
DES
LA
LEROUX,
SOCIÉTÉ
LANGUES
ÉDITEUR
ASIATIQUE DE_PARIS,
ORIENTALES
VIVANTES,
28, EUE BONAPARTE, 28 .
1880
DE
ETC.
l’ÉCOLÉ
^
T.- ào ^
ir4Q'ik2^‘^
LES
POLYNÉSIENS.
129
absolument comme il se prononce dans l’une ou l'autre des
îles
polynésiennes. Nous avons déjà traité amplement cette
question (1).
Nous pensons avec presque tous les
sont les îles de la Société
ethnologues, que
ce
qui ont peuplé les îles Sandwich,
mais aidées parles Tunga ou les
Samoa, de même que nous
croyons qu’elles l’ont été également par les îles Marquises.
Nous avons même cru pouvoir dire,
d’après certains mots,
et particulièrement
d’après le mot Manihini (2), que les Ta¬
hitiens ont dû y arriver les premiers ; mais
cela, nous le
reconnaissons, est très hypothétique. Ce qui l’est moins,
c’est que. les Ses Sandwich donnaient à
quelques-uns de
leurs dieux des noms qui se rapprochaient
plus des noms
des mêmes dieux de THawahiki que de ceux de la
Polyné¬
sie. Ainsi, pour n’en citer que
quelques-uns, les dieux qui,
en Hawahiki, .étaient
appelés 0-Rongo, Rongomai, Maru,
Tangaroa portaient aux îles Sandwich, les noms de O-Lono,
Lono (3) Malu, Tanaloa.
Parmi ceux-ci, le mot Malu doit surtout
tion. Maru était le nom donné
au
appeler l’atten¬
dieu de la guerre dans
THawahiki quand les émigrants abordèrent Tlle-Nord de la
Nouvelle-Zélande.
Ils
remplacèrent ce nom par celui de
Tu, qui fut ensuite porté en Polynésie aux Tunga, à Tahiti,
etc. (4). Ainsi, Tu resta le nom du dieu de la
guerre à ITle(1) Vol. III, p. 187 et suiv.
(2) Voir vol. II, p. 166.
(3) Oa sait que ce fut sous ce nom que Cook fut un instant adoré
aux
îles
Sandwich, comme il le raconte lui-même dans
sième vojage.
son
troi¬
(4) Ce fut plus tard, que, dans les îles de la Société, par
exemple,
Oro fut substitué à Tu. Ce mot Oro semble être
le mot 0-Rongo
de la Nouvelle-Zélande; ce
qui semble le prouver, c’est qu’on le
prononçait Koro, alors que la langue était partout la même, c’està-dire à l’arrivée des émigrants. Du
moins, c’est ce qui résulte
d’un passage de J. Williams
(p. 51) quand il rapporte la demande
faite par
le chef Tamatoa d’Aïmtaki pour savoir ce qu’était devenu
à Raiatea, le dieu de la guerre Koro.
Mais, si ce n’est pas le mot
0-Rongo de la Nouvelle-Zélande, élidé, il pourrait bien se faire
que ce fût la première sjllabe consacrée du grand chef
étranger.
III
9.
*
130
LES POLYNÉSIENS.
jNord de la Nouvelle-Zélande, pendant que Maru était
du même dieu dans rile*du-Milieu (1).
celui
Toujours est-il qu’aux Sandwich, le dieu de la guerre
n’éiait ni Tu, ni Oro, mais bien Maru, comme en Hawahiki
avant le départ des
émigrants pour l’Ile-Nord, et comme
dans ITle-du-Milieu de nos jours encore.
•
Une pareille coïncidence entre deux points si extrêmes et
pour ainsi dire sans intermédiaires, est bien remarquable.
Elle soulève l’un des problèmes polynésiens les plus intéres¬
sants et les plus difficiles à résoudre ; elle intéresse directe¬
savoir si c’est, comme nous le soute¬
la Pfilynésie, ou si
c’est, comme le croient Dieffenbacli et tant d’autres,irarcbipel
des îles Sandwich qui a peuplé les îles polynésiennes et la
ment la question de
nons, la Nouvelle-Zélande qui a peuplé
Nouvelle-Zélande. Nous nous bornerons à constater ici que
le mot Maru, ce qu’on n’avait jamais
remarqué jusqu’alors,
toujours été le nom du dieu de la guerre dans l’Ile-ducomme en Hawahiki : c’est donc une présomption
très forte en faveur de la thèse que nous soutenons, puis¬
a
Milieu
que, pour nous, l’Hawahiki et l’Ile-du-Milieu ne font qu’un.
NOqs avons fourni ailleurs assez de témoignages en fa¬
de l’autochthouie des Maori ; les ethnologues, de leur
veur
côté, en ont assez donné en faveur du peuplement des îles
Sandwich surtout par les îles de la Société, pour qu’il soit
utile de chercher de nouveau à défendre ici l’opinion à laqui, d’après Fornander, s’était fixé à Eaiatea et était connu aux
Sandwich, où il était allé sous le nom d’Olopana. De même, aux
Tunga, ce ne fut que plus tard que Tu fat remplacé par Taleï-Tubo,
dieu des armées, protecteur des familles royales. Mariner, t. II,
p. 175.
(1) Maru, dit Taylor (p. 35), était un dieu ressemblant
à Mars :
Il fut tué et mangé sur la terre, mais sa divinité remonta au ciel,
et, de sa couleur ardente, la planète Mars
fut appelée Maru. Oe
mauvaises qualités ;
dieu avait une foule de noms exprimant ses
il ne s’occupait qu’à faire du mal.
Trop paresseux pour chercher sa
nourriture, il s’indignait quand on ne lui en apportait pas abon¬
damment, et de la meilleure. Il doit, ajoute Taylor, avoir été un
Dieu très estimé par ses prêtres,
Voir appendice 1 Tawhaki.
qui engraissaient à son service.
POLYNÉSIENS.
LES
131
quelle nous nous sommes arrêté et que tout notre travail a
pour but de faire accepter.
Toutefois, nous ne croyons pas devoir terminer cette indi¬
cation des origines partielles des habitants des îles
polyné¬
siennes, sans dire encore quelques mots sur le peuplement
des îles Carolmeset Mariannes. On a vu
que, contrairement
partisans, nous avons
supposé que ce peuplement a plutôt été opéré par les Poly¬
nésiens que par tout autre peuple. Nous avons montré
qu’il
y avait eu de bonne heure contact entre ces émigrants et
à l’opinion de Forster et de tous ses
des populations de
modifications
races
différentes. Ainsi s’expliquent les
dans
quelques-uns des caractères
physiques des Carolins et des Mariannais, de même que le
variété des dialectes parlés
par eux. Nous croyons avoir dé¬
montré que les différences admises entre eux et les
Poly¬
nésiens actuels sont
beaucoup moins grandes qu’on ne l’a
dit, et que les ressemblances sont, au contraire,
beaucoup
plus prononcées qu’on ne le pensait (1).
De quelles îles étaient
partis les Polynésiens? Il est diffi¬
cile de le dire exactement. Il est
cependant bien probable
survenues
que celles qui en ont le plus expédié, celles qui,
peut-être
même, en ont seules fourni, sont les îles Tunga et Samoa..
On
que des ressemblances frappantes dans les cou¬
tumes, les usages et les caractères physiques ont été signa¬
lées par les observateurs les
plus compétents entre les Garoa
vu
lins surtout et les
Polynésiens, et
que les caractères diffé¬
rentiels égalements indiqués trouvent leur
explication toute
des Chinois
naturelle dans la venue, de bonne
heure, soit
et des Japonais, soit des
venue ne
avons
Tagals et des Mélanésiens. Cette
peut pas être mise en doute, après ce que nous én
rapporté.
Sans revenir
que nous avons si longuement dit
précédemment, nous signalerons ici les îles Hogoleu dans
les Carolines, où l’on trouve
encore, d’après le navigateur
Morrell, deux races bien distinctes ; l’une plus blanche, se
rapprochant
sur
ce
« si elle n’est
(1) Voir dans le
pas la même, » dit-il, de la race
vol., p. 301 et suiv., le chapitre relatif aux
îles Carolines et Marianne.^.
132
■
LES
POLYNÉSIENS.
polynésienne ou cuivrée; l’autre plus noire, sc rapprochant
de la race mélanésienne. Fait à noter, la première, d’après
lui, occupe, les îles de l'Ouest, et la deuxième celles de
l’Est. Disons-le en passant, ceci n’existerait pas si les îles de
ce groupe avaient été peuplées par l’Est, comme quelquesuns
le soutiennent, mais il devait en être ’uinsi, au con¬
traire, si les Polynésiens sont partis du Sud-Ouest ou du
Sud comme nous le croyons. On sait que Morrell a décrit les
femmes du groupe Hogoleu ou Hogolous comme les plus
indépendantes, les mieux considérées, les plus jolies, les
mieux faites, les plus spirituelles, les plus aimables, en un
mot, de toute l’Océanie.
A cette occasion d’Urville l’a taxé d’exagération : « les ha¬
bitants d’Hogoleu, dit-il, (1) n’ont rien de remarquable. »
Mais cette appréciation de d’Urville n’était que le résultat
de son état physique et moral et des circonstances environ¬
nantes. Quand nous vîmes les habitants de ces îles, nous nous
rendions de Vanikoro à Guam; nous avions encore le
et l’entrepont
pont
de l’Astrolabe, encombrés de convalescents
ou de malades des fièvres contractées dans la première île ;
l’abattement était général. Pourtant, nous pouvons l’assu¬
rer, loin de n’avoir rien de remarquable, les habitants de ces
îles vus par nous, en ce moment, étaient généralement bien
faits et musculeux ;
loin d’être d’une taille médiocre, ils
loin d’être affligés de maux dégoûtants et
de beaucoup d’infirmités, ils étaient bien proportionnés,
actifs, à large poitrine et à front élevé ; par conséquent, lenr
intelligence ne devait pas être bornée. L’appréciation du
commandant d’ürville dépendait si bien de son méconten¬
tement, de son état de souffrances, et l’on sait combien un
pareil état influe sur le jugement du voyageur, qu’il en four¬
nit lui-même presque aussitôt la preuve. En parlant des in¬
sulaires des îles Tamatam, Fanadik et Ollap :« Ceux-là, ditil (2), sont vigoureux, alertes et bien constitués ; gais dans
leurs allures, probes et honnêtes dans leurs échanges ; ces
étaient grands ;
(1) Voyage pittoresque, 1834, p.
(2) Loc. cit., p. 477,
469.
LES
POLYNÉSIENS.
133
sauvages étaient loin de nous présenter les formes
et
souples
dégagées, les physionomies douces et gracieuses, les
manières décentes et réservées des habitants d’Otdia, de
üualan et même d'Hogoleu. »
Les îles
Éogoleu (1) sont placées, comme on le sait, à la
limite extrême des Carolines
vers
l’Est ; or, à la limite la
plus occidentale, se trouvent les îles Pelew, tant vantées
par le sensible chevalier Keate, et, dont les habitants, mal¬
gré leur langage tout mélanésien, attestent, par leurs ca¬
ractères physiques, la venue de
Polynésiens. C’est ce que
ne permet
pas de mettre en doute le portrait du jeune LeeBou (Lipu), fils du chef Abba-Thulle, des îles Pelew et mort
en Angleterre où Wilson l'avait amené
(2j
Ce sont, en effet, les grands
yeux des Polynésiens, leur
nez gros et
aplati, leurs grosses lèvres. Le père lui-même a
les grands yeux et les g-randes oreilles des
Polynésiens ;
nous
croyons seulement que le nez est trop bien fait et que
les mentons des deux portraits ne sont
pas assez arrondis.
On a, d’ailleurs, retrouvé aux îles Pelew
plusieurs des usa¬
ges de la Polynésie : réunion en conseil des chefs ; général
ou Toa ; ablutions dès le matin, etc.
Enfin, on a décrit les
habitants des Pelew comme étant
robustes, bien faits, de
taille moyenne, de couleur cuivre-bronzé, mais non
pas
noire, avec des cheveux noirs, longs, flottants et disposés à
friser.
IL est certain qu’ils ont reçu de bonne heure des visites
d’autres peuples qui les ont modifiés au
physique, et qui ont
leur langage primitif ; ces
peuples sont probablement les habitants de Mingidanao, la
terre la plus voisine des Pelew dans l’Ouest
; mais ce n’é¬
taient pas des Malais, comme on l’a dit,
puisque le Malais
que Wilson avait à son bord n’était pas compris quand il
modifié aussi
sans
nul doute,
(1) 0x1 dit généralement que les îles Hogoleu furent découvertes
par Quiros et nommées d’abord îles Quirosa, puis îles Torrès par
les Espagnols. Nous doutons qu’elles aient été vues
par Quiros.
(2) P. Wilson, Relation des îles Pelew, etc. Trad. de l’anglais de
George Keate. Paris, 1788, p. 344. P. 198 est le portrait de Ludi,
l’une des femmes d’Âbba-Tliulle.
134
LES
POLYNÉSIENS.
parlait sa langue ; il ne put se faire comprendre que
à un autre Malais naufragé
grâce
depuis longtemps sur les îles
et ayant eu le temps d’en
apprendre le langage (1). Quelques
mots de Mingidanao se
rapproclient peut-être, en effet, de
quelques mots des îles de Pelew. mais il n’y a ^as le moin¬
dre rapprochement à faire pour le reste. Tant
qu’on n’aura
pas quelque bon vocabulaire de ces îles (2), il faudra rester
dans le doute, quant à l’origine de la
langue de leurs babi
-
tants.
Après Mindanao, la terre la plus proche des Pelew est
l’île Gilolo (3), d’où ces îles auraient
également
des colonies ; peut-être même auraient-elles
des Philippines
pu recevoir
pu en recevoir
qui, par rapport à elles, gisent dans le
Nord-Ouest, tandis que Gilolo est dans le Sud-üuest. Du
temps de Pigafetta, cette dernière île était peuplée a de
Maures et de Gentils, ■=> c’est-à-dire de Javanais ou Malais
et de ce qu’il appelle Papua ou Mélanésiens de nos
jours;
nous ignorons si la
langue de ces Papua se rapprochait
plus que celle de Mingidanao du langage actuel des Pelew.
Quant à celle des Tagals, nous ne croyons pas qu’elle ait
contribué à la formation de ce dernier
langage (4).
Nous ne parlerons pas des îles élevéesUalan et Ascension
laPuinipet des indigènes, dans les îles Carolinès : nous nous
en sommes occupé ailleurs; mais nous dirons encore ici
quel¬
ques mots sur le groupe des îles King’s mill, dans l’archi¬
pel Gilbert. On sait que, d’après M. Haie, qui le tenait de
deux déserteurs trouvés par le capitaine Wilkes dans ces
îles, elles auraient été peuplées par deux colonies distinctes
venant de deux points opposés. La
première serait partie
de l’Ascension ou Puinipet (5), située au Nord-Ouest de
(1) Voy. ci-dessus, vol. I, p, 373.
(2) Voy. celui que nous avons cité, vol. I, p, 332.
(3) Gilolo est l’île appelée Giailolo, par Pigafetta, vis-à-vis celle
qu’il appelle Tadore, la Tidor d’aujourd’hui.
(4) Pigafetta, on l’a vu par le tableau que nous avons donné, a trou¬
vé à Gilolo, à Tidor et à Bachian, un plus grand nombre de mots
polynésiens qu’il ne paraît en exister aujourd’hui.
(5) La Faloupet du P. Gantova, la Fanope de Kadu, etc.
LES
POLYNÉSIENS,
135
Tarawa (1), l’une des principales îles King‘’smill et comme
presque toujours, à la suite de guerres civiles ; l’autre serait
venue dans deux canots d’une île située au Sud-Est, qui au¬
Amoï. Ou sait que M. Haie a regardé ce
dernier mot c»mme celui de Samoa, modifié avec le temps
rait été appelée
par les indigènes.
Cette interprétation est admissible d’au¬
tant qu’on trouve un village du nom d’Amoa sur l’île Savaii.
reconnaître que ce mot Amoï est le
d’un village sur la côte orientale de la Nouvelle-Calé¬
Mais il faut pourtant
nom
qu’il y a également un Amoy en Chine (2). Si l’île
était située au Sud-Est, il est bien probable qu’il ne s’agis¬
donie et
sait, en effet, que de l’Amoa de l'archipel Samoa, puisque
les derniers venus avaient le teint plus clair, qu’ils étaient
plus beaux que les émigrants venus de l’Ascension et qu’ils
parlaient un autre langage. Le récit apprend qu’ils furent
bientôt tous tués par les émigrés de l’Ascension, et que les
femmes seules furent épargnées. La population mixte des
îles King’s mill proviendrait donc de ces femmes unies aux
meurtriers de leurs compatriotes. A quelle époque approxi¬
mative se serait passé ce fait? Rien ne le laisse supposer ;
Toujours est-il qu’il prouve bien ce qui a du arriver, sinon
toujours, du moins, assez souvent : On a déjà vu que c’est
ce qui est surtout arrivé dans les îles Fiji les plus orien¬
tales.
Il n’est pas moins vrai que les Carolins ne sont guère
plus bruns que les Polynésiens quand on compare seule¬
ment entre eux ceux des îles hautes et des îles basses des
deux
régions. Pour s’en convaincre, il suffira de jeter les
yeux sur les portraits reproduits dans les voyages de Choris,
Freycinet, Kotzebüe, etc. Il est même certain, comme nous
croyons l’avoir montré, qu’il existe entre les Polynésiens et
les Carolins infiniment plus de traits de ressemblance
qu’on ne le croyait, depuis d’Urville surtout. Si le fait rap-
(1) Tarawa, en Maori, signifie « ligne ou balustrade sur laquelle
suspend quelque chose; suspendre sur. » Ce mot est doue po¬
lynésien, et même tout maori, comme on voit, s’il a bien été
on
donné ainsi à M. Haie.
(2) Port et ville importants.
136
LES
POLYNÉSIENS.
porté par M. Haie est bien exact, les habitants des îles
King’s mill ne seraient que de purs métis de Polynésiens et
de Mélanésiens ; ils devraient avoir exactement les carac¬
tères anthropologiques que nous avons dit
distinguer les des¬
cendants des Tongans avec les femmes fijiennds, caractères
quine sont pas tout à fait les mêmes que ceux des descendants
de femmes Tuaga avec les Fijiens. Ont-ils ces caractères?
nous n’oserions le dire,
pas plus que nous ne pourrions
avancer quelle est leur langue véritable.
En ce qui concerne celle-ci, nous avons pris note, dans la
Gazette des îles Sandwich de 1830, de quelques mots donnés
comme appartenant au
langage des îles King’s mill; nous
croyons devoir les citer, tout en n’ayant en eux qu’une mé¬
diocre confiance. Ces noms sont :
Bon, ZeZe; mauvais, kakino-, homme, kaunga; chef, aliki;
feu, te ahi ; navire, kaipuke. Tous sont polynésiens et maori ;
mais kaunga n’est certainement pas le nom
qui sert à dési¬
gner l’homme : il ne signifie en maori, que « palissade d’un
village fortifié, » en y ajoutant roa. A la Nouvelle-Zélande,
mauvais se dit kino : ka kino,
c’est mauvais, » et, navire
s’y rend par kaïpuke. Les trois autres mots sont bien des îles
Samoa et-Tunga, excepté, peut-être encore aliki,
qui ne se¬
rait que le mot maori, dont la lettre r aurait été
rempla¬
cée par Z,
Nous croyons que ces mots ont été obtenus par
quelque
Américain ou Anglais à l’aide d’un matelot maori. Si
pour¬
tant ils étaient vraiment des King’s Mill, ils
témoigneraient
grande ressemblance de la langue de ces îles avec
Polynésie, et ce serait une raison de plus pour
admettre la part prise par les Polynésiens au
peuplement
de la
celle de la
de ce groupe.
Il ne nous reste plus maintenant
qu’à dire comment ou
par quelle voie les Polynésiens, suivant nous, seraient arri¬
vés en Malaisie.
LES
Nous l’avons déjà dit :
POLYNÉSIENS.
137
deux voies au moins leur étaient
ouvertes; celle par le détroit de Torrès et celle inverse à la
qu’on suppose g’énéralement avoir été suivie par les
émigrants de la Malaisie vers la Polynésie, c’est-à-dire les
Fiji, les Salomon et la partie Nord de la Nouvelle-Guinée.
Il est bien probable que les émigrants ont pris la voie par
le détroit de Torrès, ainsi que semble l’attester le grand
nombre de mots polynésiens trouvés par les compagnons de
Cook, dans une île voisine de Timor, la petite île Savu (1).
On sait que c’est par cette voie que Thompson faisait passer
les émigrants de Sumatra, se rendant aux Samoa et, de là,
à Rarotonga et à la Nouvelle-Zélande. Mais si la position
du détroit de Torrès, par rapport à toutes les îles de la Poly¬
nésie vraie, permet de comprendre l’arrivée jusque-là des
émigrants les plus proches, il s’en faut, croyons-nous, que
ce détroit ait pu être atteint facilement par ceux qui par¬
taient des îles les plus éloignées, et surtout par le plus
grand nombre. Il semble, en outre, que si la majorité fût
arrivée sur ce point, la côte orientale de la Nouvelle-Guinée
d’abord, puis la côte Est de la Nouvelle-Hollande auraient
dû retenir quelques-unes des colonies ayant plus ou moins
besoin de relâcher. Or, c’est ce qui n’a jamais été signalé
par les observateurs, soit de l’une, soit de l’autre contrée.
Pourtant ce fait aurait pu avoir lieu si, comme nous le sou¬
tenons, les Alfourous de la Nouvelle-Guinée et les Austra¬
route
liens à cheveux lisses sont les descendants directs ou indi¬
Polynésiens (2).
Toutefois, nous préférons admettre que c’est par lesNouvelles-Hébrides et par les îles Salomon que le plus grand nom-
rects des
(1) Voy. vol. I, p. 296.
(2) Admettre la réalité de ces arrivages ou entraînements à la
expliquerait peut-être
mieux, il faut en convenir, la formation des Australiens aux che¬
veux lisses et des Papous de la Nouvelle-Guinée, que la supposi¬
tion que nous avons faite de la venue des Alfourous des îles Ma¬
laises ; mais dans les deux cas les Papous ne sont bien que des
métis de Papua et d’Alfourous ainsi que l’établissent leurs indi¬
Nouvelle-Hollande et à la Nouvelle-Guinée
ces
crâniens.
138
LES POLYNESIENS.
bre des émigrants de la Polynésie a
passé pour sé rendre en
Malaisie. Nous avons la certitude que, sans une
de vents propices,les Polynésiens n’auraient
longue série
pas pu atteindre
les contrées occidentales : ces vents étant les alisés du Sud-
Estqui soufflent une partie de l'année, llétait nécessaire que
plupart allassent aborder plutôt à l’Est de la Nouvelle-
la
Guinée et aux îles dé la Nouvelle-Bretagne et de la Nouvelle-
Irlande
qu’au détroit de Torrès, entraînés qu’ils étaient
malgré eux, vers le Nord, par les vents et les courants. Sans
doute, en partant des îles Tunga ou Manaia, les émigrants
faisant route à l’Ouest auraient pu atteindre
parfois facile¬
ment le détroit de Torrès; mais il n’en est
pas moins vrai
qu’il leur était encore plus facile, en se laissant entraînerpour
ainsi dire par les vents du Sud-Est, d’arriver à la NouvelleIrlande,par exemple,où comme ona vu,se retrouvent encore
dans le langage des habitants
quelques mots polynésiens,
comme
on
nombreux
en
rencontre sur la route, mais d’autant moins
qu’on s’éloigne davantage du Sud-Est, c’est-àdire de la Polynésie. Les Samoans et les Tahitiens
placés
plus au Nord, n’auraient pas été dans le même cas : car les
vents tendaient à les faire passer au Nord des îles
Salomon,
et par conséquent à les
diriger encore d’emblée vers la Nou¬
velle-Irlande. Ce qui nous ferait supposer, ainsi
que nous
l’avons déjà dit, que ce seraient eux, avec les
Tongans, mais
surtout les Samoans qui auraient
peuplé les îles Caroliues
et fourni quelques colonies même aux îles
Pelew, involon¬
tairement sans doute (1).
Cependant, il faut le reconnaître, si le voyage n’eût pas
été sous la dépendance des vents, aucun autre
groupe d’îles
n’eût été mieux placé que le groupe Samoa
pour arriver
directement au détroit de Torrès ; puisque la différence de
latitude, qui n’est que de quelques degrés, se fût trouvée
compensée par la dérive. Quand les Polynésiens voulaient
aller d’une île à uné autre île dont la
connue,
position leur était bien
ils partaient d’un point exactement fixé, et même
(1) Voir ce que nous en disons dans le chapitre relatif aux îles
Carolines,
LES
POLYNÉSIENS.
139
jamais sûrs, quand la distance était un
peu grande, d’arriver à leur destination. Mais nous ne
croyons pas qu’ils prissent de pareilles précautions dans le
cas qui nous occupe. Contraints presque certainement de
s’éloigner, soft pour fuir l’extermination ou les disettes, soit,
comme plusieurs savants le soutiennent (1), à la suite de
quelque grand bouleversement terrestre, les Polynésiens
ne songeaient probablement qu’à une chose,' profiter des
vents que l’expérience leur avait appris durer plus long¬
temps que les autres dans une même direction. Ils devaient,
en outre, d’autant mieux les préférer, que ces vents les rap¬
prochaient des contrées, d’où étaient venus leurs ancêtres,
d’après les traditions. Cela expliquerait, à notre avis, et le
grand nombre de Polynésiens qui paraît s’être transporté
vers l’Ouest, le Nord-Ouest et surtout en Malaisie, et, par
contre, le petit nombre de leurs traces dans les îles inter¬
médiaires, où ne se seraient arrêtés probablement que ceux
qui n’auraient pas pu faire autrement. Mais que cela soit ou
non, il est certain qu’en se servant des vents le plus ordi¬
nairement régnants pour aller cbercber une nouvelle patrie,
les Polynésiens devaient arriver, comme ils l’ont fait, tantôt
un peu plus à l’Ouest direct, tantôt un peu plus vers
le
Nord, suivant les contre-temps de la navigation. C’est aussi
ce qui explique leur répartition dans les petites îles si nom¬
breuses de l’arcbipel Carolin.
Telle est, croyons-nous, la voie que, préférablement à la
alors ils n’étaient
(1) On sait que, de nos jours encore, M. Oweu {Mémoire sur les
des Mincopies) considère les îles
continent englouti pen¬
dant la période tertiaire, contemporaine du soulèvement de l’Himalaya et les Mincopies comme les descendants des témoins de
cette catastrophe. De même, M. Grandidier, après avoir trouvé, à
Madagascar, des os d’un oiseau gigantesque (rOp[ornîsma.rimns, de
Geoffroy St-Hilaire) proche parent du Dinoruis de la Nouvelle-Zé¬
lande, décrit par M. Owen, ainsi qu’une carapace de tortue de cinq
mètres, regarde comme probable que l’île Madagascar actuelle se
caractères physiques et psychiques
de l’archipel Indien comme les débris d’un
rattachait à un vaste continent, dont quelques points, tels que les
Mascareignes, la Nouvelle-Zélande, restent seuls émergés aujour¬
d’hui.
140
LES
POLYNÉSIENS.
première, ont dû suivre les Polynésiens, Leur route, il est
vrai, aurait été un peu plus courte par le détroit de Torrès,
puisqu'ils n’auraient eu qu’à suivre la chaîne d’îles qui, de
Timor, s’étend jusqu’à Sumatra; mais la distance par l’autre
voie ne peut pas être regardée comme une (difficulté bien
importante, puisqu’ils cherchaient à se rapprocher de
l’Ouest dès que cela leur était possible. D'un côté, il devait
être plus difficile aux Polynésiens d’atteindre l’entrée du
détroit de Torrès que de se laisser entraîner pour ainsi dire ;
de l’autre, et bien que quelques-unes des îles
qui s’étendent
de Timor à Java présentent, comme Savu, des traces du
pas¬
sage des Polynésiens, il faut remarquer que c’est dans tou¬
tes les îles de l’autre ligne qu’on trouve et reconnaît encore
aujourd’hui les Alfourous, les Dayaks et les Battaks, qui sont
pour nous des descendants de Polynésiens.
En somme, deux routes auraient pu servir aux
migrations
polynésiennes vers la Malaisie et les continents asiatique et
africain. Peut-être y en aurait-il eu une troisième,
plus
courte encore que les deux autres, s’il est vrai, comme
Bory-de-St-Vincent n’était pas éloigné de le croire, que la
Nouvelle-Hollande n’a été exondée qu’après la NouvelleZélande. Dans ce cas, en effet, il y aurait eu probablement
une
succession de terres
reliant la Nouvelle-Zélande à la
Nouvelle-Guinée, à la Malaisie et au continent asiatique.
Les migrations parties du groupe de la Nouvelle-Zélande
seraient alors arrivées promptement et facilement à l’une
des îles malaisiennes les plus méridionales, tellement
rap¬
prochées, comme on sait, qu’il est impossible de passer sans
les voir. Il eût suffi pour faire ce trajet, de profiter de
quel¬
que coup de vent de Sud-Est, vents qui ne sont pas rares,
même à la Nouvelle-Zélande, comme nous l’avons expéri¬
menté nous-même avec Dumont d’Urville sur VAstrolabe en
mettant 25 jours pour nous rendre de port Jackson au détroit
de Cook. Mais cette supposition est trop
hypothétique dans
arrêtions
l’état actuel de la science pour que nous nous y
plus longtemps.
Nous croyons donc que les Polynésiens sont arrivés
jus¬
qu’en Malaisie et aux continents, plutôt par la route des îles
LES
141
POLYNÉSIENS.
Salomon et le Nord de la Nouvelle-Guinée que par la voie
directe de la Nouvelle-Zélande, malgré ce que
cette hypo¬
thèse a de spécieux. Nous ne saurions, en effet, admettre que
les Maori
se seraient
ment de quelque
éloignés à la suite de l’engloutisse¬
continent attenant à la Nouvelle-Zélande,
ainsi que soet disposés à le croire les missionnaires
anglais
W. Williams et Taylor, MM. J. Garnier et Grandidier.
Les traditions ne font absolument
allusion qu’à une con¬
trée identique aujourd’hui encore à celle dont elles parlent ;
on
ne
les
comprendrait pas, si l’on rapportait ce qu’elles
disent à quelque continent disparu ; enfin, elles
établissent
les
nettement que c’est à la suite de guerres intérieures que
Maori ont du émigrer.
Nous comprendrions davantage que les
Maori aient pu ar¬
river eux-mêmes en Malaisie par le détroit de Torrès. Il leur
eût été facile et même beaucoup plus
facile qu’aux Polyné¬
siens d’atteindre ce détroit en profitant eux aussi des vents
du Sud-Est. Dans ce cas, ils
auraient eu naturellement à
longer la côte orientale de la Nouvelle-Hollande, où, semblet-il, ils auraient dû parfois laisser quelques colonies; d’autre
part, ils seraient arrivés d’emblée justement à la chaîne
d’îles que comprend Java, où nous avons cru reconnaître
quelques mots de forme maori. Auraient-ils donc été ce
peuple inconnu, » dont Crawfurd signale la venue à une
époque reculée, et que nous avons regardé nous-même
comme l’auteur des Javanais et des Malais, par son croise¬
ment avec la race noire de petite taille, première occupante
de Java? Il est sans doute bien difficile de l’assurer, mais,
«
après tout ce que nous avons dit à ce sujet, cela n’a certaine¬
ment rien d’impossible.
serait inexplica¬
complète, en apparence, de tout vestige
Dans ce cas, une seule chose pour nous
ble
:
l’absence
maori sur la côte orientale de la
Nouvelle-Hollande. Cette
absence, nous l’avons attribuée à l’impossibilité pour les
Maori émigrant vers la Polynésie, d’aborder à la
Nouvelle-
Hollande, à cause des vents qui les emportaient et qui
étaient presque le contraire des vents de Sud-Est ; mais,
d’un autre côté, quand on réfléchit que les émigrations n’au-
142
LES
POLYNÉSIENS.
raient eu lieu qu’à une époque fort reculée, et que les Aus¬
traliens à cheveux lisses ne sont bien probablement, comme
dit, que des métis de race noire et de race
jaune, on pourrait peut-être supposer que les Maori et leur
lang-age auraient disparu avec le temps, absorbés par la
nous
l’avons
race noire
prépondérante.
e
Quoi qu’il en soit, nous croyons préférablement que les
Polynésiens ont gagné les îles de l’archipel Indien par la
voie des îles Salomon et du Nord de la
Nouvelle-Guinée;
adoptons cette supposition, parce que c’est de ce côté
qu’on trouve lés mots se rapprochant le plus, par la forme
et la prononciation de ceux des archipels Samoa et Tunga,
et que c’est là enfin qu’existent encore, comme plus au nord
également, les populations, dites Malaisiennes, qui ressem¬
blent tant aux Polynésiens.
Inutile d’ajouter que les migrations, si elles avaient eu
lieu de ces deux points différents, se seraient probablement
effectuées à des époques différentes aussi, et que celles de
la Nouvelle-Zélande auraient précédé de beaucoup les émi¬
grations de la Polynésie proprement dite.
nous
Telle aurait donc été, suivant nous, la marche suivie par
les migrations
depuis leur sortie de l’Hawahiki. Toutes se
seraient faites du Sud-Ouest vers le Nord-Est, c’est-à-dire
le côté où le soleil se lève, » en peuplant successive¬
ment et volontairement dans cette direction générale cha¬
« vers
archipel rencontré ; puis, involontairement parfois ou
par voie d’entraînement, un certain nombre de petites îles
isolées dans toutes les directions autour du point de départ
secondaire. Mais, nous le répéterons, cette dernière voie est
loin d’avoir contribué, autant qu’on paraît le croire, au peu¬
plement des îles par la race polynésienne. A n’en juger que
parles faits venus à la connaissance des Européens,,elle ne
l’aurait fait même que dans des îles très rares; puisque
presque toutes ces îles où elle a été entraînée étaient déjà
habitées par une autre race : telles étaient Tanna dans les
Nouvelles-Hébrides; Uvea dans les îles Loyalty, etc.
On a vu que les vents qui soufflent le plus .fréquemment
■ét avec le plus de force à la Nouvelle-Zélande sont les vents
que
.
LES
POLYNÉSENS.
143
de l’Ouest, du Sud-Ouest au Nord-Ouest. Ce
qni ont entraîné de cette contrée les pre¬
miers émigrants et qui les ont portés successivement jus¬
qu’aux limites les plus orientales de la Polynésie. Si les îles
les plus méridionales de l'océan Pacifique ont pu être peu¬
plées à l’aide des mêmes vents, il est, au contraire, très
probable qu’une île comme celle" de Pâques, par exemple,
ne l’a été que par des canots entraînés par les vents de
de la partie
sont
ces
vents
Nord-Ouest.
Quant
aux
îles Sandwich, il est à supposer
qu’on ne s’y est rendu que poussé par des vents de SudOuest au Sud-Est et assez tard, croyons-nous, après le peu¬
plement des archipels Tunga, Hapaï, Samoa et Manaia.
On le voit, c’est snrtout avec des vents de la partie de
l’Ouest que les émigrants paraissent s’être éloignés. Dès
lors, non seulement la direction devait être la même; mais
elle tendait à les confiner, pour ainsi dire, tout d’un côté de
l’océan Pacifique. Qu’on jette les yeux sur la carte et l’on
verra que c’est, en effet, ce qui est arrivé. Ce fait, h notre
avis, n’a pas été assez remarqué ; car, à part les petites îles
que nous avons dit et que l’on sait avoir été peuplées par
des
ma
entraînements involontaires, telles que Tukopia, Rotu-
et quelques autres, il n’y a pas d’îles peuplées par les Po¬
lynésiens plus à l’Ouest que les Tunga dans la Polynésie.
Pour qu’un pareih4ait existe, il faut nécessairement admet¬
tre qu’une cause générale Ta déterminé : cette cause est la
direction des vents qui ont servi aux migrations.
Quand on regarde la carte, on voit parfaitement marquée
une ligne séparative qui s’étend de Tlle-Nord de la Nouvelle-Zélaqde aux îles Sandwich. Cette ligne de démarcation
semble élevée comme un mur empêchant les émigrants de
se rapprocher plus de l’Ouest et les contraignant à se dissé¬
miner dans toute la partie orientale de l’océan Pacifique.
Nous sommes surpris qu’en voyant une pareille répartition,
les ethnologues n’aient pas été frappés comme nous, non
seulement de la nécessité absolue de vents venant de l’Ouest,
que tous semblent reconnaître aujourd’hui, mais aussi
d’un point de départ différent de celui qu’ils ont admis, pour
ce
pouvoir expliquer un pareil état de choses. Il est certain, en
144
LES
POLYNÉSIENS.
effet, que, si les émigrants fussent partis des îles asiatiques,
croient, avec des vents de la partie de l’Ouest,
il y aurait eu plus d’une île peuplée par eux entre le point
de départ et la lig’ne de démarcation que nous avons citée :
or, il n’y en a pas une seule, à l’exception des petites îles
qu’on sait avoir été peuplées assez tard par des entraîneiD.ents venus de la Polynésie. Oii n’y a, pour ainsi dire, trou¬
vé jusqu’à présent aucun vestig-e important de leur passage,
même dans le langage. Bien mieux, il n’en existe que dans
les îles qui, comme Vanikoro, avoisinent les petites îles in¬
cidemment peuplées par la race polynésienne, et il n’y en
a aucune, quand on se rapproche plus de l’Ouest.
Un pareil fait ne pouvait s’expliquer qu’en supposant le
point de départ, toujours dans l’Ouest ; mais au lieu de
l’être dans l’Ouest direct, comme on a cru, il fallait qu’il fût
comme ils le
situé à la limite extrême vers le Sud, c’est-à-dire dans le
Sud-Ouest, comme
nous
le soutenons, à l’Ile-Nord de la
Nouvelle-Zélande. De là, avec des vents d’Ouest, il était imossible qu’on pût se rapprocher davantage qu’on ne l’a fait
de l’Occident.
Il est bien plus facile de
comprendre
ce
peuplement, en
acceptant l’hypothèse que nous proposons, c’est-à-dire le
peuplement de la Polynésie par les Néo-Zélandais à l’aide
des vents de la partie de l’Ouest, que par toute autre hypo¬
thèse. Seule elle explique comment aucun Polynésien n’a été
rencontré plus à l’Ouest que le 180” degré de longitude ;
seule, elle fait comprendre la localisation de la race entière,
pour ainsi dire, dans la moitié orientale de l’océan Pacifique
seule, elle explique pourquoi les émigrants de la NouvelleZélande ne se sont jamais arrêtés à la Nouvelle-Hollande,
et pourquoi ceux qui seraient venus, comme on croit, de la
Polynésie, n’y ont jamais été rencontrés ou n’y ont jamais
laissé de traces, même dans le langage.
Les partisans de l’origine asiatique objecteront
peut-être
n’a pas été peuplée directement
par l’Asie, mais bien indirectement par des colonies passant
d’abord par la Polynésie. Cette objection tombe d’ellemême. Cela eût été impossible avec les vents ordinairement
que la Nouvelle-Zélande
LES
POLTNÉSIENS.
145
régnants dans les parages oeciclentaux de la Nouvelle-Zé¬
lande ; ces vents ont été ceux dont se sont toujours servi et
se servent les Polynésiens pour se porter aux îles qui sont
plus orientales que les leurs ; assurés qu’ils sont, à un mo¬
ment donné, de pouvoir revenir à leur point de départ. En¬
fin la Nouvelle-Zélande est l’île à population polynésienne
la plus occidentale de toutes, et elle se trouve séparée des
Samoa par les Tunga. Sans doute d’Urvilleadit que c’est avec
les vents de Sud-Est que les Tahitiens auraient envoyé leurs
colonies peupler la Nouvelle-Zélande ; mais, vu la distance
à parcourir, tout marin y croira difficilement (1) ; surtout
s’il remarque qu’aucun canot n’a jamais été entraîné à la
Nouvelle-Hollande. On reconnaîtra, d’ailleurs, qu’en outre
de la distance, la traversée des îles Samoa n’aurait prohahlement pas été aussi facile que paraissent le croire les par¬
tisans de M. Haie, entre autres, puisqu’il aurait fallu tra¬
verser, ou du moins ranger d ) très près, les îles Tunga pour
éviter les Fiji, îles qui sont, les unes et les autres, à 300
et quelques lieues de la Nouvelle-Zélande, et qui barrent,
pour ainsi dire, la route. Mais les eùt-on facilement doublées,
qu'il serait toujours resté l’obstacle des vents ordinairement
régnants de la Nouvelle-Zélande, vents qui soufflent parfois
avec tant de violence.
Dans l’hypothèse d’une
origine asiatique, ou compren¬
drait certainement que ces colonies eussent pu, avec de^
vents de Nord-Est qui, eux aussi, soufflent parfois avec in¬
tensité, franchir, sans s’y arrêter, les Tunga et les Fiji, et
arriver directement à la Nouvelle-Zélande. Mais il faudrait
alors admettre que cette terre était connue des habitants
des Samoa ; or, rien absolument ne le prouve. Il eût été
(1) TTn officier de marine, qui ne croyait, même pas qu’il fût possi¬
ble d'Haller loin dans un sens ou dans un autre, M. deBjvis a dit de¬
Quel est le maria qui voudra accepter que des pirogues,
quelque perfectionnées qu’elles fussent sous le rapport nautique,
aient pu franchir des distances de cinq ou six cents lieues et plus,
sans but, sans moyen
de diriger leur route, autre que la course
assez variable des vents généraux et la marche du soleil qui, selon
les époques de l’année, donnent des ruinbs de vent assez distants
l’un de l’autre? » (Annuaire Tahiti, année 1863.)
puis : «
IV.
10.
146
LES
POLYNÉSIENS.
plus naturel qu’elle fût connue par les Tung’a, qui en sont
bien plus voisines; mais rien non plus dans les traditions
de ces îles ne le laisse soupçonner. Dans cette
supposition,
précédente, il faudrait admettre
que c’est en suivant une route opposée à celle g’énéralement
suivie en Polynésie, que la Nouvelle-Zélande aurait été
peuplée, et il est difficile de l’admettre quand on sait que
tous les ethnologues reconnaissent aujourd’hui que c’est
avec des vents d’Ouest, et en allant du Sud-Ouest vers le
Nord-Est, que les migrations volontaires se sont opérées.
Une pareille exception ne se comprendrait pas.
Enfin il suffit de jeter les yeux sur la carte pour recon¬
naître que ces colonies n’auraient pu, avec des vents d’Est,
se transporter à la Nouvelle-Zélande en partant directement
des îles Samoa ; car la force des vents et des courants les
eût entraînés dans l’Ouest et leur eût, presque certainement,
fait manquer les côtes de la Nouvelle-Zélande. C’est sans
doute cette difficulté, jointe aux précédentes, qui a porté
M. Thompson, et après lui M. de Quatrefages, à supposer
que les colonies des Samoa, avant d’atteindre la Nouvelledu reste, comme dans la
Zélande, ont commencé par se rendre aux îles Manaia, et
avait cer¬
par s’y arrêter, spécialement à Rarotonga. Il n’y
tainement pas de meilleur moyen, pour éviter la
et placer les émigrants dans la position la
difficulté
meilleure possi¬
de la Nouvelle-
obstacle au groupe
Zélande ; en effet, sur la route directe de Rarotonga au cap
ble pour arriver sans
Waiapu (cap Est de TIle-Nord), il n’existe pas une seule île,
rencontré les petites îles
Espérance, Macauley, Curtis, que si on eût été fortement
entraîné vers l’Ouest. On sait, du reste, que les Manaia,
bien que plus éloignées que les îles Tunga, ne sont pas à
une distance exagérée. Il est inutile de revenir sur toutes
les raisons qui nous ont fait rejeter cette opinion ; nous
nous bornerons seulement à demander s’il est admissible
que des émigrants venant du Nord-Ouest, puisque les Sa¬
moa sont dans cette direction par rapport à Rarotonga,
eussent préféré revenir presque sur leurs pas, en se lançant
dans le Sud-Ouest à la quête d’une terre qui leur était prèspas un seul rocher, et on n’eût
LES POLYNÉSIENS.
147
que certainement aussi inconnue qu’elle était éloignée,
plutôt que de continuer leur' émigration vers l’Est ou le
Nord-Est, où ils auraient rencontré, à petite distance, les
îles de la Société, et, un peu plus loin, les îles Paumotu les
plus méridionales. Il aurait fallu, d’ailleurs pour se rendre
des Samoa aux Manaia, qu’ils profitassent des vents de NordOuest et d’Ouest, et il leur eût été certainement
plus natu¬
rel de se servir des mêmes vents pour
s’éloigner de Rarotonga que des vents du Sud-Est et d’Est, qui, sans doute,
auraient pu les ramener dans leurs îles, mais
qui pouvaient
aussi, dans leur course vers la Nouvelle-Zélande, les entraî¬
ner dans
l’Ouest jusqu’à la Nouvelle-Hollande.
En résumé, nous le répéterons, ce n’est absolument
qu’en
plaçant le point de départ des émigrants dans la NouvelleZélande qu’on aplanit toutes les difficultés, et
qu’on parvient
également à comprendre pourquoi tous les Polynésiens,
quelle que soit la position de leur île, s’accordent tous à
placer leur lieu d’origine, leur aima mater dans l’Ouest.
IJn seul lieu situé de la sorte
pourrait permettre un pareil
assentiment général, c’est le groupe de laNouvelle-Zélande.
Nous allons maintenant examiner si les îles abordées
par
les émigrants de l’Hawahiki étaient habitées ou si
elles
étaient désertes.
Pour la plupart des
tées par une autre
ethnologues, ces terres étaient habi¬
race, celle des Mélanésiens. Les Polyné¬
siens, à leur arrivée, les auraient expulsés, détruits ou sou¬
mis pour prendre possession du
sol, et auraient fini par les
absorber. Telle était l’opinion de
Forster, et telle a été, de¬
puis, celle de d’ürville, de Rienzi, de Moërenhoüt et d’une
foule d’autres écrivains, mais sans la moindre
preuve à l’ap¬
pui, du moins pour la Polynésie.
On a bien dit que les îles de la Société
possédaient, avant
la venue de Cook, une
population plus noire et plus sau¬
vage ; mais nous avons montré que cette assertion n’avait
rien d’exact, et qu’elle était démentie
par l’absence de toute
148
LES POIAN. SIE.SS.
trace d un langage différent de
celui de Tahiti et par un
certain nombre de témoignages contraires.
On a dit également, et c’est ce que
soutenait M. de Qua-
trefages, que les îles Sandwich étaient occupées à l’arrivée
des colonies tahitiennes, comme l’était la
Nouvelle-Zélande
O
à l’arrivée des Hawahildens. Ce savant voyait
une popula¬
primitive aux Sandwich, dans les esprits qui habitaient
les cavernes au moment de la venue des émigrants de Ta¬
tion
hiti; ces esprits n’étaient, pour lui, que des Mélanésiens ar¬
rivés avant les Tahitiens. Voici ce qu'il dit à ce sujet (1) :
a
Dans le premier
de
ces
archipels, les Micronésiens à
les Tahitiens. Mais ce que les
traditions locales rapportent de ces esprits, qui habitaient
les cavernes, montre qu’il ne s’agit que de populations fort
peu nombreuses. Ce fait ressort encore plus clairement des
teint foncé avaient précédé
détails circonstanciés que nous possédons sur la NouvelleZélande. Il est clair que la race mélanésienne n’avait là que
de rares représentants. »
En somme, M. de Quatrefages n’accordait
à ces deux ar¬
chipels qu’une très faible population primitive; mais il re¬
connaissait, comme nous le faisons, que les autres émi¬
grants polynésiens semblaient avoir trouvé entièrement
libres les îles abordées par eux, telles que les King’s Mill,
Rarotouga, Mangareva, Tubuaï, les Paumotu,!etc. Il ajoutait
seulement, pour les dernières, qu’elles étaient en grande
partie désertes à l’époque des découvertes, et qu’elles le sont
encore de nos jours, malgré les facilités qu’y présente le
rapprochement des terres (2). Nous avons montré ailleurs
que cela tient à la stérilité de ces terres, et surtout aux
guerres meurtrières qui y étaient à chaque instant faites
par les populations d’Anaa. Quant aux Marquises, M. de
Quatrefages fait observer avec raison qu’elles devaient être
désertes, ainsi que l’atteste la pureté de la race. Il en était
certainement de même, d’après tous les documents connus,
pour les îles Tunga et Samoa lors de l’arrivée des premiers
(1) Ouvrage cité. Aes Polynésiens, etc,, p. 175.
(2) Meme page.
LES
POLYNÉSIENS.
149
émigrants, quel qu’ait été d’ailleurs leur véritable point de
départ.
A l’exception des Saudwicli et de la Nouvelle-Zélande,
d’après M. de Quatrefag-es lui-même, toutes les îles auraient
donc été troiivées dései-tes à l’arrivée des émigrants dans la
Polynésie. Quant à la Nouvelle-Zélande, il ne lui accordait
que de rares représentants de la race mélanésienne. Nous
croyons avoir démontré que non seulement ces représenlants d’une autre population n’étaient pas aussi rares qu’on
l’a cru, mais qu’ils appartenaient à la même race que les
émigrants eux-mêmes, c’est-à-dire à la race maori ; qu’ils
parlaient le même langage, et qu’ils étaient bien probable¬
ment venus de la même contrée qu’eux, plus ou moins long¬
temps auparavant, s’ils n’étaient pas eux-mêmes autocli•
tlioues.
On pourrait
donc réduire à un seul groupe, celui des
Sandwich, les îles occupées par une population autre que la
race polyné.sieDne à la venue de ses colonies; mais nous
croyons qu’il est permis de douter que te petit nombre,
«
d’esprits » dont parlent les traditions, puisse être consi¬
déré comme une population primitive « de Micronésiens à
teint foncé
»,
c’est-à-dii'e de Mélanésiens.
D’après cela, nous serions disposé à considérer presque
toutes, sinon toutes les îles de la Polynésie, comme étant
désertes à l’arrivée des émigrants. L’Ile-Norddela NouvelleZélande aurait elle-même à peine fait exception, puisque
les populations qu’on y a trouvées étaient de même race que
celles qui venaient de s’emparer du sol.
Ce qui atteste le mieux, à notre avis, que les émigrants
n’ont dû rencontrer que bien rarement des îles déjà habitées
à leur arrivée en Polynésie, c’est que les linguistes n’ont
jamais signalé la moindre trace de langage mélanésien
dans les dialectes polynésiens. Si l’on y a trouvé quelques
mots adoptés et employés pour remplacer des mots polyné¬
siens, ce n’est seulement qu’à titre étranger, et sans qu’ils
se soient fondus dans le langage. Tels sont, aux îles Tunga,
par exemple, les mots Tuiet Bulotu. Si l’on admet, comme
le font presque tous les ethnologues, que la race primitive
150
LES
POLYNÉSIENS.
chaque île rencontrée a été en partie exterminée, et
qu’asservie, il faut nécessairement ad¬
mettre aussi qu’il serait resté quelque vestige de la langue
des vaincus ; c’est ce qui a eu lieu, par exemple, pour les
de
même quelle n’a été
Polynésiens dans les îles mélanésiennes, où les coups de
Tanna, la Nouvelle-Ca¬
lédonie, Vanikoro, et surtout les Fiji. En effet, une langue,
quelle qu’elle soit, ne disparaît pas aussi facilement que
quelques savants semblent le croire. Or, nous le répétons,
nulle part on n’a rencontré de vestiges d’une langue méla¬
nésienne quelconque, pas plus aux Tunga qu’aux îles de la
Société et ailleurs ; au contraire, on a trouvé un grand
nombre de mots polynésiens usités dans les îles mélané¬
siennes et faisant pour ainsi dire partie de la langue, aux
Fiji particulièrement.
Ce fait de l’absence presque complète de mots mélané¬
siens dans les îles polynésiennes, alors que les mots polyné¬
siens se trouvent en grand nombre dans les îles mélanésien¬
nes, est bien digne de fixer l’attention. Pour qu’il ait eu
lieu, pour qu’il se présente surtout là où les deux races
sont le plus voisines, là où elles auraient pu se mêler da¬
vantage par leur long contact ou leurs rapports plus fré¬
quents, comme aux Fiji et aux Tunga, il faut presque fiécessairement admettre qu’il dépend de la supériorité réelle
que la race polynésienne possède sur la race mélanésienne.
Quoi quTl en soit, ce fait existe ; il est surtout apparent
aux Fiji et aux Tunga, où, en raison du voisinage, il eût
semblé plus naturel que le mélange fût réciproque. Que l’on
accepte l’hypothèse de Haie, qui faisait peupler les Tunga
par une colonne malaise, arrêtée d’abord aux Fiji, puis ex¬
pulsée et allant soumettre celle venue des Samoa ; que l’on
adopte celle de M. de Quatrefages faisant arriver cette co¬
lonne aux Tunga directement de Bourou, on aurait, semblet-il, dû trouver presque autant de mots fîjiens aux Tunga
que de mots polynésiens dans les Fiji. Or, c’est à peine si
Ton retrouve quelques mots fijieus dans les îles Tunga,
tandis qu’on rencontre aux îles Fiji encore plus de mots po¬
lynésiens que ne l’ont cru les ethnologues, et particulièrevents les ont entraînés, telles que
c
LES
151
POLYNÉSIENSl
ment que ne l’a dit M. Haie, qui pourtant en élève
bre jusqu’au cinquième.
le nom¬
Que ce fait soit dû seulement à la provenance des émi¬
grants, comme quelques ethnologues semblent le croire,
qu’il ne soit dû, comme quelques autres le soutiennent,
qu’au voisinS,ge des deux races ayant de fréquents rapports
ensemble, et surtout à la supériorité d’une race sur l’autre,
comme nous serions assez disposé à le croire, il laisse néan¬
moins planer un doute qui
fait de cette question l’un des
problèmes polynésiens les plus difficiles à résoudre. 11 est
aussi inexplicable en admettant l’origine maori des Polyné¬
siens, qu’en les faisant venir de Kalamatau avec de Rienzi,
ou
de Bourou avec Haie’.
Nous avons déjà cherché à élucider cette question lorsque
nous avons étudié
l’antagonisme et les rapports des Polyné¬
siens et des Mélanésiens. Nous ne reviendrons donc pas ici
sur des considérations
pées ailleurs (1).
On sait qu’une foule
que nous avons longuement
dévelop¬
de mots de la langue polynésienne
ont été retrouvés surtout en Malaisie; d'autres l’ont été non
seulement à Madagascar mais même en Afrique, en Améri¬
que et dans l’Inde. Ainsi s’explique jusqu’à un certainpoint,
l’accord presque général des ethnologues pour en attribuer
la provenance à la co*ntrée qui en
présente le plus, c’est-à-
dire à la Malaisie. Nous avons déjà montré
tacles s’opposent à l’admission d’une
combien d’obs¬
pareille provenance ;
il est inutile de nous y arrêter de nouveau ici. Il nous suffira
de dire qu’il eût été impossible aux
Malais et aux Javanais
de fournir un pareil langage, puisque les langues qu’ils par¬
lent diffèrent elles-mêmes par le fond de la langue polyné¬
sienne. Sans doute, on a
trouvé en Polynésie
un
nombre de mots qu’on regarde comme malais ou
certain
javanais ,
aurait même trouvé, croit-on, quelques mots sanskrits.
Il faut donc absolument admettre, pour expliquer ce fait.
on y
(l) Vol. II, liv. III, ch. I.
O
]52
LES
POLYNÉSIENS.
que des Malais ou des Javanais ont été entraînés
jusqu’en
Polynésie, ou bien que des Polynésiens, après avoir été en
Malaisie sont revenus en Polynésie et ont fait connaître ces
mots à leurs compatriotes. Déjà nous avons dit, en réfutant
la théorie de l’orig-ine asiatique ou malaisienne des
Poly¬
nésiens, que des entraînements de la Malaisie ont pu avoir
lieu vers la Polynésie, tout comme il y en a certainement eu
de la Polynésie vers la Malaisie. En outre des
voyages vo¬
lontaires, nous n’avons pas à revenir ici sur la possibilité
de ces voyages, dans un sens ou dans l’autre; mais s’il existe
vraiment quelques mots sanskrits en Polynésie, ils n’ont
pu y arriver que par l’une des deux voies que nous venons
d’indiquer- Or, nous avons vu précédemment (1) que l’exis¬
tence de ces mots était douteuse, et que Buschmann soute¬
nait qu’il n’en existait qu’un seul. Quant aux mots
malais,
ils ne seraient probablement que des mots polynésiens con¬
servés par les Malais et les Javanais lorsqu’ils créaient leur
race et leur langue au contact des
peuples asiatiques. Il
faudrait donc les attribuer aux Malaisiens eux-mêmes
qui
les auraient portés en Polynésie, soit, comme on est
dispo¬
sé à la croire, en émigrants colonisateurs, soit à la suite de
quelque entraînement involontaire. On expliquerait de la
même façon la présence des mots sanskrits, s’il en existe en
Polynésie : seulement les Malaisiens ne seraient alors par¬
tis de l’Archipel, qu’après l’arrivée des colonies indiennes
qui possédaient ces mots. Cette explication du reste est pu¬
rement spécieuse, et elle ne repose que sur des conjectures.
Seule,ranalogie des caractères physiques et celle d’un certain
nombre de mots pourrait faire admettre que les Malaisiens
se sont portés vers la
Polynésie, à une époque qui aurait
été nécessairement antérieure à la formation de la nation
malaise, et postérieure au contraire à l’arrivée des peuples
de l’Inde. Rien non plus n’indique le rôle
important qu’ils
s’ils en eussent
été les autochthones et s’ils fussent
partis, volontairement
ou non, pour aller coloniser la
Polynésie. Il est évident que.
auraient nécessairement joué en Malaisie,
(1) Vol. I, p. 157.
O
LES
POLYNÉSIENS.
153
dans
ce dernier cas, le souvenir de leur
départ eut été con¬
servé par les traditions javanaises ou autres ; car ce départ
n’aurait pu avoir lieu au plus tôt que vers le 3“ ou le 4‘ siècle
de notre ère. Or, les annales javanaises n’en
disent absolu¬
naturellement les chroniques malaises n’en
parlent pas Savantag-e ; au contraire, des souvenirs tradi¬
ment rien, et
tionnels établissent qu’un peuple est
arrivé à Java long¬
temps avant les Javanais et les Malais, et que ce peuple
avait justement les caractères de.s Malaisiens, qui sont re¬
gardés, encore aujourd’hui, par les Malais et les Javanais,
comme plus anciens
qu’eux dans toutes les îles où ils ont
été rencontrés. En outre, il faudrait surtout se demander
comment ces Malaisiens, partant à une époque si reculée,
n’auraient pas occupé quelques-unes des îles les plus voi¬
sines delà Malaisie, aujourd’hui habitées par la race noire,
qui se trouvaient sur leur route, ou du moins, comment ils
auraient pu doubler ces îles, ainsi que les îles intermé¬
diaires, sans être dans la nécessité d’y toucher, et d’y lais¬
ser de plus importantes traces de leur passage. On l’a vu, il
est admis par Haie et ses partisans, que, parties les derniè¬
res, ces populations malaisiennes auraient chassé devant
elles les populations
mélanésiennes, premières occupantes
des îles où elles se seraient arrêtées, et
telle est particulièrement l’opinion de M. de Quatrefages ;
mais, nous le répéterons, que seraient devenues dans ce
cas, les populations mélanésiennes, chassées par des émi¬
grants venant de l’Ouest ? On le sait, aucune île plus méri¬
dionale et plus orientale que celle où ce fait se serait passé
de quelques-unes
n’en a conservé la trace ; toutes, au contraire,
dans le Sud
et dans l’Est, sont peuplées par la race polynésienne la plus
pure.
Pour ces raisons, comme pour toutes celles déjà données
ailleurs, il n’est donc pas plus admissible que la Polynésie
les Malaisiens que par les Malais et les
Javanais ; mais il faut reconnaître que les Malaisiens, s’ils
avaient été les émigrants vers la Polynésie, expliqueraient
mieux, non pas seulement la présence des quelques mots
sanskrits qu’on dit exister dans la langue polynésienne.
ait été peuplée par
154
LES
POLYNÉSIENS.
mais encore et surtout Tusage
général d’une langue, qui
Il
n’a été retrouvée qu’exceptionnellement partout ailleurs.
ne
serait plus nécessaire, en effet, de supposer, avec Thomp¬
son, que les émigrants
rente de celle actuelle,
parlaient une langue malaise diffé¬
lors de leur départ, et que cette lan¬
gue aurait donné naissance, avec le temps, à
la’ langue po¬
lynésienne. Elle y serait arrivée toute faite, et elle n’aurait
eu à subir que les légers changements que nous avons in¬
diqués pour les différents archipels. Il est également inu¬
tile d’attribuer aux Malais les quelques mots communs aux
deux langues (1), puisqu’ils n’auraient été que des mots
malaisiens apportés par les émigrants et pris en Malaisie
même par les Malais avant leur départ.
Nous l’avons dit, il y a un moyen beaucoup plus
simple,
d’expliquer l’existence de
tant de mots polynésiens en Malaisie, comme en tant d’au¬
tres lieux, c’est d’admettre que les Polynésiens se sont ren"
dus en grand nombre en Malaisie, probablement volontaire¬
ment, ou tout au moins par des entraînements involontai¬
res répétés. Une pareille supposition fait mieux comprendre
que toute autre la disparition de la plus grande partie du
langage primitif des populations dites aujourd’hui inalaisiennes ; elle explique mieux le refoulement de ces popula¬
et par cela même plus probable,
tions dans l'intérieur des terres ; elle donne en même temps
l’e.vplication de la tradition qui rapporte la venue d’un
peuple inconnu à une époque,si éloignée, que le souvenir
en est à peine conservé.
En résumé, nous croyons qu’il faut admettre, avec Cïawfurd,que tous les mots polynésiens trouvés en Malaisie
surtout (2) sont des mots étrangers, importés par des popu(1) On l’a vu, 50 à 75 mots ont été regardés comme des mots,
malais, et nous avons dit que ce nombre a même été exagéré.
(2) Nous avons montré que dans la partie de l’Asie, qui est la plus
voisine des îles malaises, se trouvent non seulement quelques mots
qui ont une apparence toute polynésienne, mais, en outre, des
peuplades qui, de nos jours encore, ont conservé tous les caractè¬
res des Polynésiens, malgré qu’elles soient entourées
de peuples
différents par la race ; nous voulons parler plus particulièrement
LES
155
POLYNÉSIENS.
qui parlaient le lang-ag-e dont ces mots faisaient
partie, de même que ces populations en ont porté un plus
ou moins g-rand nombre d’autres, comme nous allons le
faire voir, jusqu’en Afrique, en Asie et en Amérique. C’est
lations
au
contact d^ ces populations, et
à une époque fort reculée,
alors que la nation javano-malaise se formait, que ces mots
auraient été adoptés par les Javano-Malais. Nous sommes
enün complètement de l’avis de Bory de Saint-Vincent, qui
disait déjà, à une
époque où il n’y avait guère d’autre tra¬
vail complet sur les Océaniens que celui de
R. P. Lesson;
de Siam ou
bien chez les Bayas de l’intérieur de
Bornéo, n’est que la preuve de l’émigration de quelque fa¬
mille océanique vers ces contrées (1). »
Qu’on admette ou non l’explication que nous venons de
donner de la présence des mêmes mots en Malaisie et en
Polynésie, il est bien certain, comme l’avaient reconnu
d’Urville, Moërenlioüt et tant d’autres, que ces mots, re¬
trouvés à la fois dans des contrées si éloignées, indiquent
que des rapports ont nécessairement existé entre elles,
D’Urville, avec raison, n’y voyait que cela, et il ajoutait (2)
qu’il y avait trop de différence dans les caractères physiques
des deux peuples pour qu’on pût supposer que les Polyné¬
siens n’étaient qu’une colonie malaise. Pour Moërenlioüt (3),
la présence de plusieurs mots semblables chez des peuples
séparés par de si grandes distances, était la preuve, sinon,
d’une origine, du moins de la préexistence entre eux d’un
commerce ou de relations plus ou moins intimes, plus ou
«
Trouver des indices de leur passage au pays
du Cambodge, ou
(4), il a même fini
par reg’arder les Malais comme les descendants directs des
moins prolongées. Et, comme on a vu
des Stiengs, enveloppés aujourd’hui par les Annamites, les Cam¬
bodgiens, les Siamois et les habitants du Laos; peuplades signalées
par M.Mouhot.
(1) Bory de Saint-Vincent, l’Homme, t. I, p. 312.
(2) Mémoire sur les îles du Grand-Océan, p. 17.
(3) Voyages aux îles du Grand Océan, t. II, p. 227,
(4) Voy. vol. II, p. 5 etsuiv.
J
156
LES
POLYNÉSIENS.
Polynésiens, au lieu d’être leurs ancêtres comme ou l’avait
cru
jusque-là.
Il est inutile sans doute, après tout ce que nous venons
de dire, de faire remarquer
combien notre opinion se
proche de la sienne, tout en en différant par lerfond.
rap¬
CHAPITRE
DEUXIÈME
LES MAORI EN AFRIQUE, EN AMÉRIQUE ET EN ASIE.
Recherches de M. d’Eichthal. — Traces de la civilisation polynésienne
à
Madagascar. — Egypte. — Rapprochements entre les langues de Vanikoro, copte et mandingue. — Autres preuves de la venue des Poly¬
nésiens en Afrique et à Madagascar. — Comparaison du maori et du
langage des Antalotes des Comores. — Les Polynésiens en Amérique.
Analogies et coïncidences. — Ressemblances de mœurs, coutumes,
industries, langage. — Autres analogies. — Les Polynésiens en Asie.
Considérations linguistiques. — Direction des vents régnants. ;—
Cambodge et Laos. — Comparaison avec les Stiengs. —Affinités entre
le Malayou et le Polynésien. — Japon. — Caractères physiques des Ja¬
ponais. — Comparaison avec les Maori. — Conclusi ons générales.
—
—
Jusqu’à présent, nous n’avons parlé que delà dissémina¬
tion ou répartition des Maori dans les îles polynésiennes,
des îles mélanésiennes qui les avoi¬
grâce aux recEerches si érudites de
M. d’EicEtlial sur l’histoire primitive des races océaniennes
et américaines (1), nous allons pouvoir les suivre mainte¬
nant, non seulement jusqu’en Afrique dans l’Ouest, jus¬
qu’en Asie dans l’O.-N .-O., mais jusqu’en Amérique dans
l’Est, jusqu’à Formose dans le N.-N.-O., et bien plus loin
encore, dans les îles Aléoutiennes et Kouriles au Nord.
Chemin faisant, nous ferons quelques remarques critiques
indispensables, pour relever plusieurs erreurs, dues seule¬
ment aux documents sur lesquels l’auteur a dû s’appuyer, et
et dans quelques-unes
sinent le plus ; mais,
(1) Mémoires de la Société d’ethnologie, t. II, p. 151 et suiv.
15«
nous
LES
POLYNÉSIENS.
terminerons en montra,nt qu’il n’est guère probable que
l’Inde particulièrement, et à plus forte raison,
la Germanie,
aient eu des rapports de quelque importance avec
l’Océanie.
Des études si savantes de M. d’Eicbtlial, il résulte d’abord
que la civilisation primitive de l’Océanie a coijimencé dans
la Polynésie, et que c’est de là qu’elle s’est
portée vers Ma¬
dagascar. Mais, ne se bornant pas à admettre une ancienne
communication entre la Polynésie et cette île, M. d’Eichthal
semble même croire que les Malgaciies avaient une
origine
polynésienne. C’est du moins ce qui résulte de la note de
la première page de ses études, dans
laquelle il dit : « Il y
a
longtemps que l’affinité du Madécasse avec la famille des
langues malaisiennes et polynésiennes a été aperçue. La
coïncidence d’un certain nombre de mots madécasses
des mots
malaisiens,
a
déjà été indiquée
par
avec
Reland et
Hervas ; mais ce fait ne prouve autre chose
que l’intro¬
duction accidentelle de ces mots, et ne démontre nullement
la communauté d’origine
des deux peuples. C’est ainsi que
s’exprimait Vater dans le Mithridate (t. III, p. 256.) Quel¬
ques années plus tard, l’inspection de documents plus com¬
plets rendit au contraire le fait de l’origine polynésienne
des Madécasses évident. i>
Quelle que fut sa véritable opinion à cet égard, il ressor¬
tait, disait-il, une même conséquence de tous les faits obser¬
vés ou relevés par lui : « C’est
que la Polynésie ou un conti¬
nent aujourd’hui détruit, mais qui était situé dans la même
région du globe, paraissait avoir été le foyer principal de
l’ancienne civilisation polynésienne qui, de là, avait
rayonné
dans toutes les directions vers l’Amérique, l’Asie et l’Afri¬
que. » Il ajoutait même: « Peut-être est-ce un germe émané
de ce foyer qui, tombant dans la vallée du
Nil, y a fait
surgir, ou bien a fécondé l’antique civilisation égyp¬
tienne (1). » Son opinion était, en
somme, celle de Forster et
(1) Nous ferons remarquer que, d’après M. Moreau de donnés,
l’Égyptien pur a dû être primitivement identique à l’Indo-Polyné¬
sien. Il est à croire, ajoutait-il, que tous les deux ne
faisaient
u’un type unique, originaire de l’extrême Orient.
159
LES POLYNlTSIENS.
de Moërenlioüt,
amplifiée et motivée. S’il ne confondait pas
les véritables Polynésiens avec
les Mélanésiens, c’était bien
premiers qu’il attribuait les rameaux répandus dans les
îles
mélanésiennes, l’archipel indien, et jusqu’à Mada¬
aux
gascar.
^
Nous allons exposer le plus brièvement possible quelques-
uns des résultats
auxquels il est parvenu.
Afrique. — D’après M.
d’Eicbthal (1), les Polynésiens
anraient eu des rapports, non seulement avec
mais même avec l’ancienne Egypte.'
Madagascar,
première coïncidence qu’il cite, et qui est sans contre¬
est l’identité du nom du soleil
dans les deux langues : c’est là seulement qu’on le tronve
sous la forme polynésienne pure.
En effet, ce mot se rend
par ra, re, ree, en Egypte , ra, à la Nouvelle-Zélande ;
laa, aux îles Tunga; raa, à Tahiti ; ra, à Tukopia (2) ;
La
dit des plus remarquables,
la, à Hawaï, etc.
Le même savant trouve également une coïncidence
entre
le premier est le nom de la déesse
de la nnit, du chaos, des ténèbres primitives en Egypte ;
elle y était surnommée la mère des dieux. Le second, en
Polynésie, représente aussi la nuit primitive qui, fécondée
par l’Etre suprême, a donné naissance aux dieux et à tous
les êtres. Il trouve aussi une coïncidence entre la grande
divinité égyptienne Neith ou Nees et la déesse polynésienne^
Hina, ainsi qu’entre le mot polynésien tabou, et les .mots
coptes toubo (3), tebo, qui veulent dire « sacré ».
Sans nous arrêter à une pareille interprétation, nous nous
les mots louto et po :
(1) Troisième étude, p. 188.
(2) D’Bichtbala dit, d’après Gaimard, que le mot
dait par lera ou tera à Tukopia ;
soleil se ren¬
mais c’était une erreur du na¬
turaliste de l’Astrolabe qui, entendant prononcer te ra « le soleil »,
en
avait fait un seul mot.
(3) Remarquer qu’aux Tunga, toubo est le nom du premier chef
par origine légitime.
lt)0
LES
POLYNÉSIENS.
bornerons à l'aire reinaniuer ici
qu’en polynésien, ce n’est
pas tabou, mais bien tapou ou mieux tapu.
« Si on
joint à cette ressemblance, dit M. d’Eichthal, l’usag-e des constructions pyramidales,
celui des momies, la
division de la nation en famille souveraine,
en
g
classes
sa-
cerdotale, militaire et populaire, et si l’on compare ce que
Moërenhoüt rapporte du culte des divinités dans l’Egypte
et en Asie,on reconnaîtra qu’il y a plus d’une ressemblance,
.“ans
la
parler de certains dogmes relatifs à la vie future et à
des peines et des récompenses après la
distinction
mort ».
Nous sommes de son avis ; mais nous ferons remarquer
que la ressemblance sur laquelle il insiste le moins, et
contente de mettre en note (1) est, suivant nous, la
se
qu’il
plus
importante.
En effet, si Oro et Maui étaient, comme le pensait Moë¬
renhoüt, les deux grandes divinités solaires de la Polyné¬
sie, leurs noms se retrouvent dans ceux des dieux égyp¬
tiens, Hor ou Har, (Orus des Grecs) etMoui, tous deux aussi
solaires, et tous deux alliés. Il résulte d’une note de M.
Champollion, envoyée à M. d’Eicbthal,que Hor-Obré (Orus,
soleil), Hor-Meu ou Hor-Moui (Orus identifié avec le dieu
Moui) est fils du dieu suprême Amou-Ra et de la grande
déesse Nees. a Or, dit M. d’Eichthal, nous avon.s établi l’analog'ie de la déesse Nees avec la grande déesse polynésienne
Hina ; et comme Oro était considéré comme le fils de cette
déesse et du dieu suprême polynésien, ce trait complète la
similitude entre les dieux Oro-Maoui
d’une part et Hor-
Moui de l’autre. « 11 ajoute en note : « Champollion dit tex¬
tuellement : «Le nom de Hor-Mui (Hor-Moui) signifie Horus
véridique, ou plutôt Horus identifié avec le dieu Meu
de T’meï, la justice ou la vérité. Meu, en copte, si¬
gnifie vrai ; la co'incidence de ce mot avec le nom du dieu
Meu ou Moui est très probablement accidentelle : c’est ce
le
et frère
■qu’indique l’observation de Champollion. »
M. d’Éichthal ne savait probablement pas qu’en Polynésie
(1) Loc. citât., p. 192.
LES
et à Tahiti
rité.
»
POLYNÉSIENS.
161
particulièrement, mau signifie aussi « vrai, vé¬
Oette coïncidence est très curieuse.
Après avoir fait remarquer que, en dehors du cercle des
religieuses, les coïncidences de mots deviennent
proportionnellement moins nombreuses, et après en avoir
choses
cité un certain nombre, à notre avis fort incertains, et que,
pour cela, nous ne
encore en
rapporterons pas, M. d’Eichthal rejette
note (1) une remarque
toutes ses citations. Il résulte,
bien plus importante que
de cette note, que parmi les
des pays voi¬
l’Egypte, noms qu’on a déchiffrés sur les anciens
monuments de cette contrée, on en a rencontré quelquesuns qui-sont polynésiens ou qui ont complètement la'phy¬
sionomie polynésienne. Tels sont, dit-il, parmi les peuples
vaincus par Sésostris, les noms de Rohou, de Toroao, de
Taônou ; parmi les chefs nubiens, les noms de Mehi, de
Pohi, de Maï, etc. (2).
On ne peut, certes, en voyant de pareils mots, avoir une
autre opinion que celle de M. d’Eichthal ; car ils sont com¬
plètement polynésiens. Ainsi, en maori, ao, lumière, jour ;
_po nuit. Mais il faut pourtant convenir qu’il n’y a d’autre
analogie que celle de la physionomie, ainsi que l’on peut
s’en convaincre par la traduction littérale ci-dessous.
d’homme et de peuples appartenant à
noms
sins de
M. d’Eichthal,
du reste, ne cherche nullement à établir
entre l’Egypte et diverses régions de l’Océanie, le fait d’une
(1) Troisième étude,
195.
(2) En maori :
Ro, fourmi, dans : hu, marais, boue, silencieux.
Toro, nom d'arbre,brûler ; s’étendre,se déployer; visiter,regarder.
Ao, lumière, jour, faire.jour, monde ; ramasser.
Tao, lance ; cuire dans un four indigène ; mcü, ici ; vers ; nom
d’arbre, de moule.
pronom ; de toi.
Me, avec, et ; si, soit.
Hî, pêche, pêcheur; diarrhée, avoir la diarrhée.
Poi, nuit, saison.
Hu, V. ci-dessus.
Non
Pohi, chanson.
IV.
U.
162
LES
POLYNÉSIENS.
communauté de races, mais
seulement l’existence de cer¬
indirectes ; ‘communica-
taines communications directes ou
tions qui ont pu être le
résultat des migrations, du com¬
merce, peut-être d’une initiation
religieuse.
Nous n’insisterons donc pas sur les analogies un peu for- '
les dialectes de
l’archipel malais, pas plus que sur les ressemblances de
coutumes qu’il a cru exister entre l’Egypte et cette partie de
cées qu’il signale entre la langue copte et
l’Océanie. Nous avons montré ailleurs combien facilement le .
des rapproche¬
savant
ethnologiste lorsqu’il ajoute que
ces ressemblances, celles
même linguistiques, peuvent toutes être dérivées d’un sim¬
ple contact, non point de race mais de civilisation. »
Il en est de même pour les similitudes que M. d’Eichthal
fonds commun des peuples permet d’établir
ments de cette nature ; et nous sommes de l’avis du
cherche à établir entre le langage de
Yanikoro, la langue
copte et celle des Mandingues ; ainsi qu’il le fait remarquer,
ces
similitudes peuvent être
attribuées à l’existence d’an¬
peuples, mais elles n’indiquent
aucune communauté de races. Nous nous bornerons à exa¬
miner rapidement celles d’entre elles qui semblent présen¬
ter le plus de vraisemblance.
ciennes relations entre ces
«
En Mandingue, dit M. d’Eichthal (1), chef se dit
tighi,
Certes, il serait difficile de
deviner dans ces mots, si l’on n’y était conduit, les racines
polynésiennes répandues si aü loin : arihi, alihi, {ariki,
arii) chef, et pana, flèche. Cependant, à Tonga, aZi/ii est de¬
venu ephi, et à Vanikoro, nous voyons ce mot présenter les
transformations alighi, taligki : or, eghi et taligui condui¬
sent tout droit au tip/ii mandingue. D’un autre côté, nous
voyons le radical pana présenter à Vanikoro les transfor¬
mations abione, pouene, pounene ; or, ceci ressemble com¬
plètement aux formes mandingues : bien, benne, binni, et,
si Ton tient, compte de toutes les concordances précédentes,
ne permet guère de douter que ces formes mandingues ne
soient une dérivation du radical polynésien pana. '■»
et flèche se dit bien, binni, benne.
(1) Lûc. cit. Quatrième étude.
(1)Voir
LES
POLYNÉSIENS.
163
Depuis Mariner, il est vrai, eghi est le mot qui passe pour
i g’uifier chef aux Tung’a ; mais c’est à tort : ce mot est tout
■
plus e-iki, abrég-é d'ariki. Si, à Vanikoro, on dit alighi,
talighi, c’est par défaut de prononciation : talighi n’est là
que pour te nlighi, l’ariki, le chef. C’est un mot étranger
emprunté aux Tukopiens, mais mal orthographié par les
Européens et mal prononcé par les insulaires de Vanikoro.
Nous trouvons, dans nos notes sur Tukopia, que, dans cette
île, le.chef s’appelle ariki, comme le dit Gaimard, qui l’a
visitée avec nous en 1827 (1). Suivant nous, le mot tighi
mandingue ressemblerait davantage au tiki ou tii poly¬
au
nésien.
Nous
ne
pouvons
entrer ici dans les développements
qu’exigerait une pareille question; nous avons déjà cherché
ailleurs à établir que les Polynésiens doivent avoir reçu
indirectement l’usage et le nom de l’arc, dont le nom est
essentiellement malais (2), et nous nous bornerons à faire
remarquer que c’est parce qu’on compare deux races àlangue
et à origine différentes qu’on trouve si peu de similitude
dans les mots comparés. Il est certain qu’on retrouve à Va¬
nikoro un assez bon nombre de mots polynésiens ; mais ces
mots sont dus aux rapports avec les peuplades
polynésien¬
nes et presque spécialement avec celles
qui peuplent Tuko¬
pia et les îles Duflf, qui, bien qu’à toucher les îles à popula¬
tion mélanésienne, ont réussi jusqu’à ce jour à se préserver
de tout mélange avec cette race. Tous les autres mots
ap¬
partiennent à une langue bien distincte et qui n’est qu’un
de ces dialectes si variés des langues mélanésiennes.
En raison de la différence des langues, nous ne nous ar¬
rêterons donc pas aux concordances que. M. d’Eichthal a cru
voir entre le copte et le dialecte de Vanikoro ; concordances
qui, à notre avis, sont tout à fait hypothétiques et quij
d’ailleurs, répète-t-il lui-même, n’autorisent point à suppo¬
degré quelconque d’affinité entre la race des anciens
Egyptiens et celle des Polynésiens proprement dits. Mais
ser un
pour Tukopia ou Tikopia le vocabulaire de Dumont d’Urville^
(2) Vol. I, page 461.
104
LES
nous
croyons
POLYNÉSIENS.
devoir insister sur celles qu’il a constatées
lui paraissent, au
contraire, témoigner d’une affinité assez grande entre les
entre le polynésien et le manding’ue et qui
deux langues. D’après
lui, le nombre des mots d’origine
évidemment polynésienne qui se rencontrent dans la langue
mandingue est tellement grand qu’il n’est pas permis de
supposer un seul instant que cette coïncidence
deux langues ne soit qu’un effet du hasard.
«
L’existence de ces mots,
entre les
dit-il (l), ne peut être que le
résultat d'un contact plus ou moins prolongé entre les
races.
ou
deux
Mais où ce contact a-t-il eu lieu? Est ce en Afrique?
bien serait-ce
dans l’Océanie même ? Les Mandingues
seraient-ils une tribu de noirs
océaniens qui, après s’être
ancienne
avoir été peut-être expulsés par eux,
seraient venus, comme les Foulahs, chercher un refuge en
Afrique ? Cette supposition, indiquée- par des analogies
linguistiques semble pouvoir se baser aussi sur des affinités
physiques. iGolbery, dans son voyage au Sénégal, a fait la
remarque que la physionomie des Mandingues se rapproche
beaucoup plus de celle des noirs de l’Inde que de celle des
noirs de l’Afrique. Ne peut‘-on pas se faire à l’égard des an¬
ciens Egyptiens eux-mêmes , quoiqu’avec un degré bien
moindre de probabilité, une question semblable ?
Evidemment, si les analogies qu’indique M. d’Eichthal
sont réelles, ce n’est qu’en Afrique que le contact a pu avoir
lieu puisqu’on ne retrouve aucun mot mandingue en Po¬
lynésie; mais nous l’avouerons en lisant attentivement les
voyages dé Caillé etdes autres explorateurs de l’Afrique, nous
n’avons pas constaté que les ressemblances fussent aussi
grandes et aussi nombreuses que le dit M. d’Eichthal. En
outre, les mots ordinaires diflférént complètement : Ce qui
atteste, du moins, que le contact n’a pas été bien prolongé.
Comme il est démontré que deux races ont e.xisté en
Egypte, la blanche et la noire, M. d’Eichthal s’est demandé
si la race noire, qui a fait partie de cette population,n’appartrouvés en rapport avec les Polynésiens dans leur
patrie, après en
(1 IL'id., 4“ étude, p. 210.
LES
POLYNÉSIENS.
165
tenait pas à la racé noire océanienne et si elle n’a pas été
portée en Egypte par le même mouvement Je migration qui
conduisit les Polynésiens à Madagascar, les Foulalis et, peutêtre aussi, les Mandingues en Afrique. « Les Egyptiens, ditil, ont dù certainement sortir de l’une ou l’autre région ; or,
comme jusqu\ présent il à été
impossible de les rattacher
à une souche africaine, il est parfaitement rationnel et légi¬
time de chercher les traces d’une filiation de leur
race avec
celle de l’Océanie.
Même en
»
Et il termine
en
disant
: «
dehors des langues foulah, copte et
mandingue, on trouve,
dans d’autres idiomes africains, des traces incontestables de
l’influence océanienne.
Nous n’osons dire
■
»
lui que ces
traces sont incontes¬
fait qui lui était inconnu' vient
appuyer son opinion : on trouve dansl’intérieur de l’Afrique,
surtout près des sources du Nil, beaucoup de mots identi¬
ques, par le son et souvent par l’orthographe, aux mots po¬
lynésiens.
Qu’on lise, par exemple, le Voyage de Speke autour du
Nil, et l’on y remarquera des mots tels que les, suivants :
Hongo, Onganga, Kiranga-runga, Kirongo, Makoutanirô,
Mcroro, Horihori, Makaka, Ponga, Ouriki, Uthenga,
Kiwera, Chongi, etc. Or ces mots se retrouvent tous, bien
qu’avec des significations différentes, dans le langage de la
Nouvelle-Zélande (1).
avec
tables ; mais pourtant un
(1) Ainsi en Maori :
Ongo-nga, — filet.
Ongaonga, — ortie, être piquant.
Ki, —prép. à, suivant ; adv. très ; s. parole, pensée.
Eanga, — arracher, déraciner ; banc de poissons, etc.
Eunga, — dessus, au-dessus.
Ki, — V. ci-dessus.
Eongo, — paix ; écouter, obéir.
Maku, — pr. pour moi ; humide, humidité, mouillé.
Taniro, — bordure de manteau, vêtement.
Maroro, — poisson volant ; être fort.
Horihori, — mensonge, fausseté, mentir.
Makaka, — plié, courbé, plante de marais.
Ponga, — fougère.
Uri, — vestige, postérité.
LES POLYNÉSIENS.
166
Certes, après ce que nous avons rapporté des noms polyné¬
siens trouvés sur les monuments de l’Egypte, ces nouvelles
coïncidences sont dignes de la
plus sérieuse attention. Il
faut pourtant en convenir, ce sont des témoignages insuffi¬
sants pour conduire à une conclusion raisonnée et probante.
