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                  <text>/

lïXI’OSlïION^ COLONIALE DE MADSEILLE
/

/
SECTION DES

1 ©O6

PE

^EMENTS FRANÇAIS DE L’OCÉANIE

ÉTiV

,ire

M. Charles IIkgismanskt.

:

HITI
LES

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E R A N C AIS

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L’OCÉANIE
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ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS
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l’iNSTITUT, CHARGÉ

DE AlISSION E.\ OCÉANIE

TAHITI
ET

LES

ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS
DE

L’OCÉANIE

PARIS
Augustin

CHALLAAIEL, Editeur
17,

RUE

JACOB

Librairie Maritime et Coloniale

190G

fl/:
.-jé.

■

��TAHITI
ET

LES

ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS
DE

L’OCÉANIE

I

APERÇU HISTORIQUE
Les nombreuses îles

dispersées dans rOcéaii Pacifique Sud,

espace immense compris entre les 8”® et 27“' degrés
de latitude australe et les 136“' et 155“' degrés de longitude
sur un

occidentale, et dont l’ensemble forme les Etablissements

français de l’Océanie ou Polynésie française, sont groupées

plusieurs archipels, qui ont chacun une histoire particu¬
: 1" les îles de la Société, comprenant l’archi¬
pel de Tahiti et Moorea et l’archipel des lles-sous-le-Vent ;
2” l’archipel des Tuamotu ; 3" l’archipel des Marquises ; 4=° l’ar¬
chipel desGamhier; 5' les îles Raivavae, Tuhuai, Rürutu,
Rimatara, Rapa ; cette dernière île étant la plus australe de
nos
possessions en Océanie.
en

lière, à savoir

�__

6

—

Les îles du groupe

sud de l’archipel des Marquises sont
qui furent visitées les premières par les Européens ;
Mendana aborda dans les îles du
groupe sud-est en 1595 et
leur donna le nom de Marquises, en riionneur de la
Marquise
de Mendoça, femme du vice-roi du Pérou,
qui avait ordonné
cette expédition ; Marchand découvrit les îles du
groupe nordouest, en particulier Pile Nuka-Hiva, en 1791 et les nomma
Iles de la Révolution, dénomination
qui n’a pas subsisté.
En 1842, le contre-amiral du Petit-Thouars en
prit posses¬
sion au nom de la France ;
peu après il établissait le protec¬
torat du gouvernement français sur Pile Tahiti et ses
dépen¬
celles

dances.
En

1853, la Nouvelle-Calédonie, qui venait d’être annexée
France, Tahiti et ses dépendances et les Marquises
formèrent les Etablissements
français de l’Océanie. La
à la

Nouvelle-Calédonie fut dans la suite constituée
ment distinct (décret du 14 janvier

en

Etaljlisse-

1860).

Iles de la Société.

Beaucoup d’auteurs admettent c[ue
Société, en particulier Tahiti, furent découvertes
par Quiros, ancien pilote de Mendana, qui partit en 1606 du
Pérou, traversa les Tuamotu et alla jusqu’en Australie ; Qui¬
ros aurait abordé à
Vaiuru, dans la presqu’île de Taiarapu.
Moerenhout ne partage pas cette opinion et
pense que la
Sagittaria du navigateur espagnol est l’une des îles Tuamotu
—

les îles de la

voisines de Tahiti.

’

Quoi qu’il en soit, l’île Tahiti fut visitée\par Wallis, en
1767; celui-ci, après un combat avec les indigènes terminé
a son
avantage, réussit à passer quelques semaines en bonne

intelligence

avec eux.

dénomination de

Bougainville y aborda

Nouvelle

en

1768 et la

Gythère » qu’il lui a donnée est
restée célèbre. Le
capitaine Cook y fit trois séjours successifs,
en 1769, 1773 et 1777
; il visita l’archipel des Iles-sous-leVent, auquel il donna le nom à'Iles de la Société, en Phon«

�neiir

de la Société

royale de Londres. Forster’ctendit plus

tard cette dénomination
Les mutins de la

aux

iles Tahiti et Moorea.

Bounty », qui ont peuplé File Pitcairn,
y firent également un séjour de quelques mois.
La Société des Missions de Londres y envoya, en 1797, sur
le conseil de Cook, le navire « Duff » avec des missionnaires
chargés d’évangéliser ces iles.
«

Les missionnaires

tard,

en

1836,

Ils eurent

catholiques

y

arrivèrent beaucoup plus

nombre de deux, venant des iles Gambier.

au

les missionnaires

protestants des difficultés
qui déterminèrent l’amiral du Petit-ïrouars à intervenir une
première fois, en 1838, et à établir finalement, en 1842, le
protectorat de la France sur ces iles et leurs dépendances.
avec

A la suite de l’insurrection de
que les lles-sous-le-Vent
clause fut sanctionnée par

1846, la reine Pômare obtint

resteraient indépendantes ; cette
la convention de 1847 avec l’An¬

gleterre.
En

îles

1880, le roi Pômare V abandonna tous ses droits et les
Tahiti, Moorea et leurs dépendances (îles Tuamotu)

furent annexées à la France.
Iles-sous-le-Vent.
mars

en

Les lles-sous-le-Vent furent annexées

1888, par le gouverneur Lacascade, à

arrangement

avec

Iles Tuamotu.

est

—■

la suite d’un

l’Angleterre.

—

Le

premier navigateur qui visita ces îles

Quiros. Puis vinrent Bougainville, Cook, qui leur donnèrent

tenir compte de ceux sous lesquels les indi¬
gènes désignaient leurs iles, ce qui amena dans la suite une
certaine confusion : File Hao, par exemple, est File de l’Arc
des noms, sans

(Bow Island) de Cook, File de la Harpe de Bougainville. Ces
depuis
quelques années, les îles étant désormais désignées sous les
noms qui leur sont donnés par leurs habitants.
dénominations ont heureusement été abandonnées

Bougainville avait

appelé l’archipel des Tuamotu archipel

�8

—

—

dangereux, à

cause des difficultés de la navigation au milieu
îles basses ; les Tahitiens connaissaient ces îles sous le
nom de Paumoiu
(îles soumises), ce qui n’était pas sans
blesser l’amour-propre de leurs habitants; en 1852, ces der¬
de

ces

niers demandèrent que

leurs îles prissent le nom d’îles Tua¬
(îles lointaines), dénomination qui est devenue officielle
depuis.
Les populations des îles orientales de
l’archipel des Tua¬
motu sont en grande partie
catholiques ; dans les autres îles,
au contraire, la
religion des Mormons domine, les protes¬
motu

tants étant

en

nombre intime.

Iles Gambier.

—

Les îles

Gambier, découvertes

Wilson, commandant le « DutF
Londres, ont été nommées ainsi

par

»,

en

1791

navire des missions de

en

l’honneur de Lord

Gambier.
Beechey les visita

officiers, mais

ces

en

1826 et leur donna les

noms

de

ses

dénominations n’ont pas subsisté.

Cet

archipel fut d’ahord évangélisé par deux missionnaires
protestants, qui n’eurent aucun succès. En 1834, les mission¬
naires catholiques vinrent s’y installer et ne tardèrent
pas à
avoir une grande influence sur les
indigènes. En 1844, ceux-ci
demandèrent le protectorat de la France; le
régime du pro¬
tectorat dura jusqu’à l’annexion
qui eut lieu en 1881. Le
code mangarévien fut
abrogé en 1887, sur la demande du
grand Conseil mangarévien et remplacé par notre code.
Iles australes.

—

L’île

Rapa, découverte

par

Vancouver

1791, fut annexée à la France, en 1867, par le capitaine
Quentin, commandant le « Latouche-Tréville ». L’importance
en

de cette annexion n’a
pas

échappé aux navigateurs anglais et
particulier, paraît la déplorer beaucoup, et accuse
le commandant du « Latouche-Tréville » d’avoir
acquis la
souveraineté de cette île pour
quelques gallons de rhum et
quelques vieux habits.
Hall,

en

�—

9

L’île

Rapa parait appelée à prendre une grande impor¬
économique après le percement de l’isthme de Panama
par le trafic des navires qui viendront y relâcher.
Les îles Tulniai et Raivavae, qui dépendaient de la souve¬
tance

raineté des

Pômare, ont été annexées

en

même temps que

Tahiti.

Le gouvernement français a établi, en 1889, le protectorat
les îles Rurutu et Rimatara qui furent ensuite annexées,

sur

la

première en 1900, la seconde en 1901.
Les habitants des îles australes professent tous

la religion

protestante.
Iles

voisines. Relations commerciales.

—

Les îles les

plus voisines des Etablissements français de l’Océanie sont
des possessions anglaises.
Les plus importantes forment l’archipel de Cook, annexé
à l’Angleterre il y a quelques années. Rarotonga, l’île
prin¬
cipale de cet archipel, a les mêmes productions naturelles
que Tahiti.
L’ile Penrhyn ou Tongareva, de
l’archipel Manihiki,
située au nord de Tahiti, par 161“21’ de longitude ouest et
8“58’ de latitude sud, possède des pêcheries d’huîtres perliè¬
res; la nacre pêchée dans cette île est amenée à Papeete.
L’île

des îles

Pitcairn, située à trois cents milles à l’est-sud-est

Gambier, est

rocher très escarpé, d’un accès dif¬
célébrité aux mutins de la u Bounty »,

un

ficile; cette île doit sa
corvette anglaise qui était venue à Tahiti chercher des arbres
à pain pour les introduire dans les colonies anglaises ;
après
avoir abandonné leurs officiers dans une barque, ils y vinrent
avec ce navire et
s’y installèrent.
Rapanui, la grande Rapa, plus connue sous le nom d’île
de Pâques, est à 1.500 milles de nos possessions et
appartient
au

Chili.

Papeete, le chef-lieu des Etablissements français de

�rOcéanie, est

en

communication régulière

cisco par un vapeur américain qui
avec Auckland (Nouvelle-Zélande)

avec San Fran¬
fait dix voyages par an et
et Sydney (Australie) par

fait treize voyages.
Paris à Tahiti, avec traversée de l’Amérique
New-York à San Francisco, n’excède pas vingt-

vapeur qui
Le trajet de

un

du Nord de

sept jours.
Les services directs de voiliers

français entre Papeete et

Bordeaux ont cessé

depuis quelques années. Les voiliers qui
façon irrégulière vont compléter leur
chargement dans d’autres iles, en particulier en Nouvelle-

viennent à Tahiti d’une

Calédonie.
Les

archipels sont en rapport avec le chef-lieu par des
goélettes du commerce. Les elibrts faits pour aboutir à la
création d’un service de communications régulières, par
goélettes à gazoline, n’ont pas réussi jusqu’à présent.
Commerce de la colonie.

Les

principaux produits expor¬
la Colonie sont le coprah, la nacre, la vanille, les
biches de mer, le fungus, etc. Autrefois le coton donnait lieu
à un commerce d’exportation très inq^ortant.
La Colonie se procure sur les marchés européen et améri¬
cain la presque totalité des matières premières destinées à
l’alimentation, des conserves et presque tous les objets manu¬
—

tés par

facturés.
En

1904, les imporlaüons

el les

exporlalions

Soit

Population.

—

se

sont élevées à

un commerce

total de

rivée

.

.

F.

3.568.458
3.221.555

.

.

.

F.

6.790.013

La population de la Polynésie française

n’atteint pas
ment

.

y

30.000 habitants, d’après le dernier recense¬
(juin 1902). Elle était beaucoup plus dense avant l’ar¬
des Européens ; CooK avait estimé la population de Tîle

Tahiti à environ 100.000 habitants,

�11

—

Tableau résumé de la

—

population des Etablissements français
de l’Océanie.

D’après le recensement du 30 juin 1902.

TOTAL

CIRCONSCRIPTIONS

HOMMES

FEMMES

(a)

Commune de
Tahiti
Moorea

746
243
203
403
151
68

3.427
711
2.250
1.673
2.013
635
251
188
361
149
94

15.306

13.404

847

Iles-sous-le-Vent

2.376
1.890
2.281

Marquises
Tuamotu.

.

.

.

.

Gambier
Tubuai
Rimatara
Rurutu
Raivavae

Rapa
Tot.xux

(a) Il

y a

1“ Ville de

1.652

2.068
4.030

Papeete

lieu d’ajouter
Papeete

:

aux

chifTres ci-dessus

Troupes de terre et de
Population llottante

3.720
7.457
1.558
4.626
3.563
4.294
1.381
494
391
764
300
162

■

28.710

;

377
128

mer

505
2° Ile de

Maiao,

non

200

recensée, environ

3° Districts de Hitiaa et Ativaia
4“

—

de Avera

(Borabora), non recensés, environ .
(Uturoa), Opoa, Vaia, Ilauino (Opoa) et Nina
.

.

200

(Tahaa), environ
Total

1.155

28.710

Report du total ci-dessus
Total

250

général de la population de la colonie
—

Diminution de la

_

population depuis 5

ans

en

1902

en

1897

.

.

.

.

29.865

30.438

573 habitants.

�12

DÉNOMBREMENT

^

.

Français.

.

.

i Européens.
( Indigènes .

&lt;

r

i-

.

-

.

477

26.685

Allemands

74

Américains

l'J3

Annamites

1

Anglais (a)

432

PAR

—

NATIONALITÉS

27

Danois

15

Espagnols
Hollandais

.........

4

Mexicains

Autrichiens

8

Portugais

4

Sandwichiens

25

.

Suédois et

Chinois

412

Suisses

Iles Cook

121

Turcs.

(a) Dans
Cook.

ce

183

Océaniens divers

Belges
Chiliens.

5
3

Italiens

4
Norvégiens.

22
...
•.

.

.

8
6
1

chiffre de 432 sont compris les indigènes d’origine anglaise des lies

�II

NOTIONS

GÉOGRAPHIQUES

Structure

des

îles.

Climat

français de l’Océanie comprennent plus
d’une centaine d’îles, situées dans la zone tropicale de l’océan
Les Etablissements

Pacifique sud, réparties èn six archipels, généralement très
éloignées les unes des autres, et s’étendant du 8“'' degré de
latitude sud (île Eiao, de l’archipel des Marquises) au 27“38’

(île Rapa) et du 136“58’ de longitude occidentale (île Temoe)
juscjue près du 155"“' degré (île Scilly).
peut grouper ces îles, au point de vue orographique,
catégories qui paraissent, au premier ahord, avoir
une origine bien dillerente : les îles hautes, d’origine volcanicjue, à reliefs généralement très accusés, et les îles basses,
d’origine corallienne, à peine élevées de cjuelques mètres audessus du niveau de la mer, et formées d’une ceinture d’ilots
boisés très étroits, entourant un lac intérieur ou lagon.
Les îles de la Société, comprenant Tahiti, Moorea et les
Iles-sous-le-Vent, les archipels des Marquises et des Gambier, et les îles australes (Tubuai, Rurutu, Raivavae,
On

en

deux

Rapa), appartiennent à la première caté¬
gorie ; les îles Tuamotu et les îlots de Scilly, de Bellings-

Rimatara, Maria,
hausen et

la seconde.

de Mapihaa

(Iles-sous-le-Vent), appartiennent à

�—

ILES

Tahiti

i4

HAUTES
et

Moore a

Ces (leux

îles, situées à neuf milles rime de l’autre, sont
plus importantes de nos possessions de l’Océanie.
L’île Tahiti, comprise entre 17"29’3()” et 17“4:7’ de latitude
sud, 151"29’o3” et 151 “36’ de longitude ouest, est formée de
deux presqu’îles, ïahiti-nui
(grand Tahiti) ou Porionu, et
Tahiti-iti (petit Tahiti) ou
Taiarapu, réunie par risthme de
Taravao, de 2.200 mètres de largeur; la forme de la grande
presc|u’île est presque ronde, celle de la petite est ovoïde.
En réalité, comme nous le verrons
plus loin, ces deux pres([u'îles sont deux îles volcanicpies distinctes réunies ultérieu¬
rement par un isthme d’origine sédimentaire
; la délimitation
des deux prescju’îles n’est
pas indiquée d’une manière exacte
dans les cartes marines : l’isthme est formé
par des sédi¬
ments vaseux, peu élevés au-dessus du niveau de la
mer,
occupés par des marécages, partant de la haie de Mitirapa,
au sud de Port
Phaéton, passant au sud du village et du fort
de Taravao et rejoignant la route
qui mène du village à la
côte est de l’île ; le ballon
Faarei, la grande baie de Port
Phaéton et le village de Taravao
appartiennent à la grande
les

île.
Tahiti est très accidentée et couverte de hautes

montagnes,

dont les

plus élevées sont l’Orohena (2.237 m.) et l’Aorai
(2.065 m.); ces montagnes descendent en pente rapide vers la

certains endroits, elles finissent en abrupts sur lescjuels une étroite chaussée est établie; ailleurs-leur hase est
mer; en

cachée par des sédiments
formant une zone dont la

marins et des alluvions fluviatiles,
largeur peut atteindre, trois kilo¬
mètres, zone très fertile sur larpielle sont établies les cultu¬
res; en certains endroits, en particulier sur la route de Faa,
l’épaisseur de ces alluvions, résultant de la déGomposition

�Phot. G. Couîoii.

Taliilien |)orlaiil des

Iruits.
(Tare), l'ei, ananas, l'rnit à jiain.)

��place et de la désagrégation des roches

sur

l’action des
Les

eaux

de ruissellement, est très

montagnes sont couvertes, sur leurs

de terre

volcaniques sous
grande.

flancs, d’une assise

végétale, de même origine que les alluvions, sur

laquelle une riche végétation s’est établie. Le massif monta¬
gneux présente des vallées plus ou moins profondes ; la plus
importante, celle de Papenoo, est une grande coupure dont
l’orientation est sensiblement nord-sud et qui s’avance très
loin au delà du centre de File ; cette vallée, très fertile, est

la rivière Vaituoru et ses affluents, rivière
qui devient très dangereuse après quelques jours de fortes

parcourue par

pluies.
La vallée du Punaruu est

également

une

vallée très

pro¬

celle de Papenoo par le col de
Papenoo; la rivière du Punaruu descend du mont Orohena.
La vallée de Fautaua, qui s’ouvre en face la passe de Taunoa,
un peu au nord-est de Papeete, communique également avec
la vallée du Punaruu. Les autres vallées principales sont celle
de la Vaihiria, celle de la Papeiha (sur la côte Est) et celle de

fonde, qui communique avec

Tautira, dans la

presqu’île de Taiarapu.

Une des curiosités

naturelles les plus remarquables de
situé à 432 mètres au-dessus du

Tahiti est le lac Vaihiria,
niveau de la mer,

entouré de hautes montagnes, et mesurant

500 mètres de diamètre.

On y

accède

en

partant de Mataiea et en remontant la val¬
passant par la grande vallée

lée de Vaihiria, ou encore en
de

Papenoo et la vallée

de la rivière

secondaire du Vainavenave, affluent

principale Vaituoru.

récif-barrière, inter¬
rompu de la pointe Vénus aux îlots de Tiarei; ce récif est
coupé de passes qui permettent aux navires de faible tonnage
de pénétrer dans la portion de mer ainsi protégée de rOcéa,n;
il est à remarquer que le récif-barrière est interrompu en
L’île de Tahiti est entourée par un

�—

16

face des

grandes vallées qui entaillent l’île. Par places, ce
présente des îlots coralliens couverts de végétation.
Moorea ou Eimeo,
beaucoup plus petite que Tahiti (son
périmètre est de 48 kilomètres), est encore plus pittores¬
que que cette dernière; les montagnes y sont plus escar¬
pées; le sommet le plus haut, le Tehivea, atteint 1.212 mè¬
tres (‘). L’île, de forme
triangulaire, est échancrée dans sa
partie méridionale par deux haies profondes : la haie de
Papetoai et celle de Cook ou de Paopao.
Moorea, de môme que Tahiti, est entourée d’un récif-bar¬
rière interrompu de place en
place par des passes ; cette
ceinture de récifs présente plusieurs îlots coralliens ou motus
récif

boisés.
L’île Mehetia, située à l’Est de
Tahiti, est un volcan éteint
dont la forme est très bien conservée.

Iles Marquises

L’archipel des îles Marquises, situé entre 7"50’
latitude sud et 140°4d’ et 143°05’ de

prend
dont

et 10°33’ de

longitude ouest

îles très élevées, hérissées de crêtes
sept sont habitées.

L’île

onze

principale, Nukahiva,

mesure

et de

com¬

pics,

32 kilomètres dans

sa

grande longueur du nord au sud et 19 de l’est à l’ouest, et
atteint 1.178 mètres de hauteur; Hiva-Oa mesure 39 kilo¬
mètres de l’est à l’ouest et 19 du nord

au sud et atteint
1.260 mètres de hauteur ; les autres îles habitées de
l’archipel
sont ; au nord-ouest Uapu, Uauka et Eiao et au
sud-ouest
Tauata et Fatuhiva. Ces
îles, très accidentées, sont entail¬

lées de haies

profondes; il n’y

de récifs les protégeant
celle-ci vient déferler sur les
abrupts de roches basaltiques formant les côtes ; l’accosa pas

de la haute mer, en sorte
que

(1) Le Mauapula (inonlagnepercée), clonl rallilude est de 790 mètres, est
quable par un trou qui traverse celle montagne de part en part.

remar¬

�il

—

tage des bateaux n’est possible que dans les baies où les
mouiller, et même dans quelques-unes de ces

navires vont

large s’y fait tellement sentir qu’elle rend
débarquement très dangereux.

baies la houle du

le

Archipel

des

Gambier

(').

L’archipel des îles Gambier est formé de dix îlots élevés,
d’origine volcanicj[ue, dont les quatre plus grands, Mangareva, Aukena, Taravai et Akamaru sont habités. L’île
Mangareva, la plus importante, est allongée du nord au sud
et présente dans sa partie méridionale une muraille basal¬
tique verticale dont les points culminants sont le Mangareva
ou mont Dulï (441 mètres) et le Mokoto (425 mètres). L’en¬
semble de

ces

îlots est entouré &lt;à l’ouest, au nord et à l’est

d’une ceinture de récifs et d’îles coralliennes basses
de cocotiers ; ces

plantées

îlots bas sont absolument semblables à

qui forment les îles Tuamotu. La portion de mer com¬
prise entre la ceinture de récifs et les îlots volcaniques forme
ce
cj^ue l’on désigne sous le nom de lagons des Gambier.
ceux

Iles Australes
L’île Raivavae

(23 ’49’ lat. sud ; 130“ long, ouest) est

allongée et entourée d’une ceinture de récifs, interrompue
par
un

deux passes ; cette ceinture de récifs présente d’ailleurs
ou îlots coralliens très peu éle¬

grand nombre de motus

vés au-dessus du niveau de la mer et couverts

Le

de végétation.

point culminant de Uaivavae est le mont Ruatara, c[ui

atteint 320 mètres.
L’île Tubuai,

située à l’ouest de la précédente (23“19’ lat.

sud; 152“ long, ouest), est également entourée de récifs; le
nombre des motus est très réduit, il n’y en a que quatre ; le
sommet culminant de l'île est le mont Taitoa (310 mètres).
(') SUué enlre 137“15’ el 137"25’ de longitude ouest, 23“ et 23“ 14’ de latitude sud.
Tahiti

2

�—

L’ile Rurutu,

18

—

située par 22"27’ de

latitude sud et 153“47’ de

longitude ouest, est entourée d’un récif, sans motus. Rimatara (22"29’ lat. sud ; 155°16’ long, ouest) est une île très
petite, peu élevée, entourée d'un récif circulaire de trois milles
de rayon.

(27“38’ lat. sud ; 146'30’ long, ouest) est la plus
nos possessions, en Polynésie (') ; elle a la
forme d’un parallélogramme et mesure 12 à 13 kilomètres
du nord au sud et 10 à 12 kilomètres de l’est à l’ouest; ses
côtes sont découpées par de nombreuses baies, dont la plus
importante est celle d’Ahurei, située au nord-est de Plie, et
qui peut recevoir des navires de tout tonnage. Ces baies sont
parsemées de pâtés de coraux qui en rendent l’accès diffi¬
cile, mais les coraux ne forment pas de récif-barrière enser¬
L’île Rapa

méridionale de

rant l’ile.

Rapa est très accidentée, et beaucoup de ses monta¬
s’élèvent presque verticalement.
Iles-sous-le-Vent.
L’arcbipel des lles-sous-le-Vent com¬

L’île
gnes

—

prend six îles volcaniques entourées de récifs et trois îles
basses; l’examen de la structure des îles hautes de cet archi¬
pel et de leur ceinture d’îlots coralliens permet de passer à
la structure des îles Tuamotu.

plus importantes de l’archipel, Raiatea
sont enserrées dans un même récif, lequel est
d’ailleurs coupé par plusieurs passes; ce récif présente, par
places, des îlots boisés. Les deux îles Tahaa et Raiatea sont
séparées l’une de l’autre par un chenal de deux à trois milles
de largeur ; Raiatea, située au sud, a des sommets élevés de
1.033 mètres; les plus hauts sommets de Tahaa ne dépassent
pas une hauteur de 1.000 mètres.
Huahine est également formée de deux îles, Huahine-nui
Les deux îles les

et Tahaa,

Rapa) par les Iiitligènes, pour la disIle de Pâques); la Iradilion rapporle que
Rapa-ili qui ont peuplé l’île de Pâques.

(') Celle île esl appelée Rapa-ili (la pelile
linguer de Rapa-nui (la grande Rapa ou
ce

sonl les habilanls de

�'I

�riiot. G. Coulon.

rhot. G. Conlon.

Taliilien.

Tahiiienne.

�19

(Iluahine-la-grande)

au

—

nord, Huahine-iti (Huahine-la-petite)

sud, entourées par un même récif dont la limite est indicpiée par des îlots boisés ; les deux îles hautes sont séparées
par deux grandes baies qui communiquent entre elles par un
au

chenal

guéable.
Borabora, remarquable

par une montagne centrale, le pic
Pahia, élevé d’environ 800 mètres, est entourée d’un
large lagon, limité du côté de la haute mer par une ceinture
de

d’îlots boisés et de récifs.
La structure de l’île Maupiti est la même, mais
central est beaucoup moins élevé, ayant environ 250

le pic
mètres

de hauteur.

désignée aussi sous le nom de Maiao-iti
(petit Maiao), située à 40 milles à l’ouest de Moorea, a la
même structure que les deux îles précédentes, mais la partie
volcanique, très petite, y est réduite à deux collines dont la
plus élevée, celle de l’Est, a environ 50 mètres d’altitude.
Dans l’île Motu-iti, les pics volcaniques ont disparu, j)ar
suite des phénomènes de dénudation, ne laissant qu’une
plateforme peu profonde sur les hords externes de laquelle
Tubuai-Manu,

des îlots de sable corallien

se

ILES
Iles Tuamotu.

—

79 îles coralliennes

sont élevés.

BASSES

L’archipel des îles Tuamotu est formé de
ou atolls, à
peine élevées de quelques

mètres au-dessus du niveau de la mer,

dont l’altitude

sauf l’île Makatea,

d’environ 70 mètres,

qui occupent, à l’est
de Tahiti, une étendue de près de 250 lieues du nord-ouest
au sud-est, entre les 137“ et 151“ degrés de longitude ouest;
les îles orientales de cet archipel sont rattachées administra¬
tivement

aux

est

îles Gambier.

La structure de

portent

sur

ces

îles est très uniforme ;

les différences

les dimensions, quelques-unes, très petites.

�20

—

n’ayant guère plus de 2 à 3 milles de diamètre, tandis que
d’autres, telles que Rangiroa ont 42 milles de longueur sur
20 de largeur, et sur la présence ou l’absence de passes per¬
mettant l’accès dans le lagon.
Chacune des Tuamotu est formée d'une suite d’ilots coral¬
liens très bas

[motus], recouverts d’une végétation qui, de

loin, paraît luxuriante, îlots disposés le plus souvent en un
cercle ou en ovale, quelquefois en fer à cheval, et entourant

portion de mer peu profonde ou lagon;
du côté de la haute mer, est au contraire

une

la profondeur,
très grande et

dépasse souvent 2.000 mètres ; la ligne des motus est elleentourée, du côté de la haute mer, d’un récif fran¬
geant d’une centaine de mètres de largeur, généralement
découvert à mer basse, et qui rend l’accostage difficile ; le
plus souvent, le récif-barrière forme une ceinture non inter¬
rompue et alors l’île ne présente pas de passes; quelquefois,
au contraire, ce récif et la ligne des motus sont coupés par
une
passe plus ou moins large, qui permet l’entrée des navi¬
res dans le lagon.
Les motus sont des îlots quelquefois très allongés, mesu¬
rant alors plusieurs kilomètres et très étroits, leur largeur
même

variant entre 200 et 400 mètres ;

dans certaines îles, en par¬
ticulier à Fakahina et à Pukapuka, la largeur des motus
atteint un kilomètre ; ces îlots sont limités, du côté du récif
extérieur et du côté du

pente dont la nature
endroits, la pente est formée de
sable corallien très fin, mélangé de coquilles marines et de
foraminifères, en d’autres endroits la pente est formée de
gros blocs de madrépores et de coraux entassés sans ordre,
que l’on gravit avec peine. La crête qui limite le motu du
est Variable

;

en

côté de la haute

lagon,

par une

certains

mer

est

un

peu

plus élevée

que

la crête inté¬

rieure.
Le sol du motu est lui-même de nature variable: dans
tains

cas

il est formé de sable corallien très

cer¬

fin, mélangé

�de débris de

coquilles et de

dans d'autres, il est au
blocs de calcaire
corallien, entassés sans ordre, sur lesquels il est difficile de
cheminer ; en ces endroits, la végétation est très rare, et
l’aspect de l’îlot est désolé.
Les îles Tuamotu sont dépourvues de toute source d’eau
douce, ce qui en rend le séjour très pénible; le plus souvent
les indigènes se contentent de l’eau légèrement saumâtre
qu’ils se procurent en creusant un trou dans le sol de 1 à
2 mètres de profondeur ; les Européens consomment l’eau de
pluie, qu’ils recueillent dans des réservoirs, quelquefois dans
des citernes. Dans quelques îles Tuamotu, il existe de petits
lacs alimentés par l’eau de pluie; le fond de ces mares est
constitué par du calcaire corallien, qui s’oppose à l’infiltration
de l’eau dans le sol; ces lacs sont une ressource précieuse
coraux ;

contraire formé d’une accumulation de gros

les habitants.
profondeur du lagon limité par la couronne de motus
est très variable; le plus souvent, celui-ci est parsemé de
pâtés de coraux qui affleurent et rendent la navigation très
dangereuse; dans quelques îles (Tikahau, Fakahina, etc.), il
existe de petits îlots boisés à l’intérieur du lagon.
L’île Makatea a une structure tout à fait remarquable ;
pour
La

côtes s’élèvent

muraille absolument

verticale,
jusqu’à une hauteur d’environ 70 mètres; à l’endroit où est
situé le village, la côte forme une vaste baie au fond de
laquelle se trouve, adossée à la muraille verticale, une plage
de calcaire et de sable coralliens élevée de quelques mètres
au-dessus du niveau de la mer, couverte d’une riche végéta¬
tion; c’est sur cette plage que les habitants se sont installés.
Un chemin mène au plateau formant l’île proprement dite ;
Makatea est une île corallienne, qui a subi un exhaussement
considérable, exhaussement qui a eu pour effet de faire dispa¬
ses

raître

son

en

une

lagon.