Tout ce
qu'on peut en inférer, c’est que ces mo*is ont pu être
apportés de la Polynésie ; mais quand et comment ? on l’i¬
gnore.
Plus récemment, M. Rab'ourdin
avec
la
(1), dans son excursion
première mission transsaharienne de l’infortuné
Flatters, a trouvé sur l’atelier de Hassi-Ratmaia une caurî
[cyprœa moneta) et un fragment de hache polie en jade
néphrite verte que M. Ramour assimile au jade .néphrite de
la Nouvelle-Zélande. Cette découverte, rapprochée de plu¬
sieurs autres faits, tels qu’identité d’espèces botaniques
entre l’Asie méridionale et l’Afrique intêrtropicale, parenté
de langue entre le Foulah et les dialectes malaisiens, etc.,
a conduit M. Rabourdin à admettre « comme très
probable
l’existence d’une communication des peuplades sahariennes
de l’âge de pierre avec l'Asie méridionale et la Malaisie. »
D’autres coquilles de l’océan Indien ont également été
découvertes dans les mêmes parag'es des chotts sahariens,
entre autres par MM. Parisot et Thomas. On sait que la
cauri abonde dans la mer des Indes, mais qu’elle est rare
dans l’Océanie. Quant-à la hache polie de l’atelier de HassiRatmaia, elle ne saurait provenir de la Nouvelle-Zélande où
les haches en jade étaient inconnues et où existaient seule¬
ment une herminetteet le rnere qui sont bien différents. Seul
le jade néphrite pourrait en provenir, mais il pourrait tout
aussi bien provenir de l’Egypte où on en a rencontré des
gisements, comme nous l’avons dit plus haut (2).
Ki, — v. ci-dessus.
Utunga, — action de payer.
Utuhanga, — action de vider l’eau.
Ki, — V. ci-dessus.
Wera, — brûlure, brûler : -chaud, être brûlant.
Hongi, — salut avez le nez.
(1) Bulletin de la Société d’Anthropologie, 1881; p. 130 à 164.
(2) Liv. III., p. 418.
LES POLYNÉSIENS,
En somme,
ces
167
trouvailles, curieuses et intéressantes,
qui nous oc¬
n’ont rien de bien concluant pour la question
cupe.
Un seul fait certain résulte de cette étude, c’est
que les
Polynésiens, en nombre assez considérable, ont du s’établir
sur File de Madagascar et y résider pendant assez long¬
temps, puisqu’ils y ont laissé des traces nombreuses et pro¬
fondes de leur langue
On sait aujourd’hui, et le travail
comparatif de d’Urville n’a fait que le confirmer (1), que l’a¬
nalogie des langues polynésienne et madécasse n’est point
due à l’intermédiaire de la langue malayou, puisqu’il existe
entre les deux premières une foule de mots communs qui
ne se retrouvent pas dans la deimière. C’est ce qui a porté le
même écrivain à dire, après Forster, que cela semble con¬
firmer l’hypothèse que tous les langages polynésiens déri¬
vent d’une langue très ancienne
aujourd’hui perdue » ;
mais que nous avons retrouvée, comme on l’a vu, à la
Nou¬
velle-Zélande, quoiqu’il ait constaté moins d’identité entre
le madekass et le mawi, comme il appelle la langue maori,
qu’entre le madekass, le tongan, le tahitien et l’hawaien. Il
suffit, en effet, de comparer le dictionnaire de Madagascar,
qu’on lui a donné à l’Ile-de-France et qui remplit le premier
volume de sa Philologie, et un dictionnaire malais avec
ceux de Tahiti ou de la Nouvelle-Zélande, pour s’assurer
que les derniers possèdent plus de mots analogues à ceux
du premier qu’à ceux du dictionnaire malayou, malgré ce
qu’il a cru voir. Du reste, la citation suivante montrera la
prudence qu’il faut apporter dans l’adoption des assertions
de d’ürville(2) : « De ce que la comparaison du madekass au
hawaïi donne un chiffre de 0,21 pour l’identité, il ne
faut
pas conclure que le madekass soit plus voisin du hawaïi que
du tonga, car ce résultat serait contraire à la vérité. L’é¬
lévation du chiffre d’identité est due à la grande diminution
(D Voii’ Considérations sur la langue polynésienne dans la philolo- ,
gie du voy, de VAstrolabe, p. 275,
(2) Considérations sur la langue polynésienne, Philologie, p. 271,
note.
16S
l.ES
POLYNÉSIENS.
comparés, etc. » De
demander à quoi bon, dès.lors, de pareil¬
de celui qui exprimé le nom des mots
sorte qu’on peut se
les comparaisons.
On comprend très bien que, de Madagascar, il aurait
facile
été
Polynésiens de pousser jusqu'en Afrique ; si les
sont insuffisantes, elles aident du moins à le faire
aux
preuves
supposer.
Comme témoignage de l’arrivée
des Polynésiens à Mada¬
gascar, nous ajouterons ici quelques mots de la langue des
Antalotes qui.sont regardés, dans les îles Comores, comme
la seule race
VEssai sur les
purement indigène. Nous les empruntons à
Comores,publié en 1870, à Pondichéry, par
M. A. Gevrey, ancien procureur impérial.
Le studieux écri¬
vain pense que les Antalotes proviennent du croisement des
premiers Africains venus dans les Como¬
(1). D’après lui, on comprend aussi sous ce nom les
descendants des Malgaches,qui se sont croisés avec les Ara¬
Sémites avec les
res
bes
ou avec
les Africains, et les descendants des Antalotes
croisés avec les Africains. Toutes les
nuances
originaires,
ajoute-t-il, se sont fondues avec le temps, en un type parti¬
culier qui se. caractérise par ;
Une grande taille ; un teint jaunâtre; des cheveux cré¬
pus; la barbe rare ; les muscles bien dessinés; le front
haut, mais fuyant ; là tête s’effilant un peu au sinciput;
les veines saillantes ; l’œil vif ; les lèvres un peu épaisses,
mais sans exagération ; le nez légèrement arqué avec les
narines dilatées.
Suivant lui, à la grande Comore, et à Aujouan, le sang sé¬
mitique domine chez les Antalotes ; à Mayotte et surtout à
Mohéli, ils se rapprochent davantage du type éthiopique
par un teint foncé, un nez épaté et de grosses lèvres.
Fait curieux, les Antalotes portent le nom de Mahoris,
Maouris (Maures) comme les Arabes croisés de la côte
d’A¬
frique. Une pareille appellation est frappante, et c’est même
elle qui nous donna l’idée de rechercher si la langue ’ des
Antalotes présentait quelque analogie avec l’un des dialec(1) Probablement de la peuplade de la côte de Mozambique, appe¬
lée Zambara.
LES POLYNÉSIENS.
.
Î69
tes de la Polynésie. Or, cette analog’ie existe non seulement
dans la numération,
mais encore dans une foule de mots du
lang-ag-e ; si la plupart des mots sont déformés, ils ont en¬
core
pour ainsi
dire le même son. En voyant que le l, y
remplace le^r, le f ie k, etc, on peut même supposer que
ce ne sont pas les mots de la Nouvelle-Zélande, mis en re¬
gard, qui les ont fournis, mais bien ceux qui auraient pu
provenir des îles Timga ou Samoa. Il y a donc là un nou¬
veau témoignage que les Polynésiens se sont rendus, à une
époque fort reculée, aussi bien à Madagascar et sur les îles
voisines
Malaisie, et successivement
que dans les îles de la
dans les continents.
la véritable langue.nationale
de mots souahélis et malga¬
ches ; elle renferme, en outre, plusieurs mots cafres.
Cette langue est relativement parlée dans les campagnes
et les villages ; les villes parlent souahéli ; mais le souahéli
des Comores n’est qu’un patois de celui de Zanzibar (Gevrey).
La langue des Antalotes,
des Comores, est un composé
NUMÉRATION
1
!
1
2
3
4
ANTALOTE
Modjia
Kaki
Kohi
Mainoukou
Effati
Bill
Kai'ou
Né
Tsano
Sita
^
G
10
20
50
100
IC 00
Miia
Alf
—
—
-
Tom
Wha
Rima
Ono
Fitu
Walu
Tcliouta
Pitou
Valou
Tsivi
Foulou
Eohifoulou
Mamoukou
Iwa
Ngahui’u, tekau
Ruatekau
Torutekad
Païpoufoulou
Rimatekau
Arivou
Mano
Koumi-na-mod] ia
Mingobili-na modjia
Mingone-ra-rera
Tahi
Rua
■
Mingobili
Mingorai’ou
Mingotsano
30
NOUVELLE-ZÉLANDE
Taïpou
Saba
Nané
Tchinda
Koumi
^
8
9
11
21
43
souAHÉrn
Satou
—
—
—
Rau
Foulou-naraki.
Roliifoiiloa-na-raki, etc.
EssatifouloLi-üa-mantoukou. î
170
LES POLYNESIENS.
Quelques mots extraits de l’Essai sur les
Comores par
Amitié
Arc
Boire
Bois
Bon
Bras
Chaud
Chauvesouris
Chemin
Chien
Coco
Dent
Eau
Femme
Feu
Homme
Langue
Mort
Nez
Oiseau
Niango
Fakatia
Houta
Minou
Hoa, taua
Maheva
Fanihi
Pekapeka
Boua
Lala
Fandoka
Kuri
Magi
-iVrahetaka,Ranou
Moto
Mahamahi, Afou
Luïlciï
Mohenaraoume
Ouloumi
Koufa
Poua
Mafana
Kofou
Baba
Dogo
Kidogo
Djioué
Galoua
Terre-
Intchi
Yeux
Mahana
Ara
Nîu
Vaniou
Hihi •
Dégué
Pirogue
Village
Inu
Kari
Paï
Ringa-ringa
Manauke
Pluie
Kopéré
Mi ri
Tanga
Nafi
Meno
P6U
Pierre
1
NOUVELLE-ZÉLANDE
Djia
Petit
j
PCT.YNÉSIKN
ANTALOTE
*
Père
Pondicliéry, 1870.
SOUAHÉLI
Tcharé
Kounoua
Miti
Guéma
Moukouo
Àri
Dema
Ongle
1
M.Gevrey,
Voua
Moudgi
Madchou
Ainbifafl
I.éla
Mate
Ourou
Vourou
Hohou
Baba
Keli
Nihü
Waï
Wahine
Ahi
Tangata
Arero,
Maté
reo
Ihu
.
Kelikeli
Vatou
Laka
Malé
Tani
Tana
Massou
(Polynésie)
Manu
Kuku
Ruarua,
■
j
Ba,Bapa,Matua-tane j
Ili
Torutoruj
Kohatu
j
Henua
j
Waka
Ua, awha
Kainga, Pa
Kanohi, Karu
Amérique. — C’est surtout en Amérique que M. d’Eichthal
indiquant une communication entre la
Polynésie et lecontinent américain.Comme Ini, nous croyons
que les rapprochernents cités sont incontestables ; ils prou¬
vent qne des rapports ont dû exister entre les deux contrées
atrouvé des faits
à une époque
reculée ; mais,
comme
il a cru trouver. en
/
LES
même temps
POLYNÉSIENS.
171
des ressemblances ling-uistiques qu’on n’ad¬
met pas généralement, et qu’il s’est particulièrement appuyé
pour soutenir son opinion sur les rapprochements un peu
forcés d’Ellis et sur une affinité plus qu’incertaine entrevue
Humboldt, nous croyons devoir'entrer ^ à
sujet dans d’assez longs développements..
par Guillaume de
ce
On sait, dit-il (1), que plusieurs
auteurs ont admis l’exis¬
et l’Amérique ;
tence d’anciens rapports entre la Polynésie
l’a vu, qui font peupler les îles
polynésiennes par l’Amérique, tel que Zuniga ; d’autres qui
font peupler l’Amérique par les îles polynésiennes, tel que
Dunmore Lang. Mais c’est àEllis surtout que M. d’Eichthal
demande des témoignages, sans paraître avoir remarqué
qu’on trouve dans cet écrivain à peu près tous ceux qu’on
lui demande, comme nous croyons l’avoir démontré ailleurs.
Ellis, en effet, dit qu’il y a des points nombreux de res¬
semblance, sous le rapport des langues, des mœurs, des
coutumes, entre les insulaires de la mer du Sud et les habi¬
il y en a même, comme on
tants des
îles Kouriles
et des îles Aléoutiennes, dont la
chaîne s’étend dans la direction
du détroit de ' Behring et
qui unit l’ancien et le nouveau monde. Il
ajoute que les mêmes ressemhlances existent entre les Poly¬
nésiens et les habitants du Mexique et de certaines parties
de l’Amérique du Sud.
D’après lui, ces ressemblances consistent dans les caractères
du visage ; la couleur de la peau ; la pratique du tatouage,
qui se retrouve chez les Aléoutiens et quelques-unes des tri¬
bus d’Amérique ; les ^procédés pour embaumer les corps
morts des chefs et l’usage de les exposer ; la forme et
forme le lien
'
la structure des masses
pyramidales de pierres qui servent
temples et de tombeaux ; le jeu des échecs qui se re¬
trouve chez les Ar^icaniens ; le nom de Dieu, Te'w ou Ter ;
de
l’exposition des enfants ; l’usage des plumes pour la coiffure;
le nombre des mots semblables que renferment quelques
langues américaines et celles de Tahiti; l’usage enfin de
certains vêtements, et notamment du poncho.
Il ajoute même que la légende de l’origine des Ineas n’est
(I) Sixième, étude.
172
LES
POLYNÉ'IENS.
sans ressemblance avec celle de l’orig-ine de Tii qui
était, lui aussi, descendu du ciel (1). Pour M. d’Eicbthal, toutes ces analogies sont loin d’être
fondées, et on a vu ailleurs ce que nous en pensons; mais
pas
cela ne l’empêelie pas de reconnaître que quelques-unes
sont incontestables, notamment celles qui sont relatives à
la couleur de la peau, au mode de
sépulture, aux construc¬
pyramidales ; il confirme en outre ce que dit Ellis
au .sujet des affinités
polynésiennes qui se rencontrent chez
les populations voisines du détroit de Behring.
C’est ainsi, dit-il, qu’on trouve, dans le vocabulaire de la
langue koiirilé (3) les mots ape, feu, et idou, nez, qui sont
des mots polynésiens ou plus exactement malaisiens ; les
mots fouri, foukourou, rouge, pa, tête, vaka, vaeha, eau,
rappellent les mots aura, koura, rouge ; oupo, oupolio, tète,
vaï, eau, de la Polynésie orientale. Une autre ressemblance
encore plus frappante et plus significative, ajoute-t-il, « est
l’existence parmi ces populations de la coutume essentielle¬
ment polynésienne qui consiste à donner le salut par le
frottement du nez contre le nez. Choris, qui accompagnait
le capitaine Kotzebüe dans son voyage d’exploration de la
mer du Sud, raconte
que plusieurs habitants de l’île SaintLaurent, à l’entrée du détroit de Behring-, étant montés à
bord, voulurent employer à leur égard ce mode de salu¬
tation » (3).
Toutefois, tout en confirmant ce que dit Ellis, lorsqu’il
affirme que différentes langues américaines contiennent un
certain nombre de mots communs à la langue de Tahiti,
M. d’Eichthal fait lui-même remarquer que cet observateur
a omis de donner aucune
preuve à l’appui de cette assertion
et qu’il est impossible de savoir sur quoi elle est fondée (4).
Nous l’avons dit ailleurs, cette assertion n’était fondée
que sur lés rapprochements pour ainsi dire sans valeur de
Zuniga.
tions
(1) Ouvr. cité, t. I, p. 119.
(2) Inséré dans l’Asie polyglotte de Klaproth.
(3) Choris, Voyage autour du monde, p. 5.
(4) Sixième étude, p. £30.,
LEi
POLYNÉ-IENcl.
173
Guillaume de Humboldt, dans son ouvrage
langue kawi, trouvait qu’il y avait quelque affinité
entre les langues de l’Amérique et celles de la Polynésie.
« Il
existe, dit-il, entre ces deux groupes de langues, cer¬
tains traits remarquables de ressernblance.
Pour en indiqufr un exrâiple frappant, il citait la double forme de la
première personne du pluriel, indiquant que la personne à
qui on s’adresse est comprise dans le « nous » ou bien en est
exclue, comme étant rencontrée dans un grand nombre de
langues américaines, où on l’avait même considérée jusquelà comme un caractère spécial; quoique ce cara.ctère se ren¬
contre dans la plupart des langues malaise, pbilippinoise
et polynésienne. « Dans les dernières, disait-il, il s’étend
même au duel, et telle y est d’ailleurs sa forme particulière
que, si nous pouvions nous guider uniquement par des con¬
Il est vrai que
sur la
sidérations logiques, il faudrait regarder ces langues com¬
me étant le berceau et la véritable patrie de cette forme
grammaticale. Hors de la mer du Sud et de l’Amérique, je
connais pas ailleurs que chez les Mantchoux (1).
Mais ce n’en est pas moins avec l'àison que M. d’Eichthal
s’est refusé à reg’arder ces analogies comme décisives en
faveur d’une communauté d’origine ou de civilisation ; elles
prouvent seulement que des contacts se sont opérés entre
les Polynésiens et les peuples cités. Tel était l’avis de Marsden, qui disait lui même (2) : i On a vainement tenté de
trouver l’origine des dialectes polynésiens dans un des con¬
tinents voisins : leurs mots presque tous dissyllabiques
sont entièrement sans rapport avec les monosyllabes de
l’Asie orientale; bien qu’on puisse reconnaître quelque res¬
semblance dans le système grammatical. »
Déjà, avant lui, Forster, en 47 mots pris dans divers dia¬
lectes polynésiens et dans la langue du Chile, dû Pérou et
du Mexique, n’avait trouvé aucune correspondance, et il
ne la
avait conclu à leur différence.
Moërenhcüt (3j a soutenu la même opinion ; c’était égale-
(1) Tome III, p. 421*.
(2) Mélanges, p .5,
(3) Ouvr. cité, t. II, p. 247.
,
174
ment celle
LES
POLYNÉSIENS.
d’ürville, qui disait (1) : « Nous n’avons pu
trouver aucun rapport satisfaisant entre le
grand-polyné¬
sien et aucune des langues des deux continents voisins
de
pas une de celles de
;
l’Amérique n’offre le moindre point de
contact avec le polynésien. »
'
Telle était donc l’opinion
c-
*
généralement adoptée par les
hommes les plus compétents d’après les faits
connus, quand
M. d’Eichthal est venu
ajouter à ces faits quelques coïnci¬
dences vraiment remarquables entre le
polynésien et quel¬
ques langues de l’Amérique, particulièrement la langue
caraïbe ; coïncidences qui, à notre avis comme au
sien, ne
prouvent d’ailleurs rien de plus que l’existence d’anciens
rapports entre la Polynésie et l’Amérique.
Pour M. d’Eichthal, les principales
prouver ces rapports sont :
La ressemblance dans les modes de
analogies paraissant
sépulture ;
Celle dans le mode de fabrication des étoffes ;
Celle des Constructions pyramidales ;
Enfin les ressemblances
linguistiques qu’il a découvertes.
En raison de l’intérêt que présentent ces
analogies, nous
nous arrêterons un instant à chacune
d’elles.
La première similitude, citée
par M. d’Eichthal et qu’il
dit avoir été démontrée par Vail, est
que les Indiens de l’A¬
mérique du Nord plaçaient les cadavres assis dans une fosse
ou dans des cavernes, ou un sol
salpêtré.« On sait,dit-il,que,
dans la province de Mapimi au
Mexique, les cadavres étaient
rangés par couches dans une g’rotte, le corps doublé sur
lui-même et ramené à force de ligatures â la
position d’un
enfant dans le sein de sa mère. »
D’après Rochefort, les Ca¬
raïbes pliaient les jambes des cadavres contre les
cuisses, les
appuyaient le visage sur les
mains; de sorte que tout le corps était à peu près dans la
même position que l’enfant a dans le ventre de la mère.
Au
fond de la fosse, ils mettaient un
petit siège sur lequel on
asseyait le corps, lui laissant la même posture qu’ils lui
avaient donné incontinent après’ la mort ;
d’après d’Orbicoudes entre les jambes, et
(1) Philologie, p. 298.
175
LES POYNÉSIENS.
gny, à la mort d’un Quichua, on reployait les membres, dans
l’attitude d’un homme assis : « On enterre, dit ce voyageur,
les jambes reployées,
les genoux appuyés sur la poitrine,
les bras croisés de manière à ce que le corps se trouve exac¬
tement au tombeau dans la position qu’il
de sa mère avant la naissance.»
occupait au sein
'
L’anglais Slieldom, qui avait fait la même observation,
expliquait autrement cette position: d’après lui, le corps
était .accroupi comme ils ont coutume de s’accroupir autour
du feu ou de la table, avec les coudes-sur les genoux, et les
paumes des mains sur les joues..
Cette coutume existait aussi, d’après levoyageur Stephens,
chez les nations qui avaient construit les anciennes villes
du Yucatan; on l’avait retrouvée également chez les Chichimèques qui avaient conquis le Mexique sur les Toitèques.,
Enfin, ajoute M. d’Eichthal, cette similitude existait dans
l’Amérique eritière.
Or, cette coutume a été retrouvée, à Tahiti (1) : là, du
'moins, les mains étaient attachées sur les genoux ou sur
les jambes, et le corps était descendu incliné dans une fosse
peu
profonde. Mais, si l’analogie dans ce lieu est assez
grande, ce que M. d’Eichthal cite lui-même de. Moërenhoüt
prouve qu’aux îles Mangareva, au lieu d’être accroupis et
d’avoir les mains liées au-dessus des genoux,
le corps était
couché, les jambes étendues et les bras collés de chaque côté
sur les flancs (2). On sait, du reste, que quelques peuplades
de l’AMque ensevelissent leurs morts toujours accroupis, et
Clapperton nous apprend que cette position est employée à
Katunga, capitale du Yarriba. Mais il serait trop long d’indiquer les variétés dépositions données aux cadavres suivant
les lieux.
Pour nous, qui n’avons vu que la Polynésie, nous dirons
que si l’on trouve en Polynésie et en Amérique la même es¬
pèce de foése sépulcrale, et peut-être les mêmes procédés
(1) Voy. Moëi'enhoüt, t. I, p. 553 à 556.
(2) Voir notre Voyage dans les îles Mangareva t
176
LES
de dessiccation,
POLYNÉSIENS.
dont
nous doutons, il n’est pas moins
donnée au corps n’est pas complète¬
ment la même, puisqu’il est
accroupi àTaliiti, et étendu
ce
certain que l’attitude
Mangaréva ; et nous croyons pouvoir assurer que le
système d’enveloppes diffère lui-même à peu près complè¬
aux
tement.,
*■
Ce sont,
toutefois, ces ressemblances qui, dès 1817, nous
apprend M. d'Eicbthal, avaient porté le docteur Mitchell,
de la-Société des antiquaires de l’Amérique, à soutenir, dans
un mémoire,
que la race des anciens habitants de l’Améri¬
que du Nord, aujourd’hui disparus, n’était autre que la race
polynésienne qu’il appelait, suivant la langue du temps,
«
race
malaise ». Mais nous sommes de l’avis de M. Mac. Cul-
loch, (1) nous ne pensons pas que de pareilles comparaisons
soient bien démonstratives.
Ce qui serait plus concluant, ce serait d’avoir des crânes
comparés, et particulièrement ceux des Alleghanis qu’on a
supposés être cette race polynésienne, et dont on croit avoir
trouvé des traces en Amérique.
En attendant, si le fait est bien réel, il n’est pas moins re¬
marquable qu’on ait retrouvé au Mexique les mêmes étoffespapier, qui étaient employées autrefois dans toutes les îles
polynésiennes, et qui sont fabriquées encore dans un grand
nombre, sinon dans la plupart.
A cette similitude incontestable, on peut ,ajouter le fait
curieux rapporté par M.- de Castelnau, de l’absence dans les
tumulus érigés surtout,par les anciens habitants d’Améri¬
que, des têtes de tous les corps. C’est en effet ce qui a lieu
aussi en Polynésie, aux Mai’quises et dans les îles de la So¬
ciété, particulièrement à Tahiti autrefois. Les crânes étaient
conservés dans les Maraë ou dans la maison, et, après un
certain temps, les corps étaient jetés dans les Anaa ou ca¬
vernes destinées à les recevoir, ou dans des
précipices pro¬
fonds comme aux Marquise,s.
Mais, nous le répéterons, il s’en faut que les momies po¬
lynésiennes offrent une analogie remarquable avec les mo-
C) Mac Culloch, Recherches philoso^.hiquss.
LES
POLYNÉSIENS.
177
mies d’Eg-ypte. D’abord, elles sont accroupies dans plusieurs
îles ; mais même celles qui sont droites, comme en Egypte,
ne
sont pas
unes
entourées de bandelettes ; après avoir vu les
et les autres , nous sommes presque certain qu’il n’y a
ressemblance entre les
procédés d’embaumement
quoi qu’en ait dit Moërenboüt. Nous
avons rapporté ailleurs comment on dessèche le corps (1).
Plusieurs mois sont nécessaires, et, en cela seulement, la
préparation ressemblait à la troisième méthode dont parle
Hérodote pour les Egyptiens.
En résumé, de même que M. d’Eichthal, nous regardons
aucune
des deux cofttrées,
ces
lés
faits, ainsi que beaucoup d’autres que nous avons signa¬
ailleurs, comme prouvant l’existence d’anciens rapports
entre les Polynésiens et l’Amérique, mais seulement des rap¬
ports et non une communauté d’origine ou de civilisation,
quelques écrivains l’ont cru. Ces faits prouvent euxmêmes, à notre avis, que les relations n’ont été ni intimes,
ni même fréquentes. On ne peut même les concevoir qu’en
admettant, contrairement à l’opinion de Moërenboüt, que
les Polynésiens ont été entraînés par des coups de vents
dans les continents d’Asie et d’Amérique sur leurs propres
pirogues qui, loin d’être frêles, comme on l’a dit, étaient
capables de faire de longues courses et étaient dirigées par
le peuple le plus navigateur qui ait existé. Mais, encore une
fois, cela n’indique pas que les Américains et les Polyné¬
siens aient la même origine. 11 est certain, d’après tout ce
que nous avons dit, que les uns et les autres forment une
comme
race
spéciale.
La similitude la plus curieuse est
a trouvée
celle que M. d’Eichthal
dans l'identité d’un certain nombre de mots poly¬
nésiens et caraïbes. On sait que d’ürbigny n’a vu dans les
Caraïbes qu’une branche de la grande famille Guarani, tant
ils lui ressemblent par les caractères physiques et par
l’or¬
ganisation sociale ; et, malgré Indifférence complète delà
plus grande partie des racines de leur langue, le savant
ethnologue a cherché à le démontrer à l’aide d’un certain
(I) Voir le procédé que nous avons décrit de visu pour la conserva¬
tion d’un chef des îles Marquises.
IV
12.
178
LES POLYNESIENS.
nombre de mots similaires rencontrés par lui dans les lan¬
gues caraïbe et polynésienne.
Il a extrait ces mots des Dictionnaires de
Breton, de
Rocbefort, et du Dictionnaire Galibi de M. de la Sauvage j
Nous les citons, quoiqu’ils soient mal orthographiés, et nous
plaçons en regard les véritables mots polynésiens usités à la
Nouvelle-Zélande.
Sœur
Chien....
Porc..,..
Lé:{ard,.
Corps
...
POLYNESIEN
MAORI
Oua, t’oua (R.O.G.)
Anli (B.R.) Ori
(maypure).
Boueke, Poueka
(B. G.)
Ouymaka (B. R.G.)
Niamou (B.) Tou-
Toua (mawi)
Ouri (Tahiti)
Tuahine
Kuri
Bouaka (Tonga)
Poaka
Moko (marquises)
Tinana (mawi)
Mokomoko, tuatara
Owi, wi (Tahiti,
Tonga)
Iri (Tahiti)
Ngako (mawi)
Iwi, whéua
Oupoupou (G.R.)
N’aricae, t’aricae
(B. R.)
Ichiri (B. R.)
Oupoko(T ah.Haw.)
Taringa (mawi)
Upoko
Taringa
Ihu
lepa, n’iepa (B.)
Ihiou, issou (maw.
Tukopia)
Nifo(touga,tukopia)
.
ouana
(maypure)
lepa {G.R.)Abo (R)
Os
Peau....
Cœur
Tête,....
Oreille...
Ne^
Dent
Langue
.
Pied.....
Ora (B. R.)
N’iouanni, Nanihi
(B. R.)
N’ourou
(G.)
Oupou. Iepou(B.G.]
Kapou, Kahoru
(B. G.)
Ciel
Terre
caraïbe
...
Nono (B.R.G.)
Oia (B.R. G.)
Pluie
Eau
TonaiB. R. G.)
Deux
Mabi (B.)
Ouli (B. R.)
Ouerou (G.)
Trois....
Oroua (G. B.)
Igname
Noir
..
Ererou (Hawaii)
Avae (Tahiti) et-
apoue Tahiti Baibi
Tinana
Kiri
Ngakau
Niho
Arero
Waewae, pied de
cochon
Rangi(kapua signi'
Kapoua (maw.
fie nuage)
Tahiti)
Whenua
Henoua, honoua
(haw. etc)
Oua (mawi)
Onou (mawi)
Ouwi (mawi)
Ouli (Tonga,n.h.)
Oua, roua, doua
(archip.)
Torou (Tahiti)
Ua
Wai, honou
Uwhikaho
Mangu
Rua
Toru
Sans insister sur l’orthographe incomplète des mots poly¬
peut nier que la plus grande simili¬
plusieurs mots des deux peuples : tels
que : ori, ouri, kouri; boueke, bouaka et -pooka) oupoupou,
oupoho et oupoko (1). Aussi est-ce avec raison que M. d’Eich(1) Nous écrivons ici ces mots comme l’a fait M. d’Eichthal ;
mais il est inutile de répéter qu’en maori Vu se prononce ou.
nésiens choisis, on ne
tude n’existe entre
LES POLYNÉSIENS.
179
thaï a dit que ces coïncidences
apparaissent comme le résul¬
rapports qui ont existé autrefois entre
les Polynésiens et les Caraïbes.
tat et la preuve des
En effet, quand il n’y aurait
que ces quelques ressemblan¬
impossible d’attribuer au hasard de pareilles
concordances, d’autant plus remarquables que c’est en vain
que l’auteur en a cherché de semblables dans les autres lan¬
gues américaines. Mais l’organisation grammaticale de ces
dernières langues étant, comme le reconnaît M. d’Eicbtbal
lui-même, radicalement différente de celle des langues poly¬
nésiennes, et en tenant compte surtout de la différence des
caractères physiques des populations, on doit seulement con¬
clure avec lui qu’il y a eu, à une
époque quelconque, contact
entre les Caraïbes et les
Polynésiens.
Commentée contact s’est-il opéré ? Est-ce la race caraïbe
qui
est allée en Polynésie ou la race
polynésienne qui est allée
en
Amérique ? Il est difficile de le dire. Nous croyons pour¬
tant que les Caraïbes n’ont
pu aller jusqu’en Océanie, parce
qu’ils auraient eu contre eux les deux vents principaux SudOuest et Ouest qui, au contraire, étaient favorables à l’arri¬
vée des Polynésiens en
Amérique. En outre, si les Caraïbes
fussent allés en Océanie, où la race aime tant à s’assimiler
les termes étrangers, on
y aurait trouvé beaucoup plus de
mots de leur langue que ceux de la
Polynesie trouvés chez
les Caraïbes. En admettant que c’est la race
polynésienne
qui est allée enAmérique, on comprend mieux enfin le petit
nombre de mots polynésiens trouvés
parmi les mots caraï¬
bes (1) ; car les Polynésiens n’ont
jamais dû. arriver en Amé¬
rique que peu nombreux et entraînés par des coups de vent
de Sud-Ouest et d’Ouest, comme ils l’ont
été, d’après une
foule de preuves historiques ou
traditionnelles, par ceux de
Sud-Est et d’Est jusqu’aux Kouriles, aux
Carolines, aux
Mariannes, à Hawaï, à Célèbes, à Madagascar, et même
ces, il serait
(1) Sur 450 mots des Esquimaux de la côteN.-O. d’Amérique pu¬
quelque analogie avec ceux de la
Polynésie : c’est le mot ta-lima, cinq^ qui se rend en Polynésie;
par rima, lima, nimai
bliés par Beecbey, un seul offre
180
LES
POLYNÉSIENS.
jusqu’en Afrique, ainsi que cela semble résulter des études
précédentes de M. d’Eicbthal.
Reste toutefois une g-rande difficulté à expliquer : en ad¬
mettant que les Polynésiens se soient rendus en Amérique,
comment comprendre qu’ils aient pu se mettre emcontact sur
la côte Ouest de ce continent avec les Caraïbes qui habitent
sur la côte Est du même continent? Il est probable qu’à une
époque peu reculée, les deux Océans communiquaient ensem¬
ble par l’Atrato, et que l’isthme américain n’était pas com¬
plètement formé ; mais, de toute façon, il faut admettre que
ces peuplades avaient des relations faciles avec celles qui
peuplaient le côté Ouest, si elles n’appartenaient pas à la
même famille.
On sait, en effet, que les Chinois ont
émigré sur cette côte
époque très reculée (1). Or, fait bien
curieux, les Caraïbes ressemblent aux Chinois. Spix et Martins (2) leur ont trouvé une ressemblance frappante, et d’Orbigny (3), qui leur donne les mêmes traits qu’aux Galibis,
décrit ainsi les deux nations : « Couleur jaunâtre, mêlée d’un
peu de rouge très pâle. Taille moyenne, 1"',60; formes mas¬
sives; front non fuyant, face pleine, circulaire ; nez court,
étroit; narines étroites ; bouche moyenne, peu saillante;
lèvres minces, yeux souvent obliques, toujours relevés à
l’angle extérieur; pommettes peu saillantes; traits efféminés,
et jusqu’au Pérou à une
physionomie douce. »
Rochefort, qui leur avait
donné les mêmes caractères,
petits,
étaient aplatis, mais par artifice et
avait dit, de plus : Que les yeux étaient noirs, un peu
et que le front et le nez
pas naturellement. »
On ne peut donc mettre en
doute cette ressemblance qui,
Caraïbes et les Galibis
ont dû avoir des rapports avec les Chinois émigrants, et, par
suite avec les Polynésiens nouveau-venus à la côte Ouest
à notre avis, expliquerait comment les
et Sud-Ouest
d’Amérique; mais des rapports de contact
(1) Voir Humboldt, de Guignes.
(2) Pritchard, Histoire naturelle de l'homme, t. II, p. 223.
(3) D’Orbigny, l’Homme américain, t. II, p. 265.
LES POLYNÉSIENS.
181
seulement; car les différences des langues comme celles des
traits prouvent qu’il n’y a pas eu la moindre communauté
d’origine entre les deux peuples. En effet, les Polynésiens,
et comme il n’est peut-être pas inutile de le
répéter, sont grands, bienfaits; ils ont la bouche grande,
les lèvres grosses, le nez aplati naturellement, et leurs yeux
surtout sont remarquables par leur grandeur. Or, sous tous
ces rapports, il est impossible d’établir, entre eux et les Ca¬
raïbes et les Guaranis, la moindre ressemblance.
En résumé, comme l’a dit M. d’Eichtal, il y a concordance
de quelques mots entre les Caraïbes et Polynésiens, mais
comme on a vu
avec complète différence du système grammatical des deux
peuples, et nous ajouterons complète différence des carac¬
tères physiques.
M. d’Eichthal (1) a trouvé encore quelques autres concor¬
dances entre le guarani et les langues de la Polynésie ; de
même qu’entre ces dernières et le mocobi ainsi que quelques
autres peuplades pampéenues (d’après Balbi), également à
l’Est du continent américain. Il faudrait donc supposer que
les mots polynésiens ne
sont parvenus là que par le même
moyen, c’est-à-dire par l’arrivée de quelques pirogues océa¬
niennes poussées par de grands vents d’Ouest ou de SudOuest. Ce
qu’il y a de certain, c’est qu’au Chile, d’après
Molina, existait une tradition qui attribuait l’importation des
cochons et des chiens à des navigateurs venant de l’Ouest.
soit la difficulté que l’on ait à expliquer
rapports, il n’est guère possible de les mettre en doute.
Mais quelle que
ces
Asie, — M. d’Eichthal ne s’est pas borné à montrer que la
Polynésie a eu des rapports avec l’Afrique et l’Amérique, il
de plus, cherché à démontrer (2) que l’Océanie en a eu
avec l’Inde et les peuples germaniques.
Les nombreux points dé contact qu’offrent dans leurs
coutumes et dans leurs langues les îles de l’archipel indien
avec l’Inde et le sanskrit ne prouvent qu’une chose, dit-il,
a
i
(1) Histoire et origine des Foulahs, p. 115.
(2) 5= Etude, p. 213.
182
LES
c’est qu’ils proviennent
POLYNÉSIENS.
des communications qui, de temps
immémorial, ont existé entre l’Inde et l’archipel ». Et il re¬
pète à cette occasion que « cela ne suppose nullement une
communauté primitive d’origine, ainsi que le démontrent les
diflérences dans les caractères de race et dans le
système
grammatical des langues. »
Puis, il ajoute : « Quand on entre dans la Polynésie pro¬
prement dite, ou ne trouve plus de traces de contact avec
l’Inde, et d’ürville, en effet, excepté le mot eau, vaï en poly¬
nésien et vari en sanskrit, n’a pu découvrir aucun rapport
entre le sanskrit et le polynésien. Toutefois est venu
M. Guillaume de Humboldt, qui a fait remarquer que le
pronom polynésien ahou, aho, ako, qui se retrouve aussi
dans les dialectes de l’archipel, semblait être le même que le
sanskrit aham, et qui a été frappé de
la ressemblance des
de nombre deux et trois, doua, torou en
dwi et tri en sanskrit. »
noms
polynésien ;
M. d’Eicbtbal n’a pas remarqué que cette observation de
M. de Humboldt n’était pas tout à fait exacte. Car en poly¬
nésien, en effet, ce n’est pas par ahou, aho et ako, que se
rend le pronom, mais bien par aw (I’m prononcé ou). A la
Nouvelle-Zélande, au ; au, aux Sandwich ; au, aux Marqui¬
ses; au et vau à Tahiti. Ako est seulement malayou ou javano-malais ; et ce mot, par parenthèse, nous semble assez
peu ressembler à aham. En outre, doua n’est pas polyné¬
sien mais malayou. Deux, en polynésien, se rend aux Mar¬
quises par ua ; à Tahiti par rua et piti ; à la Nouvelle-Zé¬
lande par rua ; aux Sandwich par lua. Dans le premier lieu
trois se dit tou; dans le second, toru; à la Nouvelle-Zélande,
toru ; et à Hawaï, kblu ; tandis qu’en malayou, trois se rend
par tiga : ce mot nous paraît ressembler encore assez peu à
dwi et tri du sanskrit. Certes, d’après ces derniers mots, il
y aurait une plus grande analogie entre le sanskrit et l’an¬
glais qu’entre le polynésien et le sanskrit; car le mot anglais
three s’en rapproche plus que toru.
Buscbmann, ancien professeur de la Bibliothèque de Ber¬
lin et collaborateur de G-, de Humboldt, soutient (1) qu’aucun
(1) Aperçu sur la langue lahitienne et celle des î/es Marquises,
LES
POLYNÉSIENS.
mot sanskrit ne se trouve dans les
183
langues polynésiennes,
dans les îles Tonga. »
saurait s’imaginer à
quel degré d’illusion le hasard peut porter la ressemblance
entre les mots de deux langues. » Il le prouve bien lui-même,
car ce mot, ainsi que l’a fait remarquer Mariner, n’est qu’un
mot vulgaire, ordurier, employé pour le mot nima a main »
«
à l’exception du mot linga, phallus,
Et à cette occasion il ajoute : « On ne
comme instrument.
A ce titre, il n’y aurait donc aucun mot
sanskrit dans les langues polynésiennes. Mais on a vu que
tel n’est pas l’avis de plusieurs autres écrivains, particuliè¬
rement de Williams, Thompson, etc.
(1).
Pour qu’on puisse expliquer la présence des quelques mots
sanskrits que plusieurs écrivains ont cru retrouver dans la
langue polynésienne, et les mots malais ou javanais qui
s’y trouvent véritablement, il faut admettre ou que ce
sont des mots polynésiens adoptés et transformés par les
Malais et les Javanais, ou supposer, soit que les Polynésiens
ont reçu quelques visites, volontaires ou non, de Malais ou
de Javanais, soit que quelques-uns des émigrants po¬
lynésiens en Malaisie ont pu retourner en Polynésie. ;
On sait, du reste, aujourd’hui, et cela résulte amplement
de notre étude, que Malais, Javanais ou Malaisiens, auraient
pu se rendre en
Polynésie presque aussi facilement que les
Polynésiens en Malaisie, tant les difficultés soulevées par les
antagonistes de la provenance asiatique ou malaisienne,
étaient moins sérieuses qu’ils ne le croyaient, ainsi que l’ont
démontré La Pérouse, J. Williams, Dillon, etc., et plus ré¬
cemment M. de Quatrefages. Si, malgré cela, nous n’admet¬
tons pas qu’ils se soient rendus en Polynésie, en nombre
assez grand pour peupler les îles polynésiennes, ce n’est
pas, nous l’avons déjà dit, parce que les raisons données jus¬
qu’ici par les auteurs contre la possibilité de leur venue nous
paraissent suffisantes ; ce n’est pas non plus parce qu’ils ne
l’auraient pas pu ; mais bien parce que, pour les Malais et les
Javanais du moins, les caractères physiques et le fond de la
précédé d'une introduction sur l’histoire de la géographie des Mar¬
quises. Berlin, 1843, p. 42.
(1) Voy. vol. II, p. 119.
184
LES
POLYNÉSIENS^
lang-ue sont tels que, fassent-ils venus en nombre plus
grand encore qu’on ne dit, ils n’auraient jamais pu donner
aux Polynésiens les caractères
anthropologiques qu’ils pos¬
sèdent et la langue qu’ils parlent. Seuls, les Malaisiens au¬
raient pu le faire ; et c’est sans nul doute cette possibilité
qui a porté les écrivains modernes à préférer cette origine à
l’origine malaise, si généralement admise autrefois, et qui
est encore acceptée par beaucoup de personnes.
Sans revenir sur tout ce que nous avons déjà dit de con¬
traire à cette opinion, il faudrait admettre, dans ce cas, que
les émigrants seraient partis pour la Polynésie à l’époque
où ils auraient parlé seulement le polynésien pur; il faudrait
ensuite rechercher où ils auraient puisé ce langage. On ne
voit pas, en effet, à moins de les supposer autochthones en
Malaisie (1), où ils auraient pu le prendre; puisque, dans
l’Inde et le reste de l’Asie, on n’a jamais cité un peuple qui
le parlât usuellement; en outre, on n’a guère trouvé d’ana¬
logie physique avec les Malaisiens que dans des tribus iso¬
lées qui, par leur petit nombre, semblent prouver qu’elles
(1) Cette supposition paraît être de M. Vivien de St-Martin. Voir
qu’il dit à ce sujet : {Année ge'ogr.,1870-1871, p. 93.) « Il résulte,
des faits connus, l’existence jusqu’à présent inaperçue d’une
grande
race primordiale, qui semble avoir eu
pour siège primitif les îles
de l'archipel asiatique depuis Sumatra jusqu’à Célèbes et aux Phi¬
lippines, où elle a encore ses représentants inaltérés, les Dayaks,
les Bataks, etc. »
ce
Pour lui, cette race est blanche avec les traits absolument caucasiques : cheveux lisses, nez droit, yeux tout à fait européens, vi¬
sage ovale ; en un mot il retrouve tous ces caractères dans les
Battaks, les Dayaks, les Tagals de Luçon et les Bissayas de Min¬
danao. Mais nous avons assez parlé des caractères de cette race,
pour qu’il soit nécessaire d’y revenir.
Le fait d’une race distincte, ajoute-t-il, est connu depuis
long¬
temps ; mais ce qu’on n’a pas vu, c’est qu’elle n’est pas circon¬
scrite dans les limites de l’archipel, et qu’elle a deux ramifications
principales, l’une au Nord, l’autre à l’Est, en revenant au S.-O.
jusqu’à la Nouvelle-Zélande. Le premier rameau s’est répandu,
d’après lui, jusqu’à Pormose, l’île Haï-nan, les îles Lieu-Khieoa,
l’île Nyphon et autres terres du Japon, l’île Yeso, les Kouriles. Na¬
turellement le deuxième rameau s’est rendu à la Nouvelle-Zélande
en passant par
la Polynésie.
LES
POLYNÉSIENS.
u’ont jamais dû jouer un bien grand
185
rôle. D’un autre côté,
s’ils avaient été autocbthones en Malaisie, comment auraient-
ils pu perdre l’usag-e de leur langue primitive aussi complè¬
tement que la plupart, sinon tous, paraissent l’avoir fait ? On
comprend tnès bien ce résultat, au contraire, si l’on admet
qu’ils sont arrivés en nombre nécessairement restreint d’a¬
bord, dans des îles qui avaient probablement déjà de fortes
populations et qui, plus tard, en ont reçu de nouvelles bien
plus envahissantes et bien plus dangereuses pour eux.
Quoi qu’il en soit, M. d’Eicbthal était si convaincu de
l’exactitude de la remarque de G. de Humboldt, qu’il dit :
« M. de Humboldt a fait
plus ; il a trouvé dans une autre
analogie de langage une présomption plus forte encore
d’une communauté primitive, inexplicable dans l’état actuel
de nos connaissances, entre l’Inde et la Polynésie (p. 214).
Cette présomption était que le sanskrit avait hérité de l’Inde
l’usage du salut qui consiste à se toucher mutuellement le
Il est certain, en effet, que cet usage est
connu dans toutes les îles polynésiennes et à la Nouvelle-
nez avec le nez.
Zélande. Il s’appelle hongi; à Hawaii
hoki; aux Marquises,
hoi, et en Malaisie, tchium « flairer. »
M. d’Eichthal ajoute qu’en javanais, cet acte se rend par
ngambung ; en madécasse orouc/ie'pour baiser, et oroue pour
odorat (d’après Boze, c’est oroufc pour baiser, et oroun, ouroun et ourou pour odorat) ; et qu’aux Tonga, suivant Mari¬
ner, ouma signifie baiser, embrasser, contact avec le nez
(nous croyons que c’est une erreur). Il dit encore que dans la
langue tagale le mot baiser se dit halie, et il croit que ce
mot est le même que le madécasse ourou. Enfin il rappelle
que M. de Freycinet a retrouvé ce mode de salutation à
Timor, et ce qui est encore plus remarquable, chez Tes Pa¬
pous, et que le malheureux Ohoris, assassiné au Mexique,
l’avait trouvé, lorsqu’il était sur le Rurick, chez les popula¬
tions voisines du détroit de Behring, dans l’île Saint-Lau¬
rent en Amérique.
honi ; à Tahiti,
Il fait à cette occasion les réfiexions suivantes : œ Ces élé¬
ments
polynésiens retrouvés par M. de Humboldt dans le
sanskrit, doivent nécessairement être considérés comme les
186
les
polynésiens.
traces d’une civilisation polynésienne avec laquelle le sans¬
krit s’est trouvé en contact sur le sol même de l'Inde. Car,
ainsi que nous l’avons dit ailleurs {Histoire des Foulahs,
ch. XI), la direction des vents et des courants a sans cesse
poussé vers l’Est la population polynésienne av^ec sa civili¬
sation et sa langue ; tandis qu’elle a, au contraire, fermé le
chemin de la Polynésie à toutes les influences de l’Ouest,
par conséquent à celle de l’Inde et même de la Malaisie. »
Ici nous craignons bien que M.
d’Eichthal n’ait pas exac¬
tement pesé ce qu’il semble avancer,puisqu’il a adopté l’opi¬
nion de Moërenhoüt, c’est-à-dire la prédominance des vents
d’Est. En effet, si la direction
des vents et des courants a
poussé vers l’Est, il est évident que les vents en¬
traînant dans cette direction n’auraient pu être que des vents
d’Ouest, vents qui expliquent si bien, comme on a vu, les
migrations vers la Polynésie. Or, ce qui prouve que
M. d’Eichthal n’a voulu parler que des vents d’Est, c’est
qu’il prétend qu’ils ont fermé le chemin des îles polynésien¬
sans cesse
nes
à toutes les influences de l’Ouest. Dès lors il devient dif¬
ficile de comprendre ce qu’il a voulu dire, car on ne voit pas
d’oïl seraient partis, d’après lui, les Polynésiens. Des Tunga
peut-être ? Mais alors, comment en allant toujours à l’Est,
peupler ? Déjà, du
reste, nous avons assez dit quelle a été la cause de l’erreur de
tous les ethnologues à ce sujet, pour n’avoir pas besoin d’in¬
sister sur celle qui n’est probablement ici qu’un défaut
la Nouvelle-Zélande aurait-elle pu se
d’attention.
Il est bien certain que les vents d’Est et de
Sud-Est sont,
d’Eichthal, un obstacle, la plus grande par¬
tie de l’année, aux émigrations de l’Ouest vers l’Est. Mais on
sait aujourd'hui, par de nombreux faits, que les vents sont
parfois tellement forts qu’ils entraînent fort loin dans l’Ouest,
comme ils l’ont fait par exemple vers les îles Rotuma, Anuta,
ïukopia, etc. On peut dès lors très bien comprendre qu’ils
ont pu entraîner les Polynésiens non seulement jusqu’en
Malaisie, Java, Sumatra, Bornéo, presqu’île de Malacca,
mais même jusque dans l’Inde et l’Indo-Chine ; ainsi que
comme le dit M.
LES
POLYNÉSIENS,
les voyag'es des explorateurs modernes en ont fourni
ques témoignages.
C’est le courageux et regretté
187
quel¬
naturaliste Mouliot qui, le
premier, a fourni à la science des présomptions de l’arrivée
probable des Polynésiens à une époque reculée, ^ dans ce
qu’on appelle diijourd’lini les royaumes de Cambodge et de
Laos (1). En effet, non seulement on retrouve dans le Kambodge un kampong ou village qui porte le nom de Savaï ;
mais dans le Laos, ou, pour parler plus exactement, entre
les royaumes de Siam, du Cambodge et d’Annam existent
des populations qui, si elles ne sont plus nettement polyné¬
siennes, semblent du moins s’en rapprocher beaucoup. Les
plus dignes d’attention sont les Stiengs. Voici comment en
parle M. Moubot, après avoir vécu trois mois parmi eux(2) :
« Les
sauvages Stiengs sortent probablement de la même
souche que les tribus des plateaux et des montagnes qui sé¬
parent les royaumes de Siam et de Cambodge de celui d’An¬
nam, depuis le IP degré de lat. nord jusqu’au delà du 16",
entre les 104" et 116" 20’ de long, orientale du méridien de
Paris. Ils forment autant de communautés qu’il y a de villa¬
ges et semblent être d’une race bien distincte de tous les
peuples qui les entourent. Quant à moi, je suis porté à les
croire aborigènes ou les premiers habitants du pays, et, à
supposer qu’ils ont été refoulés, jusqu’aux lieux qu’ils occu¬
pent aujourd’hui, par les invasions successives des Thibétains qui se sont répandus sur le Laos, le Siam et le Cam¬
bodge; et, en tout cas, ajoute-t-il, je n’ai pu découvrir au¬
cune tradition contraire. »
Un peu plus loin, il les décrit de la manière suivante :
O Le
Stieng n’a pas plus de rapports dans les traits avec
l’Annamite qu’avec le Cambodgien; comme le premier cepen¬
dant il porte la chevelure longue, tournée en torchon,
mais
fixée plus bas par un peigne de bambou. Sa taille est un peu
(1) Laos, d’après M. Mouhot, signifie ancêtres. Savaï est dans
l’Est du grand lac Bien.
(3) P. 152. Le texte du voyage de M. Mouhot a d’abord paru dans
le Tour du Monde ; puis, après avoir été revu par M. de Lanoyé, pu¬
blié en 1873, sous le titre de
Cambodge et de Laos.,
Voyage dans le royaume de Siam, de
0
188
LES
POLYNÉSIENS.
au-dessus de la moyenne; sans être fort, il est bien propor¬
tionné et a une apparence robuste. Ses traits sont en général
réguliers ; d’épais sourcils et une barbe assez bien fournie,
quand il ne s’arrache pas les poils des joues, lui donnent un
air grave et sombre. »
^
M. Mouhot ne parle ni des yeux, ni du nez ; mais, à en ju¬
ger par le sauvage Stieng représenté page 158, les yeux sont
grands, les lèvres grosses et le lobule des oreilles toujours
percé... « Son front, ajoute-t-il, est généralement bien déveveloppé.
«
L’unique vêtement du Stieng est une écharpe.
Les mœurs des Stiengs sont hospitalières ; ils n’ont ni
temples ni prêtres ; cependant ils reconnaissent l’existence
d’un Être Suprême, auquel ils rapportent tout bien ou tout
mal, et qu’ils appellent Brâ (1). Les mariages sont accom¬
pagnés de réjouissances, et, aux funérailles, on pousse des
«
cris lamentablfes.
Les hommes portent un bracelet au-dessus du coude ou
poignet; ils aiment beaucoup la parure.
« La
polygamie est en usage chez eux.
«
au
a
Un de leurs amusements favoris est de lancer des cerfs-
volants, auxquels ils attachent un instrument de musique.
« Leur mémoire est courte
; leurs guerres sont fréquentes
entre villages, et ils cherchent à se surprendre,
a
On peut dire que leur caractère est doux et timide. »
D’après une pareille description, on ne peut nier qu’il n’y
ait une grande ressemblance entre les Stiengs et les Poly¬
nésiens. Même chevelure, même faciès, même simplicité
dans le vêtement, même amusement favori que les Nouveaux-Zélandais, même manière de faire la guerre que les
Marquésans, etc. Mais il y a aussi des différences, qui peu¬
vent, il est vrai, être attribuées aux populations qui les ont
refoulés dans l’intérieur, telles que l’habitude de porter un
bracelet, celle de la polygamie, etc. Nous Joutons seulement
que les Stiengs aient un nez aussi aquilin que semble l’in(1) Evidemment la première syllabe de Brama, et la seule chose
qu’ils paraissent avoir retenue de la religion de ce Dieu,qu’on avait
sans doute essayé de leur inculquer.
LES
180
POLYNÉSIENS.
diquer le portrait donné par M. Mouhot, et que M. Figuier
représenté p. 372 de ses Races humaines. Il est bien à re¬
gretter surtout que leur observateur ait omis de donner
quelques mots de leur langue.
Le même voyageur ne trouvait pas, d’ailleurs, que les
Stiengs fussent les seuls à, ressembler aux Polynésiens. Pour
lui, les habitants de Laos n’avaient pas moins de ressem¬
blance. Voici comment il a décrit ces derniers (1) :
«
Les hommes et les femmes de Laos vont nu-pieds ; leur
coiffure est celle des Siamois, comme à peu près leur habil¬
a
lement.
«
Les femmes sont généralement mieux faites que
de Siam (2). Elles portent une seule et courte jupe et
un morceau
celles
parfois
d’étoffe sur la poitrine. Elles nouent leurs che -
veux en torchon
derrière la tête. Les petites filles sont sou¬
avec des petites figures chiffonnées et
éveillées ; mais, avant 18 ans, leurs traits s’élargissent, leur
vent fort gentilles,
corps
se
charge d’embonpoint ; à 35 ans, ce sont de vraies
sorcières, presque toutes affectées de goitres.
« Quant aux hommes, qui sont pour la
plupart exempts
de cette infirmité, j’ai remarqué parmi eux un grand nom¬
bre d’individus bâtis comme des athlètes et d’une force her¬
culéenne. ®
Cette description montre les analogies frappantes qui
tent, en effet, entre
exis¬
cette population et celles des Tunga,
des Sandwich et de la Nouvelle-Zélande. Pour M.
les analogies étaient si grandes
Mouhot,
qu’il trouvait que toute cette
(1; Oavr. cité, p. 325.
(2) Si cette assertion est exacte, et il n’est guère permis d’en
douter, puisque M. Mouhot a pu comparer pendant assez longtemps,
et d’un autre côté, si les portraits de femmes de Siam, que M. Fi¬
guier (dans les Races humaines, p. 366) a donnés sous le nom de
femmes de Bankok », sont exacts eux-mêmes, il faut reconnaître
qu’il est difficile de voir une plus grande ressemblance avec les Po¬
lynésiennes. En les voyant, nous avons reconnu vingt visages aper¬
çus ou remarqués par nous aussi bien à la Nouvelle-Zélande qu’aux
Tunga, à Tahiti, aux Sandwich, etc. De plus, elles ont absolument
le même regard, la même attitude, les mêmes ornements, le même
a
épatement du nez, le même ovale, etc.
190
LES
POLYNÉSIENS.
population, hojnmes, femmes et enfants, lui rappelait « les
types du Nord de la Polynésie, tels qu’ils sont représentés
dans les grandes publications des marins français de 1820 à
1840. » Et il disait en terminant : Certes, s’il avait été donné
à l’illustre Dumont d’Urville d’explorer les rives du Mékong-,
il aurait été fixé sur les origines des Carolines, des Tagales
de Luçon et de ces Haraforas de Célèbes, qui lui ont apparu
comme les ancêtres des Tongas et des Tabitiens. »
On le voit, M. Moubot n’bésitait pas, avec la plupart des
écrivains, à donner une origine asiatique à ces diverses po¬
pulations et à en placer le berceau plus particulièrement
dans le Laos : ce qui, croyons-nous, n’avait point encore été
fait. Mais ici encore, malheureusement, manquent les preu¬
ves linguistiques : aussi, malgré les analogies indéniables
qu’il a fait connaître, pensons-nous qu’on ne doit considérer
ces analogies comme indiquant seulement la venue de colo¬
nies polynésiennes ou malaisiennes, jusque-là, dans des
temps très anciens et bien antérieurs à l’arrivée des colonies
malaises, dont la présence paraît être attestée, dans cette
partie de l’Asie, par les quelques mots malais qu’on y
trouve (1). Il est évident que le fait constaté par lui que « les
traditions des habitants de l’Indo-Cbine ou du Laos
conser¬
du Sud, et qui au¬
raient refoulé l’ancienne race dans les montagnes, » est plps
contre son opinion qu’en sa faveur ; car il semble prouver
qu’il ne s’agit que d’émigrants malais habitués, comme on
sait, à refouler, partout où ils s’établissaient sur le littoral,
les premiers habitants du pays.
De son côté, M. Hamy rapproche les Stiengs des Hindous.
Mais suivant M. Thorel, le compagnon de M. de Lagrée dans
son exploration du Mékong, ce ne seraient pas les Stiengs,
mais les Lolo qui représenteraient le type caucasique (?)
rencontré dans le bassin du Cambodge. Voici comment il
décrit ces derniers: grands, vigoureux ; figure énergique;
traits accentués, profil droit ; yeux horizontaux et bien ouvent le souvenir de migrations venues
(1) Poulo-Condor, île voisine dés bouches du Mékong ; Sambok,
Purang; peut-être Kampoi, Panompeng, Oudong, Kampong, etc,
mais quand tous ces mots seraient malais, c’est peu sans doute.
LES
POLYNÉSIENS.
191
verts; nez droit, assez développé,parfois busqué; pommettes
peu saillantes ; visage presque ovale ; front assez haut ; barbe
souvent frisée et plus abondante que chez les peuples voisins;
formes accusées ; muscles bien dessinés ; teint brun.
La
plupart des voyageurs modernes s’accordent pour
pÆsieurs tribus du Laos une « apparence caucaCette ressemblance ne proviendrait-elle pas plu¬
tôt de l’élément polynésien qui s’est infiltré dans ces régions
dont l’ethnographie est encore mal connue ? En effet le
Polynésien est l’Européen de l’Orient. Les Tsiams ou
Chams, par exemple, une des populations les plus ancien¬
nes et les plus intéressantes de la Cochinchine, dont le pays
est généralement appelé Tsiampa ou Ciampa, semblent,
d’après les observations de M. le D” Alf. Reynaud (1), se
rapprocher beaucoup des Polynésiens. Aujourd’hui, ils
sont fortement métissés ; mais une partie d’entre eux doit
être assimilée aux Dayaks et aux Battaks des îles de la
Sonde. On peut aussi rapprocher des Tsiams les Ba-nis ob¬
servés par l’évêque Tabart.
Le D"' Kern, professeur à l’université de Leyde, est par¬
venu à traduire les inscriptions cambodgiennes rapportées
par le Dr Harmand. Il en résulte qu’elles ont beaucoup de
rapports avec le kawi ou javanais ancien, et que la civilisa¬
tion de Java et de Sumatra semble être venue principale¬
ment du Cambodge.
D’un autre côté, le professeur P. J. Weth, dans son étude
sur « les Langues et la Littérature de Java, » montre que le
Kandâ, le poème kawi le plus ancien, dont malheureusement
on ne possède pas le texte primitif, est un récit ou tradition
mythologique, qui établit un syncrétisme étonnant de repré¬
sentations polynésiennes, brahmaniques et bouddhiques. Il
en conclut que ce syncrétisme i loin de faire preuve d’un âge
reculé, nous fait plutôt croire à une origine relativement ré¬
cente. X) Le contraire serait probablement plus vraisemblable.
En tout cas, cela recule considérablement la civilisation po¬
lynésienne (2).
trouver à
sique.
(1) Les Tsiams, thèse de Paris, 1880.
(2) Voy. Annales de l’Extrême-Orient, 1880, p. 95 et 1203.
V32
LES
POLYNÉSIENS.
Ainsi, ce serait dans l’Inde même, comme on le dit, ou
tout au moins dans les royaumes
de Cambodg’e, de Siam et
trouvé en con¬
cé¬
lèbre philologue Bopp à affirmer que ce qu’il appelle le
rameau des langues malaises-polynésiennes*-) n’est qu’un
rejeton du sanskrit. Pourtant, nous ferons remarquer ici
que le nom seul qu’il donne à ces langues prouve qu’il con¬
fondait les langues malaises et la langue polynésienne
proprement dite, qui, suivant nous, sont aussi différentes
par le fond, que les caractères physiques des deux peuples
de Laos, que le sanskrit ou le pâli se serait
tact avec la langue polynésienne. C’est ce qui a porté le
«
difl'èrent eux-mêmes entre eux. Telle n’étaitpas l’opinion de
Guillaume de Humboldt. On sait en outre
parfaitement à
quelle époquelesanskrits’estintroduitdansl’anciennelangue
de l’île de Java. Il est d’ailleurs un fait certain, c’est qu’en
examinant attentivement les 200 mots malais et polynésiens
réunis par M. Bopp, et qui se retrouvent d’après lui, dans le
sanskrit, M. d’Eichthal n’en a trouvé que deux appartenant
à la véritable Polynésie (1). Ces mots sont, dit-il : le pronom
singulier : ia, polynésien, dia,
bien na, polyné¬
sien, na, pâli, ana, sanskrit (et polynésien ajouterons-nous):
enfin, l’adjectif grand, maha à la Nouvelle-Zélande, mahat
en sanskrit. En ce qui concerne ce dernier mot nous ajoute¬
rons qu’il nesignifie à la Nouvelle-Zélande, que : œ être con¬
tent, satisfait, grande quantité, grand nombre, abondant,
être abondant, etc. » Grand, en maori, se rend par nui et
rahi, comme dans tout le reste de la Polynésie.
En résumé, dit M. d’Eichthal, c'est à la ressemblance
des pronoms de la première et de la troisième personne, à
de la troisième personne du
ya, malais, et non ii/a ; si/a, sanskrit, ou
«
celle des noms de nombre 2 et 3, à celle du substantif eau,
verbe saluer, que se réduisent les
affinités entre le sanskrit et le rameau polynésien proprement
de l’adjectif grand et du
djt. Elles ne suffisent certainement pas pour établir un rap(1) Deux mots sur 200 ! on conviendra qu’il faut vouloir se con¬
tenter de peu pour soutenir, à l’aide d’un pareil témoignage, qu’une
langue est un dérivé de l’autre.
I.ES,
POLYNÉSIENS.
193
port intime de parenté entre les deux langues ni entre les deux
races. »
Nous sommes complètement de son avis, et
partageons encore quand il dit en terminant :
de cette tentative nous fournit une des
«
nous le
L’exemple
les plus
preuves
re¬
marquables que noua puissions rencontrer du danger de la
philologie Abstraite, c’est-à-dire de ceile qui procède sans
avoir soin de vérifier les résultats
qu’elle
concoui’s des considérations
découvre par le
historiques et géographiques. »
Voici, du reste, quelques-unes des affinités rencontrées par
M. d’Eichthal entre la langue de
l’archipel malais et celle
qu’ils
du rameau indo-européen. Nous écrirons les mots tels
l’ont été par lui-même en nous bornant à donner à chacun
d’eux la véritable orthographe des mots
polynésiens :
ARCHIPEL.
GREC, etc.
POLYNESIE.
(Tahiti)
(N"” Zélande)
Lani, Rani(Hawaïi
Ouranos(Grec)
Rai (Tahiti)
Rangi (N"" Zélande)
Lai, Lani (Hawaïl
Langit (Archipel)
Ani, Aki (Marquises)
Rahi
Rangi
Cielj
Langhi
(Archipel)
Afi
(Polynésie)
(Tahiti)
»
(N‘'° Zélande.
(Marq’”,Hawaï)
(Malaisie)
»
(Madécasse)
(Polynésie)
)
Eau. U'wa!(Lainpong,Bouguis)
)
Ayer (Malaisie)
Weh (Javah)
»
Feu..
Ahi
»
»
.
.
Waï (N"” Zélande)
—
'
(Javanais)
IOure(Malai,
(Polynésien)
Bouton)
Pénis
Peli
Peler
Oura (queue)
Foulou (Tonga)
Voulou
(Javanais)
Voul (Madécasse)
Voulou (Malai-Bouguis)
Poil.
Huruhuru
(Marquises)
Huu, Huku
Hulu (Hawaï)
{Noussa(Madecasse)
(Javanais)
(Polynésien)
iBois.
I
Nosse
Motu
(
j'■
Rakau
j
t
Hulu
(N"” Zélande)
Raau ITahiti)
Lakau
(Tukopia)
Lekki (Foulah)
Puaa (Tahiti)
Pohi (Tukopia)
/
Porc
Ure
Fulu
Huruhuru(Tahiti,N'‘°Z°j
Huu, Huku
Ile...
.
Buaka
Babi
IV
(Tonga)
Porcus (Latin)
Pig (Anglais)
(Malaisie)
13.
U
194
LES POLYNESIENS.
Comme il serait sans utilité d’énumérer toutes les affinités
trouvées, nous dirons seulement que M. d’Eiclitlial cite en¬
core les ressemblances fournies par les mots poisson, peau,
pierre, lune, soleil, etc., ainsi qu’une foule d’autres, bien
aujourd’hui, et dont on peut voir la liste la plus
complète dans le livre du révérend Taylor (1). Pour nous,
nous ne voyons pas qu’il y ait plus de rapport entre les
mots pig, porcus et bouaka, qu’entre ce même mot, et le
mot français porc. Nous ignorons si les Grecs ont tiré leur
mot oura, queue, de Voure polynésien, ou réciproque¬
ment. Il en est de même pour le mot lune que M. d’Eichthal
croit pouvoir être dérivé du mot boulan, woulan, oulan, et
qui désigne la lune, dans l’archipel presque entier; de même
aussi pour le mot grec helios, soleil, qui nous semble assez
peu ressembler au ra, polynésien. Nous reconnaissons notre
insuffisance en pareille matière.
Ce que nous croyons seulement devoir encore faire remar¬
quer, c’est que les mots qui forment ces coïncidences sont
tous, à l’exception de vaï, étrangers au sanskrit et au zend,
qui cependant sont les langues ayant fourni aux idiomes
germaniques et gréco-latins, le plus grand nombre de leurs
racines. D’où il faut conclure que les idiomes germaniques
et gréco-latins ont reçu des racines d’une ou de plusieurs
langues autres que le sanskrit et le zend.
En résumé, M. d’Eichthal a lui-même fait remarquer, qu’à
mesure qu’on entrait dans la Polynésie proprement dite, on
ne trouvait plus de traces de contact avec l’Inde. Si cepen¬
dant il a cru voir, d’après les observations de G. de Humboldt, quelques analogies entre le sanskrit et le polynésien,
c’est que, comme tous ses devanciers, il a confondu, à son
insu, la Polynésie avec la Malaisie, et que cette dernière
contrée, par son voisinage, a nécessairement eu de bonne
heure quelques rapports avec l’Inde ; rapports même si inti¬
mes, comme on a vu, dans l’île de Java, que la langue an¬
connus
de cette île était, d’après plusieurs
écrivains, aux trois-quarts composée de mots sanskrits.
cienne des habitants
(1) Te Ika a Maui, p, 180, 198.
POLYNÉSIENS.
195
Nous avons rapporté précédemment
(1) l’opinion de Taylor
LES
relative aux rapports ayant existé jadis entre les
Japonais
et les Maori. Le savant missionnaire
anglais croyait à la
venue de jonques
japonaises à la Nouvelle-Zélande. Pour
nous, nous serions
plutôt porté à admettre la présence au
Japon de colcfnies polynésiennes. Il est certain, quoi qu’on
en ait dit,
qu’une foule de mots, ayant les mêmes significa¬
tions, sont identiques chez les Japonais et les Néo-Zélandais.
Nous nous bornerons à citer les suivants : ika, awa,
ikij
rako, iruku, kaki, etc.
En outre, la légende relative à la création du monde offre
certains rapports avec celle de Maui. Au
Japon, Izanaquino-Mikoto, quand il créa la terre, plongea son javelot dans
la mer qui s’étendait au-dessous de lui, cherchant s’il
n’y
avait pas un monde submergé. Le j avelot souleva des
gout¬
tes d’eau salée qui, en se solidifiant, formèrent Tîle à’Onokoro, les colonnes du monde (2).
Voici,en effet, comment Lesson (3) décrit les Japonais, aux¬
quels il trouvait une physionomie générale de Tahitien ou
de Sandwichois; ce qui lui faisait supposer
que c’est le Ja¬
pon qui a peuplé, dans les temps les plus reculés, les îles
océaniennes.
Les Japonais, dit-il, ont le nez gros,
épaté, avec de larges
aîles ; la bouche a les lèvres bien faites mais
grosses ; le
menton est rond et large ; les oreilles sont
amples et décol¬
«
lées; leurs cheveux tirent au brun ou même au brun rou¬
geâtre.
Les habitants des terres sont de nuance plus claire
que
les peuplades riveraines adonnées à la pêche et à la
«
naviga¬
vigoureux; les agriculteurs
sont grands, à large ossature. Les femmes sont
blanches,’ et
même une légère teinte incarnat nuance les
joues des jeunes
tion. Ces derniers sont petits,
filles. »
Pour lui, on le sait, la famille japonaise
de son rameau mongol-pélagien.
était la première
(1) Vol. III, p, 90.
(2) Voy : Annales de l'Extrême-Orient, 1880, p. 109i
{ÿ) Tableau des races humaines, 'ÿ. 59;
0
196
LES
POLYNÉSIENS.
Plus récemment, un auteur, ayant résidé au Japon assez
longtemps, en a fait la description suivante :
Les Japonais en général sont de moyenne stature. Ils ont
la tête grosse, la poitrine large, le buste long, les hanches
charnues, les jambes grêles et courtes, les pieds petits et les
mains fines. Chez les personnes qui ont le front très fuyant
et les pommettes particulièrement larges et proéminentes,
la tête, vue de face, présente plutôt la forme géométrique du
trapèze que celle de l’ovale ; les yeux sont plus saillants que
chez l’Européen, et même quelque peu bridés. L’effet géné¬
ral n’est pas celui du type chinois ou mongol. La tête du
Japonais est plus grosse ; la figure plus allongée et, à tout
prendre, plus régulière. Le nez est plus saillant, mieux des¬
Œ
siné.
Toute la population a la chevelure lisse, épaisse et d’un
noir d’ébène. La barbe est assez forte. La couleur de la peau
«
varie, suivant les ^lasses de la
société, depuis le blanc mat
le soleil des habitants de l’Europe méridionale,
jusqu’au teint cendré et basané de l’habitant de Java. La
nuance dominante est le brun olivâtre ; jamais elle ne rap¬
pelle la teinte jaune des Chinois. Les femmes ont le teint
plus clair que les hommes.
Hommes et femmes ont les yeux noirs, les dents blan¬
ches, excepté les femmes mariées (1). >
Voici ce que disait, des Japonais, l’un des premiers obser¬
vateurs, le savant Kaempfer, ordinairement si exact (2) :
Les Japonais en général, surtout le peuple de Nipon, sont
laids, petits, fort basanés ; ils ont les jambes grosses, le nez
plat et les sourcils épais. Leurs yeux noirs sont moins en¬
foncés que chez les Chinois. Toutefois les nobles ont la taille
plus majestueuse. Celle-ci varie d’ailleurs suivant les pro¬
vinces. La tête des habitants de JMipon est grosse ; leur nez
plat. Ils sont disposés à l’embonpoint. Ceux de Saïkoki sont
déliés, petits, bien faits. »
ou bruni par
»
c
(1) Extrait de l’ouvrage de M Humbert, dans les Races humai¬
de Figuier, art. Japon.
(2) Histoire naturelle, civile et ecclésiastique du Japon, par Eugelbert Kaempfer, 1732, p. 151., vol. II,
nes
LES
197
POL-ÏNÉSIENS.
Vu l’extrême différence
physique, Kaempfer admet de
nombreux croisements; mais, pour lui, les Japonais venaient
de Babylone, et l’on connaît l’explication
donne.
Il cite le fait de la venue au
taille, d’un physique ag-réable, à
curieuse qu’il en
Japon d’hommes de belle
tête rasée, sans barbe, et
ayant trois trous dans chaque oreille : ils venaient de Patan,
Philippines.
l’une des
quelques siècles avant son anâvée, les
Japonais avaient découvert auNord du Japon uneîle appelée
Genkai Sima, peuplée par des noirs appelés Oni, qu’ils
avaient exterminés. Ces noirs avaient les cheveux longs,
tombant sur les épaules, des chapeaux élevés ou pointus.
Kaempfer supposait qu’ils étaient Malais.
Il cite encore d’autres histoires rapportant que des noirs
furent trouvés dans quelques-ünes des îles du Sud du Japon ;
il croit encore que c’étaient des Malais ou des habitants des
Moluques jetés par les tempêtes. Cela est possible; mais à
notre avis, c’étaient plutôt des Carolins. Les Japonais au¬
raient donc vraisemblablement du sang polynésien dans les
veines, de même qu’ils ont dans leur langue un certain
nombre de mots polynésiens.
La race japonaise, dit, de son côté, M. Masana Maeda(l),
est une race mêlée : c’est là un fait acquis pour la science
ethnographique. Il y a en elle du sang chinois, mongolien
et coréen, peut-être même du sang malais ; ce qui s’expli¬
querait par des immigrations, à une époque donnée, de peu¬
ples des îles de la Polynésie. » Il semble évident, en effet,
que la race japonaise a du sang non pas malais, comme le
dit M. Maeda qui regarde les Polynésiens comme des Ma¬
lais, mais bien du sang polynésien et par conséquent
Il dit aussi que,
ï
maori.
On ne peut le nier, il y a d’assez nombreuses
ressemblan¬
direction de leur
front, le volume apparent de la tête, l’ampleur de la poi¬
trine, la longueur du buste et des membres supérieurs rela¬
tivement au reste du corps, et la brièveté, au contraire, des
(1) La Société japonaise, in Revue scientifique, 10 août 1878.
ces
entre les Japonais et les Maori, dans la
198
LES
POLYNÉSIENS.
extrémités inférieures, d’après Thompson ; dans la petitesse
des pieds et la finesse des mains, toujours d’après cet écri¬
vain; dans la forme de la bouche, la longueur de la lèvre
supérieure, la nature et la couleur des cheveux, la forme des
oreilles, du menton, du nez parfois, etc,. Maié, s’il est vrai
que les ressemblances existent, surtout
d’après M. Thomp¬
ainsi dire avoir pris une partie des
caractères physiques des Japonais pour décrire les Maori, il
ne l’est pas moins
que des différences assez nombreuses et
importantes séparent les deux peuples. C’est ainsi que, chez
les Maori, la face est large souvent, le front large au lieu
d’être étroit, le nez large, épaté, quelquefois très bien fait,
mais le plus souvent court ; que les yeux sont grands, nul¬
lement bridés, les pommettes modérément saillantes. Car,
malg'ré ce qu’en a dit Taylor, les Maori n’ont pas les yeux
bridés des Japonais ; ils n’ont»pas une couleur aussi foncée,
aussi basanée qu’eux ; seulement comme la leur, elle varie
suivant le rang des occupations, des soins que l’on prend, etc.,
de même que la taille varie suivant les localités, la famille,
etc. L’indice céphalique des Japonais est de 79,01, celui des
Polynésiens de 76,18. Enfin les deux peuples n’ont ni les
mêmes croyances religieuses, ni le même langage : ce qui
nous semble plus que suffisant
pour qu’on doute de leur com¬
munauté d’origine.
Nous croyons du reste que M. Thompson,qui nous fournit
en partie les rapprochements que nous venons de faire, a
exagéré quelques-uns des caractères anthropologiques,
tels que la brièveté du pied et la petitesse des mains, etc.,
son, qui semble pour
chez les Maori.
Ces conclusions ont été pleinement confirmées
discussion qui s’est
par une
élevée au sein de la Société d’anthro¬
pologie, dans la séance du 3 novembre 1881. « sur les Origi¬
nes japonaises ». M. Metchnikoff, se basant sur le caractère
tropical de certaines coutumes et habitudes japonaises,
telles que la tendance qu’ont les hommes et les femmes des
classes inférieures à se passer de vêtements pendant la
saison d’été, telles que la pratique du tatouage « l’habit de
l’homme nu », etc., rattache les Japonais aux Malayo-Po-
LES POLYNÉSIENS.
199
lynésiens. Il montre que, d’après la tradition, le fondateur
de l’empire japonais descendit à Takatriho, sur le massif
volcanique de Kirisima, dans le sud-ouest de l’île de Kiusiu.
Or, ce point du territoire japonais est, par sa situation g-éog’raphique,inaccessible à des émigrés du continent asiati¬
que ; mais il se trouve sur le parcours des Kouro-Sivo,
du grand i courant noir » de l’océan Pacifique, qui vrai¬
semblablement a conduit les émigrants.
De son côté, M. de Quatrefages explique que l’on peut
constater au Japon trois types principaux : l’élément noir,
l’élément jaune et l’élément blanc. Ce dernier est de deux
sortes : il est représenté en première ligne par les Aïnos ;
mais un autre élément blanc est venu se mêler au précé¬
dent ; « O’est, dit le savant professeur, celui qui, parti de
l’île Bouro et des îles voisines, a conquis toute la Polyné¬
sie à l’est, s’est répandu dans diverses îles et archipels en
tous sens ; qui a été rencontré aux Philippines par la Gironnière : qui vient d’être retrouvé à Mindanao par M, Montano. >
Tout ce que nous avons dit jusqu’ici prouve que l’élément
l’appelle M, de Quatrefages,
qui, BOUS la conduite de Zin-Mou, opéra la conquête du Ja¬
pon.sur les Aïnos, vers le milieu du septième siècle avant
notre ère, était une colonie de véritables Polynésiens ve¬
nant par migrations volontaires ou involontaires, en sui¬
vant le courant du Kouro-Sivo et aidés sans doute par les
vents du Sud-Ouest qui, durant l’été, soufflent régulière¬
blanc « indonésien, » comme
ment dans ces parages.
0
CONCLUSIONS
GENERALES
1. — Les Polynésiens ne sont
point les restes d’une popu¬
continent, qui aurait été
en partie englouti
par un cataclysme quelconque;
Il ne sont pas les descendants des
peuples asiatiques ; ils
lation préexistant sur un immense
ne sont pas
davantage ceux des Malaisiens, des Javanais ou
des Malais, dont ils seraient plutôt les ancêtres directs ou
indirects ;
Ils ne sont pas non plus des émigrants de
l’Amérique ;
Enfin ils n’ont pas été créés dans les îles de la
Polynésie
proprement dite ; mais ils sont, bien probablement, le pro¬
duit spontané de l’une des îles où on les a
trouvés, et qui,
vraisemblablement, est le reste d’une terre plus étendue.
2.
C’est par voie de migrations volontaires ou non, ou
par voie de disséminations involontaires, qu’ils sont arrivés
—
dans les îles polynésiennes où on les a
rencontrés, et de là
3. — Le lieu d’origine première était
appelé Hawahiki par
ensuite en Malaisie.
les émigrants ;
il
se
trouvait sur l’Ile-du-Milieu de la Nou¬
velle-Zélande, dont le nom maori estTawai ouKawai; peutêtre même occupait-il cette île tout entière.
4. — On retrouve dans cette île la
semblable aux
race
souche, tout à fait
Polynésiens par les caractères physiques,
moraux et intellectuels, et
par le langage que ceux-ci par¬
laient dans l’origine. La
population y était même beaucoup
plus nombreuse que ne le croyaient Cook et d’ürville, ainsi
que l’attestent toutes les traditions.
5.—
LES
POLYNÉSIENS.
201
La première étape, en quittant l’Hawahiki, a été, pour
la majorité des émigrants, l’île que les traditions désignent
sous les noms de
Nuku-roa, Aotearoaou encoreIka-na-Maui,
c’est-à-dire l’Ile-Nord de la
Nouvelle-Zélande; mais, dès
lors, une partw des émigrants paraît avoir continué à s’é¬
loigner.
C’est avec les vents d’Ouest et de Sud-Ouest que les émi¬
grants se sont éloignés de l’Hawakiki, quand ils n’ont pas
fait le trajet à l’aide des pagaies seulement, et leur route,
d’après les traditions, a toujours été vers l’Est ou le NordEst.
Plusieurs départs successifs paraissent avoir eu lieu, mais
il y en eut un surtout considérable par le nombre.
Des populations assez denses existaient déjà sur l’Ile-Nord
à l’arrivée des émigrants de l’Hawabiki ; quelques-unes les
empêchèrent même d’aborder et les contraignirent d’aller
s’établir ailleurs.
6. — Forcée à son tour d’abandonner
Aotearoa, à la suite
de nouvelles dissensions, une partie des émigrants d'Hawa-
hiki, sans parler de ceux qui n’avaient pas pu s’imposer.aux
populations primitives, ni de ces populations elles-mêmes,
dut se diriger vers la Polynésie ; ils n’avaient, en effet, pour
ainsi dire pas le choix de la route, car ils ne pouvaient son¬
ger à retourner vers l’Hawahiki, d’où leurs ancêtres avaient
été expulsés et il fallait, pour s’éloigner, qu’ils profitassent
des vents régnants.
7.
Les mêmes vents, qui avaient facilité le voyage des
émigrants d’Hawahiki jusqu’à Aotearoa, sont ceux qui ont
servi aux émigrants vers la Polynésie, c’est-à-dire les vents
d’Ouest et de Sud-Ouest qui poussaient toujours dans une
même direction, vers l’Est et le Nord-Est. C’est ce qui expli¬
que si bien pourquoi les Polynésiens n’occupent pour ainsi
dire que le côté oriental et méridional de l’océan Pacifique,
et pourquoi on n’a jamais rencontré ni Maori, ni Polyné¬
—
siens sur la Nouvelle-Hollande,
8.
—
Ce sont les émigrants d’Hawahiki fuyant aussi l’Ile-
Nord de la Nouvelle-Zélande, et peut-être avant eux, les
populations primitives de cette île, populations identiques
202
LES
POLYNÉSIENS.
à celles de l’Hawahiki, qui
ont peuplé successivement les
îles polynésiennes, et qui ont assez modifié leur apparence
extérieure au contact des influences intertropicales, pour
qu’on ait cru y voir d’abord, mais à tort, une race différente
appelée depuis race polynésienne, de son besbitat dans les
îles de la Polynésie.
9. —Les premières îles rencontrées en Polynésie par les
émigrants ont étélesTunga, et presque en même temps pro¬
bablement les îles Hapaï, qui les touchent ; ce sont ces îles
qui,, successivement, ont envoyé leurs colonies vers le NordEst et l’Est, peupler d’abord les îles Alu-Fatu, Niua et les
Samoa ; puis, les entraînements involontaires aidant, elles
peuplèrent toutes les autres îles polynésiennes, soit directe¬
ment soit indirectement, c’est-à-dire que les colonies s’y
rendirent d’emblée ou qu’elles commencèrent par toucher
aux îles Manaïa, qui, peut-être elles-mêmes, ont reçu des
émigrants directs de la Nouvelle-Zélande.
10. —lExcepté les populations primitives trouvées à
Aotearoa par les émigrants, populations qui étaient de même
race qu’eux, parlaient le même langage et n’avaient proba¬
blement fait que les devancer en venant de l’Hawahiki, si
elles n’étaient pas elles-mêmes autochthones, les îles de la
Polynésie paraissent, pour la plupart, avoir été trouvées
entièrement désertes. Car si Quiros d’abord, puis Cook,
d’Urville, et tant d’autres après eux, ont admis une race
noire préexistante à l’arrivée des Polynésiens, non seule¬
ment les traditions se taisent à ce sujet; mais, de plus, la
langue, les coutumes, les croyances religieuses, tout, en un
mot, indique que le fait n’a pu exister. Sans doute il y a eu
des entraînements vers plusieurs des îles à population méla¬
nésienne et l’on a trouvé des colonies de Polynésiens dans
les îles Hébrides (Tanna et Futuna), dans les îles Loyalty
(Uvea) et dans quelques autres, telles que Tupua, Vanikoro.
Mais ces colonies n’ont jamais été que tolérées ; elles ont
vécu presque isolées, et ne sont arrivées d’ailleurs qu’à des
époques pour ainsi dire modernes dans la plupart des îles où
elles existent.
Quant aux entraînements tant invoqués par les ethnolo-
LES
POLYNÉSIENS.
203
g-ues pour expliquer le peuplement des îles polynésiennes,
il faut bien reconnaître aussi qu’ils n’expliquent pas grand’
chose. Car, excepté le cas cité par
Beechey, d’un entraînercité par Ellis, sur l’île
Tubuai, et qtielques autres aussi insignifiants, et pour ainsi
dire tout modernes, tous les autres ne se sont opérés que
sur des îles qui étaient déjà habitées soit par la race noire,
soit par la race polynésienne.
11.
Les migrations, dont le souvenir a été conservé, ne
paraissent pas remonter à une époque bien éloignée, c’est
certain ; mais si on cherche à déduire, des généalogies de
chaque île ou archipel, la date approximative de la première
occupation, pas une ne s’accorde. Ainsi dans la même con¬
trée, sur l’Ile-Nord de la Nouvelle-Zélande, le nombre des
générations varie de 15 à 26, d’après les indigènes eux-mê¬
mes, soit de 450 à 780 ans ; en Polynésie, ce sont les archi¬
pels qu’on dit avoir été peuplés par les îles de la Société,
qui comptent justement plus de générations que les derniè¬
res : tels sont les archipels des Sandwich et des Marquises ;
AuxTunga etaux Samoa, qu’on regarde généralement comme
ayant peuplé toutes les autres îles, après l’avoir été ellesmêmes, dit-on, par la Malaisie, on ignore au contraire abso¬
lument quel a pu être le nombre de générations ; aux Mangareva, on n’est pas plus fixé sur ce nombre qu’à l'Ile-Nord de
la Nouvelle-Zélande, puisque une tradition semble indiquer
567 ansj et une autre six à sept cents ans; enfin, aux Manaia,
on compterait plus de générations qu’à la Nouvelle-Zélande,
c’est-à-dire 29 au lieu de 15 ou 26. Mais, quand on voit tant
de divergences, il est vraiment impossible de rien conclure
d’exact à l’aide de pareilles données. Il est surtout impossi¬
ment sur une petite île déserte, celui
—
ble d’accorder la moindre attention sérieuse aux divers cal¬
culs faits par les écrivains pour soutenir leurs idées précon¬
çues, quand on sait que des sauvages ne
conserver dans leur mémoire qu’un nombre
peuvent guère
de générations
assez restreint et pour ainsi dire borné à 15 ou 20 ; quand
on sait surtout que chaque, usurpateur du pouvoir suprême
avait l’habitude, non seulement de s’emparer Me la renom¬
mée de quelque grand chef, son prédécesseur, et de l’intro-
LES POLYNÉSIENS.
204
duire dans sa famille, mais encore
d’appeler l’oubli sur les
de ceux qu’il n’aimait pas ; ainsi que nous l’avons vu
noms
faire dans les îles de la Société et aux Tunga.
Il est certain, comme on l’a dit, que les migrations étaient
déjà faites depuis longtemps en Polynésie, quànd Quiros y
la première fois, avec Mendana, en 1595, et,
plus tard, en 1606. Mais c’est tout ce qu’on en sait, et cela
n’aide guère, on on conviendra, à fixer l’époque de l’arrivée
des Polynésiens.
N’y avait-il que trois cents ans comme quelques-uns le
supposent; faut-il'croire avec d’autres qu’il y avait davan¬
tage, et, pour les îles de la Société, par exemple, qu’il y
avait plusieurs milliers d’années? Tout cela est bien conjec¬
tural, et mieux vaut ne pas s’y arrêter.
12.
De l’évidence, parfaitement démontrée pour nous,
que Kawaï ou autrement l’Hawahiki a été le berceau des
Polynésiens, découlent les propositions suivantes :
A.
La race mélanésienne, première occupante des îles
Fiji, du Saint-Esprit, Salomon, Nouvelle-Calédonie, etc.,
vient, sinon d’Asie et des grandes îles asiatiques, du moins
de la- Nouvelle-Guinée, et peut-être de la Nouvelle-Hol¬
aborda pour
—
—
lande.
B. — Il y a eu mélange
mélano-polynésien dans un cer¬
tain nombre des îles mélanésiennes intermédiaires à la Ma¬
laisie et à la Polynésie ; mais il est beaucoup
moins grand
qu’on ne l’a cru, et il est seulement plus apparent dans les
îles qui avoisinent le plus la Polynésie. Ainsi il existe sur¬
tout dans les îles les plus orientales des Fiji, à la NouvelleCalédonie, dans les Loyalty, à Tanna, Erronan, Vanikoro,
etc.; mais de très petites îles, comme enclavées dans les îles
mélanésiennes, telles que Tukopia, Anuta, Taumako, Mame^
les îles Duff, etc., sont restées jusqu’à ce jour peuplées par
la race polynésienne : en un mot, le mélange semble d’au¬
tant moins apparent qu’on se rapproche davantage du NordOuest, mais il se laisse reconnaître encore, aussi bien à
Santa-Crux et aux Pelew dans les Carolines, qu’à la Nou¬
velle-Zélande.
C. — Il y a certainement eu contact des
Polynésiens avec
I,ES
POLYNÉSIENS.
205
Madagascar, et probablement à la suite
d’entraînements, à une époque fort reculée; puis avec ceux
de l’Afrique et même de l’Egypte, comme le démontrent,
pour la première contrée, tous les travaux des ethnologues,
et comme le font supposer pour les autres les savantes re¬
cherches lingiiiistiques de M. d’Eichthal.
D.
11 y a eu de même des rapports entre les Polynésiens
et les Asiatiques de l’Inde, de Siam, du Cambodge, du Laos,
peut-être de quelques autres points, et particulièrement des
îles Philippines et du Japon.
E.
Enfin il y a eu aussi quelque contact des Polyné¬
siens avec certains tribus d’Amérique, et notamment avec
les Caraïbes, comme cela semble résulter des recherches de
plusieurs écrivains pour les côtes baignéespar l’océan Atlan¬
tique, et de celles de M. d’Eicbtbal pour les anciens habi¬
les habitants de
—
—
tants des Antilles.
Mais ce ne sont là, pour
ainsi dire, que de purs accidents
qui ne peuvent avoir exercé la moindre influence sur le
peuplement de l’Océanie; puisque presque tous n’ont pu être
produits qu’à l’aide de vents tout autres que ceux qui
avaient entraîné les habitants d’Hawabiki vers la Poly¬
nésie.
En résumé, nous dirons en terminant :
Les Maori sont les
La langue maori
de la Polynésie.
»
ancêtres des Polynésiens ;
est la langue mère de tous les dialectes
«
APPENDICE
HISTOIRE NATURELLE DE LA
<i
NOUVELLE-ZÉLANDE
CHAPITRE ?'■. — ZOOLOGIE (1).
f L’histoire naturelle de ces îles, comparée à celle des autres
contrées, paraît très pauvre; il n’existe d’autres quadrupèdes
qu’un rat, presque exterminé par celui qu’on a importé, une
espèce de castor, dont l’existence n’est pas certaine, mais
très probable, et le chien dans l’Ile-du-Milieu.
Le rat du pays ou Kiore n’a que la moitié du volume de
celui de Norway {mus valus) ; il était autrefois abondant
partout ; il se nourrissait surtout des faînes du Tawaï, et il
était considéré anciennement comme un
important ali¬
ment.
Le rat anglais ou de Norway est appelé
par les indigènes,
Pou-hawahiki, Kiore-pakeha, Kainga*rua.
Le Kuri, ou chien indigène, a été vu
par Cook à son arri¬
vée, et les habitants disent qu’il est venu avec eux d’Hawa-
hiki lorsqu’ils arrivèrent pour la
première fois à la NouvelleZélande. C’était un petit chien à longues oreilles, d’un blanc
sale ou de couleur jaunâtre, avec une queue touffue; il est
maintenant tout à fait éteint. Il ne paraît pas avoir
quelque
ressemblance avec le dingo australien, mais il est
(1) Trad. de Taylor. — P; 394 à426;
probable
LES
POLYNÉSIENS.
207
qu’il était de la même espèce que ceux qu’on trouve encore
dans les îles polynésiennes.
La Nouvelle-Zélande possède
probablement deux espèces
Pekapeka {vespertilio tuberculatus) ;
la plus commune est très petite, d’un brun jaunâtre, avec
des petites oreilles arrondies.
Le veau marin, Mimiha ou Kekeno (fam. dés Phocidœ),
paraît avoir été très abondant autrefois, car ses os sont ren¬
contrés en quantités considérables, le long de la côte, mêlés
de chauve-souris : le
à ceux de l’homme.
Dans l’Ile-du-Milieu, le Rapoka ou ours marin n’était pas
Les indigènes s’en
emparaient anciennement en lui
jetant du sable dans les yeux ; pendant qu’il cherchait à s’en
débarrasser, ils tombaient sur lui et le tuaient ; maintenant
rare.
on le rencontre rarement.
Le lion marin, Wakahao {phoca juhata) ou morse, fréquen¬
tait autrefois les côtes de l’Ile-du-Milieu. Les naturels le
décrivent comme ayant le volume de la vache. On dit qu’il
était de couleur rouge, qu’il se rendait à terre pour s’accou¬
pler et qu’il était très sauvage et vigoureux. Un des chefs
des guerriers, nommé Wera, fut mis en fuite par cet animal,
quoiqu’il fut appuyé par soixante-dix de ses compagnons ;
d’où le proverbe : Tehoa kaJtari o Te Wera he Wakahao,
«
L’ennemi de Te Wera est le lion marin. »
Les baleines étaient très nombreuses dans les mers de la
Nouvelle-Zélande (fam. des halœnidœ). Le cachalot (Paraua),
sous différentes couleurs. Il y en a de blancs,
d’autres sont noirs, de couleur d’ocre ou rouge et fréquem¬
ment de couleur mêlée. La Tohora (balœna antipodum), ou
se montre
baleine franche, était très abondante. On dit que la baleine
toujours sous le vent, tandis que le
le vent.
La baleine physalus {fin back) Se trouve surtout sur les
noire morte se dirige
cachalot va toujours vers
côtes Nord-Est de l’Ile-Nord.
Nous
avons
rapporté précédemment ce que Taylor dit du
Kiwi et du Moa.
Fam. Eallidœ. — C’est une des plus nombreuses, quoique
plusieurs membres de cette famille aient disparu. La plus
208
LES
POLYNÉSIENS.
grande espèce est le Weka {ocydromus australis) ou poule
des bois des colons. Sa poitrine est couleur
d’ardoise; son
dos brun et tacheté ; elle est robuste et très abondante dans
rile-du-Milieu, et dans la partie Sud de l’Ile-Nord. Son nom
est tiré de son cri.
Le Pukeko ou Rauhara
{porphyrio melanolus) est un bel
oiseau, du volume d’un poulet; il a de longues jambes et
les pieds rouges; son bec
porte une protubérance de la
même couleur, quelquefois, comme celle de la poule de Gui¬
née ; le dos est noir et la
poitrine d’un bleu brillant. Les
plumes inférieures de la queue sont tout à fait blanches, ce
qui contraste avec le noir de sa petite queue. Cet oiseau a un
cri fort perçant, ressemblant à son nom;
il vole lentement
grand déprédateur des cultures. Il
abonde dans les marais et le long des bords des rivières. Sa
chaire est sèche et coriace, rarement mangée par les indi¬
gènes mais estimée par les Européens, qui disent que c’est
et pesamment. C'est un
un mets
excellent.
Intimement allié à cet oiseau est le Takahe, le Notornîs
d’Owen, gros oiseau pesant de l’Ile-du-Milieu, qui est très
rare ; il atteint environ deux
pieds de haut, et est presque
aussi grand que le Kiwi. Il a un bec mince et court, et de
fortes jambes ; le dos est noir; son cou et son
corps sont
d’un bleu noir, nuancé de vert et d’or sur les ailes. La
queue
est petite et blanche en dessous. Un seul
spécimen a été
envoyé en Angleterre, et on peut le voir au Muséum britan¬
nique.
Il y a plusieurs
espèces plus petites de râles. Parmi elles
{Rallus assimilis),de couleur ferrugi¬
se trouvent le Katatai
neuse.
Le râle Diefifenbach
a
environ
un
tiers de moins
que le Weka; il est propre aux îles Chatham;
oiseau. Son nom indigène estMoeriki.
Le Patataï ou Popotaï est un
c’est un bel
petit râle, gros à peu près
moineau, mais de forme plus délicate ; il est de
couleur brun clair, le dos ponctué de noir et de blanc, la
poi¬
trine couleur d’ardoise, le bec d’un vert
brillant, les yeux
noirs avec un cercle rouge; il aune très
petite queue, qui
comme le
POLYNÉSIENS.
209
est noire du dessous avec des bandes
blanches; les j-ambes
LES
sont d’un vert pâle.
Le Moho-periru ou Motarua est un petit râle de couleur
brun foncé partout, avec des jambes rouges, des yeux noirs,
un cercle
roijge, un bec noir, une petite queue, noire en des¬
la poitrine et les bords antérieurs
sous, ponctuée de blanc;
des ailes sont d’un bleu noir brillant.
LeTotoriwaï est un petit râle noir;
couleur noire : il était autrefois très
le Moho est aussi de
abondant, mais on le
voit rarement aujourd’hui.
Le Koitareke, ou Kokoreke, ou Koutareke [Coturnix Novœ- '
Zelandiœ) est une petite caille, qui a des jambes courtes,
ressemblant à la caille d’Australie par ses caractères géné¬
raux.
Fam. Falconidœ.— Il faut citer dans cette famille le Kahu
{Falco harpe), bel et grand faucon, redoutable pour les
basses-cours et qui ne craint pas d’attaquer les fortes poules.
Les ailes ont près de quatre pieds d’envergure; mais le
corps de ce rapace est très petit, d’un jaune noir, ponctué
de brun, et la poitrine d’une couleur plus claire et ponctuée.
Le Kaiaia, ou Karewarewa, ou Kauaua {falco hrunnca]est un oiseau élégant, très ressemblant à l’épervier d’An¬
gleterre; il a un cri éclatant qui est regardé comme un pré¬
sage du temps; s’il est entendu dans un beau jour, c’est
signe qu’il pleuvra ; s’il l’est dans un jour de pluie, c’est
qu’il fera beau.
Il y a aussi un faucon de nuit, très ressemblant à l’épervier par le plumage (fam. Strigidœ).
Le Koukou ou Ruru {Stryx fulva) est appelé More-pork
par les colons. Cette petite chouette est la seule qui soit
connue à la Nouvelle-Zélande; il est facile de la tuer avec
un
bâton, dans le jour.
{alcyon vagans) ressemble
beaucoup par le plumage au martin-pêcheur anglais, mais
il est moins beau et est d’un tiers plus gros.
Fam. üpupidœ. — Le Kuia {neomorpha gouldii) est un bel
oiseau, ayant de petites ailes. Il a lé volume environ du
geai; il est de couleur noire brillante, avec quatre grandes
Fam. Alcenidœ.
VI.
—
Le Kotare
14,
.210
LES
POLYNÉSIENS,
plumes à la queue, marquées de blanc et présentant une
courbe gracieuse, avec une petite touffe blanche sous la base
de la queue; le mâle a un long bec délié, de couleur jaune
brillant; la femelle a un bec plus mince ; l’œil est de couleur
de plomb ; il a deux petites barbes charnues de chaque côté
de la tête, qui semblent être deux pains à cacheter appli¬
qués sur les joues; les jambes et les pieds sont longs, déliés
et d’un jaune brillant. Son saut est très singulier, comme
celui dü. kangourou. Les naturels font le plus grand cas de
sa peau qui est un article d’échange. On rencontre surtout
cet oiseau au sud des montagnes Ruahine, dans l’Ile-Nord,
particulièrement dans la chaîne appelée Tararua ; les indi¬
gènes envoient les peaux au Nord, après les avoir soigneu¬
sement empaquetées dans
des écorces. On leur donne des
bonne peau est estimée un
dents de requin en retour. Une
pound.
Les suivants sont des oiseaux mangeurs de miel.
{Prostemadera Novæ-Zelandiœ) : Cook a
Il reçut lepremier nom de ce qu’il a deux plumes blanches remarqua¬
bles sur le cou comme des rabats de prêtre, et le dernier, de
sa facilité à imiter les sons. Quoique ses couleurs ne soient
point fastueuses, il y a quelque chose de pudique et d’élég-ant dans son plumage. Il est de couleur noir bronzé, avec
des plumes blanches autour du cou; c’est un agréable chan¬
teur; il est très vif; on le voit incessamment voler de haut
en bas, en jetant ses joyeuses notes variées. Au printemps,
on le voit, dans les arbres kowai s’emparant du pollen des
fleurs avec prestesse. Quand il est apprivoisé, il récite parfai¬
tement toute espèce de son, et s’attache à toute personne qui
le lui apprend, de sorte qu’il est généralement aimé.
Le Tui, Koko
nommé ce bel oiseau le Parson et le Moqueur.
Le Tui devient
excessivement gras dans l’hiver ; on le
prend alors en grande quantité à l’aide de pièges.
Quand le Tui est devenu si gras qu’il en est lui-même incom¬
modé, on dit qu’il se pique la poitrine et détermine la sortie
de l’huile, qui sature complètement ses plumes. Il paraît
qu’il le fait pour s’alléger ; car, quand on le prend, on le
LES
POLYNÉSIENS.
2ll
trouve couvert des marques de ses piqûres : d’où on lui a
donné le nom de koko, « percé, becqueté
On dit que le Tui produit trois fois
dans l’année ; il com¬
septembre, ou chaque printemps, et pond alors
trois œufs ; eii décembre, il pond cinq œufs, et en mars ou
l’automne, il en pond six ou sept, de couleur tout à fait
blanche. Il ne les couve qu’un peu plus de deux semaines.
L’oiseau qui ne peut pas voler est appelé Pi ; plus tard il est
nommé Pikari, et quand il vole Purebo. Mais à la matu¬
rité, c’est un Tui, et quand il devient très gras, c’est un
Koko. La chair de cet oiseau est très prisée et regardée
comme un morceau délicat: c’est avec juste raison;, mais
son chant est encore plus doux à ceux qui l’admirent, et
ceux-là doivent regretter qu’il ne le conserve pas en sor¬
mence
en
tant des fours maori.
{ptilotis cinctà) est un bel oiseau, mangeur de
noire veloutée, de même que ses ailes
avec une touffe de plumes blanches sur chaque joue et cha¬
que aile ; il a "un cercle jaune autour de la partie inférieure
du cou et des ailes. Le dos et la queue sont d’un gris jaunâtre.
Il a à peu près la grosseur du rouge-queue. Le mâle est plus
gros que la femelle, qui n’a pas un aussi beau plumage. Ses
jambes sont fortes, et sa queue légèrement fourchue. Ilpond
quatre œufs. Ses notes sont agréables, mais peu nombreuses.
Le Korimako ou Kokorimako (anthornis melanura] est
le plus agréable chanteur de la Nouvelle-Zélande ; mais il
n’est pas remarquable par son plumage, de couleur jaune
olive, avec une teinte noire bleue sur chaque côté de la tête ;
le reste du corps est de couleur jaune verdâtre; il a une
longue queue fourchue et de fortes ailes ; les jambes ont
une couleur puce. Il pond sept œufs, ponctués de bleu sur
un fond brun. Le mâle est plus gros, et son plumage est
plus brillant, avec plus de vert que la femelle. Au lever du
jour, quand les chantres de la nature s’assemblent, par un
mutuel consentement sur quelque arbre, pour chanter leur
hymne du matin, la note du Korimako domine toutes les au¬
tres et les harmonise : vraiment, rien ne surpasse la douceur
concert, qui n’est entendu qu’un instant et cesse pour
Le Kotihe
miel. Il
a une tête
212
LES
POLYNÉSIENS.
le reste (lu jour jusqu’à ce que les
oiseaux commencent à
faire koro, ou à indiquer que le jour est fini ; alors, dans
de
ques parties du sud, ils se rassemblent
nouveau
chanter leur hymne du soir ; mais cela n’a pas
quel¬
pour
généralement
lieu; le temps préféré est le matin. J’ai compté seize oiseaux
différentes
de
espèces ainsi perchés
ensemble sur une
branche, et dans la plus grande harmonie que l’on appelle
aussi kapara. A ce genre appartient
Tphala des îles Chatam.
Vanthornis melanoce-
Fam. Luscinidœ. — LeMatataou Koroatito (Sp/ienœacus ?
punctatus) est un petit oiseau noir brun, avec une poitrine
blanche ponctuée de brun; il a quatre plumes long-ues et
quatre courtes à la queue, semblables par leur structure à
celles de l’Emu et du Kiwi ; c’est un oiseau de marais, vo¬
lant bas et à peu de distance, à travers les joncs et la fou¬
gère, ayant un cri perçant, et qui peut être tué facilement
avec un bâton. C’était anciennement un oiseau sacré, et
qu’on offrait en sacrifice quand une troupe de guerre reve¬
nait sans succès.
.
Le Riroriro est le roitelet. Cet oiseau, le plus petit, est de
couleur gris jaunâtre. Le mâle aune tête noire bleue.
très franc.
Fam.
un
Il est
Turdidæ. --Le Piopio {Turnagra crassirostris) est
oiseau de la grosseur
environ d’une grive, avec un bec
court, étroit, la queue rouge, la poitrine jaune et le dos brun.
C’est un oiseau de passage venant du sud :
Piopio wirunga
proverbe,
nga tau ko Matatua te loaka. « Le Piopio, dit le
vint sur l’avant du Matatua, » l’uu des premiers canots qui
sont venus d’Hawahiki.
Piwakawaka ou Tirakaraka est un
joli petit oiseau, toujours en mouvement; très sociable et se
plaisant à déployer sa belle petite queue en éventail. Il aune
Fam. Muscicapidœ. —
blanche
tête comme le rouge-queue, avec une raie noire et
sous le col, aboutissant à un point au centre de la gorge.
Ses ailes sont en pointe. Il est très habile à prendre les mou¬
ches et l’un des favoris des Maori : aussi suit-il généralement
à Maui.
[miro alhifrons) est un petit oiseau noir et
leurs pas. Il était consacré
Le Miromiro
LES
POLYNÉSIENS.
213
blanc, ayant une grosse tête; il est très franc, et chante
quelques notes mélancoliques ; il vole généralement parmi
les tombeaux et dans les broussailles isolées. Le Miro-toitoi
{muscicapa toïtoï) ou Ngirungiru, est un oiseau dont le plu¬
mage e.st noir et blanc avec une bande blanche, et quelques-
des
unes
blanc.
premières plumes de chaque aile teintées de
Fam. Cortidce. — Le Kokako ou corneille de la Nouvelle-
Zélande, a le volume à peu près d’un petit poulet, avec de
longues jambes, et des ailes remarquablement courtes; ses
yeux sont couleur de lavande. La tête est très petite. Il a un
fort bec noir, un peu courbé, et un petit pendant, couleur
bleu clair brillant, de
seau
chaque côté de l’oreille. C’est un oi¬
artificieux, très volenr et peureux. Sa viande est dure,
mais quand elle a
été écorchée et trempée dans l’eau avant
de la faire cuire, elle devient plus mangeable.
Fam. Sturnidœ. — Le Tieki {Ereadion carunculatus) est un
bel oiseau noir, qui a une bande châtaine en travers du dos
et des ailes ; il a aussi une pendeloque charnue de chaque
côté de la tête. Le Tieki est regardé comme un oiseau de
présage : s’il vole à droite, c’est un bon signe; s’il vole à
gauche, c’est le contraire.
Fam. Fringïllidœ. — Le Pihoihoi, Wioi, Kataitai {alauda
Novœ-Zelandiœ) est un petit oiseau ressemblant beaucoup à
l’alouette, mais il ne chante pas. Il est de couleur grise ; sa
poitrine est blanche avec des points gris. 11 fait son nid sur
le sol, et ressemble beaucoup à celle qui porte le même nom
en Angleterre.
Fam. Psittacidæ. Le Kakariki
ou
Powaïtera
[platycercus
Novœ-Zelandiœ] est un joli petit perroquet vert, ayant une
bec et sous la gorge.
la grosseur environ d’une petite
grive; il vole très vite et a un cri pénétrant. C'est un excel¬
lent manger. Celui qui a du rouge sur la tête est appelé
Kakariki-matua; l’autre avec du jaune est appelé Kakarikiporere : il y en a plusieurs espèces différentes.
Le Kaka {nestor meridionalis) est généralement brun
"foncé, avec un reflet rougeâtre ; la poitrine est également
bande rouge ou jaune sur le haut du
Cet élégant oiseau est de
POLYNÉSIENS.
214
LES
rouge et brune, avec
des plumes rouges brillantes sous les
ailes. Le bec est très fort et courbé ; le cri est remarquable¬
ment fort et dur. Quand les autres oiseaux font leur concert
du matin, le Kaka l’arrête généralement par son cri strident,
quand il pense qu’ils ont chanté assez longtemps.Il a un bel
œil noir. C’est un gros oiseau, peu inférieur en volume au
canard; on l'apprivoise facilement et il apprend à parler. Les
naturels en font des mokai ou favoris, et s’en sêrvent géné¬
ralement pour attraper les kaka sauvag’es. On mange cet
oiseau ; mais il est très sec, et, excepté la poitrine, très sa¬
voureux. 11 fait son nid dans les trous des arbres, et pond
deux, quatre et quelquefois sept œufs. On trouve générale¬
ment trois de ces oiseaux dans le même trou, un mâle et.
deux femelles ; leurs nids sont si voisins que chaque oiseau
peut couver les œufs de l’autre et lui donner ainsi le moyen
de s’absenter. Les naturels ont le dicton que jamais le Kaka
ne se pose sur l’arbre Maire. Une espèce, dont le bec est plus
gros est appelée Kaka-huripa ; celle qui a le bec plus petit
est appelée Kaka-motarana. Quelques kaka font leurs nids
dans les roches sablonneuses; ils sont de couleur beaucoup
plus claire, le dos et les ailes de couleur de boue, et leur
poitrine est, d’un rouge brillant. Cette espèce doit être le
Playcercus auriceps ou Trichoglossus aurifrons (Korako).
L’oiseau de cette famille le plus remarquable est le Kakapo ou Tarepo {Strigopshabroptilus), perroquet de nuit. 11
est aussi gros qu’une poule, de couleur vert jaune, clair,
avec des bandes brunes, de grandes moustaches noires; il
fréquente les montagnes et les précipices, et, bien qu’il pos¬
sède des ailes, il s’en sert rarement; il va par troupes; un
d’eux veille généralement et si soigneusement qu’on n’en
peut jamais rapprocher du côté du vent. Par son apparence
il ressemble au hibou. Les indigènes disent qu’il y en a deux
espèces, dont l’une est aussi grosse que le Kiwi; elle est ex¬
cessivement rare, et sera bientôt éteinte dans l’Ile-Nord.
J’en ai vu seulement denx individus, qui avaient été pris
dans une île. C’est un manger délicat. Cet oiseau remarqua¬
ble est plus abondant dans l’Ile-du-Milieu.
Fam. Cuculidœ. — Le Kohoperoa, Hawekawea ou Koekoea
J
LES
POLYNÉSIENS.
215
[Andynamys taïtensis), est un oiseau de passage, et l’un des
coucous de la Nouvelle-Zélande; il a une longue
queue, de
la même couleur que l’épervier, et tout à fait semblable; le
corps est court et mince, avec de courtes jambes et de forts
ongles. C’est un oiseau chanteur agréable, mais on ne l’en¬
tend que peifdant les mois les plus chauds de l’année chan¬
ter toute la nuit. Sa venue indique qu’il faut planter les kumara, et son départ qu’il est temps de les bêcher. Quelquesuns croient que cet oiseau hiverne sous l’eau. Les naturels
de Taupo pensent qu’il s’introduit dans les trous, où. il se
change en lézard et perd ses plumes; à l’approche de l’été,
il sort en rampant de son trou, ses plumes commencent
alors à pousser, sa queue tombe, et il redevient de nouveau
un oiseau. Sous sa forme de lézard, il est appelé He-ngaha,
et, chez les Wangapui, He-piri-rewa ou arbre lézard. Les
indigènes disent que le Kohoperoa cesse de chanter toutes
les fois qpe le vent est sur le point de souffler du Sud, et
qu’il ne recommence que quand le vent d’Ouest ou une
brise du Nord s’élève. Quand un enfant est abandonné par
les parents, on le dit être « un œuf dans un
autre nid, » te
parahaka o te Koekoea.
Le Piwarauroa {Cuculus nitens) est l’autre coucou, qui est
poitrine est blanche, les
plumes en sont frangées de vert et or; le bec est vert, or et
bronze ; les plumes, sous la queue, sont blanches, ponctuées
de brun. Il a une note aigre particulière. Quand on com¬
mence à l’entendre en août, son cri est faible, kui kui te ora:
il se plaint qu’il fait froid; mais à mesure que le soleil de¬
vient plus chaud et que l’été s’avance, sa note se change en
witi ora, witi ora, « j’ai chaud. » Il y a un proverbe qui dit
que, s’il continue de crier kuikui, l’été sera froid; mais que
la saison sera chaude s’il chante witi-ora, witi-ora. On dit
que ces deux oiseaux de passage partagent l’année entre
la Nouvelle-Zélande et Hawahiki, arrivant en septembre
et partant en mars.
Fam. Columbidœ. Le Keriru, Kukupa [Kuku carpophaga
Novœ-Zelandice), ou pigeon des bois, est un bel et gros oi¬
seau, dp. yolume du canard ; la partie supérieure de la poiaussi up oiseau de passage. Sa
216
LES
POLYNÉSIENS.
trille est vert doré ; la partie inférieure, blanc pur, les jam¬
bes et le bec sont roug-es. Il vole lourdement et est si stu¬
pide, qu’il devient facilement la proie de ses ennemis. Si
deux oiseaux sont sur un arbre et que l’un d’eux soit atteint,
l’autre s’envole rarement. Sa principale nourriture est le
fruit du miro, dans la saison : alors c’est une bbnne nourri¬
ture ; dans
les autres temps, il se nourrit d’un cbou sau¬
vage, et au printemps des jeunes feuilles du kowaï : alors il
n’est pas salutaire. Les naturels eu conservent de g’randes
quantités dans des calebasses, après en avoir extrait les os ;
on les appelle alors Kuku. Cela se fait an commencement de
l’hiver, alors qu’ils sont très gras, et les naturels en extraient
de l’huile. On dit que le pigeon ne se pose jamais sur l’arbre
Rata. Je n’ai vu qu’une espèce de cet oiseau.
Fam. Tetraonidce.
Le Kokoreke, Koutareke ou Koita(Coturnix Novœ-Zelandiœ) est la caille, oiseau très
rare; elle est plus petite, mais autrement ressemble beau¬
coup à la caille d’Australie ; elle est beaucoup plus abon¬
—
reke
dante dans l’Ile-du-Milieu.
Fam. Charadridœ. — Le Torea
{Hœmatopus
un
picatus) est
oiseau de mer, noir, avec des jambes et un bec rouges.
hAM. Ardeidœ.
—
Le Matnku-urepo [Botaurus melanotus)
butor très répandu par toute la Nouvelle-Zélande.
11 est de couleur de peau de bœuf, avec des points bruns,
est
un
plus claire sous la poitrine ; il pousse trois sons creux et
cesse alors pendant quelque temps avant de recommencer.
Quand il s’arrête pour se reposer ou dormir, il tient son bec
dirigé vers les deux, ce qui lui donne une singulière appa¬
rence.
Le
Matuku
{Herodias matuku) est couleur de cendre
claire. Le sommet de la tête est couvert
de minces filets
soyeux, et le dos du crâne est de couleur rouge,
ment chauve. Son col
et ses jambes
complète¬
sont longs. La femelle
pond deux œufs de couleur bleu pâle, du volume environ
d’un œuf de dindon. C’est un oiseau très prudent, et qu’on
voit rarement. Il vole gracieusement, avec ses longues
jam¬
bes étendues comme une queue.
Le Kotuku [Herodias flavirostris)
est le héron blanc ; bel
LE3
POLYNÉ3IEN3.
317
oiseau, rare ; il aun bec jaune, et les jambes de couleur vert
Quoiqu’il soit assez abondant dans l’Ile-Sud, on le
l’Ile-Nord ; de telle sorte qu'il y a un
proverbe qui dit : Kotahi ano te regenga o te Kutuku, c un
homme ne voit le héron blanc qu’une fois dans sa vie. i
Fam. Scolopacidœ. — Le Tarapuug’a {Himantopus NovœZelandiœ) est un oiseau blanc sur la poitrine, à ailes noires
comme le dos et la tête, à bec rouge légèrement courbé endessus, avec de longues jambes rouges. On le trouve sur le
lac Taupo avec plusieurs autres espèces d’oiseaux de mer.
FA.M.Anatidœ.— Le Parera, ou Turuki(Anas superciliosa),
est le canard, très ressemblant au canard sauvage d’Angle¬
terre. Ceux de l’intérieur paraissent être d’une espèce plus
grande.
Le Putangitangi [Casarca
variegata) est le canard du
Paradis. Ce bel oiseau est confiné dans la partie sud de l’Ile
Nord, mais il est très abondant dans l’Ile-du Milieu. Les
couleurs de cet oiseau sont très séparées : la poitrine est
blanche, les ailes sont d’un rouge jaunâtre ou orange foncé,
et le dos en partie coloré : on l’apprivoise facilement.
Le 'Wio [HymenoLaimus malacorynchus) est le canard
bleu, qu’on trouve en abondance dans les ruisseaux des
montagnes de la partie sud de l’Ile-Nord et dans l’ile-duMilieu ; il tire son nom de son cri. Cet oiseau a une mem¬
brane remarquable attachée à son bec ; il est très estimé par¬
les naturels ; il gravit les rochers au moyen des articulations
de ses ailes, dégarnies de plumes et calleuses, et il se sert de
sa courte et forte queue comme de support. Il y a plusieurs
variétés de sarcelles, de poules d’eau, de plongeons, etc.
Fam. Alcidœ.
Le Korora [Spheniscus minor) est le petit
pingouin vert et blanc, qui était autrefois très abondant ; il
pond deux œufs blancs dans les crevasses des rochers et les
trous près du rivage de la mer.
Le Hoiho {Eudyptes antipodes) est un pingouin une fois
plus gros que le premier : son dos est noir brun, et sa poi¬
obscur.
voit rarement dans
—
trine blanche ; on le voit très rarement dans l’Ile-Nord de
la Nouvelle-Zélande.
Fam. Proeellaridœ. — LeTiti
[pdeeanoïdes urinatrix) est
LES POLYNÉSIENS.
218
un
oiseau de
se rend
mer
gris foncé, avec une poitrine blanclie ; il
à terre au soleil couchant, et il pose à l’entrée de la
nuit pendant un instant avec grand
bruit; il pond un œuf
On suppose qu’il
fait un amas de nourriture pour son petit, une fois couvé,
et qu’alors il l’abandonne; d’où le proverbe : He inanu wanga
inga tahi, « un oiseau qui ne nourrit que son petit. »
Toroa [Diomedea exulans). — L’albatros se trouve dans les
mers de la Nouvelle-Zélande. Ses plumes sont très estimées
comme ornements par les indigènes, et plus particulière¬
ment celles qui sont sous l’aile : elles sont d’un blanc pur, et
leurs touffes duvetées sont passées dans le trou du lobe de
dans les trous de rochers, et est très gras.
l’oreille. Les os des ailes sont aussi employés comme orne¬
ments du cou et de l’oreille.
Fam. Pelicanidœ. — Le Kauwqu ou Karuhiruhi (grauca-
lus varius v?.l carunculatus) est un oiseau noir pu noir et
blanc, qui abonde dans les rivières et les havres. Ce sont des
oiseaux sociables, qui construisent leurs nids en grand nom¬
bre sur le meme arbre, pendant au-dessus de l’eau, L’odeur
d’une de ces colonies est tout à fait insupportable.
Le Totoara est un oiseau couleur
d’ardoise, qui a quel¬
ques plumes blanches près du bec : c’est le rouge-gorge de
la Nouvelle-Zélande ; oiseau très grave, mais facile à appri¬
voiser et suivant toujours les pas de l’homme.
Nous avons omis, dans cette liste, beaucoup d’oiseaux qui
ne sont pas classés, mais nous avons fait connaître les plus,
intéressants.
Fam. ScincidcB. —Autrefois la Nouvelle-Zélande possé¬
dait plusieurs espèces de lézards, et si l’on pouvait s’en rap¬
porter aux récits des naturels, plusieurs d’entre eux avaient
grand volume. Lorsque les Européens visitèrent pour
un très
fois ces îles, ils étaient même beaucoup plus
nombreux qu’il ne sont aujourd’hui; leur diminution peut
la première
être attribuée aux incendies fréquents et à l’introduction des
chats, qui en sont avides ; c’est pourquoi ils sont comparati¬
vement rarement vus aujourd’hui. Le principal lézard encore
existant est le Ruatara {Tiliqua
aœlandica), l’Iguane. R a
219
LES POLYNÉSIENS.
environ 16 pouces de long; sa tête est grosse,' avec un
œil doux ;
bel
il a une rangée de pointes blanches sur le dos
quelques-unes pareilles, mais noires' sur la queue ; les
la langue triangulaire. Ses orteils
sont déliés ; il se met sur le dos quand il se chauffe au soleil
et dans son terrier. On ne le trouve que sur les petites îles
du détroit de Cook.ou sur la côte Est de l’Ile-Nord. Il est de
couleur brun foncé, mélangé de jaune. Les naturels en ont
une grande horreur, quoiqu’il soit tout à fait innocent.
Le Kakariki {Haultinus elegans] est un beau lézard vert
luisant, d’environ huit pouces de long; il a le pouvoir de
contracter ou de dilater la pupille de son œil, ce qui effraie
beaucoup les indigènes. Mais ils sont surtout alarmés quand
ils l’entendent rire; c’est ainsi qu’ils appellent le bruit qu’il
fait : c’est, disent-ils, un signe certain de mort pour la per¬
sonne qui l’entend. Ils s’imaginent que toutes les maladies
sont causées par ce lézard qui se glisse dans leur gorge pen¬
dant qu’ils dorment. Le male est tout à fait vert ; la femelle
a une ligne longitudinale de points blancs qui descend jus¬
qu’en bas de chaque côté.
Il y a plusieurs autres espèces de lézards, dont l’une est
admirablement ponctuée et couleur de velours noir ; une
autre est couleur de chair sous le col et le ventre, et noir
avec
dents sont arrondies et
foncé sur le dos.
du duvet, et
le lac à PierreVerte. Un nommé Hawkins, qui demeura dans cette partie
de l’île pendant plusieurs années, passe pour avoir pris un
de ces lézards qu’il tenait attaché à l’aide d’une chaîne à
chien. Ils sont amphibies. Le même individu prit aussi un
des Emus de nuit, qui, disait-on, avait près d’un yard
(3 pieds) de haut. Le même encore a rencontré ce qu’il appe¬
lait une espèce de loutre d’eau douce : mais, comme leurs
peaux ne valaient pas celles des phoques, il ne se donna pas
la peine de les chasser. Ce dernier paraît être le castor dont
On dit que ces lézards noirs, ayant du poil ou
environ quatre pieds de long, abondent dans
nous avons
parlé ailleurs.
ORD. Amphibia. — Fam. Ranœ. — Jusqu’à ces
derniers
220
LES
POLYNÉSIENS.
temps, on n’avait pas cru que la g-renouille existât à la Nou¬
velle-Zélande; car, quoique Pollack eût dit qu’il n’avait pas
pu dormir à cause de leurs
coassements, aucun autre voya¬
geur n’avait rencontré cet inconvénient, et beaucoup avaient
traversé le pays plus complètement sans en voir*. La décou¬
verte do la
grenouille à la Nouvelle-Zélande était réservée
aux chercheurs
d’or du havre Coromandel ; là, en 1852, on
trouva trois petites dans leurs
fosses ; plus tard, j’ai ap¬
pris qu’on en avait rencontré par hasard une dans le voisi¬
nage d’Auckland. Excepté ces cas, je n’en ai vu aucune, ni
appris que d’autres eu aient vu; elles doivent être excessive¬
ment rares,et si je n’avais pas entendu dire
par les indigè¬
nes qu’il y a une grosse
grenouille surl’île de Mana, j’aurais
été porté à croire que celles de Coromandel
y avaient été
apportées accidentellement de Sydney. Les indigènes décri¬
vent une grosse grenouille qu’ils
appellent Moko-mokai,
a-Maru-te Ware-aitu, comme ayant été autrefois très abon¬
dante sur cette île; ils disent qu’elle était aussi grosse
qu’un
poulet, et que, dans son état de têtard, elle avait plus d'un
pied de long; ils affirment aussi qu’i! y en avait une plus
petite dans la même localité; mais l’existence du têtard de
grenouille ne repose que sur leurs récits.
On n’a jamais rencontré aucun serpent,
quoiqu’on dise
que plusieurs ont été introduits par des navires venant de
Sydney.
Plusieurs des vers de terre sont presque comme des ser¬
pents, ayant plus d’un pied de long; quelques-uns d’eux
étaient anciennement mangés et passaient pour être très
bons : c’est ainsi qu’on le pensait pour le
Toke-tipa, très
long et très gros ver, qui se nourrit de racines. Il y a un
dicton à ce sujet ; c’est que le reka ou la douceur de ce ver
reste encore dans la bouche deux jours
après qu’il a été
mangé.
en
Les poissons
de la Nouvelle-Zélande sont nombreux et
manquent pas de variétés. Je vais m’efforcer de donner
un aperçu succinct de différentes
espèces.
ne
L’Aille est un gros poisson, de vingt-quatre
pieds de long.
LES
POLYNÉSIENS.
221
ayant la tête petite comme le marsouin, et des dents pareil¬
les. Il appartient
probablement au même ordre, et est le
même que le Rarihi,
L’Awa est un
petit poisson de rivière, ressemblant au
rouget; les colons l’appellent lo hareng, parce qu’il lui
ressemble paf la forme. Il est synonyme de ïakeke.
poisson d’environ un pied et demi de long,
qui a de grandes écailles remarquables ; ses nageoires dor¬
L’Araara est un
sales et caudales sont couvertes d’écailles.
L’Hapuku ou Whapuku, ordinairement appelé la morue, a
goût infiniment supérieur ; par l’extérieur il ressemble
au saumon et est connu à la Nouvelle-Zélande,
comme la
Juive. Il atteint un fort volume et e.st regardé comme le
meilleur poisson de la Nouvelle-Zélande.
Le Kahawaï [Ceutopristes trutta ou mulloïdes) a générale¬
ment de 15 à 30 pouces de long ; on le prend à l’hameçon et
à l’aide d’un morceau de coquille d'Haliotide ; son goût est
un peu aigre, mais sa grande abondance le rend précieux
un
comme
article de nourriture.
Le Kirikiri ou Pakirikiri est un poisspn à peau rude; il a
deux épines sur le do.s, qu’il élève
à volonté; c’est un court,
mais large poisson {Labrus pizcilapleura).
Koputarara, Kopuawai, Papati et Totara : tous ces noms
rond, couvert d’épi¬
nes; il peut se gonfler comme une boule ; les nageoires dor¬
sales et caudales sont très petites ; il n’a pas de dents, mais
un bord supérieur et inférieur en os. Il contient une double
poche à air qui est employée par les indigènes comme bou¬
sont ceux du Diodon : c’est un poisson
teille.
Le Kanae
est un
poisson abondant sur quelques
points
aussi dans le Wangape, lac d’eau
douce, à 70 milles dans l’intérieur, près de Waïkato.
Le Kumukumu est un poisson rouge, avec une peau dure
et calleuse; il tire son nom du bruit qu’il fait.
Le Manga ou Paro, long poisson étroit, qui a de très min¬
ces écailles et deux à quatre pieds de long, a la forme d’une
épée ; le dos est vert foncé; le ventre blanc d’argent; une
nageoire dorsale occupe presque toute sa longueur. On n’en
de la côte; on le trouve
222
LES POLYNÉSIENS .
prend jamais, mais on dit qu’il est tué par la gelée quand il
nage près de la surface de l’eau; lors d’une matinée à gelée,
grand nombre sur le rivage. On en fait le
plus graud cas comme nourriture.
Fam. Scyllium. — Mango {Squalus Lima) ^est le nom
donné au chien de mer aussi bien qu’au requin ; il abonde
sur les côtes de la Nouvelle-Zélande, où on le prend en
grand nombre : quelques-uns ont une grosseur considérable
et sont capables de couper la cuisse d’un homme. Le Mangopare {Squalus zygœna) est le requin tête de marteau.
Le Tuatini est une espèce de requin, qui a souvent dix
pieds de long et est très sauvage. Les dents sont disposées
par rangées ; elles servaient autrefois de couteaux pour dé¬
couper les corps humains avant de les mettre au four.
Le Nga est un poisson gélatineux, d’un à deux pieds de
long, quelquefois comme une fine anguille; les baleiniers
on en trouve un
l’appellent la fusée.
poisson volant. 11 a quelquefois deux
pieds de long, et il est regardé comme une excellente nour¬
riture {Exocetus exiliens et volitans).
Le Moki {Latris ciliaris) est la merluche. Quelques-uns
l’appellent la morue de rocher. Il a environ quatorze pouces
de long, il a meilleur goût que la morue et les autres pois¬
sons qui reçoivent ce nom.
Ngoiro et Koiro, le congre, est très semblable à celui
d’Europe. On en prend beaucoup, et on le regarde comme
une bonne nourriture. C’est un poisson très barbare.
Le Pakaurua ou Wae est la raie à épine. Ce poisson remar¬
quable est très abondant dans les eaux peu profondes; il at¬
teint souvent un fort volume, et a souvent près de deux pieds
de large. Il a une longue queue et un os barbelé en-des¬
sous, avec lequel il fait de très dangereuses blessures qui
souvent causent la mort {Raia rostrata).
Patiki est le nom commun de la sole et des poissons plats.
Cette dernière espèce se trouve dans les rivières ; mais elle
diminue de grosseur eu raison de son éloignement de la
mer; à cent milles dans l’intérieur, elle n’a guère plus de
Le Maroro est le
deux pouces de diamètre [Rhombus pleheius).
LES POLYNESIENS.
223
Ngehe est un poisson de roclier, ponctué de Manc et de
brun.
Pibapiharau, la lamproie, a presque seize pouces de long ;
d’argent ; les indigènes ont le dicton suivant :
iVo Rangiritgi te Pihapiharau, « la lamproie vient de la
fontaine dë Rangiriri. » Le nom du poisson est tiré de ses
nombreuses ouïes. On le prend en grande quantité.
Rari est un grand poisson, qui a deux longs pendants
blancs à la partie inférieure de la mâchoire ; il a la grosseur
à peu près de la morue, et lui ressemble beaucoup par la
sa couleur est
forme et le goût.
Le Takeke est l’éperlan;
il est le même que celui d’Eu¬
rope.
est une espèe de cat-fisJi, ayant deux curieuses
saillies comme des pieds et les nageoires ventrales unies v
Le Papaki
(f/ie Snapper) est un poisson
grand comme la brème ; il est très commun ; c’est celui de
tous qu’on prend en plus grande quantité.
Le Tumure
ou
Kouarea
Le Puraruraru, est un poisson rayé de rouge, avec des pi¬
quants sur le dos et les nageoires. On ne le mange pas.
Le Tawatawa a environ le même volume que le Kabawai
où Maquereau, auquel il ressemble beaucoup par la forme
générale et la couleur. Les indigènes ont le proverbe sui¬
vant à son occasion : Me
te kiri Tawatawa ka takato o te
langata nei, « La peau du Tawatawa quand il est pris
change comme celle de l’homme quand il est tué. »
Le Raumarie est un beau poissoUj ressemblant au maque¬
reau.
espèce de lamproie, d’environ deux pieds
Il a plusieurs petites barbes attachées à la tête, et
une large queue plate; sa couleur est noir foncé; son corps
est d’une épaisseur égale, comme celui du Pihapiharau.
Le Tuefe est une
de long.
L’üku-Oru est une variété de la raie Tutuira.
Le Warehou, Warehenga, est un poisson qui se trouve sur
longueur de deux pieds
largeur de dix-huit pouces. Il ressemble au Kahawai»
les côtes rocheuses; il atteint une
sur une
mais il a bien meilleur goût.
224
LES
POLYNÉSIENS.
Hako est un gros poisson comme le saumon {Brosimus veniistus).
Hoka, poisson d’environ deux pieds de long, de couleur
rougeâtre, avec de petites écailles.
Puliaiao, petit poisson noir et rouge : les naturels disent :
Quant le Puhaiao est pris, le Hapuku le sera sûrement. »
Matawa, gros poisson, ayant près de ving’t pieds de long,
et étroit en proportion; très huileux.
Huranga, gros poisson à huile sans écaille, ressemblant
au requin.
«
Fam. Chimeridce.
Repe.
—
{Callorhynchus antarcticus) Repe-
La Nouvelle-Zélande n’a pas de gros poisson d’eau douce.
La seule exception
est la Tuna ou anguille ; il y en a un
grand nombre de variétés, et presque tous les autres pois¬
sons d’eau douce lui ressemblent plus ou moins. Le grand
nombre de noms donnés à ce poisson et le soin que les indi¬
gènes prennent de distinguer la moindre différence exis¬
tant entre eux montrent quelle importance ils lui accor¬
dent; l’anguille atteint un volume considérable, mais je
pense que c’est une espèce différente des plus petites. Les
plus grosses anguilles sont appelées Kuabine; on les nour¬
rissait anciennement, et on les regardait comme des dieux
inférieurs. Il y a une anguille appelée Tuoro, qu’on trouve
dans les marais; elle passe pour avoir une grosse tête et pour
attaquer l’homme.
Taibarakeke, anguille rouge, qu’on trouve dans les raci¬
nes du phormium.
Kobo, Kokopu, gros poisson d’eau douce, ayant une très
grande tête et une grande bouche ; il a environ deux pieds
dé long, et est presque aussi épais; il fait un grand bruit,
qu’on peut entendre à quelque distance. 11 est sans écailles
et ressemble à l’anguille. Je ne l’ai pas vu.
Inanga, petit poisson d’eau douce, abondant dans la plu¬
part des lacs, spécialement dans ceux de Taupo et de Rotorua. Il a trois à
cinq pouces de long {Eleotris basalis).
Karohi, très petit poisson transparent à écailles, de deux
pouces de long; il se trouve dans les rivières à marées.
5
LES POLYNÉSIENS.
225
Koaro, petit poisson d'eau douce de trois pouces de long,
très estimé. On le trouve dans la plupart des rivières et des
lacs.
Kokopu, poisson à écailles, trouvé dans tous les ruisseaux
douce^; il a de cinq à dix pouces de long et il est gros
proportion.
Pangohengohe, Papangoke, poisson d’eau douce de qua¬
tre à huit pouces de long et sans écailles : Syn. Papangoko.
Pokotolie, Porohe, petit poisson d’eau douce du Waïkato;
il a un pouce et demi de long.
Takaruwha, poisson d’eau douce d’un pied de long et gros
en proportion, qui se trouve dans le Waingongoro ; on l’ap¬
pelle l’anguille truitée; il se prend à la mouche.
Takeke, petit poisson d’eau douce; syn. Tikihemi: c’est un
poisson huileux.
Totoronga, petit poisson qu’on trouve dans les rivières à
marées, et qui a des écailles.
Tuaweta, variété de l’inanga.
Tangariki, petit poisson de deux à trois pouces de long.
Tohitohi, petit poisson de deux pouces de long.
Les variétés des plus petits poissons sont distinguées par
des noms particuliers nombreux, quoique l’observateur or¬
dinaire n’y voie pas de différence.
d’eau
en
Parmi les Crnstacés
Koura, qui est le nom
générique de l’écrevisse de mer et de l’écrevisse d’eau douce ;
la première a presque deux pieds de- long ; elle abonde sur
toutes les côtes rocheuses ; la dernière a de quatre à huit
pouces de long. Les lacs Rotorua et Iti sont pleins des plus
grandes ; mais, près de Paparoa, sur le Wahganui, j’en ai
rencontré une ayant presque un pied de long.
Wae-rau-potikete est l’araignée de mer d’environ un
pouce et demi de large au travers de la carapace; elle est
couverte d’épines tranchantes,et e-st employée comme amorce
pour prendre le requin.
Le Papaka est le crabe : le plus grand a environ deux
IV.
se
trouve le
15
226
LES
POLYNÉSIENS.
pouces et demi par le travers de la carapace; un
petit crabe,
appelé le Rerepari, abonde dans les marais salins. On trouve
aussi un petit crabe dans la moule ; il est tout rond et rouge
de corps, et a de petites jambes. J’ai trouvé un petit crabe
d’eau douce, à 70 milles à l’intérieur, il n’a pas<ïmoins d’un
demi-pouce à travers la coquille et est de couleur vert som¬
bre. 11 n'y a pas de homard [lobster) à la Nouvelle-Zélande.
Kowitiwiti-moana est une très petite chevrette de mer,
d’un pouce de long environ, qui abonde sur les plages de
sable.
Mamaiti est une
espèce plus grande; il y a aussi un in¬
secte de terre qui ressemble à la chevrette par sa
habitudes.
forme et ses
Tarekihi est un beau poisson plat argenté, avec un point
noir sur le dos.
Hippocampus abdominalis, le cheval marin. J’ai rencontré
étroite. On
de l’île.
deux espèces de ce singulier poisson, l’une étant
le trouve principalement dans la partie nord
Patangai est une étoile à douze rayons.
Weki en est une qui a un très petit corps et cinq rayons.
Tori-tori et Kotoretore sont des anémones de mer.
ünga-onga, ortie de mer, mollusque.
Pongoungou ou Pongorunguru, ou Papa-taura, sont des
variétés
d'éponge ; quelques-unes d’entre elles sont supé¬
rieures à celles de Turquie.
Potipoti {Fhisalia), beau mollusque d’un beau bleu foncé
ou pourpre.
Le nom commun pour
tous les poissons est Ika ou Ngo-
nent aux genres qui ne
se trouvent que dans les parties les
hengohe ; celui de toutes les coquilles univalves, Pupu, et
des bivalves Pipi et Anga, qui renferme les deux espèces.
Le docteur Gray a remarqué que les coquillages de la Nou¬
velle-Zélande, comme ceux d'autres parties de l’océan du
Sud, sont souvent plus grands et de couleur plus brillante
que les espèces qu’on trouve aux mêmes latitudes de l’hémis¬
phère Nord; c’est ce qui arrive plus particulièrement poul¬
ies espèces terrestres : quelques-uns d’entre eux appartien¬
LES
POLYNÉSIENS.
227
plus chaudes de la moitié Nord du monde. Le genre Struthiolaria est propre à la Nouvelle-Zélande.
Voici le nom de quelques-unes des plus belles espèces.
Fam. Muricidœ.
Putotara {triton variegatum). Ce beau
coquillage â souvent près d’un pied de long; on en fait une
trompette. On ne le trouve qu’à l’extrémité nord de l’IleNord de la Nouvelle-Zélande, mais il paraît avoir été plus
généralement répandu autrefois.
Fam. Volutidœ.
La Voluta magnifica ne se trouve que
près du cap Maria-Van-Diemen, et du cap Nord; c’est le
plus grand et le plus beau coquillage que l’on trouve à la
Nouvelle-Zélande. Pupu-Kari-Kawa est une grande volute
—
—
tachetée.
Fam. rroc/iidœ.—C'est une famille nombreuse.
Ngaruru
grande espèce. Ce nom est aussi donné au trochus imperialis. Miti-miti est un petit trocbus.
Fam. Haliotidœ.
Pawa [haliotis Iris) est une belle co¬
quille qu’on trouve parfois d’un volume considérable. On
s’en sert pour faire des hameçons. Le mollusque est mangé
cuit et cru par les indigènes ; il est très coriace. On trouve
différentes variétés de ce coquillage dans les diverses par¬
ties de l’île. Il y a aussi un petit coquillage terrestre, pres¬
que pareil à l’Haliotis ; il a environ un pouce de long et est
de couleur olive, il a intérieurement le lustre de la coquille
perlière. Le limaçon qui le porte est de couleur de chocolat
foncé {Haliotidæ, Wanganui).
Fam. Patellidœ.
Ngakapi, la moule ? On en trouve plu¬
sieurs variétés, quelques-unes très larges, d’autres en forme
d’étoile ; quelques-unes sessiles, d’autres percées au som¬
en
est une
—
—
met.
Chitonidœ. — Papa-piko ou grand oscabrion : c’est
aussi une nombreuse famille.
Fam
,
Fam. Helieidæ.
Pupu-rangi {helyx husbyi), grande co¬
quille aplatie, avec un extérieur coloré olive et brillant; l’in¬
térieur est bleu. Cebeau coquillage a quelquefois trois pouces
—
de diamètre. Il habite sur ie sommet des arbres des hautes
forêts, d’où la tempête le fait tomber ; c’est pour cela que les
naturels l’appellent le coquillage du ciel.
On ne le trouve
228
POLYNÉSIENS.
LES
pas plus au sud qu’Auckland, dans l’Ile-Nord; mais sir
Grey
échantillon brisé dans la baie du Massacre
en a trouvé un
(Ile-du-Milieu).
Le Bulimus hongi, Pupuharakeke, se trouve surtout près
du cap Nord; il y abonde parmi les Pliormiums.cTCette belle
coquille est de couleur chocolai foncé, avec l’intérieur blanc
ou orange brillant ; elle a près de quatre pouces de long.
On dit que le Bulimus vibraius abonde sur les Trois-Jiois.
Fam. Mesodesmidœ.
Pipi : c’est le coquillage le plus
abondant et le plus grand. 11 contient parfois des perles noi¬
—
res
d’un volume considérable.
Pam.
Mytilidœ. — Kukii ou la moule, abonde dans le
de
Dans le sud on en
trouve une qui a l’intérieur d’un vert foncé brillant, et qui est
rouge feu extérieurement; une autre qui a le périoste mince
nord de l’île où on en trouve souvent qui ont dix pouces
long. Alors elle est appelée Kuliaru.
avec une touffe
supérieure. L’espèce
La moule de l’Ile-du -
sortant de l’extrémité
la plus petite est appelée Kukupara.
Milieu est striée.
Fam. Unionidæ. — Karo, Kakahi. 11 y a plusieurs variétés
d’imio. L’une
se trouve
à Wa’ïmate, baie
des lies; elle est
remarquable par son aplatissement; une autre à Taupo, est
petite et ronde, avec un périoste très noir ; une autre qui est
commune dans le Sud, longue, étroite, et dentelée au cen¬
tre, avec un gros mollusque: mais le plus beau de toute la
famille se trouve dans le lac Waïkari; il a le periostraca
d’un vert jaunâtre brillant ; sa forme est ovale, et il a trois
pouces do long.
Fam. Pinnidœ. — Kokota
{Pinna zelandica). Ce coquil¬
lage a près d’un pied de long ; une partie de l’intérieur est
couleur pourpre brillant. 11 est extrêmement fragile, et ra¬
rement obtenu intact.
Fam. Pectinidœ. — Piwarua, Kuakua :
on mange
espèce qui est la plus grande. Quelques-unes des
cette
petites
d’un
sont très belles. L’une est d’un jaune brillant; une autre
rouge également brillant.
Fam. Ostreidœ. — Tio {Ostrea), l’huître de roches ; c’est la
crête de coq, qui est identique à celle
d’Australie. Si on la
LIÎS
229
POLTNÉSIEiVS
prend dans l’eau qui est au-dessous de la mer basse, elle est
supérieure à l’huître de vase
qui est généralement grosse et dont la saveur est forte.
Fam. Terehratulidœ. — Une grande térébratule unie se
trouve dans le détroit de Cook. Une autre striée {terebratula
recurva) et une plus petite, lisse {terebratula sanguinea),
de couleur rouge brillant, existent également ; des grappes
de la dernière sont souvent fixées au même point et l’une à
extrêmement bonne, et bien
l’autre.
Fam. Sepiadœ.— La Sepia ou seiche est
rencontrée sous un
volume considérable, et on s'en sert comme amorce pour
prendre le poisson.
Fam. Spirulidœ. — Pipi ( Venus intermedia) est la plus
recherchée comme aliment.
RADIATA [Echini). — Le Kina est l’œuf de mer ou
our¬
sin. Il y en a plusieurs variétés : l’une atteint un fort volume
et est de forme
une troisième
arrondie : une autre est presque plate, et
est de forme ovale. Toutes ont
de remarqua¬
bles petites épines.
Nautilus papy¬
rus, Muheke. Quelques échantillons sont très grands et très
beaux. Un petit nautile à cloison abonde sur toutes les
côtes, de même que plusieurs variétés d’un hélix de mer
On rencontre fréquemment sur la côte le
pourpre.
Le Rori, grand limaçon noir, abonde sur les côtes rocheu¬
ses :
Tun a un bouclier de trois pouces de long et d’un pouce
et demi de large,
et l’autre n’en a pas : tous les
vent de nourriture.
ANNULÜSA. Class. Myriapoda. —
deux ser¬
liava (Scolopendra)^
grande taille et
fréquemment six pouces de long. Il est presque aussi gros
que celui d’Australie, mais non aussi dangereux. Je n’ai ja¬
mais entendu dire que quelqu’un ait été mordu par lui, quoi¬
que j’aie vu plusieurs fois des enfants le manier.
Ce cent pieds est d'un vert jaune foncé, de
a
Class. Arachnida. — Punga-werewere, Puawere sont les
noms
génériques des araignées de la Nouvelle-Zélande. J’ai
remarqué qu’elles choisissent toujours leur habitation sur un
230
LES
sol de même couleur
POLYNÉSIENS.
qu’elles. On trouvera une araignée
verte sur des feuilles, une
brune sur l’écorce des arbres.
11 y a plusieurs grandes espèces, mais une
meuse : on
seule est veni¬
l’appelle Katipo. Elle est noire avec une croix
rouge sur son dos; la morsure cause immédiatement de l’inflammation et beaucoup de douleur ; on la trouve générale¬
ment dans les touffes d’herbe près du bord de
On trouve
la mer.
petit insecte sur le rivag-e, ressemblant
beaucoup au scorpion sous tous les rapports, mais qui n’a
pas de queue ; sa morsure n’est guère plus irritante que celle
un
de la puce.
Diptera. — Namu
(Simulium), ^petite mouche noire de
sable, qui est très tourmentante l’été ; on s’en débarrasse du
reste facilement.
Rango-pango, Patupaerehe (Sarcophaga, Lœmica), la
mouche bleue. Elle produit son petit vivant, et la femelle
fait un bruit incessant jusqu’à ce qu’elle soit délivrée. Le
mâle est plus petit et plus tranquille. J’ai vu une femelle, une
fois
tuée,
dévorée
par sa
propre progéniture. Cette
regardée comme un aitua, ou présage de
mort, et cela très naturellement, puisque c’est une mouche
à viande, qui sent les personnes mortes dont l’odeur devient
mouche
est
fétide après quelque temps.
Rango-tua-maro est une grande mouche à viande à corps
jaune : elle a les mêmes caractères que la précédente.
R y a aussi une très belle et grande mouche des forêts,
recouverte de grandes écailles; on la rencontre rarement.
On doute qu’elle soit originaire de la Nouvelle-Zélande.
Les mouches d’Angleterre et celles d’Australie y ont été
introduites.
Le
mosquito [Culex), Waewae-roa, est également très
indigènes disent qu’il a
abondant et très désagréable. Les
été importé par les Européens.
Homoptèra.
L’un desplus grands insectes est le Weta,
qu’on trouve dans- les forêts, parmi le bois vermoulu. Il a de
fortes jambes, avec lesquelles il saisit sa proie et la com¬
prime dans ses jointures, en la blessant avec ses épines poin¬
tues ; il est cependant inoffensif.
—
LES
POLYNÉSIENS.
Il y a diverses variétés de sauterelles {Locu^tidœ),
231
Mawiti-
witi; quelques-unes sont très grosses ; l’une des plus gran¬
des, Pakauroaroa, est de couleur vert brillant; il y en aaussi
une
petite noire.
CicADA, zEAL. — H y a quatre variétés de Tarakihi, saute¬
relles, cigaÆs. Ces enjoués et brillants insectes ne se font
l’été. Il y en a une très belle, de couleur
de bandes argentées ; toutes ont trois
points rouges sur le front disposés en forme de triangle, qui
brillent comme de petits rubis.
Le Waïraka, Ro, [mantis) abonde également; quelquesuns de ces intéressants insectes ont un volume considérable,
entendre que dans
vert brillant, rayée
et sont d’un vert brillant.
Orthoptera.— La Blatte {americana) a été importée; il y
en a nne
espèce indigène qui ressemble, tout à fait à celle
d’Australie.
Le Kekeriru (cimex nemoralis) est un grand insecte noir,
qui habite surtout les forêts, mais qu’on trouve dans les
constructions en bois et en Raupo. L’odeur de cet insecte est
insupportable. On le trouve à l’Ile-de-France, où il est ap¬
pelé kakerlac.
Neuroptera. — Kapokapowaï, Kekewaï (Libella), grande
mouche dragon; on la voit l’été en grand nombre sur le bord
de la mer, probablement quand un essaim est entraîné ; elles
tombent à la mer et sont jetées à la côte par le flot. Il y a
aussi une petite mouche dragon bleue et rouge, semblable
aux espèces anglaises.
Hymenoptera.
Pokorua et Popokorua (formica). Il y a
une grande fourmi rouge, de même qu’une petite; une
grande espèce noire avec une autre extrêmement petite. On
trouve ég’alement la fourmi blanche. Mais aucune de ces es¬
pèces n’est assez abondante pour être nuisible. J’ai quelque¬
fois rencontré la formica Léo, dans plusieurs localités ;elle
est, je pense, identique à celle d’Australie et d’Europe.
Hemiptera.
Le Kiri-whenua est une punaise de jardin :
on en trouve plusieurs variétés dans les bois et dans les fou¬
gères.
Lepidoptera.
Pepe : il y a peut-être vingt variétés de
—
—
—
232
LES
POLYNÉSIENS.
papillons, mais si dispersés, qu’excepté un petit nombre
d’espèces, on les voit rarement : les plus rares se trouvent
sur les montagnes; parmi les plus beaux papillons trouvés
dans l’Ile-Nord, nous citerons : Vanessa gonerïlla \ Vanessa
itea ; cynthia cardui. Il est à remarquer que ce bel insecte
est semblable à la Nouvelle-Zélande, en
Australie et en Eu¬
rope ; on trouve sur chacun d’eux le même nombre de points.
Le Polyommatus
edna ressemble complètement à l’un de
papillons européens.
On trouve dans l’Ile-du-Milieu un beau grand papillon,
qui ressemble à la pourpre impériale. On voit aussi un argus
bleu sur les hautes montagnes. On y rencontre encore deux
sphynx teigne ; l’une très commune se trouve sur les feuilles
du kumara {Convolvulus batatas). Il n’y a pas de papillon
blanc à la Nouvelle-Zélande. Parmi les teignes, le plus beau
est l'Hepialus rubroviridens, qui a près de six pouces d’une
extrémité d’une aile à l’autre. Une autre espèce plus petite
d’Hepialus abonde dans les soirées d’été. L’Hepialus virescens est aussi une belle teigne; de même que le Pari-koritaua. Le nyctemera se trouve également dans la Nouvellenos
Galles du Sud.
OoLEOPTERA. — Le Mumutaua est un gros insecte trouvé
sur les
dunes de sable. Ses
élytres sont remarqnablernent
douces. Cet insecte est fréquemment attaqué par un fongus,
qui finit par l’occuper tout entier.
Papa-papa, petit insecte brun, très commun lors des soi¬
rées d’été.
Mumu, gros insecte vert, qu’on trouve dans les forêts.
Kiri-wai-manuka, petit insecte vert, qui abonde pendant
l’été parmi les arbres manuka
Il est rayé de vert et de rouge.
(Eeptuspermum scopiarum).
Kapapa {PrionopLus reticularis), grand cerambix dont le
est très destructeur des fruits. Il y a plusieurs variétés
fort belles de curculio. Le nemocephalus barbicornis brentus a presque trois pouces de long. Lq ancistr opter us quadri^
spinosus est un très bel insecte, de même que plusieurs au¬
tres de l’espèce scolopterus.
Kokopurangi (sanguisuga) petite sangsue d’eau douce ;
ver
LES
233
POLYNÉSIENS.
il y fl aussi plusieurs sangsues
de terre d’un vert rouge bril¬
lant; une autre couleur chocolat foncé, une autre blanche.
Elles abondent dans tous le^ marais humides.
Aweto-hotete (Sphœria Robertsia),
chenille jonc. — Cette'
singulière plante, propre à la Nouvelle-Zélande, peut être
classée parmi les productions les plus remarquables du règne
végétal.
nids des autres, et
Il y a des oiseaux qui s’emparent des
des animaux marins qui vont se fixer dans
des coquilles
abandonnées; mais cette plante fait plus, elle tue en prenant
possession, et en faisant du corps d’un insecte la base du
départ de sa tige. Cela forme certainement le plus surpre¬
nant chaînon entre le règne animal et le règne végétal,
qu’on ait signalé jusqu’à présent. A cause de cela, elle mé¬
rite qu’on en donne une description aussi circonstanciée que
la connaissance imparfaite du sujet le permet.
L’A'weto se trouve surtout sur la racine du rata [metrosideros robustd). La plante, dans tous les cas,
de la chenille, et dans
remplit le corps
les plus beaux échantillons, elle at¬
et demi. La tige, qui germe
métamorphosé, a de six à dix pouces de haut ;
son sommet, quand il est arrivé à l’état de fructification, l’essemble à la tête en massue du jonc en miniature. Il n’y a pas
de feuilles ; une tige solitaire compose toute la plante. Si
quelque accident la brise, une seconde s’élève du même point.
Le corps est toujours trouvé enterré, ainsi que la plus grande
partie de la tige ; dès que la plante a atteint sa maturité,
teint la longueur de trois pouces
de ce corps
elle meurt.
Ces curieuses plantes
sont loin d’être rares. Quand elles
sont fraîches, elles ont l’odeur d’une noix. Les indigènes les
mangent, et quelquefois s’en servent comme de matière colo¬
rante pour leur tatouage; ils passent la poudre sur les piqû¬
res, ce qui donne alors une forte odeur animale.
Quand elle est fraîchement arrachée, la substance de la
chenille est molle. Et si on la divise longitudinalement, on
voit distinctement le canal intestinal. Plusieurs spécimens
possèdent les jambes avec la partie cornue de la tête, les
mandibules et la griffe. La végétation sort invariablement de
234
LES
POLYNÉSIENS.
la partie postérieure du cou ; d’où l’on peut inférer que 1’ n-
où il commence par s’en»
métamorphose, rencontre, pendant qu’il
creuse dans le sol végétal, quelques-unes des petites semen¬
ces de ce fongus, entre les écailles de son cou. Dans son état
de maladie, il ne peut se débarrasser de ces semences qui,
ensuite, nourries par la chaleur et l’humidité du corps gisant
alors sans mouvement, végètent et empêchent non seule¬
secte, en se glissant dans le lieu
terrer
avant
sa
ment l’insecte de
se
transformer
en
chrysalide, mais occa¬
sionnent sa mort. Que cette végétation commence ainsi du¬
rant la vie de l’insecte, cela paraît démontré par
le fait que
forme. Jamais sa décompo¬
sition ne paraissait avoir commencé, ou la peau avoir pris
plus de volume ou s’être rétrécie.
Une plante de même espèce nous a été présentée en 1837
par M. John Allan, qui l’avait découverte, poussant en abon¬
dance sur les bords du Murrumhidgee, dans un riche sol
d’alluvion. L’insecte, dans quelques spécimens, avait six
pouces de long, et la plante à peu près la même longueur,
s’élevant comme celle de la Nouvelle-Zélande de la partie
postérieure du col. Par la forme, cette plante diffère tout à
fait de l’autre, sa tige étant mince, couronnée au sommet
par une frange, qui, lorsqu’elle est ouverte, prend l’appa¬
la chenille conserve toujours sa
rence
d’une fleur brune sur la surface du sol, le reste étant
sous terre : ce sommet est comme
du velours brun.
Plusieurs autres ont été trouvées dans la même localité.
Jb l’ai envoyée à
Taylori.
sir W. Hooker, qui l’a nommée Sphœria
J’ai aussi rencontré un grand insecte, le Mumutaua, abon¬
dant parmi les collines de sable, non loin de la mer, qui pré¬
sente fréquemment ce changement en végétal. Le corps
e.st
complètement rempli par cette substance ressemblant à de
la noix ; mais, dans aucun cas, je n’ai remarqué que quelque
plante s’en élevât.
Une semblable chenille a été trouvée à Taranaki ;
transforme en substance végétale, mais sans le
a
déterré un grand nombre dans le jardin de
esq., à New-Plymouth.
elle se
jonc. On en
J. Wicksteed,
LES
POLYNÉSIENS.
235
échantillon de sauterelle, que j’appelai
Sphœria Basili, du nom de son découvreur : elle avait
aussi subi ce changement et portait une plante parfaite,
croissant de son cou, et très ressemblante au petit champi¬
gnon blanc qu’on trouve sur le bois pourri.
Des insecte?, ayant une végétation de semblable espèce,
ont été découverts dans d’autres parties du globe ; probable¬
ment quand la flore de chaque contrée sera examinée avec
plus de soin, on trouvera qu’il en existe dans beaucoup
On m’apporta un
d’entre elles.
Dans son histoire de la Dominica, Attwood, fait le récit
trouvée dans cette île ;
Elle a l’apparence et le volume d’un petit hanneton, et elle
suivant d’une mouche végétante
a
s’enterre elle-même dans le sol, où elle meurt. De son corps
à un jeune caféier,
excepté que ses feuilles sont plus petites. Le peuple la con¬
sidère comme un véritable caféier, mais si on l’examine de
plus près, la différence est facile à établir. La tête, le corps,
et les pieds de l’insecte se montrent à la racine aussi bien
conservés que s’ils étaient vivants. »
il sort une petite plante, qui ressemble
Dans les American philosophical transactions, le révérend
Nicholas Collins décrit un certain
zoophyte du comté de
l’Ohio, qu’il déclare être à la fois végétal et animal.
Une petite chenille végétative se rencontre également en
Angleterre, le Sphœria entomorhiza. Les Chinois ont aussi
plante semblable {Sphœria sinensis), appelée par eux hea
une
tsaou tungehung, ou l’insecte végétant de
l’été et de l’hiver.
Il y a à Van Diemen’s Land, une chenille vég-étante {Sphœ¬
ria Gunnii) ;
elle ressemble qnelquefois à celle de la Nou¬
velle-Zélande, de laquelle elle diffère surtout en ce que sa
tige est plus petite que l’insecte d’où elle sort.
Plusieurs espèces de teignes, aussi bien anglaises qn’étrangères, particulièrement du Brésil, se sont également trou¬
vées attaquées, de même qu’un curculio de Saint-Vincent.
Dans l’association de Bristol pour l’avancement des scien¬
ces, en août 1836, M. J. B. Yates, esq., a lu une note sur
la végétation de la guêpe dans les Indes orientales, dans la¬
quelle l’auteur émet l’opinion que la végétation avait corn-
236
LES
POLYNÉSIENS.
mencé pendant la vie de l’insecte; et certainement l’examen
attentif de ces chenilles est en faveur de cette hypothèse.
Si
rétrograde de la nature,
puisque l’insecte, au lieu de s’élever à l’ordre le plus haut
du papillon et de prendre l’essor vers les deux, s’ahaisse en
une plante et reste attaché au sol dans lequel il s'est luicela est, c’est une preuve d’un pas
même enterré.
;
•
CHAPITRE II.
BOTANIQUE (i).
La botanique de la Nouvelle-Zélande est extrêmement in*
téressante, non pas tant par la beauté de sa flore que par le
fait qu’elle a un caractère
particulier et distinct, indiquant
qu’elle est un centre botanique.
Cela a été signalé par les plus anciens explorateurs, et
tend à prouver la vérité de la coniecture, que j’ai hasardée
en parlant des faits géologiques de la contrée; quoiqu’il soit
vrai que 89 espèces de plantes de l’Amérique du Sud aient
été découvertes à la Nouvelle-Zélande, et que 77 se trouvent
en Australie et dans l’Amérique du Sud, sur lesquelles 50
sont également communes à l’Europe ; qu’enfin 60 plantes
de toute la flore sont européennes; toujours est-il que l’exis¬
tence de 27 genres et de 507 e.spèces, ce qui est plus des 2/3
de
l’ensemble, particulier à la Nouvelle-Zélande,
établir son droit à être un centre botanique.
suffit à
En admettant que la Nouvelle-Zélande est le reste
d’une
attendre à trouver plusieurs de ses plantes largement
répan¬
grande ligne continentale, nous devons naturellement nous
dues, et jusque dans les localités éloignées. 11 y a véritable¬
ment de nombreuses raisons de supposer que les îles innom.-
brables de l’océan Pacifique ne sont que lé sommet
tinent
d’un con¬
submergé, qui doit avoir été voisin de l’Amérique,
d’un côté, et de l’Australie de
l’autre. Une circonstance re¬
marquable est que les plantes des îles antarctiques, qui sont
également naturelles à la Nouvelle-Zélande, à la Tasmanie
et à l’Australie, ne se trouvent presque jamais ailleurs que
sur les hautes montagnes de ces contrées. Le fait aussi, que
(1) Trad.de Taylor, p. 431 à 457.
238
LES
POLYNÉSIENS.
la lig-ne de la
Nouvelle-Zélande, en même temps que celle
du continent de l’Amérique du Sud, se sont haussées, tend à
prouver que les causes qui ont submergé
le continent sup¬
posé continuent d’agir et de creuser le lit de l’océan entre
elles, en raison directe de leur élévation... «
La Nouvelle-Zélande, y
compris Auckland, Chatam,
Macquarie et quelques autres îles, forme un centre bota¬
nique, de même que l’Australie et d’autres continents. Le
trait caractéristique des forêts de la Nouvelle-Zélande étant
un vert foncé lustré, il
y a un remarquable contraste entre
...
lui et celui
glauque.
des forêts de l’Australie où
Le nombre des espèces de plantes
la couleur
est
déjà connues à la Nou¬
velle-Zélande est de 632, dont 314 sont dicotylédonées ou
endogènes, et le reste, les 318, sont monocotylédoriées ou
cellulaires.
A quelle cause peut être due cette
disproportion remar¬
quable, si contraire à ce qui a lieu dans les autres contrées ?
Nous ne pouvons, jointe à l’absence
complète d’animaux et
à l’ancienne existence d’un
grand nombre d’oiseaux sans
ailes, nous ne pouvons que la considérer comme une preuve
que la Nouvelle-Zélande a, dans les plus anciens temps, été
séparée d’autres terres, et qu’elle a ainsi conservé sa flore
primitive : elle est encore dans son âge de fougère.
Les émigrants des champs fleuris de la
Grande-Bretagne
ne peuvent
manquer d’être frappés de l’absence presque
totale de ce qui embellit le paysage,
quand ils mettent pour
la première fois les pieds sur ces côtes
antipodiques. Les
plaines interminables de sombre fougère leur font d’abord
sentir un contraste défavorable en
pensant à leur pays. Ex¬
cepté les Palmiers, les Dracœnas et la fougère, peu de chose
frappe dans le-paysage de la Nouvelle-Zélande. Il y a peu
de plantes annuelles et à fleurs. Et de
celles-ci, un petit
nombre possède de vives couleurs. A leur
place, on voit un
grand nombres d’arbres et de fougères ; mais ce sont ces
dernières qui caractérisent la végétation.
En Angleterre, il n’y a pas
plus de 35 arbres indigènes
sur 1400 espèces. A la
Nouvelle-Zélande, les arbres à fleurs,
O
I
LES
POLYNÉSIENS.
239
comprenant des arbrisseaux au-dessus de vingt pieds de
hauteur, sont au moins 113, ou presqu’un sixième de la flore,
en outre de 156 arbrisseaux et plantes ligneuses. Le nombre
des arbres, le petit nombre des plantes herbacées et l’ab¬
sence presque^complète des plantes annuelles sont les traits
les plus remarquables parmi ceux de la flore.
Le docteur Hooker pense que les conifères montreront,
quand ils seront connus, qu’ils sont la famille naturelle la
plus répandue.
Les plantes sont au nombre de 730. Les fougères, compre¬
nant les lycopodia, sont au nombre de 114; mais les mous¬
ses et les hépatiques s’élèvent à 450. Le même entreprenant
botaniste exprime l’opinion que les champignons {fungi)
fourniront aussi plus de 1000 espèces. Les algues énumérées
par le docteur Harvey forment presque 300 espèces, qui,
par leur beauté et leur singularité, seront longtemps l’ob¬
jet du plus grand intérêt pour le botaniste. Ainsi, le nom¬
bre total des espèces, suivant le docteur Hooker, est de 2000;
et les ordres les plus nombreux en espèces sont :
Les cypéracées
Les graminées.
90
53
Les orchidées
!... 39
Les rubiacées
26
Les scrofulariée.c
Les
40
épacridées et ombellifères. 23
j-\ucune de ces plantes ne donne au paysage un caractère
dominant, quoique quelques-unes ne soient pas rares.
lie tous les arbres de la Nouvelle-Zélande, celui qui appar¬
tient le plus au Tropique est le Nikau [areca sapida).
La fa¬
palmiers y a ce seul représentant. C’est un bel
arbre, gracieux ; il atteint souvent la hauteur de quarante
pieds et un pied de diamètre. La fleur forme une grande
droop (fleur tombante) couleur de chair, presque pareille au
chou-fleur, à laquelle succède une grappe de cerises rouges.
La feuille pinnée est grande, et on l’emploie pour doubler la
mille des
toiture en dedans; les naturels la tressent très proprement.
On mange le rejeton tendre ;
il a le goût de la noix. La tige
240
LES
POLyNÉSIENS.
est de couleur vert clair, et, à chaque quatre pouces, ily aun
cercle qui
indique
forêts épaisses.
son âge. On ne le rencontre que dans les
Les plantes qui y ressemblent le plus, les asphodélées, ont
plusieurs espèces, et donnent un cachet à la plaine. Le Ti
{Cordylina australis] on Dracœna australis existe dans toute
l’ileen grande abondance, excepté dans les plaines intérieu¬
res, où il est rare, si même on en a jamais vu. Quoiqu’il soit
si commun, il aune apparence étrangère, et jusqu’à ce qu’il
fleurisse, ce qui n’a lieu qu’après environ huit ans, il n’a pas
de branches : chaque année lui en ajoute; parfois il devient
un très grand arbre de
plusieurs pieds, de diamètre, mais
sans usage, parce que le tronc est formé
par une masse de
fibres lâches ; la feuille est celle d’un glaïeul ; la fleur forme
une grande droop et est très
fragrante. On mange la racine
des jeunes arbres ; quand elle est grillée elle contient beau¬
coup de matière sucrée ; on l’appelle alors mauku. Le tendi’e rejeton est également mangeable, quoiqu’il soit un peu
amer.
Les missionnaires ont fait de bonne bière
avec
les
racines cuites au four.
Le Turuki [cordylina stricto) est un arbre
qui ne diffère
du Ti qu’en ce qu'il a une feuille plus étroite. Il
pousse dans
les forêts, et est aussi appelé Ti-ngohere. Il a une flbre so¬
lide.
Toï
[dracœna indivisa.La fibre de cet arbre est remarqua¬
blement forte et durable. Les
indigènes en forment dans
leurs manufactures des nattes grossières. On
l’emploie par¬
ticulièrement pour faire des cordes, elles ne se resserrent
pas
dans l’eau comme le phormium tenax. On mange là racine ;
quand elle est préparée, on l’appelle kauru. Elle contient
beaucoup de matière sucrée. La feuille est remarquable¬
ment
longue
odorante.
et
large, et la
fleur
est
extrêmement
Harakeke [phormium tenax). Cette plante est bien un peu
connue, mais non pas encore autant qu’elle le
mérite ; car,
quoiqu’elle ait une grande célébrité par les nattes qu’en font
les indigènes, et pour la grande force de sa fibre
quand elle
est transformée en corde, elle sera, j’en sais
persuadé, bien
LES
POLYNÉSIENS,
241
tôt mieux connue pour
remplacer les chiffons dans la con¬
Le
chanvre, quand il est plong-é dans une solution d’alun, est
promptement converti en pulpe : dans ce but les simples
feuilles coupges et séchées dans leur état de verdeur seront
tout ce qu’il faudra, et la matière
pourra être obtenue à
assez bas
prix ; car il croît spontanément dans toute la
fection du papier. Elle est parfaitement faite
pour cela.
contrée.
La tig-e à fleur est appelée Korari ; les fleurs sont
pleines
de miel et en telle quantité, que les naturels le ramassent
dans des calebasses. Il y a entre les feuilles une substance
gélatineuse qui, lorsqu’elle est sèche, est insoluble dans
l’eau, et pourrait peut-être être employée pour souder la por¬
celaine, et rendre les vêtements imperméables ; les naturels
s’en servent en guise de cire à cacheter. Le suc de la racine
est aussi employé comme médecine. Il
y a plusieurs variétés
de cette plante utile.
Le Rengarenga,Marowarakihi
{arthropodium cirrkatum),
ordinairement appelé Lys est une jolie plante à fleur : on
en
mangeait autrefois la racine.
Renga-iti ( arthropodium candidum) est une petite va¬
riété du précédent.