Makatea n’est d’ailleurs pas

le seul atoll qui ait subi

un

�22

pareil exhaussement : l’ile corallienne Elisabeth (Henderson
Island), située par 24”21’2()” de latitude sud et 130"40’ de
longitude ouest, est à une hauteur de 25 mètres au-dessus
du niveau de la

mer.

CLIMAT

Iles

de la

Société

[Tahiti, Moorea, Iles-sous-le-Vent).

Tahiti est renommée
de

son

climat

(‘)

;

depuis longtemps

la température

y

est

pour

la salubrité

assez

élevée et à

peu près constante ; les nuits sont généralement fraîches et
les chaleurs y sont tempérées
par des pluies abondantes ; les

plus élevées sont observées de novembre à mars, le thermo¬
mètre marquant alors 32 ou 33
degrés centigrades (à l’om¬
bre) ; à partir de mai, la température baisse et le minimum
se
produit de juin à octobre, sans descendre au-dessous de
15° pendant la nuit.
L’humidité relative de l’air est toujours
grande. Les vents
ceux du Nord-Est et du Sud-Est
; quelle que

dominants sont
soit leur

direction, ils n’exercent aucune influence sur le
thermomètre. Il n’en est pas de même du vent de la monta¬
appelé hupe, qui est relativement frais
généralement pendant la nuit, pour atteindre

gne,

au

et

qui souffle

son

maximum

lever du soleil.
La brise de

mer

s’élève entre neuf et dix heures du matin
son maximum entre midi et deux

et atteint ordinairement

heures de

l’après-midi.
Papeete est rarement sans nuages ; quelquefois,
matin, on peut le voir parfaitement pur, mais vers dix
Le ciel de

le

heures, il

commence à se couvrir du côté de la
les brouillards sont très rares.

montagne

;

(') Nous devons les reiiseignemenls et les données qui suivent sur le climat
de
Tahiti, à l’obligeance de M. Taupin, pharmacien de l’hôpital de
Papeete, chargé
des observations

météorologiques.

�—

23

Température. — La température moyenne de l’année 1904
la température la plus élevée 34° a été observée le
17 janvier, la plus basse 16°, le 16 juillet.
Le tableau suivant résume quelques moyennes thermomé¬
triques de l’année 1904 :
est 25“3 ;

MOIS

8 heures

4 heures

du malin

du soir

.lanvier
Février
Mars
Avril
Mai
.luin

26,'9
26,5
25,9

27,3

31,8

27,2
26,6
26,7

31,6
30,8
29,7
28,3

Juillet

23,3

Août

23,1
23,7
25,8
26,7

Octobre
Novembre
Décembre

Pluies.

Les

31,'9

26,5

29,6

26,7
28,2
28,7
28,1

26,7

—

31,5
,32,2

27'8

24,1

Septembre

maxima

26,6 ■
27,5

26,.3
26,4

Température

29,7
.30,3
.30,8

Tfiiipératnre
minima

Température
moyenne

20,8
20,9
20,7
21,2
19,8
19,6

26,1

26,5
26.3

26,5
25,3

25,2
24

18,4

18,8
18,9
19,8
20,8
21,4

23,5
24,2

24,7
25,5
26,1

pluies sont généralement plus abondantes

pendant la saison chaude, de décend^re à mai. Les quantités
d’eau tombées durant
le tableau suivant

Années

ces

Quantité d'eau recueillie

1318*115

1904
1903
1902
1901
1900

Pression

dernières années sont données par

:

2432*11

2072*11
3266**1
2769**1

atmosphérique.

—

Nombre de jours de

pluie

102
140
122
152

131

Pendant la saison fraicliCj de

mai. à octobre, la pression barométrique oscille généralement
au-dessus de 760'” tandis que pendant la saison chaude, sur¬
tout

en

novembre et décembre,

elle oscille au-dessous.

�24

Iles Marquises
Les saisons

sont pas

très bien indiquées aux îles Mar¬
quises ; le climat est chaud et humide ; le thermomètre ne
descend guère au-dessous de 23“ et ne
dépasse pas 33° ; la
chaleur est tempérée par la brise du large,
qui souffle assez
régulièrement et les nuits sont fraîches. Les vents régnants
sont, d’avril à octobre le vent d’Est-Sud-Est ; d’octobre à
avril, le vent d’Est-Nord-Est. 11 arrive qu’on reste six, huit
ne

et même dix mois

sans

pluies.
Iles Tuamotu

Le climat des îles Tuamotu est
très

sec

à avril ;

de

;

généralement très chaud et
la température est beaucoup plus élevée d’octobre
la réverbération de la lumière solaire sur les blocs

coraux

et le sable calcaire blanc est très

porter et oblige les Européens à porter des

pénible à

verres

sup¬

colorés.

Iles Gambier.
Le climat des îles

Gambier, que nous avons étudié pendant
consécutives, est caractérisé par deux saisons
bien tranchées, une
chaude, qui comprend les mois de
novembre, janvier, février, mars et avril, et une saison froide,
qui s’étend de mai à octobre inclusivement.
Le mois le plus chaud de l’année est celui de février
; la
température la plus élevée 36°, que nous avons eue cà enregis¬
trer pendant deux années, a été observée le 8 février
1904;
la plus basse 13°4, dans la nuit du 21 au 22
septembre 1902.
La température moyenne de l’année 1903 est de 24°3. Le
tableau suivant montre les variations de la
température :
deux années

�2o

An ées
1902
—

—

—

—

1903
—

—

—

—

—

Moi.s

Tempp’ratiire
moyenne

Aoûl

Septembre

21,5
21,3

Octobre
Novembre
Décembre
Janvier

23

Pc V lier

26,6
25,9

Mars
Avril
Mai
Juin

Pluies.

An ées

m O

Juillet.
Août

1903
—

.

26,5
25,5
24,3

22,0

.

.

.

.

23.5
24

Octobre.
Novembre
Décembre
Janvier
Février.
Mars
Avril
Mai....

—

.

—

—

1904

.

—

24.6
25.8
26.9

.

27,5
26,9
26,1
24,1

.

—

—

—

ye n n e

22,1
2.3,3

Septembre

—

24,5
25,9

Température

Mois

.

.

.

.

.

.

Le

régime des pluies est assez variable à Mangareva ; la saison des pluies les plus abondantes comprend
les mois de septembre, octobre, novembre et décembre; la
quantité totale d’eau tombée en 1903 est de 2.730 millimètres,
ce
qui donne une moyenne mensuelle de 227“5.
Les orages sont assez rares ; ils sont généralement accom¬
pagnés de fortes pluies : la quantité d’eau tombée pendant
l’orage du 23 septembre 1903 est de 248“8.
Le tableau suivant donne le relevé des quantités d’eau
—

recueillies d’août 1902 à mai 1904

An é■es
1902
—

—

—

—

1903
—

—

—

-

—

—

1904
—

—

—

—

Mois

:

(en millimètres)

219“75
181 "9
110“5
70“5
120“7
188"!
172™2
109“45
108 “9

Août

Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août

Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
.lanvier
Février
Mars
Avril
Mai

Nombre

Quantité d’eau recueillie

360™25

.

192“
148“
63
27(i“
505“
266“
339“
76“7

164“2
282“9
106“5
79“

de

jours de pluie

19
12
14
12
20
19
19
14
13
23
22
24
13
14
26
24
23
23
19
24
18

14

�20

—

Humidité redalive de l’air.
est

—

—

L’humidité relative de l’air

toujours très grande aux îles Gainbier; pendant l’an¬
1903, l’état hygrométrique ne s’est pas abaissé au-dessous
48 0/0 (juin) et très souvent l’air était saturé.

née

de

»

Elal

Le

hyyi’omélriqiie observe à 6 li. du malin, moyenne annuelle
—

—

—

—

midi,

—

9 .heures du soir,

—

89 0/0
73 0/0
88 0/0

phénomène de la rosée s’observe très fréquemment le

matin et le soir.
Pression

atmosphérique.

La pression atmosphérique
régularité absolument remar¬
quable ; la courbe journalière du baromètre enregistreur
présente deux maxiina et deux mininia. Le premier minimum
de la pression est réalisé vers trois heures du matin; la
pres¬
sion se relève lentement à partir de cette heure pour attein¬
dre son maximum vers neuf heures du matin ; puis elle dimi¬
nue Içntement,
atteignant son second minimum vers trois
heures du soir; elle se relève ensuite jusqu’à son second
maximum, qui est réalisé vers neuf heures du soir; la courbe
s’abaisse lentement à partir de cette dernière heure jusqu’à
varie, à Mangareva,

—

avec une

trois heures du matin et ainsi de suite.

En

1903, la pression est restée relativement basse pendant
janvier, février, mars et avrils descendant quel¬
quefois à 7o5“. Les mois de mai, juin, juillet, août et sep¬
tembre sont, au contraire, caractérisés par des pressions éle¬
vées, atteignant 770"*. Les mois d’octobre, novembre et
les mois de

décembre sont caractérisés par

ques brusques.
Phénomènes

des variations atmosphéri¬

périodiques de Vagriculture. —Les arbres à
pain donnent généralement aux Gainbier, deux récoltes par
an, l’une beaucoup plus abondante que l’autre; nous avons
assisté à la seconde récolte de 1902, en juillet et août; les
arbres à pain ayant fleuri pendant la seconde moitié du mois

�—

27

de décembre 1902 et le mois de
récolte

exceptionnelle

en mars,

—

janvier 1903 ont donné une
avril et mai; la floraison de

juin 1903 a été suivie d’une récolte très médiocre eii septem¬
bre; enfin la floraison du 15 octobre à fin novembre a été
suivie d’une récolte

exceptionnelle qui a commencé le 15 jan¬
jusqu’à la fin de mai. Les époques
de maturité du fruit de l’arbre à
pain sont, comme on le voit,
variables chaque année.
Le caféier fleurit en
septembre, la récolte ayant lieu en
avril; l’oranger fleurit à partir du mois d’août, les oranges
vier 1904 et s’est continuée

arrivant à maturité

en

fruits de l’avocatier

a

avril ;

lieu

la récolte des

mangues

et des

décembre et

janvier; celle des
[Inocarjms edulis) dans la première quin¬
en

fruits du mape
zaine du mois de mai.

MARÉES
Raz-de-màbée. Ouragaxs

et

Cycloxes

Le

jeu des marées est très faible à Tahiti ; les plus hautes
ne
dépassent pas 50 centimètres; dans la baie de
Papeete, la haute mer a lieu tous les jours de 1 à 2 heures;
cette régularité de l’heure de la haute mer dans cette localité
est un phénomène très
remarquable, qui a depuis longtemps
marées

attiré l’attention.

Aux îles

Tuamotu, les marées sont également de faible
amplitude ; la mer est basse dans le lagon quand la lune est
au méridien et elle est haute
quand la lune se lève et quand
elle se couche. Dans les îles à passes, il se
produit un cou¬
rant très violent, du lagon vers la haute mer
quand la mer
baisse et de la haute mer vers le lagon quand la mer monte;
les goélettes doivent attendre le courant rentrant
pour
entrer, le courant sortant pour sortir (le courant sort aussitôt
après le lever et le coucher de la lune ; il entre aussitôt

�—

28

—

après le passage de cet astre au méridien, et environ six heu¬
après son coucher).
Aux lies Gambier, la plus grande amplitude des marées
est de 1“20 ; les grandes marées ont lieu vers la fin du mois

res

la fin du mois de

septembre.
Cyclones. — Des raz-de-marée se produi¬
sent assez fréquemment pendant la saison chaude (janvier,
février, mars), et occasionnent quelquefois des dégâts impor¬
tants, surtout aux Tuamotu. Les cyclones sont heureusement
très rares; celui de février 1878 et celui de janvier 1903,
sont restés tristement célèbres, par les désastres qu’ils firent
aux îles Tuamotu; le premier fit des dégâts considérables à
Anaa ; le second atteignit surtout les îles Hikueru, Marokau,
de

mars

et

vers

Raz-de-marée.

Ravehere, Raroia, Marutea du Nord, Hao et Amanu ; les
raz-de-marée
sentir

qui se produisirent
jusqu’à Mangareva.

en

janvier 1903

se

firent

�III

GÉOLOGIE
Structuiu-: miinéralogiqur des îles de la

Polynésie

française.

Minerais.

Iles de la Société.

la

—

La structure géologique

des îles de

Société, et de Pile Tahiti en particulier, n’a pas,

jusqu’à

présent, fait l’objet d’un travail d’ensemble. Les difïerents
qui ont visité ces îles les ont décrites comme
uniquement formées de roches basaltiques d’origine récente.
Naturalistes

éruptives anciennes que nous
vallée de Papenoo
modifient totalement cette conception.
Les basaltes forment, a la vérité, la masse totale ou pres¬
que totale des îles hautes volcaniques. Ces basaltes sont très
basiques ; beaucoup d’entre eux renferment de gros cristaux
porphyriques d’augite et d’olivine, qui sont parfois tellement
pressés les uns contre les autres que la roche, au premier
abord, semble être holocristalline et grenue ; les basaltes
compacts de Papenoo renferment quelquefois des enclaves de
Les échantillons de roches

avons

recueillis

au

fond de la grande

nodules à olivine du type commun.
L’altération et la décomposition sur

place de ces roches
atmosphériques donnent ces terres
de couleur rouge, si abondantes sur les talus cpii bordent la
route de Faa ; au milieu de ces terres on retrouve des blocs
arrondis de roche non encore complètement décomposée, les
sous

Faction des agents

�—

30

parties altérées formant des assises concentriques autour de
ces

blocs.