Fam.
Similaceœ.
—
est une liane flexible
Le Karero {ripogonum
parviflorum),
qui grimpe jusqu’au sommet des plus
hauts arbres et y forme des haies
qui rendent les forêts
impénétrables, ailleurs que là où on y a tracé un sentier. La
plante est employée pour relier les haies et dans la construc¬
tion des maisons ; elle a une odeur forte, et
porte des grap¬
pes de baies rouges, dont se nourrissent les pigeons.
Fam. Bideœ.— Le genre lïbertia a trois
espèces : grandi-
flora, ixioides et micrantha.
Le Rurutu est une plante à feuilles de
glaïeul croissant
dans les plaines herbeuses et portant une fleur blanche à 3
pétales.
Fam. Orchideœ.
On compte parmi les orchidées terres¬
tres : Thelymitra Forsteri, Orthoceras strictum, Microtis
banksii, Gastrodia selamoides. Maikaika est le nom commumde toutes. Une espèce blanche et verte abonde dans les
—
VI.
16
242
LES
POLYNÉSIENS.
bois et les plaines marécag-euses.
se
Une petite espèce rouge
trouve aussi dans les lieux marécageux de l’intérieur.
Le
Perei, grande espèce, se trouve dans les bois. Il produit des
tubercules d’un volume considérable, que les indigènes
mangent. Une très belle espèce, à feuille eu forme de cœur
se rencontre dans les autres marécages et les lieux humides;
elle porte une fleur cramoisi foncé ou pourpre.
Comme Epipliytæ croissant sur les arbres: {Farina mucro-
nata.) Le Dendrobium cunninghamii est une remarqua¬
ble plante pendante. Le bolbophyllum pygmeum ale même
caractère. Elles sont odorantes et un grand ornement pour
les forêts.
Parmi les plantes grimpantes
qui se collent aux arbres
pour s’appuyer, la plus remarquable est la Freycinetia
ban-
ksii, plante monocotylédone, appartenant à la famille des
pandanaceœ. Elle s’attache surtout au Kahikatea. Elle porte
les bractées de ses fleurs sont épaisses
et charnues, et,quaud elles sont cuites,elles sonttrès douces
avec une saveur de poire douce. Elle fleurit dans le prin¬
temps en septembre et le fruit est mûr en automne, c’estune fleur blanche ;
à-dire
en mars
et avril.
Piperaceœ. — Il y en a 2 espèces : peperonia urmUiani
{piper excelsum), représentant du Piper
methysticum des Sandwich et des îles Tunga. Les naturels
ne l’emploient à la Nouvelle-Zélande
que comme médica¬
ment, c’est-à-dire qu’ils en mâchent la racine contre les
et le Kawakawa
maux
de dents. Les colons font du thé avec la feuille et
même une excellente bière. Le fruit vert ressemble beau¬
coup au poivre long de la Jamaïque, et quand il est mûr,
il a une odeur douce. C’est une plante délicate et qu’on voit
des hommes ;
l’ont apportée avec eux. Si une
branche de Kawakawa était laissée dans le marae ou place
publique c’était regardé comme un aitua ou présage de
rarement dans les forêts, loin de la demeure
les naturels disent qu’ils
mort.
Fam. Winteraceœ. — Horopito
[Drirfiis axillaris). C’est
piquant que le précé-
aussi un arbre à poivre beaucoup plus
LES
POLYNÉSIENS.
243
dent. Il abonde dans l’intérieur, mais
il ne se trouve pas
dans la partie nord de l’îie.
Fam. Coniferaceœ. — Kanri {Dammara-australis A. C.). Ce
beau pin ne se trouve pas plus sud que Kawbia sur la
côte
Ouest, et que la baie d’Abondance sur la côte Est. Comme le
cèdre de l’Australie, il semble confiné dans le voisinag-e de la
mer.
Il aime les localités basses, abritées, et un soi argileux,
humide. Les forêts de Kauri forment un
amas
profond de
sol tourbeux, qui mêlé à quelques matières résineuses,brûle
grande facilité quand il est sec. Cet arbre produit
grande quantité de résine qu’on recherche maintenant
comme un objet de trafic, son usage étant, surtout en An¬
gleterre, de remplacer la colle dans le vernissement du ca¬
licot ; mais aux Etats-Unis, on l’emploie à la place de la
gomme copal pour faire les vernis, et dans ce but, il a été
activement recherché par ce peuple entreprenant. Cette ré¬
sine se trouvant dans presque tous les amas de charbon,
indique unegrande antiquité, de même que ses restes qu’on
voit dans le Sud jusqu’à l’île Stewart. Ainsi les forêts sur¬
vivantes de ce noble pin, le même qui croît sur l’île des
avec une
une
Pins (1),
maintenant confinées dans une région insigni¬
fiante, indiquent qu’elles ont été beaucoup plus étendues à
une période reculée. Le cône de cet arbre est presque rond,
et tombe en morceaux quand il est sec. Quelques Kauri
atteignent une hauteur de près de 200 pieds, et leur cime
en a 40 avec un tronc net, s’élevant comme une tour à
pres¬
que cent pieds sans branche. La résine du Kauri,quand elle
commence à suinter de l’arbre, est couleur de lait, ou trans¬
parente comme du verre ; mais avec le temps, elle prend
une couleur jaune et celle qu’on trouve sur les
dunes de
sable se distingue à peine de l’ambre par sa couleur, son
brillant et sa dureté. Les plus grosses masses sont trouvées
dans les marais ; souvent on en tire, de pareilles localités,
des blocs de cent livres. Si l’on met, dans de l’éther rectifié
la résine du Kauri, elle devient aussitôt soluble. On obtient
avec
l’essence de térébenthine à 270“
une
solution jaune
(1) On le trouve également à l’extrémité sud de la Nouvelle-Calé¬
donie.
244
LES
POLYNÉSIENS.
claire ; elle se dissout très bien en
de l’huile de lin. La résine Kauri
la faisant bouillir avec
a été vendue de
80 à 100
épais du côté
abrité, qui fait face au Sud ; il a souvent de ce côté sept
pouces d’épaisseur. Le bois est très serré et durable ; on le
recherche pour faire des espares. L’écorce est nette des
plantes qui abondent généralement sur la plupart des ar¬
bres des forêts. Les racines forment une espèce de réseau
liv. le tonneau. L’aubiet de cet arbre est plus
sur la surface
du sol.
Pam. Taxaceœ. — Toatoa (Podocarpus asplenifolius).
Cet
arbre croît surtout dans les lieux unis, et dans l’intérieur de
la partie sud de l’île, où on le trouve en gros blocs ; il n’at¬
teint pas un grand volume. On emploie l’écorce pour faire
une teinture brune.
Tanekaha, Tawaiwai [Phyllocladus trichomanoïdes, A.C.
Ce bel arbre
se
trouve
sur
les bords des collines ; h a ra¬
plus de 50 pieds de haut. L’écorce est lisse, légè¬
en formant des
couches distinctes jusqu’aux branches de l’arbre.Les feuilles
ont la forme du persil, ce qui les distingue surtout du Toa¬
toa, qui les a plates et de forme ovale. Le bois ressemble
beaucoup à celui du cyprès. Il est plus léger, et à grain plus
serré que le Kauri. 11 est très odorant. Il est aussi plus du¬
rable quand il est exposé à l’eau. L’écorce est très employée
pour obtenir une teinture noire et brune. On trouve rare¬
rement
rement colorée et annelée tous les pouces
ment l’arbre dans le Sud, mais il abonde dans le Nord.
Miro {podocarpus ferruginea, Hook). Cet arbre produit un
gros fruit plat, d’une couleur rouge brillant,
et d’une saveur
donne un goût très agréable au pigeon
quand il s’en nourrit. Il ressemble beaucoup à l’if par la
feuille; son bois est à grain serré et de longue durée ; il
n’atteint pas une grande élévation ou volume, mais il n’est
pas moins un bois de grande valeur.
Totara [podocarpus totara, Hooker (1). Celui-ci est un bel
arbre, très prisé en raison de sa durée. Il s’élève à la hauteur
d’environ cent cinquante pieds. L’écorce semble avoir été
coupée par intervalles. Il est dur et fibreux, et très employé
(1) Taxus australis, Polack; podocarpus totara, Hooker.
très aromatique, qui
LES POLYNÉSIENS.
24g
pour couvrir les maisons. Comme l’if, cet arbre semble fu¬
neste aux
taillis, et on en trouve g’énéralement peu crois¬
sant sous lui. Le Totara est si abondant qu’il forme des
fo¬
rêts sur le Manawatu et dans quelques parties de l’intérieur.
Généraleme»t c’est le contraire qui existe, et on le trouve
disséminé et mêlé à d’autres arbres.
Le bois de ce noble
pin est rouge, dur et durable, mais
fragile ; on le préfère pour les canots, et il n’est pas rare
d’en voir qui ont plus de 70 pieds de long, avec une largeur
de 5 à 6 pieds, formés d’un seul tronc. Les racines sortent
généralement du sol et s’élèvent assez haut au-dessus en
couvrant une surface considérable ; dans le Sud, il est cer¬
tainement l’arbre qui ale plus de valeur.
Kahikatea, Kahika, Koroi {podocarpus eoocelsus, A.C.) (1).
Cet arbre est généralement appelé le pin blanc, de la cou¬
leur de son bois, quoiqu’il y en ait une variété qui est jaune,
plus dure, et plus durable et à cause de cela plus cultivée.
Le Kahikatea peut être considéré comme l’arbre presque le
plus grand des forêts de la Nouvelle-Zélande ; il atteint
souvent une hauteur d’un peu moins que 200 pieds, et, sous
ce rapport, il est le rival du Kauri; mais son
aspect général
n’est pas très agréable : il a une petite cime, qui n’est pas
très couverte de feuilles, excepté dans sa jeunesse ; car alors
il a un feuillage plus beau et une cime pointue comme le sa¬
pin. Il préfère les terrains marécageux, et on le trouve sou¬
vent croissant dans l’eau.
Il y a, dans beaucoup d’endroits, des forêts peuplées de ce
seul arbre, et particulièrement dans le Sud. Dans le Nord,
son bois est
plus tendre et beaucoup moins durable que dans
Sud, où il est surtout employé pour les constructions.
Quoique aussi tendre, il est extrêmement lent à croître. J’ai
vu des arbres
jeunes qui n’ont pas augmenté de plus d’un
pouce en hauteur pendant l’année. Cet arbre porte une pe¬
tite baie ovale, rouge avec la semence fixée au sommet.
Chaque année, la moisson est très abondante. C’est un fruit
le
(1) Arbre déjà rapporté par nous et nommé Podocarpus dacrydioipar A. Richard et A. Lesson. Allan Cuningham l’a appelé
Dacrydium excelsum.
des
246
LES
POLYNÉSIENS.
très recherché par lesindig'ènes ; il est doux, mais sans sa¬
veur. Le hois ne dure pas généralement plus de vingt ans ;
alors il tombe en
poussière, quand on le touche ; mais, s’il
est exposé à l’air, il paraît èti'e aussi durable que le Rimu ou
le Kauri. Le Kahikatea contient de la résine dans son cœur;
lorsqu’elle brûle,cette résine produit une odeur désagréable.
Il contient beaucoup de matière sucrée, qui est trouvée en
tas et qni est d’une saveur très douce. Il en sort aussi une
g’omme. L’infnsion du bois est très tonique et sera trou¬
vée, je n’en doute pas, comme très importante en médecine
quand elle sera mieux connue.
Mataï, Mai (dacrydium mai, Hook). Arbre à belle cime
touffue très ressemblante à celle de l’if. Il produit une baie
pourpre, comme une petite prune d’un goût doux, agréable
quoique gluant. Le bois a une couleur légèrement rouge à
grain serré, mais cassant; il répand une odeur forte quand
on le brûle. 11 'est très estimé comme bois de chauffage, et
très employé pour faire des meubles, parce qu’il est facile¬
ment travaillé ; il vient après le Totara pour la durée. On
le trouve abondant surtout dans l’intérieur ; il y atteint
une hauteur d’environ cent pieds et un diamètre de quatre.
Kawaka, Koaka [dacrydium pumosum. A. G.) Cet arbre
croît en grande quantité dans les plaines centrales ; le bois
a un grain rouge foncé et on le dit aussi durable que le
Totara; le feuillage en est remarquable, ce qui le fait dis¬
tinguer facilement dans les forêts ; mais on le trouve géné¬
ralement
sur
les bords
faisant
rarement plus de soixante pieds
face
aux
plaines. Il
a
de haut.
cupressinum A, C.). Cet arbre est l’un
des plus grands ornements des forêts de la Nouvelle-Zé¬
lande. Son beau feuillage vert clair pend en festons gra¬
cieux. Le fruit ressemble beaucoup à celui du Kahikatea. Le
bois est rouge, rayé de lignes noires ; il est très estimé pour
meubles et la construction des maisons. Il est comme le pin
Rimu [dacrydium
rouge ; il est dur et
lourd, mais cassant. Il fournit une ré¬
sine qui est aussi douceâtre et âpre, et, quand on le frappe, il
en
sort une gomme noire, grossière. Quand le bois brûle,
il
laisse échapper une odeur extrêmement agréable. Il atteint
LES
247
POLTOÉSIENS.
grande hauteur, c’est l’un des plus grands arbres des
de jeunes plants avec lui ;
et il est remarquable que si on le plante en plein air, il a
une
forêts. On rencontre rarement
protég-é, parce qu’il ne peut pas supporter le
épaisse forêt ;
cette remarque s’applique au palmier et à plusieurs autres
besoin d’être
froid de rhi,ver, à moins d’être abrité par une
arbres des forêts.
En outre de ces pins, il y en a un autre dans
le Nord près
de Kaïtaia, appelé Hutu (phyllocladiis hutu T.) qui a un
bois
c’est celui qui ressemble le plus au cèdre
de l’Australie. Sur les côtés de la montagne Tongariro, il
y a deux dacrydiums nains tout à fait ressemblants au Rimu et au Kahikatea : ils forment des broussailles hautes de
six pouces à deux pieds, qui produisent des fruits plus
beaux et plus gros que leurs congénères des forêts plus
élevés. On trouve aussi sur le Tongariro et les montagnes
de Taranaki,un podocarpus nain,très ressemblant au Totara.
Quand on aura davantag’e exploré ces régions alpestres, il
est probable qu’on découvrira quelques autres membres de
à grain rouge :
cette famille.
Fam.
Urticeœ.
—
Elle contient le Onga-onga
(urtica
ferox), arbrisseau d’environ douze pieds de haut ayant une
grande,ou mieux longue feuille pointue d’un vert foncé, for¬
tement garnie de formidables épines jaunes, qui font que
ceux qui les touchent ne recommencent pas. Les rameaux
sont armés de la même manière. Ce n’est qu’un arbrisseau
curieux et d’ornement; son bois est à grain serré et dur.
Il y a dans le Nord un arbre appelé Onga-onga [urtica debilis) qui a l’apparence d’un tilleul. Les naturels affirment
que dans les anciens temps, c’était l’arbrisseau ortie.
Fam. Lahiaceœ, renferme le micromeria cuninghamii,
qu’on trouve à Hokiaiiga
leyen.
Fam.
terii.
Fam.
près de l’établissement wes-
Boraginaceœ. Anchusa spatulata et myosotis ForsConoolvulceœ.— PowiwiParaha [calyste.gia sepiurn.
Le convolvulus commun ; il a une
qu’on mangeait anciennement ;
longue racine charnue,
la fleur est blanche. Le
248
LES
POLYNÉSIENS.
Panalii [calystegia soldanella), le liseron connu, et Vipomea
pendula.
Fam.
lium).
Loganaceœ. — Hang^ehange {geniostoma ligustrifo-
Fam. Gentianaceœ. — Gentiana saxosa, trouvée à la baie
Dusky et sur les chaînes du Tong-ariro ; elle
une fleur
couleur peau de buffle pâle et une feuille noire. La gentiana
montana se' trouve aussi dans la même localité, et la sehœa
gracilis à Hokianga.
Fam. Apocynaceœ. — Parsonsia heteropkylla.
Fam. Olaceœ.
Olea apetala, arbre semblable au bois de
—
fer de l’île Norfolk.
Sapotaceœ. — Achras costata,
Mapau {myrsine divaricata),
se trouve à Hokianga.
Karaka {corynocarpus lœvigata). Cet arbre ressemble au
laurier anglais, mais acquiert la dimension d’un arbre. La
Fait.
F’AM. Myrsinaceœ. — Tipau,
grande, lustrée et d’un vert foncé ; le pétiole
pourpre ; la fleur est d’un blanc verdâtre, petite et en grap¬
pes ; le fruit ressemble à une datte ; il est long de 2 à 3 pou¬
ces ; il a quelque chose de la saveur de l’abricot, mais
trop
forte pour être agréable ; on l’appelle Kopi et Koroï. Le
noyau, après avoir bouilli et trempé dans l’eau pendant
quelques jours, est mangé par lea indigènes; autrement il
rend furieux et relâche les articulations, de telle sorte
qu’elles se plient considérablement en marchant. Le bois,
quand il est brûlé, est surtout malfaisant. Les naturels disent
qu’ils ont apporté cet arbre avec eux.
On trouve, parmi la nombreuse famille américaine, Epacrideœ : Mingi, Mohoa, {cyathodes acerosa), arbrisseau ; Patotara [Leucopogon fasciculatus),petite bruyère en arbre,pro¬
duisant une fleur blanche très odorante, et une petite cerise
mangeable, de couleur orange. Elle abonde sur les plaines
feuille est
Leucopogon fraseri, pentachondra pumila,
épacris pduci-flora; mais le Nene (dracophyllum latifolium),
est le plus beau de cette famille, et il atteint le volume d'un
sablonneuses.
arbre.
Le
Dracophyllum longifolium appartient à l’Ile-du-
LES
POLYNÉSIENS.
249
Milieu, de même que le Dracophyllum rosmarinifolium;
mais le Dracophyllum urvillianum et lessonianum appar¬
tiennent à rile-Nord. Plusieurs membres de cette famille
étant des plantes
de grand ornement, et appartenant aux
régions alpestres, pourraient être introduits en Angleterre.
Fam. Ericeœ. — Nous citerons les
Gaultheria antipoda,
gaultheria rupestris, et fluvialis.
Fam. Campanulaceœ. — Rimuroa, ou Wahlenbergia gracilis, la campanule de la Nouvelle-Zélande.
Fam. Lobeliaceœ.
Ora ( Lobelia physaloîdes, Lobelia
alata, angulata, littoralis, submera). Le Kowitiwiti et le
Puaureroa appartiennent à cette famille.
Fam. Styllideœ. — Stylidium spathalatum et forstera se~
difolia.
—
Fam. Goodeniaceœ. — Goodenia repens.
Fam.
Compositœ. — Voici les tribus et les genres de cette
famille :
Parerarera
{ Scorzonera scapigera). Elle croît dans les
plaines de l’intérieur en grandes quantités, Toïtako, Kueo
(pieris hieracioïdes, attenuata, Sonchus oleraceus). Puwlia,
{Vernoniacea shawia ).
Fam, Asteroïdeœ.
Pekapeka ( Solidago arborescens).
Papa Taniwaniwa ( Lagenophora forsteri ) ; la marguerite
indigène {Lagen'ophora lanata, Aster holocerices, Aster
coriaceus). Ake-piro (hoxtonia furfuraceà)^ arbrisseau avec
une jolie fleur pareille à la marguerite ( Vittadenia australis ). Peke-peke {Celmisia holocericeus), à grandes feuilles
à côtes, olive vert noir sur un côté, et blanchies sur l’autre
—
par un duvet ; croît dans les plaines de l’intérieur, Parera¬
rera,
Peka-peka {Celmesia coriacea), petite espèce trouvée
dans les mêmes lieux que la précédente.
Fam. Senecionidaceœ. — Kohiriki
[Bidens pilosa ), My-
riogyne minuta, Soliva tenella , Craspedia uniflora, Cassinia
leptophylla, Ozothamnus pinifolia, Pukatea, Heli-
chrysum bellidioïdes, Gnaphalium luteoalbum, Gn. simplex
Gn. lanatum, On. involucratum, Gn. keriense, Gn. trinerva, Arnice operina. Senecio lautus, S. australis, S.
neglectus, S. argutus, S. quadridentatus, S. hispidulus.
250
LES
POLYNÉSIENS.
FA'si.Rubiaceœ ou Cinchonacæ. —11 y a les genres opercu-
Zucida). Hupiro
{Caprosma fœtidissima), petit arbrisseau à petites feuilles,
poussant dans les bois des plaines centrales, émettant une
odeur fétide, qu’on perçoit en passant et qui siéchappe sur¬
laria, diphylla, aspera ; Karaimi [coproma
tout quand on frotte les feuilles.
Coprosma propinqua, C. rotundifolia, C. rhamnoïdes,
C. divaricata, C. accrosa, C. cepens, C. spathulata, C. ronahea aiistrglis. Nertera depressa, Geophylla
dichondrœ folia.
Fam. Loranthacece ou Yiscum ; on trouve le gui sur
plusieurs arbres ; il est parasite sur le Kabikatea, le Puriri,
le Tawaï, le Tataka et plusieurs autres.
Le Puka {viscum antarcticum), se trouve sur le Kaliikatea et le Pukatea ; il produit une baie bleue. Tirauriki ( vis¬
cum pubigerum). Pirita {viscum salicornioïdes) ; il croît sur
le Ngaio, le Tataka, et le Manuka ; il donne une baie trans¬
parente qui est bonne à manger. Le plus beau de tous est
le Rorerore {Loranthus tetrapetalus) qui porte une très belle
fleur brillante ; on le trouve sur le Tawaï ( Betula nigra), le
C. gracilis,
bouleau noir ou l’arbre bouleau.
Fam.
Coneœ. Gen.. alsenosmia. —Les ombellifères com¬
prennent : Hydrocotyle élongata, H. microphijlla, H. novœ
zélandiœ, H. dicliondrœfolia, H. heteromeria, H. compacta,
H. moscliata,H. asiatica, Petroselinum prostratum, P.fili-
formi. Taramea, Papaki, Kueo {Ligusticum aciphylla), io\i&
plante à feuille piquante, qui abonde dans les plaines centra¬
les; ellea une racine pivotante bonne à manger, ressemblant
un peu à la carotte. UEryngium vesiculatum est une petite
plante piquante très ressemblante à un petit chardon. J’en
ai seulement vu au cap Wanganui et sur la côte près de
Taranaki.
Ligusticum gingidium, Peucedanum geniculatum,Apium
graveolens. Il y a plusieurs variétés d’ombellifères croissant
dans les plaines de l’intérieur, qui pourraient être cultivées,
et spécialement une carotte blanche appelée Pinaihere. On
trouve une variété de Taramea sur les montagnes de Ruahine et sur les Kaikoura, qui produit une substance résineuse
LES
S51
POLYNÉSIENS.
balsamique très aromatique. Le Tanïwauiwa, ou anis, croît
aussi abondamment dans les plaines herbeuses.
Fam. Araliaceœ.
On trouve à la Nouvelle-Zélande plu¬
—
remarquables des araliacées si g-énédu Sud : Panax simplex. Waupaku,
Wauwaupaku [Panax arboreum, Cussonia lessonii, Polyscias pinnata). Pâte ( aralia schlefflera ) Horoeka, Hohoeka
laralia crassifolia), arbre qui a de longues feuilles étroites,
de près de deux pieds de long et larges de pas plus d’un
pouce ou à peu près. Elles sont d’abord très allongées, mais
à mesure qu’il vieillit elles deviennent lisses et beaucoup
plus courtes. C’est un arbre d’ornement; le bois est à grains
sieurs représentants
rales dans l'Amérique
serrés, lourd et dur.
Fam. Oxalideæ. — Tutaikaka [Oxalis urvillei
cataractœ.
qu’on trouve près de la Cascade
de Kerikeri, et c’est de là que dérive son nom. Pans quel¬
C’est une oseille blanche
acquiert un plus grand développement.
O. exilis, O. divergens, O. tenuicaulis, O. lacicola, O. ciliifera, O. crassifoUa. L’oxalis qui fleurit sui¬
tes dunes de sable a les plus grandes fleurs jaunes, et celle
des plaines froides, plus petites.
Fam. Geranicaceœ.
Huika [Géranium pilosum), G. retorsum. Pélargonium clandestinum. Kaputawiti, Kurakura,
ques régions elle
O. propinqua,
—
Porewarewa.
Fam.
Hypericaceœ. — Hypericum pusillum.
Fam. Meliaceæ. — Kohekohe [Hartighsea spectabilis A.
Cet arbre atteint un volume considérable ;
C.).
les feuilles sont
remarquablement amères et on emploie leur infusion comme
tonique. Les femmes qui ont perdu leurs enfants en boivent
une
décoction faible ponr
arrêter la sécrétion du lait. Les
sont très odorantes. L’aubier est
tout à fait blanc, mais le cœur est d’un rouge foncé, très
ressemblant par le grain et la couleur à l’acajou ; il atteint
une hauteur d’environ soixante pieds.
fleurs sortent de la tige et
Fam. Sapindaceœ. — Topitopi, ïitaki,
Titongi [Alectryon
excelsum) ; arbre d'ornement, avec une feuille d’un léger
vert lustré. Le fruit est aussi très beau ; ii sort de sa gaîne
comme une fraise d’un rouge éclatant, avec une graine noire
252
LES
centre.
POLYNÉSIENS.
Le fruit est acide,
quoique bon à mang-er, et on
tire de la graine une belle huile. Le fruit est appelé Titoki
dans le Sud, et l’arbre Topitopi ; on le regarde comme un
au
bois de durée et très propre à la construction des navires.
Ake, Ake-rautangi ( Dodonœa spatulata ). #Cet arbre ne
devient pas gros, mais son bois est regardé comme le plus
dur et le plus tenace des bois de la Nouvelle-Zélande; il était
employé pour les armes de guerre.
Fam. Bomhaceœ.
Hobere {Hoheria populnea). Arbre
avec un beau réseau fibreux sous l’écorce. Les feuilles, l’é¬
corce et les fleurs, qui sont blanches, ont une saveur
glutineuse comme la mauve. Il n’atteint jamais
beaucoup de vo¬
lume ; c’est un arbre d’ornement, mais seulement employé
en médecine. Les feuilles du
jeune arbrisseau diffèrent de
celles de l’arbre quand il a toute sa croissance. L’Aute, ou
—
1 aucien vêtement, était fait autrefois avec l’écorce intérieure
de cet arbre; il sert encore de ruban.
Fam. Tiliaceœ. — Wau {Entelea arborescens). Le bois de
cet arbre est remarquablement léger, et
les naturels l’em¬
ploient en guise de liège pour faire flotter leurs filets.
Fam. Eleocarpaceœ. — Hinau
{Eleocarpus hinau). Bel ar¬
bre, avec une feuille en spirale d’un vért luisant ; l’écorce
est grossière et désagréable à la vue ; il
acquiert un volume
et une hauteur considérables.Le bois est d’une belle couleur
jaune, l’écorce est très astringente ; elle est employée pour
faire une teinture brune ; en plongeant les objets ainsi colo¬
rés dans un marais ferrugineux, ils acquièrent une couleur
noire brillante et durable.
Mako, Makomako (Friesia racemosà). C’est un bel arbre,
portant des bouquets de fleurs en cloche très odorantes et
des fruits en forme de groseilles, que l’on mange ; il res¬
semble beaucoup au groseillier. Les feuilles sont
rougeâtres
et diaphanes,
Fam. Sturculiaceæ.
Plagianthus.
Fam. Malvaceœ. — Hibiscus
vesicarius. Belle
plante de
mouchetée, et qui se
trouve au cap Nord. Elle atteint une hauteur de
près de
cette famille, portant une grand fleur
trois pieds ; une autre ressemble à la mauve de nos
jardins.
LES
253
POLYNÉSIENS.
La fleur est couleur de primevère claire, avec un centre très
noir.
Fam. Lineœ. — Le Ririwa {Linum monogynum ), atteint
pieds de haut ; il a une fleur blanche,
bordée de bleu, et parfois toute bleue.
deux
quelquefois
Fam. Caryophyllece ou Alsinaceœ. Arenaria media,
laria media.
Stel-
Fam. Elatinaceœ. —Elatine gratioloïdes.
Fam. Pittosporaceœ. —Tavata, {PUtosporum crassifolium].
Arbre d’ornement, produisant de la térébenthine ; ses feuil¬
les sont odorantes.
Tataka ( P. undulatum vel umbellatum). C’est
arbre résineux.
aussi un
Tawiri, Kobukohu [P. tenuifolium), P. eugenioïdes, P.
cornifolium, P. reflexum, P. penielioïdes, P. radicaus.
F’AM. Droseraceœ.— Wahu. {Drosera propinqua). Joli petit
attrape-mouche, feuille en forme de bouclier ; fleur d’œillet;
racine bulbeuse rouge ; fourreau noir. Drosera intermedia,
espèce plus grande, poussant dans le sol humide, avec une
feuille en forme de branche et une fleur blanche.
Fam. Violaraceœ. ^— Haka [Erpetion spathulata ) ; petite
violette blanche, une autre avec des raies pourpres, et une
pourpre, sont rencontrées, mais toutes sont inodores.
Fam. Flacourtiaceœ. — Mahoe {Melicytus ramiflorus) ; il
atteint la hauteur d’environ cinquante pieds ; le bois est
plus pesant que celui du Rimu, et il a une feuille mince en
spirale {Melicytus macrophyllus).
Fam. Crucifereœ. —Panapana
sylvestre) pe¬
tit cresson à feuilles, avec une fleur blanche, poussant dans
les bois ; Cardamine debilis, Alystum maritimum, Lepidium oleraceum. Le Hanea est un cresson plus grand, avec
une feuille
chevelue brunâtre, et de petites fleurs jaunes ; il
croît près des
seize pouces.
rivières, et atteint une hauteur d’à peu près
vitrée, épaisse et de forme
fleur blanche ; par le volume et
l’aspect, il ressemble à la giroflée jaune. Le Tawera est un
Le Naunau a une feuille noire
ovale ; il a une très petite
cresson d’eau.
LES
POLYNÉSIENS.
Ranunculaceœ.
Kaikaiarure
254
Fam.
[Ranunculus
rivu-
laris, R. acaulis, R, acris, R. pleheius, R. hirtus). Le
l’irrégularité de
pétales ; ou le trouve avec un, deux ou trois et même
plus jusqu’à neuf. Le Kopata-ura-ura, est une belle et g'rande espèce, avec des feuilles lustrées, qu’on trouve dans les
étangs élevés de l’iatérieur. On dit qu’elle est un poison
très violent, les racines sont épaisses, longues, presque
bouton d’or commun est remarquable par
ses
comme des tubercules.
Le Kowaï-kura est aussi une grande espèce, avec des feuil¬
les cotonneuses ; la fleur est petite proportionnellement à la
plante. Il y en a encore une jolie espèce croissant dans les
sols marécageux.
Fam. Clematis. — Piki-arero, Pua Wananga, clématite
ayant une grande fleur blanche sans odeur. Puatautaua,
petite clématite, blanc verdâtre, très odorante; on la trouve
surtout sur les collines de sable près de la mer.
Fam, Griselinece. — Griselinea.
Fam.
Saxifrageœ ou Cunionaceœ. — Quintina serrata,
Weinmanniahetulina, W. fuchsioïdes, W. sylvicola.
Towai, ïawera {Leiospermum racemosum)^ Grand arbre ;
le bois est rouge et
rayé de noir. Il est très estimé pour
l’ameublement. Makamaka {Ackama rosœfolia).
Fam. Crassulaceœ. — Tillœa.
(Misembryanthemum aus¬
trale) 11 y en a deux espèces, l’une portant une fleur couleur
d’œillet, l’autre blanche ; Rengarenga ( Tetrapona expansa).
Le Panamata, Paraihia est une petite espèce d’épinards,
Fam. Ficodece. — Eruerueka
.
avec une feuille
très noire.
Fam. Cucurhitacece. —Mawaï { Sicyos
rampante ressemblant au concombre.
australis), plante
Passifloraceœ. — Koliia, Powiwi {Passiflora tetrandra), petite fleur verte et orange,odorante; elle finit par
être de couleur orange brillant ; on extrait de l’huile de ses
Fam.
graineSi
Fam. Halorageœ. — Toatoa ( Cercodia
herbe raide d’environ
un
erecta), mauvaise
pied et demi de haut, avec une
tige quadraugulaire employée seulement comme médecine
LES
POLYNÉSIENS.
255
Cercodia alternifolia, C. nieana, Gonio •
G. tetragyus, Piripiri, {Citriodorus,Myriophyllum propinquum.
Fam. Onagraceœ. — Kohutuliutu,Kotukutuku,KohutukutukulFuchsia excoriicata). Grand arbre qui a souvent près de
trois pieds de diamètre. Il tire son nom de ce qu’il change
d’écorce; il est le seul arbre qui mue ainsi dans les forêts de
par les indigènes.
carpus depressus,
la Nouvelle-Zélande. Les fleurs se montrent avant les feuil¬
les et généralement sur les branches ; elle sont d’abord d’un
bleu verdâtre avec une teinte pourpre à l’intérieur, mais plus
tard elle se changent en carmin éclatant ; on mange le fruit.
Totera {Fuchsia procumhens) Kokota {Epilobium pedunculare.
E. nummularifolium, E. microphyllum, E. rotundifo-
lium, E. thymifolium, E. cilsinoïdes, E. nerterioïdes,
E.
atriplicifolium, E, iubens^ E. cinereum, E. pncanum, E.
mirtigerum, E. virgatum, E. glabellum, E. confertum, E.
pallidiflorum, E. junceum, E. haloragifolium.
Fam. Myrtaceœ.— Cette famille, quoique moins nombreu¬
se en genres, en possède cependant qui sont très répandus
et d’autres qui forment quelques-uns des plus beaux arbres
et des plus utiles.
Kahikatoa, Manuka ( Leptospermum scopiarum ). G’est
un bel
arbre, à feuille petite, mais aromatique ; les fleurs
sont blanches et très nombreuses, il donne à la fois des
fleurs et des fruits quand il n’a que quelques pouces de
haut, et cependant il acquiert le volume d’un gros arbre,
quand il cesse de fleurir et de fructifier si librement (L. criCoïdes).
Aka ( Metrosideros buxifolia ), plante grimpante, portant
une belle fleur rouge ; la tige est forte et durable. On l’em¬
ploie pour lier les palissades etles bois des maisons; il a une
feuille comme celle du myrte. Une variété porte des fleurs
blanches (M. per/brafa).
Rata {M. robusta). Celui-ci aussi porte une brillante fleur
rouge, et çn telle quantité que l’arbre, vu de quelque dis¬
tance, paraît tout rouge. Le Rata est aussi une plante grim¬
pante ; il pousse ses tentacules vers l’arbre auquel il veut se
coller ; puis il devient un gros arbre, qui tue son ami des
256
LES
POLYNÉSIENS.
premiers jours ; on le voit souvent embrassant le tronc mort
de son premier soutien après qu’il est pourri, et rester sépa¬
ré du sol, ce qui lui donne une apparence singulière. Le
Rata devient un bel arbre ; les racines aériennes disparais¬
sent aiors et il surpasse en hauteur les
plus g^rands arbres
de la forêt. Sa tête est très épaisse ; sa feuille est comme
celle du myrte, mais non aussi pointue ; son bois est très
dur, coriace et d’un rouge brun ; il a beaucoup de valeur
pour la construction des navires et des charriots.
Pühutukaua {M. tomentosa). C’est un arbre du plus
grand ornement; il ne vient qu’à l’extrémité nord de l’île,
parmi les rochers escarpés des bords de la mer ; ses feuilles
sont grandes, épaisses, bleu verdâtre extérieurement, et
blanches en dessous. On ne le trouve pas dans l’intérieur,
excepté sur les petites îles dans les lacs du centre ; le tronc
est noueux et
tordu, le bois est extrêmement dur et d’un
rouge brun ; on l’emploie surtout pour les navires et les cour¬
bes des canots ; c’est un excellent bois de chauffage, et si
généralement employé à cet usage, que ce principal orne¬
Nouvelle-Zélande, sera bientôt
rencontré difficilement ; on ne le trouve pas plus loin dans
le Sud qu’à quelques milles de Mokau.
Rakapika, (M. florida. M. diffusa, M. lucida, M. hypericifolia, M. salicifolia), Mairetawaka, Maïre [Eugenia
maire).Beau et grand arbre, dont le bois est à grains serrés
et lourds, on l’estime beaucoup pour la confection des ma¬
chines, et on peut l’employer au même usage que le buis.
Ramarama, Rohutu (Myrtus buUata, H.) Le myrte ; il a
une feuille odorante, et une très jolie fieur blanche; il at¬
teint la grosseur d’un petit arbre et a environ trente pieds
de haut; l’on dit qu’il est commun dans les forêts du Chili.
Fam. Rosaceœ.
Pirikahu,KaikaiarurL Hutiwa’i (Acœna
sanguisorhœ), petite plante rampante, qui adhère aux vête¬
ment comme l’indique son nom. Elle est appelée la cheve¬
lure de Hine-nui-te-po.
Le Tuta’i-whio’i est un beau glouteron à fleur écarlate,
qu’on trouve dans les plaines centrales.
Tataramoa {Rubrus australis).h-d ronce ou framboise de la
ment des côtes nord de la
—
LES
257
POLYNÉSIENS.
Nouvelle-Zélande ; produit un fruit couleur orang’ée, de bon
goût, et très abondant, que les pigeons recherchent. Cette
plante grimpe jusqu’aux sommets des plus grands arbres, et
elle a souvent une tige qui a six pouces de diamètre. Elle se
montre comme une
■i
immense corde üxée
au
sommet des
arbres, et lovée en nombreux plis sur le sol ; son bois est
employé pour tout ce qui a besoin d’être flexible. Rubrus
schinidelioïdes, R. cissioïdes. Le dernier est un remarqua¬
ble buisson ; ses feuilles sont très petites, placées anx extré¬
mités d'une longue tige en forme de croix, couvertes de pe¬
tites épines
jaunes brillantes. Je n’ai jamais remarqué ni
fleur ni fruit. Le buisson semble à première vue n’avoir pas
la moindre feuille.
Fam. Leguminosœ.— Kowaï {Edwarsia microphylla A.G.)
Cet arbre, dans l’intérieur, atteint une forte grosseur. Je l’ai
noté dans la chaîne de Rualiine, comme aussi grand et haut
qu’aucun des arbres de la forêt; il porte nne fleur papilionacée d’un jaune brillant, épaisse et courte dans son commen¬
cement, qui pend gracieusement des branches déliées (gran~
diflora, clianthus puniceus).
Kowaingutukaka, l’acacia bec de perroquet, ainsi nommé
de la similitude de ses brillantes fleurs rouges. Cet arbrisseau
admirable ne se rencontre que dans le voisinage des vieux
pa, et il est probable qu’il a été importé. J’ai appris qu’un
bâtiment français,celui qui fut capturé il y a beaucoup d’an¬
nées dans la Baie des Iles, contenait beaucoup de boîtes que
les naturels vidèrent sur une petite île dans la rivière Kerikeri, et qu’ils trouvèrent, à leur grand regret, ne contenir
que des graines ; on avait remarqué, quelques années après,
que toute l’île était couverte de cet arbrisseau ; sa beauté
attira l’attention,sesfleurs furent fixées dans l’oreille comme
ornement. La semence fut recherchée et transportée ensuite
partout.il y a quelque probabilité pour que tel ait été le cas,
car il diffère beaucoup
des autres plantes de la Nouvel¬
le-Zélande.
Guilaniina bonduc ;
Idakaka-niau-roro
( Carmichcelis
australis, Griselinia liicida ), genêt, portant une très jolie
fleur blanche rayée de pourpre et qui ne se trouve que dans
vu.
17.
258
LES
POLYNÉSIENS.
l’intérieur. Le Taunoka est le g-enêt commun. Il y a un dic¬
ton à son sujet : c’est qu’il n’a pas de cœur et qu’on lui com¬
de genêts ;
pare l’homme méchant. Il y a plusieurs variétés
mais excepté une, leurs fleurs sont insignifiantes.
Fam. Rhamneœ. —
Piripiri-wata (Carpodetéis serratus) ;
et se trouve près du lac
il porte une petite fleur blanche,
Omapere.
corymbosa, Kumarahou (Pomaderris kumavahou), joli arbrisseau portant des touffes de fleurs couleur
peau de buffle, qui n’est trouvé que dans l’extrémité nord
de rile Nord. Tauhinii (P. ericîfolia), arbrisseau aussi par¬
ticulier au Nord, portant une fleur blanche insignifiante, A
cette famille appartiennent encore Korokia et Ixerba.
Fam. CoHanaceœ — Tupakihi, Tutu-Pukou (Coriaria sarmentosa). Celui-ci est un arbrisseau remarquable qui abon¬
dait autrefois dans toutes les parties de l’île, mais qui dis¬
paraît chaque jour rapidement p ir suite de l’accroissement
du bétail et des moutons. Il produit une grande grappe
d’un fruit pareil à la groseille, de couleur, pourpre foncé; les
indigènes en expriment le suc en grande quantité, et le boi¬
vent sans inconvénient, après l’avoir filtré soigneusement
pour le débarrasser des graines et des pedicelles qui sont un
poison. Ils le font bouillir aussi avec du varech, et le man¬
gent sous la forme de gelée. Les moutons et le bétail aiment
extrêmement ses feuilles; les jeunes rejetons montent rapi¬
dement et sont fort tendres et succulents. S’il est la pre¬
mière chose mangée le matin par un estomac vide, il occa¬
sionne fréquemment la mort; mais autrement, pris avec de
l’herbe, il paraît être, comme nourriture, aussi nourrissant
que le trèfle qui, lui aussi, produit des effets analogues. On
a remarqué que cette plante enrichit le sol végétal ; elle ne
fleurit jamais sur une mauvaise terre. Elle atteint la hau¬
teur de 15 à 20 pieds. Il y en a une petite espèce, dont la
feuille est plus petite, beaucoup plus longue, plus étroite
et plus pointue proportionnellement, avec un plus gros
fruit, moins fortement coloré ; mais les naturels ne le man¬
gent pas ; ils le regardent comme plus dangereux que le
précédent. 11 y a aussi une très petite espèce, avec une fleur
Pennantia
LES
POLYNÉSIENS,
259
areille à celle de la mignonaette, qu’elle dépasse peu en voume.
On ne la trouve que dans l’intérieur ; son
fruit ne se
mange pas.
F AM.Rutaceœ.—Warangi, Rangiora
{Melicope ternata),
petit arbre aVec une grande feuille vert foncé, dont le des¬
sous est cotonneux ; il
porte une grappe de petites fleurs
qui ont l’odeur de la violette.
Le Pukerangiora est une variété, du même, plus grande ;
la feuille a souvent près d’un pied de long et presque au¬
tant de large ; il donne de la résine. C’est un arbrisseau sin¬
gulier de grand ornement, acquérant jusqu’à vingt pieds
de haut (Melicope simplex).
Fam. Eupliorhiaceœ. — Tauwau, Ueueke
{Euphorbia
glauca), croissant surtout près des bords de la mer, et dans
les lieux découverts près de l’embouchure des rivières. Naunau (
plagiantkus, devaricatus, betulinus, urticinus).
Fam. Santalaceœ.— Maire, Maire-tawaki, Maire-taki {Mida salicifolia). Le représentant de la famille du bois de
santal. M. eucalyptoïdes, M. myrtifolia.
Fam. Thymelaceœ. —Kaïkaiatua (Pimelia virgata) , petit
arbrisseau, portant une petite fleur blanche et ayant quatre
euilles aux angles de la tige en bas.
Il ressemble beaucoup
Daphné Outatoranga. P. arenaria, P. pilosa, P. prostata^ P. gnidia, P. urvilliana.
au
Fam. Proteaceœ. — Toru ( Persoonia toru).
trouve dans la Baie des Iles.
Arbre qu’on
Rewa, Rewarewa ( Kinghtia
excelsa). Ce helavhve ressemble beaucoup au Banksia de
l’Australie ; jeune, c’est un arbre de grand ornement, et il
croît en forme de pyramide; il a une curieuse fleur de chè¬
vrefeuille rouge foncé. Le bois ressemble grandement à ce¬
lui du Casuarina, et a de la durée. On s’en sert surtout pour
faire des pieux, des bardeaux et des barrières.
un
grand volume et une hauteur considérable.
Il acquiert
Fam. Laurineœ. — Taraïri (Laurus taraïri), bel
arbre à
grandes feuilles, qui atteint un volume considérable ; mais
n’est trouvé qu’au nord des Waïkato. Il produit un long
noyau ovale, lég’èrement couvert de pulpe, laquelle a une
260
LES
POLYNÉSIENS.
forte saveur de térébenthine. Le
fruit a une belle fleur
pourpre et est pareil à une grosse prune. On ne se
bois que pour le chauflag-e.
sert du
( L. lana ), un des beaux arbres de la NouvelleZélande, formant des forêts dans plusieurs parties du sud.
Tana
La
particularité des forêts de la Nouvelle-Zélande, c’est
qu’à part quelques exceptions, pareilles, elles sont compo¬
sées de toutes les espèces d’arbres entremêlés.
Le Tana a une petite feuille étroite, et porte un fruit
pourpre en forme de prune,qui n’est pas mauvais à manger;
on mange aussi le noyau quand il a été grillé. L’arbre at¬
teint un gros volume ; mais on ne se sert du bois que pour
faire du feu, car il se pique vite des vers. Il est très blanc
et léger. L’écorce intérieure est douce, et quand on la fait
infuser, elle fournit une boisson délicate aux travailleurs
qui n’ont plus de thé ; elle n’a pas besoin d’être sucrée. —
Tangeo (L. calicâris),
Fam. Atherospermaceœ. — Pukatea
{Laurelia Novæ-Zé-
landiœ), grand arbre à bois de charpente, mais de très peu
de durée, puisqu’il se gâte dans une seule année ; ses raci¬
nes font beaucoup de saillie, comme celles du figuier de
l’Australie.
Polygonaceœ. — Puka [Polygonmn australe). La
plante saule. Heruna (P. adpressum); Pohuehue (P. comFam.
plexum); Tutunahua ( P.prostratum-, Rumex crispus, R.
brunionianus).
Fam. Chenopodiaceœ. — Poipapa {Chenopodium iriandrum. Ch, totrys, Ch. glaucum, Ch. maritimum, Ch.
fructicosum, Salicornia indica).
Fam. Amaranthaceœ.
Peronychicæ, Nahui, (alternant
thera oîenticMZate),Kohukohu [Mniarum biflorum).
Fam. Plantagineœ. — Kopakopa ( Plantago major ) ; ce
plantain ressemble beaucoup à celui d’Europe, mais il est
indigène. C’est une herbe médicinale importante, bien con¬
nue des indigènes.
Plantago varia,plante à feuilles étroites
cotonneuses ; la feuille est longue et de couleur brunâtre.
—
Fam. Salviaceœ. — Salvia Koru. Cette
belle fleur
ne se
26i
LES POLYNÉSIENS.
dan.s le voisinage du cap Nord; elle porte une
grande fleur bleue et blanche.
F AM. Primulacece.—Anagallis arvensis,Samolus littoralis.
Fam. Fagus. — Tawaï ( Betula nigra), a peut-être deux
représentants,, qui atteignent une grande hauteur et un fort
diamètre ; ces arbres forment des forêts alpestres dans l’ex¬
trémité sud de rile-Nord, et ils abondent partout dans
rile-du-Milieu. Anciennement le rat se nourrissait de ses
faînes. On dit qu’ils ne donnent des fruits qu’une fois en
trouve que
dix ans.
Fam.
Scrophularin'aceœ.— Koromiko, Kokomiko {Vero-
généra¬
répandue dans la Nouvelle-Zélande. C’est une
plante de grand ornement,mais qui disparaît devant les che¬
nica salicifoliç, Forster). La plante qui est le plus
lement
vaux.
Autrefois on en voyait
de grands bosquets de tous
côtés. Elle porte une fleur pyramidale, d’un blanc pourpre.
Napuka, Korokio {V. speciosa), variété qu’on trouve aux
sources d’Hokianga portant une jolie fleur écarlate ; les
feuilles sont plus grandes, plus arrondies et plus minces
que les précédentes.
Taranga [V. angustifolia R. et Less (1),
tites feuilles. V. macrocarpa.V.
variété à pe¬
ligustrifolia, V. parviflo-
V. elliptica, V. cataractœ ; Piriti, V. diosmifolia, V.
calycina, Gratiola sexcentata, Euphrasia cuneata.Fes côtes
du Tongariro sont couvertes par plusieurs variétés curieuses
de cette famille, dont quelques-unes seront nouvelles.
ra,
Cyrtandraceœ. — Wainatua. [Rhabdothamnus Solandri.) Bel arbrisseau délicat, avec de petites feuilles
rondes et des fleurs en forme de cloche, de couleur orangée
rayée de pourpre, ressemblant beaucoup au Penstemon.
Fam.
Fam. Solaneœ.— Poroporo, Kohoho,
Koheuheu. (So/anum
lacinatum.) Buisson trouvé parfois assez grand pour qu’on
puisse le placer parmi les arbres ; on le trouve parfois por¬
tant des fleurs blanches et des feuilles vertes plus claires ;
mais en général les
fleurs sont très ressemblantes par la
(1) Je l’ai decouverte et récoltée en 1827 près de la Passe des
Français. Voy. Bot. de d’Urville, Voyage de l'Astrolabe, p. 187.
262
LES POLT^IÉSIENS.
couleur à celles des pommes de terre, et les feuilles sont
d’une couleur brun foncé. Les fruits sont aussi gros (jue
des groseilles, de couleur orange, et sont généralement
mangés.
Il y a un solanum plus petit, ressemblant de près à la
morelle d’Angleterre par sa taille et sa fleur, qui est blanche.
Il porte une baie pourpre, qui se mange comme les feuilles.
Son nom indigène est Raupeti et Remuroa.
Fam. Myoperineœ. — «Manawa
(Aricennia tomentosa) : la
Mangrove ou Palétuvier. Cette plante abonde dans le nord
de l’île vers son extrémité, où elle forme des espèces de
bosquets marins, ayant de nombreuses huîtres attachées à
ses racines et à ses branches, mais on ne la trouve pas plus
sud que Kawhia.
Ngaio ( Myoporum lœtum). Arbre à feuilles luisantes,
abondant près de la mer.
Dans le sud il atteint
un
volume
considérable.
Le bois
est dur et dure beaucoup.
Quand il est jeune, c’est un arbre
grand ornement et important comme abri contre l’air
de la mer ; il a quelquefois trois pieds de diamètre. M. pubescens, variété propre à l’Ile-du-Milieu.
de
FAM.Verhenaceœ.—Puriri (Vitex littoralü A.C.) Cet arbre
n’est pas trouvé plus sud que Kawhia.Il appartient au même
ordre que le Tech, et semble avoir besoin de Tair delà mer.
La feuille est lustrée. La fleur ressemble beaucoup à l’ante-
rinum ; le bois est d’une couleur brun foncé,
à grains très
serrés et lourd ; il dure très longtemps et ne peut être tra¬
vaillé que quand il est vert. Des poteaux plantés depuis
quarante ans dans le sol ont été trouvés aussi frais que si
les y eût mis depuis peu de temps. Ce bois important
est généralement percé par le ver d’un grand cerambix.
on
P'AM. Nolanaceœ. — Dicoudra repens.
Fam. Mpreaceœ.Broussonetia papyrifera.
Fam. Eupatoriceœ.—Pukapuka(RracAi/gdoh‘s
repanda.)F&\
arbrisseau; les feuilles sont très grandes et blanches en dessous.La première fois que les naturels virent du
papier, ils le
comparèrent à ces feuilles : c’est de là que la feuille et les
LES
263
POLYNÉSIENS.
B, rani, B.
livres en général sont appelés puka-puka-rani.
rotundifolia.
Fam. Juncaceœ.— Kowarawara {Astelia Banksii). Il croît
épiphyse et aussi dans les lieux marécageux.
picta, Astelia solandri, Juncus maritimus. J,
effusus, J. cniformis.
Fam. Aracœe.
Taro {Caladium esculentum). Cette
plante fut introduite par les naturels lors de leur première
venue; elle est cultivée comme un article d’alimentation.
Fam. Thyphaceœ. — Raupo {Typha angustifolia); on
mange la racine; les feuilles sont employées pour doubler
comme une
Luzula
—
les maisons et faire leur toiture.
Fam
.
Naiadaceœ. — Fotamogeton natans.
Fam. Juncaginaceœ. — Triglochiis flaccidum.
Iam.
Graminaceœ. — Agrostis crinica, A. ovata, A.rigi-
da, A. procera,
A. Forsteri,
A. conspicua, A. œmula, A, Billiardieri,
A. pilosa. Patiti, Phalaris canariensis, Dan-
thonia diallpa', Bromus
australis, Schenodorus littoralis,
Triticum scabrum. T. Repens,Poa australis, P.
imbecilla, P.
caspitosa, Paspatum orbiculare, Rottboellia uniflora. Moa
5pmi/ea: sérzceus avec une boule piquante de fleurs. {Avena
ûntarctica, Arundo Australis). Celle-ci est une élégante plante,
elle atteint une hauteur d’environ six pieds ; la tige à fleur
a presque deux fois cette hauteur et se termine par un pa¬
nache ondoyant ; elle est employée pour doubler les maisons
et elle les rend très propres. La tige est appelée Kakaho et
la feuille Toetoe.
herbe à odeur douce.
des joncs de marais, des
fougères, etc., il suffira de citer:
Fam. Cyperaceœ.— Toetoe,(Lepidosperma elatior), herbe
grossière et coupante. Il y a vingt autres variétés de la
famille. C’est un nom générique pour tous les joues de ma¬
Karetu {Torresia redolens),
Parmi les nombreuses familles
rais.
Fam. Restiaceœ. — Wiwi {Leptocarpus simplex), nom
nérique pour les joncs.
Fam.
Polypodiaceœ. — Huru-huru-whenua
lucidum. A, falcatum, A.
gé¬
{Asplénium
polyodon, A, obliquum, A. ob-
264
LES
POLYNÉSIENS.
tusatum, A.flabellifolmm, A. bulbiferum)-, Ota (Niphobolus
bicolor); Raorao, Ai'u.l\e (Pteris esculenta); Tuakura {Dickso-‘
dealbata). Korau,MamakLi
(Cyathea m.edularis).On mange la tige de cette fougère.
Mouku, Paratawiti (Marattia elegans),'belle fougère avec
une racine édible
pareille aux écailles du lis blanc.
Fam. Gleicheniaceœ.— Waewaekaka (Gleichenia
hecystophylla). Kopakopa (rriciiomenes reniforme). Belle fougère
nia squarrosa) ; PoTiga{Cyathea
à feuilles circulaires, avec la fructification sur ses bords.
Fam. Osmundaceœ.— Mangemange
(Lygodium articulafum).Belle fougère grimpante, dont on se sert pour la cons¬
truction.
Fam. Ophroglossaceœ.—Ti-Taranaki(Sot^cTiinTO
australe).
Plante remarquable, abondante dans les plaines herbeuses.
Autrefois on la mangeait.
Fam.
Lycopodiaceœ. — Lycopodium lessonianum, L.
L. cernuum, L. flagellaria, L. latérale, L.
phlegmaria, L.volubile,L.d'Urvillœi, Tmesipteris forsterii.
deusum,
Toutes les plantes qui
appartiennent à cette famille sont
grande fa¬
mille; les Hépatiques aussi. Les Musci, Oalyptrati, Mousses
et Hépatiques, parmi lesquelles il y en a de très
belles, sont
extrêmement nombreuses.Plusieurs des Fungi sont doubles.
très belles. Les Jungermania forment une très
Les chevaux et les vaches ont introduit le
glais.
champignon
an-
On trouve aussi des variétés de truffes et de morilles.
La Nouvelle-Zélande est riche en algues, dont
plusieurs
espèce, Rimu, semblable au
Chondrus crispus, se fait bouillir avec le suc du Tupakihi ;
le Rimuroa, graude variété subulée, est d’abord rôti.
sont bonnes à manger ;
une
Telle est la courte ébauche de la flore de la Nouvelle-Zé¬
lande qui se trouve dans les îles nommées,
centre botanique ; combien de
et forme
son
parties de cette flore peuvent
qui sont au Nord ? on ne le
sait pas encore avec certitude. En admettant
que les îles de
être rencontrées dans les îles
la Nouvelle-Zélande sont des chaînons brisés d’une ancienne
0
LES
POLYNÉSIENS.
265
-ig’ne de continent, nous pouvons raisonnablement espérer
rencontrer quelques-unes des plantes dans plusieurs des îles
qui sont au Nord, partout où il y a une élévation suffisante
pour donner un climat pareil au sien.
A l’appui de cette idée, trois plantes
de la Nouvelle-Zé¬
de Kinibalu, dans l’île de Bornéo, sous l’Équateur, et ces trois
plantes, cependant, sont des plus particulièrement antarc¬
tiques des g-enres de la Nouvelle-Zélande et de la Tasmanie,
ce
sont : Drapètes, Phyllocladus et Drimys. Il reste éga¬
lement à prouver que le Kauri lui-même,ou une variété,
ne peut
pas être rencontré lui-même aussi loin au Sud que
lande ont été découvertes sur la haute montag-ne
sur la côte
Sud-Ouest de la Nouvelle-Zélande.
par laquelle les différentes
flores de notre terre se mêlent les unes aux autres, établit
Ainsi l’étonnante manière
clairement l’unité harmonique de l’ensemble. Chaque chose
dans l’Australie, fleurit
pendant l’hiver. Par le fait les
saisons sont renversées.Les arbres qui conservent leur feuil¬
lage en hiver, les laissent tomber en été, et les vents d’hiver,
dont l’affreux hurlement nous annonce que l’été est passé,
représentés ici par les vents chauds de l’été, qui fout
brûlant et dessé¬
chant sur la végétation que nos propres hivers. Ce n’est pas
sont
le même triste bruit, et ont le même effet
le cas dans la Nouvelle-Zélande.
arbres perdent leurs
Là, véritablement, les
vieilles feuilles en été; mais les forêts
sont toujours vertes, et la différence entre
saisons est assez peu grande. Un climat
une
végétation uniforme.
le rôle des deux
uniforme produit
MYTHOLOGIE
Les connaissances acquises jusqu’à présent sur la mytlio-
logie de ce peuple singulier sont très imparfaites; et comme
les vieillards qui eu conservaient le souvenir vont disparaî¬
rapidement, il est à croire que beaucoup de traditions
de même. La génération actuelle est indiffé¬
rente aux traditions du passé. L’esprit est aujourd’hui trop
occupé de sujets qui sont le résultat du contact européen,
pouf qu’il conserve ces longues kyrielles de noms et de rites
autrement que dans le langage ; cela est la cause de beau¬
coup de difficulté dans la recherche des mots qui depuis
longtemps sont tombés en désuétude.
A proprement dire, les indigènes n’ont aucune connais¬
sance d'un être suprême. Ils ont une multitude de dieux,
et ceux-ci passent pour avoir été les pères de tout ce qui
existe ; ces dieux sont tellement unis aux esprits de leurs
ancêtres dont l’adoration fait largement partie de leur re¬
ligion qu’il est fort difficile de distinguer les uns des autres.
De fait, leurs traditions sur la création remontent bien loin
avant les dieux eux-mêmes. Ils commencent au néant qui
tre
ont disparu
produisit quelque chose,puis davantage, et créa la puissance
de croître. L’esprit étant plus subtil que la matière,- fut créé
le premier, et la pensée étant regardée comme supérieure à
l’esprit, le commencement date de sa naissance.
On aperçoit dans leurs traditions une idée qui indique un
état beaucoup plus avancé que l’état actuel. Leurs idées,
sous beaucoup de rapports, ne sont pas si puériles que celles
mêmes des plus anciennes nations païennes, et sans la lu¬
mière de l’inspiration, nous ne pourrions pas supposer qu’ils
ont été plus avancés qu’ils ne le sont.
(1) Trad. de Taylor, p. 13.
y
LES
POLYNÉSIENS.
267
Première période.
La première époque peut être appelée l’époque de la
pensée :
De la conception, l’accroissement ;
« De l’accroissement, la
pensée ;
« De la
pensée, le souvenir ;
Du souvenir, le sentiment intérieur ;
Du sentiment intérieur, le désir. »
«
«
'
«
Seconde
période.
La seconde période est celle de la nuit ;
«
«
«
CI
«
«
La parole devint utile ;
Elle s’unit à la faible lueur ;
Elle produisit la nuit ;
La grande nuit, la longue
nuit ;
La nuit la plus basse, la nuit la plus haute ;
La nuit épaisse, pour être sentie ;
être touchée ;
La nuit pour ne pas être vue ;
a La
nuit de la mort.
«
La nuit pour
«
œ
a
Pendant ces périodes il
n’y avait pas de lumière ;
Le monde n’avait pas d’yeux. »
Troisième période.
La troisième période
est celle du jour :
a
Du néant, le commencement ;
«
Du néant, l’accroissement ;
«
a
Du néant, l’abondance ;
Le pouvoir de croître ;
a
Le souffle vivant.
et
Celui-ci s’unit au vide, et produisit :
«
a
s
L’atmosphère qui est au-dessus de nous ;
L’atmosphère qui flotte au-dessus de la terre ;
Le grand firmament au-dessus de nous s’unit à la
pre¬
mière aube ;
œ
«
«
Et produisit la lune ;
L’atmosphère au-dessus de nous, s’unit à la chaleur ;
Et de là naquit le soleil ;
0
268
LES
POLYNÉSIENS.
«
Ils furent lancés en haut comme les yeux
«
Alors les deux devinrent clairs ;
a
La première aube, le premier jour,
a;
»
du ciel,
Le milieu du jour,
La flamme du jour du ciel.
^
Quatrième période.
«
Le ciel au-dessus de nous s’unit à Hawahiki ;
«
Et produisit la terre: ïaporapora,Tauwarenikau, Kuku-
paru, Wawau-atea, Wiwhi-te-rang'iora. »
Ce sont les noms des terres où îles qu’on suppose avoir été
les
premières créées ; Hawahiki est l’île d’où ils vinrent
est regardée comme le berceau d
dans le principe, et elle
leur
race.
Cinquième période.
alors les dieux furent créés :
Ru-ou-hoko, Ruatupu, Ruatawiti, Ruakaipo, etc. »
«
La terre étant formée,
Sixième période.
«
Les hommes furent produits ;
Ngae, Ngaenui, Ngaeroa, Ngaetuturi, Ngapepeke.
Tatiti, Ruatapu, Toe, Raura-tama-rakei-ora. »
Il y avait deux grands ordres de dieux. Les premiers et
les plus anciens étaient les dieux de la nuit, parce que la nuit
avait précédé le jour ; venaient ensuite les dieux du jour.
Le
dieu
supérieur des premiers était Hine-nui-te-po,
la grand’mère de la nuit, la grand’mère de tout le reste. Les
père et mère des derniers étaient Rangi et Papa ou le ciel
et la terre. On croyait généralement que le ciel était un corps
opaque et solide tendu sur la
terre qui était plate comme
planche. Papa, la terre, signifie plat comme une planche.
Il y avait dix ou onze cieux ; le plus bas était séparé de la
transparente, solide comme de la
glace ou du cristal,il était dessous ou près de la terre,qu’on
croyait le soleil et la lune passer. Le grand réservoir de la
pluie était au-dessus, et c’est au-delà que se trouvait la de¬
terre par une substance
meure
des vents.
Chaque ciel était distinct : le plus bas était la demeure de
la pluie ;le suivant, des esprits ; le troisième, des vents; le
LES
269
POLYNÊSIE^JS.
quatrième, de la lumière. Le plus haut de tous était le plus
glorieux, et c’est pourquoi il était la demeure des dieux.
Le ciel avec son pavé solide reposant sur la terre, la ren¬
dait stérile • quelques arbrisseaux insignifiants et
seulement
des plantes ,,rampantes pouvaient croître à sa suface.
«t
La peau de la terre, ou la couverture,
«
Sa couverture était le wehe-wehe ;
«
Sa couverture était la ronce ;
«
Sa couverture était l’ortie ;
«
Il ne faut pas s’affliger de ce que la
d’eau ;
«
oc
«
Il ne faut pas se lamenter
Le règne de l’océan finira ;
était le tutu ;
terre est couverte
de la longueur du temps ;
La surface de l’océan deviendre raboteuse, par les terres
qui s’y élèveront;
«
«
oc
«
«
«
«
«
oc
Par les montagnes qui naîtront ;
En entourant la mer comme une ceinture.
Oui, comme une ceinture autour de la mer.
Tu seras brisée, ô Terre.
Ne te lamente pas.
Oui toi, même toi;
Car ce serait te plaindre de ton amour ;
Ce serait te plaindre d’avoir
couvert la surface d’eau.
Ce serait te plaindre de la durée du temps. »
Les descendants de Rang! et de
Papa furent d’abord les
Kumara, qui vinrent de la face des deux, car ce
sont des
plantes exigeant la chaleur.
Après vint la racine de fougère qui sortit du dos deRangi,
vu sa robuste nature, ce qui fait qu’on la rencontre sur les
collines froides, sans qu’elle ait besoin de soleil pour croître.
Le premier être vivant créé fut Tane, d’où proviennent les
arbres et les oiseaux ; on ne paraît pas savoir s’il était un
dieu, un homme,ou un arbre; on l’appelle également TaneMahuta.
Le second fut Tiki, d’où vient l’homme ; Marikoriko ou le
crépuscule (1) était le nom de sa femme, la première femme
n’était pas née, mais avait été faite avec de la terre, par
'1) M:i, blanc, net, propre ; rikoriko, sombre, crépuscule.
270
LES POLYNESIENS.
Arolii-rohi, (1) ou la chaleur frissonnante du soleil et de l’é¬
cho.
Kauatata.
Tutenganafiau,
La fille de Tiki et de Marikoiiko était -appelée
Le troisième fils de Rang! et de Papa fut
e
grand auteur du mal.
c
l’auteur de tout le bien, de tout
ce qui est bon. Tahu est le nom donné au mari, et doit avoir
quelque rapport figuré au mariage.
Le cinquième fut Tawiri-matea, le père des vents ;
Le dernier fut Tangaroa, le père de tous les poissons, et
le grand dieu de l’Océan. A Tonga ce dieu est regardé comme
le créateur de toutes choses ; là. il est appelé Tangaloa. Il
est considéré de même à Tahiti, où il est connu sous le nom
de Taaroa ; à Hawaii, il est appelé Tanaroa.
Orongo, une des plus anciennes divinités d’Hawaii était
adoré sous le nom d'ürono ; Cook, à son arrivée au Sand¬
wich, fut pris pour ce dieu, et il se laissa traiter comme tel
parles insulaires, et même faire des sacrifices, qui causèrent
Le quatrième fut Tahu,
fortuitement sa mort.
Tane et Tiki (2) étaient aussi connus à Tahiti,
sous le nom
le dernier
de Tii ; de même que Ru et Hine-nui-te-po, ou
la grand’mère de la nuit, le sein de
la nature. On y avait la
même opinion sur le caractère méchant des
Atua-potiki, ou
supposés se
fils de Dieu, qui étaient appelés Hotua-pou, et
plaire à faire du mal.
On rapporte que les descendants de Papa et de Rang! se
réunirent bientôt en conseil, pour décider ce qu’il convenait
de faire à leurs parents pour que la terre devînt fertile ; car,
ainsi que la traditionle rapporte, pendant une fort longue pé¬
riode, depuis la première nuit jusqu’à la dixième nuit, à la
centième nuit, à lamillième nuit, tout était dans les ténèbres:
le ciel épais et opaque couvrant la terre et larendant stérile.
En vain tâchait-elle d’obtenir des descendants dans la res¬
semblance de la nuit ou du jour. Alors ils examinèrent ce
^1) Arohi-rohii tourner en rond, être étourdi.
(2) Une petite image d’hommej taillée dans le jade vert et portée au
feou, est appelée Tiki.
LES
POLYNÉSIENS.
271
qu’il fallait faire pour Rang’i et Papa : œ Les tuerons-nous, ou
les séparerons-nous, n Tumata-Ueng-a qui doit être le
même
TutenganaLau dit : « Oui, tuons-les. » Tane-Mahuta:
Non, nullement séparons-les plutôt. Faisons que l’un soit
placé en hau#. et que l’autre reste dessous ; faisons que l’un
reste loin de nous comme un étranger ; faisons que l’autre
soit près comme un père ou une mère pour nous. » Tous
acceptèrent ce conseil ; un seul était fortement opposé à
leur séparation ; cinq décidèrent qu’ils seraient séparés ;
que
a
un
seul les aimait (1).
Tutenganahau eut la cruauté de couper les liens qui les
unissaient. Alors le premier saisit Papa mais ne réussit pas j
mais sans plus de suc¬
de même ; le quatrième, le cinquième,
et lui seul réus-it. Hélas pour Raiïgi et Papa ! hélas pour la
puissance de Tane-Mahuta ! ce fut à lui que fut réservé le
soulèvement ; il plaça sa tête en bas, et éleva ses genoux en
haut. 11 éleva complètement Rangi; il abaissa complètement
Papa ; aussi il les écarta; la nuit devint distincte ; le jour
le second se saisit d’elle à son tour,
cès ; le troisième fit
aussi devint distinct.
il
voulait combattre son plus jeune frère ; véritablement c’était
le désir de Ranginui; mais Tawhiri-Matea apprit son éléva¬
Tawhiri-Matea eut une bonne pensée pour sa mère, et
tion.
la terre et le ciel. La
11 mit sa bouche sur celle
de Tane-Mahuta et les vents agitèrent ses branches et le
11 fit alors souffler les vents entre
brise fraîche fouetta sa surface.
Il fit la guerre à Tangaroa et souleva de
grosses vagues à sa surface. Mais Tane acheva son ouvrage
en prenant de hauts arbres pour tenir le ciel élevé.
L’élévation et le maintien élevé des deux fut le premier et
déracinèrent (2).
grand ouvrage de Tane. Ensuite vint la production de ses
(1) La même tradition do l’union du ciel et do la terre existait aussi
furent seulement séparés pat une plante, le Teve
à Tahiti ; mais ils
(Dracontium polyphyllum), jusqu’à ce que le dieu Ru élevât le ciel;
(2) Tane-Mahuta est représenté cornme un arbre dont la tête est en
bas et les racines en Tair ;
pfaussaient de la sorte;
on
croyait que ces arbres anciennement
272
LES
POLYNÉSIENS.
enfants, les arbres dont il était le père, et celle des oiseaux,
dont il est également le père.
Tane avait six noms ; chacun d’eux était l’emblème de sa
puissance :
TANE-TUTURi, « le
ciel.)
courbé ï (de ce qu’il fit en haussant le
TANE-PAPEKi, « l’ai'c plié »
le ciel..)
(quEud ses pieds soulevaient
TANE-uETiKA, « droit comme un arbre. »
TANE-UEKA, « fort comme un arbre. ^
TANE-TE-WAioRA, « celui qui ouvre la fontaine de vie. »
TANE-Nui-A-RANGi,
«
le grand Tane
qui
soulève les
deux. »
En outre, il est appelé tane-mahuta.
Le dernier
grand ouvrage qu’on lui attribue est la
de vie, dans le but de perpétuer
création de la fontaine
celle-ci,
quand elle décline, s’y rend et qu’après s’y être baignée en
l’existence du soleil et de la lune ; on pense que
sort avec une existence nouvelle : d’où le dicton ; « l’homme
meurt, et on ne le voit plus ; mais la lune meurt, et en
plongeant dans la fontaine de vie, elle revient à la
se
vie. »
Tane est aussi le père des oiseauxqui volent de nuit, com¬
me de ceux
nu
qui volent le jour : d’où le proverbe : Ko te ma¬
huna à Tane. « L’oiseau caché de Tane, l’oiseau de Tane
qui se cache. » 11 s’applique àune personne qui arrive quand
il fait noir ou qui se trouve quelque part sans qu’on le
sache.
Généalogie de l’homme (1).
Au commencement du temps existait Te-po, «
les ténèbres. »
Dans les générations suivantes, Te-po
clarté. »
la nuit ou
devint Te-ao, « la
Te-ao-tu-roa, « la lumière s’étendant au loin ; »
(1) Shortland, p. 55.
LES
273
POLYNÉSIENS.
Te ao-marama, a la lumière claire du jour ; »
Te-kore, «c le néant ; »
Te-kore-te-whiwhia, a le néant, le possédé ; »
Te-kore-te-rawea, « le néant, le
rendu excellent ; »
Te-kore-te-tamana, « le néant, la limite solide ;»
Te-kore-màtua, ■< le néant le premier ; »
Maku,
«
l’humidité. »
Maku dormit avec Mahoranii-atea « le grand, le vaste,
clair :
»
leur postérité fut Rangi, « le ciel ».
le
Rang! dormit avec Papatuanuku « la grande surface éten¬
due, la terre. »
brouillard ; » Tane « le
mâle, » et Paia i qui est fait, qui est terminé. »
De Tane et de Paia naquit Te-Tangata a Thomme. »
Je me suis procuré cette tradition à Moeraki, dans ITleLeurs enfants furent : Rehu « le
du-Milieu, endroit de la Nouvelle-Zélande, où les naturels
aiment passionnément
les traditions généalogiques. De pa-
sujets sont fréquemment l’objet de leurs causeries,
quand ils sont réunis en petits gi’oupes, comme ils le sont
dans les terres sacrées, sur quelq ue terrain élevé près de
leurs villages. Dans plu.sieurs parties de Tlle-Nord, Tikiahua est le nom sous lequel est connu le g-rand créateur de
l’homme : de là l’expression Aïtanga-a-Tiki, « postérité de
Tiki », pouvant s’employer pour désigner les personnes de
reiis
bonne naissance.
Les dififérenies familles du règne animal, au lieu d’être re¬
gardées comme des êtres distincts de la création, descen¬
daient aussi, d’après la mythologie des Nouveaux-Zélandais,
de quelques-uns de ces affranchis primitifs de la terre qui
feignent d’avoir possédé des pouvoirs surhumains. Ainsi la
Tuna, « l'anguille », et le Koiro, «le congre », passent pour
l’un de ces anciens hommes de mérite,
Ngarara, « le lézard », et
le Mango, « le requin », passent pour avoir été frères. La
mer était leur élément naturel, mais désirant se séparer
après une querelle, le premier, qui était le plus âgé, alla vivre
sur la terre, pendant que le dernier restait dans la mer. Le
lézard, en partant, maudit ainsi son frère : « Reste dans la
être la postérité de
nommé Maru-te-whareaitu. Le
IV
18.
O
274
LES
POLYNÉSIENS,
g'raude mer pour servir à faire
un
et sois chassé de ton trou par la
fumée des feuilles de fou-
plat de nourriture à
riiomme, » (1) « et toi de même, repartit le requin, va à terre
g’ères en feu (2). 3>
Oes paroles de séparation' du lézard et du ^requin sont
conservées comme proverbes. Les premières font allusion h
la coutume de servir un morceau de requin séché sur le des¬
sus d’un plat de patates ou Kumara pour lui donner du goût.
Les secondes à la manière de traquer le Ngarara, en faisant
briller un feu à l’entrée de son trou (3).
Un volume (dit M. Phostt, dans sa 2" Edit.) a été publié
récemment par M. G. Grey, ancien gouverneur en chef de la
{Polynesian Mythology), avec des dé¬
qui doivent le faire accepter comme la
tradition polynésienne touchant l’origine de toutes choses
vivant sur la terre. Ce qui vient d’être rapporté provient
Nouvelle-Zélande
tails circonstanciés,
évidemment d’une source voisine ; mais comme c’est seule¬
fragment de la tradition conservée par sir George
Grey qui renferme une matière si intéressante et si impor¬
tante, je prendrai la liberté d'en placer ici un résumé.
Cette tradition regarde Raagi a le ciel » et Papa-tu-a-Nuku
comme les premiers parents d’où sont issues toutes choses.
Dans le commencement. Rang! et Papa étaient si unis
que la lumière ne pouvait pénétrer entre eux ; les enfants
engendrés par eux vivaient dans l’obscurité. Ces enfants
pensaient sans cesse à ce que pouvait être la différence entre
les ténèbres et la lumière, et comment ils feraient pour sé¬
parer leur parents, de manière à permettre que la lumière
ment un
brillât sur eux.
Tu-Mata-Uenga, le plus féroce d’entre eux, proposa de
père et leur mère ; tandis qu’un autre, nommé
tuer leur
(1) E noho
kiwhaho ki te
toanga kai maoa.
moana,
kia wakapuharutia kia kite
(2) Haere ki uta kia wakapongia kia kite ahi rarauhe.
(3) Ngarara est le terme employé pour désigner lé lézard et tout
reptile; C’est le nom de l’Iguanc qui a quelquefois trois pieds de long.
(Shortland.)
LES
POLYNÉSIENS.
275
Tane-Mahuta, dit qu’il valait mieux les séparer ; tous accep¬
tèrent ce plan, excepté Tawhiri-ma-Tea, le plus jeune. Sans
ég'ard à son opposition, les autres se mirent à l’œuvre
l’un après l’autre, pour séparer leurs parents. Tous, cepen¬
dant, essayèrent en vain jusqu’au tour de Tane-Mahuta.
D’abord Tane s’efforça de séparer Rangi et Papa à l’aide de
ses bras
seulement ; mais cela fut insuffisant. Alors,
appuyant sa tête sur sa mère Papa, il éleva ses pieds
contre son père Rangi, et mettant en œuvre toute la force
de son dos et de ses jambes, il finit par les séparer, en
poussant en bas la première et en élevant l’autre à sa posi¬
tion actuelle.
Les noms et les attributs de ces enfants
de Rangi et de
Papa étaient les suivants :
Tu-Mata-Uenga était le dieu et le père de Tbomme.
Rongo-ma-Tane était le dieu et le père de la nourriture
cultivée de l’homme.
Haumia-Tikitiki était le dieu et le père
de l’homme venant sans culture.
de la nourriture
Tangaroa était le dieu et le père des poissons et des rep¬
tiles.
Tane-Mahuta était le dieu et le
seaux
père des forêts, des oi¬
et des insectes habitant les forêts.
Tawhiri-ma-Tea, était le dieu et le père des vents et des
tempêtes.
Quand Rangi et Papa furent séparés, tous restèrent avec
cette dernière, excepté Tawhiri-ma-Tea, qui, fâché avec ses
frères, suivit son père Rangi et s’entendit avec lui pour sa¬
voir comment ils se vengeraient.
Aussitôt que leurs plans furent mûrs,Taw'hiri seprécipitant
des cieux, attaqua Tane-Mahuta et tourbillonna au-dessus
de ses forêts avec l’ouragan. Ayant produit*là de grands
ravages, il s’abattit aussitôt sur les mers avec les coups de
vents et les tempêtes pour faire sentir sa fureur à Tanga¬
roa.
Ce fut dans cette occasion que les poissons et les reptiles
se
séparèrent après s’être disputés, les premiers restant dans
chercher un abri à
la mer, tandis que les derniers allaient
O
276
LES
terre. On raconte encore
POLYNÉSIENS.
qu’un dialogue semblable à celui
du requin et du lézard eut lieu entre le-Ika-Tere,le père
des poissons, et Tu-te-Wehi-Webi, le père des reptiles.
Après cela Tawbiri-ma-Tea attaqua ses frères Kongoma-Tane et Haumia-ïiki-Tiki ; mais il ne
put^ pas arriver à
leurs enfants, la nourriture cultivée ou sans culture ; car
Papa les cachait dans son sein. Enfin, il attaqua Tu-MataUenga; mais il ne put ni l’ébranler ni le renverser.
Ïii-Mala-Uenga ayant seul résisté avec succès à Tawbirima-Tea, .fit la remarque que ses frères s’étaient conduits
lâchement en l’abandonnant, et il résolut de les punir ; il
dressa donc des pièges dans les forêts pour attaquer les en¬
fants de Taue, et fit des filets pour hâler à terre les enfants
de Tangaroa. Il découvrit aussi les enfants de Rongo-maTane et de Haumia-Tiki-Tikipar leurs feuilles, etles arracha
de la terre ; il se servit de tous cooime nourriture et les
rendit usuels, mais il ne put vaincre Tawhiri-ma-Tea,ni s’en
servir en le mangeant comme aliment. Si bien que ce der¬
nier né des enfants de Rangi et de Papa fut laissé pour être
l’ennemi de l’homme ; il ne cessa de l’attaquer par les tem¬
pêtes et les ouragans, en s’efforçant de le détruire sur terre
et sur
mer.
NOMS
DES
DIEUX A LA
NOUVELLE-ZÉLANDE.
Tane,\Q père du Tui, des oiseaux en général et des arbres:
quelques-uns c’était une femme.
Ru, le père des lacs et des rivières.
pour
Rupe, le père du pigeon.
Panparoa, le père des poissons.
Irawaru, le père du chien.
Nga-Rangi hore, le père des pierres.
Mauika. le père du feu.
Maui, le père de la terre.
Mumuhanga, le père du Totara.
Parauri, le père du Tui, (Tane et Parauri étaient mariés :
LES
277
POLYNÉSIENS.
Tane pour quelques-uns était la mère, pour d’autres
C’est dans
le père.
Sandwich que Para est donnée
une tradition des
pour mère de Maui).
Papa, le père du Kiwi.
Owa, le pèfe du chien et aussi le père d’Irawaru.
Pahiko, le père du Kaka ou perroquet.
Punga, le père rlu requin, du l’iiatini et du lézard.
Tutemanoa, le père du Kahikatoa.
Hina-moki, le père du rat.
Tiiwaîrore, le père du Kahikatea et du Rimu.
Haere-awa-awa, le père du Weka.
Rongo, le père du Kuinara.
Tihi, le père de l’homme.
Tute-nga-nahau, le père du mal.
Tahu, le père du bien.
Tawiri-matea, le père des vents.
Tu, g-rand dieu de la guerre, dans l’Ile-Nord.
Maru, grand dieu de la guerre dans l’Ile-du-Milieu.
Rongomai, principal dieu de Taupo.
NOMS
DES
DIEUX A TAHITI
(1).
Taaroa, dieu créateur qui commença par créer
la mer et le ciel, puis las 9
Taahiti, le dieu chien.
la terre,
dieux suivants avant l’homme :
Tefatu, le seigneur.
Teiri.
Ruanuu.
Maatahi.
Tuaraatai, dieu des mers.
Rimaroa, ancien dieu de la guerre.
Tane, dieu de paix.
Fanautini-a-Tane, dieu des fous et des idiots et aussi dieu
qui a beaucoup d’enfants.
Te arii Taputua, deuxième dieu de la guerre.
(1) De Quatrefages, p. 183.
278
LES POLYNÉSIENS.
2* Classe.
Tahu, messag’er de Tane.
Teariihioroa, dieu qui délivre des dang'ers que l’on court
à la guerre, en mer, etc.
3°
Classe.
^
Raa, alternativement dieu delà guerre et de la paix,mais
s’occupant surtout de lapaix, comme Tane.
Te-huahunuhunu, fils du précédent, présidait souvent à,
la guerre et à la guérison des maladies.
Te-maui, le messager de Raa ; il dévore les liommes mé¬
chants, dont les canots sont brisés en mer, etc.
4' Classe.
Oro, et ses frères.
5' Classe.
TU, et ses innombrables enfants.
Moe.
Tu.
Toahiti.
Tanutu.
Temeharo.
«
Punuatefaturi ?
D’après M. Gaussin, oneura, « le sable rouge », et onemea,
le sable blanc », naissent de Taaroa et des
Te-Papa-Raha
raha.
NOMS DES DIEUX AUX SAMOA
Tagaloa, l’être suprême: Sina était le nom de sa fille.
Mafuie, dieu du feu, l’un des grands dieux.
Aitu-o-te-Lagi, dieu des cieux.
Tui-Pulotu, le roi de Pulotu.
Te-Vae-Vae, le pied léger.
Moso, dieu du mal, monstre rapace.
Sepo, à peu près mêmes attributions.
Le Sa,grande divinité; la Gérés
invoquée pour les planta¬
tions.
LES
279
POLYNÉSIENS.
Tiitîi, fils déifié de Talag’a.
NOMS DES DIEUX
AUX FIJI.
Ndengei, le dieu le plus révéré, l’Etre éternel.
Bokomoutu, fils de la sœur de Ndetigeï
Ndanda- Vanna, sorti d’une pierre.
Thangawalu, le premier né de sa mère. Il a 60 pieds de
haut.
Koko-mbati-ndua, le seig’neur à une dent.
Lingakau, la main de bois.
Kokola, huit bras.
Matawalu, huit yeux.
Ra-lSambasanga. Deux corps, le mâle et la femelle, inti¬
mement unis l’im à l’autre.
Waluvakatini 10 fois huit; il avait ce nombre d’estomacs.
Kame-Simana, qui facilite les miracles.
Naïtono.
Mba-Kandroti, nom d’un dieu de la g-aerre.
Tunambanga, dieu de l’adultère.
Ndanthina, qui dépouille les femmes
rang.
Mbatimona, mangeur de cervelles.
Ravuravu, le meurtrier.
belles et de haut
NOTES
BIOGRAPHIQUES
KAI TANGATA.
Était fils de Rehua, grand ancêtre de Rupe, qui habitait le
10» ciel.
Waïtiri (1), fille du ciel en étant devenue amoureuse sur sa
réputation, commença, pour attirer son attention, par tuer
son esclave favorite Anonokia et lui en
envoya les morceaux.
hésita d’abord, mais ils finirent par s’unir et
eurent pour enfants :
1° Ponga ou Punga ;
Kaï Tangata
2" Karihi ;
3“ Hemo ou Hema.