Les basaltes ont

traversé, lors de leur

venue,

d’autres

roches

beaucoup plus anciennes, et les ont recouvertes à peu
près, complètement ; ces roches anciennes, qui forment une
série pétrographique très remarquable, ne
peuvent être
observées qu’au fond de la vallée de
Papenoo (île Tahiti),
dans le cours supérieur de la rivière Vaituoru et de ses
affluents de Vainavenave et de Maroto.

Il y a

là tout un massif ancien formé de roches à néphéline,
comprenant, en fait de roches grenues, des syénites néphéliniques, des monzonites néphéliniques, des gabbros néphéli-

niques, des gabhros amphiboliques, et des roches à grain
très fin et plus ou moins
microlithiques, camptonites, nionchiquites, tinguaïtes. Les roches dominantes sont les monzonites
néphéliniques.
Cette série pétrographique est tout à fait semblable,
jus¬
qu’en ses détails, à celle trouvée à Madagascar; elle indique
l’existence, sur l’emplacement actuel des îles de la Polynésie,
d’un continent très ancien qui s’est effondré à une date rela¬
tivement
Iles
ces

rapprochée de

nous.

Gambier, îles Australes et îles Marquises.

—

Toutes

îles sont des montagnes

d’origine volcanique, formées
de basaltes, et flanquées de terres de couleurs
vives, produi¬
tes par la
décomposition sur place des basaltes ; ces terres
d’ailleurs très fertiles.

sont

Ile Rapa.
cause

L’île Rapa mérite une mention spéciale à
gisements de lignite et de minerais de fer qu’on y
l’étude géologique de cette île n’a d’ailleurs jamais
—

des

trouve ;

été faite.

Le
les

lignite se trouve au fond du vallon de Paukare, dans
parois d’un petit cirque terminal, à deux kilomètres

environ de la mer, à une hauteur de 200 à 500 mètres
; dans
ce
cirque se réunissent des fdets d’eau, descendant d’une

�colline

supérieure et formant

un

ruisseau qui vient se jeter

dans la baie d’Ahurei.

épaisseur de 2 mètres à
le combustible est un lignite, dont le poids spécifique
1,407 et la composition chimique la suivante :

La couche de

charbon

a une

2”50 ;
est

13,13

Eau

Hydrocarbures volatiles

47,G3

Carbone fixe

35,13
4,11

Gendres

100,00

0,233

Sulfures

Les

cendres, g'ranulaires, ont une teinte

charbon de

p.

100

brunâtre. Le

Rapa, essayé à diverses reprises, a été jugé de

qualité inférieure.
On trouve,

dans la même île, des minerais noirs à reflets

n.iéfalliques, à cassure vitreuse, qui se pulvérisent très facile¬
en donnant une poussière rouge-brun assez claire ; ce

ment

sesquioxyde de fer et de chrome, non
susceptibles d'être exploités.

sont des minerais de

Iles basses des Tuamotu.

de roches coralliennes

—

Les îles Tuamotu sont formées

d’origine récente

:

calcaires madrépo-

riques, calcaires constitués par des débris de coraux et de
coquilles cimentés par de la vase calcaire, calcaires à foraminifères et calcaires à halimèdes (algues vertes).
Dans certaines îles, en particulier à Marutea du Sud, on
trouve des pierres ponces amenées par les courants et reje¬
le sol par la vague.
Le sol des îles basses est entièrement formé

tées

sur

de blocs de

calcaire, en sorte
de terre végétale ; dans quelques îles on
trouve une légère couche d’humus, provenant de la décom¬
position sur place des végétaux.
Origine des îles coralliennes. L’origine des îles coral¬
liennes a fait l’objet de nombreuses hypothèses; la plus
coraux,

de débris de coquilles et de sable

qu’il n’existe

pas

�32

—

ancienne est celle

d’après laquelle ces îles se seraient élevées,
par l’activité des organismes coralligènes, sur des cratères
immenses submergés ; cette théorie a été rapidement aban¬
donnée, car elle suppose, pour les cratères de volcans, des
dimensions tout à fait

inusitées, certaines îles atteignant, en
effet, soixante-dix kilomètres de longueur.
L’hypothèse de Darwin, appuyée par Dana, est restée
longtemps acceptée par la science presque sans contestation ;
d’après ce savant, les îles coralliennes se sont formées autour
d’une île volcanique en voie d’affaissement lent, en sorte
que. chaque atoll serait un monument funéraire marquant la

place d’une île engloutie.
Cette théorie a été complètement abandonnée à la suite
des observations de J. Murray, faites lors du séjour à Tahiti
du (( Challenger ». L’hypothèse la plus vraisemblable, celle
qui s’accorde le mieux avec les faits observés récemment
par M. AL Agassiz et par nous est la suivante : l’activité
volcanique qui a donné naissance aux îles hautes, a fait sur¬
gir, à’I’endroit où sont situées les îles basses, une série de
plateaux sous-marins, arasés par les flots, sur lesquels les
organismes coralligènes se sont établis et ont construit des
récifs, récifs qui sont arrivés jusqu’au niveau des basses
mers, et sur lesquels la mer, en déferlant, a rejeté de gros
blocs de madrépores et de coraux arrachés à la masse. Les
îles

Tuamotu, arrivées à cet état de récifs recouverts de
récifs coupés de place en place par des bras
de mer, ont alors subi un exhaussement générai de plusieurs
mètres, exhaussement qui s’est d’ailleurs fait sentir dans
toutes les îles de la Polynésie et qui a eu pour effet de les
soustraire aux attaques de la mer. Les graines, charriées par
les courants, entraînées par le vent ou amenées par les
oiseaux de mer bons voiliers ont pu y germer et la végéta¬
tion s’y introduisant, a donné à ces atolls leur physionomie
blocs de coraux,

actuelle.

�—

33

L’exhaussement des îles hautes

volcaniques a eu pour
plus ou moins large de
sable corallien, recouverte aujourd’hui de terre végétale, qui
forme la zone littorale cultivée de ces îles. Les coquilles fos¬
siles que l’on rencontre dans cés sables sont les mêmes que
celles qui vivent actuellement sur le rivage, ce qui montre
que ces phénomènes sont d’uti âge relativement récent.
effet de mettre à découvert la

Les îles coralliennes

ou

zone

doivent,

comme

on

le voit, leur

origine à l’activité volcanique et à l’activité des organismes
coralligènes.

Tahiti

�IV

BOTANIQUE
Flore

économique

de

la

Polynésie française

Plantes alimentaires et industrielles
Bois

La flore des îles de

de

construction,

etc.

la Société est connue par

les travaux

grand nombre de botanistes, dont les premiers sont les
cpii accompagnaient le capitaine Cook ; un
ouvrage récent (1896) a d’ailleurs été consacré à la flore de
la Polynésie française.
La plupart des espèces de plantes que l’on rencontre dans
les îles de la Société, exactement 75 0/0, sont des espèces
d’un

deux Forster,

l’on rencontre dans d’autres localités; 25 0/0 seulement
espèces sont particulières, en sorte cjue le caractère le
plus saillant de cette végétation est celui d’une végétation
introduite ; près de la moitié des plantes vivaces appartien¬

que
des

nent à la

famille des F’ougères.

notice, à signaler les
végétaux ayant quelcjue importance au point de vue écono¬
Nous

nous

bornerons, dans cette

mique .
Iles basses.

La flore des îles

basses,

ou

coralliennes, mérite une men¬

spéciale : cette flore est remarquable par sa pauvreté,
petit nombre de plantes seulement pouvant vivre sur ce
sol formé de blocs de coraux ou de sable calcaire et dépourvu
tion

un

�Phot. G. CouloTi^

Case

laliilieiinc.

Phot. (i. Coilloil.

tniligène laïu'ant le harpon.

��végétale. L’impossibilité d’y faire pousser des légu¬
séjour très pénible aux Européens.
L’arbre le plus important de la végétation des îles Tuamotu
est le cocotier, introduit en Polynésie par les premiers navi¬
gateurs; le cocotier prospère très bien dans ce sol calcaire,

de terre
mes en

et

non

rend le

seulement il oüre

une ressource

alimentaire

aux

tants, mais encore sa culture s’est développée à un

habi¬

tel point

qu’elle donne lieu à un commerce important d’exportation
de co'prah (amande de la noix de coco séchée au soleil et uti¬
lisée pour la fabrication du savon). La plupart des îles Tua¬
motu sont actuellement plantées de cocotiers en rapport.
La plante la plus caractéristique de la végétation des motus
ou îles basses est un petit arbrisseau à fleurs blanches, à bois
très dur et très dense, appelé mikimiki par les indigènes des
Tuamotu ; c’est le Pemphis acidida Forster, que l’on rencontre
aussi bien sur le sable calcaire que sur les calcaires coralliens
les plus compacts; le bois de cet arbrisseau jouait autrefois
un
grand rôle dans la vie domestique des indigènes ; ceux-ci
l’utilisaient pour faire des harpons, pour emmancher leurs
pelles en nacre, pour fabriquer de grands hameçons à re¬
quin, etc. Le huhu [Suriana marïlima L.), petit arbrisseau à
fleurs jaunes qui ale port du wizAbni/tiVpossède au contraire
un bois
qui n’est pas utilisable.
Les motus sont couverts, par places, d’arbres de grande
taille; les plus communs sont le kahia [d net Larda speciosa
Linné), arbre à fleurs blanches très odorantes cpii donne un
excellent bois à brûler, le gatae [Pisonia umbedlifera)^ arbre
de très haute taille que l’on ne rencontre plus guère cjue
dans les îles orientales de l’archipel, le geogeo [Tourne for lia

le bois se travaille très bien et fournit de
embarcations, le tou [Cordia subcordata
Lam.) à bois très dur, excellent pour la fabrication des piro¬
gues. Lq Pandanu^ est run des arbustes les plus utiles ; ses
graines, qui servent d'aliment aux indigènes, sont encore une

argentea L.) dont

bonnes courbes pour

�—

30

—

les habitants de quelques îles pauvres; le
la
construction des cases; enfin les indigènes tressent, avec les
feuilles, des nattes et des chapeaux; les voiles des anciennes
pirogues doubles (pahi) étaient faites avec ces nattes et le
costume des vieux indigènes se réduisait à un pagne de petite
dimension tressé avec ces feuilles. Le 7io?io (Morinda citrifolia L.), arbuste de la famille des Rubiacées, existe dans
beaucoup d’iles des Tuamotu ; dans quelques îles pauvres, les
habitants mangent le fruit aigrelet de cette plante. Le tcmianu
{Calophyllum inopliyllinn), arbre dont le bois est très recher¬
ché, et le pniraii [Hibiscus tiliaceus) sont rares aux Tuamotu.
La flore des îles basses comprend en outre quelques plantes
herbacées, parmi lesquelles une plante volubile, Cassytha
filiformis, qui grimpe sur le huhu et le mikimiki et est utili¬
sée en guise de matelas, une petite Graminée [Lepturus
repens)^ un héliotrope [H. anomcduiii)^ une Crucifère [Lepidium piscidium) et le pourpier [Portulaca oleracea)] cette
dernière plante peut être accommodée en salade ; les gens
de Napuka mangent sa racine cuite à l’eau.
ressource

pour

tronc et les

feuilles fournissent tous les matériaux pour

Dans certaines îles Tuamotu,

la bande de terre est très

large et le sol, formé de sable à orbitolites et à amphistégines, est plus fertile ; l'île Pukapuka est remarquable à ce

point de vue; une riche végétation de tou et de cjatae s’y est
établie, ces arbres formant des fourrés presque impénétra¬
bles ; la décomposition sur place de ces grands arbres a
donné naissance à une épaisse couche d’humus et le sol y est
devenu très fertile ; malheureusement, cette île est inhabitée
et n’est pas

cultivée.

La flore de Tîle Makatea est la môme que

celle des plages

plantes
Tahiti, en particulier l’arbre à pain, le gardénia [tiare
Tahiti), cette dernière plante très abondante, le papayer, etc.
La principale culture de Tîle est celle du cocotier.

des îles hautes ; on y
de

trouve un grand nombre des

�37

Le

figuier cultivé, le pajDayer et le tare peuvent, avec
quelques soins, être cultivés sur le sol aride des Tuamotu et
fournir aux indigènes des ressources très précieuses ; dans
quelques rares îles (Kaukura, Apataki, etc.), nous avons vu
cultiver l’arbre à pain que les indigènes arrivent à faire
pousser en

mêlant au sable corallien de rhunius et de

la terre

végétale amenée de Tahiti.
Iles hautes

La

zone

ou

volcaniques;

littorale des îles hautes, formée

de sable corallien
beaucoup

surélevé recouvert d’alluvions fluviales, a une flore

plus riche que celle des motus ou îles l3asses ; on y retrouve
quelques-uns des arbres que nous avons cités plus haut, et

[Barringtonia speciosa Forster), arbre de
grande taille, le bois de fer [Casuarina eqnisetifolia), le
purau, le tamanu, le cocotier et l’arbre à pain [Artocarpus
incisa L.).
outre le huiii

en

PLANTES

ALIMENTAIRES

Arbre

a

pain

L’arbre par excellence des Tahitiens, des Mangaréviens et
des Marquisiens est l’arbre à pain, appelé quelquefois maioré;
le fruit de cet arbre constitue la
ces

base de l’alimentation de

indigènes ; à Tahiti et aux Marquises, l'arbre cà pain donne
l’année; à Mangareva, au contraire,

des fruits durant toute

il

a que deux récoltes par an.
Les Tahitiens font cuire le maioré sur

n’y

des pierres chauf¬

enlevé l’écorce à l’aide d’une coquille de
porcelaine [Cypræa tigris L.) usée à l’une de ses extrémi¬
tés ; les Marquisiens et les Mangaréviens font subir à ce fruit
une
préparation et un séjour dans la terre de plusieurs
années, et obtiennent ainsi une pâte fermentée, avec laquelle

fées, après avoir

�38

ils font

un

aliment

connu

sous

le

nom

de

popoi, aliment qui

constitue la presque totalité de la nourriture de ces
popula¬
tions. Les IMangarcviens
préparent cette pâte fermentée de

Coquille de Cyprée, usée à l’uue de ses exlrémilés, eL servaul à enlever l’écorce
du fruit de l’tarbre à pcaiii [BulleLin des Sciences
pliannacolor/iqups, 1903).

la façon suivante : les fruits, qu’ils
appellent mei, sont cueil¬
lis peu de temps avant leur maturité et
râpés, afin d’enle¬

l’écorce, à l’aide d’une coquille de tonne [Dolium perdix
L., eidri des Mangaréviens) dont la pointe a été usée sur une

ver

pierre,

à l’aide d’une coquille de cyprée de grande taille,
partie dorsale ou encore l’extrémité a été usée ; on
tient la coquille à la main et on
râpe à l’aide (!e la partie
usée, qui est tranchante.
Les fruits râpés sont mis en un tas et couverts de feuilles
de bananier ; on les laisse mûrir
pendant trois ou quatre
jours et on les coupe ensuite en tranches, en rejetant la par¬
ou

dont la

tie centrale ; on les met sur le sol, on les recouvre de feuil¬
les de bananier, et on les laisse environ une semaine.
Les autres 7nei sont alors cueillis,

râpés et coupés immé¬
qu’on les laisse mûrir comme
les précédents ; on
mélange les fruits nouvellement coupés
et ceux qui ont subi les
préparations indiquées plus haut et
diatement

en

tranches,

sans

�—

on couvre

39

—

le tout de feuilles de bananier sur

lesquelles

on

place quelques pierres pour empccher Faction du vent.
On laisse les choses en cet état pendant un mois, en ayant
temps, que l’ensemble reste
bout d’un mois, on peut manger cette pâte
fermentée, le tioo des Tahitiens, le maa des Mangaréviens ;
cette pâte fraîche est désignée, à Mangareva, sous le nom de
soin de s’assurer, de temps en
bon état ; au

en

(pâte nouvelle).
les plus grands de cet aliment est sa
conservation pendant un temps très long. La pâte dont nous
venons d’indiquei’ le mode de préparation n’est pas consom¬
mée immédiatement : on la met en réserve et, grâce à cette
maahou

Un des avantages

précaution, les Mangaréviens ont toujours été à l’abri de la
le tioo jusqu’à dix ans dans la

famine ; on a pu conserver
terre.