Kaitangata fut tué par une poutre dans ie ciel et son sang
a formé ce
que l’on appelle une rougeur dans le ciel. (Grey,
p. 88.)
HEMO
OU
HEMA.
3' fils de Kaitangata et de Waïtiri.
Ses deux frères étaient Punga et Karihi,
qui eurent pour
enfants le lézard, le requin et le chien de mer.
Hemo (2) prit pour femme Urntonga et ils eurent
pour en¬
fants Tawhaki et Karihi (Sir Grey,
59).
Hemo fut tué par les Ponaturi, que
Tawhaki et Karihi
(1) TPainVi pour Whaïtiri et PP/îanViVi, tonnerre,
Kai, personne employée à quelque ouvrage ; Tangata, homme.
Ano, encore, en vérité, cependant; c’est; No, quand, lorsque ; do,
à ; Kia, afin que, jusqu’à et particule
employée pour former impé¬
ratif et infinitif.
Punga, ancre et Ponga, Cyathea dealbata, fougère.
Karihi, noyau.
(2j Hema, ne semble pas maori, mais en tahiticn il signifie : Etre deux
troupes; Hemo, mourir, s’évanouir. Entahitien, être surpassé dans un
LES
POLYNÉSIENS.
281
firent mourir, à leur tour, pour venger la mort de leur père
et délivrer leur mère (1).
TAWHAKI.
m
D’aprè.s sir Grey (2), Tawhaki était le fils de Hemo ou Hed’Urutonga ; il avait pour frère Karilii.
Sa femme se nommait Hine-Piripiri et elle avait quatre
ma et
frères. Deux de
revenu
ses
frères enterrèrent vivant Tawhaki
qui,
à la vie, s’en vengea en faisant naître un déluge qui
noya tous les humains. Son premier enfant d'Hine-Plripiri
fut appelé Wahieroa afin qu’il se rappelât mieux le meurtre
tenté sur son père et qu'il s’en vengeât.
Tawhaki et Karihi commencent par aller venger le meur¬
tre de leur père par les Ponaturi,
et par délivrer leur mère
mourir tous les Pona¬
turi, rapportent les os de leur père et ramènent leur mère.
que ceux-ci avaient enievée. Ils font
Sur sa réputation, une fille des deux, Tangotango, (3) de¬
vient amoureuse de Tawhaki: elle en eut un premier enfant
appelé Ara-üta. Au second elle abandonna Tawhaki pour
retourner au ciel, ce qui décida Tawhaki etson frère de ten¬
arriver. La lé¬
gende ne dit pas ce que devint Tawhaki après le baptême
de sa fille, dans le ciel : seulement elle ajoute qu’il habite
encore les cieux et qu’il est révéré comme un dieu.
D’après Taylor(4), Waïtiri était la grand’mère de Tawha-
ter l’ascension du ciel, où Tawhaki seul put
débat, s’échapper comme le manche d’un instrument. Il y a une
vière Hemo près de Moeraki.
ri¬
Urutonga : uru, joindre, s’associer ; cheveu, la partie supérieure
d’un champ ; tonga. vent du Sud, et tunga, lieu de halte.
Ponaturi : pona,
articulation, tnri, genou.
(1) Une légende hawaiienne dit que Hema était frère de Puna. Voir
plus loin la légende de Hema et Kahaï.
(2) Polynesian mythology, p. 59 à 80.
(3) Tango tango, barrière de palissade.
Ara uta : ara, chemin, s’élever ; uta, rivage, terre.
(4) Te Ika à Mani, p. 35.
282
LES
POLYNÉSIENS.
deux pour épouser Kai-Tang-ata ;
de cette alliance étaient nés : Punga, Karihi et Hemo. Bles¬
ki. Elle était
venue des
sée de la même manière et pour le même motif que Tangotango,Waïtiri avait abandonné Kai-Tangatapour retourner
au ciel.
^
Les deux femmes de ses frères ayant
ceux-ci le tuèrent, mais il ressuscita.
préféré Tawhaki,
.Dans cette version Karihi est l'oncle de Tawaki (ainsi que
Taylor orthographie ce nom), et c’est aussi avec ce Karihi
qu’il tente l'ascension du ciel, puis .seul, quand son oncle est
retombé sur la terre à la suite de
ses incantations.
Arrivé
il tue tous les oiseaux, cause de la cécité de sa grand’
mère, et par ses charmes, il rappelle Wa'itiri à la vie. Dans
au ciel
de Toubli que
Tawhaki précipite dans la mer ; on y voit aussi que le corps
cette légende il est parlé de la pierre pesante
le dieu Rongoruai ; nous ver¬
plus loin que l’un des premiers chefs de Whare-kura
était un Rangi-Tawhaki.
Voici l’histoire de Tawhaki,telle que la rapporte Taylor (1) :
« Il n’est
pas de dieu qui figure plus que Tawaki dans
la mythologie Maori. Daas le principe les hommes ne se
doutaient pas que ce fut un dieu ; ils ne le reconnurent pour
tel que lorsqu’il monta un jour sur une montagne élevée,
et que quelqu’un qui était occupé à couper des broussailles
l’eût vu jeter ses mauvais vêtements et se vêtir lui-même
du dieu Maru est mangé par
rons
avec les
éclairs.
Waïtiri, sa grand’mère, en venant des cieux sur la terre,
fut frappée de la réputation de Kai-Tangata et de sa valeur.
Près de sa demeure elle tua son esclave favorite Anonokia,
les offrir à Kai-Tangata;
quand elle fut arrivée jusqu’à lui elle les lui présenta. KaiTangata eut d’abord peur d’elle; Waïtiri lui dit :«Le bruit de
ta valeur est venu jusqu’à moi ; toutefois, c’était un rapport
incertain. C’est pourquoi je suis venue aussitôt pour en ju¬
ger par moi-même, et j’ai tué mon esclave favorite pour que
et lui arracha les poumons pour
tu me sois favorable.»
Ils devinrent homme et femme, mari et épouse :
(1) Taylor, p. 35,
leur pre-
LES
mier né fut Pung'a,
Hemo.
POLYNÉSIENS.
283
et le second Karihi, et le plus jeune
Leurs enfants n’étaient pas très propres. Kai-Tangata, en
se retroussant le nez,
dit; « Pouah I les sales enfants ! ^ Waï-
tiri en fut offensée. Elle donna alors des noms à ses enfants
m-
et leur dit ;
«
Pung'a, l’ancre du canot de votre père, sera
le nom de l’ainé ; le nom du second sera Kariki, ouïe plomb
du filet de votre père ; quant à mon plus jeune, je lui laisse
pour nom Whaka-Makanga, '« ma honte, » en
mot de votre père sur votre saleté. »
souvenir du
Après cela elle monta au ciel et ses dernières paroles furent :
Quand Punga aura des enfants, qu’il les empêche de me
suivre.» Puis s’adressant à Karihi : « Quand tu seras grand,
«
permets pas à tes enfants d’aller me chercher. Quand mon
Waka-Makanga aura un enfant, qu’il vienne me trouver. »
Telles furent les dernières paroles de Waïtiri avant son
ne
départ ; après cela elle monta au ciel.
Quand Kai-Tangata fut de retour de la mer, il demanda à
ses enfants : « Où est votre mère ?» Ils répondirent : Elle est
allée au ciel, là où elle demeure. » Kai-Tangata leur deman¬
da: «Que vous a-t-elle dit? »— « Elle a dit que Punga,l’an¬
cre de ton canot, devait être mon nom ; que quant à celui-ci
(montrant son frère), son nom devait être Karihi, le poids
de ton filet ; que pour notre sœur, c’était Waka-Makanga,
la honte de notre mère, parce que tu as détourné le nez à la
vue
de notre saleté. » Ils allèrent montrer le paepae à
père.
Les descendants de Punga et de Karihi
le requin et le chien de mer.
leur
furent le lézard,
Le fils de Hemo fut Tawaki.
Les deux frères aînés prirent pour femmes Muri-Waka-Roto
et Kohu-Hango: ces femmes ne se contentèrent pas de leurs
elles préférèrent Tawaki. Ses deux aînés le ha'isAllons à Wai-ranga-tuhi, où il est allé
se laver. » Tawaki priait : « Que le jour se fasse : donne« moi mon
peigne, mon beau peigne, pour que je me lève
et aille à l’eau du Rangatuhi, Rangatuhi. »
maris ;
saient ; ils dirent : «
«
Ils y trouvèrent
leur frère, et le tuèrent. Après qu’il fut
mort, ils retournèrent chez eux.Muri-Whaka-Roto demanda :
284
Œ
LES
POLYNÉSIENS.
OÙ est votre plus jeune frère ? » Mang'O (le requin) dit : « Il
est h l’eau à peigner sa chevelure. »
Tawaki! »
Elle attendit longtemps, puis alla appeler :
«
Elle alla appeler de nouveau : « Tawaki! »
Lp Moho, au*
Le Pakeko ,
oiseau, répondit : k Ke ».
tre oiseau, répondit ; « Hu ».
tué votre
demandèrent s’il n’a¬
Elle retourna à la maison et dit : « Vous avez
frère. > Ils avouèrent l’avoir fait. Ils
vait pas répondu à son appel ; elle
et le Moho
«
répliqua que le Pukeko
étaient les seuls êtres qui l’eussent entendue.
Non, Tawaki est allé prier (Knrakia) et mêler son sang
avec
le sang de l’eau, avec le sang de l’étoile, avec le sang
de quoi ? Avec hs sang
de la lune, avec le sang du soleil, et
de Rangi-Mahuki. Celui-ci est le flot du sang
de Tawaki, la cause réelle qui anime son sang ; c’estpour-
avec le sang
quoi il sera rappelé à la vie » (1). Tawaki est vivant encore
une fois ! Il s’endormit profondément sur le bord de la mer
après sa résurrection d'en bas, du Reinga (2).
Il dormait à côté de la mer ; une grande vague, venant du
large, allait l’envelopper. Cette vague venait pour tuer Ta¬
waki ; mais son ancêtre, le Kaiaia (le milan ou épervier), se
montra et cria « ke,
ke, ke, ke ».
Tawaki se réveilla ; il
sortit de son sommeil ; il saisit un bâton et il défia la vague;
le bâton glissa d’un côté pendant qu’elle venait de loin vers
lui. Mais c’est assez. Tawaki quitta la côte et se rendit dans
l’intérieur. Son oncle Karihi le joignit; ils pleurèrent l’un
sur l’autre.
Après cela ils arrivèrent à l’extérieur ou au bord du ciel,
le séparait de la terre. Tawaki appela
son oncle et lui dit : œ Montes-tu le premier. » Son oncle lui
répondit : « Non, va devant. » Tawaki lui répéta d’aller le
premier. Son oncle le fit, et saisit de ses mains la clôture
et à la clôture qui
(1) L’union de toutes les espèces de sang constituait la vie, et
c’est pourquoi Tawaki ressuscita.
(2) Le Reinga est la place d’où les esprits
ténare maori.
se
précipitent dans le
LES
POLYNÉSIENS.
285
qui l’entourait. Tawaki prononça alors le charme suivant,
pendant que Karihi escaladait la haie.
E tu te rangi motu hia,
Soutiens le ciel divisé (séparé),
E tu te rmigi pukai,
Soutiens le ciel amoncelé,
Pukai atu ana.
Amoncelé de divers côtés,
I raro i te whenua
Au-dessous de la terre.
Sou onclese laissa glisser sur la terre et tomba tout à
sur
le sol. Quand Karihi revint à lui, il lui dit :
« C’est
fait
ton
charme qui m'a fait tomber; sans lui, mon ascension eût été
complète. » Tawaki nia avoir fait un charme.
Maintenant, lui dit-il, demeure là et lai.sse-moi essayer.»
«
Tawaki saisit
me suivant ;
«t
la clôture, pendant qu’il prononçait
(1)
le char¬
Monte, Tawaki, au premier ciel.
Que le beau ciel te soit propice !
au deuxième ciel :
«
Que le beau ciel te soit propice !
«
K
Monte Tawaki
«
Monte, Tawaki, au troisième ciel :
Œ
Monte, Tawaki, au dixième ciel :
«
a
«
,
Que le beau ciel te soit propice !
Colle-toi, colle-toi comme le lézard au plafond !
Attache-toi, attache-toi ferme au côté du ciel 1
(1) Il y avait dix ou onze cieux. Le plus bas était séparé
de la
la glace
ou du cristal. Cette substance occupait tout le côté inférieur, et l’on
supposait que c’était sur ce côté voisin de la terre que glissait le
terre par une substance transparente et solide
comme de
soleil et la lune. Au delà était la demeure des vents.
Chaque ciel était distinct: le plus bas était la demeure de la pluie;
le quatrième,
glorieux ; c’est
pourquoi il était la principale habitation des dieux.
On dit que c’est en dansant avec force sur la paroi qui séparait de
le suivant, celui des esprits ; le troisième, des vents ;
de la lumière ;
le plus haut de tous était le plus
286
LES
Voici les
ciel :
POLYNÉSIENS.
paroles maori de l’ascension de Tawaki au
Piki ake Tawaki i te rangituatahi,
E rongo te mahaki.
Piki ake Tawaki i te rangituarüa,
E rongo te mahaki.
Piki ake Tawaki i te rangituatoru.
E rongo te mahaki.
Piki ake Tawaki i terangituawa,
E rongo te mahaki.
Piki ake Tawaki i te rangituarima,
E rongo te mahaki.
Piki ake Tawaki i te rangituaono,
E rongo te mahaki.
Piki ake Tawaki i te rangituawitu,
E rongo te mahaki.
Piki ake Tawaki i te rangituawaru,
E rongo te mahaki.
Piki ake Tawaki i te rangituaiwa,
E rongo te mahaki.
Piki ake Tawaki i te rangituarea,
E rongo te mahaki.
Pipiri moko, pipiri moko, raraumoko, raraumoko,
Rarauki taJia o te rangi.
Tawaki réussit ; il atteignit le ciel (1).
Il coupa la route par laquelle il était venu. Son oncle
supplia de revenir et de l’aider à monter. Mais il répond
d’en haut : « Non, car tu as contribué à mon meurtre. »
Puis il s’en alla et arriva à la demeure de sa grand’mère,
Waïtiri (2).
11 monta jusqu’à elle ; elle était aveugle; e
la terre .le grand réservoir de la pluie, que Tawaki le
fit craquer ;
qui permit à l’eau de passer à travers et de tomber sur la terre,
où elle détermina un déluge.
ce
(1) On dit qùe Tawaki monta au ciel par un fll d’araignée.
autre tradition dit que Waïtiri proféra
se laissa tomber.
(2) Waïtiri ou Watitiri, tonnerre.
un
Une
charme et que Tawaki
LES
POLYNÉSIENS.
287
assise, elle s’occupait à compter ses semences de kumara :
« Une
kumara, deux kumara, etc.., dix kumara. » cr Toto ta
hi, toto rua, toto, etc. Toto tekau. Il en mit une de côté, de
sorte qu’il en restait neuf; pendant que manquait la dixième,
elle compta ^le nouveau : Une kumara, etc. ® Où est la
dixième? » Tawaki prit la neuvième, et en laissa huit. Waï-
tiri recompta et il en manquait une autre ;
nouveau, et il en prit
toutes prises.
Waïtiri dit alors :
«
une autre,
elle compta de
jusqu’à ce qu’il les eût
Quel est celui qui me joue un tour et
m’enlève mes semences
«
de kumara ? » Tawaki répondit :
C’est moi, Waïtiri. » Elle dit: i Toi? qui es-tu? » — « C’est
moi, c’est Tawaki, le seul enfant de Hemo. » - Waïtiri s’é¬
cria : « Oui, oui, à jamais mon petit-fils !» — œ C’est toi,
dit il, qui pour dernière recommandation, m’as dit d’aller à
ta recherche, » — « Oui, oui, dit Waïtiri cela est tout à fait
regarde mes yeux. » — Tawaki dit : a Qu’y-a-il
~ « Tu verras tout à l’heure, dit Waïtiri :
dans la soirée, la maison sera pleine des oiseaux qui ont
causé ma cécité, en les égratignant avec leurs petites grif¬
fes. Mets-toi dans le remplissage des parois de la maison. »
Tawaki demanda : œ Par où y entre-t-on ?» — a Par la
porte et par la fenêtre ».
Tawaki écouta ses paroles ; il fit quelques pièges pour la
porte et la fenêtre. Quand le soleil se coucha, il entra et
dit ; « Quand tous seront entrés, alors nous fermerons l’en¬
trée supérieure et colle d’en bas, pour qu’ils ne se réveillent
tout à fait que quand le jour sera avancé ! » Waïtiri l’en¬
gagea à le faire. Quand le soleil fut couché, il se présenta
une multitude immense de petits oiseaux,
volant vers le
pianga ou fenêtre. Tongo-hiti était l’un d’eux. Quand Waï¬
tiri vit que les oiseaux avaient rempli la maison, elle ferma
vrai ; mais
à tes yeux ?»
—
l’entrée d’en haut et l’entrée d’en bas , alors ils dormirent.
L’étoile du matin se leva ; ils n’étaient pas éveillés. Le jour
fit: ils dormaient encore. Les rayons du soleil descen¬
dirent ; ils ne se levaient pas. Il était près de midi ; quel-
se
quesmns d’eux s’écrièrent ; a Quelle longue nuit 1 » Waïtiri
leur dit : « Dormez, le jour ne s’est point encore fait. » Tongo-
288
LES
POLYNÉSIENS.
hiti et les autres, dans le même moment, dirent ; « La nuit
doit être finie, le jour doit venir vite, la nuit e.st trop longue
c’est peut-être un tour de Waïtiri à notre égard. ^ Elle
répondit ; « Non. »
leur
Alors Tawaki se leva et déboucha l’ouverture supérieure,
et il entra dans la maison. Il les tua tous,
excepté Tongo-
hiti, qui se glissa derrière le poteau de la maison et s’échap¬
pa. Tous les autres furent tués.
Alors Tawaki prononça ce charme sur les yeux de Waïtiri.
Ondoie tes yeux, ondoie tes yeux,
Irimata, Irimata,
Que tes yeux deviennent clairs
Hewui O mata ki te ra
Frappés de cécité, frappés de cécité. Weromata, Weromata.
He hurumai ra,
Comme la lumière du soleil.
Toi si fortement affligée.
Hepa ko rirerire.
Une fois, deux fois, que les yeux
Hae tahi ki te mata
Allons, regarde de ce côté,
Tiliro mai ra
De Waïtiri, voient,
Jette un coup
d’œil de l’autre,
Avec tes yeux guéris.
O Waitiri rua kite.
Kakano mai ra,
Ki te mata ora.
Avec tes yeux comme des étoiles (i.) .Ki te mata o rehua.
« C’est vrai, oui, mon
petit-fils, mes yeux sont guéris. »
Alors Tawaki alla voir le Toka-Tami-Waru, « pierre pe¬
Il demanda à la vieille
Waïtiri lui dit de ne pas la toucher
avec ses mains, que c’étaient ses ancêtres. Alors Tawaki tré¬
bucha contre elle. La pierre tomba dans la mer. Tawaki
s’en alla en criant; <i Vous aussi vous crierez quel est celui
qui m’a tué. » C’est depuis la chute de cette pierre qu’a
commencé la vengeance de Tawaki contre ses frères. Il
chassa le requin et le chien de mer de la terre, et les força
sante de l’oubli », qui se trouvait là.
femme ce que c’était.
à vivre désormais dans la mer.
Après cela Tawaki alla vers Maru et ses ancêtres, qui
pouvaient essayer de le tuer, dans le but de leur montrer
(1) Telle est la traduction deTajlor du mot rehua ; mais elle ne
également la tra¬
duction incomplète de l’ensemble des paroles.
rend pas exactement ce mot. Nous avons modifié
LES
POLÏNÉSIENS.
289
grande puissance. Marului cria qu’il était son adversaire ;
Tutenganaliau lui cria qu’il était également son adver¬
saire ; Rehua lui cria qu’il était son adversaire.
Tawaki alla directement à Maru, l’homme de la guerre, en
sa
tramant
sa
lÿort. Tawaki vit le Wata, le magasin sacré
des provisions de Maru ; l’huile s’y trouvait. Tawaki en prit
un
peu ; il prononça un enchantement pour enlever son ta-
pu ; alors Maru enleva le tapu de Tawaki et, par son
char¬
de son corps.
Les dieux, ses associés se faisaient une fête solennelle de
détruire Tawaki, mais ils se querellèrent h l’occasion de la
tête d’une anguille dont ils se régalaient ; chacun voulait
avoir la tête pour lui ; Maru finit par l’avoir, ce qui fut cause
me, il maudit chaque partie
de dispute entre eux.
Une partie d’eux, ayant Maru en
tête, se rendit sur le ri¬
vage de la mer. Là ils virentRongomai, sous la forme d’une
grande baleine, étendue sur la côte et entourée d’un essaim
de mouches. Croyant que c’était une baleine morte, Maru
ordonna de chauffer un four, pour cuire leur capture ;
quand cela fut fait, ils se mirent à rouler le corps dans le
four. Cela réveilla Rongomai, il se leva aussitôt et les tua
tous ; il jeta leurs corps dans le four qui avait été préparé
pour lui-même, et il les mangea. Maru, le dieu, s’envola au
ciel ; mais son corps fut dévoré, et s’il n’avait pas trouvé un
refuge dans la fente d’un rocher, sa nature divine eut été
détruite aussi.
Telle est, dit Taylor,une partie d’un très long mythe, dont
la plus grande portion ne’mérite pas d’être rapportée
II est
montre quelles étaient leurs
idées sur leurs dieux, et sur le ciel lui-même, qui, d’après ce
récit, différait fort peu de la terre ; il avait ses demeures,
ses cultures tout comme la terre ; ses habitants
avaient
leurs travaux, leurs querelles, leurs passion.s ; ils avaient
besoin de nourriture, comme les hommes. Les personnes
auxquelles il est fait allusion étaient les principaux dieux.
Il y eu avait beaucoup d’autres ; mais il n’est pas néces¬
saire ici d’en nommer un plus grand nombre.
intéressant pourtant en ce qu’il
19.
290
lf:s
polynésiens.
Wahie Roa (1)
Fils de Tawaki et d’Hiriepiripiri, prend pour femme Kura.
D’après sir Grey (p. 108), il a pour fils Rata. ^
D’après Taylor (p. 115), il est tué par Matuku, qui enlève
sa femme. Mais ses amis veng-ent sa mort en prenant Ma¬
tuku, par ruse, au lacet, de même qu’un autre grand can¬
nibale appelé Witi.
Un wahie roa est cité par sir Grey (p. 134) comme l’un
des constructeurs renommés qui font les divers canots qui
devaient émigrer à la Nouvelle-Zélande.
Rata (2).
Rils de Wahie roa et de Kura (Grey, p. 108). Frère de
Hine-tu-a-Hoanga, qui l’accompagne à Aotearoa sur le Taî4 et 8). C’était une grande-prêtresse: luimême était grand-prêtre et excellent constructeur.
D’après une tradition ou chant attribué à Rata pour
le lancement du Taînui, il faudrait le regarder comme le
meurtrier du petit Kowhitini, le fils d’un autre grand-prêtre
nui (Shortland, p.
appelé Rakataua. Rata s’y donne le nom de Ratawahieroa ;
Rata récite ce chant que Rakataua ap¬
prend lamort de son fils. Rata laisse ce dernier à terre, mais
Rakataua n’en arrive pas moins avant eux à Aotearoa.
Dans une autre partie de la légende il est dit ; « A Maungaroa mourut Kowhitinui, tué par Wahieroa. »
c’est pendant que
(1) Wahie roa, grosse souche, gros tronc de bois à brûler.
Tawa, laurier, arbre. Ki, parole, pensée.
Tawahi, de l’autre côté.
Tawha, calebasse, ouverture, fente, se fendre, crevasser.
Hine, fille ; Piripiri, plante gonocarpus tetragynus.
Kura, rouge.
Matuku. takotako ; Matuku, héron, butor ; tako, mou,
ko toko, canne.
•
écrasé, lô-
(2) Rata, nom d’un arbre, Metrosideros robusta.
Apakura : apa, bordure de vêtement, kura, rouge,
Hine tu a Hoanga : hoanga, meule, pierre à aiguiser,
291
LES POLYNESIENS.
Kowhitiuui est
certainement le même que Kowliitmi.
Sir Grey (p. 135) dit que Rata tua le fils de Manaia au mo¬
ment où l’on plaçait la dernière partie du Tainui et
qu’il le
couvrit avec les copeaux du canot. Il l’appelle Tutenanahau.
Quel rappart peut-il y avoir entre Manaia et Rakataua?
serait-ce le même ?
Il est sûr que, d’après une version, le
Tokomaru était commandé par Manaia et que d’après Tay¬
lor il l’était par Rakeora. Y a-t-il quelque rapport aussi en¬
tre ce dernier et Rakataua ?
Rata prit pour femme
,
Tong'arau-TawMri et il en eut Tawhakararo, qui épousa Apakura et d’où naquit Whakatau.
(Sir Grey, p. 99.)
11 résulte de la citation de sir Grey, et des chants attribués
à Rata pour le lancement du Taïnui, qu’il a pu être l’un
des constructeurs de ce canot et de quelques-uns des autres.
Sir Grey cite parmi les constructeurs renommés de ces ca¬
nots, Wahieroa, en outre de Rata, Parafa et Ngfahue. Ce
Wahieroa serait-il le père de Rata ? Ceci est peu probable,
puisque cela se passait au moment de Témig-ration vers
Aotearoa et que suivant la légende concernant ’Wahieroa,
le père de Rata, d’après Grey et Taylor, aurait été tué par
Matuku, nécessairement avant le départ.
Ce qu’il faut remarquer, c’est que ses légendes désignent
Kura comme la femme de Wahieroa, et que, d’après sir Grey,
Apakura est le nom de celle qu’aurait prise le fils de Rata.
Maui.
Maui dont le mythe n’est connu, à la
que dans l’Ile-Nord seulement,
Nouvelle-Zélande
était fils de Taranga et de
Rakataua : raka, être embrouillé,
entortillé ; iaiia, armée ; deuil,
Makea-tu-Tara, d’après sir Grey ; de Tara-Hunga, d’après
Taylor, 24.
nous
deux.
Kowhitinui: Kowhiti, lever, enlever; nui, grand;
Tawa, Laurus
tawa.
Maunga, montagne ; roa, grand. Le promontoire Maungatere est
près de Kaikoura.
292
lÆS
Shortland
ne
POLYNÉSIENS.
lui donne que
Maui-Roto.
Sir Grey lui en
deux frères ; Maui-Mua et
donne quatre : Maui-Taka, Maiü-Roto ;
Maui-Paë ; Mani-Waho.
Taylor lui en donne cinq : Maui-i-Mua ; Maui-i-Roto,
Maui-i-Taha, Maui-Paë et Maui-i-Tikitiki-o-Tarang-a.
C’est, d’après la version Shortland, Maui-Mua qui est tué
par Hine-nui-a-te-po, et non Maui-Tikitiki ; dans celle de
Grey, c’est en effet le même nom.
D’après Taylor, le 6' Maui, ou le héros si célèbre, s’appelait
Maui-i-nuku-rau, ou Potiki.
Tousses frères étaient surnommés Wareware, c’est-à-dire
les oubliés ou les absents.
Lui, avait les surnoms de Atamaï i libéral, » Toa, «fort,»
E-Tikitiki-a-Taranga « le nœud du sommet de la tête de son
père. »
Taylor donne le nom de Taranga à son père, de même
qu’il fait un homme de Muri-Ranga-Whenua.
Maui vivait à l’époque de Tinirau,de Whakatau, de Kae, de
Poporokewa, et autres chefs dont on peut voir les noms dans
l’aperçu donné par Taylor sur la fameuse maison appelée
Wharekura. En effet, sa sœur Hinauri ou Hine-te-Hiwa-hi■wa, après la mort de son mari, tuépar Maui, devint la femme
des frères Ihu-Atainai et Ihu-Wareware et en dernier lieu
de Tinirau, auquel elle donna Tuhuruhuru.
Maui ne paraît avoir été renommé qu’à l’Ile-Nord, où il
émigra, et fait bien curieux, c’est là seulement, comme le
remarque encore Taylor, que son mythe est généralement
accepté ; il semble au contraire être tout à fait inconnu
dans Tlle-du-Milieu : là c’est celui de Tawhaki qui est con¬
nu des
populations. (1)
Shortland (2) rapporte ainsi la légende des frères de Maui
et de la petite fille de la nuit.
(1) D’après Taylor,
est probablement un titre donné à celui
qui le premier vit la terre. C’était l’avis du révérend Stannard.
Maui signifie aussi « ensorceler, enchanter, » et « gauche ».
(2) Traditions,^. 61.
LES POLYNÉSIENS.
Une
race
d’iiomnies possédant
293
des pouvoirs surnaturels
passe pour avoir existé dans les premiers temps de l’iiistoire
du globe. Alors vivaient troi.s frères, nommés Maui ; l’aîné
était appelé Maui-Mua ; un autre était appelé Maui-Roto, et
plus jeuç.e, Maui-Potiki.
plus jeune frère était maltraité
le
Ce
avaient l’habitude de le laisser à
par ses aînés, qui
la maison quand ils s’en
allaient au loin. Ils ne lui avaient jamais permis de s’asseoir
pendant les repas ; ils se contentaient de lui don¬
quelques autres restes à ronger, pendant qu’ils
mangeaient les meilleurs morceaux.
avec eux
ner un os ou
A la fin Maui-Potiki se lassa de cette manière de vivre :
jour quand ses frères eurent mis à l’eau leur canot pour
aller à la pêche, il se plaça sur l’avant et insista pour rester
un
avec
eux.
ses frères
Quand ils furent arrivés au lieu de la pèche,
lui demandèrent où. était son hameçon. ï Je le fe¬
rai, » dit le petit Maui en tirant l’os de sa mâchoire hors de sa
place. Il attacha alors cet os à une ligne etla jeta par-dessus
bord.
Mais quand il voulut Italer sa
ligne, il vit qu’elle avait
pris quelque chose de très lourd, cependant il la hala, et fi¬
nit par amener Whenua, ou la terre.
Ce fait du petit Maui fut la première preuve qu’il donna
de sa grande puissance.
A quelque distance de l’habitation des trois frères demeu¬
rait une vieille femme, appelée Hine-nui-a-te-po, œ petitefille de la nuit ». Elle passait pour être très redoutable, et
personne n’osait toucher à son bien.
Pourtant, le petit Maui, se décida à aller visiter l’endroit
qu’elle habitait, pour voir s’il n’y trouverait pas quelque
chose à sa convenance. En arrivant près de cet endroit, il
s’assit sur une colline dominant le jardin et il se mit à jouer
de la flûte.
Dès que Hine-nui eut entendu le son de la
flûte, elle en¬
voya quelques-uns de ses esclaves pour observer et voir qui
venait ; mais avant, elle leur donna l’ordre suivant : « Si
l’homme vient au bas de la colline en marchant
ses
droit
sur
jambes, saisissez-le, car c’est un voleur ; mais s’il vient
294
LE5
POLYNÉSIENS.
pieds, son ventre et son
visag-e en haut, sachez que c’est un Atua, et g-ardez-vous
d’y toucher. »
Le petit Maui avait entendu tout ce qu’elle avait dit. Il
en marchant sur ses mains et ses
se mit
aussitôt à descendre la colline sur
ses
ipains et
ses
pieds ; et comme les esclaves n’osaient y toucher supposant
qu’il était un dieu, il put pénétrer dans le magasin de kumara de la vieille femme. Après avoir mangé son saoul, il
emporta un panier plein.
Le lendemain ses frères s’assirent ensemble pour prendre
leur repas du matin et chacun jeta un morceau au petit
Maui qui était assis comme d’ordinaire à quelque distance
d’eux. Au lieu de ramasser ces morceaux, il tira de dessous
son manteau,
une kumara et la mangea. A la fin Maui l’aîné
s’apercevant que les restes jetés à son frère étaient encore
sol, demanda ce qu’il mangeait : « Un excellent mets,
permets-moi de te le dire, » répondit Maui ; et il jeta une
poignée de kumara à ses deux frères.
Maui l’aîné trouva excellent le goût de la kumara, et en¬
chanté de son volume, il désira savoir où on pourrait en
trouver de pareilles..
Le petit Maui dit alors comment il avait dérobé les kuma¬
ra dans le magasin de
Hine-nui-a-te-po. Mais au lieu de
répéter exactement la recommandation que la vieille femme
avait faite à ses esclaves, quand elle les avait envoyés sur¬
veiller le jardin, il lui fit dire : « Si l’homme descend la col line sur ses mains et ses jambes saisissez-le, car c'estun vo¬
leur; mais s’il vient marchant droit sur ses jambes, laissezsur le
le
libre, car c'est un dieu. »
Maui-Mua était si content de l’aventure de son jeune frère
qu’il résolut de s’en aller le même soir et de voler quelques
kumara de la même manière. Quand la nuit fut venue, il se
mit en route, et le petit Maui lui cria de bien se
rappeler la
recommandation faite à ses esclaves par Hine-nui-a-te-po.
Aussitôt arrivé à la colline qui dominait lé jardin, Maui-
Mua joua un air sur la
flûte, comme son frère l’avait fait ;
après cela descendit vers le magasin aux kumara. Mais les
esclaves d’Hine-Nui étaient en observation ; voyant qu’il
I,ES
POLYNÉSIENS,
295
marchait comme le fait l’homme, et non comme un dieu, ils
le saisirent et le conduisirent à leur
maîtresse, qui le serra
si fortement entre ses cuisses, qu’il en fut tué.
Ce fut la première mort observée sur le globe.
»
Voici la légende de Maui, telle qu’elle est rapportée par
Taylor (1) :
On dit que le père de
tout ce qu’on en sait.
Maui s’appelait Tara-Hunga. C’est
Il avait six fils :
Maui-i-Mua ;
Maui-i-Roto ;
Maui-i-Taha ;
Maui-i-Pai ;
Maui-i-Tikitiki-a-Taranga ;
Maui-i-Nukurau ou Potiki.
Le dernier est le plus remarquable ;ses frères aînés étaient
surnommés Wareware, ce qui signifie qu’ils étaient oubliés
ou
absents.
Maui-Potiki paraît avoir eu beaucoup de noms, qui sont
l’expression de sa puissance. Ainsi il est appelé Atamai, de
sa libéralité ; Toa, de sa grande force, et, par quelques-uns
il est appelé E-Tiki-a-Taranga, ce qui signifie qu’il avait le
Tiki fnœud du sommet de la tête) ou le pouvoir de son père.
Cependant ses frères le méprisaient et le ravalaient à cha¬
que instant en s’en servant.
Quand ils allaient pêcher ils lui
donnaient ce qu’ils avaient pris pour qu’il le
fit cuire, puis
autre chose
ils le mangeaient sans lui donner pour sa part
que les écailles des poissons.
Il paraît leur avoir rendu mal pour mal en refusant quel¬
quefois de se joindre à eux jusqu’à ce qu’ils eussent termi¬
jeter son hameçon dans l’eau
pour qu’il prît en une seule fois plus de poissons qu’ils n’en
avaient pris à eux tous.
Quelques traditions rapportent ses tours d’adresse à ses
Kuia et Waea, grand’mère et mère. 11 passe aussi pour être
né. Il lui suffisait alors de
(1) Te Ika a Maui, p. 24.
290
LES
POLYNÉSIENS.
coupable de grandes impiétés en prenant l’os de la mâchoire
de son g-rand’père Muri-Ranga-Whenua, et en en faisant un
hameçon, qu’il tenait caché sous sa natte.
L’un des travaux de Maui fut d’attacher le soleil et la lune
dans leurs plans, de manière qu’après
avoir accompli leurs
courses, ils retournent à leur point de départ.
Un autre ouvrage de cet hercule maori, fut de tuer Tuua-
rua, une grande Taniwa ou monstre marin
qui vivait dans
l’eau. Il coupa sa tète, qu’il.jeta dans la mer, où elle devint
un Koiro, ou
congre, et, ayant porté la queue dans l’eau
douce, elle se changea en Tuna ou anguille. Une autre par¬
tie étant restée
sur
la terre, donna naissance au
Kareao,
plante rampante qui est le Polygonum parvifLorum. Le
sang fut absorbé par le Rimu, le Totara,la Toatoa, et autres
arbres qui ont le bois rouge.
Un jour Maui-Atamai accompagna ses frères Maui-Wareware, dans les bois, pour aller chercher des makaka, plante
grimpante forte et flexible, employée pour faire des pots à
anguilles. Maui-Wareware fit une ouverture à l’extrémité de
son pot à anguille pour que le poisson
pût y entrer, mais il
nepritpas laprécaution d’empêcherqu'il ne pût sortir; aussi
lepoisson mangea l’amorce et s’en alla.Mais Maui-Mohio,fit
un tohi ou porte dans l’entrée de son
pot, afin d’empêcher le
poisson de s’échapper : si bien que pendant que ses frères
ne
prenaient rien, son panier à anguilles était plein. A leur
rentrée à la maison, Maui-Mohio enleva en cachette
tohi, pour que son expédient ne fût pas
son
frères,
désappointés en voyant que son panier était plein, lui de¬
mandèrent la cause de cette réussite ; ils examinèrent son
panier, mais ils furent surpris de voir qu’il était absolument
comme
connu :
ses
le leur.
Une autrefois les frères aînés firent quelques lances
la chasse des oiseaux ; toutes
pour
les pointes étaient unies et
lisses ;mais Maui ajouta une barbe à la sienne ; quand ils
allèrent aux bois pour chasser, ses frères blessèrent les oi¬
seaux, mais ils ne purent se les procurer, parce qu’ils échap¬
paient à la pointe lisse. Maui s’empara de tous les siens,
parce que la barbe de sa lance les retenait solidement.
LES
POLYNÉSIENS.
397
Quand ils retournèrent à la maison, Maui enleva secrète¬
ment la barbe, et mit à la place une pointe unie comme en
avaient ses frères : ils ne purent donc pas découvrir la cause
de son succès.
Plus tardées frères aînés firent quelques hameçons ; Maui
fit de même, mais le sien était barbelé, tandis que ceux
ses
de
frères étaient unis. Ils allèrent à la mer ; ses frères pri¬
rent des poissons, mais ils s’échappèrent ;
tous les siens. Ses frères lui crièrent :
«
Maui s’empara de
Fais-nous voir ton
hameçon. » Il leur en montra un sans barbe comme le leur.
Ils retournèrent à la maison, mais sans poisson ; Maui seul
en avait.
Ses frères, furieux, le
chassèrent de leur canot ; ils lui
dirent d’aller avec Irawaru, son beau-frère, pêcher pour eux
à la mer. Maui lui donna les amorces pour
les hameçons,
mais, comme un chien g-louton, il les avala toutes. Gela mit
Maui en colère. Quand ils furent arrivés au rivage, il dit à
son beau-frère
d’aller devant et de s’allonger comme un rou¬
leau. Irawaru le fit. Alors Maui traîna le canot sur son dos
et voyez I il était brisé et changé en chien (1).
Maui le laissa là et retourna
manda:
o:
au
village. Sa sœur lui de¬
Où est ton beau-frère ? » Maui lui répondit : « Il
La sœur s’j’' rendit et ap¬
pela : « IravYaru, Irawaru, Irawaru ! Son second nom était
Kooa. Elle revint et dit : « Il n’est pas là. » Maui lui dit :
Es-tu allée jusqu’au canot ? * — œ Oui, » dit-elle. Maui la fit
alors retourner, en lui disant d’appeler « Moï, Moï ! » ma¬
nière ordinaire d'appeler un chien. La femme partit, et
quand elle fut arrivée au canot elle cria : « Moï, Moï ! « et
voyez ! Irawaru courut à elle ; sa queue était changée en tête
et sa tête était à la place de sa queue.La femme revint trou¬
ver son frère, et quand elle fut de retour elle lui dit ; « Pour¬
quoi as-tu agi ainsi avec ton beau-frère ? Pourquoi l’as-tu
changé en chien ? » Maui lui répondit : « Parce qu’il a
mangé toutes nos amorces à lafois.» Ce fut alors qu’Irawaru
est là à soigner notre poisson. »
«
(1) Suivant une tradition, Maui aurait coupé un morceau
oreille pour faire une boîte.
•
de son
298
LES
POLYNÉSIENS.
père du chien, qui étantdescendu d’un dieu, est
regardé comme sacré.
Aussitôt après, il finit de faire son hameçon qui est appe¬
lé Tuwhawhakia-te-Rangi. Le dehors (la face) de cet hame¬
çon porte le nom de Muri-Ranga-Whenua.
^
Ses frères allèrent encore à la mer dans leur canot, qui
est appelé Riu-o-Maui (1). Maui voulait aller avec eux,
mais se rappelant son ancienne conduite avec eux, ses frères
ne voulurent pas le prendre ; ils le chassèrent et ils allèrent
à la mer, quoiqu’il s’efforça de partir avec eux ; « Non, non,
lui disaient-ils ; tu es trop plein de ruses, reste là, » Et ils
devint le
le laissèrent.
Peu de temps après il prit la forme d’un Piwakawaka, joli
petit oiseau, gobe-mouches à queue en éventail, et volant
droit au canot, il alla se percher sur la proue. En le voyant
tournoyer,voleter partout, ses frères le reconnurent aussitôt.
Il lui arrachèrent alors ses plumes une à une, et le rendi¬
rent ainsi à sa véritable forme ; il resta assis sur la proue
du canot. Ses frères lui dirent : « Nous ne te donnerons pas
d’amorce pour ton hameçon. » Maui chercha des yeux et vit
près de lui l’extrémité d'une feuille de phormium ; il s’en
servit pour amorcer son hameçon, fait avec l’os de la mâ¬
choire de son grand-père, qu’il tira de dessous sa natte. Il
se donna un coup de poing sur le nez, et du sang qui en sor¬
tit, il imbiba la masse de lin ; puis l’amarrant sur son ha¬
meçon, il le jeta à la mer, et fila la ligne en prononçant le
Karakia (charme) suivant :
Ange ange ki te Whakarua,
Ange ange ki te Mawhaki,
Taku aho ka tangi wiwinei ;
Taku aho ka ta%igi wawa ,
Taku aho ka iria ka mate,
Tu anahe wata mano wai.
Manowa mai hoki
Te watu wiwia
Te watu rawea
(1) D’après une autre tradition, son nom est Aiirarotuia.
LES POLYNESIENS.
Te watu ko rongo ta
29
.
A U ni ka vmi atu
Ki moana, ka wainga
Waka nene
.
a Maui
Wtxi-ka nene a ka tau.
<i
Souffle doucement de Whakarua,
«
Souffle doucement de Mawliaki.
«
Ma ligme tire droit ;
«
«
«
«
«
Ma ligne tire fort ;
Ma ligne a été prise.
C’est pris ;
C’est venu ;
La terre est acquise,
«
La terre est dans la main.
«
La terre tant désirée
■<
«
«
«
La gloire de Maui,
La grande terre,
Pour laquelle il alla à la mer
La gloire est prise (1).»
L’hame¬
fortement,de sorte que le
canot penchait et était sur le point de chavirer. Ses frères
lui crièrent : « Maui, allons-nous-en. » Il leur répondit:
Ka mau-ta-ki tona ringa e kore e tona te ruru « Ce que
Maui tient dans sa main, il ne peut pas le rejeter (2).» «Estce que vous pensez que je ne suis venu que pour pêcher du
poisson ? Je ne veux pas m’en aller. » Il continua à tirer sa
ligne, et de nouveau le canot pencha. Les frères impatientés
lui réitérèrent leur ordre en disant qu’ils seraient noyés ;
mais il persista à tirer ; et, enfin, la terre apparut. L’hame¬
çon avait saisi le mahi, façade de la maison d’Hine-nui-te-po
et l’avait élevé avec la terre. C’était Ranga-Whenua : Ce fut
Il fila toute sa ligne qui avait alors une amorce.
çon saisit quelque chose qui tirait
le poisson de Maui.
(1) Cette traduction do Taylor nous semble être parfois très inexacte;
Whakarua est le nom de la brise de mer.
rompre;
TPwi,jonc;^etc.
(Z) Cette phrase est passée en proverbe.
Mawheki signifie : briser,
300
LES POLYNÉSIENS.
Il demanda avec ostentation à ses frères le nom de son
poisson ; ils ne purent le lui dire. Il réitéra sa demande ; ils
restèrent muets de surprise. Il leur demanda si c’était Haha
Whenua, c’est-à-dire la terre chercliée.
Au moment où la terre fut élevée, le canot tçucha ^et les
montag’nes se montrèrent (1). On dit que le canot reste encore
sur le sommet d’Hikurang-i, montagne
élevée à Waiapu,
près du cap Est. Quelques-uns disent qu’il est plus au sud à
Akuriri. L’œil d’eau salée du poisson est à Wanganui-a-te-
l’œil d’eau douce estWairarapa. La mâ¬
Rongo-Rongo, la pointe nord de port
Nicholson; la mâchoire inférieure est Te-Rimu-Rapa, la
pointe sud de Port Nicholson. La tête de ce poisson de Maui
se trouve à Turakirae, montagne sur la côte, près de Wairarapa. La queue est le point de départ des âmes, au cap
Maria Van Diemen ; le ventre est Taupo et Tongariro.
Une tradition rapporte que les frères de Maui, dès qu’ils
virent le poisson, prirent leur Tuatini,instrument bordé d’une
rangée de dents de requin (l’ancien couteau Maori) et qu’ils
commencèrent à entamer le poisson. C’est ce qui explique
l’existence des collines et des vallées et toutes les inégalités
ra, Port Nicholson ;
choire supérieure est
de la surface des îles.
Une tradition semblable existe dans les îles Tunga ; mais
là, Tangaloa est le pêcheur.
Avec quelques variantes le mythe
mité de l’île à l’autre.
est connu d’une extré¬
Il paraît être appliqué seulement à
rile-Nord qui véritablement a une remarquable ressemblance
de forme avec un poisson. La connaissance exacte qne pos¬
sédaient les naturels de
sa
forme est la preuve évidente
qu’ils l’avaient fréquemment contournée dans les anciens
temps, et qu’ils vivaient de fait plus paisiblement et plus
amicalement qu’ils ne le font anjourd’hui.
Il est probable que le mot Maui n’est autre chose qu’un ti¬
tre donné à celui qui le
premier vit la terre (S). Ma-u-i, si-
(1) On dit que Taupiri a été la première terre aperçue.
(2) C’est l’opinion du Rév. A, Stainnard ministre Wesleyen, à Wai-
totara, écrivain qui a plus cherché dans les racines des mots que la
plupart de nos écoliers maori.
(1 )L e s
LES
POL-ÏNÉSIENS.
301
g’nifie littéralement « tout autant». Ce mot signifie aussi
ensorceler, enchanter, arts dans lesquels Maui était égale¬
ment versé.
Nous avons rapporté précédemment (1) ce que Taylor dit
de la découverte du feu par Maui. Nous n’y reviendrons pas
ici, et nous terminerons cette légende, en empruntant en¬
core au missionnaire anglais la lutte du héros maori avec
le soleil et sa mort.
Encouragé par son succès dans la destruction de Mauika,
et après avoir éteint son feu, il se disposa à faire sa chasse au
soleil et à la lune. Il fit des filets pour les prendre, et renou¬
vela ses efforts, mais en vain; dès qu’il avait placé ses pièges,
puissants du soleil les coupaient en deux. C’est
pourquoi, après ce brûlant travail, Maui eut naturellement
soif. 11 demanda au Tieke d’aller lui chercher un peu d’eau.
L’oiseau ne fit pas attention à sa demande : il le jeta dans
l’eau. Alors il appela un autre oiseau, le Hihi, et lui
dit d’aller lui chercher un peu d’eau. Celui-là ne fit pas plus
attention à son invitation : il le jeta dans le feu, et ses plu¬
mes furent brûlées par les flammes, ce qui explique sa cou¬
leur. Il en demanda ensuite au Totara, qui ne l’écouta pas
davantage ; il mit une raie blanche près de son nez, comme
marque de son incivilité. Maui après cela s’adressa au Koka-
les rayons
ko. Cet oiseau obéit aussitôt à son désir. Quand il arriva à
l’eau, il remplit ses oreilles ; puis il retourna vers Maui.
Celui-ci but et apaisa sa soif : comme récompense
il donna
de longues jambes à l’oiseau, parce qu’il avait satisfait à son
désir, en lui apportant de l’eau.
Le dernier travail de Maui fut la cause de sa mort. Il avait
appris que le soleil et la lune ne pourraient pas être tués,
parce qu’ils se baignaient dans la fontaine de vie, "Wai-OraTane ; c’est pourquoi il résolut de faire de même et d’entrer
dans le sein d’Hine-nui-te-po, c’est-à-dirê les
l’eau de vie, le ruisseau
ténèbres, où
donnant la vie sé trouvait placé (2).
Polynésiens, vol. II, p. 215,
(2) Une version dit que son but était de tuer Hine-nui-te-po et de lui
arracher le cœur.
302
LES
POLYNÉSIENS.
Hine-nui-te-po reçoit tout dans son sein, mais ne permet
d’en revenir. Maui vonlut l’essayer, confiant
dans sa puissance. Mais avant de commencer, il recomman¬
da tout particulièrement à ses amis les oiseaux de ne pas
rire. Alors il demanda à sa grand’mère la
Nuit^de le recevoir
dans son sein. Sa tête et ses épanles étaient déjà entrées,
quand l’oublienx Piwakawaka commença à rire. La Nuit
ferma ses portes ; Maui se trouva coupé en denx et mourut.
Ainsi vint la mort sur le globe. Si le Piwakawaka n’eût pas
à personne
ri, Maui aurait bu de l’eau du ruisseau de vie, et l’homme
ne serait jamais mort. Telle fut la fin de Maui.
11 ne semble pas avoir été généralement prié comme un
dien ; mais il était invoqué pour les récoltes de kumara et
pour le succès de la pêche.
On dit aussi que Maui a tatoué les lèvres du chien indi¬
gène et que c’est pourquoi son museau est toujours noir.
Rupe
ou
Maui-Mua.
Nom donné à Mani l’aîné, lors de son ascension au ciel,
pour demander à son grand ancêtre Rehua, où se trouvait
sa sœur Hinauri qui s’était
précipitée dans la mer, parce
que
Maui-Potiki ou le plus jeune, avait changé son mari
Irawaru en chien.
En apprenant qu’elle était devenue la femme de
Tinirau,
Motu-tapu pour l’en¬
lever avec son enfant, puis remonta au ciel avec
elle.(Grey,
t. 1, p. 50). Avant de devenir la femme de
Tinirau, elle
avait été celle de Ihu-Atamai et de Ihu-Wareware, à Waefewa ou Waira-rawa (1).
C’est Maui-Mua et non Maui-Potiki
qui, d’après Shortland (p. 61), est tué par la déesse
Hine-nui-te-po ou la pe¬
tite-fille de la Nuit, laquelle l’étouffe entre ses cuisses.
il se changea en pigeon et se rendit à
(1) Un lieu de ce nom existe sur la côte de la presqu’île de Banks,
non loin
du lac Wairoa.
LES
POLYNÉSIENS.
303
D’après la légende de Tinirau, citée par Taylor, Rupe
qui eut de Tinirau un en¬
fant d’abord appelé : Tu-ai-ta-ka-roro, et surnommé, à son
baptême,en l’honneur de son oncle Rupe: Tu-Huruhuru, «le
plumage de^Rupe. »
D’après cela, Hinauri et Hine-te-Hiwa-biwa, ou Te-Iwaiwara, sont la même personne (1).
D’autre part, si Rehua était le grand ancêtre de
Rupe,
comme le dit sir
Grey (p. 83), Kai-Tangata, le fils de Rehua
aurait été au moins parent de Maui, sinon son
père ou son
grand’père,c’est-à-dire Makea-tu-Tara,d’après une tradition,
ou Tarahanga,
d’après une autre (Taylor; p. 24). Mais Kaitangata eut pour fils Ponga, Karihi et Hema. Dans ce cas^
Hema n’aurait été également
que l’un des noms du père de
était frère de Hine-te-Iwaiwara,
Maui. Comme Hema eut pour fils Tawaki, ce dernier ne serait
lui-même qu’un Maui, dont le fils Wahieroa, aurait eu
pour
fils Rata qui serait, de la sorte, un descendant direct de Maui.
Ce qu’il y a de certain, c’est que les légendes font
ment monter au ciel Tawaki et
80 ; Taylor p. 35.)
égale¬
Rupe. (Voyez Grey, p. 59,
Tinirau.
Tinirau, d’après Taylor, signifie guerrier qui tue des cen¬
taines d’hommes de sa propre main (2). Il avait
ancêtre.
C’était
Tutunuipour
grand chef, de l’Iie-du-Milieu disent les uns;
d’Hawahiki, disent les autres. Tous les écrivains, Taylor,
Grey, Shortland, s’accordent d’ailleurs à dire qu’il habitait
l’île appelée Motu-tapu. Les traditions établissent qu’il était
le chef supérieur des frères Ihu-Atamai et Ihu-Wareware qui
habitaient Wairewa, sur la presqu’île de Banks et qui étaient
devenus les époux d’Hine-Auri, la sœur des Maui ; celle-ci,
un
(1) Il faut probablement écrire hiwahiwa qui signifie veiller, être
attentif, vigilant ; tandis que iwa, veut dire seulement neuf.
(2) Tini, grand nombre, multitude ; rau, centaine, feuille.
304
LES
POLYNÉSIENS.
après la mort de son mari était venue à la nage jusqu à
Wairewa.
Tinirau, était si bien le supérieur ou du moins le plus fort,
qu’il prit
aux
ware, la jeune
deux frères Ihu-Atamai et Ihu-WareHine-Auri, qui était devenue leur femme,
et était enceinte de l’un d’eux.
Avant que Tinirau ne la prit pour femme, il en avait déjà
deux, appelées Harataunga et Horotata ; elles étaient filles
de Mangamanga-i-Atua.
Pendant qu’elle vivait avec les deux frères Ihu, Hine-Auri
qui n’avait pas voulu leur dire son nom, se faisait appeler
Hungarupaea.
Taylor rapporte autrement cette tradition. Après avoir
dit qu’il avait déjà plusieurs femmes, il ajoute : Sur sa ré¬
putation, Hine-te-Hiwa-hiwa, la sœur de Rupe, voulut l’a¬
voir pour mari. Comme d’après d’autres légendes la sœmr
de Rupe s'appelait Hine-Auri, ces deux noms sont évidem¬
ment identiques. Taylor dit d’ailleurs en note ; Rupe était
frère de Hine-te-Hiwahiwa ; il vint d’Hawahiki pour enlever
sa sœur qui l’avait appelée à son aide. Or,comme Motu-tapu
était l’île habitée par Tinirau, cette île, doit-on conclure,
n’en faisait pas partie,mais il ne devait pas y avoir très loin
de cette île au point habité par Whakatau, et pas loin non
plus de la maison appelée Tihi-o-Manono que Whakatau alla
incendier pour venger la mort de Tuwhakararo tué par les
gens de Kae, qui avaient eux-mêmes vengé ainsi la mort de
leur chef tué par Tinirau. C’est du moins ce qui résulte de
la facilité et de la promptitude du voyage de Whakatau
d’après les légendes.
Ajoutons que les habitants de Tihi-o-Manono étaient les
Ati-Hapai et que le chef s’appelait Poporokewa (1). D’après
une version, le fils de Poporokewa était marié avec la sœur
de Whakatau appelée Mairatea.
D’après la version de Taylor, Hine-te-Hiwa-hiwa n’était
pas mariée ou veuve. Il est seulement dit qu’elle était d’une
tribu éloignée. Pour attirer l’attention de Tinirau, elle
gâte ses miroirs en sautant dans les étangs qui en servaient.
(1) Poporo, Solarium ; kewa, éteint.
LES
POLYNÉSIENS.
305
Ce fut elle qui, pour se défendre contre les autres femmes
de Tinirau, leur jeta des pierres qui, dans leur
corps, se trans¬
formèrent en jade vert. Sur le point d’accoucher elle appela
son
frère Rupe pour
frère
l'emmener avec son enfant, mais le
lelaissa^à Tinirau qui l’éleva et il l’enleva seule. L’en¬
fant fut appelé Tu-ai-Takaroro, et ce ne fut qu’à son bap¬
tême qu’il reçut le nom de Tuhuruhuru, c’est-à-dire le plu¬
mage de Rupe. A. ce baptême assistèrent tous les chefs voi¬
sins et entre autres Kae.
Dans aucune des légendes il n’est
parlé He la fin de Ti¬
été
nirau ; mais, d’après un proverbe, on peut croire qu’il a
tué par un grand nombre réunis contre lui. I muia Tinirau
imate ai. « Parce que Tinirau fut accablé, il fut tué. »
Cela se dit quand beaucoup tombent à la fois sur une seule
personne et la tuent.
LÉGENDE
DE
LA. BALEINE
APPIRVOISÉE DE TINIRAU (1).
L’origine du meurtre fut la baleine apprivoisée de Tinirau
appelée Tutunui. Tinirau étant malade fit appeler pour l’en¬
chanter un prêtre habile, nommé Kae, qui habitait au loin.
Kae, après avoir guéri Tinirau, lui demanda, pour pouvoir
retourner promptement chez lui, la permission d’y aller sur
le dos de sa baleine apprivoisée. Tinirau ne
pensant pas
que Kae emploierait quelque enchantement, appela la ba¬
leine ; la
baleine vint immédiatement. Tinirau lui dit :
«Va porter Kae en sûreté dans son pays,
Alors le monstre approcha à toucher le rivage et Kae sau¬
ta sur son dos. Au moment où il allait partir,
Tinirau lui fit
t’apercevras que la ba¬
leine se secoue,tu pourras être assuré que tues près de terre ;
alors saute de son dos et retire-toi promptement. » Puis Ti¬
nirau congédia la baleine, et elle partit.
La baleine ne fut pas longtemps à arriver au terme de son
cette recommandatiou : « Quand tu
(1) Trad. de Shortland, Traditions and superstitions, p. 65.
IV
20
LES POLYNÉSIENS
306
voyage. Aussitôt après elle fut près
mença
de la côte. Elle com¬
à se secouer. Elle continua pendant quelque temps
à secouer son corps, s’attendant à voir Kae
Mais
Kae resta sur son dos jusqu’à
sauter à terre.
la fin du reflux, et le
poisson demeura à sec. Alors ce méchant hcgnme sauta à
has, et quand la baleine fut morte, il en découpa un mor¬
ceau, qu’il mangea.
Pendant ce temps Tinirau attendait impatiemment le re¬
tour de sa baleine apprivoisée, mais elle ne revenait pas.
Il l’appela, cela ne bâta pas davantage son retour. A la fin
Tinirau sortit de sa maison, et l’odeur de la baleine morte
frappa son odorat.
D’où l’expression familière, aujourd’hui employée quand
on perçoit la senteur d’un bon plat ; Kaputara te kakara
O
Tutunui. « Oh ! voici l’odeur de Tutunui. »
Tinirau comprit de suite que
son
cœur
en
Kae avait tué la baleine, et
de
fut vivement affecté. Aussitôt sa bande
guerriers mit ses canots à la mer et 140 hommes partirent
dans la nuit.
Quand ils approchèrent de la maison de Kae,
Tinirau fit
endormir tous ceux qui étaient de¬
dans. De sorte que Kae et ses gens tombèrent dans un
sommeil profond et que l’on entendit sortir de toutes les
narines de la tribu un son pareil à celui de la marée mon¬
tante. Comment aurait-il pu en être autrement ? L’enchan¬
tement était si puissant, qu’ils furent instantanément plon¬
gés « dans l’oubli du sommeil ».
Alors les 140 entrèrent dans la maison et trouvant Kae
endormi, au milieu, ils le portèrent à leur canot sans l’é¬
veiller ; il dormait si fortement que ses paupières scellaient
un enchantement pour
ses yeux.
Pendant qu’ils l’emportaient, l’oreiller de Kae (1) tomba de
l’expression : Kataka te uruuga
est ve-^
nue à la postérité comme proverbe ; elle signifie que quel¬
que malheur est arrivé ou va arriver.
(1) L’oreiller ou urmga était une sorte de tabouret bas, fait d’un
son
O
lit : d’où est venue
Kae. «L’oreiller de Kae tombe ». Cette expression
solide morceau de bois dur, orné de sculptures.
LES
POLYNÉSIENS,
307
Les hommes mirent Kae dans leur canot
; puis ils re¬
tournèrent à terre, et tuèrent le reste de la tribu
pendant
qu’elle dormait. Après cela ils pagayèrent pour aller dans
leur contrée. Quant à Kae il resta
profondément endormi
pendant tout le temps du trajet.
Quand les canots eurent atteint le rivage, on le transpor¬
ta dans une maison ressemblant
complètement à la sienne,
et on le plaça sur un lit
arrangé comme celui qu’il occupait
quand il avait été pris. Gela fait, Tinirau ordonna à ses
hommes de le réveiller.
Lève-toi Kae, lève-toi, lui crièrent les hommes. A
qui
appartient la maison dans laquelle tu as dormi ? »
Alors Kae s'éveilla, et regarda autour de lui.
A qui est cette
maison, Kae ? » lui crièrent de nou¬
«
«
veau
o:
les hommes.
Il est certain
qu’elle m’appartient, » répliqua Kae.
Oette maison ne t’appartient pas, dirent les hommes.
Cherche la place du feu ; où est-elle ?»
«
Car il n’y avait pas d’endroit pour le feu, et Kae reconnut
aussitôt que ce n’était pas sa maison.
Alors Tinirau tua
Kae, comme compensation
de sa baleine apprivoisée.
de la mort
Voici ce que Taylor rapporte de Tinirau (1) :
Les naturels ont d’innombrables traditions
qui sont géné¬
ralement connues ; et nul orateur ne se croirait tel, s’il ne
recourait pas dans son discours à quelques citations
appro¬
,
priées de ces traditions ou chants.
La suivante est bien répandue, et
quoiqu’elle
soit pleine
de merveilles, on la considère encore comme un
renseigne¬
ment historique de l’un de leurs ancêtres les
et du commencement de leurs guerres.
plus distingués
Tinirau était un grand chef, les uns disent de l’Ile-duMilieu, mais d’autres d’Hawahiki. Il était renommé par sa
beauté et sa grande vanité. Il avait
plusieurs étangs pleins
d’eau transparente, qui lui servaient de miroir et où il s’ad-
(1) Te Ika a Mauii p. 107.
i;08
LES
POLYNÉSIENS.
mirait. Lui aussi prit un haras, non de chevaux, qui étaient
alors inconnus, mais de haieinISs ; c’étaient ses Mokai ou
favoris. L’une de celles-ci était appelée Tutunui.
La renommée
de
ce
chef alla
aux
oreilles de Hine-le-
Iwaiwa, femme d’une tribu éloignée, qui é’tait également
remarquable par sa grande beauté. Elle en devint amou¬
reuse sur les seuls rapports qui lui étaient faits, et bientôt
elle n’eùt plus qu’un désir, celui d’aller le voir.
Un jour pendant qu’elle était avec des femmes hors du
Pa, à chercher des moules, elle s’élança subitement dans
la mer et alla au fond ; elle remonta bientôt près d’un ro¬
cher, à quelque distance du rivage et guetta pendant quel¬
que temps ; puis plongeant de nouveau, elle fit un long
chemin sous l’eau.
Après avoir eu de nombreuses aventures et tenu de lon¬
rencontrés
et principalement le requin et le kahawai, elle finit par
remonter près de la demeure de Tinirau, sous forme de
demi-poisson, demi-femme. Elle reprit alors sa forme
ordinaire et s’assit pour chercher quel serait le meilleur
moyen de se présenter au chef.
Connaissant l’admiration que Tinirau avait de lui-même,
elle prit le parti, pour attirer son attention, de gâter ses mi¬
gues conversations avec les différents poissons
roirs en sautant dedans et en en troublant l’eau.
Tinirau tenait tant à ses miroirs
qu’il les faisait garder
par une chouette, qui, perchée sur un arbre élevé du voisi¬
nage, avait toujours les yeux tournés vers eux. C’est pour¬
quoi dès qu’elle vit Hine-te-Iwaiwa y faire du ravage en s’y
jetant, elle appela Tinirau, qui était alors sur son gradin
élevé.
Irrité de l’insulte, il descendit aussitôt ; alla aux
étangs,
cause de ce bruit, et il ne tarda
pas à se
où il découvrit la
lier avec la jeune fille.
Cependant les femmes de Tinirau n’admiraient point leur
nouvelle compagne autant que leur seigneur et
aussi fut-il obligé de la tenir séparée des autres.
maître ;
Après quelque temps Hine-te-Iwaiwa donna naissance à
enfant. Les autres femmes jalouses la haïrent encore
un
LES
POLYNÉSIENS.
309
davantage, et deux d’entre elles résolurent de la tuer. Elle
était naturellement très effrayée, mais comme ses ennemies
approclièrent d’elle séparément, elle eut le temps de pro¬
un puissant charme : alors elle jeta une pierre à la
première, donile corps s’ouvrit et se remplit aussitôt de
pierres vertes; elle fit la même chose à la seconde femme,et
le résultat fut le même : c’est ainsi que la pierre verte fut
noncer
formée.
Quelque temps après Hine-te-Iwaiwa alla visiter ses amis,
et Tinirau ne pouvant vivre sans elle
alla à son villag-e ;
approchant du lieu où elle vivait, il vit quelques enfants
jouant derrière le Pa dans un marais rempli de Kakaho, ou
roseaux ; il se coucha dedans et fit du bruit pour attirer
l’attention des enfants : ceux-ci vinrent pour voir ce que
c’était, et il reconnut alors son propre enfant aux ornements
qu’il portait aux oreilles. Il l’envoya à sa mère, avec un
sachet odorant qu’elle lui avait donné et qu’il portait con¬
en
stamment autour de son col.
L’enfant s’en alla et la mère reconnaissant aussitôt ce don
d’amour, alla vers son mari, et le fit entrer dans le Pa, où il
fut reçu et accueilli avec une grande distinction, et où une
grande fête fut donnée à son intention. Mais l’amas des pro¬
visions se trouva bientôt consommé, et, par surcroît de mal¬
heur, la pêche fm: insuffisante.
Tinirau vit leur manque de provisions ': il leur promit une
abondante
pêche de poisson pour le lendemain matin ;
mais il leur recommanda de rester tous dans leur
maison,
portes et fenêtres fermées pendant la nuit et de ne pas
les
fit
une de ses puissantes invocations, et on entendit immédiament un grand bruit, qui dura pendant toute la nuit. Quand
ils ouvrirent leur porte le lendemain matin, ils furent fort
surpris en voyanttout l’intérieur du Pa plein de toute espèce
de poissons qui s’élevaient en tas jusqu’à leurs Wata.
Après être resté quelque temps avec les parents d’Hineouvrir avant le jour. Ils le promirent volontiers. Alors il
te-Iwaiwa, ils retournèrent à la demeure de Tinirau où elle
devint mère de nouveau, mais un peu avant la naissance de
310
les
polynésiens.
l’enfant, son mari commença à se dégoûter
vivre avec une de ses autres femmes.
d’elle et il alla
Quand fline-te-Iwaiwa vit quelle était sur le point d’être
exilée, elle envoya plusieurs de ses esclaves dire à Tinirau
qu’il eut à pêcher du poisson, parce qu’elle arait cette fan¬
taisie. Quand les esclaves approchèrent de l’intérieur duPa,
ils appelèrent Tinirau, Tinirau répondit : « E ! » — Ta
femme, lui dirent-ils, n’est pas bien, et surle point d’être
exilée, elle désire que tu lui pêches un peu de poisson. »
Tinirau descendit dans son Canot et atteignit la demeure de
sa femme.Il lui
lui dit :
demanda : « Que veux-tu? » Hine-te-Iwaiwa
Mon enfant est sur le point de naître. »
Quand il
palissade de
ronces et d’orties entrelacées et attachées avec du
phormium
de telle sorte qu’il lui était impossible de s’enfuir.
En voyant pareil traitement, le coeur de Hine s’attrista, et
peu après son enfant vint au monde. Quand Tinirau l’eut
appris, il revint et enleva le filet qui l’entourait, mais, pro¬
fondément blessée de son manque d’amour, Hine-te-Iwaiwa,
cria à son frère : a O Rupe, viens et enlève-moi avec mon
fils ! * Rupe vint aussitôt.
Quand Tinirau revint, Rupe, le fils et la mère étaient par¬
tis ; Rupe les avait enlevés dans ses ailes. Comme ils s’en
K
l’eut vue, il établit autour de la maison une
allaient, Tinirau s’écria: œ O Rupe, rapporte ta sœur etTenfant. T> Hine-te-Iwaiwa dit à son frère : « Ne lui remets
pas,
je t’en prie, son enfant. » Rupe le laissa tomber doucement,
et Tinirau le saisit. Il le nourrit d’eau, l’enfant
crût, et il
l’appela Tuhuruhuru (1).
Un jour les enfants allèrent jouer à la teka;
quelques-uns
jetèrent leur tiges sans qu’elles pussent voler. Tuhuruhura
jeta la sienne, après avoir d'abord proféré la karakia (prière)
suivante :
Taku teka nei.
Tu es ma teka.
Ko te teka nawai ?
La teka de qui ?
(1) Il y a une montagne Te ou Tuhuruhuru, dans la province d’Otakoa (Otago) ; c’est le mont
Dommett, dans le N. O. de Moerangi.
LES
311
POLYNÉSIENS.
Ko tetekana Tuhuruhuru,
La teka de Tuhuruhuru,
Te roko hina te rokohana,
première.
Jaloux de »on habileté à jeter la teka, les enfants se mo¬
quèrent de lui : « C’est la teka du bâtard, où est sa mère ? »
Atteint les autres tig’es et arrive la
Tuhuruhuru entendit ces insultes. Quand il fut de
retour
Tinirau ; « Où est ma
mère ? » Tinirau lui répondit : « Je ne sais pas, tu peux la
chercher. » L’enfant lui dit alors : « Où est-elle ? Tu ne me
le dis pas, pour que je puisse aller la trouver. » Tinirau
répliqua : œ Tu feras bien d’y aller si cela te plaît ; mais
écoute mon avis : quand tu seras arrivé à un champ brûlé,
roule-toi dans les cendres pour changer d’apparence et pour
qu’on te croie un esclave. » Tinirau lui dit .• « Te sens-tu le
courage d’y aller?» L’enfant lui dit: «Oui, j’en ai le courage.»
Alors il lui traça sa conduite. « Quand tu auras atteint le Pa,
offre de porter l’eau à Rupe ; et, quand tu l’auras portée,
ne la verse pas dans la
bouche, mais dans le nez de
Rupe. Dans la soirée, quand Hine-te-Iwaiwa attendra avec
à la maison, il demanda à son père
ses femmes l’heure
lui
de danser, fais une prière. »
L’enfant
répondit : « Quelle prière (charme) ferai-je ? » Tinirau
répliqua :
Te tu O Hine-te-Iwaiwa.
La feuille de figuier d’Hine-te-Iwaiwa.
Makere, makere,
A tombé, tombé.
Le taupaki o Hine-te-Iwaiwa
Le vêtement de Hine-te-Iwaiwa,
Makere, Mâkere
A
tombé, tombé.
Tuhuruhuru, ayant reçu ces instructions, partit. Quand il
arriva à l’autre endroit, il vit les femmes
cher du bois à brûler ;
qui allaient cher¬
alors il se roula dans les cendres
pour qu’elles puissent le prendre
pour un
enfant esclave.
Ayant atteint le bois mort, il s’y coucha. Quand les femmes, '
qui venaient pour ramasser du bois de chauffage, le virent
312
LES
POLYNÉSIENS.
étendu de tout son long-, elles s’écrièrent : « Voici un
jeune
esclave ; il sera pour Hine-te-Iwaiwa. »
En approchant du Pa, elles le lui remirent ; elle dit : « Oh !
justement Rupe attend depuis long'temps de l’eau ; il la lui
poiÿera. » Quand Tuhuruhuru fut de retour avec l’eau,
Rupe étendit ses mains, mais Tuhuruhuru la versa sur son
nez. Rupe le maudit en disant : « Le
jeune esclave a versé
l’eau sur mon nez. ^ II. courut après lui et lui donna des
coups. Tuhuruhuru cria en se plaig-nant :
«
<t
«
«
En vain je suis venu ;
Rupe est mon oncle,
Hine-te-Iwaiwaest ma mère,
Et Tinirau est mon père.
Rupe dit ; « Le petit esclave crie et se plaint. »
Dans la soirée, Hine-te-Iwaiwa et
ses
suivantes
commen¬
cèrent la danse ; alors Tuhuruhuru préféra la karalda:
« Le vêtement de Hine-te-Iwaiwa a
tombé, tombé.
«
Le vêtement de Hine-te^Iwaiwa a tombé, tombé. »
Hine-te-Iwaiwa
se mit de côté et se baissa,
parce qu’elle
avait laissé tomber son vêtement. Quelques-unes des
jeunes
femmes ayant entendu les paroles de Tuhuruhuru, dirent à
Hine-te-Iwaiwa : « Le jeune esclave a fait une plaisanterie
sur ton
vêtement. » Hine-te-Iwaiwa courut après lui et
donna un coup de poing'..
lui
Tuhuruhuru cria et se lamenta, disant :
«
a
«
«
En vain suis-je venu ;
Rupe est mon oncle,
Hine-te-Iwaiwa est ma mère,
Et Tinirau est mon père. »
Il s’enfuit de la maison en criant. Elle entendit son fils
qui
criait et elle courut pour l’arrêter, fâchée de ce qu’elle avait
fait et disant ; « Hélas ! mon enfant, mon
plus jeune, pour-
quoite battrais-je ?» Tuhuruhuru, quoiqu’il fût reconnu, s’en¬
fuyait. On le poursuivit longtemps, mais sans l’atteindre ; il
se précipita dans l’eau
pour se débarrasser des cendres.
Hine-te-Iwaiwa se lamentait de n’avoir pas reconnu son
Rupe et lui dit : « Arrive de suite et attrape
fils. Elle appela
LES
mon
POLYNÉSIENS.
313
enfant. » Rupe plongea dans l’eau, le ramena à la sur¬
face, puis le conduisit dans le Pa.
a Hélas !
hélas ! disait
mère, mon pauvre fils abandonné. » Après qu’elle eut fini
sa
elle lui dit : « De quel message t'a chargé ton
père ? » Tuhuruhuru lui répondit : « 11 a dit que nous re¬
tournions, toi et moi, avec Rupe, pour qu’on me donne un
nom. » Rupe et sa sœur consentirent à l’accompagner.
de pleurer,
Ils arrivèrent à la demeure de Tinirau.
reux de
Celui-ci fut heu¬
voir sa femme, son beau-frère et son enfant.
Ils y
couchèrent et, le lendemain matin, aussitôt qu’il fit jour, il
envoya un messager pour réunir tous les chefs à l’occasion
de la nomination de son enfant. Tous acceptèrent de s’y
rendre. Kae aussi s’y rendit. L’enfant fut appelé Tuhuruhu; son premier nom était Tu-ai-Takaroro (1). Le nom
lui fut donné signifie œ le plumage de Rupe ».
ru
qui
Quand la cérémonie fut terminée, tous retournèrent chez
eux, excepté Kae. Quand presque toute
la compagnie eut
Où est Tutunui, le favori de
Tinirau, le mokai de mon petit-fils ? Ne veut-il pas me ser¬
vir de pont pour me ramener ? » Tinirau lui dit : « Nulle¬
ment, car le favori de ton petit-fils en mourrait. » Kae répli¬
qua ; « Oh! non, j’en aurai le plus grand soin » Tinirau
finit par y consentir, mais il lui traça ainsi sa conduite :
E hiahia koe ki temimi me mimi ki te papa maiii, e liiahia koe ki te tiko, me tiko koe ki te papa matau (2). Kae
consentit atout cela. Tinirau ajouta : œ Quand il approchera
du Pa et qu’il se secouera, tu sauteras et tu iras à terre,
pour que son ventre ne frôle pas sur le fond, car il en mour¬
rait. » Kae répondit: « Oui, je me le rappellerai, et je ferai
ce que tu dis. »
été dispersée, Kae demanda : *
.
cr-
■
(1) D’après une autre version, la mère de Tuwhakaroro, tué par les
Atiapai, se nommait Apakura. C’était aussi la mère de Whakahau et
de la femme de Poporokewa.
(2) Il est difficile de traduire cette phrase en français convenable ;
do pisser, tu pisseras à gauche ;
quand tu auras envie de ch..., tu le feras à droite. »
Hiahia, désir ; koe, toi, vous ; mimi, pisser ; me, il faut ; maui,
gauche; tiko, probablement pour kiko, ch... ; matau, droit, à droite.
elle signifie ; « Quand tu auras envie
314
Alors
mais il
LES
il monta
sur
POLYNÉSIENS.
le
dos de la baleine
tint pas
apprivoisée ;
compte des recommandations faites,
car, quand il fut h la mer, Ka hiahia ia ki te mimi, ha
mimi ia ki te papa matau, ka tiko ia ki te
papa matau.
Quand il approcha de la côte, qui est vis-j-vis le Pa,
Tutunui commença à se secouer. Kae n’y fit pas attention,
il resta toujours sur son dos, et le ventre de la baleine frotta
sur le fond. Tutunui, la baleine
apprivoisée de Tinirau,
fut tuée. La population du Pa la découpa et la fit cuire.
Tinirau attendait son retour. La nuit se passa et la mati¬
née aussi, et cependant elle ne revenait pas. A midi, le Ton¬
ga, ou vent de nord-est, s’éleva, et porta l’odeur des fours
à sonnez. Tinirau s’écria dans son chagrin : « L’odeur de
Tutunui vient de Haruru Atea (1) » (localité de l’Hawahiki). Comprenant la mort de Tutunui, le cœur de Tinirau de¬
vint triste. Il s’écria : « Je me vengerai sur Kae ».
Après avoir réfléchi pendant plusieurs nuits, il dit à sa
ne
femme et aux femmes de l’endroit : s Allez chercher Kae. »
Les femmes répondirent : <t Nous ne le connaissons pas.» Ti¬
nirau répliqua : « Vous le reconnaîtrez à ses dents. » Mais
elles lui dirent: «Comment pourrons-nous les voir?»—«Em¬
ployez une ruse quelconque », dit-il. Les femmes le compri¬
et s’éloignèrent.
rent. Elles s’embarquèrent dans leur canot
Quand elles eurent atteint le Pa, elles entrèrent dans la
maison où demeurait Kae. Elles virent que les tutau (chants
de ronde), he whae (chants d’amour
?), he liaka (chants
gestes) et he waiata, (chansons) étaient les amuse¬
ments du matin ; mais Kae ne riait pas. Elles se deman¬
dèrent quel serait le haka qui le ferait rire ? A la fin,
elles trouvèrent le puapua, le waitoremi, le anaana. Elles
avec
chantèrent le waitoremi : il se mit à rire.
Elles virent le
profond, car Kae avait perdu ses dents de devant. Cela
leur suffit et elles passèrent outre. Elles
répétèrent le rotu
ou charme
pour le faire dormir :
creux
O matae titiro mai,
O yeux, voyez,
(1) Haruru, émettre une! odeur désagréable, odeur désagréable ;
atea, net, clair, être clair, nettoyé.
315
LES POLYNÉSIENS.
Nana tu whakarehua,
Fermez-vous par le sommeil,
Tu whakamœa emœ,
Soyez profondément fermés par le sommeil.
de résister à cette influence et se plaça deux
coquille d’iiuîtres à perle sur les yeux, pour
faire croire qu’il était éveillé ; mais ce fut en vain. Kae ne
pouvait pas résister au charme ; il s’endormit, et bientôt il
Il essaya
morceaux de
en fut
de même de tous ceux de la maison. Alors elles l’en¬
levèrent doucement et le portèrent
dans leur canot et s’é¬
loignèrent aussitôt pour se rendre à leur demeure. Elles le
déposèrent près du poteau de la maison en le laissant dor¬
mir.
Dans la matinée elles chauffèrent les fours ; des laiterons
couvercle, et la
Alors elles réveil¬
lèrent'Kae. ot Lève-toi ! lève-toi, tu ne fais que dormir. ^ —
C’est vrai, répondit-il, c’est ici que je dors. » — “ Viens
manger alors. » Et il s’y rendit. Tinirau lui offrit une place
sur la couverture verte du four ; il s’assit dessus et étendit
et d’autres feuilles servaient de wariki ou
nourriture était à côté dans des paniers.
“
la main pour prendre de la nourriture ; mais ils versèrent de
l’eau sur son dos. L’épaisse vapeur du
four chauffé s’éleva
suffoqua. Kae était mort. Alors ils le couvri¬
rent avec les feuilles. Il fut cuit et mangé.
Dans une autre version, Tinirau dépêcha ses sœurs. Quand
elles découvrirent Kae, qui s’était bâti lui-même une mai¬
son, elles envoyèrent son modèle exact à Tinirau ; il en fit
faire une semblable ; alors ils enlevèrent Kae et le déposè¬
rent dans la nouvelle maison. Dans la matinée, quelqu’un
alla le voir : « Eh bien, Kae, lui dit-il, où es-tu ? » Il re¬
aussitôt et le
garda autour de-lui, et répondit : « Où veux-tu que je sois,
sinon dans ma maison. » ün autre entra et lui dit ; Eh bien
Kae, où te trouves-tu ?» Il regarda partout, mais ne trouva
aucune différence, parce que les deux maisons étaient exac¬
tement semblables, et il dit : « Je suis chez moi.
Un troi¬
sième vint, et, poussant la porte un peu de
côté, dit : a Eh
bien, Kae, où es-tu ? » Kae regarda de nouveau partout, et,
voyant qu’il y avait quelque disposition
différente, il ré-
316
LES
POLYNÉSIENS.
pondit : « Je ne sais pas. * Alors ils le saisirent là où il
était, et le tuèrent.
Ko te meai Kae kinoaitetangata maori naKae i timata,
ko Tutunui he tehora, titiro ana nga tamahine a Tinirau :
ko Kae ka patua na Tinirau: i patu kaî
raioa,vcuri iho ko
Tahuruhuru, ka patua kei utu mo Kae : ka ea te mate o
Kae, ka utua e Wakatau : ka mate ko mango pare, ko
mariga waho. Na titiro-ana a Wakatau : ka tahuna te
ware o te
Tini-o-Manono. Ka tahi ka tupu mai ki nga uri :
ka tahi ka kaingate tangata no te
witinga mai o Tanui o te
Arawa, o te Mata-atua ki tenei motu ka timata ai te kai
tangata. Na Hoturoa tenei korero.
Taylor ne donne pas la traduction de ce texte, qui est at¬
tribué à Hoturoa, le capitaine du Taïnui.
Kae (1).
Kae était un grand
magicien, grand-prêtre, de la tribu
Ati-Hapai; il habitait Tihi, ou Tini«o-Manono.
Il fut appelé par Tinirau, pour le guérir,
d’après une ver¬
sion, ou pour assister au baptême de Tuhuruhuru, d’après
une
autre.
Selon Taylor (p. 112), il demanda, pour retourner chez lui,
la baleine favorite de Tinirau, en tels termes
croire à sa parenté avec ce chef.
qu’on pourrait
En tout cas, cela n’aurait pas empêché Tinirau,
pour se
venger de la mortde sa baleine apprivoisée, causée par Kae,
de faire enlever ce dernier de sa demeure et de le tuer.
D’après Shortland, Tinirau reconnut à l’odeur qui lui ar¬
riva que sa baleine avait été cuite et
mangée par les gens
de Kae. Il envoya aussitôt 140 guerriers dans un canot
;
ceux-ci endormirent tout le
monde, et ramenèrent Kae à
Motu-Tapu, où Tinirau le tua.
D’après Taylor, ce fut également à l’odeur apportée par
(1) Kae n’existe pas comme mot &e\i\.Kaeaea, milan, guetter. Kni
nourriture, travailler,jeu, arbre.
LES
le vent Tonga, qu’il dit être
rau connut la mort
317
POLYNÉSIENS.
le vent du nord-est, que Tini-
de sa baleine, et ses femmes partirent
aussitôt pour s’en emparer. Voir la légende de sir Grey.
O
Tuhuruhuru.
Te Huruhuru ou Tuhuruhuru
était, d’après Taylor (p.
107), fils de Tinirau et de Hine-te-Hiwaiwa : il fut d’abord
nommé Tu-ai-Taka-roro. C’est à son
baptême qu’il prend
le nom de Tuhuru-huru en l’honneur de son oncle Rupe.
De nos jours encore, Tuhuruhuru était le nom du chef de
Pukurakau, près de Waitaki, qui se trouve entre Moeraki
et la presqu’île de Banks ; c’est aussi le nom d’une montagne
haute de 6,200 pieds, dans le nord-ouest de Moeraki ou
Moerangi.
Enfin, le chef actuel de Te-Puna-Amaru, lieu qui n’est
la montagne Tuhuruhuru et de la rivière
pas éloigné de
Waïtangi, se nomme aussi Tuhuruhuru.
Il faut remarquer le silence de la légende relativement au
premier enfant de Hine-te-Hiwaiwa après que Tinirau
l’eut prise, sur le point d’accoucher, à Ihu-Atamaï.
Tuhuruhuru, d’après Grey (p. 99), était fils de la sœur de
Rupe, qu’il désigne sous le nom de Hinauri.
Il prend pour femme Apakura ; les enfants qu’il a avec
elle sont: un garçon, Tuwhakararo (l),une fille Mairatea(2),
et plusieurs autres ensuite. L’avant-dernier fut WhakatauPotiki et le dernier fut Reimatua.
D’après Shortland (p. 67), Tuhuruhuru fut celui que Wha-
katau alla venger en tuant à coups
de corde des milliers
d’habitants de Tihi-o-Manono et en y mettant ensuite le feu,
comme il
avait promis de le faire à la mère de Tuhuruhuru.