Le tioo est conservé

dans des trous creusés dans le sol,

ayant environ deux mètres de profondeur et un mètre de
diamètre ; toutes les terres ne sont pas également propices ;
les meilleures sont les terres noires, riches en humus ; jadis,

popoi était très estimé, et la propriété sur
laquelle il se trouvait acquérait de ce fait une valeur consi¬
dérable. On garnit le fond et les parois du trou de feuilles
de ti [Cordfjline terminalis), puis on y met le tioo, que l’on
recouvre de feuilles de bananier et de terre. On examine
un

la

bon trou à

pâte environ tous

serve

les six mois, afin de voir si elle se con¬

la mange généralement après qu’elle a
ou deux ans dans la terre ; les Indigènes la

bien, et

on

séjourné un
désignent alors sous le nom de 7naatehilo (pâte ancienne).
Le tioo, avant de pouvoir servir à Falimentation, doit su¬
bir une préparation ; on commence par pétrir cette pâte fer¬
mentée dans une grande auge [kumete)^ mesurant 2 mètres
de longueur et 50 centimètres de largeur, taillée dans un
fronc de tamami [Calophijllum inophtjlliim) ou d’arbre à

pain

; on

l’enveloppe ensuite dans une feuille

d’arbre à pain

�—

et

on

veau

40

—

la fait cuire dans l’eau bouillante ; on la
pétrit à nou¬
dans Tauge à^jo/joz’et on se sert,
pour l’écraser, d’un

pilon

en basalte [tiiki] ;
tion est la popoi.

la pâte qui

a

subi cette dernière opé-

Cet aliment

remplace le pain dans l’alimentation des habi¬
Marquises; on le mange avec du
poisson, de la viande, etc. ; aux îles Marquises, où l’arbre à
pain donne des fruits durant toute l’année, les Indigènes
mélangent ces fruits, préalablement cuits, avec la pâte con¬
servée, ou 7naa; c’est ce qu’ils appellent la popomiei.
hn. jjopoi est très acide et a une odeur
désagréable; aussi
les Européens s’abstiennent, en général, d’en
manger. Beau¬
coup de personnes ont voulu considérer l’usage de cet ali¬
ment comme l’une des causes de la
disparition rapide des
races
marquisienne et mangarévienne ; en réalité, cette opi¬
nion est un peu hasardée, car ce
genre d’alimentation
existait aux îles Marquises et Gambier avant l’arrivée des
Européens, et il ne parait pas qu’il eût alors des inconvé¬
tants des Gambier et des

nients.
La variété de l’arbre à
fruits

bles

j^ain dite à graines donne des
qui renferment à leur intérieur des amandes sembla¬
à des châtaignes, que l’on
mange cuites comme ces

dernières.
Cocotier.
Le cocotier est

au

même titre que

l’arbre à pain,

une res¬

capitale

pour les Indigènes ; le fruit, désigné sous
différents noms suivant son état de
maturité, entre pour une
grande part dans leur alimentation et dans celle des ani¬
source

domestiques.
L’Indigène monte

maux

agilité; ils

se sert

dont il

sur

les cocotiers

avec

à cet effet d’une corde

noue

tord ensuite deux fois

une

très

en more

grande
(écorce du

solidement les deux extrémités et
sur

qu’il
elle-même, de façon à lui donner

��Phot. G,

Indigènes de Taliili occupés à râper des noix de

Femme

indigène prépaj'anl la papai.

coco.

Coulon.

�la forme d’iin 8;
deux boucles de
les deux

il

passe

ce

8

ensuite

un

pied dans chacune des

et, saisissant le tronc du cocotier avec

mains, il fait

un

saut d’un demi-mètre, qui a pour

effet de

rapprocher les pieds des mains, les genoux étant
alors fléchis; il se redresse, en faisant glisser les mains le
long du tronc de l’arbre, de bas en haut; puis fait un nou¬
veau saut, se relève
et ainsi de suite. Quelques Indigènes
marchent sur le tronc de l’arbre, les deux pieds étant libres,
et

se

maintiennent à l’aide des

mains, les bras tendus ; cette

façon de grimper tout à fait semblable à celle des singes,
est

plus dangereuse

la première.
décortiquée à l’aide d’un bâton de
goyavier ou de mikimiki planté dans le sol et taillé en biseau
à son extrémité libre; tenant la noix par sa pointe, on en
frappe l’extrémité du bâton; celle-ci entrant dans l’écorce
du fruit à la façon d’un coin, il suffit d’un mouvement de
coté pour enlever un secteur de celle-ci ; en répétant la même
opération deux ou trois fois, on enlève toute l’écorce. Pour
ouvrir la noix ainsi décortiquée, il suffit de donner quelques
petits coups secs près du trou germinatif ; les cocos que l’on
veut râper sont ouverts par une suite de coups secs donnés
sur leur équateur. On râpe la noix de coco ainsi ouverte à
l’aide d’une râpe formée d’une pièce de fer dont l’extrémité
est dentée, cette pièce de fer étant fixée sur un chevalet à
trois pieds en bois de tamanu ou même sur une simple caisse ;
avant l’arrivée des Européens, les Indigènes se servaient
La noix de

coco

que

est

d’une râpe en nacre ou d’un morceau de corail dur.
Les Indigènes, quand ils veulent manger une noix

de

coco

fraîche, grattent l’intérieur avec une cuiller ou une coquille
à'Asaphü deflorata, et mangent à mesure. Ils préparent, avec
le coco râpé, divers mets, en particulier le miti haari, qui
est un mélange de coco râpé et d’eau de mer; cette sauce se
mange avec le poisson crn.
Le coco râpé mélangé à de

l’eau de

mer

et à des crevettes

�—

42

—

[PaUemon lar Fabr.) ou de petits crabefe de sable {Ocypoda
Urvillei Guérin) donne une autre sauce, le taiero, qui stimule
l’appétit.
Le bourgeon terminal du cocotier, débarrassé des jeunes
feuilles qui rentourent, donne une salade excellente; on est
malheureusement obligé de sacrifier l’arbre pour obtenir ce
mets; la pellicule des jeunes feuilles du bourgeon terminal
donne des rubans très minces, transparents et très brillants,
appelés revareva dont les Tahitiennes aiment à orner leur
chapeau.
pain et la noix de coco ne sont pas
alimentaires des Tahitiens ; ils se nour-

Le fruit de l’arbre à

les seules
risent

ressources

également des fruits d’un bananier sauvage, le fei, très

abondant dans les

vallées, et de taras.

fei [Musa fei Bertcro), se distingue à priori du bana¬
dressée, tandis que celle du bananier est
peiïdante. Les Indigènes vont quelquefois très loin sur les
flancs des montagnes, à la recherche des régimes de cette
plante ; ils font cuire les fruits sur des pierres chauffées et les
mangent en guise de pain.
Le bananier prospère très bien dans les iles hautes de la
Polynésie; à Tahiti, on distingue le bananier-plantain [Musa
Le

nier par sa grappe

paradisiaca L.), dont les fruits sont -consommés cuits, le
bananier-figue ( Musa sapientum L.), dont les fruits se man¬
gent crus, et Je bananier de Chine [Musa Cavendishi Lanik.),
appelé Kina. Les Tahitiens connaissent une quinzaine de
variétés de bananes; les meilleures sont Vaivao, le pivai et
Yorea; les fruits des variétés neinei et pahatu restent tou¬
jours verts.
Ces fruits sont consommés

d’aucun
A
tres

commerce avec

sur

place et

ne

font l’objet

l’extérieur.

Tahiti, en particulier à Tautira et dans beaucoup d’au¬
îles, Tubuai, Raivavae, Rurutu, les Marquises et Pitcairn

�—

/i3

(île anglaise), les Indigènes font sécher les bananes ; arrivées
à maturité, celles-ci sont fendues suivant leur
longueur et
mises au soleil, sur une plaque de tôle ou mieux sur une
claie ; quand elles sont suffisamment sèches, on les met en
paquets, serrées les unes à côté des autres, on entoure ce
paquet d’écorce de bananier et on lie solidement, au milieu
et aux deux extrémités, avec des liens de more
(écorce du
pur cm). Les bananes sèches de Pitcairn sont importées à
Mangareva.
Le taro [Coloccida anliquorum Schott) et le ape [Colocosia macrorhiza) sont également des plantes alimentaires de
premier ordre pour les Indigènes; le taro pousse dans les
endroits marécageux, tandis que le ape se développe dans
les terrains secs ; ces plantes, qui ne sont pas cultivées aux îles
Tuamotu, y existaient autrefois; dans beaucoup d’îles on
retrouve des mares à taro de très grande dimension. Les
Tahitiens mangent non seulement le tubercule du taro cuit à
l’eau, mais encore ses feuilles qu’ils font cuire dans un tube
de bambou.

Les

Mangaréviens conservaient autrefois les tubercules de
de même que les fruits à pain et faisaient
de Xdi popoitaro analogue à la popoi mei.
Les ignames [lüd des Tahitiens), la patate douce [ujnara).,
le manioc, l’arrow-root [Maranla incliea L.) qui abonde aux
Iles-sous-le-Vent, le
[Tacca pinnatificla Vov&amp;i.) fournis¬
sent également aux Indigènes des tubercules alimentaires.
Les ignames [Dioseorea (data L.) sont surtout cultivés dans
les îles australes (Tubuai, Raivavae), et amenés par des goé¬
lettes aux îles Tuamotu; la patate douce [Ipomea hatatas)
taro

dans la terre,

est cultivée dans toutes les îles hautes.

Le manioc

Brésil, donne

[Manihot ulilksima Pohl), plante originaire du
une

fécule

ou

farine très nutritive ; la variété la

plus répandue à Tahiti est le inaaioc
renferment

un

suc

amer

amer

dont les racines
prépa-

et vénéneux. Les Tahitiens

�rent la fécule de manioc de la manière suivante : on com¬

par enlever la pellicule qui recouvre les tubercules ;
l’opération est plus facile quand on laisse tremper ces raci¬
nes deux ou trois jours dans l’eau froide ; le simple frottement
avec les doigts suffit alors pour détaclier l’enveloppe.
Les
tubercules sont ensuite lavés et râpés; la râpe utilisée à cet
effet est des plus rudimentaires : c’est une lame de fer-blanc
dans laquelle on a percé de nombreux trous à l’aide d’un
mence

clou.

Quand la racine est réduite

pulpe, on la met dans un
linge propre, on la presse au-dessus d’une auge en bois très
allongée [umete] ou d’une pirogue et on l’arrose d’eau ; il
s’écoule ainsi un suc laiteux, vénéneux, tenant en suspension
en

la fécule.
On laisse le
fécule

se

surnage

liquide reposer pendant plusieurs heures ; la
dépose au fond de l’auge et on rejette le liquide qui
et qui contient le suc vénéneux de la racine ; la

fécule est mise à sécher à l’ombre et donne l’amidon de
manioc et le

tapioca; le procédé le plus simple pour obtenir
tapioca consiste à faire, avec la fécule humide, des galettes
qu’on sèche rapidement au four et qu’on broie ensuite.

le

Le manioc est surtout cultivé dans File Moorea et

aux

lles-

sous-le-Vent.
Les

Indigènes préparent de la même façon la fécule du
pia. La culture de cette plante est très prospère aux îles aus¬
trales et dans File anglaise de Pitcairn; cette dernière
exporte son amidon de pia aux îles Gambier; cet amidon est
très nutritif et sert en outre à fabriquer l’empois des blan¬
chisseuses.
Le Maranla indica L. al)onde

aux

Iles-sous-le-Vent,

particulier à Tahaa ; cette plante fournit

une

en

fécule qui est

l’arrow-root.
Le climat de Tahiti

certaines céréales ; le

permet pas de tenter la culture de
sorgho seul y réussit très bien ; le maïs
ne

�et le blé se développent au contraire très bien aux îles Gambicr et dans les îles australes. L’île Rapa est celle qui con¬

viendrait le mieux pour ce genre de culture.
Il nous reste à citer parmi les plantes alimentaires, un cer¬
tain nombre de plantes, dont la plupart ont été introduites
par les Européens
estimés.

et qui donnent des fruits plus ou moins

L’oranger, importé par le capitaine Cook, s’est développé
admirablement dans toutes les vallées de Tahiti, de Moorea,
des llês-sous-le-Vent et les autres îles hautes de la

Polynésie;

les oranges de Tahiti sont renommées, et ce fruit
d’un commerce d’exportation assez important en

fait l’objet
Nouvelle-

Zélande.
Le

citronnier, le limonier, les

oranges

amères ont été éga¬

lement introduits.

goyavier abonde au fond des vallées ; la colonie exporte
chacjue année une certaine quantité de gelée de goyaves. La
Le

de Cythère {Spondias diilcis Forst.), appelée
(pomme de Tahiti) par les Indigènes, se trouve

pomme

vi Tahiti
dans les

mêmes vallées.

pomme-cannelle [Anona squamom L.) et le corosol
[Anona muricata L.) ont été introduits par les Européens.
Les mangues, vi papaa (pommes étrangères) des Indigènes,
ont été également introduites et atteignent de très grandes
La

dimensions.
Parmi les autres

plantes à fruits, nous citerons l’ananas,

fara papaa [pandaniis exotique), l’avocatier [Penea gratissima L.) dont le fruit est très recherché à cause de son péri¬
carpe butyreux, qui fond dans la bouche; les sapotilles
[Achrus sapota L.), les papayers [Carica papaya L.), dont le

pepsine végétale, substance qui
propriété de digérer la viande; le figuier cultivé, la barbadine [Passiflora quadrangularis), très commune aux îles
Gambier, le melon d’Europe, la pastèque ou melon d’eau
fruit contient la papaïne ou
a

la

�—

46

[Cucurbita citruUus L.), les citrouilles [Cucurhita pepo L.) et
concombres, la tomate {Liycoperücum esculenliim)^ la
groseille du Cap [Physalis peruviana)^ etc.
Les légumes d’Europe ont été introduits avec succès dans
les îles de la Polynésie; l’île
Rapa se prête, par son climat
froid, à la culture de toutes les plantes d’Europe ; quelques
essais ont été déjà tentés dans cette voie. La
vigne se déve¬
loppe à Tahiti, mais elle vient beaucoup mieux à Mangareva
les

et dans les îles australes.