(1) Tuwhakararo, d’après Shortland, était fils de Rata. Si c’était
il faudrait en inférer que Rata et Tinirau
le même que Tuhuruhuru,
étaient le même personnage.
(2) Mairaiea épousa le fils de Poporokewa, le chef des Ati-Hapai ;
Tuwhakararo.
elle fut la cause indirecte de la mort de
318
LES
POLYNÉSIENS.
Tuwhakararo ou Tuwhakaroro
D’après Shortland, c’était le fils de Rata.
D’après sir Grey (p. 98), il était fils de Tuhuruhuru et d’Apakura ; c’était le frère de Mairatea, mariée avec le fils de
Poporokewa, de la tribu Ati-Hapai, de Wakatua-Potiki et
de Reimatua.
D’après Taylor (p. 112), il était fils de Tinirau et de Hinete-Iwaiwa, sœur de Rupe. Ce missionnaire écrit ce nom Tuai-ta-ka-roro ; il dit qu’il ne reçut le nom de Tuburuiuru
qu’à son baptême, auquel assista Kae. D’après lui, ce serait
donc le même que Tuburuhuru, le fils de Tinirau.
Si Tuwhiakararo eût été fils de Rata,il faudrait en conclure
c’était un autre personnage ou que Rata et Tinirau
qu’un, comme cela résulte des légendes de
Shortland et de Taylor. S’il eût été fils de Tuhuruhuru et
d’Apakura, Tinirau eût été sou grand-père.
C’est à cette opinion que Shortland s’arrête en disant que
Apakura était la mère de Tuwha-Kararo ou Tuhuruhuru
tué par les Ati-Hapaï ou Kae et qu’elle était aussi la mère
de Whakatau ; mais sir Grey, dans la légende de Rata
(p. 108 à 122), dit, lui aussi, que Tu-whakararo était fils de
Rata et de Tonga-Rau-Tawhiri. 11 ajoute : « Quand il fut
homme fait, il prit Apakura pour femme, laquelle lui
donna Whakatau, qui ne naquit pas comme le font les
mortels, mais fut pétri par le dieu Rongotakawhiu. »
Sir Grey (p. 118) dit que Tinirau, voülant venger la mort
ou que
ne faisaient
de son descendant Tuwhakararo, s’adressa à Whakatau, en
lui envoyant dans ce but sa femme Hine-te-Iwa-Iwa.
Whaicatau (1).
Etait fils de Tuwhakararo et d’Apakura, d’après la version
de Shortland.
Fils de Tuhuruhuru et
99).
d’Apakura, d’après sir Grey (p.
(1) Whakatau, imiter, tourner en ridicule, aller trouver quelqu’un,
319
LES POLYNÉSIENS.
Dans la légende de Rata, sir Grey
(p. 116) dit qu’il était
l’avait eu du dieu
Rongotakawiu. Celui-ci l’avait formé autrement que ne le
sont les mortels, après que Apakura eut un jour jeté à la
fils de Tu-whakararo et d’Apakura, qui
mer le
tablie^r qu’elle portait devant elle.
Frère de Tiiwkakararo, de Mairatea et de Reimatua,
d’a¬
près sir Grey.
Il est appelé Whakatau-Potiki, et sir Grey (p. 123) l’ap¬
pelle Wliakatau-Ihu. Il dit qu’il vivait du temps de Tawkaki et de Tuhurukuru (1).
Le même auteur (p. 158) met dans la bouche d’Hou les
mots suivants, adressés à ses fils : « Il n’y eut qu’un grand
chef à Hawahiki et ce fut Whakatau-Ihu ;
fants.
partez, mes en¬
3>
Taylor (p. 112) dit que Tinirau chargea Whakatau de
très habile en
expédients de guerre et plein de courage. Et que, dans ce
but, il envoya Hine-te- Iwaiwa lui parler : d’où l’on peut
conclure qu’il n’était pas, comme quelques légendes le di¬
sent, le fils de Hine-te-Iwa-Iwa, et le frère de Tuhuruhuru.
D’après la version de Shortland (p. 6.), c’est la mère de
Tuhuruhuru qui va à la recherche de Wakatau ; mais la
venger la mort de son fils, parce qu’il était
saillie indécente dont elle est l’occasion prouve que ce
ne
pouvait être la mère de Whakatau, comme le dit la légende
citée par sir Grey.
On voit quel rôle important Whakatau joue dans toutes
les légendes.
C’est lui qui va venger la mort deTuwhakararo, qu'il fût
son frère ou non, et sur la demande de sa mère, femme ou
non de Tinirau, il met le feu, après l’avoir abattue, à la de¬
meure de Poporokewa, appelée Tihi-o-Manono et habitée
les Ati Hapaï qui avaient pour grand-prêtre Kae, avant
qu’il ne fût tué par Tinirau.
Dans un curieux fragment de tradition sur Whare^Kura,
par
(1) D’après sir Grey, Whakatau-lhu, Tawhaki et Tuhuruhuru vi¬
dans le même temps
que Kae, Tinirau, Rupe, Hinauri, Poporokewa.
vaient dans le même temps ; par conséquent,
320
LES
POLYNÉSIENS.
Taylor dit, que ce fut lui qui alla mettre le feu à
temple, dont Ueiiuku était l’un des directeurs.
ce
fameux
Si les traditions veulent parler d’un même
fait, Uenuku
aurait été le successeur de Kae ;
Tihi-o-Manono et Ware-
Kura ne seraient que les noms différents du même lieu.
faut
Il
l’admettre, à moins de supposer, ce que fès traditions
ne laissent
pas soupçonner, que Whakatau
dier deux maisons différentes.
soit allé incen¬
Légende de Whakatau, et incendie de Tihi-o-Manono (1).
Quelque temps après arriva unebande de guerriers du pays
de Kae pour venger sa mort ; et ayant tué
-par représailles
un nommé
Tuhuruliuru, ils retournèrent chez eux.
Alors la mère de Tuhuruburu alla à la recherche de Wha¬
katau pour le charger
de venger la mort de
son
fils ; car
Whakatau était un homme courageux et habile dans les
stratagèmes de guerre. Dès qu’elle fut arrivée à la place du
village de Whakatau, elle apprit qu’il s’amusait avec sou
cerf-volant. Elle se dirigea vers lui, sans le connaître, elle
lui demanda :
«
Où est Whakatau ?» — « Comment le sau¬
rais-je, lui répondit Whakatau, qui était très plaisant ; il est
peut-être parmi ces autres hommes, » et'il en désigna quel¬
ques-uns qui faisaient également voler leur cerf-volant.
Ea haere atu taua wahine ki era atu
keiwhea a Wakatau. Ka mea atu
tangata i
tangata, ka ki atu,
nga tangata, na, ko taua
tae atu koe. Ki te tae atu koe ki a ia, me hura e
koe i tona maro, ka kite koe i tana raho, he raho
punga.
Katahika tae atu taua wahine. Ka hura tona maro.
Ka kata ia ki taua wahine-, no te mea kua kitea tano
e
raho,
te wahine (2).
(1) Shortland, tradition p. 67.
(2) Shortland a laissé le texte sans traduction parce qu’il est grossier.
Voici, en effet, ce quïl signifie à peu près :
Va-t-en, pauvre femme, parler à ces hommes, et demande-leur :
« Où est Whakatau ? » Ces
hommes te diront : « La, près de toi. »
En approchant de lui, il faut
que tu découvres ton maro, et que tu
—
montres ton,...
»
N’oublie pas à ton arrivée, pauvre femme, de défaire ton maro ;
cela le fera rire, parce qu’il aura vu le.... de la femme ».
«
LES
«
POLYNÉSIENS.
321
Va, —lui dit-il, — retourne chez toi ; je me charge de
cette affaire. Je te donne l’indication
suivante pour que tu
puisses savoir si le Tihi-o-Manono est incendié. Si tu vois lea
lieux tout rouges, tu reconnaîtras
que les hommes ont 'été
abattus par ma main, et que le Tiho-o-Manono est en feu
;
mais si le 'ciel laisse tomber de
grosses gouttes de pluie,
tu sauras alors que
j’ai été tué. » Telles furent ses dernières
paroles à Hine-te-Iwa-Iwa la mère de Tuhuruhuru.
Alors Whakatau alla travailler avec sa hache et
son
canot ;
réparer
quand il fut prêt à prendre la mer, il le mit à
l’eau la nuit, et arriva devant Tihi-o-Manono le
matin.
lendemain
Dès que le peuple, qui était sur le
rivage, vit le canot qui
venait sur la terre, il se crut certain d’en faire bientôt
sa
proie. Aussitôt il envoya un de ses braves, nommé Kaiaia
(le faucon) pour détruire le canot.
Mais Whakatau établit deux
perches avec des cordes
nœuds coulants, l’une à
en
l’avant, l’autre à l’arrière du canot.
Kaiaia se dirigea droit au
canot, et, en arrivant, se posa sur
la perche de l’avant. Alors la corde fut tirée
fortement et
ce brave
fut pris par le pied.
Dès que les hommes qui étaient à terre virent
que ce
brave venait d’être tué, un autre se
présenta, nommé Kahu
(cerf-volant). Il s’écria : « Kaiaia n’a pas fait ce qu’il fal¬
lait faire. Si j’y allais le canot serait détruit. »
Aussitôt
Kahu partit et alla se
not ;
poser sur la perche de l’arrière du ca¬
mais la corde fut tirée, et ses pieds se trouvèrent
pris
aussi.
Quand la population du rivage vit que deux de leurs bra¬
ves venaient d’être
tués par Whakatau, Mango-pare
(le re¬
quin tête de marteau) proposa de détruire le canot en l’en¬
gloutissant. 11 promit de plonger par dessous et de i’avaler.
Mango-pare plongea aussitôt ; mais
Whakatau versa de
l’huile sur la mer, et l’eau devenant
transparente, il vit
le
requin qui approchait la bouche ouverte afin de dévorer la
quille du canot, tant il était pressé de le détruire. Au même
instant, Whakatau repoussa Mango-pare à l’aide d’une
per¬
che acérée ; il le frappa, puis, le halant
près du canot, il lui
IV.
21.
322
LES
POLYNÉSIENS.
coupa le bout de la langue et il le laissa retourner à terre
pour raconter cette prouesse à sa tribu. Mango-pare retour¬
na à terre. Mais
personne ne le reconnaissait plus, tant son
visage était changé.
La population se rassembla dans la maison appelée Tibio-Manono,pour entendre Mango-pare raconter s8n aventure:
Viens nous raconter, lui dit-elle, quelle est la valeur de
a
l’homme. »
œ
Ko te taata he taata kaa
raa.
L’homme est un homme
très puissant, i
dit Mango-pare, d’une voix fort étrange, car
langue étant coupée, sa manière de parler n’était plus
sa
la même.
«
A qui
ressemble-t-il ? » dit la multitude :
comme moi ‘/n
«t
«
Est-il
demanda l’un. « Non ! » répondit Mango-pare.
Est-il comme moi ?» demanda un autre.
Mango-pare dit
Non ! » Alors, Whakatau lui demanda ; « Est-il
comme moi ?» a Oui! dit
Mango-pare, il te ressemble. Je
encore : «
déclare que tu es vraiment la même personne. » Et Mango-
pare persista à dire : « Cet homme est tout à fait le même. »
Quand Whakatau vit qu’il était reconnu par Mango-pare,
il chercha
une corde
qu’il avait cachée sous son manteau.
La corde avait des nœuds; elle était charmée par un enchan¬
tement puissant et terrible. Whakatau brandit sa corde :
d’un seul coup, il en tua un millier. Il fit tourner de nou¬
veau sa
corde d’un côté opposé de la maison : un autre mil¬
lier tomba mort. Alors, il mit le feu à leur maison ; de sorte
que le ciel devint rouge par les flammes, et la mère de Tuhuruhuru reconnut à ce signe que le Tihi-o-Manono brûlait
et que Whakatau avait obtenu la compensation de la mort
de son « époux » (1).
Shortland fait à cette occasion la remarque que les fables
qui rapportent ces aventures remontent aux époques les plus
reculées de l’histoire des Nouveaux-Zélandais, et à un temps
bien antérieur au voyage de l’Hawahiki. La génération ac-
(1) Le mot a époux » est dans le texte.
Shortland appelle la maison Tihi-o-Manono, dans ses Traditions,
et Tini-o-Manono dans ses Southern districts.
Taylor l’appelle Tini-oManono et Aru-o-Manono; Sir Grey, Tihi-o-Manono.
LES
POLYNÉSIENS.
323
tuelle regarde généralement ces récits comme
des inventions
de leurs ancêtres, destinées à amuser la
jeunesse.
Légende dite Whare-Kura (1). Bien que les indigènes
n’aient actuellement aucuns lieux consacrés
spécialement au
culte, ils ont cependant conservé la tradition d’un temple
existant autrefois. Le Wahi-tapu ou
Bosquet sacré n’était
pas un lieu d’assemblée pour le service religieux ; il était
seulement visité par le prêtre ; il contenait les tombeaux des
chefs, les offrandes faites aux dieux, les paniers de nourri¬
ture, les restes des personnes sacrées, les guenilles et les
vieux vêtements des
avait
été
chefs, leur chevelure, après qu’elle
coupée, et autres choses pareilles. Il y avait
d’autres endroits où l’on mettait à part, comme dans un
magasin sacré, les objets les plus curieux et les plus rares.
Mais on dit que Whare-Kura était un
grand édifice, où
toutes les tribus avaient l’habitude de se rassembler
pour
le culte et pour entendre le récit des hauts faits de
leurs
ancêtres, pour tenir leurs réunions solennelles
et
pour
administrer la justice. Ce mot signifie littéralement œ Mai¬
à cause de la couleur dont elle était peinte, et
l’on dit qu’elle existait avant qu’ils ne
son rouge »,
quittassent Hawahi-
ki. Son extrême antiquité se voit dans cette
tous ceux qui s’y sont trouvés
circonstance que
passent maintenant pour être
leurs plus anciens dieux. Le
temple avait un portique ou
véranda, tel qu’ils en font encore à leurs maisons ; il était
placé au bord du toit, du côté de l’entrée ; il y avait, à l’au¬
tre extrémité, un petit édifice où résidait le
grand-prêtre ;
soixante-dix autres prêtres avaient leurs demeures
dispo¬
sées tout autour ; chaque édifice portait le nom de l’un des
deux.
Les poteaux qui supportaient le bâtiment étaient
et représentaient leurs ancêtres chefs.
sculptés
Les différentes tribus qui
s’y réunissaient formèrent deux
grandes divisions, occupant, l’une
un
côté de l’édifice, et
l’autre l’autre côté; L’une d’elles avait un bâton,
appelé le
Tokotoko-o-Turoa: il avait pour propriétaire Rangi-Tawaki.
L’autre avait aussi un bâton,
(,1) Taylor, p. 65^
appeléTongi-Tongi, qui appar-
324
LES
tenait à
POL^KÉSIENS,
Mai-i-Rang-i : Ces personnag-es étaient probable¬
ment les chefs de leurs compag-nies.
Il
de manger dans Whare-Kura, et
cette défense était punie de mort. De
n’était pas permis
toute transgression à
là peut-être vint la coutume de cuire les mets dans un
lieu
séparé, ou Kauta, et celle de manger hors des maisons. De
fait, la maison d’un chef semble, à quelque égard, avoir con¬
servé le souvenir de Whare-Kura : c’est une espèce de tem¬
ple, possédant la demeure de la divinité et son autel, sculp¬
tés sur le poteau qui supporte l’édifice, ainsi que le foyer
qui brûle devant l’image du grand ancêtre de la famille.
On fait encore l’énumération des tribus qui s’assemblaient
dans cet ancien édifice.
1° Kauika et ses chefs : Kauika-nui, Kauika-roa, Kauika-
papa, Kauika-wakaroa-korero.
2° Te-Kahui-wata et ses chefs : Wata-nui, Wata-roa, Wa-
ta-korero, Wata-atua.
3°
Te-Kahui-kapua et ses chefs : I Kapua-nui, I Kapua-
roa, I Kapua-tuatahi, I Kapua-waka-roa-korero.
4° I Rangi-tu-ana,
I Rangi-tu-tawaki, I Awhiro, I Roto-
pua.
La famille de Whiro
composait de Monga, Wai-tuMarama-nui-hotu, Rakei-i-pingau : ces chefs étaient les principaux de la tribu de Maru.
Ceux qui apportèrent le lin et firent la corde sacrée, qui
enveloppe les images, furent Üru-Manu et Taki-taki, avec
leurs sœurs Rito-Wara et Rito-Maopo, deux grandes prê¬
tresses; c’est d’elles, dit-on, que s’éleva Turia-te-Ngairi, « la
se
rourou-atea, Uri-Hanga,
grande querelle », qui finit par séparer les tribus.
Les suivants étaient tous des dieux rampants
de Maru :
dépendant
Tutangata-Kino, Tu-TJatai, Ma-Rongo-rongo, Tu-te Koreronaki, Pou-a-te-Huri, Huru-Kakariki, Huru-Koekoea, Te
Rimu-Rapa, Paouru, Paroro (le grand-prêtre), WitikiKaeaea, Tangaroa-Matipua, Karukaru,* Tawaki, Te-Mata,
Awipapa-te-Mango-a-Ururoa, Te-Mata-o-te-Rangi, Maru,
Rehua, Taunga-Piki, Riri-o-Takaka.
üenuku paraît avoir été le directeur de l’autre côté de la
LES
POL-ÏNÉSIENS,
325
maison ; il y avait avec lui cent quatre-vingts chefs : Tekahui-Potona et Te Kahui-Torea, Te-Kai-Ranga ; Te-Kahui-
po-Poutiti, Poutaha-Poukorero, Te-Kâhui-Pepe, Pepe-Mua,
Pepe-Roto, Pepe-te-Mui-mui. Ceux-là s’étaient rassemblés
pour entendre-ïüenuku ; mais un jour, un personnage inci¬
vil, Potaringa-Titia, se boucha les oreilles et ne voulut pas
l’écouter, tandis que Potaunga-a-Whea se comportant
mieux, fut attentif à ses paroles. Pota-Pua-’Waka était éga¬
lement un grand orateur dans Whare-Kura; mais la moitié
de l’assemblée, au lieu de faire attention à ce qu’on
y disait,
s’amusait pendant tout le temps à chanter des waiata, ou
chansons.
Au début,ce temple était un grand lieu d’union pour tou¬
tes les tribus ; mais,plus tard,il devint lasource des discordes.
Les tribus qui s’y
assemblaient, s’y querellaient. Kauika
brisa le bâton de Mai-i-Rangl : ce fut le signal de l’anarchie
et de la confusion ; les
sortilèges et les charmes furent mis
réciproquêment en pratique par les uns contre les autres ;
finalement
on se battit. Waka-Tau-Potiki mit le feu à
l’édifice et un grand nombre de personnes trouvèrent la mort
dans les flammes. Depuis cette époque, dit-on, il n’y a
eu
d’union entre eux ; chaque tribu a toujours été
à une autre.
plus
opposée
Tels sont les fragments des traditions
qui parlent de ce
temple remarquable. Ils sont pleins d’intérêt et font naître
les conjectures sur leur origine, car il faut qu’ils soient fon¬
dés sur quelque chose ayant existé ; ils sont plus particu¬
lièrement remarquables en ce qu’ils se rapportaientàun édi¬
fice élevé pour le culte, ce qu’on n’a jamais vu pratiquer de¬
puis par les Nouveaux-Zélandais. Les naturels chrétiens
comparent cette maison à Babel; ils disent qu’elle fut cause
de leur dispersion et de la confusion des lang’ues, comme de
l’état d’inimitié dans lequel ils ont vécu depuis, l’un contre
l’autre; qu’au début elle ressemblait au temple de Salomon,
où toutes'les tribus se rassemblaient. Gela semble vraiment
rappeler la séparation des dix des deux autres, sous le règne
de Rehoboam, qui, comme Kauika, brisa le bâton de paix et
d’unité par sa folie. En supposant que ce peuple est descen-
326
LES
POLYNÉSIENS.
du de quelqu’une de ces
tribus, c’est justement une tradi¬
pu provenir d’une période
si éloig-née. Sans l’histoire, nous ne
pourrions pas com¬
prendre qu’ils eussent pu conserver un récit si complet.
tion qui explique comment ils ont
La tradition suivante
Kura
se
(1) :
rapporte entièrem'ent à Whare-
Quand le temple fut terminé, on envoya un messager à
Whiro et à ses enfants, pour qu’ils fussent les
présidents des
orateurs de Whare-Kura ; cette invitation était faite de la
part de Kauika, de Wata, de Kapua, et de toute l’assemblée.
Quandlernessager fut arrivé auprès de Whiro, il dit: ce Nous
sommes venus pour
que tu sois le Tohunga (président,
orateur) de la maison. » Whiro répondit : « Je n’y puis aller;
mais j’y enverrai mes enfants, Marama-Nui-o-Hotu, et Tai-
Nui-o-Aitourou-Atea ; retournez-vous-en donc tous. » Les
deux fils de Whiro partirent et arrivèrent à Whare-Kura
;
là on les tua.
^
Alors on envoya d’autres messagers à Whiro et à son der¬
nier fils Monoa, pour
«
les décider à venir, eux aussi, comme
Tohunga » de la maison, mais en réalité pour les tuer. A
leur arrivée, ils dirent à Whiro : « Nous venons te chercher
parce que tes enfants ne sont pas assez instruits pour la fonc¬
tion. V Whiro répondit : i Je ne sais
pas plus que MaramaNui-o-Hotu, et que Tai-Nui-Waitu-Rourou-Atea ; c’est
pourquoi je resterai ici ; mais je consens à ce.que Monoa aille
à ma place s. Whiro dit à son fils : « Prends conseil du
Niu;
(2) jette ton bâton, He-Ara-o-te-Manu-i-te-Ra, car peut-être
tes frères ont ils été tués.
»
Il consulta donc le Niu ; le
pré¬
sage fut défavorable. Monoa dit à Whirq, son père ;
bâton est tué.
Alors Whiro répliqua : ce Va avec
«
Mon
prudence,
et quand tu seras arrivé à la maison, n’entre
pas par la porte,
»
(1) Taylor, p. 63.;
(2) Pour consulter le Niu, chacun avait son bâton, auquel il don¬
bâton, si celui qui représentait
le consultant tombait sous
l’autre, c’était signe que le premier
nait son propre nom et, en jetant le
mourrait.
POLYNÉSIENS.
327
mais va sur la toiture au Pihang-a (1) et
de là reg-arde de¬
LES
dans.
Mouoa partit et arriva à Whare-Kura. Les hommes de la
maison l’invitèrent à entrer par la porte ; mais Manoa refusa
de le faire. *11 se
rappelait l’avis que lui avait donné son
père Whiro ; il g'rimpa sur la toiture de la maison,et se dirig-ea vers le Pihang-a; de là, reg-ardant dans la maison,il vit
lespoumons de ses frères que le prêtre agitait çà et là dans lé
moment,en sacrifice: et cela décida Monoa à s’enfuir. Quand
les hommes de la maison virent cela, ils se mirent à sa
suite. Il hâta
sa
charme suivant :
Hopic Ma, hopu Ma.
Hopu ata, hopu ata.
<£
«
«
I te ra kumutia.
œ
Tuakapuakina.
Te matangi nui no Tu.
Te mahaua no Tu.
au
Irungaano Taurànga,
Te kuti kuti Tauranga,
E aïoe, aïoe.
attrapé,
Avant que le jour vienne.
«
Il est venu et s’en va,
Avec le grand vent de Tu.
«
Avec la chaleur de Tu.
Je vole comme la plume,
a
iho.
Rere au ake.
Monoa ne sera pas
ï
Rere huru huru au.
Rere take take au.
Attrapez le, attrapez-le,
Attrapez le lég-er, attrapez le lég-er si vous pouvez.
E kore Monoa e mou.
Rere
pour¬
marche, en prononçant en même temps le
Je vole ferme.
Je vole en bas,
œ
Je vole en haut,
«
Encore plus haut que Tauranga
oc
?
Tauranga est dépassé (coupé),
Heureusement ! heureusement !
Tuku atu au Ma mangi K Laisse-moi m’échapper comme un
oiseau.
a manu.
Rere Houmea.
oc
Taiu mai ata Tu.
«
Rarou ka hihiko.
«
Voler comme rOumea(2).
A toucher la terre,
En rasant sa surface,
(1) Pihanga, était une ouverture faite dans la toiture pour donner
de la lumière ; elle avait par-dessus une petite couverture
pour
préserver de la pluie. Elle n’est plus pratiquée aujourd’hui.
(2) L’Oumea est probablement l’Oovea des Tahitiens, le Citculus ni-
tens
de Forster.
328
LES.POLYNÉSIENS,
Kite liau raro tukua.
luku aiho i runganei.
Taka te ruhi.
«
Fais que le vent souffle par-dessus
moi,
«
<t
Taka te ngenge.
Fais qu’il fasse calme où je suis.
Fais qu’un fort vent s’élève contre
et qu’ils tombent exténués.
Attrapez-le, attrapez-le, etc.
Mouoa s’enfuit ; il se précipite au milieu d’une bande
de
Kauwau (pélicans); mais ils étaient
incapables de le cacher.
eux
K
Il courut au milieu
d’une bande de canards
(parera) ; là non
plus il ne put être caché, et aussitôt il essaya de se cacher
dans une troupe de kaiaia
{falco hrunnea), mais en vain. Il
alla alors se cacher dans une bande de
torea(/icemafopws -picatus), mais sans plus de succès. Il courut, après cela, dans
un
troupeau de korora (ping-oins), mais sans parvenir à se
cacher. A la fin il se précipita dans une bande de tara
(cor¬
morans), et là il se trouva tout à fait caché. Ce fut en vain
que ceux qui le poursuivaient le cherchèrent ; ils ne
purent
le voir ; ils finirent par s’en retourner. Monoa se leva
et cria
«/ce, ke 3), la note des oiseaux parmi lesquels il se trouvait,
et tous se levèrent immédiatement
et toute la bande s’envola,
a
; alors il cria « ka-i-wa »,
Tarai whenua kura ». (1) Et
Monaa échappa, œ i te ra kamutia », avant
que le jour ne fût
venu, aux ennemis qui n’attendaient que le
fermer dans un sac.
jour pour l’en¬
lie taunaha ki Kauika.
Ka
Kauika tohunga, ka marna Kauika waka
rongo korero ;
Ka marna Kauika wakatuma toma i roto i Whare
Kura.
Il s’était recommandé à Kauika.
marna
Le prêtre Kauika se montra
lég-er en écoutant sa demande
(maudis¬
Kauika se montra lég-er en se mettant en colère
sant) contre l’enfant dans Whare Kura.
(1) Tarai, hachant ; rvhenua, terre ; kura, rouge.
LES
LÉGENDE
Matuku
POLYNÉSIENS.
MATUKU
DE
329
(1).
et Witi étaient deux
grands anthropophages.
Après avoir tué et mangé plusieurs personnes, Matuku tua
un grand chef
appelé Waheroa, et emmena sa femme. Les
amis de Waheroa résolurent de ne pas laisser un pareil cri¬
me impuni. Dans ce hut, ils se rendirent à la forêt et choi¬
sirent un arbre convenable pour faire un canot, afin dé pour¬
suivre Matuku. En ayant trouvé un, ils y mirent le feu et le
brûlèrent par en bas ; mais,, pendant la nuit, Te-Tini-o-teHake-Turi (la bande des petits oiseaux d’Hake-Turi) vint
et le remit debout. C’est pourquoi ils eurent à le brûler une
seconde fois par en bas. Hake-Turi revint avec sa bande dans
la nuit, et redressa encore l’arbre. Gela fut répété plusieurs
fois. Voulant en connaître la cause, ils résolurent de la
chercher ; c’est pourquoi, après avoir brûlé de nouveau l’ar¬
bre, ils restèrent auprès, et, quand Te-Tini-o-te-Hake-Turi,
se montra, ils firent un grand bruit qui chassa les oi¬
seaux. Quelques-uns des arbres eux-mêmes en furent si
épouvantés qu’ils laissèrent tomber leur tête, qui depuis
n’a jamais pu repousser. Parmi eux se trouvaient le Ponga,
arbre à fougère, et le Kareao (Ripogonum parviflorum), dont
les jeunes pousses sont maintenant toujours courbées. Quand
ils eurent achevé le canot, cousu (amarré) les hauts et
tout préparé pour la mer, ils trouvèrent le hallier si épais
qu’ils ne purent pas mettre le canot à l’eau. C’est pourquoi
ils firent la karakia suivante
Waea turi hunga.
:
Poussez de côté le bois,
Waea iaramoa.
Ecartez les ronces,
Ka puta hi waho,
Ensuite viendront dès qu’il sera dehors
KoWiti ko Matuku Et Witi
et
Matuku
(2),
Le hallier s’ouvrit aussitôt. Le canot fut lancé et tous les
guerriers s’embarquèrent. Le canot se nommait UiioarM. Il
avait trois noms : le premier Riwaru, parce que l’humidité
(1) Taylor, p. 115.
(2) Au conamencement d’une dispute,on dit : Ecartez les barrières
et la colère éclatera. »
LES POLYNÉSIENS.
330
de la forêt l’avait verdi ; le second Tuirangi, quand il attei-
g-nit la mer, peint et orné ; le troisième Pakawai, quand
fut halé à terre.
Ils
il
dirigèrent sur la résidence de Matuku ; quand
se
y arrivèrent, ils trouvèrent qu’il n’y était pas ; mais
la femme qu’ils cherchaient se trouvait dans la maison. Ils
ils
lui demandèrent comment ils
parviendraient le plus aisé¬
leur conseilla de placer
un grand nœud coulant sur le plancher,’et de se cacher sur
ment à s’emparer de Matuku ; elle
les côtés de la maison ; elle leur recommanda
bien de se
garder de le saisir par le col, mais seulement par la taille,
parce qu’il était trop fort pour être saisi dans le premier en¬
droit. Ils entendirent aussitôt qu’il venait, car il faisait trem¬
bler le sol sous ses pas. Il avait sur ses épaules un fardeau
de chair humaine, qu’il jeta à terre en approchant de la
porte. La femme l’appela ; mais, se défiant de quelque ruse,
il dit:
Piro piro haungaunga taku kai, he tangata,
a
Je sens ma nourriture, un homme. ^
Elle lui assura que tout était
bien, de sorte qu’il rampa
aussitôt que sa tète et ses
épaules parurent, ils tirèrept sur le nœud et le saisirent. Ils
coupèrent une de ses mains, mais il leur dit qu’ils ne par¬
viendraient pas à le tuer. Il le leur répétait pendant qu’ils
lui coupaient les membres. Mais dès qu’ils eurent coupé sa
tête, il mourut, et, d’après quelques récits, il fut changé en
butor, oiseau qui porte encore son nom.
Quand il fut mort, les guerriers demandèrent à la femme
comment ils pourraient s’emparer aussi de Witi. Elle leur
dit où ils trouveraient la caverne dans laquelle il vivait; elle
ajouta que s’ils plaçaient unnœud coulant au dessus de cette
caverne, et s’ils faisaient du bruit,le monstre ne manquerait
pas de sortir, pour aller les attaquer, comme il le faisait
chaque fois qu’on allait près de sa demeure. Ils firent comme
on leur avait conseillé, et quand il sortit sa tête, ils tirèrent
sur ses
mains et ses genoux ;
immédiatement sur le noeud coulant et iejtuèrentfacilement.
LES
POLYNÉSIENS.
TRADITION RELATIVE AU
DÉPART DES
331
CANOTS
(1)
émigrer les Néo-Zélandais d’Hapoint encore oubliés. Une tradition rap¬
porte qu’une guerre civile détermina un chef nommé Ngahue à s’enfuir de la contrée : après un long voyage, il tou¬
cha à la Nouvelle-Zélande (2) et retourna à Hawahiki avec
des morceaux de pierre verte, et les os d’un gigantesque
moa tué près de Tauranga, dans la Nouvelle-Zélande. Reçu
par ses parents comme un échappé à la mort, Ngahue fut
pris en haute estime, et, comme d’autres voyageurs, il se ré¬
pandit en récits ardents sur la fertilité du sol de la NouvelleZélande, l’excellence du poisson dans la mer, l’immense vo¬
lume des anguilles dans les rivières et le ' grand nombre
d’oiseaux et de plantes utiles à la nourriture dans les forêts.
Les querelles n’avaient pas cessé quand Ngahue retourna à
Hawahiki, et le, parti vaincu, afin de sauver sa vie, prit
la détermination d’émigrer à cette terre nouvellement dé¬
couverte. D’autres traditions disent que Kupe est le Oristophe Colomb du pays.
Aussitôt que la migration eut été décidée, on se mit à
construire des canots convenables pour un pareil voyage.
D’après quelques traditions, cela eut lieu à Rorotonga. Tous
étaient des doubles canots, nommés : VArawa, le Taïnui, le
Matatua, le Takitumu, le Kurahaupo, le Tokomaru,le Matawhaora, et VAotea; mais il y avait six ou sept autres ca¬
nots dont lesnoms nesontpas venusjusqu’à nous.Tout étant
prêt, les> émigrants mirent à bord des canots des semences
de patate douce, des fruits de karaka, des gourdes, des ta¬
re, des rats, des perroquets, des pukeko, des chiens, et une
grande quantité de fard rouge sacré.
Tous les canots partirent ensemble, et alors qu’ils s’éloi¬
gnaient, un vieux chef leur cria : « Partez en paix, et
«
quand vous aurez atteint l’endroit où vous allez, ne faites
a
Les motifs qui firent
waliiki ne’sont
œ
K
(1) Thompson, the Story., p. 99 et suiv.
(2) Ne pas oublier que ce mot Nouvelle-Zélande signifie unique
ment l’Ile-Nord.
332
«
LES
POLYNÉSIENS.
pas comme Tu, le dieu de la guerre ; partez
«
«
et restez eu
paix avec tout le monde ; laissez laguerre et les querelles
derrière vous.
«
»
Quand la nuit fut venue, une tempête s’éleva, la flotte
trouva dispersée,
se
et chaque canot navigua séparément.
qui sur¬
On se rappelle encore les disputes et les incidents
girent durant le voyage dans plusieurs des canots. La plu¬
part de ces disputes furent occasionnées par les femmes ;
tandis qu’il y avait des discussions pour savoir
si le canot
dirigé « vers le quartier où le soleil brille, ou vers
« cette
partie des cieux où le soleil se couche. ^
Durant le voyage quelques-uns des canots virent des îles
où les canots furent halés à terre, les vieilles coutures étant
relâchées, et les canots réparés.
La flotte d’Hawahiki atteignit la Nouvelle-Zélande quand
le Pohutukaua et le Rata (arbres), étaient couverts de fleurs.
serait
les émigrants, comme
dispersèrent dans le pays.
Pour apaiser l’esprit de la terre de leur usurpation, on dit
des prières. L’une d’elles, faite par un chef d’alors, est en¬
C’était par conséquent dans l’été, et
des survivants d’un naufrage, se
conservée
core
Œ
comme un talisman moderne :
J’arrive où une terre inconnue est sous mes pieds ;
«
J’arrive où un nouveau ciel est au-dessus de moi ;
«
J’arrive à cette terre ;
V
Lieu de séjour pour moi.
I
O esprit de la terre ! l’étranger t’offre
cœur
et de la nourriture.
humblement son
«
captivées par la beauté
pendant que les ca¬
nots côtoyaient le rivage, débarquèrent et s’établirent avant
que les grands chefs descendissent, et d’autres allèrent à
terre pour explorer la contrée.
11 n’y avait aucun être humain sur les îles à l’arrivée
des émigrants. Des conflits qui s’étaient présentés plusieurs
siècles auparavant ont été transformés par la tradition en
combats entre les premiers émigrants et les habitants pri¬
mitifs de la Nouvelle-Zélande ; mais il n’y a rien de vrai
dans ces rapports. Comme les équipages de tous les canots
«
Plusieurs familles des canots,
et la fertilité de certaines haies aperçues
«
LES
POLYNÉSIENS.'
333
débarquaient dans des lieux différents, chaque tribu a une
histoire particulière de ses ancêtres, et plusieurs de ces lé¬
gendes ne manquent pas d’intérêt.
« Le canot Tainui
transporta à la Nouvelle-Zélande les
ancêtres
c^e la puissante tribu actuelle Waïkato, et les na¬
tions de la rivière Tamise. Ce navire toucha d’abord à Wangaparaoa, péninsule dans le golfe Hauraki,près d’Auckland.
Il remonta en pagayant la rivière Tamaki jusqu’à Otahuhu,
et de là il fit le tour du cap Nord.
On toucha à Kaipara et à
ManukaUjSurla côte ouest. Le beau port de Kawhia finit par
décider le commandant à débarquer, et là le canot fut
halé
rivage. Les noms de 23 chefs, venus d’Hawahiki sur
le Tainui sont encore dans la mémoire de la génération ac¬
tuelle de Kawhia, qui montre un rocher de pierre à chaux
sur le
comme
le reste de ce fameux navire. Une tradition dit que
le Tainui fut traîné par-dessus le portage à Otahuhu.
«
Le canot YArawa fut halé sur le rivage à Maketu,
la baie d’Abondance, et le point où cela
dans
fut fait est encore
sacré. L’Araioavit la Nouvelle-Zélande un peu au nord
d’Auckland ; il toucha à la Grande-Barrière, et aux îles
Mercure, et à Tauranga. Quelques-uns des émigrants de
YArawa se fixèrent à Maketu, d’autres à
Rotorua, et de là
s’étendirent jusqu’à Wanganui.
Les naturels sortis de ce
canot passent pour avoir les grandies dispositions au vol de
leur ancêtre Tama-te-Kapua.
Le canot Karakaupo commença par toucher au cap Est
etfuthaléà terre à Tauranga. Ce fut dans ce canot que
vinrent les ancêtres des tribus de la baie de Pauvreté et
les indigènes occupant les pays
la baie des Iles.
o:
environnants et le nord de
Le canot le Mutatua fit terre à Whakatane, dans la baie
d’Abondance, et de son équipage sortirent plusieurs des tri¬
bus de la côte Est. Les descendants de ce canot ont la répu¬
tation de tenir leur parole.
Le canot nommé Aotea était commandé
l’illustre
Turi, et il amena à la Nouvelle-Zélande les ancêtres des
Wanganui. Ce canot, après avoir vu la côte Est de l’ileNord, contourna le cap Palisser, s’avança dans le détroit
«
par
LES POLYNÉSIENS.
334
de Cook et touclia en
plusieurs endroits, long-ea. les côtes
Ouest,et fit terre à Aotea, d’où les colons marchèrent le longdu rivag'e jusqu’à Wanganui. Turi fit une excursion à Wairarapa, pendant laquelle il nomma tous les lieux vus par
lui sur la route.
I
o
Le canot Tokomaru toucha d’abord à la Grande-Barriè¬
re, fit le tour du cap Nord, suivit la côte et entra dans la
rivière Waitara près de Taranaki. Ce fut dans ce canot
qu’arrivèrent les ancêtres de Ati-Awa,
ou
Ngati-Awa de
la côte Ouest. La tradition rapporte que la Nouvelle-Zélande
fut d’abord découverte dans le canot par
chien qui était à bord.
l’aboiement d’un
« Il serait inutile de donner l’histoire
des autres canots.
L’Ile-Nord a été la première peuplée, et, ce qui le
prouve,
c’est que le Sud signifie « en haut »
wp et le Nord, « en bas »
Chaque tribu se rappelle le nom des chefs des
émigrants et quelques-uns de ces hommes ont été déifiés. 11
suffira de mentionner les noms de Tainui, Turi,
Rupe, Manaia, Soturoa, Ngahue et autres pour comprendre dans
quelle haute estime les premiers émigrants d’Hawahiki sont
encore.dans le cœur du peuple. »
D’après Taylor, le Takitumu et VHorouta seraient les
noms différents d’un même canot :
pourtant, les traditions
nomment deux capitaines.
Les capitaines du Mamari et du Moekakara ne sont
pas
désignés.
Le nom du canot de Ngahue n’a pas été conservé.
Shortland (p. 23) ditque tous ces canots, en arrivant à
rile-Nord de la Nouvelle-Zélande, vont aborder le Cap-Est
ou Waiapu.
Les légendes citent encore :
doion.
Auraro-tu-ia ou Riu-o-Maui et Tane-a-Rangi ; ces deux
canots
passent pour avoir été construits par Tutanekai ou
Tutaranaki ;
Taha-tuna; Tairoa; Rima-Rapu ; To-Taria-ka-Ria\ Wi-
ritoa ; Tapatapa-Rukarere;
Toroa-i~Taipakihi; Hakirere',
Mahunu-Awatea. Ces cinq derniers comptaient parmi les
mille canots qui, sous le commandement de Whakatau, allé
LES POLYNÉSIENi3.
rent détruire Tihi-o-Manôno, d’après la
des, ou Whare-Kura, d’après une autre.
Plusieurs autres canots sont
encore
335
plupart des lég’encités ; mais aucune
deslég’endes ne désigne le. nom du canot de UenukU allant
en pagayant de Tuamatua sur l’île Aotearoa. Il en est de
même du canot qui porta Tiki et sa femme Pani, les pre¬
miers qui abordèrent à Aotearoa.
Liste prouvant que
tous les
cités vivaient à
époque.
personnages
peu près à la même
D’après sir Grey,Whakatau-Iliu, ïawhaki et Tuhuruliuru
conséquent dans le
vivaient dans le même temps, et par
même temps que :
Tinirau,
chef qui
habitait Pile Motu Tapu, et prit
pour l’une de ses femmes Hinauri, ou Hine-te-Hiwahiwa ;
elle était la sœur des Maui, et elle lui donna Tu-Huruhuru ;
Kae, grand prêtre de Tihi-o-Manono ou de la tribu Hapai, qui assista au baptême du fils de Tinirau et fut tué pur
ce dernier, parce qu’il avait fait mourir sa baleine apprivoisée;
Tuhuruhuru fut tué par les gens de Kae pour venger
Ce fut à cette occasion que
’Whakatau alla incendier Tihi-o-Manono et tuer toute la
sa mort.
tribu Ati-Apaï qui avait pour chef
PopoROKEWA, dont le fils était marié avec une fille de Tu¬
certaine légende, ou, d’après une autre,
huruhuru d’après
avec
la sœur de Whakatau ;
Rupe, ou Maui-Mua ; c’était par conséquent l’un des
frères Maui ; leur sœur était devenue la femme de Tinirau,
après avoir été celle de Ihuatamai et de Wareware, et d’a¬
bord celle d’Irawaru changé en chien par Maui-Potiki, qui
n’avait pas encore émigré à Aotearoa. Ce Rupe ou MauiMua fait une ascension au ciel comme Tawhaki,et l’on peut
se
demander si ce n’est pas le même personnage.
ÜENUKU. D’après une légende, Uenuku aurait succédé à
Kae. Elle
rapporte que Whakatau serait allé incendier
Whare-Kura.
336
LES
Whiro. C’est
ce chef
teurs de Whare-Kura.
POLYNÉSIENS.
qu’on voulait
élire l’undes direc¬
Hou, l’ennemi de Uenuku et le père de Tama-te-Kapua,
de Whakaturia, de Mako, de Hei et de Tia; il
à Aotearoa sur le canot de Turi.
paraît être allé
Manaia, chef puissant, ancêtre des Ngati-AVa, qui émi¬
gra en même temps que Hou, mais sur un canot ditfé-
rent.
Hoturoa, sur le Tainui, avec Raumatie et une foule d’au¬
tres.
Rata, sur le même canot, dont il était l’un des construc¬
teur. De même pour
Wahieroa, et pour
Parata.
Toto, beau-père de Turi,constructeur deVAtoa et du Ma-
tahorua.
Ngahue, excellent charpentier, qui avait fait un voyage
pas laisser prendre son
jade par Hine-tu-a-Hounga, la sœur de Rata.
Rupe, regardé comme le premier visiteur de l’Ile-Nord
sur le Mata horua ; il
passe pour avoir séparérHawahiki de
cette île en faisant passer la mer entre les deux.
(Détroit
avant la grande émigration pour ne
de Cook.)
Turi, allant le premier se fixer sur cette île à Patea et sur
la rivière Whanganui, après avoir abordé à Aotea sur la
côte Ouest.
Kapo, le prêtre du canot de Turi.
Tuau, le heau-frère de Turi.
NGATORO-i-RANGi,le prêtre du canot le Tainui, attiré par
ruse
dans VArawa par Tama-te-Kapua, son
capitaine.
Ihenga, l’un des chefs de VArawa, qui découvre les lacs
Roto-Iti et Roto-Rua, enchâssant le Kiwi.
Raumati, l’un des chefs du Tainui et probablement l’un
des fils de Uenuku, celui qui incendia VArawa.
Rauru ou Rua-Auru, capitaine du Mata-Atua ;
Rongomai, capitaine du Mahuhu ;
PoROA, capitaine du Ririno ;
Kakiora, capitaine du Tongamaru ;
t
LES
POLYNÉSIENS.
337
Ruaeo, capitaine du Pukea-te-Aa-Nui ;
Ruatea, capitaine du Kurahaupo ;
tJE.^^AGA-PuANAKI, Capitaine du Takitumu ou Orouta ;
Rakiwanangaoka, capitaine du Fangatoru ;
PuATAUTAHi, Capitaine du Motu~Motu-Ahi ;
Tama-te-Arokai, capitaine du Rangi-na-Mutu ;
Mawhakiroa, capitaine du Waka~Ringaringa ;
Et divers autres.
Kupe.
Tous les Maori reconnaissent
Kupe comme le premier
qui ait atteint ITle-Nord de la Nouvelle-Zélande dans le
Maia-o-Rua ; il débarqua à Wanganui-a-te-Ra, d’où il alla
jusqu’à Patea. Puis, étant revenu à Wanganui-a-te-Ra, il
retourna à Hawabiki.
Oe fut lui
en
qui ouvrit le détroit de Cook en coupant l’île
Nouvelle-Zélande d’Hawahiki qu’on
deux ; il sépara la
dit avoir été unie d’abord entre elles.
11 nomma l’Ile-Nord Aotea-Toa. Taylor
dit en note (1) ;
Quand la flotte de six canots, sous Turi, alla prendre im¬
«
médiatement possession de cette nouvelle terre, on nom¬
ma l’Ile-Nord Aotea-Roa et la Grande Barrière Aotea-Iti. »
D’après lui, Kupe est pour les indigènes le Christopbe-
Colomb de la Nouvelle-Zélande.
Dans une tradition, le capitaine duMatahorua, qui décou¬
vrit des nouvelles contrées, est appelé
ne
Reti ; mais ce nom
reparaît plus : il est probablement le même que Kupe, ou
du moins l’un des noms de cè chef.
S’il est vrai que c’est Turi qui a donné le nom de Wanganui à la rivière que l’on dit avoir été découverte par lui,
Kupe n’a pu l’appeler ainsi ; mais on comprend qu’il ait
appelé nie Aotea-Roa : Aotea, l’orient, roa, lointain,
grand.
Toujours est-il que Kupe était du même pays que Turi,
puisqu’en revenant de son voyage, il se ^trouvait dans la
(1) Te Ika a Maui, p. 124.
IV
22
t
338
LES
POLYNÉSIENS,
que Turi allait laisser. La lég’ende dit
d’ailleurs textuellement : « Kupe laissa là ses marques dans
même rivière
le détroit de Cook et retourna dans son pays, où
il trouva
que Turi et tout son peuple vivaient encore, quoique quatre
ans se fussent écoulés depuis la mort du
pe|it Hawepo-
tiki. »
(1).
Dans la version rapportée par Grey, Kupe était cousin d’Ho-
turapa, qu’il fit noyer pour pouvoir enlever sa femme et fuir
D’après celle de Taylor, Kupe
s’éloigna que pour aller à la recherche de sa femme Ku~
ramarotini qui avait été enlevée par son plus jeune frère
Hoturapa.
Voici ce que Taylor dit de Kupe (2) :
« La
première personne qui aborda à la Nouvelle-Zélande
(lui aussi dit Nouvelle-Zélande pour l’Ile-Nord seulement)
est, d’après tous les indigènes, Kupe ; il y arriva dans le
canot Mata-o-Rua [Matahorua de Grey), et débarqua à
Wanganui-a-te-ra (Port Nicholson). Il allait à la recherche
de sa femme Kura-Marotini qui avait été enlevée par son
jeune frère Hoturapa.
De là il alla jusqu’à Patea, où il entendit le cri du Kokako
dans l’intérieur, cri qu’il prit pour celui d’un homme : « On
dirait que c’est une voix d’homme : » Huanoa he reo te
tangata, s’écria-t-il ; et il envoya voir ce que c’était ; mais
on ne put rien trouver. Ne voyant rien, il planta un poteau
dans l’endroit, puis retourna à Wanganui-a-te-ra, et, de là,
à Hawahiki, où il demeura : d’où ce dicton :
avec
elle sur leMatahorua.
ne
Hoki Kupe, e kore ia
(£
hoki mai.
Après être allé dans ce pays, Kupe ne voulut point y
retourner.»
Plusieurs travaux extraordinaires lui sont attribués, tels
que d’avoir séparé les deux îles et formé le détroit de Oook,
et d’avoir également séparé la Nouvelle-Zélande d’Hawahi-
ki auquel,
dit-on, elle était d’abord unie.
(1) Grey, p. 210.
(2) Ouvr. cité, p. 116.
^
LES
POLYNÉSIENS.
339
Nga-Hui (1).
Ng-a-Hui vint d’Hawaliiki à la suite d’une querelle entre
poisson) et le Pounamu qui avait son ori¬
gine dans citte île. 11 atterrit sur la côte Est, à Wangaparau
et alla à Tauranga; et, de là, à Wairere et à
Taupo. Il passa
alors à Kapiti, Arapawa, et à Arahura,
près de Wakatupa ;
quand il atteignit cet endroit, il obtint lé Pounamu (pierre
verte), dans un état inanimé, et là, il s’empara du Kaukaumatu et du Tukurangi. De là il retourna aux
montagnes
le Mata (nom d’un
Arawa, où se trouvaient des Moa, à la cascade; il en tua un
et l’emporta dans un Talia
(panier en écorce). Il retourna à
Hawahiki, et apprit aux chefs d’Hawaliiki, Tama-te-Kapua
Ng‘atoro-i-Rangi, et Hotu-Roa, combien était beau le pays
appelé Aotea-Roa, « la grande contrée ». Ceux-ci lui dirent :
Comment pourrons-nous y passer? » Il leur répondit: « Il
faut construire des canots. » Les canots furent commencés :
le premier, VArawa ; le second, le Tainui ; le troisième l’A^
otearoa ; le quatrième,le Takitumu ; le
cinquième le Kurahaupo ; le sixième, le Tongamaru. Tous partirent en même
temps d’Hawahiki. Quand ils étaient occupés à placer le
haumi, ou portion de la poupe du canot, qui est une pièce
séparée appliquée sur l’extrémité, ils tuèrent par accident
le fils de Manaia, qui se nommait Tutenana-hau ; à cause de
cela, les constructeurs des canots songèrent à se hâter de
les terminer le plus tôt possible, pour pouvoir
partir avant
qu’on ne s’aperçût de son absence. Comme c’était le fils d’un
chef et qu’il avaitl’habitude d’aller çà et là visiter ses
amis,
et de rester quelquefois dix jours absent,ils
pensèrent qu’on
ne s’inquiéterait
pas pendant quelque temps. C’est pourquoi
ils se hâtèrent, et quittèrent Hawahiki,
après l’avoir en¬
terré près de l’endroit où ils avaient construit leur canots.
Houmai
Tawhiti.
Père de Tama-te-Kapua, de Mako, de
Hei, de Tiae.
Il fait un voyage à Aotearoa et nomma tous les lieux de-
(1) Taylor, p. 120.
340
LES
POLYNÉSIENS.
puis la rivière Wang-anui-a-te-Ra, dans le détroit de Cook,
jusqu’à Wairarapa (1), maisil retourne presque aussitôt dans
son pays.
Ce voyage est probablement antérieur à celui de Turi, ou
très peu postérieur, peut-être du même temps. ,
Il devait habiter non loin de l’endroit habité par Uenuku,
puisque ce dernier et Toi-te-Whatalii tuent son chien qui
avait mangé la suppuration d’un ulcère du grand prêtre
Uenuku : d’où la facilité pour Tama-te-Kapua et pour son
frère, d’aller chaque nuit en cachette, pour se venger de
Uenuku, manger les fruits de son beau Poporo {Solanum
lacinatum). La légende apprend d’ailleurs que les deux
tribus étaient parentes et qu’elles descendaient de TamateaKai-Ariki.
Mais Houmai, voisin comme Turi de Uenuku,
devait de¬
à celui habité par Turi.
fils Whakaturea moururent
après la victoire remportée par eux sur la tribu de Uenuku.
D’après le chant de Rangitakoru, cité par Taylor (p. 139),
meurer
du côté opposé
M. Grey dit que Hou et son
Hou
se
trouvait sur le
Kura-Hawpo, quand il passa avec
l’Aotea, le canot de Turi. Il serait donc allé, s’il
fallait ajouter foi à ce chant, en même temps que Turi, et
revenu pendant que Turi restait, à Patea, dans le détroit de
Cook. Une légende dit en effet que lui et Uenuku, qu’elle
nommait, sont revenus en Hawhiki nécessairement avant le
départ de la grande émigration, puisque Uenuku fut tué en
Hâwahiki par Tama-te-Kapua, le fils de Houmai,au moment
du départ de cette émigration.
Rien de plus difficile d’ailleurs que de comprendre le texte
de ce chant. Nous avons accepté l’interprétation deM. Tay¬
lor ; puisque les enfants d’Hou faisaient partie de l’équi¬
page de VArawa et qu’il n’est pas parlé d’Hou, il est
probable qu’il fit partie de l’équipage du Kurahaupo,
l’un des canots que les légendes citent parmi ceux de la
grande émigration.. Il était mort au départ de cette
émigration, d’après une autre légende, de sorte qu’il a été
sa fille sur
(1) Tavlor, p. 140.
LES
341
POLYNÉSIENS.
préservé ainsi d’une nouvelle émigration. Ce qui nous fait
adopter la tradition de Taylor, c’est que, comme
Turi, Hou était l’ennemi de Uenuku, et il était tout naturel
qu’il partît avec Turi plutôt qu’avec tout autre. Il n’est pas
moins à remarquer par ce fait encore que le retour en Ha-
le plus
wahiki était facile.
Uenuku.
C’était un grand-prêtre. Il habitait Tune des parties de la
grande maison commune appelée Whare-Kura où se ras¬
semblaient, pour traiter les affaires, les chefs des différentes
tribus associées.
Cette maison n’était pas éloignée de
celle de Turi, puis¬
qu’un jour, en sortant de chez elle, la femme de ce dernier
put entendre les menaces que faisait Uenuku dans WhareKura, menaces qui s’adressaient à son mari ; puisque, un
autre jour,Turi fit jouer tous les
enfants de la tribu sur une
place dans le but d’y attirer le fils de Uenuku qu’il voulait
tuer pour venger la mort du fils de son parent que Uenuku
avait tué et mangé ; puisque, plus tard, en faisant baigner
les enfants de sa tribu dans la rivière Wai-ma-tu-i-Rangi,il
qu’il tua et man¬
ceux-ci envoyaient à son
père, qui le mangea sans le savoir, le cœur de son fils coupé
réussit à y attirer le jeune fils de Uenuku,
gea avec ses amis, pendant
en morceaux
que
et tout préparé.
La légende citée par
sir Grey appelle la rivière Waima-
Tu-i-Rangi ; mais les cartes de la Nouvelle-Zélande ne ci¬
tent pas de rivière de ce nom ; elles désignent cependant au
moins trois rivières nommées Waïma ; l’une sans épithète,
sur la côte Ouest et les deux autres sur la côte Est.. L’une
de ces dernières est appelée Waïma-Kariri, près de la pres¬
qu’île de Banks ; l’autre Waïma-Taitai près de Moerangi.
La position occupée par Uenuku, en Hawahiki, était telle
qu’il y avait d’autres tribus que la sienne, dans trois direc¬
tions différentes ; au Sud et au Nord,d’abord ;puis il cite dans
les autres les Ngati-Rua-Nui et les Ngati-Rongo-Tea. Or,
comme les Ngati-Rua-Nui formaient une tribu qui occupe la
842
LES
POLYNÉSIENS.
côte Ouest de l’Ile-du-milieu, il faut en conclure, dans la
supposition que l’Ile-du-Milieu est rHawahiki des traditions,
que Uenuku habitait la côte Est, soit à la presqu’île de Banks,
soit à Moerangi, près d’Otago. De la sorte,
quel que fût le
lieu,il aurait eu en eflet des populations au Sud pt au Nord;
mais dans le premier câs, les Ngati-rua-nui auraient été
placés, par rapport à lui, dans le Sud-Ouest.
Pour diverses raisons qui ont été exposées ailleurs, nous
sommes porté à croire qu’il demeurait non loin du lac Waiora (presqu’île de
Banks).
Les tribus de Uenuku et de Hou descendaient
l’nne et
l’autre de Tamatea-Kai-Ariki.
Hine-Tu-a-Hoanga habitait le même lieu, ou près de Ue¬
nuku, puisque ce fut parmi les présents de nourriture en¬
voyés par elle au grand-prêtre Uenuku que les amis de Turi
glissèrent le cœur du petit Hawbe-Potiki. Comme HineTu-a-Hoanga était la sœur de Rata, Ngabue devait être du
même endroit, puisque ce fut elle qui le força de
peu de temps avant la grande émigration.
Dans un curieux fragment de tradition sur
s’expatrier
Ware-Kura,
M. Taylor rapporte que Wbakatau alla mettre le feu à ce fa¬
temple, alors que Uenuku en était l’un des chefs.
Comme toutes les autres légendes disent que Wbakatau alla
meux
incendier Tibi-o-Manono, pour venger la mort de Tuhuruburu, on doit se demander si Ware-Kura n’était pas la
même maison que celle appelée Tihi-o-Manono. Dans ce cas
Uenuku aurait été, semble-t-il, le successeur de Kae.
Uenuku était si renommé pour sa sagesse que
avaient le proverbe suivant :
—
les Maori
Haere e wai i te waewae o Uenuku, kia ora ai te
tangata.
« En allant aux
pieds de Uenuku, la vie d’un homme
être sauvée », c’est-à-dire qu’il savait donner de bons
seils pour se préserver du danger.
peut
con¬
D’après une courte citation faite par les légendes, on voit
que Uenuku alla lui-même, « en pagayant », jusqu’à Aotea-
roa,mais qu’il n’y resta qu’un instant etrevint aussitôt après
en
a
Hawabiki. Certaines données font supposer
été fait peu après celui
que le voyage
entrepris par Turi, qui semble
LES
343
POLYNÉSIENS.
avoir été accompag-né par Hou ; celui-ci retourna en Hawahiki, où il mourut avant l’émigration de ses enfants Tama-
te-Kapua et autres.
La mort de üenuku précéda
de peu le départ des émi¬
grants ponriAotearoa; elle est attribuée à Tama-te-Kapua,
qui se servit, pour le tuer, de la hache Tutauru faite, ainsi
qu’une autre, avec la portion de jade rapportée par Ngahue.
Manaia.
l’ancêtre des
femme la
sœur de Ngatoro-i-Rangi; d’après une autre, de Rongotiki.
Il émigra en même temps que VArawa, le Taïnui, etc.,
sur le Tokomaru, d’après sir Grey ; mais d’après Taylor, le
Chef puissant et renommé fut, d’après Grey,
Ngati-Awa. D’après une légende, il avait pour
Tokomaru aurait été commandé par
avait pour équipage des
Rakeora. Ce bateau
Ngati-Rua-Nui, des Ngati-Tama,
des Ngati-Motunga, des Ngati-Awa.
Manaia périt en allant, pour se venger de son
à Motiti, dans la baie d’Abondance.
Le lieu qu’il habitait en Hawahiki
Ka-Papa.
beau-frère,
était appelé Whaitiri-
Celui où sou beau-frère débarqua, en venant venger l’in¬
sulte faite à sa sœur, s’appelait Tarai-Whenua (1).
Deux combats l’ont rendu
célèbre, celui de Kirikiwawa
(palissade en peaux), et celui deRotorua. Rotorua estuii lac
de rile-du-Milieu aussi bien que de l’Ile-du-Nord. Ce lac gît
dans le Nord-Ouest de Kai-Koura, à mi-distance à peu près
de Tauranga (Cap Foolwind), et de Waiharakeke, rivière
près du mont Tako.
Si Ware-Kura se trouvait en Taraï-Whenua-Kura, Manaia
n’habitait donc pas loin, et Whiro non plus, avec ses en¬
fants, Marama-Nui-o-Hoto, Tainui-o-Aitourou-Atea, et Monoa.
D'après Grey, Manaia émigre après s’être,vengé
C) Il résulte d’un passage de Taylor à propos
que cette maison était
àTarai-Wlienua-Kura.
de l’in-
de Whare-Kura,
344
LES
POLYNÉSIENS,
suite faite à sa femme, en tuant Tupenu et ses gens
étaient venus pour faire des lances à Manaia.
Ce fut
qui
rivage de Pikopiko-i-Whiti que Tupenu
Manaia.
Dans un chant attribué à Rata pour le lancement du ca¬
not le Taïnui, il est parlé des détours d’un chenal, d’une ri¬
vière Pikopiko-i-Whiti, ce que Shortland a considéré comme
un nom d’homme, à tort
peut-être.
sur
le
fut pris et tué par
Les mots Waikorora sont cités par Manaia dans son im¬
précation contre sa femme, et un nom presque analogue, si¬
non
le même mal entendu, est donné à une rivière Kaiko-
rai, entre les îles Blanche et Verte, près de Waiota, au sud
du cap Saunders (Otago).
Mais il y a aussi une rivière d’un nom
qui s’en rapproche
peut-être plus, Kararoa, près de la rivière Grey ou Mauhora, entre le cap Foolwind, la rivière Waima et Arahura. Quand on se rappelle que Manaia s’est rendu célè¬
bre par un de ses combats près du lac Rotorua
qui n’est
pas éloigné de la rivière Kararoa, il semble naturel de croire
qu’on a voulu parler de cette rivière, plutôt que de l’autre.
Tradition concernant le Taïnui (1).
Cette tradition est traduite d’un manuscrit écrit
par Ngapora, le représentant vivant de l’un des hommes de ce ca¬
not, et le proche parent de Te-Whero-'Whero, qui est peutêtre le plus grand chef actuel de la Nouvelle-Zélande.
«
Les premiers canots qui partirent pour la Nouvelle-Zé¬
lande étaient nommés Te-Arawa,
Kurawaupo, Mata-Atua.
Suivant le récit de Papa, quand les trois canots mirent à la
voile ils laissèrent derrière, avec toute sa division de
tribu,
un chef nommé
tion des canots.
Rata, qui était très habile dans la construc¬
Papa ne pouvait pas dire si c’était d’Hawahiki ou de quel¬
que autre île que les canots étaient partis.
Rata étant laissé de l’arrière, se décida à construire uu
«
(1) Shortland, p. 3. M. Shortland doit la copie de ce manuscrit à
M. W. Martin, chef de la Justice à la Nouvelle-Zélande.
LES POLYNÉSIENS.
345
canot pour sa tribu. C’est pourquoi il alla un matin chercher
arbre qui pût remplir son but. En ayant trouvé un, il
retourna dans la maison et se coucha pour dormir. Au jour,
un
le lendemain, il prit sa hache de pierre et après un
vail l’arbre tcmba.
fort tra¬
Dans le même moment, deux
rent ; l’un
petits oiseaux se montrè¬
d’eux était un oiseau appelé Popokotea {Orthor-
nyx heterociltus) ; l’autre un Pihipihi
(espèce d’hirondelle) ?
présage, provenant de quelque faute
commise par Rata par sa manière de faire ce travail ; ce¬
pendant, il retourna à sa maison sans s’en préoccuper beau¬
coup et se coucha pour dormir comme d’habitude.
C’était un mauvais
De bonne
heure, le lendemain matin. Rata sortit pour
aller travailler à son canot; mais il n’eut pas plus tôt atteint
le point où il avait laissé l’arbre qu’il
vit cet arbre debout,
qu’il revint à la
maison et dit à sa sœur (1) comment il avait trouvé l’arbre,
qu’il avait abattu le jour précédent, tout droit dans la même
place.
a De
quelle manière as-tu abattu l’arbre ? » lui demanda sa
comme il l’avait d’abord
trouvé. De sorte
sœur.
Dès que j’ai été sur le lieu où il croissait, répliqua Rata,
j’ai commencé par trancher son tronc ; et, après, je l’ai
fait tomber, et j’ai coupé son sommet, puis je suis revenu
à la maison. » Il lui dit aussi qu’il avait vu les deux oi¬
«
Œ
«
«c
seaux.
«
Tu as mal travaillé, dit sa sœur; quand tu y retourneras,
«
tu devras frotter ta hache sur moi. D’abord tu feras
«
de Taiguiser ;
«
me
bien
et alors, quand tu arriveras à l’endroit, tu
toucheras avec elle, et tu te mettras à abattre l’arbre.
Rappelle-toi aussi, quand l’arbre tombera sur le sol, de
jeter sur son extrémité quelques branches de la fougère
appelée panako. »
Cette coutume existe encore aujourd’hui; la racine de
fougère est employée pour toucher la première hache dont
on se sert pour abattre un arbre destiné à faire un canot.
a
4
«
•c
Rata retourna et abattit l’arbre comme le lui avait dit sa
(1) Cette sœur était sans nul doute Wahine, .4riki de la tribu
346
LES
POLYNÉSIENS.
l’instant où il tombait, il jeta quelques branches
aussitôt à façonner l’exté¬
rieur du canot, en aplanissant la surface supérieure ; après,
il creusa le fond ; et quand cela fut fait, le canot fut couvert
sœur, et à
de fougère sur le tronc. Il se mit
d’un côté.
O
Maintenant il arriva un jour que la nourriture préparée
«
pour les travailleurs étant restée sans gardieu, un petit gar¬
çon nommé Kowhitinui découvrit l’endroit où
elle se trou¬
vait, et mangea les meilleurs morceaux. Rata n’avait pas
oublié cela, et il se demandait quel moyen il prendrait
pour le punir.
« Le
jour de mettre une tente sur le canot étant venu,
il
appela l’enfant pour tirer sur la corde employée dans ce but.
L’enfant fit ce qu’on lui ordonnait, car c’était un garçon
avancé.Il tira sur la corde comme un homme plus âgé.
Passe cela sur ta tête, dit Rata, en faisant une boucle à
«
l’extrémité de la corde.
Le pauvre enfant le fit. Mais aussitôt que la corde eût
été passée autour de son cou. Rata tira la corde fortement et
«
l’étrangla. Après il cacha son corps sous les copeaux du ca¬
not.
JC
Quand enfin le travail de la forme extérieure du canot
fut complète, et que le moment
venu,
de le traîner à l’eau fut
tous les hommes de la tribu furent assemblés; le
père de l’enfant se trouvait là aussi. Mais personne ce¬
pendant ne savait que l’enfant était mort ; on supposait
seulement qu’il était perdu. Avant de se mettre à l’ouvrage,
les plans furent d’abord dressés, et il fut convenu que le
chargement serait mis à bord du canot dès qu’il serait à
l’eau; après cela, l’équipage devait s’embarquer sans délai.
L’équipage se composait de 140 hommes. Le chef se nom¬
mait Hoturoa, et le
canot Taïnui,
Tout étant convenablement arrangé,
Rata se leva; il
chanta une chanson comme on le fait pour mettre un ca¬
not à l’eau en le traînant.'Aux dernières paroles de la chan¬
«
son, le canot fut lancé à la mer.
Alors,pour la première fois, Rakataua, le père de Kowhitinui, apprit par quelques-unes des paroles de la chanson
ce
LES
POLYNÉSIENS.
347
de Rata quelle avait été la fin de son fils. Rakataua était un
homme d’une grande
chantements et les
puissance en sorcellerie, dans les en¬
sortilèges ; on le craignait par consé¬
quent beaucoup. Quand il alla à la recherche du corps de
fils, chacr?n s’écria : « Maintenant, hâtons-nous de partir
et laissons l’homme derrière. ■» Cela dit, ils sautèrent tous
son
Œ
à bord.
était appelé Hoturoa ;
après lui venait Taiketu ; puis venaient Mania-o-Rongo, Aoo-Rongo, et Te Taura-Waho, qui se tenaient tous à l’arrière.
Au milieu, où l’eau est vidée, était Potukeha, et sur l’avant ou
nez, était un certainprètre, dont je ne connais pas le nom, de
même que Rata et Hine(l),la femme qui lui apprit comment
il fallait faire pour couper l’arbre. Les provisions mises à bord
consistaient en kumara ou patates douces, gourdes, racines de
convolvulus et de mawhai, ce qui était toute la nourriture
qu’ils avaient pour le voyage. Bientôt Rakataua revint,mais
le canot était déjà à quelque distance, et l’équipage nageait
aussi fort qu’il le pouvait.
Ramenez le canot pour moi, cria Raka. »
Mais le canot ne revint pas, de sorte que le cœur de
«t
Le chef, ai-je dit précédemment,
«
Œ
Raka devint noir de colère, et il charma rembouchure de
la rivière et la ferma. Avant cela elle était
grande ouverte ;
mais dès qu’elle eut été charmée elle se trouva fermée.
Alors, sur l’avant du canot, le prêtre, dont le nom est ou¬
blié, la charma aussi ; et l’embouchure de la rivière s’ouvrit
de nouveau, et le canot arriva à la mer, et fit voile dans cette
(t
eût atteint la Nouvelle-Zélande.
faite fut Wangaparaoa, où le canot
fut fortement arrêté par un banc d’huîtres. Le prêtre, ce¬
pendant, l’avait fait naviguer très vite pendant la traversée.
Après avoir quitté Wangaparaoa, il alla aborder de l’autre
côté d’Otahuhu, à l’endroit encore appelé Te Apunga-o-Tainui, « le lieu de débarquement du Taïnui ». Mais sitôt qu’il
toucha le rivage, on vit Rakataua sur la côte. Il était venu
direction jusqu’à ce qu’il
«
La première terre
(1) Hine est une contraction de Hine-lu-a-Hoanga, « Femme étant
à la place d’une pierre à aiguiser ».
348
LES
POLYNÉSIENS,
(monstre marin).
de la contrée n’avait cependant jamais été
liabitée ; car les autres canots que j’ai mentionnés avaient
abordé sur des points différents de la côte.
Après qu’il eût été traîné par-dessus risthme étroit qui
sépare les eaux de ïamaki de l’eau de Manuka, le Tainui
dépassa l’entrée de cette rivière, et long’ea la côte vers le
Sud jusqu’à ce qu’il arrivât par le travers de la rivière Waikato. En voyant cette rivière couler dans la mer, le prêtre
s’écria waikato ! waikato kau ! « (eau courante, rien que
de l’eau courante.) » Il dit cela en plaisantant, et en même
temps agita sa pagaie en l’air. Alors qu'ils passaient le long
du rivage appelé Te Akau, il s’écria ; « Ko te akau kau !
ce n’est que plage. » Et quand ils arrivèrent devant Kawhia, il l’appela Kawihia-kau ; « rien que deskawbia. n (1)
Ils débarquèrent dans cet endroit ; mais là aussi Raka
était arrivé avant eux. Ceci n’est pas une fable, mais plutôt
une histoire
reposant sur un fait. »
Kawhia est toujours resté depuis dans la possession des
descendants de quelques-uns des hommes de l’équipage de
ce canot qui forment une tribu appelée,
d’après cela, Ta'inui,
à travers l’océan sur le dos d’un Taniwha
«
Cette partie
a
«
et leur chef actuel. Te Kanawa est descendu directement de
l’un de ceux qui les premiers mirent le
velle-Zélande.
pied dans la Nou¬
Cette tribu, aussi bien que toutes les tribus, au nombre de
plus de 25, qui sont comprises sous le nom de Waikato,
sont sorties des émigrants du Tainui. De la même source
sont dérivées les tribus qui habitent maintenant Hauraki,
ou rivière Tamise : particulièrement les Ngati-Maru,
les
Ngati-Paoa, les Ngati-Tamatera, et les Ngati-Wlianaunga,
qui descendent des fils de Mara Tuahu, qui émigra de Ka¬
whia. Ajoutez les deux principales tribus qui résident main¬
tenant sur les bords du détroit de Cook, les Ngati-Tûa, qui
émigrèrent récemment de Kawhia sous Rauparaha et
les Ngati-Raukawa qui émigrèrent de Maunga-Tautari,
(1)11 faut remarquer quG Kawhia avait été nommé par Turi et que
cent fois dans les traditions les mêmes faits sont attribués à des per¬
sonnages difiérents.
349
LES POLYNÉSIENS.
dans le district de Waikato, vers le
aurez
même temps, et vous
presque un tiers.de la population de la Nouvelle-Zé¬
lande, comme descendant de l’équipag-e du Tainui. On ob¬
serve
parmi ces tribus une g’rande similimde de dialectes et
d’idiomes.
^
Quant à l’origine des
indigènes qui vivent plus au Nord,
et Rarawa, les premiers
sont aussi, je pense, descendus de
et sont compris sous les titres de Ngati-Whatua, Nga-Puhi,
l’équipage du Tainui. Mais les Ngati-Puhi et Rarawa ont
la même origine que les Ngati-Kabu-Unu-unu, qui habitent
du cap Est au détroit de Cook.
les districts qui s’étendent
Chant attribué à Rata pour le
Tainui.
Rata. Or O oro te tohi.
Ka Hine-iu-a-Hoanga.
lancement du canot le
Aiguisez, aiguisez la hache.
Sur Hine-tu-a-Hoanga.
Non c’est moi Rata.
Kaore ko au, ko Rata.
Qui vais suivre (chercher)
E kimi ana.
Dans la rivière
I te awa,
Les passes pour sortir,
I pikopiko.
I Whiti.
A cause de “Whiti,
Mate iho ana.
Lei Maunagroa.
Mate mai ai.
Qui est mort (vient d’être tué).
C’est dans Maungaroa (ouest).
Que sera mort.
Kowhitinui.
■Kowhitinui.
Ka oho te nuinga.
Tous.
E ta tau a rangi.
C’est
Ka oho a Rata.
Rata.
Mate ia Rata Wahieroa.
Il a été tué par Rata Wahieroa.
vrai, ou mieux le ciel l’a
voulu, tu l’as tué,
Katahi Ka mahio te matua Pour la première fois, le père de
.
Kowhitinui apprit par ces pa¬
roles la mort de son fils.
nuinga.
E tatau a rangi.
Ka oho
ano te
Tous.
C’est vrai, tu l’as tué ou
etc.
mieux,
350
LES
Ka oho
ano a Rata.
POLYNÉSIENS.
Rata.
Aki e rie ria.
Allons ! ensemble !
Te nuinga.
marquer la mesure.
Tous, ensemble.
Aki e rie ria
Allons ! ensemble
Ratu
Un dernier effort.
;
ahi ori.
Ka marere te waka
paroles pour
Le canot fut alors mis à l’eau.
Il semblerait résulter de la
d’orthographier les
comme marquant la
manière
mots e rie ria que Shortland indique
mesure, que deux personnes auraient été tuées avant le dé¬
part du Taïnui. Ce qu’il y a de plus particulier, en effet,
c’est que les traditions citent deux noms différents ; elles
diffèrent même quant à l’auteur de la mort.
Ainsi, Shortland apprend que le petit Kowhitinui était
fils du grand-prêtre Rakataua, et qu’il fut étranglé
par Rata,
parce qu’il avait mangé les meilleurs morceaux des mets
qui lui étaient destinés. Tous les écrivains anglais, et par¬
ticulièrement Grey et Taylor, donnent à cet enfant la qua¬
,
lité de fils de Manaia. Ils diffèrent seulement eux-mêmes
sur l’auteur du meurtre.
Grey l’attribue, comme Shortland, à Rata. Voici ce qu’il
dit à ce sujet ; « Quand les hauts côtés (la
coque) du Taï¬
nui eurent été amarrés. Rata tua le fils de Manaia et le ca¬
cha sous les copeaux et autres débris de ce canot.
Dans la traduction de la légende de
»
Ngahue rapportée
révérend Taylor, il est dit seulement : « Pendant
qu’on était à placer la dernière partie du canot, les ouvriers
tuèrent par accident le fils de Manaia,
qui s’appelait Tutenaliuhau ; ils l’enterrèrent sous les
copeaux, et hâtèrent
leur départ avant qu’on ne s’en
aperçût. »
Mais Taylor ajoute : « Une autre version dit
qu’il fut tué,
avec intention, par
Hoturoa, parce qu’il s’était moqué de
son travail pendant
qu’il construisait son canot et qu’il l’en¬
terra sur les lieux en recouvrant son
corps avec des co¬
peaux. B Puis plus loin : « Peu après le départ des canots d’Hawahiki, on se mit à chercher le jeune enfant de Manaia, Tutenangahau, mais sans pouvoir découvrir ce qu’il était de¬
venu, jusqu’au moment où Tuparaunui, grande mouche et
par le
LES
POLYNÉSIENS.
351
ancien dieu, conduisit à cette découverte par ses bourdon¬
nements incessants sur le lieu où il se trouvait. »
Tradition relative a l’Arawa (1).
Pendant que j’étais à Maketu,
dans la baie d’Abondance,
en qualité d’agent
politique, nommé protecteur des indigènes, j’ai obtenu des
détails circonstanciés sur le voyage da canot VArawa, et
l’histoire de son équipage et de ses descendants.
Une fois je fus invité à aller écouter une grande réunion,
composée de quelques-uns des principaux personnages de
où j’ai résidé durant plusieurs années,
la tribu, enfants de VArawa, comme ils
s’appellent eux-
mêmes, et parmi les sujets en litige, il y en avait un tou¬
chant leurs prétentions à la terre habitée par eux et à l’île
Motiti qui n’en était éloignée que de quelques
milles. Cette
île, à une certaine époque, était tombée dans les mains
d’une autre tribu, puis elle avait été, reprise, et maintenant
elle était une terre en litige, sur laquelle aucun parti
n’osait aller s’établir. Afin d’expliquer le plus
claire¬
ment possible comment ces débats s’étaient élevés, ils con¬
vinrent de remonter à leur plus ancienne histoire, et de la
suivre pas à pas jusqu’au jour présent. La personne choisie
pour porter la parole était un vieux prêtre, nommée Tatahau, et j’avais à mon côté un missionnaire indigène, le fils
de Te Amohau, l’un des grands hommes de la tribu, qui
m’aida à prendre des notes sur ce qui était dit.
Le récit présente d’un bout à l’autre des détails si vraisem¬
blables, que je préfère les donner dans la traduction litté¬
rale de leurs paroles. Plus tard il a souvent été lu aux na¬
turels de Waïkato et de Tauranga, qui auraient volontiers
signalé un exposé inexact, mais qui, au contraire, ont trouvé
généralement qu’il était correct. J’ajouterai que les paroles
de « l’Enchantement » de l’ancien prêtre nommé Ngatoro-iRangi, étaient si bien connues que, lorsque je commençai à
land, ouvr. cité, p. 11.
352
LES
POLYNÉSIENS.
les lire, je fus interrompu par mes auditeurs qui se
les chanter jusqu’au bout.
mirent à
Récit du voyage de VArawa. — a Ecoutez
clqnc tous Waïkato, vous tous Naitirangi, quel titre j’ai à ma terre de Ma-
ketu ; comment mon canot l’Araïua vint ici et aborda àWa-
ketu. Le point où mon canot toucha le rivage, à l’entrée de
la rivière, est mon bien, ma terre. Ne touchez
pas à ma terre:
Maketu est à moi; Motiti m’appartient : car, ce fut Ngato-
ro-i-Rangi qui gagna la bataille de Motiti, la bataille des
Maikukutea.
Un arbre avait un gros tronc, et il
avait dix branches.
Une des branches fut coupée et creusée pour faire un canot
à Hou, à He, à Tia et à Te Ma-te-Kapua. Oes noms étaient
ceux des chefs du parti
qui embarqua dans le canot. Et le
canot se nommait VArawa.
Alors il arriva,
après qu’ils eurent mis à la mer d’Hawahiki, et pendant qu’ils cinglaient sur l’Océan, que l’équipage
se trouva dans la plus grande
perplexité, parce que il n’y
avait à bord aucun prêtre pour charmer leur canot, et le
mettre à même de naviguer pendant les coups de vent. De
sorte qu’ils tinrent conseil pour savoir comment ils feraient
pour avoir un prêtre pour leur canot ; et ils allèrent cher¬
«
cher Ngatoro-i-Rangi. »
(Ceux qui me donnaient ces renseignements à Maketu ne
savaient pas comment et d’où ils avaient obtenu Ngatoro-i-
Rangi, mais plus tard, j’ai appris des naturels de Waïkato,
que le prêtre Ngatoro-i-Rangi appartenait à leur canot
Taïnui, et que l’équipage de VArawa l’ayant invité à venir à
bord de leur canot pour les aider, par son habileté et ses
enchantements, à boucher une voie d’eau, n’avait pas voulu
le laisser partir).
«
Ayant pris Ngatoro-i-Rangi à leur bord, ils firent voile
devant eux sur la grande mer jusqu’à leur arrivée à terre à
Whangaparaoa. Là, Taïninihi jeta à la mer son Kura (orne¬
ment de tête en plumes
rouges). Il le jeta à la mer, aussitôt
qu’il eut vu les fleurs rouges du Rata [Metrosideros robusta^
LES
POr.YNÉSIENS.
353
lequel fleurit eu février). Le Kura fut ramassé par iMaliiria,
d’où l’expression proverbiale : Kura pae a MaJiina,
Pendant que l’Araioa était à la mer, Te Mate-Kapua com¬
mit un adultère avec la femme de No-atoro-i-Rangi ; Kearoa
était son nom. C’est pourquoi Ngatoro-i-Rangi, fort en co¬
lère, fît échoiîer VArawa sur un haut fond, appelé Te-Koroko-o-te Parafa, et,T avant du canot se trouva englouti dans
le banc de sable.
o:
Alors l’équipage s’écria : « E Toro E ! Ka taka te urun-
ga O Kea. — Oh Toro, ohl l’oreiller de Kea va tomber, » Si
bien que Ngatoro-i-Rangi eut pitié d’eux, et sauva VArawa
par un enchantement.
Après cet événement VArawa se dirigea sur WangapaAprès cela, il toucha à Aotea (Tîle de la Grande Bar¬
rière de Cook); puis,à Hauraki, et à Moehau (cap Golleville).
Dans un endroit appelé Repanga, dans Ahuahu (l’Ile Mer¬
cure), Ngatoro-i-Rangi donna la liberté à deux oiseaux ap¬
privoisés. L’un de ces oiseaux s’appelait Takereto, et l’au¬
«
raoa.
tre Mumuhau
-
Tourbillon de vent » ;
la femelle. Le premier lieu
c’étaient le mâle et
où Ton relâcha après fut Kati-
kati : Te Ranga-Tai-Kehu est le nom de ce lieu, ainsi dési¬
gné de Te Ranga, ou « la bande » de Taikehu.
Ils trouvèrent à Katikati, quelques-uns des hommes du
Taïnui avec leur chef Raumati. Ce fut ce qui leur fît con¬
naître que Tauranga appartenait aux hommes du Taïnui.
De sorte que, laissant Raumati et ses gens à Tauranga,
VArawa partit de Te Ranga pour Maunganui, dont avait
pris possession Tutauaroa, qui s’y était fixé. La nuit sui¬
vante, l’équipage dormit à Wairake et, dans la matinée, on
atteignit Maketu, où VArawa fut halé sur le rivage pour la
dernière fois ; ses deux ancres en pierre furent jetées dans
la rivière. Toka-Parore, « pierre de travers », était le nom
«
de l’ancre de l’avant du canot ;
Tu-te-Rangi-Haruru, « pa¬
reil au ciel mugissant », celui de l’ancre de l’arrière.
Depuis ce moment, Ng’atoro-i Rangi demeura à terre,
firent autant Te Mate Kapua, He, Tia, et Waitahanui-o-He, le fils de He, etTapuika-nui-a-Tia, le fils de Tia.
Maintenant quand Raumati apprit que VArawa était
a
et
en
«
IV
23.
LES POLYNÉSIENS.
354
halé sur le rivag-e à Maketu, il vint avec ses hommes, et mit
le feu à YArawa. Alors Hatupatu
réunit des hommes pour
attaquer Raumati ; et, lui livrant combat sur lé côté ouest
de l’entrée de Tauranga, tout h fait à l’opposé de Maunganui, il le tua, et attachant sa tête sur un poteau, il l’éleva
sur le lieu même où il était tombé. C’est pourquoi le lieu a
été appelé Panipani « les joues ».
«
Après cela, une partie des hommes de YArawa continua
de demeurer a Maketu, tandis que l’autre partie alla à Ro-
torua ; de là, ils s’étendirent jusqu’à Taupo et
à Wanganui.
Makahae,le fils de Tapuika-nui-a-Tia, était un de ceux
a
qui s’établirent à Maketu.