Caféier
Le caféier

[Coff'ea arabica L.) prospère d’une façon admi¬
nos îles ; les îles australes
(ïubuai, Rai-

rable dans toutes

vavae) et les Gambier sont celles qui produisent et exportent
le

plus de café.
La préparation du café est assez
longue ; on cueille les
cerises quand elles sont bien mûres, c’est-à-dire
quand elles
sont rouge sombre; aux îles Gambier, cette récolte a lieu au
mois d’avril. On les laisse macérer dans l’eau
pendant une
journée, de façon à pouvoir enlever la pulpe plus facile¬
ment ; quand la pulpe est enlevée, on met les
grains à
sécher au soleil; il faut ensuite les
décortiquer, et enlever
l’enveloppe parcheminée qui subsiste; il n’y a pas de
machine à décortiquer dans la colonie et
l’opération se fait
de la façon la plus simple : on met le café à
décortiquer
dans

un

sac

et

on

le bat

avec

un

morceau

de bois

ou

un

pilon

en basalte ; quand il a été bien battu, on le vanne.
Le café des îles australes et des îles Gambier est très

renommé; il est consommé

sur

place et dans l’archipel des

Tuamotu.

Canne

a

sucre

[Sacchariim officinariim. L.). To des Indigènes.
La

canne

à

sucre

est cultivée dans toutes les îles hautes de

�Polynésie; la fabrication du sucre de canne et celle du
encore l’objet, à Tahiti, d’une industrie très im¬
portante.

la

rhum font

11 existe huit variétés de

cannes

à Tahiti

;

[Saccharum atro-nihens). camie pourpre violette;
tige est d’un beau violet, et contient beaucoup de jus;
moelle violette. Cette variété a été importée de Batavia, en
1782, par Bougainville et Blight;
2“ Rurutii ou Riitii [S. mbicundum)^ tige d’un violet clair,
à moelle blanche; originaire de l’île Rurutu;
3“' Oura [S. rubicundum variegatiim)^ canne rubanée; tige
violacée, marquée de bandes longitudinales d’un beau jaune;
4“ Vahi {S. glaber)^ tige blanche; originaire des îles San¬
1“ To-ute

la

dwich ;
5" Piavere

{S. obscurum), tige légèrement rouge, qui ne

devient pas aussi grosse que celle
dont les entre-nœuds sont aussi

blanche ;
6“ Iromolu
nette ;

de

(S. fragile), tige verte,

moelle blanche

7“ Avae

des espèces précédentes et
plus rapprochés ; moelle
fragile et à cassure

;

[S. fragile-variegatum), tige jaunâtre, rubanée

vert-clair; moelle blanche, tendre et très juteuse;
que les Tahitiens mangent
8“ Pua-10 [S. fatuurn).

canne

c’est la

de préférence ;

quart de jus et un sixième
plus que les cannes de nos autres
Colonies. On fait généralement deux récoltes consécutives et
on laisse la terre se reposer pendant un an.
A la maturité, les cannes sont coupées en sifflet, à l’aide
d’un coutelas, d’une petite hache ou d’une serpe, cà 3 ou
5 centimètres au-dessus du sol; on enlève la tête, on les
effeuille, on coupe les tiges en deux et on les lie en paquets
qui sont transportés immédiatement aux moulins, pour en
extraire le jus.
Les

de

cannes

sucre

de Tahiti donnent

cristallisable de

un

�48

—

Ces moulins

—

composent de trois gros cylindres en acier,
fonte; les cannes arrivent le
long d’un plan incliné, passent entre les deux premiers
cylindres, assez écartés l’un de l’autre, puis entre le
montés

sur

un

se

robuste bâti de

deuxième et le troisième

cylindres, beaucoup plus rappro¬
jus recueilli est ensuite concentré, et cuit dans de
grandes chaudières en cuivre, en contact avec une petite
quantité de chaux délayée.
Quand le jus est arrivé à la consistance d’un sirop demisolide, on le met dans une turbine, pour séparer le sucre
cristallisé de la mélasse ; la turbine fait 1.000 à 1.200 tours à
la minute et sous l’action de la force
centrifuge, la mélasse
est expulsée au travers du tamis
métallique qui forme la cir¬
chés. Le

conférence de la turbine ;
turbine.

On

le

fabrique, dans la colonie,

rhum par la distillation du
la distillation de la mélasse.
que

sucre

cristallisé reste dans la

certaine quantité de
et du tafia par
L’exportation du rhum est pres¬
une

jus de la

canne,

insignifiante.
Cacaoyer

Le cacaoyer a

été importé du Mexique à Tahiti,

par le D‘‘ Johnstone ; cette
cultivée dans la colonie.

plante n’est

pour

1848,
ainsi dire pa-s
en

PLANTES A PARFUMS

Vanillier
La culture de la

vanille, après avoir donné des résultats
également sur le point
prix qu’obtient, sur les
marchés d’Europe, la vanille de Tahiti.
Le climat de Tahiti se prête admirablement à cette culture
;
très brillants il y a peu d’années, est
de disparaître, étant donné le faible

��pliot. 0. Coulon.

S(!cli(iir ;ï vniiillc (U

Chaini) (le

case

cannes

à

laliiticnne.

sucre.

�49

_

les

plantations sont établies

—

la zone basse, peu élevée auqui se trouve au pied des mon¬
tagnes; les supports les plus adoptés sont le jmraii [Hibiscus
tiliaceus, le goyavier, le
[[nocarpiis eclulis), le jnti,
le liairi
(bancoulier), le puatea [Pisonia umbellifera)^ etc.
Les fleurs naissent à l’aisselle des feuilles sur un
épi qui en
porte quinze à vingt ; la fleur de la vanille est hermaphro¬
dite, mais l’extrémité du stigmate est surmontée d’une mem¬
brane qui sépare
complètement les organes mâles des
organes femelles; c’est cette membrane que l’on soulève
avec un
stylet quand on fait la fécondation artificielle, pour
amener le contact des étamines et du
pistil; la fleur s’épa¬
sur

dessus du niveau de la mer,

nouit le matin et il faut la féconder dans la

matinée, car elle
faite, l’ovaire
grossit raj)idement et demeure surmonté de sa fleur fanée,
longuement persistante; si, au contraire, la fécondation est
mal faite, la fleur tombe
presque aussitôt, ainsi que l’ovaire.
A Tahiti et à Moorea la fécondation a lieu
pendant les mois
de juin, juillet, août et
septembre et la récolte au mois
se

flétrit très vite. Si la fécondation

a

été bien

d’août de l’année suivante.
La vanille doit être cueillie
rité ;

à

ce

quand elle est arrivée à matu¬
moment la gousse est dure, gonflée et elle s’incurve ;

tache

jaune apparaît, comme un point, à l’extrémité,
point partent des lignes jaunâtres qui suivent
les arêtes du fruit ; si on tarde à la cueillir, la
gousse se fend
et perd de sa valeur.
Le plus souvent, à Tahiti, la vanille est cueillie avant sa
maturité et c’est là, avec sa mauvaise
préparation, une des
causes de sa
dépréciation sur le marché étranger.
La préparation de la vanille est une
opération très longue
et très délicate; le procédé
employé par les Chinois et les
une

puis de

ce

Tahitiens consiste â soumettre les gousses â l’action de la
chaleur solaire pendant le jour et à les tenir au

chaud,

emballées dans des couvertures et dans des boîtes bien fer'J'aiuti

3

�50

niées, pendant

la nuit;

ce

—

procédé, très rudimentaire, ne

donne que des produits très médiocres.
A la Réunion, au contraire, la préparation

des gousses se
beaucoup de soin, et suivant plusieurs procédés.
Le procédé le plus usité et le plus simple est le procédé ci
l’eau bouillante ; les gousses sont placées pendant quatre à
cinq minutes dans de l’eau dont la température est comprise
entre 55'* et 65" ; on les met immédiatement après dans des
boîtes en bois doublées en fer blanc et bien capitonnées ; les
fait

avec

garnis d’une couver¬
épaisse et ils doivent fermer hermétique¬
ment, de façon que l’air ne vienne pas refroidir subitement
les gousses de vanille.
On expose ensuite celles-ci au soleil, pendant cinq ou six
jours, sur des cadres, en ayant soin de les envelopper dans
une couverture de laine très épaisse.
Lorsque les gousses sont suftîsamment desséchées, elles
sont mises dans des magasins bien aérés, sur des claies en
rotin ; chaque jour, on enlève les gousses les plus avancées
et on les met de coté ; le séjour sur les claies dure deux
mois et demi à trois mois. La vanille est ensuite placée dans
des malles en fer blanc, de façon que les gousses acquièrent
une certaine souplesse. Il faut ensuite examiner les vanilles
et voir si elles ne sont pas couvertes de moisissures.
On procède alors au classage ; les gousses qui mesurent
moins de 14 centimètres de longueur, appelées vaiiillons, sont
mises à part ; elles ont moins de valeur que les autres.
Les vanilles sont ensuite empaquetées; à la Réunion, cha¬
que paquet contient soixante-dix à cent-dix gousses ; à Tahiti,
on fait des
paquets de cinquante gousses.
Il faut en moyenne 3 kilog. 600 à 3 kilog. 700 de vanille
verte pour obtenir 1 kilogramme de vanille sèche.
A la Réunion, on prépare également les vanilles en les
faisant séjourner pendant quinze à vingt heures, empaquecouvercles des caisses sont eux-mêmes

ture de laine très

^

�—

ci¬

tées dans des étoffes de laine et enfermées dans des boîtes
en

fer

blanc, dans

un

four dont la température est tombée à

60'’ environ.

lin autre

procédé de préparation est le jwocédé au chlorure
calcium; la vanille est desséchée dans des vases clos, en
présence du chlorure de calcium; les gousses sont placées
sur des claies ; elles se dessèchent d’une
façon régulière et
perdent beaucoup moins de vanilline que dans les procédés
précédents; l’opération dure environ un mois.
Les plantations de Tahiti ont été ravagées
par un champi¬
gnon {Calo^iora vanillæ Massee) ; les gousses attaquées noir¬
cissent, se rident et se dessèchent sur place.
L’exportation de la vanille de Tahiti a beaucoup diminué
en 1903 ; des stocks considérables de cette marchandise inven¬
dus, sur les marchés de San Francisco, de Hambourg et de
de

Londres attestent
défaveur

une

véritable mévente de

ce

produit. La

qui atteint la vanille de Tahiti est due à

une

odeur

d’héliotrope qui tiendrait de la nature du sol, opinion

au

moins hasardée.
En

1904, il

sentant

une

en a

été exporté 134.405 kilogrammes, repré¬

valeur de 403.215 francs.

PLANTES

OLÉAGINEUSES
COCOTIEII

La culture du cocotier est actuellement la
la

source

de

revenus

plus stable et la plus importante de la colonie ; l’exporta¬
coprah ou amande de la noix de coco séchée au soleil

tion du
et

coupée en morceaux est allée en augmentant durant ces
dernières années et a atteint 8.377 tonnes en 1903,
représen¬
tant

une

valeur de 2.185.071 francs et 5.616 tonnes

1904,
représentant une valeur de 1.684.825 francs; en outre, une
certaine quantité de noix de coco est expédiée aux Etats-Unis,
en

�pbiir la fabrication du «
la

dessicated cocoanut

»,

utilisé dans

pâtisserie.
Toutes les îles de la

Polynésie française, sauf Rapa où le

la culture de
le sol, cepen¬
dant si aride, des iles Tuamotu. La maladie due aux cochenil¬
les [Aspidiotus destrucLor Sign.), qui menace de s’étendre de
plus en plus, compromet toutefois l’avenir des plantations et
jusqu’ici aucune mesure n’a été prise pour l’enrayer.
Dans beaucoup de plantations, en particulier aux Tuamotu,
les arbres sont placés à une très petite distance les uns des
autres et se gênent mutuellement ; à Tahiti, le sol des plan¬
tations de cocotiers est garni de sensitive {Mimosa piidica),
plante qui empêche l’envahissement des cultures par les
autres herbes et paraît être plutôt utile au cocotier.
Aux iles Tuamotu, les plantations sont divisées par les
conseils de district, en plusieurs parcelles ouvertes alternati¬
vement ; l’interdiction, ou raJiui, de faire du coprah dans les
parcelles non ouvertes est généralement respectée par les
Indigènes et semble donner de bons résultats ; il ne faut pas
toutefois que le raliiii soit de trop longue durée, car les cocos
tombés germent sur place et donnent un rendement plus
cocotier n’arrive pas à maturité, se prêtent à
cet arbre cpii se développe admirablement dans

faible.

coprah est très simple et consiste à
quand
l’amande est sèche, elle se détache de son enveloppe ligneuse.
Souvent la noix est ouverte telle quelle, avec une hache;
quelquefois elle est décortiquée et ouverte ensuite. L’enve¬
loppe ligneuse de la noix est utilisée pour faire du charbon
de bois; l’enveloppe fi.breuse externe, après rouissage dans
l’eau de mer, donne le 7mpc dont on fait des cordages impu¬
La fabrication du

ouvrir les noix et à les laisser sécher au soleil ;

trescibles.
'

Il faut environ 3.500

qui

se

cocos secs

pour une

tonne de coprah,

vend actuellementcentpiastres (225 francs) sur place;

�aux Tuamotu, qu’un cocotier donne un rapport
piastre (2 fr. 25) par an ; le coprah expédie en Améri¬
que et en Europe est utilisé pour la fa])rication des savons.
L’huile de coco, récemment préparée, peut servir à l’ali¬
mentation, mais elle rancit très rapidement ; elle se solidifie

estime,

on

d’une

dans

nos

climats.

Indigènes font macérer dans cette huile diverses plan¬
aromatic|ues, en particulier le Gardénia tahitensh [liare],
bois de santal râpé, le Filchia nutans (anei), le iiasilic
etc., et obtiennent une huile parfumée appelée monoi,

Les
tes

le

très recherchée pour

les soins de la chevelure.
Baxcoulier

[Aleuiâtes molnccana Willd.) originaire des
Molucjues, abonde dans toutes les des hautes; ses graines,
désignées sous le nom de noix de bancoul, servaient autrefois
aux Indigènes pour s’éclairer ;
ils les perçaient et les enfi¬
Le bancoulier

laient dans le rachis d’une

foliole sèche de cocotier et allu¬

Marcpiisiens s’en servent encore.
graines donnent une huile excellente pour la peinture
et l’éclairage ; elles sont surtout récoltées à Rapa ; en 1903,
il en a été exporté de la colonie 18.431 kilogrammes, repré¬

maient cette torche ; les
Ces

sentant

une

valeur de 3.686 francs.