« Makahae
engendra Tawald, 4® génération depuis Tia ;
a Tawaki
engendra Marukohaki, — 5' ;
Marukohaki engendra Ruangutu, — 6® ;
«
Ruangutu engendra Tatahau et Ngakohua, — 7°;
Tatahau engendra Manu et Punohu, — S*" ;
Manu engendra Taraikoe, — 9°;
Taraikoe engendra MokopuTe-atua-hae, — 10® ;
«
«
«
Œ
Mokopu-te-atua-hae engendra Iwikino, —'1P;
a
Iwikino engendra Korokuai, — 12';
a
Korukai
a
engendra Rangi-tunaeke et Panei-o-marama,
13® ;
—
«
a
a
—
Rangitunaeke engendra Te Tiwha, — 14“ ;
Te Tiwha engendra Witipoutama, — 15“;
Witipoutama engendra Te Mumuhu et Te Amohau (1),
16®;
Te Mumuhu engendra Te Ngahuru (2), —
17“;
génération :
« Panui o-marama engendra Taiotu, —
14® ;
Taiotu engendra Te Iwingaro, — 15“ ;
Te Iwingaro engendra Te Pukuatua(3), — 16“ ;
a
Revenant à la 13®
a
a
(1) Chef qui était présent dans l’assemblée ; il avait des petits en¬
fants.
(2) Ce chef a été tué il y a peu d’années à Maketu par une bande
de guerre de Waïkato.
(3) Chef présent à l’assemblée et ayant des petits enfants.
LES
Voici
POLYNÉSIENS.
355
que Taylor dit de VArawa (1) ;
h’Arawa appareilla le premier. Son chef
ce
Tama-te-Ka-
pua, cria à Ng’atoro-i-Rang'i de venir lever le Tapu ou de
faire Tupeke sur la nourriture pour qu’ils pussent mang'er
,
pendant le vç)yag'e, ce qu’ils n’auraient pu faire sans cette
cérémonie. Il réussit à persuader Ngatoro-i-Rang'i de venir
à bord avec sa femme Kearoa, et ils allèrent à Aotea-roa
avec eux.
Ngatoro-i-Rangi était un personnage trop sacré
pour demeurer dans l’intérieur du canot, aussi se tint-il sur le
pont, les canots ayant des maisons soutenues par des pieux
en bois sur le pont, et couvertes de
raupo. Ils arrivèrent à
Wangaparau, puis, de là, allèrent à Wakatane,et à Maketu (2); ils laissèrent TAratoa qui y est toujours resté depuis,
transformé en pierre. Le Taïnui alla à Kawia ; son chef
était Hoturoa. L'Aotea roa resta quelque temps à Hauraki,
et de là alla à Otahuhu, en compagnie du Taïnui et du
Tongamaru, où ils transportèrent le canot par dessus l’Is¬
thme (3). UAotea roa resta à Aotea ; le Taïnui à Kawia, et
le Tonga-Maru à Nga-ti-Awa.
Peu après avoir quitté Hawahiki, le jeune Tute-Nangahau
fils de Manaia, avait été cherché; mais on n’avait pu décou¬
vrir ce qu’il était devenu, jusqu’au moment ou Tuparaunui,
une grosse mouche et un ancien dieu, vint à leur aide ; par
sa puissance de sentir, elle découvrit où il était enterré, et
par son bruit assourdissant au-dessus du point, elle les mit
à même de trouver les restes du pauvre enfant.
Ta Ngatoro-i-Rangi karakia i ora ai
«
Te Arawa.
Enchantement de Ngatoro i Rangl pour sauver VArawa.
ünuhia te pou tapu
Na te
Bongomai-mua,
Na te Kongornai-hiti.
Etait arraché le poteau sacré,
De Rongomai-mua,
De Rongomai-hiti.
(1) Ouvr. cité, p. 121.
(2) Comme on voit, le canot allait du Sud vers le Nord.
(3) De Tamaki à Manukau, il y a un portage
d’un quart de mille ; et est appelé Ota-huhu.
qui n’a pas moins
356
LES
POLYNESIENS.
Rango (1) du canot était
Te loaka Bangona alu
Le
Ngatoro kahika
Ngatoro eut recours à nue cé¬
rémonie religieuse (2).
Au poteau de devant,
Au poteau de l’intérieur.
Au poteau de dehors,
Au poteau de la chambre.
Le jour était éloigné (nuit)
Ngatoro se levant, dit :
Laissez échapper votre parent
Protégez-nous contre ce mau
vais présage ;
Ki te -pou mua
Ki te pou roto
Ki te pou waho
Ki te pou te wharaua
He aturangi mamao
Ngatoro hapainga
Takuate whanaunga
Houhia te aïtua
enlevé.
Ko rongo
Il faut obéir (écouter) ou prier
Turuturu wai
Accourez vite
Obéir à qui ?
KoterongonaRuaRangimua Obéir à Rua Rangi mua
Ko te rongo na wai1
Ko oho te tai na kauaka oho
te tai (3).
Me ko ihu Marakau
Voilà la mer qui se lève
Sur l’avant de Marakau.
Te tukua atu ki teara no Rua Nous descendons par
min de Rua,
Heke, heke iho i o ara
Allons, allons seulement' par
ce
Takeke whano te ara a Nga- Le
toro
He ara whano ki te po
chemin.
chemin
est
sur
périr.
suit Ngatoro
point de le faire
que
le
C’est le chemin
,
Te po nui, te po roa,
le che¬
aux ténèbres.
qui conduit
grande nuit, à la nuit
profonde.
A la
(1) Pièce de bois sur laquelle on traîne les canots .
(2) La cérémonie à laquelle on a recours pour préserver de quelque
malheur.
(3) Passage tellement difficile à traduire que Shortland s’en est abs¬
tenu. Kauaka signifie : ne pas.
Noter que Turuturu. ne se trouve pas dans le Dictionnaire de Wil¬
liams, mais en tahitien ce mot signifie aider, secourir.
1.ES
POLYNÉSIENS.
357
A la nuit à la pupille fendue
Te po matire whatu,
Mate whai Ariki,
A la mort de l’Ariki (qui ac¬
Ko te ara a wai ?
Quel est donc
Ko te
a
ara
complit cette cérémonie.)
ce
chemin?
h nga niho totohu C’est le chemin des dents à
couler bas de Parata,
te Parata
Eke^ eke, eke, Tangaroa,
Viens, viens, viens h bord,
Eke, Penu !
Hui, e taïki e !
Viens à bord,Penu !
ô Tangaroa.
C’est effrayant, n’est-ce pas!
Il est à peu près impossible de traduire le mot taïki, qui
dans le dictionnaire de Williams signifie seulement côte (du
corps).
UE PIHI
MO NGA TUPAPAKU
Lamentation sur les cadavres.
Jaku hei (1), he piripiri.
Mon collier était fait de piripiri (2).
Taku hei mokimoki (3).
Mon collier était fait de mokimoki.
Taku hei tawiri (4).
Mon collier était fait de Tawiri.
Taku kati taramea (5j.
Mon fermoir était
en
taramea.
Te hei o te pounamu.
Le collier en pounamu (en perles de verre).
I haramai ai-E.
Est
venu
le remplacer. E.
I runga te angai ra ana.
II lui est bien supérieur en beauté.
(1) Hei, Ornement du col, collier.
(2) Piripiri, Goniocarpus tetragynus.
(y) Mokimoki ou mieux makomako, frialia racemosa (arbre).
(4) Tawiri, Pittosporum tenuifolium.
(5) Taramea, Licusticum aciphylla (ombellifère).
Angai n’est pas maori ; il faut lire probablement anga, aspect.
Awn est la particule pour former le temps présent du verbe, ou le
pronom, son, sa, ses; ou l’adverbe quand.
Pihi, pousser, naître ; mo, pour ; nga les ; tupapakii
cadavres.
358
LE5 POLYNESIENS.
Chant appelé Puwha ou Hari.
tirer ou nag-er le
Le premier 'dit par une
seule personne pendant que les hommes se préparent, et le
suivant répété par tous à la fois.
Une seule voix d’abord pour préparer à
canot; puis les vers du Totowaka.
Toia te Tainui, toia te Arawa,
Tirez le Taïnui, tirez TArawa.
Kia
tapotu ki te moana.
Pour qu’ils soient lancés à la mer.
He toto waka
ün canot traîné ou nagé.
Une voix.
Le Kiwi, oiseau
Ka tangi te Kiwi
Le Kiwi crie :
Tous.
Kiwi
Kiwi.
Une voix.
Ka tangi te Moho
Le Moho crie,
Tous.
Le Fou
id.
Le Sterne
id.
Moho.
Moho.
Une voix.
Ka
tangi te Tieke
Le Tieke crie,
Tous.
Tieke.
Tieke.
Une voix.
Ee poho anake.
de nageur pour
certain degré de nage).
Par le ventre seul (expression
Tous.
To tikoko tikoko,
Nageons, nageons,
Une voix.
Haere i ara
Il faut prendre le chenal
Tous
Une voix
Tikoko.
Nageons.
Ko te tau rua te rangi,
C’est la seconde année aujourd’hui.
LES POLYNÉSIENS.
Tous.
Kauaea t
Une voix..
Ko te hao tane.
359
Allons, hardi les hommes !
Tous.
Une voix.
Tous.
Une voix.
C’est le preneur d’hommes,
* Kauaea !
Allons, hardi (ou g-aiement) les hommes
Howai me kawe
Enlevez (portez, arrachez) le canot.
Kauaea !
Allons, hardi (ferme) !
Me kawe kiwhea
Où donc le porter (Tarracher),
Tous.
Kauaea !
Hardi les hommes.
Une voix.
Tous.
Ake te take.
Jusqu’à la racine
Takeno Tu,
La racine de Tu.
Une voix.
E Eau !
Voilà le vent.
Tous.
Toia.
Une voix.
Eau riri
Nageons (en avant)
Le vent devient furieux
Tous.
Toia
Nageons.
Ici halte et aussitôt après nouveau départ
Une voix.
Koia Rimuhaere
C’est véritablement
e
Rimu qui passe
du bord.
Tous.
Kauaea !
Allons ! hardi !
Une voix.
Totara haere
C’est le Totara qui passe.
Tous.
Kauaea !
Allons 1 hardi !
Une voix.
Pukatea haere
C’est le Pukatea qui passe
le long
380
LES
POLYNÉSIENS.
Tous.
Kauaea !
Une voix.
Homai te Tu
Tous.
Kauaea !
Allons I hardi t
Donne un bon coup
‘
''
Allons I hardi 1
Une voix.
Homai te maro
Tous.
Kauaea l
Une voix.
Tous.
Une voix.
Tous.
Une voix.
Tous.
Une voix.
Donnez-le ferme.
Allons, hardi.
Taku
takapu
Un coup
Kauaea !
de ventre.
Allons, hardi.
Hihi, e !
Haha,e ! Ces longues syllabes indiquent qu’un
grand effort de nage doit être fait.
Pipi, e !
Tata, e !
Apitia
Ensemble.
Tous.
Une voix.
Tous.
Ha I Ha t
Ko te haere
Voilà qu’il marche.
Ha 1 Ha t etc.
Une halte nouvelle ; puis aussitôt nouvel élan.
Une voix.
Tous.
Une voix.
Ko au, ko au.
C’est moi, c’est moi.
Hitaue.
c
Une longue nage.
Mate kolte hauga.
La chose est morte.
Tous.
Une voix.
Tous.
Hitaue
Longue nage,
Turuki, turuki,
Poussez, pous.sez,
Paneke, paneke,
Avançons, avançons,
I.KS
Uuevoix.
POLYNÉSIENS.
361
Oioi tetoUi.
Brandissez la hache
Tous.
Kauaea 1
Hardi 1
Une voix.
Tous.
Takitakina.
Faites-le sortir Cjetez le)
la?
Qu’est-ce ?
Une voix.
He tikaokao.
C’est un coq.
Tous.
He taraho
Une voix.
He parera
C’est un canard
Tous.
Une voix.
C’est un pélican
Ke, ke, /ce, /ce.
Coin, coin, coin, coin.
He parera.
C’est un canard.
Tous.
Ke, ke, ke, ke.
Coin, coin, coin, coin, etc
Notes sur lesNgati Awa.
Les tribus de ce nom prétendent descendre de
l’équipage
du canot le Matatua, qui aborda à Wakatane, dans la baie
d’Abondance, et qui était commandé par Rauru.
De là elles se répandirent à l'Ouest et à l’Est, le
long des
côtes de cette baie, et envoyèrent dans l’intérieur une divi¬
sion connue sous le nom de Te-Uri-Wera.
Elles allèrent jusqu’à la rivière
Dieffenbach dit (1) que ces tribus
divisions; l’une
Waitara, près Taranaki.
forment deux grandes
qui continue de vivre sur la côte Est de
l’île-Nord, à Tauranga, Matata, Apotiki, Maraenui ; l’autre
qui occupe les deux côtés du détroit de Cook, depuis ïara(1) T. Il, p. 77.
BC..——Pukat pu,
362
LES
POLYNÉSIENS.
naki jusqu’à port Nicholson, et depuis le cap Farewell
jus*
qu’à Cloudy-Bay. Cette dernière se subdivise eii :
A.
Ngatitoa, environ 1000, qui occupaient autrefois Waingaroa et Kawliia, etqui occupent aujourd’liui les deux bords
du détroit de Cook, depuis qu’ils y ont été amenés en 1822
—
par Rauparaha.
Ngati-Tama,Ngati-Motunga, qui vivaient ancienne¬
ment entre Mokau et le montEgmont, et allèrent se fixer à
port Nicholson, après avoir abandonné leur première de¬
meure; ils finirent enfin, pour la plupart, par aller s’établir
aux îles Chatham
(1).
qui habitaient le cap Farewell, Wanganui,
et aussi dans le port Nicholson.
C’est également aux tribus Ngati-Awa
qu’appartiennent
les Nga-te-Rua-Nui, les Nga-te-Apa, et les Nga-te-Tahi,
qui
sont mêlés aujourd’hui aux Ngati-Awa dans le détroit de
Cook.
Les Ngati-Rua-Nui habitent entre le
cap Egmont et la
rivière Wanganui : on estime leur nombre à 2000 environ.
Les Ngati-Awa, au nombre de 2000, furent chassés des en¬
virons de Taranaki, vers 1832, par les Waïkato ; à leur
tour,
ils chassèrent les
Ngati-Kahungunu et les repoussèrent
jusqu’à Waïrarapa(Baie Palliser).
Mais, en même temps qu’eux arrivèrent les Ngati-Rakaua,
chassés aussi parles Waïkato, de leur ancien domicile
près
des sources de la rivière de ce nom. Ils allèrent s’établir
dans Otaki, à vingt milles au Nord de
Kapiti (île de l’Entrée),
peu de distance
et près de la rivière Manawatu, c’est-à-dire à
de l’endroit choisi par
Rauparaha. Ce fut à Waïkanahi
qu’ils élevèrent leur grand village fortifié et, à cinquante
milles de là, leur village Otaki. Un combat assez meurtrier
(l) Pourchassées par les Ngati-Rakaua unis aux Ngatitoa de Rau¬
paraha, ces deux tribus, sur le rapport dos baleiniers, se décidèrent à
SC faire porter aux îles Chatham
qu’ils leur disaient être riches et ferti¬
les. Ils affrétèrent dans ce but le Rodney, en 1838
(Thompson, p. 280)
qui les y transporta pour un prix convenu : comme ils étaient bien
armés, ils tuèrent facilement ceux qui essayèrent de résister et firent
le reste esclave. Ces indigènes, dit
Haie, y avaient été portés de la
Nouvelle-Zélande par un coup de vent.
LES
POLYNÉSIENS.
eut lieu, en 1839, entre eux et les Ngati-Awa; ils furent
363
dé¬
faits. M. Dieffentach put donner ses soins aux blessés. Cha¬
cune
de ces deux nations se disputait, dit-il, l’avantag-e sur
l’autre.
Ngati-Rakaua habitent les bords des
Waitotara, qui toutes se
déchargent dans le détroit de Cook.
En 1840, ils étaient les alliés intimes des Ngatitoa, dont
Rauparaha était le chef, et qui les avaient précédés d’une
Ajoutons ‘que les
rivières Manawatu, Rang-itiki et
dizaine d’années.
Ngati-Motunga et des
Ngati-Tama, pour le Chatham, on en trouve encore un
certain nombre, au dire de Dietïenbach (1), à Wairarapa. Sui¬
vant lui, les habitants du port Nicholson appartiennent à la
grande nation Ngati-Awa ou « le peuple de la rivière » ; ils
sont au nombre d’environ 1,500 divisés en plusieurs petites
tribus occupant les différentes anses de la baie.
Encore une fois, les habitants actuels ne sont pas les an¬
ciens possesseurs. Ils ont pris cet endroit à la tribu KahunDu
reste, malgré le départ des
gunu.
Notes sur les Ngati-Kahungunu.
Dieffenbach les
Shortland
Taylor
Thompson
appelle Nga-te^Kahohunu.
NgatiKahu-unuunu.
—
—
—
Ngati-Kahungunu.
Ngatikahungunu (2).
C’était une nation autrefo^ plus puissante qu’aujourd’hui,
qui s’étendait du cap Waiapu (cap Est de l’Ile Nord) jus¬
qu’à Rangitiki, sur l’Ile Nord dans le détroit de Cook.
D’après Shortland (p. 23), elle occupait la plus grande
partie de l’Ile-du-Milieu, et les îles du Sud. Il tenait ce ren¬
seignement d’un rapport fait par le révérend Puckey, qui
(1) Ouvr. cité p. 91.
(2) Kahu, vêtement, faucon, croître ; kaho, bâtons, lattes employées
ôter, arracher déployer, par extension,
vite; hunuhunu, enlever le poil en échaudant, échauder ; Ngunu, ver.
dans les constructions; unu,
O
364
LES
POLYNÉSIENS.
avait résidé 20 ans
parmi cette nation sur rile-du-Milicu.
époque ce missionnaire avait
commencé à résider sur cette île. C’eut été pourtant fort
important à savoir, puisque les tribus parmi lesquelles il a
vécu n’avaient émigré du détroit de Cook que^vers 1827. Si
l’on suppose qu’il a été à i’Ile-du-Milieu vers 1830, il aurait
pu, en 1850, époque du renseignement, avoir résidé 20 ans
Mais il ne dit pas à quelle
parmi ces tribus, issues sans doute des Ngati-Kahungunu,
mais qui n’étaient que les Ngaitahu et les Rangitaiie chas¬
sés par Rauparaha du détroit de Cook.
Déjà nous avions fait remarquer que Shortland s’était
abstenu de demander aux familles Ngati-Mamoe citées parlai
les renseignements généalogiques qu’il donne sur plusieurs
chefs de l’Ile-du-Milieu, après les avoir demandés à leurs
vainqueurs. Ici encore nous ne pouvons que regretter qu’il
n’ait pas précisé davantage, en indiquant la date et la loca¬
lité habitée par le révérend Puckey.
Thompson dit (1) que les Ngati-Kahungunu sont divisés
en nombreuses petites tribus,et il en fait connaître par leurs
noms quarante-cinq, parmi lesquelles on voit figurer la tri¬
bu des Ngaïtahu, mais non celle des Rangitane.
C’est cette nation ou tribu, qui occupait Tory-Ghannel et
port Nicholson, lors du passage de Cook, et qui, refoulée en
1832 ou 1833, parles Ngati-Awa, alla se réfugier vers la baie
Hawke pendant que les Ngaitahu et les Rangitane, chassés
vers 1827 ou 1828 par Rauparaha de la côte Nord de l’Ile-duMilieu, avaient trouvé un refuge sur la côte Est de cette
même île. Suivant
Thompson,^ elle occupe la côte Est de
rile^Nord depuis la baie Pauvreté jusqu’au cap
se
Palliser, et
compose d’environ 4000 âmes.
Nous avons dit précédemment que nous ne croyions pas à
l’émigration faite par cette tribu à l’Ile-du-Milieu, deux
siècles auparavant ; mais l’eût-elle fait que cela ne diminue
pas l’ancienneté plus grande des Ngati-Mamoe, et ne dé¬
truit en rien ce fait curieux que les équipages de deux des
canots de la grande émigration d’Hawahiki, le Matatua et
le Haupo, étaient composés de Ngati-Kahungunu.
(1) Ouvr. cité, vol. 1, p. 93.
365
LES POI.YNESIENS.
Ngati-Kahu-TJnuunu,
Nga-Puhi et Rarawa (1).
Tradition relative
aux
tribus
La présente esquisse de la tradition relative à leur ancien¬
ne
histoire a été fournie par un naturel de la tribu Rarawa,
qui tire son origine de la même source.
«
Po, Tiki, Ruaewa et Mawete étaient quelques-uns de
qui découvrirent cette île. Les noms des canots qui
étaient Tainui, Arawa, Kurahoupo, Moekakara, Mahuhu et Mamari. Et il y en avait
d’autres encore dont on ne sait plus maintenant les noms.
Le premier lieu d’abord atteint a été Whaiapu [Gap Est (2)].
Les vivres qu’ils avaient pris à Hawahiki étaient alors si
près d’être consommés que tout ce qui en restait pouvait
être logé dans le coin d’un petit panier. On le planta, et il
commença à croître dans la Nouvelle-Zélande.
Les ancêtres des tribus qui vivent dans le Sud, c’est-à-dire
le district du cap Est étaient les Whatutahae, une fille de
Po.Elle épousa Mawete; d’elle sont descendus les Ngati-Porou
et les Ngati-Kahu-Unuunu. Quelques-uns des enfants de
Po vinrent à cëtte partie de Pile, c’est-à-dire la baie des Iles
ceux
étaient partis d’Hawahiki
et Kaitaia. Ils
se
nommaient Whatu-Kaimaru,
une
autre
Toroa et Taiko, qui furent les ancêtres des
Ngapuhi et des Rarawa, ainsi que de ïe Rauparaha et de
Taoho, qui vit à Kaipara (3).
Mahuhu, le canot sur lequel était le chef Rongomai, fut
chaviré, et le corps de ce chef fut mangé par le Araara ; c’est
pourquoi ce poisson a toujoiirs été depuis regardé comme
fille de Po,
(1) Shortlancl, p. 23. Le révérend Puckey, qui a résidé près de 20
parmi cette tribu, envoya l’original d’où est tiré ce qui suit, au
chef de la justice,qui m’a permis d’en prendre connaissance.
ans
(2) Le narrateur no voulait pas dire, ajoute Shortland, que tous les
canots firent terre à Whaiapu, mais seulement le Kurahoupo et les au¬
lesquels vinrent ses ancê tres. Nous avons déjà vu que le
Taïnui et VArawa abordèrent à Whangaparaoa.
tres trois dans
(3) Ce qui signifie que ces deux chefs sont unis par des alliances
famille avec les principales tribus du Nord.
do
366
LES
POLYNÉSIENS.
sacré par les Ng:a-Puhi et par les Rarawa : aucun d’eux,
avant d’avoir embrassé le christianisme, n’osait en manger.
L’origine du nom Nga-Puhi était le Puhi ou la plume du
canot Tainui; et l’ancien nom des Rarawa était Aewa.
Notes sur les Ngati-Mamoe.
f
Récit fait par Tuhawaiki et plusieurs autres indigènes de
la même tribu (1) ;
« Il
y a environ trois cents ans ou dix générations, toute
cette partie de l’Ile-du-Milieu qui s’étend
depuis Waïpapa,
point à environ vingt milles dans le Sud du cap Campbell
jusqu’à Rakiüra ou île Stewart, y compris le détroit de Poveaux et probablement une
grande partie de la côte Ouest,
était possédée par une tribu qui était appelée Ngati-Mamoe.
«La tribu qui les bornait au Nord s’appelait Te Huatahi ;
elle avait pour ancêtres des émigrants de l’île Nord, qui s’é¬
taient fixés à Wairau (2), A l’Ouest, la contrée environnante
« Totaranui
», était occupée par la tribu des Ngaitara, dont
les ancêtres étaient venus aussi de l’Ile-Nord, sous le com¬
mandement du chef Te-Puhi-Rere, qui, disait Tuhawaiki,
descendait de la même souche que les Nga-Puhi.
« Il
paraît qu’à cette époque une grande et puissante tri¬
bu s’étendaitdeTuranganui-a-Rua (baie de Pauvreté), tout le
long de la côte Est et des côtes Nord du détroit de Cook, y
compris Waïrerapa, Porirua, et même des points plus à
l'Ouest, Cette tribu n’a été repoussée que tout dernièrement
vers
Wairerapa, sa limite Sud actuelle, par Rauparaha.
Elle est encore appelée par son, nom
primitif
hungunu.
Le désir de
de Ngati-Ka ■
s’emparer du Pounamu, qui n’était trouvé
que sur l’Ile-du-Milieu, paraît avoir été le principal motif du
départ d’un grand nombre de personnes de cette tribu, à dif¬
férentes époques, pour envahir le pays des Ngati-Mamoe qui.
étaient devenus célèbres parleur possession de ce trésor.
« Les
plus anciennes de ces invasions ont eu lieu, il y a
«
(1) Shortland, Southern Districts, p. 98.
(2) Cloudy Bay.
_
LES
367
POLYNÉSIENS.
près de 270 ans avant l’époque actuelle ; car Tute-a-Hunga,
chef de cette tribu, qui vivait, il y a neuf générations,
passe pour avoir été tué à Kai-Koura. Sa famille était appe¬
lée Ngai-Tahu, de son grand-père Tahu ; une autre famille
appelée Te Aitanga Kuri, « postérité de Kuri », Kuri étant
cousin de Tute-a-Hunga, vint aussitôt après et réunit ses
forces à celles des Ngaitahu; mais
cès contre Kai-Koura, et leur chef,
une
escarmouche par Tuikau, chef des Ngati-Mamoe.
Vers la même
«
ils n’eurent pas de suc¬
Manawa, y fut tué dans
époque, un puissant renfort de Ngati-
Kahungunu fut amené par un chef nommé Tura-Kautahi,
dont le père et le grand-père, en faisant une pareille tenta¬
tive, s’étaient noyés avec leur équipage devant Raukawa, où
leur canot avait chaviré. Tura-Kautahi, avec son frère Moki,
débarqua ses forces à Totarauui, et ils durent se tracer un
chemin à travers les Ngaitara et les Tehuataki, avant de
pouvoir atteindre ceux de leur tribu qui les avaient précédés
et qui se trouvaient alors à Kai-Koura.
Réunis, ils attaquèrent le Po, appelé Parewakatu. Peu
après, les Ngati-Mamoe furent encore défaits, dans un en¬
droit appelé Purakakariki, puis à Waikakahi, où l’un de
leurs chefs Tute-Kawa, fut tué, et un autre nommé Rangita-Mau, fut fait prisonnier. La vie de ce dernier fut épar¬
gnée et on l’envoya résider à Kaiapoi pour pêcher les an¬
guilles et préparer la nourriture de son vainqueur, quand
«
il irait de ce côté.
«
Après cela, ils se partagèrent les terres
conquises. Te-
Ruahikihiki, fils de. Manawa, qui était retourné dans sa tri¬
bu. sur rile-Nord, pour leven de nouvelles forces parmi ses
parents, afin de venger la mort de son père, revint vers la
même époque, et se fixa à Taumutu. Ce point était le plus
près du nouveau territoire conquis et par conséquent le
meilleur pour qu’il pût rencontrer son ennemi, et en obte¬
nir Vutu ou la satisfaction désirée.
«
Les Ngati-Mamoe se retirèrent plus au sud. Et, finissant
par trouver qu’ils étaient trop faibles pour espérer repren¬
dre leurs possessions perdues, ils firent lapaixavec leurs en¬
vahisseurs et s’unirent à eux. Alors les deux races se con-
368
LES
POLYNÉSIENS.
fondii’diit en une seule tribu qui,
ayant dans les principales
familles du sang- de Tahu dans les veines, prit le nom g-éné-
rique de Ng-a-i-Tahu ou Kaitahu.
« J’ai trouvé
que toutes les familles importantes d’à pré¬
sent, faisaient remonter leur orig-ine à Turang-a, ou baie de
Pauvreté, qui est le côté conquérant et, à cause dé cela, le plus
honorable, et qu’elles passaient sous silence Torig-ine Ng-atiManioe antérieure à leur conquête. Delà la difficulté d’obte¬
nir quelques informations sur l’histoire ancienne de cette
tribu. Il faudrait chercher dans les familles qui existent
encore de ce vieux tronc. Il y en a deux, habitant aujour¬
d’hui Waiateruati, appelées Kati-Rakai et Kati-Hinekato,et
il y en a davantage dans le détroit de Foveaux, mais je n’ai
pas eu l’occasion d’apprendre d’eux ce qu’ils pouvaient sa¬
voir de leur propre histoire.
Notes
sur
Rauparaha.
Rauparaha était né eu 1769; il résidait à Kawhia, sur la
résister aux attaques
du redoutable Hongi, il se décida, en 1822, à fuir vers le dé¬
troit de Cook et il alla sefixer sur l’île Kapiti, ou de l’Entrée,
de Cook. S'étant procuré beaucoup d’armes à feu, il ne tarda
pas à devenir la terreur de tous les environs, à plus de cent
milles ; il parvint à chasser de leurs demeures les habitants
du détroit de Cook, qui appartenaient à la grande nation
Ngati-Kahungunu ; le reste fut exterminé.
côte ouest de TIle-Nord. Ne pouvant
Parmi les tribus forcées d’abandonner leurs
trouvaient les
demeures se
Rangitane (1) et les Ngaïtahu (2) ou Nga-
(1) Rangi, ciel, firmament, jour, tSmps ; iane,mâle, mari, homme.
(2) Shortland écrit Kaitahu et Ngaitahu : ces mots sont contrac¬
tés de Ka-ai-Tahu et de Nga-ai-Tahu, n les descendants de Ta¬
hu. » Kai et JVgai, dans les districts sud de l’Ile-du-Milieu,
ont, d’après Shortland, la même signification que Ngati a dans le
Nord. « Comme ngati est une contraction pour nga-ati, j’imagine
dit-il, que ati est simplement une autre forme du mot ai ou aitanga.^ pour l’euphonie.»
Ngai ne pouvant être Maori, n’est-ce pas plutôt Kai-Tahu ou en¬
Nga-i-Tahu ; nga, partie, pluriel; i de; tahu prud’homme, race,
ancêtre, mari, époux, hrfiler, incendier, tranchant d’outil ?
core
LES
POLYNÉSIENS.
369
hei-Tao comme l’écrit Diefienbach. Les Rangitane occupaient
Na-Rua-Witu ou la baie de l’Ouest de Cook; les Ngaïtabu
étaient à Queen’s Charlotte
Found, où Cook lui-même les
avait trouvés.Malgré leur bravoure, ils furent incapables de
résister aux armes réunie.s de Tupahi et de Rauparaha : une
partie dut devenir esclave des Ngati-Toa à Oieri, et le reste
alla s’établir sur la côte est de l’Ile-du-Milieu.
Après leur expulsion, les Ngati-Tahu se présentèrent
plusieurs fois dans le détroit de Cook pour essayer de se
venger et les récits rapportent, entre autres, le combat qui
eutlieu à Raumea, sur la côte de l’Ile-du-Milieu (Baie du
Combat), où Tairoa, le chef des Ngaitahu, se trouva cerné
un jour
par les canots de Rauparaha. Heureusement pour
lui qu’un songe ayant fait retarder l’attaque de Rauparaha,
il put, dans la nuit, parvenir à lui échapper.
Plus tard, Rauparaha se rendit à diverses reprises à Kaïkoura, et même jusqu’à Otakou (Otago) pour piller et tuer
les peuplades fixées sur cette côte de l’Ile-du-Milieu. Shortland rapporte (1) plusieurs de ces excursions racontées
par le fils de Rauparaha lui-même, qui y avait pris part
étant encore fort jeune.
Bien que toujours battues, les anciennes populations ne
résistaient pas moins à chaque attaque, et leurs vainqueur.?,
une
être
fois de retour chez eux, n’étaient pas sûrs de n’y pas
attaqués. C’est ainsi que Dieffenbach a lui-même re¬
marqué, en 1840, que les Ngati-Awa du détroit de Cook crai¬
gnaient que le chef d’Otakou,Taïroa, ne vînt les attaquer. Ce
qui prouve, d’un autre côté, que toutes les anciennes tribus
du détroit n’avaient même ^las quitté ce détroit en 1840,
c’est l’extermination que Rauparaha fit alors des Ngati-Kahungunu, après être parvenu à les refouler sur une langue
de terre.
C’est vers l’année 1822, avons-nous dit, que
avec sa tribu
de Cook.
Rauparaha,
appelée Ngatitoa, était arrivé dans le détroit
Quelques années après, s’y présenta la tribu Ngati-Rakaua, chassée de Maungautatari, par les Waïkato ; cJle
(1) Ouvrage cité, page ;i53.
VI
21
370
LES
POLYNÉSIENS.
alla S3 fixer entre larivière Wanganui et Kapiti (1). Elle se
composait, d’après Thompson, d’environ 2.500 personnes, et
elle commença par refouler les Ngati-Kahungunu de cette
côte jusqu’à Rangdtikei.
Rauparaha s’allia à elle et il put continuer, a//ec plus de
succès, les guerres faites par sa tribu seule à toutes celles
des environs.
Mais, dans le même temps que les Ngati-Rakaua, c’est-à-
dire vers 1832, dix ans après
la venue de Rauparaha dans
leDétroit, se présentèrent également les Ngati-Awa, chassés
de Taranaki (New-Plymouth) par les Waïkato : ils commen¬
cèrent par chasser les Ngati-Kahungunu jusqu’à
Wairarapa
(Baie Palliser), et s’emparèrent de leurs terres.
Ce fut à cette occasion que les tribus Ngati-Tama et NgatiMotunga, qui étaient fixées à Waïrarapa, se décidèrent à
émigrer aux îles Chatham, à l’aide d’un bâtiment anglais.
Ajoutons qu’en 1840, les Ngati-Awa occupaient les terres
qui avaient appartenu autrefois aux Rangitane et aux Kaitahu et, à en juger par les restes de Pa de ces tribus, elles
devaient, dit Dieffenbach, être très nombreuses.
Les traditions ne disent pas à quelle époque^ exacte ces
deux dernières tribus avaient été expulsées ; mais il est cer¬
tainement facile d’en fixer la date à quelques années près,
grâce à ce que l’on sait touchant l’époque de la venue, en
1822, de Rauparaha dans le Détroit. Or, c’est en 1830, que le
récit écrit de son fils le fait se transporter avec sa troupe à
’Kaïkoura, près de la péninsule de Banks, pour venger la
mort de Tepahi, tué en 1829 par le chef des Ngaitahu, Tamai-Haranni, alors qn’il était son hôte dans son Pa de Kaiapohia. On sait que Rauparaha affréta, dans ce but, le navire
anglais VElisabeth, capitaine Stewart (2). Il est donc proba¬
ble que l’émigration des Ngaïtahu n’avait eu lieu que quel
ques années auparavant.
Ajoutons que Rauparaha ne mourut que le 27 novembre
(1) Tajlor, p. 323, fait de Rauparaha le chef des
il le fait naître à Maungautatàri vers 1770.
(2; Voir Taylor, p. 323^
Ngati-Rakawa, et
1'
LES
POLYNÉSIENS.
371
1849, c’est-à-dire vers l’âge de 80 ans, après avoir été rete¬
prisonnier par les Anglais pendant 15 à 18 mois pour le
nu
punir de son massacre d’Européens à Waïrau et de ses me¬
nées contre la colonisation. On dit qu’il s’était
avant de mourir.
LES
GUERRES
DE
RAUPARAHA
DANS
l’iLF.
DU
fort adouci
MILIEU.
Récit écrit par le fils de Rauparaha qui, étant tout jeune,
accompagna son père (1) :
« Le motif de la
guerre que nous allâmes faire sur l’autre
île fut la malédiction de
Rerewaka, le chef de Kaikoura
(the Lookers-on de Cook). Ce chef se vantait de fendre le
ventre de Rauparaha avec la dent d’un poisson. La renom¬
mée de la valeur de Rauparaha était allée jusqu’à Kaikoura,
d’où l’on disait que Rerewaka se servait de la malédiction
Niho-Manga (2).
«Quand cette malédiction fut connue de Rauparaha, il
partit avec ses canots pleins de combattants pour aller atta¬
quer Kaikoura. Bientôt Rerewaka fut tué, un grand nom¬
bre de ses hommes périrent avec lui, et ceux épargnés fu¬
rent faits esclaves.
Après le combat, un de nos chefs, nommé Te Pehi, in¬
sista pour aller à Kaiapohia (le lieu où est établi Ganterhury)
«
pour avoir un
patu-pounamu des hommes de cet endroit ;
parti d’environ cent hommes composa cette expédition,
laissant le corps d’armée à Kaikoura. Oes cent hommes firent
un
tout le chemin par terre
jour (3).
^t atteignirent Kaiapohia le 4*
A leur arrivée à Kaiapohia, Te Pehi et ses amis
furent
recevoir quelques cadeaux de
pierre Pounamu. Mais Te Rauparaha, craignant quelque
perfidie, conseilla à Te Pehi de ne pas aller dans le Pa, s’il
ot
invités à monter au Pa pour
(1) Shortknd, South. Dist., p. 253.
(2) Niho, dent ; manga, espèce de poisson ; mange, requin.
(3) Kaiapohia est Kaiapoe (Baie Pégase) de la carte anglaise de
Thompson.
^
372
LES
ne voulait pas
POLYNÉSIENS.
être tué. Son avis était d’échanger des fusils
pour du Pounamu en dehors des défenses.
« Néanmoins Te Pehi n’était
pas persuadé,car il avait là un
ami nommé
Tamai-Haranui
qu’il avait connu autrefois à
amis entrèrent dans le
Pa et y passèrent une nuit. Mais aussitôt que le jour se fit,
ils furent jugés et vingt d’entre eux, tous hommes de dis¬
tinction, furent tués sur place. Les autres s’échappèrent en
sautant par dessus la palissade et s’enfuirent vers le corps
Port-Jackson ; .=i bien que lui et ses
.
d’armée.
«
Maintenant quel était le nombre des hommes du Pa, qui
prirent part à cet acte? S’ils avaient osése montrer, on aurait
pu obtenir un paiement par une bataille ; mais ils ne voulu¬
rent pas se montrer. C’est pourquoi le parti de guerre re¬
tourna vers le corps d’armée laissé à Kaikoura, et tous s’en
retournèrent à Kaputi.
« Quand on fut arrivé à
Kaputi, on commença à discuter
pour savoir quel serait le « paiement » pour Te Pehi et les
autres. On résolut de rendre perfidie pour perfidie, meurtre
pour meurtre. Cette détermination prise, nous restâmes tran¬
quilles pendant un an.
A la fin de ce temps, parut un navire et Rauparaha dit
au chef du navire : <>; Veux-tu te charger de me conduire
avec mes hommes à Wangaroa pour frapper là un coup ?
Ton paiement sera du lin, assez de lin pour charger ton
a navire.» Cette
proposition fut acceptée par le chef du na¬
vire : si bien qu’après avoir pris cent quarante guerriers, il
fit voile de Kaputi, et après trois jours, mouilla à Wanga¬
roa (1).
®
Alors, par le stratagème suivant, on prit au piège TamaiHaranui, le chef des Ngaitahu ; on lui envoya un message,
comme de la part du chef du navire, l’invitant à venir à
bord pour échanger quelques barils de poudre. TamaiHaranui, pensant que le message était véritable, vint im¬
ï
€
«
K
médiatement, amenant sa femme et sa fille avec lui. Mais
il ne fut pas sitôt sur
fers. ' Immédiatement
(]) Pniir Ilaknroa.
le pont qu’on le saisit et le mit aux
après les 140 descendirent à terre
»
LES
£73
POLYNÉSIENS.
pour attaquer la tribu Wangaroa. Après avoir détruit tous
les établissements de cet endroit, tué ou chassé les habitants
dans les
montagnes, ils retournèrent sur le navire avec
leurs prisonniers et appareillèrent.
Pendaat que le navire était à la mer, Tamai-Haranui et
«
femme étranglèrent leur
sa
fille ; car la femme et la fille
avaient été laissées déliées ; et personne ne s’en aperçut que
la fille ne fut tout à-fait morte. Quant au chef et à sa femme,
ils furent conduits à Otaki et remis à la femme de Te
Pehi,
qui se nommait Tiaia. D’Otaki, ils furent menés à Waitohu
pour être mis à mort. Six femmes, toutes personnes do l’ang,
tuèrent Tamai-Haranui et sa femme ; ayant d’abord fait un
trou dans leur cou, elles
une satisfaction
burent leur sang, afin d’obtenir
complète. Cela fut fait parce que Tamai-
Haranui était un meurtrier.
Après la mort de Tamai-Haranui, nous restâmes plus
allâmes de nouveau faire
la guerre dans la même contrée. Ce fut le 3° mois, vers la
saison où le fruit du Karaka est rouge, que l’on mit les ca¬
nots à l’eau, et quand nous arrivâmes à Kaiapohia, les pata¬
tes avaient acquis tout leur volume.
«
Kaiapohia était un Pa très fort, entouré de trois côtés
par un marais ; le côté qui n’était pas défendu par le marais
l’était par des poteaux. De ce côté, il y avait trois plans per¬
cés d’ouvertures pour les fusils. 11 y avait aussi deux fois
cinq cents hommes dans le Pa. Quand ces hommes regar¬
daient laforce de leur position et l’abondance des provisions
pour soutenir leur force, leurs cœurs étaient pleins de vanteries. De sorte qu’ils criaient dans leur dialecte : E tama,
haramai ra, kia komatia o koutou ihu ki roto i Turatu:
'Venez ici, camarades, et nous enterrerons vos nez dans Taa
d’un an àKaputi. Et alors nous
ratu.»Taratu était le nom du lac.
«
Pendant trois mois ce fut en vain qu’on
assiégea le Pa.
De sorte que nos anciens se réunirent en conseil pour tracer
plan qui permît de le prendre promptement.
Nos- chefs s’occupent sérieusement des places qui sont
difficiles à prendre d’assaut. C’est seulement le plus habile
qui peut indiquer la méthode la plus convenable de prendre
un
o:
374
LES
POLYNÉSIENS.
les places les plus fortes. C’était la supériorité
de Rauparastratagè¬
ha. Il était à la fois brave et habile à, inventer des
mes
«
de guerre.
Très bien alors. Les vieillards s’assemblèrent en conseil.
Quelques-uns des ehefs furent d’avis de faire un Kahupapa,
bouclier (défense) assez large pour 20 hommes qui le
ou
pousseraient devant eux sur le Pa. On le commença aussi¬
tôt ; mais quand il fut fini, on le trouva mauvais, et on l’a¬
bandonna à cause de cela. On proposa immédiatement de
creuser des tranchées en zig-zag dans le sol afin
d’approcher
autant que possible du Pa. Tout le monde l’adopta, parce
que c’était la méthode convenable, et le creusement fut
commencé sans délai ; trois tranchées furent creusées : l’une
était l’ouvrage des Ngatitoa ; une des Ngati-A.wa ; et la troi¬
sième des
Ngati-Raukawa. L’ouvrage du creusement des
tranchées avait été ainsi divisé, afin de distinguer la valeur
de chaque tribu.
Quand les tranchées furent arrivées presque auprès des
meurtrières, on suspendit le creusement, et tous les hommes
«
allèrent couper des broussailles et de la fougère pour mettre
le feu au Pa. Ils travaillèrent ferme pour faire
des balles de
Manuka {podocarpus excelsus), et ils les laissèrent aussi
che que possible
un
Œ
tas élevé.
pro¬
des meurtrières, jusqu’à ce qu’il y en eut
Dans le même moment, les hommes du Pa pensèrent à
mettre le feu au
Manuka, afin de le brûler de suite et d’em¬
pêcher que les défsnseurs eussent à en souffrir. Dès que le
premier beau jour fut venu, alprs qu’il n’y avait pas le
moindre souffle de vent, ils se dirent : « C’est le moment de
Œ
(c
mettre le feu au tas ; car il fait beau, et le Manuka
ennemis ont accumulé sera bientôt consumé.
que nos
»
Au contraire, Eotre intention était d’aborder le premier
grand vent qui soufflerait droit vers l’extrémité du Pa, et de
«
mettre alors le feu aux broussailles, pour que la flamme fût
portée vers la palissade et la brûlât.
« De sorte
que, le jour suivant, au lever du soleil, pendant
que nous étions à prendre notre premier repas, les hommes
du Pa mirent le feu en jetant des cendres à travers les
LES
POLYNÉSIENS.
375
meurtrières, d’où ils tiraient sur nous, et bientôt le Manulca
commença
à brûler.
chefs crièrent d’as¬
six cents
hommes se levèrent : pas un ne pensait à la mort; et, pres¬
sant gaiement leur nez contre celui de leur femme onde
leur enfant, ils s’élancèrent aussitôt résolument à la mort ;
car le Manuka brûlait, et nous craignions qu’il ne se con¬
sumât en vain hors du Pa. Alors chaque homme prit une
charge de Manuka et s’avança vers une meurtrière, se reti¬
rant chaque fois qu’il voyait un fusil tourné contre lui, puis
recommençant jusqu’à ce qu’il eût bouché la meurtrière.
Deux hommes se dirigeaient à la fois sur chaque meur¬
trière, de sorte que si l’un d’eux venait à être tué, l’autre
pouvait la boucher.De cette manière, toutes les meurtrières
furent bouchées, et les broussailles étant jetées à toucher
la palissade, celle-ci prit feu aussi.
Alors le cœur des guerriers se réjouit, et ils entonnèrent
un Ngeri pour étouffer les gémissements des blessés, et em¬
pêcher que rien n’interrompît le combat. Ainsi les six cents
«c
Mais dès que le feu fut aperçu, nos
saillir immédiatement le Pa, si bien que tous les
«
ensemble se mirent à chanter leur Ngeri national (1).
(1) Ce Ngeri est le Ngeri national des tribus Ngati-Raukawa et Ngaavons donné la traduction de Sliortland. En voici les
paroles indigènes :
Awhea (pour ahea) tou tire ka riri ?
itoa. Nous
Awhea
tou ure ka tora ?
E ! kei te tai ka
wiwi,
E ! kei te tai ka wawa,
Tukua te ihu
■
Ki te tama iti.
Me pehea?
Ka kite koe,
I nga puke waka manamana
A te toa haere noa.
Ka riro ! E rongomai hiti !
;
Les mots whvi et wawa sont supposés
r uit
du flot sur la plage.
représenter par leur son le
M. Shortland fait remarquer quela traductionne donne qu’une idée
incomplète de l’énergie du texte, et nous croyons devoir nous-même
faire remarquer, à ce sujet, que le mot ure est rendu par valeur, cou-
LES POLYNÉSIENS.
376
Quand youg voulez que votre valeur s’emporte,
Quand vous voulez que votre valeur soit forte,
Quand la mer murmure, quand la mer gronde,
Dites adieu (approchez votre nez de)
A vos enfants.
Car que pouvez-vous faire
Vous voyez comme,
de plus ?
De même que les hauts pics
Le brave marche en avant.
Ils cèdent, ils cèdent !
*■
des montagnes,
ô Renommée !
Ng’eid nous donna un nouveau courageles Ngaitahu, c’est-à-dire les Rommes du Pa,
l’entendirent et qu’ils virent en même temps le feu qui brû¬
lait leur palissade, ils furent pris de panique. De sorte que
leur Pa fut pris d’assaut, et la plus grande partie de ses dé¬
»
Le son de
ce
Mais quand
fenseurs furent tués ou faits esclaves.
Quelque temps après ces événements, nous, les NgatiToa, partîmes seuls de Kapiti, dans le but d’aller attraper
des canards du paradis à Te Karaka (cap Campbell.) Et
«
pendant que nous étions à Wairau, attendant le calme pour
nous rendre agréablement à Te Karaka, notre prêtre eut un
songe dans la nuit. Dans ce songe, il entendit une voix lui
chantant ces paroles ;
Kei Wairau ia; Kei Waiharakeke ka tumauatu.
«
Il est maintenant à Wairau ; il resteraà Waiharakeke. »
«
Les hommes de la
taient ce chant.
nuit, c’est-à-dire les esprits, chan¬
mais qu’il signifie littéralement penh, et qu’il est employé ici
figuré.
Nous ajouterons qu'il y a peu de mots jouant un si grand rôle que
le mot ure dans les chants traditionnels des Maori, de même que
ceux des autres Polynésiens et, sans parler de Te-Ure-Nui, le fils de
Manaia, et de plusieurs autres applications de ce mot, nous citerons
ici une réponse do Maori qui faisait toujours rire le narrateur, dit
Shortland, quand il avait l’occasion d’en parler.
Turangatao se sauvait peur éviter la mort d’ennemis plus forts, et sa
femme essayait de le retenir en lui disant : lO Turangatao, reviens
au moins pour m’aider à sauver nos enfants»; mais sans s’arrêter,il se
contenta de lui répondre : « He tamariki kei te rnatamata o te lire. E
pari ana te tai o te kotinga\i> «Oh! quant aux enfants, j’en puis faire
assez (j’en ai la source), le courant de la vie est à flot, »
rage,
au
LES
Alors le
<
POLYNÉSIENS.
377
prêtre se réveilla, et répéta les paroles qu’il
avait entendues ; et, croyant que c’était un mauvais présage,
il nous conseilla de ne pas penser à
aller à Te Karaka, si
Ngaitahu.
« Mais Te Rauparaha dédaigna l’avis du prêtre et ne vou¬
lut pas l’écouter. De manière que nous mîmes à la voile, les
uns dans un canot, et les autres dans quatre canots, le nom
bre de tous les équipages montant à quarante hommes. Nous
qui étions dans le canot, nous fûmes les premiers à atteindre
la côte et à débarquer. Mais comme nous remarquâmes des
traces de pieds sur le rivage et quelques feuilles fraîches de
chou sauvage çà et là, nous avançâmes avec précaution, Te
Rauparaha à la tête, mon frère aîné après et dix autres sui¬
vant. Nous n’arrivâmes pas loin de la porte sans reconnaî¬
tre quelques-uns des hommes du parti ennemi, se tenant en
embuscade. Ceux-ci, dès qu’ils se virent découverts, se pré¬
cipitèrent sur nous.
Alors Te Rauparaha ramassa une grosse pierre pour a
lancer au premier de la bande. L’homme hésita ; et si nous
avions seulement été un peu plus nombreux, nous serions
retournés combattre avec eux, quoiqu’ils fussent plus de
cent. Mais comme nous n’étions que dix, nous nous enfuîmes
nous ne
voulions pas être tués par les
«
vers
notre canot. Le canot fut atteint, il flotta aussitôt sur la
mer; nous sautâmes à bord; mais,
dans la précipitation, les
pagayes furent laissées à terre, car elles avaient été mises
sous la quille du canot pour aider à le mettre à l’e au.
<1
Si bien que lesNgaitahu arrivant le.stement, saisirent le
canot par l’avant et commercèrent à le haler à terre.
«
Alors, voyant qu’il n’y avait pas d’autre moyen d’échap¬
per, nous sautâmes dans la mer et nous nageâmes vers l’un
des canot.s qui venait justement d’arriver et qui attendait à
mais, le
peu de distance. Nous arrivâmes tous saufs à bord ;
canot étant trop lourdement chargé par l’augmeutation de
il fut en danger d’aller au fond; c’est pourquoi
jetâmes quelques esclaves par dessus bord pour l’allé¬
ger, et nous préparer à combattre l’ennemi.
Dans le même moment, les Ngaitahu se servaient des
notre poids,
nous
o;
pagayes et nageaient pour nous poursuivre. Ils ne purent ce-
378
LES
POLYNÉSIENS.
pendant approcher très près de nous, car quand ils virent
que nous nous disposions à reprendre, si c’était possible, le
canot à l’abordag-e, ils retournèrent à terre.
« Quant au
prêtre qui avait fait le rêve, il tomba dans les
mains des Ng^aitahu, et fut tué sur la plage. C’ést pourquoi
nous reconnûmes tous quefce rêve était vrai.
Le prêtre se
nommait Te Raho.»
La suite du récit raconte comment ils furent poursuivis par
les guerriers Ngaitahu aussi loinqueCloudy-bay (Wairau
?),
canot, dans la nuit, de
l’autre côté du détroit, pour demander du secours. Le se¬
cours arrivé, une escarmouche sans résultat décisif eut lieu ;
mais les tribus du Sud, ne voulant pas risqner un engage¬
ment, profitèrent d’un vent favorable pour mettre tous leurs
canots à l’eau, pendant la nuit, et retournèrent dans leurs
où ils s’arrêtèrent en envoyant un
pays.
Grâce à la rapide expansion du christianisme, la guerre ne
et quelques années
plus tard, les deux fils de Rauparaha allèrent,en missionnai¬
res de paix, prêcher l’évangile à chaque tribu'qui avait tant
souffert de leur père et de ses guerriers.
fut jamais renouvelée par aucun parti,
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par Mauvillon. 3 vol. in-4‘>.
Wallis (Samuel). Voyage autour
du monde sur le Dauphin
(1766-1768), publié dans le re¬
cueil de Hawkeswoorth, 3 vol.,
in-4°. London, 1773.
White (John). Voyage à la Nou¬
velle-Galles du Sud, àBotanyBay, au Port-Jackson, en
Âimsterdaln 1758.
Ulloa (Antonio de). Noticial americanas, in-4'>. Madrid 1772.
Univers pittoresque
(F). (Voy.
Rienzi).
White (John). Maori Superstitions.
l’Amérique du Nord.
Valeijtyn. Description de Flnde-
Whitmeb (lo Rév). On some charactei’istica of the Malayo-Po-
Notice
Vail.
sur
les Indiens de
moder¬
vol. in-fo. Amsterdam,
Orientale ancienne et
ne, 9
1724.
Vancouver. Voyages de découver¬
tes au Nord de l’Océan Paci¬
fique, trad. par Henry, 5 vol.
in-S». Paris, an X.
Varigny (do). 14 ans aux îles Sand¬
wich. Paris, 1874.
Vasconcbllos (Simon de).
Vater. (Voy. Mithridate).
Verreaux (J.)et 0. Des Murs.Des¬
cription d’oiseaux nouveaux de
la Nouvelle-Calédonie (Revue
et magasin de Zoologie 1860).
Viajero général.
ViBRo Y Velasco (Rodriguez de).
Voyage au Japon.
ViLLACASTiN (lo P.ïliomas de).Tra¬
duction tagale, par le P. Aguino de Belen, in-S». Marseille,
1760.
Vincendon Dumoulin et Desgraz.
Iles Marquises ou Noukahiva,
1787-1789, trad. de l'anglais
par
Charles Pougens, in-4».
Paris, an III.
Auckland, 1856.
lynesian. London, 1878.
DE Neüwied.
Voyage au
Brésil, 1815-1817, traduit par
Eyriès, 3 vol. in-8°. Paris,
WiED
1821.
WiLKES (Charles). Narrative of the
U. S. Exploring expédition
executed in the years 1838 to
1842, etc., 5 vol. gr. in-4o.
Philadelphia, 1845. (Voy.Haie).
(John). A narrative of
missionary entnrprises, in the
WiLLAMs
South
sea
1837.■
islands.
London,
Williams (William).
Dictionary
and Grammar of thoNew-Zoaland
language. Auckland,
1852.
WiLLAMS (Thomas).
Fiji and Fi-
jians, 2 vol. London, 1866.
Wilson
(James).
A missionary
voyage to the Southern Paci¬
fic océan, porformed (1798-
1798) in the Ship Duff, in-4‘’.
London, 1799.
histoire, géographie, mœurs,
Wilson (H.). Relation des îles
etc. Paris, 1843.
Pelew, etc., trad. de l’anglais
Iles Taïti, Eguisscs histori¬
de George Keate. Paris, 1793.
ques et géographiques, etc.,
in-8». Paris, 1844.
(Voy. Keate).
»
ViNSON (E.), chirurgien-major de la YATE(theRev. William). An account of New-Zealand and of
Prévoyante. Thèse soutenue
the formation and progrès?
pour le Doctorat en médecine.
of the church missionary Socle
Paris, 1858.
ty’s mission in he Northern
ViREY (Jules-Joseph). Histoire na¬
island, in-8°. London, 1835.
turelle du genre humain, 1801
—
et 1824.
—
Dictionnaire des Sciences mé¬
dicales, art. Homme.
Saint-Martin. L’année
Vivien de
Géographique.
Wallace (A. IFussel). The Malay
Archipelago, London, 1872.
Zaragoza (Voy. Quiros).
Zarate. Histoire de la conquête
du Pérou, trad. par de Broe.
Amsterdam, 1700.
Dernier voyag du
capitaine Cook, etc., trad. pa
Roland. Berne, 1782.
Zimmermann.
392
LES
POLYNÉSIENS.
Zimmermann(E. A. W. de). Des¬
cription de l’Australie, etc.
Hambourg, 1811.
ZüNiGA. Historia de las islas Phili-
pinas compuesta por cl R.-P.
Joaquim Martinez de
Zuniga, dcl orden de San Au¬
gustin, ex deflnidor de su proleclor
X'incia, calificador del santn
oficio, y curarcgular dcl pueblo de Baranaque, con las li¬
cencias necessarias, Impresso
en
Sampaloe, por Fr. Pedro
Arguelles de la Conccpcion,
religioso francisço, anno de
1803. (Voy. Maver.)
Table des Matières
DU
PREMIER VOLUME
PRÉifACE
I
PREMIÈRE PARTIE
ETHNOLOGIE
OCÉANIENNE
CONSIDERATIONS
Recherche des
GÉNÉRALES.
origines
ethniques plus difficile pour les races
races Européennes. — Iles hautes et
basses des mers du Sud.
Leur inégale distribution. — Ces
îles sont habitées par deux races
différentes, la race Polynésienne
et la race Mélanésienne. —Différences
physiques et morales qui
séparent ces deux races. — Signification des mots Polynésie et
Polynésiens, Mélanésie et Mélanésiens. — Cantonnement des
deux races. —Propositions principales qui seront développées
et marche qui sera suivie dans le cours de
l’ouvrage
Océaniennes que pour les
—
LIVRE
RACK.S
i
PREMIER
MlilgANÉSIENNES.
Divergences des voyageurs et des auteurs sur les caractères phy¬
siques et le lieu d’origine des races Mélanésiennes. —Deux races
admises par les Anthropologistes modernes : la race Négrito et
la race Papua
i3
CHAPITRE pr
RACE
Extension
NÉGRITO.
géographique des Négritos,
une des races primitives
de
Leurs’^caractères physi¬
ques. — Tableau récapitulatif de ces caractères
l’humanité.
—
Leur
habitat
actuel.
17
matières.
table des
394
CHAPITRE II
RACE
PARU A.
I
c
PAPOUS.
Confusion résultant du mof Papou mal défini. —
Caractères phy¬
les auteurs an¬
ciens : Quoy et Gaimard ; R. P. Lesson ; Bory de SaintVincent ; de Rienzi ; Dumont d’Urville ; Hombron ; .lacquinot.
D'après les voyageurs et les auteurs modernes ; A.-B. Meyer ;
siques des Papous, d’après les voyageurs et
les Naturalistes du
Challenger ; Topinard. —• Les Papous sont
des métis de Papua et
en
d’Alfourous. —Existence des Alfourous
Nouvelle-Guinée. —- Les caractères crâniens des Papous con¬
firment la conclusion qu’ils sont
des métis de Papua et d’Alfou¬
rous
2“)
II
PAràA VRAIS.
Signification du mot Papua, —Populations appartenant à la.race
Papua. — Habitat actuel desPapua. —Leurs caractères physiques,
en général, d’après Lesson. —Arfaki de la Nouvelle-Guinée. —
Description des Papua de la Nouvelle-Irlande ; du Port-Praslin ;
de l’île Bouka ; de Pile d’York; des îles Salomon ; des îles
Hébrides ; des îles Hogoleu, Carolines, Pelew ; de la NouvelleCalédonie ; de Vanikoro ; des îles Fiji ; du Continent Asiati¬
que. — Résumé de la race Papua. — Tableaux linguistiques
42
CHAPITRE III
TASMANIENS.
Description des Tasmaniens d’après Labillardièrc ; Pérou ; Quoy
et Gaimard ; R. P. Lesson. — Leurs caractères anthropologiques
f»
d’après B. Davis ; Topinard ; de Quatrefages et Hamy. — Les
Tasmaniens formaient une race
connues.
—
Leur extinction.
dessinateurs. — Tableau
—
distincte
de
toutes
Le type tasmanien
linguistique comparé
les autres
d’après les
CHAPITRE IV
AUSTRALIENS.
Description des Australiens d’après les observateurs anciens :
Dampier ; Cook, Parkinson et Banks ; Péron, Dupuch et
Ransonnet; de Freycinet, Quoy et Gaimard; R. P. Les¬
son ; A.
Lesson. — Divergences d’appréciation chez les an-
83
TABLE DES
ciens observateurs.
—
395
MATIÈRES.
Observations modernes.
—
Australiens à
cheveux lisses et à cheveux crépus ; Leurs caractères crâniens.
—
Papua et d’Alfourous.
Antérieurement les Négritos ont dû également contri¬
buer à leur formation,
Les Australiens n’ont pas une descen¬
dance asiatique; ils ne forment pas une race une et primi¬
Les Australiens semblent être des métis
de
—■
—
tive.
—
Résumé des Australiens
Résumé général des races Mélanésiennes
89
106
LIVRE DEUXIÈME
RACES
CARACTÈRES
POLYNÉSIENNES.
EXTERIEURS DUS
POLYNESIENS.
Polynésienne, d’après M. de Quatrefages. — La description faite par ce savant est incomplète;
observations à ce sujet. — Il n’existe dans les îles Polynésiennes
ni noirs, ni blonds. — Caractères crâniens des Polynésiens. —
Leurs caractères physiques extérieurs d’après nos observations .
Traits distinctifs de la race
109
CHAPITRE
MALAIS.
1
CONSIDÉRATIONS
GÉ.NÉRALES.
Opinions contradictoires émises sur les peuples de la Malaisie.—
Divergences des auteurs sur les caractères distinctifs et suri e
lieu d’origine des Malais. — Opinion de R. P. Lesson. — Opi¬
nion de Mr de Quatrefages. — Les Malais sont une race hété¬
rogène qui ne saurait être regardée comme typique
12a
n
CARACTÈRl* PHYSIQUES.
Caractères des Malais d’après
R. P. Lesson ; de Rienzi; Bory de
St-Vincent ; Van Leent ; Ida Pfeiffer ;
Topinard. — Résumé des
descriptions précédentes. — Les caractères anthropologiques et
crâniométriques des Malais les différencient complètement des
Polynésiens
III
CARACTÈRES
LINGUISTIQUES,
Langue malaie : son origine, ses règles fondamentales, ses prin¬
cipaux dialectes. — Langue polynésienne : ses caractères prin-
laq
O
396
TABLE DES MATIERES.
cipaux. — Différences et analogies entre le Malayou et le Poly¬
nésien.
La langue naalaie ne peut pas avoir été la mère de la
langue polynésienne, qui est une langue primitive. —Les Po¬
lynésiens ne proviennent donc pas des Malais. — Tableaux lin¬
guistiques
—
;,Q. ;
CHAPITRE II.
J.4lVANAI.S.
1
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
L’origine des Javanais est fort obscure. —Opinions
res
des auteurs à ce sujet. — Peuple
contradictoi¬
inconnu de Crawfurd
lyo
II
CARACTÈRES PHYSIQUES.
Thunberg ; Linschot ; Leblanc ;
Barow ; Ida Pfeiffer. — Leurs caractères
crâniens.
Ces caractères rapprochent les Javanais des Malais,
mais ils les différencient des Polynésiens. — Types Javanais...
Caractères des Javanais d’après
Raffles ; Stavorinus ;
—
178
III
CAIl.tCTÈaBS LINGUISTIQUES.
Langue javanaise ; Javan ancien ; Basa-Krama ; Javan vul¬
gaire. Los langages javanais se rapprochent du Malai, mais
s’éloignent du Polynésien. — Le Javanais est une langue mélan¬
gée renfermant des racines Polynésiennes
187
IV
ORIGINE DES MALAIS.
Les Malais ont formé,
dès le principe^' un seul peuple avec les Ja¬
vanais ; Raisons militant en
Malais ne sont que
faveur de cette opinion.
des Javans expatriés
—
Les
■
197
V
ORIGINE DES JAVANAIS.
Les Javanais sont des métis
formés par
le croisement des émi¬
noire autochthone et d’autres
faces jaunes asiatiques. — Existence d’une race noire première
occupante de Java. — Peuple inconnu. — Races asiatiques. —
grants Polynésiens avec une race
Siamois.— Tableaux linguistiques.
202
MATIÈRE-;.
TABLE DES
CHAPITRE III.
MALAISIENS.
Populations que^l’on doit considérer comme malaisienncs
I
BATTAKS.
physiques, d’après
le Rév. Favre. — Les Bat¬
taks, les Redjangs et les Lampongs ont une origine commune
avec les Dayaks. — Langage battak. — Tableau linguistique
Lieu d’habitat des Battaks. — Leurs caractères
Marsden
Ida Pfeiffer ; Van Leent ;
:
II
DAYAKS.
de Bornéo, d’après R. P. Lesson ; Ida
Leent ; Forrest. — Origine des Dayaks. —
Langue daya. .— Les Dayaks sont des émigrants polynésiens. —
Populations appartenant à la race dayaque. — Tableau linguis¬
tique
Caractères des Dayaks
Pfeiffer ; Van
III
BOÜGUIS.
Bouguis de Célèbes, d’après Stavorinus ; de
Pfeiffer ; Dumont d’Urville ; Quoy et Gaimard ; Jurien de la Gravière. — Opinions contradictoires
sur les Bouguis. — Ce sont des métis d’Alfourous ou Dayaks et
de Javanais ou Malais. — Ressernblances entre le Bougui et le
Caractères
des
Rienzi ; Ida
Polynésien.— Caractères linguistiques du Bougui et du Mangkasara.
Ces ressemblances prouvent que la civilisation poly¬
nésienne s’est étendue jusqu’à l’Inde. — L’ancienne langue
bouguise était une langue polyné^enne
—
IV
ALPCUROUS.
Lieu
d’habitat
des Alfourous.
—
Contradictions des observa¬
— Haraforas
de Min¬
Alfourous des. Moluques, d’après
Rumphius ; Stavorinus ; Forrest ; Ligtvoet ; Ida Pfeiffer ; de Ro¬
senberg ; Van Leent ; Ratfray; Teysman. —Alfourous des Phi¬
lippines. — Alfourous de la Nouvelle-Guinée, d’après les voya¬
geurs anciens et modernes. — Les Alfourous sont des Poly¬
teurs ;
de Rienzi
;
Dumont d’Urville.
danao, d’après Forrest.
nésiens
—
398
TABLE DES MATIÈRES.
V
RÉSUMÉ DES MALAISIENS.
Les Malaisiens proviennent descolonies
militant
non
en
faveur de l’opinion
les ancêtres des Polynésiens
polynésiennes. — Raisons
qu’ils sont les descendants et
CHAPITRE IV
CAROLINS ET MARIANNAIS.
Exposé général de la question
1
ILES
CAROLINBS.
Description de l’Archipel des Carolines.
—
des Garolins.—Leurs connaissances
Caractères
physiques
nautiques. — Langue des
îles Carolines ; ses nombreux dialectes
; ses analogies avec
le Polynésien ; Tableaux
linguistiques. — Lieu d’origine des
Garolins: Opinions de de Chamisso ; Dumont d’Urville
; de
Rienzi ; Lesson ; Lûtke. — Mélanésiens des îles
Puynipet et Pelew.
La généralité des Garolins ofi're le
type polynésien
—
Il
ILES
MARIANNES.
Aperçu géographiqüe. — Caractères physiques des anciens Mariannais, d’après Le Gobien ; Gemelli Carreri ; Dampier ;
Pigaffetta. — Lieu d’origine des Mariannais. — Langage Mariannais ; ses ressemblances avec le
Malai, le Tagal et surtout
le Polynésien. — Chants mariannais
•
Itl
RESSEMBLANCES DBS CAROLINS ET DES MARIANNAIS AVEC
LES
POLYNÉSIENS.
Ressemblances de religion, de superstitions, de
jugés
croyances,
de pré¬
Ressemblances d’industrie.— Ressemblances de mœurs,
coutumes, usages, état social. — Ressemblances de maladies, de
cérémonies funèbres. — Autres analogies. —Différences existant
entre
les Garolins et Mariannais et les
Polynésiens. —
rences sont
,
bien moins
importantes que
les
Ces diffé¬
ressemblances.—
Les Polynésiens sont les ancêtres des Garolins et des Marian¬
nais.
Tableaux linguistiques...
—
TABLE DES MATIÈRES.
DEUXIÈME PARTIE.
LIVRE PREMIER.
•
ORIGINE
DES
POLYNÉSIENS.
IDENTITÉ DES POLYNÉSIENS ENTRE EUX.
Les Polynésiens sont les tribus
dispersées d’une môme nation. —
migrations. —Point de dé¬
part de ces migrations- — Divergences des savants à ce sujet. —
Trois théories principales ; Provenance d’un continent submer¬
gé ; Provenance américaine ; Provenance^asiatique
Leurs îles ont étépeuplées par voie de
CHAPITRE !=>■
PREMIÈRE THÉORIE
PROVENANCE
d’üN
ANCIEN
.
CONTINENT
SUBMERGÉ
.
Faits
principaux motivant cette hypothèse. — Examende l’opi¬
nion des savants qui l’ont soutenue : Quiros ; Buache ; de
Brosses ; Cook ; Dalrymple ; Vancouver; les deux Forster ;
Carli ; Dumont d’Urville ; Moêrenhoût ; Ellis ; Guillemin ; Beaudichon ; deBovis. — Discussion entre MM. Périer, Broca et de
Quatrefages ;—Brulfert ; Dana ; d’Omalius d’Halloy ; Jules
Garnier.
Objections qui rendent inadmissible l’hypothèse
d’un ancien continent submergé
—
CHAPITRE il
DEUXIÈME THÉORIE
ORIGINE
AMÉRICAINE DES
POLYNÉSIENS
Bases sur lesquelles repose cette hypothèse.
.
—Elle est formulée
la première fois par Zuniga. — Opinions d’Ellis. — Ex¬
posé et réfutation des arguments présentés en faveur de l’origine
américaine des Polynésiens : Refsemblances de religion, d’in¬
dustrie, de mœurs ; autres analogies ; langage ; caractères phy¬
siques. — Communications entre l’Amérique et les îles de la
mer du Sud ;
opinions de Crozet ; Molina ; Dunmore-Lang ;
Jules Garnier ; de Bovis. — Les Polynésiens n’ont pu provenir
de l’Amérique
pour
Table des Matières
DU
SECOND VOLUME
DEUXIÈME PARTIE.
LIVRE PREMIER.
CHAPITRE in.
TROISIÈME TIIÉOEIE.
ORIGINE ASIATIQUE DES
POLYNESIENS.
Bases sur
lesquelles repose cette hypothèse : révélation biblique ;
usages, coutumes, langues ; direction des vents ; proximité plus
grande, les unes des autres, des terres avoisinant l’Asie. — Ex¬
posé, par ordre chronologique, de l’opinion de tous les auteurs
partisans de l’origine asiatique ou malaise des Polynésiens : de
Guignes ; de Bougainville ; Court de Gebelin ; Cook ; R. Forster ; de La Pérouse ; Marsden
; Molina ; Claret de Fleurieu ; de
Chamisso ; Raffles ; Crawfurd ; R. P. Leeson ; Balbi ; Bory de
Saint-Vincent ; Beechey ; Lütke et Mertens ; Ellis ; Dumont
d’Urville ; Dunmore-Lang ; de Rienzi ; J. Williams ; Dieflénbach ; H. Haie ; Gaussin ; W. Earl ; Shortland ; de Bovis ; sir
Grey ; Taylor; Thompson ;deQuatrefages. ^ Objections oppo¬
sées à cette
théorie ;
J. Garnier.
—
Résumé des
ne
opinions de
les auteurs cités.—Conclusions générales : les Polynésiens
descendent ni des Malais et des Javanais, ni des Malaisiens ;
tous
ils sont plutôt les
linguistique
ancêtres des uns-et des
LIVRE
HE CHERCHE
EE
sont
—Tableau
DEUXIÈME
l’oRIGINE RÉELLE HES POLYNÉSIENS.
CONSIDÉRATIONS
Les théories jusqu’ici
autres.
GÉNÉRALES.
émises sur le lieu d’origine des Polynésiens
insuffisantes. —Nouvelle théorie basée sur l’étude de toutes
les données anciennes et récentes :
anthropologiques ;
philologi¬
ques ; traditionnelles ;spécialcE.— Marche suivie dans cette étude.
TABrÆ DES MATIÈRES.
401
CHA.PITRE PREMIlCR
ILES SANDWICH OU HAWAII
Considérations géographiques et
historiques. — Epoque des pre¬
Européens. — Caractères physiques des Ha¬
waiiens.
"Sraditions favorables à une
origine polynésienne et
relatives à l’arrivée
d’étrangers polynésiens : Paao, Manahini. —
Traditions relatives à l’arrivée
d’étrangers européens. — Voya¬
ges lointains des Hawaiiens : Kamapiikai. — Examen et discus¬
sion des légendes. — Chant de Tauai.
Les premiers émigrants
mières visites des
—
—
fixés dans les îles Sandwich semblent
Société.
—
être venus des îles
Iles existant entre les Sandwich et Tahiti
de la
i5t
CHAPITRE DEUXIÈME
ILES
MARQUISES
Caractères physiques des
Marquésans, d’après A. Lesson ; Le Bâ¬
tard.
Leurs caractères crâniens.
—Légendes relatives à l’ori¬
gine des habitants des îles Marquises. — Havaïki.
Voyages
lointains des Marquésans : carte de
Tupaia. — Légende de Maui ;
origine du feu. — Origine des jours et des nuits. — Légende de
Tiki.
Origine des cochons et des poules. — Origine des chiens
et des chats.
Origine des cocotiers. —Origine des rats. — Ori¬
gine de la première femme. — Origine des arbres à fruits co¬
mestibles.
Traditions diverses.
Texte polynésien de la lé¬
—
—
—
—
—
—
gende de Maui. — Mumu marquésans. — Les Marquésans sont
venus de
Tahiti, des Tunga, et probablement aussi des Samoa.—
Leur pays originaire était situé
plus à l’Ouest que l’archipel des
Marquises
igS
CHAPITRE TR0ISIÈ.\1E
ILES PAUMOTU ET MANGAREVA
I
ILES
PAUMOTÜ
OU
TUAMOTU
Caractères physiques des habitants des îlesPaumotu. — Ce
sont
de véritables Polynésiens,
qui semblent être anciennement
de Tahiti.
—
venus
Etymologie du mot Paumotu...'
abS
il
ILES M.ANG.AREVA OU GAMBIER.
Considérations géographiques et
historiques : Juan Fernandez.
Mangaréviens, d’après A. Lesson ; Beechey. — Les habitants des îles Gambiersont des émigrants Poly¬
nésiens venus d’archipels
plus occidentaux. — Etymologie du
mot Mangareva
—
Caractères physiques des
IV,
20.
I
260
TABLE DES MATIÈRES,
402
CHAPITRE
ILE DE
Considérations historiques.
QUATRIÈME
PAQUES,
—Caractères physiques des habitants
anciensetmodernes. — Ces caractèresles rangent parmi les Poly¬
nésiens, et les rapprochent surtout des Néo-Zélandais. — Ils s’en
distension lobulaire des oreilles et l’usage
de la poterie, d’origine mélanésienne. — Discussion à ce sujet. —
Traditions relatives à Pile de Pâques. — Le langage de l’île est
polynésien et se rapproche surtout du Maori. — Liste des rois
de Pâques. — Description des statues et autres monuments de
Pâques. — Les habitants de Pâques sont des émigrants d’îles
polynésiennes situées plus à l’Ouest, et probablement des îles de
différencient par la
la Société et de Raiatea
CHAPITRE
ILES
CINQUIÈME
TAHITI
ET
MANAIA.
I
TAHITI.
Exposé général. — Vents régnants à Tahiti. —Caractères phy¬
siques des Tahitiens. --Couleur de leur peau. — Forme de
leur tête et de leur .nez. —Type des habitants de Tahiti. —
Leurs caractères crâniens. —Traditions relatives au peuplement
de Tahiti.
Création du premier homme ; Tii. — Création de
l’île ; Maui.
Lieu de provenance des Tahitiens : Oro. - Dis¬
—
—
Havaï. — Considérations
linguistiques. —
l’arri¬
vée des émigrants polynésiens. — Pifcuves à l’appui de cette as¬
sertion.
Tahiti a été peuplée par Raiatea. — Chants Tahi¬
cussion
sur
le
mot
Tahiti n’était pas habité par une race mélanésienne avant
—
tiens
II
ILES MANAIA.
L’archipel des îles Hervey a joué un rôle intermédiaire dans lé
peuplement de Raiatea et de Tahiti. — Aperçu géographique.
Considérations philologiques.— Caractères anthropologiques,
Croyance des habitants des Manaia en un Avaiki, patrie origi¬
naire, située plus à l’Ouest encore que leurs îles..
—
-r-
TABLE DES MATIÈRES.
403
LIVRE ^TROISIÈME
RECHERCHE
d’oRIGINE DES SAMOANS
DU PAYS
ET DES
TONGANS.
,
CHAPITRE PREMIER
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES ARCHIPELS
Considérations préliminaires. —
SAMOA, TUNGA ET FIJI.
Les deux archipels
Samoa
et
Tunga diffèrent géographiquement et historiquement. — Les
îles Tunga et
Fiji ne sauraient être confondues dans un même
groupe. — Situation relative des terres occidentales
par rapport
aux Samoa et aux
Tunga. — Ces terres ne sont
me
relation géographique avec les deux
pas dans une mê¬
archipels
Syi
I
DESCRIPTION PARTICULIÈRE DES TROIS
GROUPES.
Aperçu géographique sur les trois groupes : Iles Samoa
; vents
régnants. — Iles Tunga ; vents régnants. — Iles
Fiji ; vents ré¬
gnants. — Caractères physiques des
Samoans, d’après Bougain¬
ville ; La Pérouse
; Roggeween ; Hamilton ; d’Urville ; A. Lesson.
Caractères physiques des
Tongans, d’après nos propres obser¬
vations ; d’après Pritchard.
Caractères physiques des
Fijiens,
d’après A. Lesson ; Quoy et Gaimard ; Pritchard. — Des diffé¬
rences profondes
séparent les Fijiens des Samoans et des Ton¬
—
—
gans
378
II
ANTAGONISME ET RAPPORTS DES
POLYNESIENS ET DES
Influence réciproque des deuxraces.
MÉLANÉSIENS.
Opinion des missionnaires
anglais sur l’originedes Fijien*. — Les
Fijiens se disent autochthones ; légendes relatives à ce
sujet. — Peuples visités par les
Fijiens ou qui les ont visités.
Succession des
les deux races
volontaires.
termination.
tis
—
—
—
rapports entre
rapports ont été d’abord involontaires, puis
—
:
ces
Traditions rapportées par Mariner. — Loi d’ex¬
Métis dus au
mélange des deux races. —Les mé¬
Tunga-Piji n’existent que dans quelques-unes
des îles Fiji ;
l’opinion contraire de IVt. de Quatrefages. —
La race
polynésienne n’est pas une race conquérante. —Les Po¬
lynésiens n’ont pas assujetti les
Fijiens ; ils n’ont jamais été
complètement assujettis par eux. — Traditions relatives à ce
su¬
jet ; guerres entre les Tongans et les Samoans :
origine des co¬
chons au Samoa.
Conclusions
réfutation
de
—
4o3
404
MATIÈRES.
TABLE DES
III
RECHERCHES
Différences fondamentales
LI.NGLTSTIQUES.
Fijien et le Polynésien. — Il
langue fijienne une grande quantité de mots poly¬
nésiens.— Tableaux linguistiques. — Dialecte des îles SaiLoa.
Chants Samoans.
La philologie prouve que les Polynésiens
ont civilisé les Fijiens et qu’ils sont restés longtemps en contact
entre le
existe dans la
—
—
avec eux
IV
TRADITIONS
ET
lÉgENBES.
Témoignages d’entraînements desTongans et des Samoans aux Fiji.
Traditions relatives à ces entraînements rapportées par Pritchard.
Légendes ; Sina ; Rorandini ; origine des cocotiers ;
origine dutaro; origine du feu ; origine des serpents aux Samoa.
Autres analogies communes entre les trois archipels. —
Croyance en un même Burotu ; discussion sur ce mot. — Conclu¬
sions générales
—
—
—
CHAPITRE DEUXIÈME
PEUPLEMENT DES ARCHIPELS SAMOA ET TUNGA
I
PEUPLEMENT DES ILES
Les Samoans viennent-ils
SAMOA.
de l’Est ? Examen
de
l’hypothèse de
Pritchard. — Légendes relatives à la création de l’homme aux Sa¬
habitants des îles Samoa n’ont pas eu
— Viennent-ils du N-0 î Traditions
rapportées par Mariner. — Bulotu. — Réfutation de l’hypothèse
de Haie et de ses partisans. —^ Les Samoans Deviennent pas du
N.-O. —Viennent-ils de l’Ouest ? Marche des émigrants, d’a¬
près Haie et de Quatrefages. — Le peuftlement des Samoa par
l’Ouest est impossible. — Les îles Samoa n’ont pu être peuplées
par l’O.- S.-O, ou l’Australie. — Leurs premiers habitants vien¬
nent du S.-O., c’est-à-dire des îles Tunga. — Preuves à l’appui
de cette assertion.
Traditions relatives à ce sujet
moa.
une
—
Les premiers
provenance orientale.
—
II
PEUPI.EMENT DBS ILES
TUNGA.
Examen des deux hypothèses opposées: provenance orientale ; pro¬
occidentale. — La première hypothèse n’est pas admis¬
sible.— Les Fiji auraient été un obstacle presque insurmontable
venance
à une provenance occidentale de la Malaisie.— Réfutation
de l’o-
TABLE DES
iJATIÈHES.
4('5
pinion de M. de Quatrefages. — Eïamen critique des traditions
recueillies parMariner et Pritchard.— Ces
en
rien les conclusions
traditions ne justifient
qu’en ont tiré les ethnologues modernes.—
La provenance malaisienne des
—
par
Les
Polynésiens n’est pas admissible.
érgigrants polynésiens sont venus du Sud-Ouest.
la Nouvelle-Zélande qu’ont été peuplées les îles
successivement les autres îles
Polynésiennes
—
C'est
Tunga, puis,
624
Table des Matières
TROISIÈME VOLUME
i
Avant-Propos
TROISIÈME PARTIE
LIVRE
PREMIER
NOUVEL le;-ZÉLANDE
CONSIDÉRATIONS
GÉNÉRALES
SUR iLA NOUVELLE-ZÉLANDE
i
Réflexions préliminaires
CHAPITRE PREMIER
GÉOGRAPHIE ET HISTOIRE NATURELLE.
Aperçu géographique et topographique sur le groupe de la Nou¬
velle-Zélande. — Trois îles principales. — Description de
l’Ile-Nord — Description de l’Ile-du-Milieu. — Examen des
noms donnés par les premiers navigateurs. —
Recherches lin¬
guistiques ; Pounamu ; Kawai ; Kaikoura ; Pakeha. — Météo¬
rologie. — Vents régnants. — Noms des vents. — Tempêtes. —
Température. — Tableaux météorologiques. — Géologie. —
Constitution volcanique. — Iles disparues. — Botanique.
Nature et espèces des différentes p}.antes. — Le groupe delà
—
Nouvelle-Zélande constitue un centre botanique.
Mammifères terrestres : Kuri ; Kiore ; Kaurehe.
—
—
Faune. —
Oiseaux :
Kiwi ; Moa : Remarques sur l’extinction des Moa. — Ruru ;
Kakapo. —Reptiles ; Lézards. — Amphibies. — Poissons. —
Coquilles. — La géologie, la faune et la flore prouvent que
îles delà Nouvelle-Zélande sont un centre de création
CHAPITRE
les
DEUXIÈME
MAORI
Population de la Nouvelle-Zélande. — Evaluations contradictoi¬
res faites par les [voyageurs. —
Recensements. — Extinction
4
TABLE DES MATIÈRES.
407
graduelle des indigènes.— Etymologie du mot Maori.—• Divi¬
sion des Maori en nations, tribus-et sous-tribus. — Opinions de
Shortland et de Thompson. — Iwi ; Hapu. — Devises caracté¬
ristiques des tribus. — Signification du mot Ngati. — Unité de
race à la Nouvelle-Zélande.
Examen critique des opinions
—
contraires,
-j- Caractères physiques
les différents
observateurs
des Néo-Zélandais d’après
Crozet; d’Urville ; Moërenhoüt ;
Dieffenbach ; Shortland ; Taylor ; Thompson. — Les Maori ne
forment qu’une seule race et ne parlent qu’une même langue.
Les variétés signalées parmi eux ne sont que de simples
nuances.
Caractères physiques des Néo-Zélandais, d’après
:
—
—-
nous-même. — Leurs
Zélandais. — Les
caractères crâniens. — Portraits des Néo-
Maori
étaient le plus beau type de la race
polynésienne. — Comparaison de leurs caractères physiques et
moraux au commencement du siècle et à notre
époque ; Quoy ;
Marsden ; Thompson
LIVRE
53
DEUXIÈME
NOUVELLE-ZÉLANDE
d'oRISINE des POLYNÉSIENS.
LIEU
REMARQUES
PRELIMINAIRES.
Analogies du Tahitien et du Maori.— Usage de l’arc et des flèches.
Premiers partisans de l’origine Néo-Zélandaise des Polynénésiens ; Banks ; Crozet; Bory de Saint-Vincent
—
jio
CHAPITRE PREMIER
EXPOSÉ
ET
RÉFUTATION
DES
OBJECTIONS.
Objections faites contre le peuplement de la Polynésie par la
Nouvelle-Zélande.
Pirogues Néo-Zélandaises. — Existence à la
Nouvelle-Zélande de canots doubles et de pirogues à balancier.
—
—
Absence des
Maori
à
la
Nfcuvelle-Hollande.
—
Uwhi.
—
Kawa. — Cochons et poules. — Direction des vents.
uy
CHAPITRE DEUXIÈME
TÉMOIGNAGES
FAVORABLES.
Légende de Kendall. — Chant cité par Taylor. — Mots communs
aux deux contrées ;
Maori ; — Maui ; — 0-tu ; — Tina ; —
Rama et Tiare ; — Motu et Fatu ; — Ariki ; —Tui-Tunga ; —
—
Vea-iti. —Jade vert. — Coutume d’avaler l’œil de la victime. —o
Absence des colonies
velle-Hollande
polynésiennes
ou
zélandaises à la Nou¬
140'
408
TAULE DES
MATIÈRES.
CHAPITRE
TROISIÈME
E.\AMEN
LINGUISTIQUE.
Comparaison du Maori et des dialectes polynésiens. — La langue
Maori est la langue polynésienne la moins altérée.
Ôpinion
de M. Gaussin.
Opinion de M. John Williams.
Tradition
relative au peuplement de Rarotonga.
Chant d’Oromea.
Le Maori était la langue primitive
des Polynésiens. —Alpha¬
bets des principaux archipels polynésiens : Nouvelle-Zélande
;
Tunga ; Samoa; Raiatea ; Tahiti; Mangareva ; Paumotu ;
Marquises ; Sandwich. — Ces alphabets dérivent tous de celui
—
—
de la Nouvelle-Zélande.
Le Maori est la langue-mère des dia¬
polynésiens. — Les noms de lieux en Polynésie ont une
origine Néo-Zélandaise. — Conclusions. — Fables Néo-Zélan¬
—
lectes
daises
LIVRE
ORIGINE
Distinction à établir
Nouvelle-Zélande.
entre
—
TROISIÈME
DES
les îles
Traditions
NÉO-ZÉLANDAIS.
composant le groupe de la
relatives à l’origine des Néo-
Zélandais, rapportées par Cook ; Ulimaroa. — Arrivée
gers à l’Ile-Nord. — Heawise. — Opinion
Vincent ; de R. P. Lesson. — Principales
d’étran¬
de Bory de Sainthypothèses émises
l’origine des Néo-Zélandais
Origine tahitienne : Dumont d’Urville ; son opinion sur les
langues polynésiennes ; son explication du peuplement de la
Nouvelle-Zélande. — Réfutation de cette hypothèse
2° Origine hawaïenne : Dieffenbach ; les Hawaïens sont venus à
la Nouvelle-Zélande en passant par l’Ile de Pâques ; arrivée de
trois canots ; introduction des Kumara à l’Ile-Nord. — Réfuta¬
tion de cette hypothèse
.*.
3“ Origine samoane ; H. Haie ; Savaii, première étape des émi¬
grants malais et point de départ des colonies polynésiennes ; re¬
cherches linguistiques : Savaii dérived’Hawahiki. — Réfutation
de cette hypothèse
4* Origine samoane indirecte : Gaussin. — Exposé et réfutation
de cette hypothèse."
5* Origine hawaïenne et samoane ; Shortland. — Exposé et ré¬
futation de cette hypothèse.— Erreurs d’interprétation ; Vansur
1“
gaparaoa
6“ Origine samoane indirecte par Rarotonga : Thompson ; raisons
sur
lesquelles repose cette hypothèse ; réfutation des preuves
TABLE DES
MATIÈRES.
40^
.
invoquées en sa faveur ; différences existant entre les Malais et
les Néo-Zélandais : croyance en un Hawahiki dans les îles
Samoa ; un seul Hawahiki ; localités voisines de l’Hawahiki ;
direction de l’Hawahiki ; route de l’Hawahiki ; chiens sauva¬
ges aux Samoa ; époque des migrations. — Erreurs et inexac¬
titudes de
l’qjavrage de Thompson
7° Origine samoane indirecte : de Quatrefages ; sa première
nion ; sa deuxième opinion ; raisons
sur lesquelles elle est ap¬
puyée ; Rarotonga n’a pu peupler la Nouvelle-Zélande ; consi¬
dérations linguistiques. — Réfutation de cette hypothèse
Nécessité d’une hypothèse rationnelle
LIVRE
293
opi¬
824
aqi
QUATRIÈME
HAWAHIKI
CHAPITRE PREMIER
BECHEKCHE
Heawise de Cook.
—
DE
l’hAWAHIKI.
Traditions relatives à l’Hawahiki
par sir Grey et Taylor.
Ce qu’était l’Hawahiki.
publiées
Conséquences qui en découlent. •—
— Erreurs
résultant de la confusion
—
faite entre les îles qui composent
le groupe delà Nouvelle-Zé¬
à l’Ouest et fort près d’Aotearoa ou Ile-Nord de la Nouvelle-Zélande. — Les émigrants de
l’Hawahiki ont tous vécu vers la même époque et se sont ex¬
lande.— L’Hawahiki était placé
patriés pour les mêmes motifs.
raire de Turi
:
—
Voyage de Kupe. — Itiné¬
version de Taylor. —
Version de sir Grey ;
Voyage de Ngahue ; Version de sir Grey ; version de Taylor.
Voyage à la Nouvelle-Zélande d’après sir Grey : Itinéraire d*
VArawa ; itinéraire du Tainui ; itinéraire du Tokomarii. —
Conséquences tirées de ces itinéraires : l’Hawahiki se trouvait
—
situé dans l’IIe-du-Milieu de la Nouvelle-Zélande
CHAPITRE
DEUXIÈME
Il.E-DU-MIt.IEU.
Témoignages fournis par l’étude des cartes géographiques. —
Examendes localités situées sur les deux îles principales. —
Ces localités se retrouvent toutes dans les chants historiques
preuves : Phormium tenax ; Phoques ;
Neige ; Piopio ; Kumara ; Hekenga-Mai ; Jade vert. — L'Hawahiki ne pouvait être situé en Polynésie : ;Preuves à l’appui. —
Situation de l’Hawahiki sur l’Ile-du-Milieu. — Point de départ
des émigrants. — Autres
342
410
de Turi.
TABLE DES MATIÈRES.
—
Tribus existant dans l’Hawahiki.
—
du mot Hawahiki. — Kawai
Signification
404
CHAPITRE TROISIÈME
PEUPLEMENT
DE
l’iLE-NORD.
Opinions à ce sujet de d’Urville et de Kendall ; de Dieffenbach ; de
Taylor ; de Thompson ; de de Quatrefages. — Indigènes trouvés
à Aotearoa
par les Hawahikiens ; Preuves à l’appui. — Maero
Ngati-Mamoe ; Patu-Paearehe ; Mere Punanamu ; étymologie
du mot
Tunga jNgati-Kahungunu. — Résumé général
et
CHAPITRE
439
QUATRIÈME
PROVENANCE DES HAWAHIKIENS.
Les Hawahikiens étaient autochthonessur Kawaï.—
faune des îles de la
Spécialité de la
Nouvelle-Zélande.—Spécialité de la flore de ces
mêmes îles. — Spécialité de la race humaine
Isolement dans
l’espace des
de ce groupe. —
terres de la Nouvelle-Zélande. —
L’île Kawaï a été le centre de création de la race
Maori
474
Table des Matières
DU
QUATRIÈME VOLUME
QUATRIÈME PARTIE
LIVRE I
MIGRATIONS.
CHAPITRE PREMIER
PREUVES
DES
MIGRATIONS,
Témoignages nouveaux en faveur des migrations. — Carte de Tupaia. — Son importance et son exactitude. — Connaissances
géographiques des Polynésiens en général. —Examen détaillé de
la carte de Tupaia. — Carte des îles Carolines
CHAPITRE
•
i
DEUXIÈME
Causes des migrations. — Guerres intestines ;
insuffisance du sol;
Exemples d’entraînements sur¬
tout du S. E au N. O et du N. O au S. E. — Nécessité des mi¬
entraînements involontaires. —
grations. — Vents qui ont servi aux
migrations.
en faveur d’une provenance
C’est du S. O vers le N. E qui se sont effectuées
tions témoignant
Tradi¬
•—
occidentale. —
les migrations
volontaires
CHAPITRE
33
TROISIÈME
des auteurs à ce sujet. —
chaque archipel.— Iles Sandwich. —Iles
Marquises. — Paumotu. — Mangareva. — Hervey. — Tahiti. —
Nouvelle-Zélande. —Renseignements contradictoires.— Impos¬
sibilité de fixer exactement la daÆ des migrations. — Conclu¬
Date des migrations. — Divergences
Etude détaillée de
sions
»
LIVRE II
MARCHE DES
CHAPITRE
MIGRATIONS.
PREMIER
DISSÉMINATION DES MAORI.
Première étape des émigrants de l’Hawahild. — Populations trou¬
vées sur l’Ile-Nord de la Nouvelle-Zélande. — Motifs qui ports-
8i
412
TABLE DES
sèrent les Maori de l’Ile-Nord
émigrer. — Route du Nordémigrants. — Premières îles
eux : Tunga, Hapai, Manaia. — Dialecte de
Est seule ouverte aux
rencontrées
par
MATIÈnES,
à
nouveaux
Rarotonga. — Iles peuplées
par
les Tunga.
—
Disséminations
involontaires. —Iles peuplées par Tahiti. —
Peuplement des
îles Marquises.
—Peuplement des îles Sandwich. —*Iles Carolines et Mariannes.
Voies suivies par les
Polynésiens pour at¬
—
teindre la Malaisie. — Toutes ces
migrations se sont opérées du
Sud-Ouest vers Nord-Est.
Les îles
polynésiennes n’étaient gé¬
néralement pas habitées lorsde l’arrivée des
émigrants. —Preu¬
ves
linguistiques. — Fréquence des mots polynésiens en Malai¬
sie ; rareté des mots malais en
Polynésie. — La Polynésie n'a pu
Ctrepeuplée par des populations Malaisiennes
—
LES
MAORI
EN
CHAPITRE
SECOND
AFRIQUE, EN
AMÉRIQUE ET EN ASIE.
log
Recherches de M. d’Eichthal. — Traces de la
civilisation
polyné¬
Madagascar. — En Egypte. — Rapprochements entre
les langues de
Vanikoro, Copte et Mandingue.— Autres preuves
de la venue des Polynésiens en
Afrique et à Madagascar. —
Comparaison avec le Maori et le langage des Antalotes des Como¬
res.
Les Polynésiens en
Amérique. — Analogies et coïnciden¬
sienne à
—
— Ressemblances
dans les modes de
sépulture ; dans le mo¬
de de fabrication des étoffés
; dans les constructions pyrami¬
dales ; dans le langage. — Autres
analogies.— Les Polynésiens en
Asie. — Considérations
linguistiques. — Direction des vents ré¬
ces.
gnants. — Cambodge.—Laos.
—Comparaison avec les Stiengs.
Polynésien.— Japon.— Carac¬
tères physiques des Japonais. —
Comparaison avec le Maori..
—
Affinités entre le Malayou et le
Conclusions générales
r
iSy
200
APPENDICE
LIVRE I
HISTOIRE
NATURELLE
DE
LA
NOUVELLE-ZELANDE.
CHAPITRE PRE-MIER.
ZOOLOGIE.
Mammifères. —Oiseaux.
—
Crustacés.
sectes
—
—
Reptiles. — Amphibies. — Poissons.
Mollusques. — Radiaires.—
Annelés.
—
In¬
2oG
413
TABLE DESMaTIÈKES.
CHAPITRE DEUXIÈME.
BOTANIQUE.
Flore de la
Nouvelle-Zélande.
—
Nomenclature et
description
des differentes familles.-- La Nouvelle-Zélande est un centre
•
bo-
5
237
tanique
LIVRE
MYTHOLOGIE
DE LA
CHAPITRE
MYTHOLOGIE
Création du Monde. — Principales
l’homme. — Noms des Dieux,
II
NOUVELLE-ZÉLANDE.
PREMIER
ET
lÉGB.NDES.
divinités.
archipels Polynésiens. — Kai Tangata.
—
—
Généalogie de
à la Nouvelle-Zélande et dans les
—
Hemo. — Tawhaki.
Wahie-roa. — Rata. —Maui. — Tinirau.— Légendes de la ba¬
leine apprivoisée.— Kae.
-
Tuhuruhuru. —Tuwhakararo.
Légendes de Tihi-manono et de Wharekura.
Légendes de Matuku
Whakatau.
—
CHAPITRE
—
—
266
DEUXIÈME
TRADITIONS.
départ des canots. — Liste des canots. —
des capitaines. — Liste des principaux émi¬
grants. — Kupe. — Ngahue. — Houmai. — Tawhiti. — Uenuku
Tradition relative au
Liste des canots
—
et
Manaia. — Tradition concernant le Tainui. —
Tradition
re¬
lative à VArawa. — Chants zélandais. — Ngati-Awa. — Ngati-Ka-
hungunu. — Nga-Puhi. — Rarawa. — Ngati-Mamoe. — Notes
sur
Rauparaha. — Guerres de Rauparaha
379
Index bibliographique
Table des chapitres
Table alphabétique des matières
33i
^
3g3
414
TABLE ALPHABÈTIOUE DES ilATlEBES
Aetas, Caractères physiques des— Analogies grecques et polynésien¬
I, 23.
nes, I, 483.
Afriqiie. Les Polynésiens en — Animaux. Absence d’
malfai¬
rV, 158.
Aitutaki. Cre'ation d’— II, 369. —
Ile du groupe Hervey III, 201,
203.
Alfourous. Existence des
—
dans
sants à la
III, 477.
—
Nouvelle-Zélande,
Antalotes. Rapports
des — avec les
IV 168.
du langage
Polynésiens,
la Nouvelle-Guinée I, 36. Les
Anurangi,'KMmwa. del’Hawahiki,
ont contribué à la forma¬
III, 412.
tion des Australiens, 103,105. Aotearoa. Habitants d’— anté¬
Habitat des — 266. Caractè¬
rieurs aux émigrants, III, 322,
res des
267, 292. — de
364, 374,
—
—
Célèbes, 249, 259. — de Min¬
danao. 269. —des Moluques.
272. — de Bouton, 276 — do
Bourou, 277.
278.
—
de Céram,
Langage dos — do Cé¬
ram, 281. — de Gilolo, 282.
—dos Philippines 283. — de
la Nou-volle-Guinéo,
396, 399, 446, 450,
453, 464. — Ile-Nord do la
Nouvelle-Zélande, 346, 350.
Les émigrations de FHawahiki
ont eu lieu
vers —, 346.For¬
357. Los habitants
primitifs d’—étaient des Maori,
me d’ —,
450.
284, 291. Aparima, Nom de lieu de FHa¬
de Port-Moresby, 286. —
wahiki, 111, 3C4, 442.
de Dorey, 289. Les —sont des
Appendice, IV, 206.
malaisiens, 293.
Araqo, cité, I, 242.
—
Alphabet. Absence do F
en
Polynésie, 11, 103.— des prin¬
cipaux archipels polynésiens,
—
111, 207 et suiv., 212.
Alu-Fatu. Iles
ou
Niua,
474, 11, 384.
Amboine. Habitants de Pile d’
—
1,
Araucahs. Différences
linguistiues des—avec les
Polynésiens,
,
489. Différences
physiques
des—avec les Polynésicns,492.
Caractères physiques des —
492, 494.
Arahiira, nom de lieu sur Flle-du—
—
L ,272.
Milieu, III, 383, 388.
Américaine. Hypothèse de l’ori¬ *Arawa. Itinéraire de F
—111,391;
gine— des Polynésiens, 1,430,
tradition relative à F— IV,351.
449 et suiv.
Amérique.
Ressemblances
des
les Océa¬
Voyage de F — 352.
Origine des
aux
Marquises, II, 231.
Arbres à fruits.
—
habitants de 1’— avec
niens, I, 449 et suiv., 500 et Arc et flèches. Absence de — en
suiv., 506. —Visitée par les
Polynésie, I, 461 ; Ht, 112,
Polynésiens, 514. Différence
114, 115.
des dialectes de F
et de Arfaki. Description des —
1, 45,
FOcéanie, 489, 490, 492, 502.
271, 284, 289.
Les Polynésiens en — IV, Arias,
cité, I, 291 ; II, 264.
170.
Arilci. Signification du mot —,
Amirauté. Habitants de File de
III, 158, 168.
F— I, 35, 58.
Arioi, secte de la Polynésie, 1,
Amphibies, de la Nouvelle-Zé¬
359; IV, 35.
lande, III, 49 ; IV, 219.
Asiatique. Hypothèse de l’origine
—
TABLE
ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
415
des Polynésiens, II, I et Biographiques. Notes — IV, 280.
suiv. Partisans de l’origine — Blancs Non existence des — en
des Polynésiens, 9. Résumé
Polynésie, 1, 115.
des opinions relatives à l’ori¬ Bornéo. Population de — 1, 240.
—
gine —, 135
Dayaks de — 240.
Asie. Papua de 1’— I, 17. Les Po¬ Bory de Saint-Vincent. Opinion
de
sur l’origine des Poly¬
lynésiens en*— IV, 181.
Assentiment. Signes d’ — 1, 467,
nésiens, II. 51. Opinion de —
sur le peuplement de la Poly¬
IV, 185.
Astronomie des Carolins, T. 306.
nésie par la Nouvelle-Zélande,
—
Ata, île pêchée par Maui, II, S23,
Ati.
^
324.
Signification du mot
68.
—
111.
Atkin, (le Rév.), cité, I, 58.
Australie.
Opinion de — sur
l’origine des Néo-Zélandais,
234."Cité, I, 129, 135, 320,
III, 117.
■
430 ; II, 52
Botanique de la Nouvelle-Zélande,
deP—
1. 104.
IV, 237 et suiv.
106. Papua Bougainville (de), cité, 1, 54; II,
en —, 105. Absence des Po¬
11, 315, 360, 390.^
lynésiens en — 111, 183. L’ — Bouguis. Ancienneté des — I,
n’a jamais été réunie à la
246, 247. Caractères des —
347. Les
se rapprochent des
Nouvelle-Zélande, 478.
Australiens. Caractères physiques
Alfourous de
Célèbes, 251.
des
Les
sont des Métis d’Al1, 89, 96. Caractères
crâniens des —, 99. Les —
fourous et de Javanais, 254.
sont des Métis, 100. — de
Langue des — 255. Ses rap¬
Georges Sound, 93. — de
ports avec le Polynésien,360.—
a été apportée en Malaisie par
Port-Western, 93. —^de Jervis
les Polynésiens,264.
Ray, 94. — de Port Jakson,
95. Absence des
à la Nou¬ Bouka, Papua de File — I, 51.
Boürgarel, cité, I, 66.
velle-Zélande, 111, 185.
Bourotou. II, 503 ; lit, 266. —
Azaba (d’) cité, I, 473.
Balbi. Opinion de — sur l’origine
est une île des Fiji, 11,506.
des Polynésiens.— cité, I, 148, Bourou. Harfours de —I, 277.—
Races
Négritos en —,
—
—.
—
—
264, 346, 440 ; II, 13, 60, 51.
Banks. Opinion de — sur le peu¬
plement de la Polynésie.— ci¬
té,!, 90 II. 315 ; m, 82, 112.
,
Baptême en Polynésie, 1, 469.
Barbosa (Odoardo), ri(é, I, 171.
Barnard-Davis, cité, 1, 64, 85.
Barros, cité, 1, 124, 173.
B ARROW, cité, I, 180.
Basakrama, 1, 189, 190.
Battaks.
rigine des Polynésiens, 1, 513;
II, 91. CitéI, 413, 513; 11,93;
III, 138, 191.
Brainne, cité, I, 483.
^ Brooa, cité, 1, 201, 373, 414, 416,
Populations considérées
comme —,
est une île des Moluques, 11,
502.
Bouton Alfourous de — I, 276.
Bovis (de). Opinion de - sur l’o¬
1, 230. Caractères
418.
Brosses (de), cité, I, 342, 391 ; 111,
74, 477.
physiques des —, 232 et suiv. Brdlfert, cité. 1,420.
Langage des — 328. Les — Buchanan, cité, 1, 126.
étaient anthropophages, 230. Büchner, cité, 1, 176.
Les
semblent dériver des Bulotu. Paradis fljien, II, 483,
Dayaks, 239.
508, 532, 540.
Bbauvoir Me), cité, I, 175.
Buschmann, cité, I, 157, 193.
Beechey. Opinion de — sur les Busk, cité, I, 75.
Mangaréviens. Il, 270. Cité, I, Cambodge. Les Polynésiens au—
—
447 ; II,
53, 270, 28ü ; IV, 59,-
Bellecombe (de) cité, 11, 2.
Biblique. Révélation — II, 1.
Bibliographique. Index—IV, 379.
IV, 187, 191.
Canots polynésiens, 11, 79; Point
d’arrivée des
à l’Ile-Nord,
111, 284. — doubles des érni—
416
ALniABÉTIQUE
TABLli
grants do l'Hawahiki, IV, lll.
relative au départ
Tradition
des — 133, 335.
Caraïbes. Analogies do coutumes
entre les — et les Polyné-
MATIÈRES.
Christmas. Ile — II. 195.
Claret de Fi eubibu, cité,
II, 27 : IV, 16.
1,51;
Cochons. Origine des — aux Mar¬
quises, 11, 219. Origine des —
aux
Samoa, 436. Introduc¬
tion des
en,Polynésie, 437.
sien.s, IV, 174. Analogies de
langage entre— 177. Ressem¬
blance des — avecles Chinois,
179. Caractères physiques des
180.
Caku cité, I, 399 et suiv.
DES
—
Absence des — à la Nouvelle-
Zélande II, 438 ; III, 134.
Origine des — aux
Marquises, II, 223, 224. Ori¬
Caroline. Ile
II. 192.
gine des — aux Samoa, 475.
Carolines. Papua dos îles — I, 60. Combats singuliers, 1, 467.
Archipel des îles — 302. Ja¬ CoMMKRSON. cité, II, 354.
ponais aux — 323. Mélané¬ Comores- Habitants des îles —
—
Cocotiers.
—
siens aux— 326. Castes des
îles — IV, 32. Peuplement des
îles — 131, 133.
Carolins. Caractères
physiques
des — I, 303. Astronomie dos
305. Langage dos — 308.
IV, 168.
Conclusions générales, IV, 200.
Constructions en commun,!, 466.
CottiinenMnslm/submergé. Hypo¬
thèse d’un
I, 385, 395,402,
403, 406, 407, 412, 414, 420,
423, 425, 499 ; IV, 52, 261.
Lieu d’origine des — 315.
Les
sont des Polynésiens, CooK, cité, I, 55, 62, 89, 359, 395 ;
335. Ressemblances des —
II, 14 ;1II, 124, 227; IV, 5.
et des Polynésiens, 355 et suiv. Coquillages de la Nouvelle-Zé¬
lande, III, 50 ; IV, 226.
Différences des
367 et suiv.
Corail. Iles de — I, 402.
Castéra, cité, I, 396, et suiv.
Castes, à la Nouvelle-Zélande, III, Costume. Simplicité du — 1, 463,
504.
155.
aux Carolines, IV, 82.
Castor, à la Nouvelle-Zélande, Coucous à la Nouvelle-Zélande,
III, 414.
111, 38.
Célèbes, I, 246. Alfourous de — Court de GÉbeun, cité, II, 11.
Coutumes. Analogie de — juives
I, 249, 259.
—
—
—
_
—
—
Céram. Alfourous de — I, 278.
Chamisso (de), cité, 1, 155, 174 ;
II, 30.
Chants mariannais, I, 348, 351.—
et polynésiennes.
Il, 104.
Crawfurd. Opinion do — sur l’o¬
rigine des Polynésiens, II, 31.
Cité, I, 147, 174 ; II, 35,
—
36, 40.
Maori, 1, 469 ; III, 141. 145,
220 ; IV, 357, 358. — Hawai¬ Crozet. Opinion do — sur l’ori¬
gine des Polynésiens, I, 496 ;
iens, II, 179. — Tahitiens, II,
359.
IV, 116,234. —sur les races
Marquésans, II. 249,
de la Nouvelle-Zélande, IV,
v51,253.— Samoans, II, 455,
70. Cité, IV, 70, 111, 134.
455.
Chats. Origine des —
aux îles Crustacés de la Nouvelle-Zélande,
—
’
Marquises, II, 221, 223.
Cheveux chez les Mélanésiens, I,
IV. 225.
CuzENT, cité, I, 398.
14, 33. Couleur artificielle des Dalrymple, cité, I, 388.
—
chez les Maori, Dampier, cité, I, 49, 89, 272.
—.116.
Dana, cité, I, 423.
Mar¬ Daya. Ressemblances du — et
du Polynésien, I, 236. Le. —
quises, II, 221. Caractères des
n’est pas un dialecte polyné¬
polynésiens. 11,222.— Sam¬
oans
et Néo-Zélandais, III,
sien, II. 122.
3!6.
àla Nouvelle-Zélande, Dayaks. Caractères physiques des
419.
1, 231. Les — ressemblent
aux Polynésiens,
234. — de
Chinois. Croisements des— avec
Bornéo, 240. — de la Males Polynésiens, 1, 509.
III, 78.
Chiens. Origine des — aux
_
—
—
—
T<WîLE.
ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
417
liiisin, 2'tl, 243. Les — sont Eaheinomawe, 111, 9, 11.
des Polynésiens, il, 123.
Eael. Opinion de — sur l'origine
des Polvnésiens, U, 88. — Cité,
Déluge. Croyance en un — I,
4ù0.
I, 238 ;"II, 116.
Earle. Aventures de
Demeunieb, cité, I, 474.
II, 88. —
Dépopulation de la NouvelleCité, 89.
-—
Zélande, 4II, 56. — des îles
de la Polynésie, 57.
Depuch, cilé, 1, ‘.iü;
Descendre. Signification de l’ex¬
pression — II, 147.
Détroit de Cook. 111, 8. — de
Foveaux, 111, 8.
-
Egypte. Les Polynésiens en —
IV, 159.
Eichthal (d’), cité, IV, 158,- 160,
162, 164, 181, 184, 192.
Eimeo, île de l’Archipel de la
Société, III, 12.
Elus, cité, I, 381, 411, 443, 444,
Dialectes de la Nouvelle-Zélande,
440, 448 ; II, 7, 56, 158, 186,
351 ; III. 105.
II', 63, 187, 21)0, 442, 414. —
dos archipels polynésiens, 205
Emigrants. Canots doubles des—
et suiv., 245.
d’Iiawahiki,IV, 111. Plusieurs
Diefeenbach Opinion do — sur
canots des
ne purent abor¬
der à TIle-Nord, 114. Néces¬
l’origine des Polynésiens, II,
82 ; — sur les race» de la
sité pour les —■ de quittcrPllcNouvelle-Zélande, III, 83; —
Nord, 115.
—
surl’originedosNéo-Zélandais,
I4;i et
suiv.
Traditions
rap¬
Entraînements des
Polynésiens
par les vents, I, 445, 513 ; II,
132, 133 ; IV 37. Exemples
d’ — vers l’Ouest, IV, 40 et
portées par— III, 245, 247.
Rél'utation do l’oidnion de —
2.^3 et suiv.
Cité, I. 153,
suiv., 51. Exemples d’— vers
163 ; II, 82, 83. 84 ; III, 66,
l’Est, 55.
83 et suiv., 248 à 253, 257, Extension
géographique des ter¬
485.
mes Nord. Sud, Est et
Ouest,
Diego da Conto, cité, I, 124.
II, 9,
Du.lon, cité, I, 53.
Extermination. Loi d’— aux Fiji,
Dodo. Solitaire de l'ile Maurice,
II, 411, 415, 416, 465.
III, 45.
Fables néo-zélandaises, III, 217.
Dorey Papous de — 1, 27, 289. Fanning. Iles —. Il, 190.
Alfourous de
I, 289.
Fatu. Signification du mot. —
Dulaorieb, cité, I, 123, 171.
III, 157.
Dumont-d’ükvillk Opinion de — Faune de la Nouvelle-Zélande. 1,
sur l’origine des
427. Spécialité de la — dos
Polynésiens,
îles de la Nouvelle-Zélande,
II, 56. — Opinion de — sur
les races de la Nouvelle-Zé¬
lit, 475, 482. — de la Nou¬
lande, III, 79. Objections de—
velle-Calédonie, 4o0.
contre le peuplement de
la Favre, cité, I, 225.
Polynésie par la Nouvell# Femme. Origine do la 1"- au.x
.
—
—
ZélandOj III, 120, lal, 129,
Opinion de — sur l’ori¬
gine des Néo-Zélandais, III,
131.
Marquises. Il, 22'-*.
Fer. Introduction du
—
aux
Mar¬
quises, 11, 223.
Feu. Origine du — aux Marquises,
II, 212. — fl la Nouvelle-Zé¬
lande, 215, 233, 237, 244. Ori¬
gine du — aux Samoa, II,
Cité, I, 30. 52, 53,
248, 259, 268, 280, 317, 339,
344, 403 et suiv. II, 58.59, 60,
61, 63, 128, 165, 171, 391,
395. III, 10, 17, 19,
477, 479.
53, 79,
81, 119, 122. 125, 135, 231, Fiji. Les archipels - Samoa et
233, 238, 240, 242, 484. IV,
Tunga ne doivent pas être
167.
confondus, II, 371 et suiv.
Du-nmore-Lang. Opinion de — sur
Géographie des îles — 384.
l'origine des Polynésiens, I,
Population des — 385. Géolo¬
417 ; II, 64.
gie des — 387. Origine des —
237. —
J V
418
TABLE
ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
387. Vents régnants aux —
888. l.es — auraient été un
obstacle pour les émigrants
venant de la Malaisie, 526,
527.
Gaussin. Opinion de — sur
l’ori¬
gine des Polynésiens, 11, 86.
sur l’origine
des Néo-Zé¬
landais, 111, 273. — Cité, I,
159 ; 11, 86, 87, 123,339, 340;
Fijiens. Les purs — sont des
111, 158,188, 274, 275, 277.
Papua, 1, 76. Caractères physi¬ Gemblli-Carreri, dité, 1, 338.
ques des — II, 396, 419. Diffé¬ Généalogies. Incertitude des —■
rences
entre les
et les
de la Nouvelle-Zélande, IV,
99 et suiv.
ïongans, 400. Les — sont
autochthones, 404, 406, 408. Géologie de la Nouvelle-Zélande,
1,426. '
Rapports ayant existé entre les
et les Polynésiens, 405,408, Georges Sound. Australiens do—
I, 92.
415, 424, 426 et suiv. 430,439,
452,453, 463, 467, 471, 473, Giglioli, cité, I, 132.
1, 282.
482, 488, 615, 626. Origine Gilolo. Alfourous de
des
406. Origine de la Girard de Rialle, cité, I, 14, 32.
mort chec les
407,
Gironièee (delà) — cité, I, 338.
Différences et ressemblances Glacent Hawahiki, 111, 411.
entre le
et le Polynésien, Gonzales, cité, 11, 279.
II, 441 et suivant. Le — res¬ Grammaire. Utilité de la
pour
semble au langage primitif de
la comparaison des races, 11,
—
—
—
—
—
—
—
—
Timor et
nes,
449.
II,
des îles Malaision-
118.
lOô, 108, 110, 121, Grand-Polynésien, 1,190; 11, 32,
Flint. Ile de — II, 192.
Flore des îles polynésiennes, I,
500. —delà Nouvelle-Zélande,
427. —de ITle Norfolk, 501.
35. Le — diffère du Polyné¬
sien moderne, 1, 191.
Grenouilles de laNouvelle-Zélandc,
111, 49.
Opinion de — sur l’o¬
rigine des Polynésiens, 1, 94.
sur l’origine des Néo-Zé¬
la Nouvelle-Zélande, III, 477,
482.
de la Nouvelle-Calé¬
landais, 111, 288.
donie, 480.
! Guignes (de), cité, 11, 40.
Spécialité de la — des îles de
Geet (sir).
—
—
Fontaine ào vie, 1, 455,
III, 6,
Foknandek, cité, 111, 2, 153.
Foreest, cité, I, 269, 276.
Forstes (Reynold). Opinion de —
Récit d’ —
Hahakai.
Signification du mot—
venance des
111, 163.
sur
la pro¬
Maori, 111, 288.
Opinion de— sur l’origine
Polynésiens, 11, 85. ■
la marche des émigrants
180.
polynésiens, 11, 510. — Sur
Freycinet (de), cité, 1, 90, 339,
l’origine des Néo-Zélandais,
*•
111, 261. — Cité, 111,232.
843, 344. 348, 850 ; 11, 162,
184,
Hamilton, cité, 111, 58.
Fitéjiens. Caractères des —I, 494. Hamy, cité, 1, 22, 86.
Funérailles, 1, 475 et suiv. 505, Hapu. Division de tribus, 111, 61.
612.
Harafourous de Mindanao, 1, 269.
Futuna, île des Hébrides, 111, 179. Harfours de Bourou, 1, 277.
Gaimard, cité, I, 26, 48, 70, 84,90, Haupokane des légendes Hawai¬
iennes, II, 175 ; 111, 258.
242, 203.
Garnier (J.). Opinion de — sur Hawahiki, iLurni/cLpays d’origine
des Polynésiens, 1, 422, 426 ;
l’origine des Polynésiens, 1,
499 et suiv.
II, 272, 332, 341, 366, 486,
Cité, I, 3, 67,
532 ; ni, 244, 350, 362 ; Dif¬
35, 169, 423, 500, 601, 503,
férentes formes du mot — 11,
506, 507, 609, 510, 512 ; 11,
205 ; III, 264, 437. Croyance
130, 260, 270, 8S7 ; 111, 175,
en un
à Pîle de Pâques, II,
465 ; IV, 10, 71,76.
sur
l’origine des Polynésiens
Hahakai.
II, 16 à 22. — Cité, 1, 55, 62,
143, 399, 489; II, 16, 19; III,
Hale.
des
sur
,
—
—
TABLE
ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
419
306, Guerres civiles en — III,
lande, 197 et suiv. Date dos
1(51, 164. Il y a eu plusieurs
migrations aux îles — IV, 90.
297, 309, 313, 332. Iles Hiao. Tradition do File
11,232.
voisines de 1’
302, 307. Hina, II, 333.
L’
était l’Heawise de Cook, Hindous. Les
ont contribué à
342. L’-ÿ était dans l’Ile-dula formation des Javanais. 1,
—
—
—
—
—
Milieu do la Nouvelle-Zélande;
205.
tous do F— III, 347,
L’— était situé dans l’Ouest,
338, 342.
III, 343, 401, 409, 423 etsuiv., Hiro, II, 329, 332.
IV, 118. Les émigrants ve¬ Hoaii, forme d’Hawaii, II. 337,
naient
Hochstbtter (de), cité, III, 394.
353, 355, 360. L’— était pro¬ Hombron, cité, I, 31.
che d’Aotearoa, 356. Les émi¬ Homme. Création du 1"^
à
grants do F— ont tous vécu à
Tahiti, II, 323. Création du l»''
la même époque, 357. L’ —
aux
Marquises, II, 217.
ne
pouvait pas être en Polyné¬
Création de F
aux Samoa,
sie, 420, 435. L’— était primi¬
II, 494, 498.
tivement uni à Aotearoa, 421. Hopkins
(Manley), cité, 11, 168.
—
—
—
Signification du mot — 435. Hospitalité,!, 466.
Prononciation du mot
dans Houmai Tawhiti, IV, 339.
les différents archipels, 437.
Hovelacque, cité, I, 158.
Hawahikiens. Provenance des
Huahine, II, 340.
III, 474 et suiv. Les — étaient Hdmbkrt, cité, 196.
autochthones do Flle-du-Mi- Humboldt. Habitants de la baie
lieu de la Nouvelle-Zélande,
de
I, 34.
III, 475.
Humboldt (de), cité I, 157, 262 ;
Hawaii. Iles— II, loi. Découverte
IV, 173.
des îles
152. Signification Jdaans, I, 234,
~
—
—
—
du mot. —157. Tradition des
Ika-na-Maui, III, 9,11.
îles—161 et suiv. Peuple¬ Ile-du-Mieu de la Nouvelle-Zé¬
ment des îles — 11, 161 et
lande, III, 6, 404. Noms don¬
suiv., 177,187 ; IV, 129. Arri¬
nés à F— 9, 16, 18. Nom de 1’
vée d’étrangers aux îles —170,
—437, 451. Les noms des lé¬
173, 177. Non existence d’une
gendes se retrouvent tous sur
race noire aux îles — 188.
1’ — 376, 382, 405 et suiv. L’
Iloaii ou — 337, 838, 342.
était FHawahiki, 409.
Ile-Nord de la Nouvelle-Zélande,
(Voy. Sandwich.)
—
Hawaiiens. Caractères
physiques
III, 5.Noms donnés à 1’ — 9,
des
18. — Peuplement de 1’—
11, 158. Voyages loin¬
tains des — 173. Les
ont
64, 439. Habitants primitifs
eu les
Maori pour ancêtres,
de F — Ilf, 448 et suiv. IV,
179, 187. Chant — 179.
•
113.
Heawise de Cook, 111, 233, 342.
Iles existant entre les Sandwich
Hébrides. Papua des îles — 1,54.
et Tahiti, II, 190. Hautes et
basses de l’Océanie, I, 3. DisHekengamai, descente, émigra¬
—
—
tion, 111, 413, 416.
tributiongénérale des — océ¬
Hemo, IV, 280.
aniennes, 4. Distance des —
Hervey. Géographie des îles — 11,
polynésiennes II, 74.
365. Langage des îles — 365. Indo-Chine. Les
Polynésiens dans
F
Croyance en un Ilawahiki aux
I, 262.
îles
366, 369. Caractères Industrie. Communauté d’
I,
physiques des habitants des
456, 504.
—
—
îles — 367.
-
Provenance des Insectes de la Nouvclle-Zélandej
habitants des îles ■—, 370.
IV, 229.
Dialecte des îles — 111, 192, Iwi, division de tribu, III, 61.
197, 202. Les îles — ont été J.ACQUiNOT, cité, I, 31.
peuplées par la Nouvelle-Zé¬ Jade vert dans lTle-du-Milieu,lII;
420
TABLES
ALPHABÉTIQUE DES MATIÈBES.
171, 381, 418. — dans les îles Kamapiikai.Yojagcs do — II, 173.
mélanésiennes,174. Gisements Kapiti. Ile de l’Entrée de la Nou¬
du
ou néphrite, 17G.
velle-Zélande, III, 5.
Karaka, arbre de l'Hawahiki, III,
Jakuns, I, 226.
319.
Japon. Los t'oljnésiens au — IV,
195.
Karakia, chants maori, 1, 469.
Japonais. Les — aux îles Caroli- Karika. Légende de — III, 194 et
suiv.
nes, I, 323. Les — à la Nou■velle-Zélande. III, 90. Carac¬ Kavai, Kawai, nom de l’ile-dutères physiques des — IV,
Milieu, III, 437, 451; — foyer
—
195 et suiv.
Ressemblance
des — avec les Maori, 197.
.Takves, cité, II, 155, 165, 170.
do création de la race Maori,
498
Kawa à la Nouvelle-Zélande, III,
132.
Jarvis. Ile — II, 191.
Javanais. Les — sont des Métis Kawi. Javan ancien, 1,188.
de Polynésiens et de noirs de Kendall. Chant maori rapporté
la Malaisie, I, 8, 204. Pieds
par — 111, 141.
et mains chez les —,170,181. Kerhallbt (de), cité, II, 313, 381.
Origine des —, 170, 208. Ca¬ King’s Mill. Peuplement des îles
I, 330 ; IV, 134, 136.
ractères physiques des — 178,
183. Caractères crâniens des
—,
184.
des —
185.
Caractères
186.
Portraits
moraux
de —,
Java. Les Négritos à — I, 202.
Javan ancien, I, 187, 188 — vul¬
gaire, 191. Ressemblance du
—
Kiore,
rat
de la
Nouvelle-Zé¬
lande, III, 35, 37.
Kiwi, aptéryx australis, III, 39.
Klapboth, cité, 11, 119.
Kumara, patate douce, III, 132.
Introduction des
—
Nord, 247, 859, 281.
à
l’Ile-
avec le Malai,
193, 195. Kupe. Voyage de—III, 361; iV,
337.
Rapports du— avec le Poly¬
Kiiri, chien de la Nouvelle-Zé¬
nésien, 194.
Javano-Malaise. Formation de la
lande, 111, 35.
Labillardière (de), cité, I, 53,
famille — I, 20662, 83.
Jervis-Bay. Australiens de — I,
94.
Lakemba, île des Fiji, où furent
Jours et nuits. Origine des — aux
entraînés les premiers TonMarquises, II, 216.
gans, II, 410.
Juives (coutumes). Analogie de Lampongs I, 223. Les — sont des
—
coutumes •—et polynésiennes.
Il, 104.
Malaisiens, 227.
Langage. Uniformité du
—
en
Polynésie, IV, 61.
JuRiBN DE LA Gravièrb. Opinion Langue. Origine de la — malaie,
de
sur l’origine des
f I, 143. Dialectes de la —
ma¬
Poly¬
nésiens, II, 65. — Cité, I,
laie, 145. Règles de la —
malaie, 146. Caractères de la
131, 250, 251, 328, 374 ; II,
521
polynésienne, 149. Ressem¬
blances des
malaie et poly¬
Kae, IV,316.
Kaempfeb cité, IV, ,196.
nésienne, 193. Rapports de la.
javanaise avec le polyné¬
Kahurangi, nom du Jade ün, III,
15.
sien, 194. Analogie de la —
tasmanienne avec le néo-ca¬
Kai-Koura. Signification du mot
III, 17, 18, 440.
lédonien, 84. — des Tagals,
352.
Kainga-Maori. Signification du
Laos. Les Polynésiens dans le —
mot —III, 17, 18, 440.
IV, 187. — Habitants du —
Kai-Tangata. Signification du
JuNGHUNH, cité, I, 123.
—
—
—
—
—
mot — IV, 88u.
Ka'kapo. oiseau de la NouvelleZélande, 111, 47.
189.
La Pérouse (de),
66.
cité. H, 22 ; IV,
TABLE
ALPÎIABÉTIQUE DES MATIÈRES.
Latham, cilé, 1, 8i.
Le Batard, cité, II, 201.
Le Blanc, cité, 1. 127, 173, 179.
421
Origine des — 137. Les—sont
des Javanais expatriés. 198.
Taille des
et des Polyné¬
—
üobien, cité, I, 18, 338, 341.
siens, 507.
Lesson (A.) cité, 1, 92, 119, 305 ; Malaisie. Race noire
première
II, 12.7, 195,200, 268.
occupante de la — I, 8.
Lesson (R. P.). Opinion de —
Dayaks de la — 241, 243. Po¬
sur l’origine des
lynésiens en — IV, 136. Mar¬
Polynésiens,
II, 48.
sur l’origine
che suivie pour aller en —
des
137 etsuiv. Race blanche en
Néo-Zélandais, Itl. 236. —
184.
cité, I, 28, 44, 47, 51, 71, 84,
84, 91, 126, 128, 134, 231, Malaisienne. Résumé des opinions
relatives à l’origine — des
253, 304, 311, 342 ; II, 49 ;
IV*, 195.
Polynésiens, II, 135
Lézards de la Nouvelle-Zélande, Malaisiens I, 218, 295
II, 512.
Les
IV, 218.
descendent des Poly¬
Linguistique, III, 187.
nésiens, I, 8.
Linschot, cité, I, 148, 178, 463. Malayo-Polynésienne. La croyan¬
ce on une
Liqueurs enivrantes. Préparation
langue — et une
des
race
1, 459, 505.
est une erreur, H,
Lola. Caractères physiques des —
114 et suiv., 120, 137
IV, 490.
Malayou. Le — diffère du Poly¬
Loyalty. Habitants des îles — I,
nésien, I, 142.
Le
—
—
,
—
—
—
.
Malden. Ho — II. 191.
69.
Lubbock, cité, 1, 463.
Mallat, cité, 1, 345.
Lütke. Opinion de —sur l’origine Mallicolo.
Caractères
crânions
des Polynésiens, II, 54. —
des habitants de
I, 75.
cité, l, 308, 321 ; II, 55.
Mammifères de la Nouvelle-Zé¬
Macassar. Habitants de— I, 2,i5.
lande. Ill, 33; IV, 206.
Largeur du détroit de — II, Mamoe. Etvmologic du mot —
7i.
III, 46L
Manaia. Rôle des îles
Mackluko-Maiilat, cité, I, 37.
dans le
Madagascar. Les Polvnésiens à—
peuplement dos îles de la
IV, 158, 167.
Société, II, 364, 368. GéagraMaero, nom des premiers habi¬
phie des îles — 365. (Voy.
—
—
_
tants de l’Ile-Nord,
463.
111, 454,
Hervey).
Malais. Les — sont des métis do
sien, 164.
Manaia, chef de 1 Hawahiki.Ill,
Malaie. Origine de la langue —
397; IV, 343.
1, 143. Dialectes de la langue Mandingue. RappoTs du — et
145. Règles de la langue—
du Vanikorien, IV, 162. Rap¬
146.
ports du — et du Polyné¬
—
Polynésiens et de noirs dj la Manga, I, 456.
Malaisie, I, 8. Pieds et mains Mangareva. (Iles).
Découverte
chez les —, 120, 181. Opinions
des
II, 263. Origine dos
contradictoires sur les —, 122.
Les — sont une nation jeune,
125. Lieu de provenance des
125. Habitat des
128.
Les — sont une race croisée,
—
—
130, 132.
Caractères physi¬
ques des —, 134, 138, 183.
Taille des — 138. Caractères
crâniens des — 138. Différen¬
ces entre les — et les
Polyné¬
siens,
les —
—
habitants des —268 ; IV, 126.
Dialectes des
II, 269. Si¬
lence des traditions sur lis —
—
273. Etymologie du mot —
274. Alphabet des — III, 210.
Date des migrations aux —
IV, 88.
Mangaréviens. Caractères physi¬
ques des — II, 271, 272. Les
étaient des Polvnésiens,
—
273.
138. Différences entre
et les Javanais, 185. Mangkasara, 1, 257.
422
TABLE
ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
Manihini. Signification du mot—
II, 166.
Manono, nom de lieu de l’Hawaliiki, lit, 300, 442.
Manua et Manuka.
faite entre les îles
Confusion
—
Manuel-Rodrigiiez. Ile,
190, 194.
IIl, 337,
—
II,
Marquises. Ile
II, 195. Tra¬
205, 206, 207,
211, 217 et suiv., 221 et suiv.
—
ditions des
—
Premier homme et première
femme aux
217, 228. Lan¬
—
gue des— II, 254, 256, Alphabetdes
III, 211. Date des
—
migrations aux? — IV, 85.
Maori. Signification du mot —
Peuplement des — IV, 127.
II, 164 ; 111, 59, 149. Carac¬ Marsden (W.), cité, 1, 125, 144,
tères physiques des —III, 84,
153, 222, 436, 492 ; II, 24,
91, 93, 94, 97, 100. Caractères
137 ; IV, 173.
crâniens des— 98. Clie-veux Marsden.
(Le Rév. Sam.), cité,
des
98. Couleur delà peau
III, 104.
des
98. Portraits de
100. Maru, Dieu de la
guerre à l’IleTaille des
101.
—
—
—■
Caractères
—
des
103. ProTCdes — 288, 310 et suiv.
moraux
nance
—
Les — sont une race typique,
487. Les — sont autochtliones de ITle-du-Milieu,
491.
Les
en Afrique, en Améri¬
—
que, en Asie, lY. 157. Res¬
semblances entre les — et les
du-Mi!ieu et
aux
îles
Sand¬
wich, IV, 130. Culte de
aux Sandwich, II,
164, 169,
—
178.
Masana-Maeda, cité, IV, 197.
iWaîn/m. Légende de— IV, 329.
Maui. Culte de
—
aux îles
Sand¬
wich, II, 163, 169, 178. Culte
de
aux îles
Marquises, II,
Japonais, IV, 197.
211. Culte do
à Tahiti, II,
Maori.lue —est la langue-mère
325, 321. Culte de — inconnu
du Polynésien, 111, 187,
dans rile-du-Milieu, II, 211 ;
190,
192 et suiv. 203, 213
; IV, 61.
IV, 105. Légende de — II,
Analogies du — et du Tahi¬
212 ; 111, 149 ; IV, 291 et suiv.
tien, ÜI, 111.
Maui-Miia, IV, 302.
Marchal, cite', I, 126.
Maver, cité, I, 442.
Marco-Polo, cité, II, 36.
Mbiirotu, paradis fijien, II, 483,
508.
Mariages, I, 468.
Mariannais. Caractères physi¬ Mélanésiens.
Principaux caractè¬
ques des —1, 338. Lieu d’ori¬
res des
1, 5,13. Cantonne¬
gine des—341. Rapports entre
ment des —, 7. Cheveux chez
—■
—
—
les— et
•
les
Japonais, 342.
Langue des — 343. Rapports
entre la langue des .— et le
Polynésien, 347. Chants
348, 351. Ressemblances
différences des
—
et
les
Polynésiens, 355 et suiv., 367
et suiv., 372. Les — sont des
—
avec
Polynésiens, 372.
Mariannes. Géographie des îles
1, 337. Peuplement des îles
—
—
IV, 131.
Maeiner, cité, II, 504, 528, 537.
les — 14. 33. Lieu d’origine
des — 15. Les —■ forment
deux races distinctes, 16. Ré¬
sumé général des —106. Les
aux îles
Carolines et à
—
Puynipet, 326, 327. Les —
aux îles Pelew, 331.
Les —
à
rHo-de-Pàques, II, 284.
Absence de — à Tahiti,
348. Influence dos—> sur
Polynésiens, 403 etsuiv.
Menado. Habitants ' de
Mendana, cité, I, 52.
—
II,
les
II, 127.
Marquésans.Caiactèics physiques Mere-Punamu, arme des Ngatides —II, 195 et suiv.
Carac¬
tères crâniens des
202. Les
viennent de Tahiti et dos
Mamoc, III, 466.
Mertens, cité, I, 356, 361_, 364.
Opinion de— sur l’origine des
Tunga, 205. Voyages lointains
Polynésiens, II, 55.
des— 207, 208, 210.
Origine Métis Papua et Polynésiens, I, 58.
des
232, 254. Chants
Tunga-Piji, II, 418, 420,
249, 251, 253.
511, 526.
—
—
—
,
—
—
TABr,E
ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
Meunier (de), cité, I, 474.
Meyer. Caractères des Papous
423
Zélande, III, 448,490, Absence
à Tahiti, 490.
de -
d’après— I, 33. — Cité, 1, 14, Négritos. Extension géographi¬
33, 4d.
que des — I, 17. Les — sont
une des plus anciennes races
Migrations. I, 446, 507, 513.
Routes ayant pu servir aux —
de l’humanité, 19, 31.Caractè¬
de l’Asie vers la Polynésie,II,
res
physiques des —, 19, 34.
3. Marftie
des
en Australie, 105.^ à Java,
d’après
203.
Thompson, II. 98. —■ d’Ouest
en Est, II, 139. Epoque des — Neige. Existence do la — en HaII, J28 ; III, 319. Preuves des
vvahiki, III, 411.
—■
—
—
IV, 1 et suiv., 32, 61, 64.
Causes des — 33. — involon¬
taires, 37. — volontaires 39.
Vents qui ont servi aux —
65, 69, 77. Dates des
81 et
suiv., 108. Marche des —109,
143 et suiv.
—
Départ des — de
rile-du-Miliou, 110.
Mincopies. Caractères physiques
des — 1. 33.
Mindanao. Harfours de —■ l, 269.
Néo-Calédoniens. Caractères
des
I, 61. Les — sont des purs
Papua.69.
—
Néo-Zélandais. Caractères physi¬
ques des—
II, 89; III, 84,
91, 93, 94, 97, 100. Origine
des
III, 334, 226, 233, 233.
—
Hypothèses émises sur l’ori¬
gine des —-237. Autochthonie
des
—
IV, 80.
Néphrite Gisements de la — 111,
176.
Moa, dinornis eléphantopus, III,
41, Signification du mot —en Nsahue. Vovage de — III, 379 ;
Polynésie, 138.
IV, 339.
Moehenhout, cité I, 128, 155, 406, Ngati. Signification du mot —
408, 446 ; II, 5, 1S8, 259, 356;
111, 6C 198.
III, 83, 211, 493 ; IV, 67.
Ngati-Awa. Notes sur les — IV,
Mœurs. Similitude de
361.
1, 463,
467, 483, 504.
Ngati-Kamingunu. Les tribus de
venaient de rHawahiki,llI,
Moko, poisson, II, 233.
Molina. Opinion de — sur l’ori¬
471. Notes sur les
IV, 363,
365.
gine des Polynésiens, I, 496.
Cité, II, 25.
Ngati-Mamoe, tribu de l’Ilo-duMilieu, III, 65, 454, 457, 468.
Moluques Alfourous des — I,
—
—
=-
—
272.
Monneeon.
cité, I, 50.
Monosyllabisme des racines poly¬
nésiennes, I, 153.
Monuments mégalithiques dans
les îles polynésiennes, I, 386 ;
II, 190, 191, 192.
Notes sur les
—
IV, 368.
Ngati-Rua-Niii, tribu de l’Hawahilu, III 431.
Nina. Iles—I, 474 ;
II, 384.(Voy.
Noms de lieux
Polynésie, II,
Alu-Fatu).
en
107, 108, 109, 110 ; III, 214.
Origine, de la — chez,les Norfolk. Flore et faune do Tîle —
I, 501 ; III, 130.
Fijiens, II, 407.
Motu, devises des tribus,' III, 66. Nouvelle-Bretagne. Papua delà
Signification du mot — III,
I, 49.
157.
Nouvelle-Calédonie. Nom généri¬
Mouhot, cité, IV, 187, 189.
que de la — III, 180. Flore et
faune de la —, 480.
Mumu., chants marquésans, II,
Nouvelle-Guinée.. Papous de la —
249, 251, 253.
Mûri- fÉ/ierawa,extrémité d’AoteaIl 26, 35. Papua de la — 49.
roa, 111, 396, 414.
Alfourous de la
384, 291.
Mutilations des phalanges, I, 470. Nouvelles-Hébrides. Papua des —
Nouvelle-Hollande. Absence des
Mythologie, IV, 266.
Polynésiens dans la— III, 129.
J^ègres. Absence des — dans les
îles
polynésiennes, 1, 115. Nouvelle-Irlande. Papua de la —<
Mort.
—
—
Absence de — à la Nouyelle-
I, 47.
424
TABI.E
ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
Nouvelle-Zélande. Découvcrlo de
la.
Nouvelle-Calédonie, III,
la
180.
), 393. Géologie de la
I, 426; III, 28, 50.Faune et Oreilles, distension du lobe des—
flore de la
I, 427 ; III, 30,
II, 465. — chez les habitants
34, 51 Considérations géné¬
de Pâques, I, 281,283.
rales sur la
III, 1. Géogra¬ Oro. dieu de la guerre àTahiti.II,
phie de la — 4. La — est
327, 329, 331, 333, 336 ; IV,
l'ormée do plusieurs îles dis¬
■129.
‘
tinctes, 4. Ile-Nord do la
Orornoa. Chant d’— III, 202.
5, 9. Ile-du-Milieu de la
Oropaa. Tribu des— II, 327
6, 9, Situation de la
9.
0-Tu. Signification du mot —
Montagnes do la — 5, 7. Mé¬
III, 153.
téorologie de la —, 19. Vents Ouest. Signification du mot —1,9,
régnants à la — 20. Tempéra¬
363, 370, 509.
—
—
-
—
—
—
—
ture de la
23. — La —
est un centre do
création, 50,
51. Populations de la —
53,
56. Unité de race à la —
Paaoa, poisson, II, 233.
Pakeha, signification du mot
III, 17.
69, Pali-Maghadi, II, 169.
97,102. Unité de langue à la— Palmyre. Ile — II, 190.
96.
Dialecte de la
187, Papou. Signification du mot — I,
200. Alphabet de la —
26. Caractères des
204,
26.
208. Distinction à faire entre
de Waigiou, 26. — do
Dorey
les îles du
—
—
—
—
—
groupe
do la
27, 289.
—
223, 259, 3î)0, 360. Confusion
faite entre les îles de
la
—
—
de la Nouvelle— sont
Guinée, 26, 85. Les
des métis de Papua et d’Al3ï7, 328 et suiv. Voyage à la
fourous, 36, 38, Caractères
d’après Sir Grey, 389. La
crâniens des
38.
n’a jamais été réunie à
Papua. Signification du mot — I,
l’Australie, 478. Date des mi¬
42. Populations appartenant à
grations à la — IV, 96. Incer¬
la race
43. Caractères gé¬
titude des
néraux des
généalogies de la
44.
de la
—
—
—
—
—
—
99 et suiv. Histoire natu¬
relle de la — 206 et suiv.
Numération
aux Carolines,
Nouvelle-Irlande, 47.
—
II,
310, 312. — à Satawal, 315.
Port-Praslin, 50.
d’après d’Uiville,I,57,
—
6t. Difficulté de la recherche
paia, III, 2d9
Oiseaux de la Nouvelle-Zélande,
III, 39 ; IV, 207 et suiv.
Omalius d’Halloy, (d’) cité, II, 423.
Ombay. Habitants d’ — II, 242.
Opoa. lieu de provenance desTahi-
tiens, I. 328, 337.
Opuru ou Uporu, île des Samoa,
II, 339.
Orbigny (d’) cité, IV, 180.
0-Rceva-Vai, nom polynésien de
—
de Tllc
—
des Nouvelles-Hébrides, 54.
Différences de taille des
d’origine des — II, 2. Principaifx caractères distinctifs
des —, 4. Deux—
primitives,
Coutume d’a¬
valer 1’— III, 182.
Oheavai, île traditionnelle de Tu-
delà
Bouka, 51. —de Pile d’York,
51.— des îles Salomon, 52.
Océaniennes (races). Pluralité des
8.
Œil de la victime.
—
Nouvelle-Guinée, 49. — delà
Nouvelle-Bretagne, 49.
de
Océanie. Divisions de 1’— I, 57.
races—
—
—
57,
78. Métis — et
polynésiens,
58. —des îles Carolines, 60.
des îles Pelew, 61. — de
—
,
l’Asie, 77.
105.
—
en
Australie,
Pifjuex (lie de). Dénomination
do
1’— II, 275. Découverte de 1’—
276, 277. Plantes de 1’
2:6.
Population de 1’— 277. Eten¬
—
due de 1’ -- 278.
tants de T—sont
Les habi¬
Polynésiens,
279, 286, 305. Caractères phy¬
siques des habitants de 1’
27 J. Usage de la poterie à 1’—
—
282. Mélanésiens à 1’
—
284.
Peuplement de 1’ — 285. Tra¬
ditions de 1’— 286, 288. Le
langage do F— estnéo-zé-
Al.PHABÉTIQUE DES MATIÈRES
TABLE
landais, 290, 293. Liste des
425
lais et les Javanais, 120, 181.
rois de 1’— 290, 292. — Sta¬
tues de 1’— 294.Les statues de
r — sont d’origine polyné¬
PiGAFBTTA, cité, 1, 340, 368, 373 ;
H, 37.
Piopio, oiseau de l’Hawahiki, 111,
ments de 1’—303, 304. Carac¬
tères crâniens des habitants
de r — 305. Ecriture hiéro¬
Pirogues Néo-Zélandaises,
sienne, 299, 300, 301. Monu¬
glyphique à r —307.Croyan¬
ce en
un
Hawahiki à 1’—306.
P-iRKiNSON, cité, 1, 90 : III, 113,
124.
Patu-Paearehe, habitants primi¬
411.
120, 121, 126, 128.
III,
Plantes nourricières. Dénomina¬
tion des
450.
en
—
Polynésie, II,
Plauchui-, cité, I, 20.
Points cardinaux. Noms des —II,
314.
tifs do l'Ile Nord. III, 463,465. IPoiwon.Procédés de
pêche du —
Paumotu (Iles). Csractèrcs physi¬
I, 458, 505. Manière de faire
ques des habitants des — II,
cuire le
I, 462. — de la
258, 260. Langage des — 259,
Nouvelle-Zélande, III, 49 ; IV,
260. Pirogues dos — 260. Ety¬
220.
mologie du mot — 26). Pro¬ Polynésie. Bornes de la — I, 3.
venance des habitants des
Signification restreinte du
258, 262. Alphabet des — III,
mo-t
6. Distance des îles de
—
—
210. Date des
—
IV,87.
migrations aux
Peau. Couleur de la
—
Maori, III, 98
chez les
Pelew. Papua des îles —1,61.
Mélanésiens aux
331. Poly¬
nésiens aux — 335. Vocabu¬
laire des
332. Langage des
331, 373.
—
—
—
Penrhyn. Iles — II, 192.
Peralta, cité, I, 5, 15.
Peuplement des
ville et de de
Bovis contre ce
—
Peron, cité, I, 82, 90.
—
I.
Peuple Inconnu, I, 11, 176, 264 ;
II, 32, 50. — Le — a contri¬
bué à la formation des Java¬
II, 146 et suiv.
peuplée par la
Nouvelle-Zélande, III, 110,
140 ; IV, 119.
Opinions de
Banks, Crozet, Bory, sur le
peuplement de la — par la
Nouvelle-Zélande, III, 112,
il6, 117. Objections de d’Ur—
peuplement,
Péruviens. Caractères des
494.
~
la— II, 74.
îles de la
La
a été
120, 121, 129,
131, 138, Noms de lieux en—
III, 214. Les îles de la
étaient désertes àl’arrivée des
—
émigrants, IV, 147. Absence
presque complète de mots
mélanésiens et de mots ma¬
lais dans les îles de la
150,
nais, I, 204, 206. Le — a été
formé par des émigrants
151.
poly¬
nésiens, II, 36.
Polynésien. Différences et ressem¬
Pfeiffer. (Mad. Ida), citée 1,137,
blances du
avec les idiomes
181, 223, 232, 248, 278 ; IIV
de la Malaisie et des Mo58.
luques, 1, 154, 403 ; H, 38
et suiv., 87,
Phalanges coupées, I, 470.
92, 106, 109.
Philippines. Alfourous des — I,
Caractères du
I. 149. Le
—
—
283. Idiomes des — 345. Ha¬
bitants des — 432. Caractères
physiques des habitants des —
434. Langage des — 435, 440,
441, 489.
Phoques
en Hawahiki, III, 410.
Phormium tenax, III, 407, 410.—
à Norfolk. L-0.
PiCKEHiNG, cité, I, 91.
Pieds et mains chez les
siens I, 120. — chez
Polpéles Ma¬
—
renferme que très peu
de mots malais, I, 157, 162.
Le — est une languespéciale,
163. Analogies du — avec les
—
ne
langues indo-chinoises, II, 66.
Différences et ressemblances
du —et du Fijien, II, 441 et
suiv., 451. Dialectes
Nombreux
laisie, 154.
mots—
—,
en
128.
Ma¬
Rapports du —
et du Mandingue, IV, 164.
c
426
TABLE
ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
Polynésienne (race), I, 109. La—
n’est pas une race métisse,II,
Asie, 181. Les
195.,
—
au
Japon,
127. — Extinction de la— II,
278.
Pomaré. Lettre de la reine — II,
des
1, 5. Cantonnement
des—7. Les — sont des Maori,
9. Métis Papua et — 58. Ca¬
ractères des — I, 110, 118,
Port-Jackson, Australiens de —I,
357.
Polynésiens. Principaux caractères Poncho, I, 456, 457, 505.
—
95.
Port-Moresby. Allburous de— I,
286.
183 ; II, 322. Pieds et mains
cLez les — I, 120. Les Poly¬
Port-Praslin. Papua de — I, 50.
Port-Western. Australiens de —
Malais, ni de la Malaisie, 1,
1d5 ; II, 5, 129. Les — dans
rindo-Chine I, 262. Les —
sont venus en Malaisie, 298.
Portraits de Javanais, I, 185.
nésiens n’ont pu provenir des
Les
—
senties
ancêtres
Les — aux îles Pelew, I, 335.
Les — sont les tribus disper¬
sées d’une même nation, I,
Les
parlent une même langue,
379, 419 ; II, 145, 159.
I, 425. Divergences des auteurs
—
Tasmaniens, I, 87. — d’habi¬
tants do Vanikoro, I, 76.
de Polynésiens, II, 320.
des Poterie I, 457.
Malaisiens, I, 300 ; II, 138.
—
I, 93.
—
Usage de la — à
nie de Pâques, II, 282.
Poules. Origine des — aux
Mar¬
des
III,
quises, il, 219. Absence
à la Nouvelle-Zélande,
—
137.
Pounamu.
Recherches linguistile mot —III, 13, 75.
ues sur
e
ne se trouve que
le lieu d’origine des —
dans
l’IIe-du-Miliéu, 173.
I, 380, 384. Les — ne vien¬
nent pas d’un continent sub¬ Pbatt, cité, II, 453.
mergé, 386. Les — ne vien¬ Présages 1, 452.
nent pas de l’Amérique, 1, Pritchard, cité, II, 387, 398, 399,
sur
—
429. Les — n’ont pas eu l’A¬
sie pour berceau, II, 138. —
Analogies des — avec d’autres
406, 421 et suiv., 464, '465,
469, 494, 531, 541 ; IV, 37,53.
Pros carolins, 1, 3Ü5.
I,
peuples, I, 449, 452, 456, 463, Piiynipet. Mélanésiens à
327. Tiaditions de —, 328.
467, 469, 475, 483, 485, 502.
Taille des
et des Malais, I, Quatrefages (de). Opinion de —
607. Les
diffèrent en tout
sur l’origine des Polynésiens,
des Américains,!, 489 et suiv.,
II, 111. Opinion de — sur la
marche des migrations, II,
507, 508 et suiv. Manière de
511. Opinion de — sur l’ori¬
s’orienter des
II, 99. Re¬
cherche
du lieu d’origine
gine des Néo-Zélandais, III,
—
—
—
réelle des — II, 142 et suiv.
Beauté des différents — 320.
Influence des — sur les Méla¬
324, 328 et suiv.
Réfutation
opinions de — II, 513,
f
533, 535 ; III, 446 et suiv.
nésiens, 403 et suiv., 426.
Opinion de — sur le peuple¬
ment
des îles Tunga, 11, 533,
Routes que font suivre aux —
les
536. Cité, I, 17, 86, 109, 130,
partisans de l’origine
malaisienne, II, 509. Les —
155, 160, 202, 415, 416, 427,
ne viennent pas de
435, 519 ; II, 112, 114, 115,
l’Est, III,
254. Le pays d’origine des —
127, 423,502, 511, 528, 536,
est toujours placé dans la di¬
538, 539 ; III, 101, 445, 455,
rection du couchant, III, 271.
466, 489 ; IV, 4, 7, 38.
Connaissances géographiques Qheiros, cité, 1, 55, 388 ; III, 73.
des
IV, 3, 13, 73. Les — à Qiiipos, I, 486,505.
Madagascar, IV, 158. Les — Qüoy et Gaimabd, cités, I, 26, 48,
en Egypte,
70, 84, 90 ; II, 425 ; III, 102,
159. Les —dans
le Sahara, 166. Les — en
478.
des
—
Ame'rique, 170. Les
—
en Races. Difficulté de la recherche
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIERES.
d’origine des — océaniennes,
I, 2. Principaux caractères
distinctifs des — océaniennes,
4. Deux — océaniennes primi¬
tives distinctes, 8. Lieu d’ori¬
247, 267, 319, 332, 344, 426,
442; II, 70,71, 114, 117.
Rochas (de), cité, I, 65.
Rochon, I, 393 ; III, 28.
Roggewebn, cité, II, 390.
gine des—mélanésiennes, 15. Rono. Culte de
Doux
—
mélanésiennes
dis¬
tinctes, 16? Croisement de —
polynésiennes, 109.
Raffles, cité, I, 126, 174, 179; Il
102.
—
427
II, 178.
—
aux
Sandwich,
Rosenherg (de), cité, I, 123.
Rossel. Habitants de l’île
I, 60.
Rotuma. Formation de
III, t23.
—
—
31.
Romphius, cité, I, 273.
Raffray, cité, I, 282. ■
Rupe, IV, 302.
Raiatea, lieu d’origine des Tahi¬ Ruru, oiseau do la Nouvelle-Zé¬
tiens, II, 323. Peuplement de
lande, III, 46.
Il, 362.
Sacrifices aux dieux, I, 454.
Rakhira, île Stewart de la Nou¬ Sahara. Les Polynésiens dans le
velle-Zélande, III, 5, 8,18.
IV, 166.
Rama. Signification du mot — Salomon. Papua dos îles — I, 52.
—
—
III, 156.
Rangatîra. Signification du mot
Salut nasal en Malaisie et
en
Po¬
lynésie, IV, 185.
111, 162.
Samoa. Les archipels —Tunga et
Rangitakorii Chant do — 111, 377.
Fiji diffèrent entre eux, II,
—
Ransonnet cité, I. 90.
Raro. Signification du mot — III,
416.
Rai'otonga Découverte de — II,
366, 368. Alphabet do — III,
209.
île de la NouvelleZélande, III, 302, 308, 310,
314,389. L’ile de—du groupe
—
Hervey a été peuplée par la
Nouvelle-Zélande, III, 330.
Division des castes à
III,
—
339. Le dialecte de — se rap¬
proche do celui de la Nou¬
velle-Zélande, III,
IV, 120.
Rata, IV, 290.
335, 339 ;
Rats. Origine des —aux
Marquiquises, II, 225.
Rauparaha. Notes .sur — IV, 368.
Guerres de
IV. 371.
371 et suiv. Situation relative
des
terres
rapport aux
phie des
—
occidentales par
374. Géogra¬
378. Formation
—
381). Vents régnants
aux — 380.
Peuplement des
491. Création des îles —
et de l’homme, 498. Alphabet
des — III, 209.
Samoans. Caractères physiques
des — II, 389, 393. Langage
des — 453. Chants — 455.
Entraînements des — et des
des
—
—
Tongans aux Fiji, 463. Re¬
cherche de l'origine des —
492, 500, 509, 516. Les — ne
sont pas d’origine malaisienne, 524. Les — viennent dos
îles Tunga, 517, 523.
Sanscrit, I, l89. Mots — en Poly¬
nésie, I, 157. Le — n’existe
Redjangs, 1, 222. Los — sont des
pas en Polynésie, IV, 63, 182.
—
Rauquemorel, cité, I, 52.
Malaisiens, 227.
de), cité, II, 443, 449,
Rémosat (A.
431.
Rémy (J.), cité, II, 163.
Reptiles de la Nouvelle-Zélande,
III, 47.
Affinités
entre
le
—
et la
langue polynésienne, 192.
Savaii. Ile
II, 341. — est la
mère des autres îles, III, 262,
—
270. Le mot — dérive du mot
Hawahiki, III, 266.
Résumé général, IV, 205.
Savii. Langage de l’île — I, 296.
Richard. Opinion de — sur la ScHEEER, cité. I, 473 ; II, 1.
flore de la Nouvelle-Zélande, Schlagintweit, cité, III, 176, 178.
III, 483.
Semangs, I, 226.
(D. de) Opinion de— sur SÉNÈQUE cité, 1, 398.
l’origine des Polynésiens, II, Serpents. Origine des — aux Sa¬
68.
cité, I, 29, 46, 126,135,
moa, II, 482.
Riekzi.
—
428
TABLE
ALPHABÉTIQUE DES MATIERES.
Sia7nois, Analogies des — avec les
I, 57, 78. — des Polynésiens
et des Malais, 507.
Javanais, I, 205, â08.
SaoRTLAND. Opinion de — sur l’o¬ Tainui. Itinéraire du
III, 395.
Traditions concernant le
rigine des Polynésiens, II, 90.
IV, 344. Chant de Rata pour
Opinion de — sur les races
le lancement du
349.
de la Nouvelle-Zélande, III,
86.Opinion de — sur l’origine Tangaroa, II, 331.
—
—
—
des Néo-Zélandais
III,
Zll.
Tanna. Insulaires ac Plie — I. 55.
—cité, I, 128, 490; II, 91 ; III Taonga, nom du merc des Ngati
Mamoe. III, 466.
11, 62. 63. 87, 178, 185, 278,
282, 287, 317, 417, 441, 457 ; Tara. Origine du — aux Samoa,
II, 476.
IV, 97.
biGLüLO, cité, I, 20.
SpBNGEL.Cité, I, 15.
Starbuck. Ile— II, 192.
Stavorinus, cité, I. 180, 247, 2ï5,
275.
Stewart. Ile — de la Nouvelle-Zé¬
lande III, 5, 8, 18.
Stiengs. Description des—• IV,185.
Stonb (Octavius), cité, I, 36.
Sud et Nord. Désignation du —à
la Nouvelle-Zélande, III, 414.
Superstitions communes, I, 452,
454, 455.
Surville (de) cité, I, 50.
Tableaux linguistiques, I, 79. 80,
81, 88,144, 151, 167, 168, 209,
210, 211, 212, 213, 214, 215,
216, 217, 229, 245, 297, 313,
311, 375, 377, 493 ; I], 39, 46,
41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 122,
140, 141, 142, 444, 446 ; IV,
Tasm.an, cité, I. 40; III, 125.
Tasmaniens. Caractères physiques
des
—
1, 82. Caractères crâ¬
niens dès — 84, 87. Les —•
forment une race distincte,
85. Kxtinction dos — 87. Por¬
traits de — 87. Analogies de
la langue des — et dés Néo-
Calédoniens, 84.
Tatouage, 1, 463, 505,11; 271.
chez les Samoans, II. 393.
Tauai, patrie originaire des Ha¬
waiiens, II, 179.
Tauranga, nom do lieu sur l’Ile—
du-iVIilieu, III, 382.
Tavai-Pounamu, 111, 9, 11. Re¬
cherches linguistiques sur . le
mot — 13.
Tawai, île de la Nouvelle-Zélande,
III, 259. Situation de l’ilc —
283.
Tawhaki, héros de ITlawahiki,
III, 411 ; IV, 281.
178, 193.
Tagals. Caractères des — I, 338. Taylor. Opinion de — sur l’ori¬
Langue des — 352.
gine dos Polynésiens, II, 95.
Tahiti. Vents régnants à — II,
Opinion de— sur les races de
311 à 315, Création do
la
Nouvelle-Zélande, III, 88.
325,
sur l’origine des
331, 338. Peuplement de —
Néo-Zé¬
322, 326, 329. Absence de
landais, III, 288. — Cité, 1,
Mélanésiens à
348, 353.
163, 409, 469 ; II. 215, 218 ;
Hommes sauvages à — 350. «
III, 28, 31, 34. 42, 47, 49, 52,
a été
89, 90, 135, 145. 230, 298,385,
peuplé par Raiatea,
356. Alphabet de — III, 210.
393, 421, 441, 463, 464.
Date des migrations à — IV, T’e-iÎG-lV/n'/î.Signiflcation du
92. Peuplement de — 124.
mot
III, 415.
Tahitien. Le
dérive du Maori, Thevbt, cité
I; 460, 466.
Thompson. Opinion de—sur l’ori¬
II, 343 à 347.
Tahitiens. Caractères physiques
gine des Polynésiens, II, 96.
des—II, 315, 319. Couleur de
Opinion de —■ sur les races
la peau des — 316. Forme delà
de la Nouvelle-Zélande, III,
tête des
90.
316, 321. Caractè¬
Opinion de —sur l’origine
—
—
—
—
—
—
—
crâniens des —
321.
Lieu de provenance des —
326. Chants — 359.
Taille. Diftèrencesde—des Papua,
res
des Néo-Zélandais, 293. Réfu¬
tation de l’opinion de — 295,
et suiv. — cité, I, 127, 156,
158 ; II, 97, 102, 115 ; 111, 36,
TABLE
ALPHABÉTIQUE
'.)1.
94,106, 133,230, 272, 323,
331, 444, 469.
Thunberg, cité, I, 144, 178.
Tiare, Signification du mot —III,
156.
Tidnngs, 1, 234.
Tihi-0-Manon9. Incendie de—IV
320.
TU, premier liommc à Tahiti, II,
324, 330.
Tiki, premier homme aux Mar¬
quises, II, 217, 330. — ancê¬
des
DES
MATIÈHES.
429
160.
tongancs et samoanes,
431, 466, 469, 472, 475, 476,
—
477, 479. Nature des
néo-
—
zélandaises, III, 343,346, 350.
Tribus à la Nouvollc-Zélandè, 111,
61. Position dos
de l’Hawahiki. 431, 433.
Triton. Habitants de la baie —
I, 31.
Tsiams. Les — de la Cochinchinc
ressemblent aux Polynésiens,
—
IV, 191.
premiers habitants Tuhuruhuru, IV, 317.
d’Aotcaroa, lll, 451 ; —intro¬ Tui-Tunga. Légende de—11, 431.
duit les Kumara à Aotearoa. Tukopia. Noms des vents à
—II,
IH. 247, 259, 281.
314. Caractères physiques des
Timor. Le langage des habitants
habitants de
IV, 47.
de
n’est pas polynésien, II,
Tunga. Lès archipels — Samoa
tre
—
—
123. Le
semble
langage "de—
au
res¬
Fijien, 106, 108,
110, 123, 440. Les habitants
de —sont issus de Malaisiens
et de races noires, 126. Habi¬
tants
Tina.
primitifs de —449.
Signification du mot—III,
155.
Tinirau, IV, 303 et suiv.
Tiputa, I, 456. 457.
Toelau, norh de vent. II, 493.
Tokomaru. Itinéraire du
397.
—
III,
et Fiji diffèrent entre eux, 11,
371 et suiv. Situation relative
des terres
occidentales par
rapport aux îles — 376. Géo¬
graphie des îles — 382. Vents
régnants aux — 384. Peuple¬
ment des — 491. Position des
îles —519. Les — ont peuplé
les Samoa, 520.
Légendes re¬
latant l’origine des îles,—528,
531, 537, 541. Alphabet dos—
III, 208. Les — ont été
peu¬
plées de l’Est au Nord-Est,
Tonga doit être orthographié
IV, 122.
Tunga, II, 382 ; III, 468.
Tunga-Fiji. Métis - II, 418,511,
526. Caractères physiques des
Tongans. Caractères physiques
des— II, 394. Différences en¬
tre les — et les Fijiens, 400.
Premières visites des — aux
Fiji, 409. Entraînements des
Samoans et des
aux Fiji,
413, 463. Les — sont do purs
—
métis — 420, Caractères intel¬
lectuels des métis
421.
—
Tupaia. Carte de — It, 154, 156,
209, 356 ; III, 269 ; IV,
suiv.
—
Examen de la
6 et
carte de
IV, 14, 17 et suiv. 31.
Polynésiens, 516. La patrie ori¬ Turi. Itinéraire de —111,365,376,
Point de départ de — 42?.
ginaire
des — est située plus^
a l’Ouest
que leurs îles, 519, T’ivtaptt. Légende tahitiennede —
544. Recherche do l’origine
II, 344.
des
524 et suiv.
«
Tuwhakararo, IV, 318.
Tonga-Tabou. Etymologie de — Uenukii, IV, 341.
—
Ulimaroa. Recherche de file
II, 382.
Topinard, cité, 1, 4, 15, 19, 35,68,
de Cook, III, 228.
78, 85, 98. 118, 137.
Ulloa, cité, I, 464.
Toromiro, II, 307.
Totara, arbre de l’Hawahiki, III,
304. 315, 390.
—
Upolu, Uporu, île des Samoa, II,
339. L’île
—
a
été colonisée
parles Tongans, 520.
Touradjas. Caractère des — I, Vai.bntyn, cité, 1, t88.
249.
Traditions. Importance des —
chez les peuples sauvages, II,
i44.
des îles Sandwich,
—
Vancouver, cité, I, 396.
Vanikoro. Habitants
1, 70. Ca¬
ractères crâniens des
75.
Portraits des
76. Ressem—
—
—
430
TABLE
ALPH4.BÉTIQUE
blances linguistiques
du lan¬
de — avec Je Polynésien,
l.'TS. Rapports du langage de
avec le copte et le mandin¬
gue, IV, 164.
Van Lebnt, cité, I, 123, 136, 22i,
233, 243.
Vea-Iti. Signification du mot —
111, 169.
gage
DES
MATIERES.
Waiota, nom de lieu de l’Hawahilci, III, 442.
Wairaki, nom de lieu do l’Hawa-
hilii, III, 442.
Waka, division de tribus, 111, 61.
Wakatapu, lac detJadede l’Ile-duMilieu, III, 387.
Wallis, cité, II, 259.
Washington. Ile — II, 190.
Vents. Noms des—aux Carolines, Wmrou,
gibbon de Java, I, 175
I, 306. Noms des— aux Sand¬ WhanB;aparaua, point d’arrivée
des canots à File-Nord, III,
wich, 307. —Alises, I, 501.
Direction des
11, 6, 23, 77,
284, 381, 391.
78, 132 ; III, 277.
Whakatau, IV, 318 et suiv.
Vêtements en écorces d’arbre, II, Whare-Kura.
Légende sur — IV,
323 326
36, 37.
ViREY, cité. 1,201.
Whitmee, cité, I, 5 ; III, 206.
Vivien de Saint-Martin, cité, 1, Williams
(.John). Opinion do—sur
221 ; IV, 184.
l’origine des Polynésiens, II,
Wahie-Roa, IV, 290.
71 et suiv. Cité, I, 498 ; 11,26,
Waigiou. li*apous de — I, 26.
74, 77,79,99; III, 37,192, 194,
Wauiarakeke, nom de lieu de
335, 337 ; IV, 12.
l’Hawahild, III, 303.
Williams (Th.), cité, II, 401.
Waiho, nom du Havre Coroman¬ Wiwhi, igname do la Nouvelledel, II, 181 ; III, 300.
Zélande, III, 131.
Waihu, nom do File de Pàques,ll, Wyville-Thomson, cité. I, 397.
—
—
175.
Yeux. Petitesse des — des habi¬
Waima, point de départ de Turi,
tants de Pâques, II, 281, 283.
III, 425 et suiv.
York. Papua do File d’—I, 51.
Waiora fontaine de vio, II, 176,
ZuNiGA, cité, I, 432,, 438, 439.
178-
{
Clermont (Oise).
—
Imprimerie Daix frères, place St-André, 3.
t
A
"k, •
VI.—
28;' RUE
RECUEIL DE
Publié
BONAPARTE,
VOYAGES
POUR
\
EDITEUR
LEROUX,
ERNEST
&
28.
DE
DOCUMENTS
SERVIR
l'hISTOIUE de la géographie depuis le XIII'
jusqu’à la fin du XVI® SIÈCLE
SOUS
la direction de
Tiré à 230
MM. Ch.
Scheper, de l’Institut, et H.
Cordier
exemplaires donP 25 sur papier de Hollande
I. — Jean et Sébastien Cabot, leur origirwo et leurs voyages. Elude
d’histoire critique, suivie d’une cartographie, d’une bibliographie et d’une
chronologie des voyages au Nord-Ouest do 1497 à 1550, d’après les docu¬
ments inédits, par Henry Harrisse.
Un beau vol. gr. in-8”, avec un portulan reproduit en fae-similo, par
Pilinski...,
25 fr.
Le même, sur papier vergé dè Hollande.
40 »
II.
Le voyage de la Saincte cyté de Hiérnsalera, fait l’an mil
quatre cens quatre vingtz estant le siège du Grand-Turc à Rhodes, et
régnant en France Loys unziesme do ce nom. Publié par Ch. Schefer.
Un beau vol. gr. in-8»
16 fr.
Le même, sur papier vergé de Hollande
25 »
\ÎSI.
Les Corte-Real et leurs voyages au Nouveau-Monde,
Xaprès des documents nouveaux ou peu connus tirés des archives de
PNtugal et d ltalie, suivi du texte inéüit d’un récit de la troisième expéde Gaspar Corle-Real, et d’une carte portugaise de l’année 1502,
reprüduite ici pour la première fois, par Henry Harrisse.
Un No a U vol. gr. in-8», avec une photogravure et une grande ' carte
—
—
'
cli.’omoNhographiée
en un étui
L'fc
mêmV
sur
40 fr.
50 »
papier vergé de Hollande
Supplément. — Gaspar Corte-Real, la date exacte de sa dernière
cxpédiliLn au'^ouveau-Monde, d’apçès deux documents inédits, récemment
tirés des Archives de la Torre do/Tombo, à Lisbonne, dont un écrit et
signé par ?,aspar Corte-Real, l'autre par son frère Miguel, reproduits ici
en
fac-similé, par Henry Harrisse.
In-8°,^ avec .leux planches on fac-similé
4 R-
III.
Le même, sur papier vergé de Hollande.
6
»
IV. — Les navigations de Jean Parmentier. Publié bar M. Gh.
Schefer.'
'
Un beau vol. gr. ina^i, avec une carte fac-similé
16 fr.
Le même, sur papier erge de Hollande
25 »
Voyage à, Sumatra, yn 1529. — Description de ITsle de Sainct
Dominigo.
V. — Le voyage
,,,
et itinéï^ire de Oultremer, faict par frère Jehan
Thenaud, maistre es ars, docteur'
en théologie et gardien des Frères
d’.\ngoulosme. Et pf6,nièrement dudict lieu d’.4ngoulesme
jusques au Caire (1512),. Publié\yar M. Ch. Schefer.
Un beau vol gr. in-8»
7
25 fr.
Le même, sur papier vergé de Holla.çie
40 »
VU. — Christophe-Colomb, s'oi, origine, sa vie, ses voyages, sa
famille, d’après des documents inédits, pài Henry Harisse.
Deux vol. in-8. (Sous presse).
'y
Mineurs
CLERMONT-OiSE.
—
IMPRIMERIE DAIX FRERES,
PT-e ST-ANDRÉ, 3.
*'■
Fait partie de Les Polynésiens, leur origine, leurs migrations, leur langage. Tome premier et Tome deuxième