BOIS DE CONSTRUCTION

Les îles hautes sont
flancs ;

il n’y

a

généralement

peu

boisées

leurs
les pla¬

sur

guère que dans les vallées ou sur

l’on trouve quelcpies arbres. Il n’existe d’ailleurs
exploitation forestière dans la Colonie^ et la plupart
des maisons sont faites avec des bois importés d’Ainéricpie.
Le bois de rose [miro, Thespesia populnea), l’arbre à pain,
le tainanu [Calophyllum inophylhmi L.), le lou [Cordia snbteaux que
aucune

�—

54

—

cordata

L.) etc., sont utilisés pour la fabrication des meubles
la charpente ; l’arbre à pain donne un bois
excellent, très durable, et il a servi en particulier à cons¬
truire les anciennes maisons et la cathédrale de
Mangareva.
Les bois du i^ays sont surtout utilisés
pour la fabrication
des pirogues ; aux des Tuamotu, les
Indigènes utilisent, à cet
et même pour

efïét, le tronc du cocotier et celui du
tes,

tou ;

dans les îles hau¬

sert surtout de l’arbre à pain,

du pommier de Gythère
[vi Tahiti) et du tamanu.
h^puraii [Hibiscus tiliaceus L.), dont le bois très léger est
on se

facile à

travailler, fournit des courbes

navires, un cer¬
exportées aux Etats-Unis ; le
geogeo àes Tuamotu [Tournefortia cirgentea L.) est utilisé
pour le même usage. Le bois du tamanu et surtout celui de
Xautaraa [Terminalia glabrata) sont très recherchés
pour les
quilles d’embarcation. Le purau est l’un des arbres les plus
utiles aux Indigènes ; son écorce, très
résistante, appelée
7nore, donne des liens d’une solidité à toute
épreuve ; ses
pour

tain nombre de celles-ci étant

très légers, fournissent des manches de harpon
appréciés ; enfin, sa fleur, de même que celle du iniro,
cuite dans l’eau, est un émollient au même titre
que la gui¬
rameaux,
très

mauve.

L’exploitation des bois de la Colonie peut, comme on le
voit, à peine subvenir aux besoins locaux et n’est pas sus¬
ceptible, pour le moment, d’un très grand développement.
PLANTES TEXTILES

CoTONiMER

[Gossypium barbadense L.).

La culture du cotonnier

a

été très

prospère à Tahiti et

aux

Marquises; elle avait pris un essor considérable, de 1863 à
1870, pendant la guerre de Sécession aux Etats-Unis; le
prix

�oo

du coton étant alors très rémunérateur,

cette industrie don¬

grands bénéfices et faisait vivre de
familles; le coton était égrené sur place.
nait de

nombreuses

Juscpi’en 1882, le coton cultivé dans la célèbre plantation
(Tahiti) était le Sea island, cpii ne pousse bien
que dans les terrains peu élevés au-dessus du niveau de la
mer et imprégnés d’eau salée ; en 1882, le comité d’agricul¬
ture de la Colonie fit venir des graines de la belle variété
Géorgie longue soie, qui donne un meilleur rendement.
La culture du cotonnier est à peu près complètement
abandonnée dans la Colonie, depuis quelques années, à
cause de l’avilissemeiit des prix qui étaient tombés à 0 fr. 40
le kilogramme de coton non égrené. L’Administration clierclie à faire renaître cette industrie et on ne saurait trop l’encourager daiis cette voie.
d’Atimaono

Indigènes se servent de la bourre des capsules du fro¬
mager [Bombax inalaharicmn D. C.) pour garnir leurs oreil¬
lers et leurs matelas; une petite quantité de cette bourre est
Les

exportée sous le nom de « soie végétale ». Les Tahitiens se
servent du more (écorce du 'purau, Hibiscus tiiiaceus) pour
faire des liens et des cordages d’une solidité à toute épreuve;
c’est avec des cordes en more qu’ils enveloppent les mano-

de tabac.
tige du ieie [Fregcinetia deinissa) est employée pour
les mêmes usages que l’osier en France. Les racines adventives aériennes du Pcmdanus donnent une fibre avec laquelle
les anciens Pau mot u faisaient leurs lignes de pêche.
ques

La

Les Maoris fabriquaient des étoffes
[aJiu) avec l’écorce battue de diverses plantes ; la meilleure
étoffe était faite avec l’écorce du mûrier tà papier [aute,
Broussonetia papgriferaNQYïiQw., Morées), plante qui était
très commune dans toutes les îles hautes de la Polynésie et
qui est maintenant très rare ; ils utilisaient également l’écorce
Etoffes indigènes.

�de l’arbre à

pain, celle du banian [oraa, Ficus prolixa Forst.)
figuier le mati [Ficus tinctoria F’orst.).
La fabrication des étoffes indigènes ne se fait
plus guère
qu’aux Marquises, où on les désigne sous le nom de tapa; le
mûrier à papier est cultivé dans ces îles, et les
Indigènes ont
soin d’enlever les bourgeons qui paraissent le
long de la tige,
de façon que l’écorce ne soit
pas crevassée par les branches
et celle d’im autre

latérales.

Quand
le coupe

l’arbVste
et

on en

longitudinale ;
derme et

on

on

est arrivé à 8

ou

9

pieds de hauteur,

on

détache l’écorce en faisant une incision
gratte cette écorce, pour en enlever l’épi¬

la met macérer dans l’eau

pendant trois jours;
grossièrement ces bandes d’étoffe et on les enveloppe
dans des feuilles de bananier; on les laisse
enveloppées pen¬
dant 24 heures ; après quoi on les
place sur un bloc de pierre
ou mieux sur une
planche bien plate et on les frappe avec
un maillet en bois de fer
[Casuarina]^ portant des dessins
gravés sur une de ses faces; ces dessins s’impriment sur
on

bat

l’écorce et celle-ci est mise k sécher

au

soleil. Cette étoffe

était souvent ornée de dessins de couleur ;

elle ne supportait
longtemps une pluie abondante.
Cordages. — La bourre qui forme l’enveloppe de la noix
de coco [') est utilisée, dans les îles orientales de
l’archipel
des Tuamotu (Fagatau, Vahitahi,
Nukutavake, Takoto, Reao,
etc.),pour la fabrication de cordages imputrescibles; elle est
mise à rouir dans l’eau de mer,
puis battue. Les indigènes en
font des tresses cà trois brins, dites cordes de
nape, qu’ils
échangent avec les goélettes qui les visitent ; cette tresse est

pas

vendue par

paquets pesant de 950 grammes à 1 kilogramme,
mètres, au prix d’une piastre chilienne

mesurant environ 70

(') Celte bourre est connue sur le marché de Londres sous le nom de « corn »;
en Europe des machines
spéciales pour coïr, faisant toutes les opérations,
depuis renlèvemenl de la bourre jusqu’à la fabrication des (ils, cordes et san¬
gles.
il existe

�—

57

—

(2 fr. 25, payables en marchandises); cette industrie est d’ail¬
sur le point de disparaître.
En Europe, les fibres de coco sont utilisées pour la fabrition de brosses, de nattes, de paillassons et de cordages.
Le roa [Urlica argentea) donne une fîlire très résistante
dont les Indigènes se servaient pour faire leurs lignes de
pêche ; les fibres des racines adventives du pandanus four¬
nissent également des cordages très solides.
Une petite malvacée. Sida rhomhifolia, appelée ((imruiim »
(balais) par les Tahitiens, abonde dans toutes les îles hautes,
mais on n’en tire aucun parti.

leurs

Industrie

des

Nattes

et

des

Chapeaux

chapeaux de paille est la véritable indus¬
l’occupation favorite des
femmes indigènes ; elles utilisent, pour tresser, diverses pailles
qu’elles apprêtent le plus souvent elles-mêmes ; la flore tahitienne oûfc un grand nombre de plantes utilisées à cet ellet,
quelques-unes donnant des pailles de première qualité ; les
hampes florales du pia [Tacca pinnatifida)^ de la canne à
sucre, du roseau ou acho {EriantJms floridiilus) sont fendues
en deux suivant la longueur et chaque moitié est aplatie avec
le dos d’un couteau sur une pièce de bois dur; la partie
interne est ensuite grattée, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que
l’écorce ; la paille du pia ainsi obtenue est fine et à reflet
nacré; celle de la canne à sucre est jaune paille.
La tige du bambou fournit une paille blanche très appré¬
ciée ; l’entre-nœud du bambou est ouvert suivant sa longueur,
étendu avec précaution et couvert de pierres; quand il est
bien étalé, on gratte la partie épidermique et on clive avec
un long couteau une feuille Irès mince; on peut faire quatre
à cinq feuilles avec un entre-nœud de bambou, mais l’opé¬
ration nécessite une grande habileté. Les femmes de Tiarei
La fabrication des

trie nationale de Tahiti et c’est

�—

et celles de

vail

58

Papenoo sont les plus expertes pour ce

tra¬

.

pailles employées le plus fréquemment sont
le pandanus, le cocoüer, la feuilles de quelques
cypéracées [mou) et la nervure médiane de la feuille de
Les autres

fournies par
diverses

fougères, en particulier

Voaha [Asplénium nidus) et

[Cyalliea medullaris). Toutes les Tahitiennes j^ossèdent des formes à chapeaux de diverses grandeurs, en bois
de tamami ou de tou, et c’est autour de ces formes qu’elles

le

maman

enroulent et cousent la tresse.
Les

chapeaux du pays sont très recherchés des Européens,
ne font l’objet d’aucun commerce d’exportation; la

mais ils

colonie

expédie toutefois à l’étranger des

pailles et des

tresses.

confectionner, avec les pailles
celle du bambou, des éventails ornés
paille, qui souvent sont d’un fini
remarquable, et sont très artistiques.
Quelques Tahitiennes savent

du pays, en particulier
de fleurs également en

Les habitants des lies pauvres

de l’archipel des Tuamotu,

de Fagatau, Vahitahi, Takoto, Tureia,
et des nattes avec
les feuilles du pandanus; le prix de ces objets, échangés
contre des marchandises à bord des rares goélettes qui visi¬
tent ces îles varie, suivant leur finesse, de une à trois pias¬
tres ; cette industrie tend d’ailleurs à disparaître à cause du
faible produit que les Indigènes en retirent.
Les feuilles du cocotier et celles du pandanus sont égale¬
ment utilisées par les habitants pour couvrir leurs cases ; le
rachis ou nervure médiane de la feuille du cocotier est fendu
suivant sa longueur ; les folioles de chacune des deux moitiés
en

particulier

ceux

Nukutavake, Reao, tressent des chapeaux

ainsi obtenues sont tressées

ensemble ; les feuilles de coco¬

i^niaii) ainsi tressées, conviennent pour les cases de peu
pandanus fournissent des toits de
plus de durée, que l’on prépare de la façon suivante : les

tier

de durée. Les feuilles du

�59

—

matériaux

employés à cet effet sont les feuilles du pandanus,
préalablement mouillées, une latte, faite avec une nervure
de feuille de cocotier, et de fines baguettes flexibles taillées
dans les longues racines adventives du pandanus ; tenant la
latte de cocotier à la main, on l’applique vers le tiers anté¬
rieur de la feuille de pandanus, puis on replie celle-ci, en
rabattant les deux moitiés Fune sur l’autre ; on passe ensuite
à une petite distance de la partie repliée, une aiguille en os
de cachalot, de telle façon qu’elle perce les deux parties
repliées de la feuille, l’aiguille entrant près d’un bord pour
sortir près de l’autre ; on tourne ensuite légèrement l’aiguille
sur elle-même, et on introduit cà sa
place la baguette flexiblecitée plus haut; on retire l’aiguille, la baguette flexible res¬
tant pour assurer Funion des deux moitiés de la feuille
repliée; on fait de même un peu au-dessous de cette pre¬
mière couture et on place une seconde baguette flexible. On
prend une autre feuille de pandanus que l’on replie de même
cpie la première, en la faisant un peu chevaucher sur celle-ci;
on
passe l’aiguille de telle sorte cju’elle traverse la première
et la seconde

feuilles, et on introduit ensuite les deux baguet¬
tes; la troisième feuille est réunie de la même façon à la
seconde, et ainsi de suite. Ces feuilles de pandanus ainsi

arrangées

en

bardeaux sont appelées raufam [tak.)

ou rauoro

par les Indigènes. Le raufara mesure environ 70 cen¬
timètres de longueur et comprend douze ou treize feuilles ;

[iiiam.)

l’extrémité de celles-ci est

coupée, et les raufara placés les
la façon des tuiles d’un toit, la lar¬
geur utile de chacun d’eux étant d’environ 15 centimètres ;
les raufara sont reliés entre eux avec de la corde de nape, cà
uns sur

les autres, à

l’aide d’un crochet
tures

en

feuilles de

en os

pandanus est, comme on le voit, beau¬
et beaucoup plus longue que celle des
cocotier, mais leur durée est béaucoup

coup plus compliquée
toitures en feuilles de

plus longue.

de baleine. La fabrication des toi¬

�—

Les anciens Paumotii

60

—

confectionnaient

avec

les feuilles du

pandanus une sorte de capuchon leur permettant de braver
les intempéries.
Les Indigènes fabriquent, avec les feuilles de cocotier, des
paniers ronds ou ovales pour leurs usages domestiques ; les
mêmes feuilles leur permettent de tresser très rapidement
des nattes sur lesquelles ils s’étendent pour prendre leurs
repas ; l’épiderme de la feuille du pandanus leur sert de
papier à cigarettes.
PLANTES TINCTORIALES

Rocouyer

[Bixa orellana L.)

originaire de l’Amérique tropicale, a été
importé à Tahiti, en 1845, par le D’’ .lobnstone ; les fruits de
cette plante, désignée &lt;à Mangareva sons le nom de roku,
donnent une matière colorante d’un beau rouge vermillon,
Le rocouyer,

qui est déposée sur les graines sous forme de granulations
jaune-rougeâtres.
Le rocouyer n’a jamais été utilisé à Tahiti; aux Gamhier,
les indigènes se servaient autrefois de cette j)lante pour
teindre leurs trompettes lors des dernières fêtes mangaréviennes.
Les Tahitiens se

procuraient

par le mélange du suc laiteux
et des feuilles du tou [Corclia

une

matière colorante rouge

du mati [Ficus tinctoria Forst.)
subcordata).

[Moriiida citrifolia) donne un jaune
d’une couleur parfaite; les indigènes de Tubuai et des îles
Cook se servent de cette racine, mélangée avec la chaux faite
avec du corail, pour teindre leurs nattes en rougeâtre; les
Tahitiens se servaient plutôt de l’écorce du fei [Musa fei
Bertero). Le gingembre (rm) donne une matière colorante
jaune.
La racine du nono

�—

Ql

PLANTES ORNEMENTALES

Le tiare Tahiti

[Gardénia tahitemis D.-G.) est l’ime des

plantes favorites des Tahitiens;
d’une belle couleur

blanche,

la Heur de cet arbrisseau,

a un

parfum très agréable et

recherchée par les femmes qui en
ornent leur chevelure; les fleurs sont piquées dans les che¬
veux ou mises sur l’oreille. On fait également, avec ces

très subtil et est très

fleurs, des couronnes que les indigènes placent en guise
ruban sur leur chapeau, ou sur la tête nue; la couronne
fleurs est l’ornement
maa.

Le tiare Tahiti

de
de

obligé des grands festins ou amuraa
abonde dans l’ile Makatea, de l'archi¬

pel des Tuamotu; dans les autres îles de cet archipel, le
tiare ne pousse pas et les habitants ornent quelquefois leur
chevelure ou leurs oreilles d’une fleur de kahia [Guettarda

speciosa), qui possède également un parfum très délicat.
Le tiare de Chine [Gardénia florida L.), importé à Tahiti
en 1845, a des fleurs embaumées qui ressemblent à un beau
camélia blanc.
Le

frangipanier [Plumeria alba L.), apocynée introduite

de

les Européens, est presque aussi
le tiare ; on le cultive dans tous les jardins

l’Amérique tropicale par

recherché que
de Tahiti et des îles hautes.
La

rose

lement

Hibiscus Rosa-sinensis L.) est éga¬
favori des Indigènes, qui recherchent ses

de Chine [aute,

un

arbre

grandes fleurs rouges.

Enfin, les fruits du pandanus sont éga¬

faire des guirlandes qui se mettent sur
le chapeau dans les fêtes.

lement utilisés pour
la tête

ou sur

PLANTES

ENIVRANTES

Polynésiens fabriquaient autrefois, avec le Piper
methystic'um, une boisson enivrante appelée ava ou kava.
Cette liqueur, qui était bue dans les grandes solennités, se
Les

�préparait de la façon suivante : les racineh de la plante étaient
grattées avec des coquilles tranchantes, puis données à des
jeunes fdles qui les mâchaient pendant un certain temps et
les jetaient, quand elles étaient suffisamment mâchées, dans
une auge en bois ; les racines ainsi triturées étaient mé¬
langées avec de l’eau, le liquide prenant une teinte verdâ¬
tre ; puis on faisait filtrer la liqueur au travers d’un paquet
de fibres de pandanus, qui retenait les parties ligneuses; on
pressait ensuite ces fibres dans une écale de coco servant de
vase, pour faire sortir le liquide. La liqueur était passée
alors aux assistants, en commençant par les personnes les
plus importantes. La fabrication du kava a complètement
disparu, ou à peu près, dans la Polynésie française ; d’ail¬
leurs les règlements sur les boissons alcooliques ne permet¬
tent pas aux Indigènes d’en consommer.
Aux îles Marquises, les Indigènes fabriquent une boisson
alcoolique avec l’eau de coco fermentée. Les Mangaréviens
font fermenter le jus d’oranges dans une calebasse, et obtien¬
nent une liqueur très enivrante ; la fabrication et la consom¬
mation de ces boissons fermentées sont d’ailleurs prohibées
par l’administration, afin d’enrayer les ravages que l’alcoo¬
lisme causait dans ces populations.
Tabac
Le tabac pousse

à l’état sauvage dans toutes les îles hau¬
il est cultivé à Tahiti, à Moorea et aux Marcjuises et con¬
sommé sur place. Les Indigènes de Tahiti, de Moorea et des
lles-sous-le-Yent le préparent d’une façon très rudimen¬
taire ; ils se contentent de le faire sécher, d’enlever les ner¬
tes ;

vures

dans

côtes de la feuille et de le mettre

ou

feuille de bananier

en

((

carottes

»

enveloppée d’une tresse de more
(écorce dujoz«Y«^) enroulée avec soin ; c’est sous cette forme
que le tabac est expédié dans les archipels voisins, en parti¬
une

culier

aux

Tuamotu et

aux

Gambier.

�—

PLANTES

63

^

VÉNÉNEUSES

plante vénéneuse la plus connue des Indigènes est le
[Cerbera odollam Gaertn.), bel arbre de la famille
des apocynées dont les tleurs, de couleur blanche, sont très
odorantes. L’amande du fruit est un poison très violent ; à
La

reva ou eva

des missionnaires, on la faisait
manger aux condamnés qui mouraient dans d’horribles con¬
vulsions ; les yeux sortant de l’orbite et langue pendante leur
donnaient un aspect épouvantable. Aux îles Marquises, les
femmes délaissées par leurs maris se suicident quelquefois
avec le suc de cette plante [eva], qu’elles mélangent avec de
Mangareva ('), avant l’arrivée

l’eau de

coco.

peut ranger parmi les plantes vénéneuses, le hutu
(^Barringtonia !&gt;peciosa) et le hora ou konim [T'ephrosia piscatoria), plantes qui étaient utilisées autrefois pour endormir
le poisson ; ce genre de pêche a complètement disparu.
On

CHAMPIGNONS

cryptogamique de la Polynésie est très pauvre et,
particulier, les champignons n’y sont représentés que par
un très petit nombre d’espèces. Le seul champignon comes¬
tible est l’auriculaire oreille-de-Juda [Auricularia auricula
Jiidæ L.), connue à Tahiti, aux Marquises et à Mangareva
sous le nom d’oreille de rat [tariaiore] ; ce champignon, très
commun sur les vieux arbres et sur les bois morts, en parti¬
culier sur les purau, est récolté aux îles Marquises et aux
Iles-sous-le-Vent, séché, mis en sacs et envoyé à Tahiti, d’où
il est expédié en Chine, viâ San-Francisco ou viâ Auckland,
La flore

en

(') Cerlaiiies personnes ont prélendu que le nom de celle piaule, î’cua en Irait
l’élymolog-ie du mol Mangareva (montagne du reva; l’île aurait reçu ce nom
cause de l’abondance de la plante sur la montagne, manga)] cette opinion paraît

dans
à

erronée.

�—

sous

7.786
en

le

de

fwigiis;
kilogs, représentant
nom

1904, il

en a

64

—

1903, il en a été exporté
valeur de 2.921 francs;
été exporté 19.378 Idlogs, représentant une
en

une

valeur de 7.267 francs.
Les
au

Algues sont peu variées et
point de vue économique.

ne

présentent

aucun

intérêt

L’aperçu très rapide que nous venons de donner de la flore
économique de la Polynésie française, montre quelles res¬
sources on
peut espérer des produits du sol ; le sol très fertile
des îles hautes se prête à la
plupart des cultures tropicales ;
la difficulté actuelle la
plus grande est le manque de maind’œuvre sur place.
En tout cas, on doit renoncer,
pour les plantes indus¬
trielles, aux procédés primitifs de préparation utilisés par les
Indigènes, si l’on veut songer à tirer le meilleur parti de ces
plantes.

�V

ZOOLOGIE
Animaux

utiles

et

animaux nuisibles.
ET DE LA

Généralités

sur

Produits

de la chasse

DÉÇUE.

la faune de la

Polynésie française.

La faune des îles de la

Polynésie française, surtout la faune
terrestre, est remarcjuable par son extrême pauvreté; cer¬
taines classes

n’y sont

pas

d’animaux, en particulier celle des batraciens,
représentées.

Les seuls mammifères terrestres cj[ue
teurs aient trouvés lors de leur passage

les premiers naviga¬
dans ces îles sont le
rat maori, répandu dans beaucoup d’iles du
Pacificjue et
décrit par Peale sous le nom de Mus exidans, et le
porc;
Mendana, cjLii découvrit l’archipel des Marquises en 1595, y
signale l’existence de bandes nombreuses de ce dernier
animal. Ces deux mammifères ne sont d’ailleurs pas indigènes
de la Polynésie et ont été amenés par les Maoris à' HavalJd
(’),
leur pays d’origine, et transportés par eux dans toutes les
îles de la Polynésie, lors de leurs migrations successives; les
Maoris avaient en effet la coutume, en
entreprenant leurs
grands voyages, d’emmener dans leurs pirogues doubles un
(*) Le nom d’Havaiki, qui désigne le berceau des Polynésiens, se retrouve dans
beaucoup d’îles, en particulier aux Sandwich (îles Hawai), aux lles-sous-le-Vent
et aux Tuamotu (le nom primitil'de File Hao est
Havaiki).
Tahiti

5

�—

certain nombre des

00

—

productions naturelles des régions qu ils

quittaient.

[kiore maori) a fait place depuis an rat d’Eu¬
amené par les navires en relâche, et qui pullule dans

Le rat maori
rope,

toutes les îles.

caractéristique la plus saillante de la faune ornitholo¬
gique de la Polynésie est la prédominance des oiseaux de
mer, dont la plupart ont une aire de distribution géographi¬
que très vaste.
Les oiseaux les plus curieux de cette faune sont les pigeons
La

[Ptilmopus) et les pigeons noirs {PJilegoe?ias), les
petites perruches, une hirondelle noire et quelques Passe¬
verts

reaux.

Les

reptiles sont à peine représentés dans les îles océa¬

totale¬
n’y existe pas de vrais lézards. Les seuls reptiles
terrestres que l’on rencontre sont les geckos (platydactyles
et bémidactyles) et les scinques, les Indigènes désignant ces
niennes; le groupe des serpents terrestres manque
ment et il

divers animaux

sous

le

nom

de

moo

(tahitien)

ou

de moko

(tuamotu, mangarévien). Le scinque à queue bleu-azur
{Lygoüoma cyanuram Lesson) se rencontre dans toutes les
îles de la Polynésie; ce reptile, plus petit que le lézard des
murailles de

couleurs

nos

pays,

qui ornent

sa

est remarquable par la richesse des
vestiture, et par la vivacité de ses

mouvements.

poissons d’eau douce sont peu variés et ne sont pas
spéciales à cette région ; les jDoissons de mer sont,
au contraire, assez nombreux et appartiennent à la faune
indique.
Les

des formes

La faune marine de la
en

Polynésie est

pauvre

et renferme

grande partie des formes émigrées de l’Ouest vers l’Est,

�—

G7

—

sorte que

les faunes deviennent de plus en plus pauvres à
qu’on s’avance vers l’Est. Les espèces les plus répan¬
dues sont celles dont les larves
possèdent, au plus haut
degré, des facultés locomotrices.
Dans le groupe des
mollusques, les formes à œufs lourds,
telles que le nautile, qui est si commun en Nouvelle-Calé¬
donie, y font totalement défaut.
Certains crustacés parasites, en particulier les
sacculines,
parasites des crabes, paraissent totalement manquer.
La plupart des coraux
qui forment les récifs de Tahiti se
retrouvent dans la mer Rouge.
en

mesure

Les

arthropodes terrestres (insectes, myriapodes, arachni¬
des) de la Polynésie française sont des animaux importés,
originaires d’autres régions du Globe.
La faune des insectes y est très
pauvrement
alors que ces animaux sont si communs dans

représentée,
presque tous

les pays.
Les

navigateurs qui ont visité

ces

îles

y

ont apporté un

certain nombre de mammifères et d’oiseaux
dont la

domestiques,
plupart s'y sont acclimatés d’une façon très remar¬

quable.
Nous allons faire connaître,

dans les lignes qui suivent, les

différents animaux recbercbés par

rhonime, soit pour sa
nourriture, soit pour les produits qu’ils fournissent à' l’in¬
dustrie, ainsi que les animaux nuisibles, soit par leur piqûre,
soit par les dégâts qu’ils commettent dans les
plantations.
ANIMAUX DOMESTIQUES

Mammifères
Le porc

est le seul mammifère domestique qui existait
Polynésie avant l’arrivée des Européens.

en

�—

G8

—

Dans la suite, les, navires amenèrent un certain nombre
d’animaux, dont beaucoup se sont très bien acclimatés; le
bœuf, le cheval, la chèvre, le mouton, le lapin sont ceux qui
ont le mieux

réussi.

qui
plus sérieux bénéfices aux colons de Tabiti, qui
trouvent à écouler sur place leurs produits; il y a actuel¬
lement treize à quatorze cents têtes de bétail dans cette île.
L’élevage des bœufs est également pratiqué aux Marquises.
L’élevage des bœufs est actuellement l’entreprise

donne les

Ces animaux sont mis à

paître dans les plantations de coco¬
tiers, dont le sous-bois est formé parla sensitive.
Les chèvres vivent à l’état sauvage dans les montagnes des
îles

Marquises, des îles Gambier et de l’île Rapa et il faut

aller les chasser pour s’en procurer. Le lapin domestique,
amené de Nouvelle-Zélande dans deux îles des Gambier

(Mekiro et Makapou), s’y est très J)ien acclimaté et y vit à
l’état sauvage.
Les Indigènes

de Rapa et des îles australes se livrent à
l’élevage des chevaux, que les goélettes viennent chercher
pour mener cà Tahiti ; les Marquisiens élèvent également des
chevaux. Les moutons ne réussissent bien qu’aux Marquises;
la présence d’une petite graminée, la
[CencJinis ecJiinatnsh.) dont les fruits s’attachent à la laine, contrarie
beaucoup l’élevage de ces animaux.
est l’animal par excellence des Maoris; c’est tou¬
jours lui qui est mis à contribution pour les grands amiiraa
Le porc

maa

(festins) où

se

réunissent les membres de plusieurs

familles, voire meme de plusieurs villages.
On le rencontre, courant en liberté aux environs des
et

cases

mangeant les détritus de toutes sortes; les Indigènes des

Tuamotu le nourrissent

râpée.

avec

la noix de coco,

préalablement

�69

—

Oiseaux
Les oiseaux

domestiques de nos ])asses-couus ont été intro¬
plusieurs, la poule, le pigeon, le canard, le

duits à Tahiti et

dindon, ont très bien réussi.

L’élevage des poules est pratiqué dans toutes les iles de la
Polynésie; aux Tuamotu, ces animaux sont d’une grande
ressource. On les nourrit le
plus souvent avec de la noix de
coco
râpée; ces animaux couchent généralement sur les
branches des arbres qui avoisinent les cases.
CHASSE ET

PÊCHE

Ma3L)IIFÈUES
Le porc est redevenu sauvage dans les vallées
Tahiti et Moorea et les îles Marquises. Les Indigènes
sent

des meutes de chiens. Lors de leurs

avec

dans les

vallées, ils

des îles
le chas¬

expéditions

capturent un grand nombre et les
préparent d’une façon très singulière pour les rapporter au
village : l’animal, vidé, est coupé en morceaux et les os rejetés ;
en

la viande est ensuite mise dans des tubes de

bambou; ceux-ci
fermés, à leur extrémité libre, par une feuille iVopiihi
[Amomwn cüvuga L.), mis au four canaque (') et couverts de
terre et de feuilles. Au bout d’une demi-heure, le contenu
sont

de

tubes est cuit .et, sans aucune autre

préparation, il est
village où il est consommé les jours suivants.
Mammifères marins. —Les mers de la Polynésie française
sont fréquentées par un certain nombre de mammifères
marins, parmi lesquels les dauphins, les baleines et les
ces

ramené

au

cachalots sont les
De
sur

plus

communs.

temps à, autre, aux îles Tuamotu, des cétacés s’échouent
extérieur; nous avons trouvé le crâne d'un

le récif

(') Voir la descriplioii de

ce

l'uur,

paye

110.

�—

cachalot de

70

petite taille rejeté

sur

le rivage du lagon de File

Makemo.
Les vieux Paumotu
faire des

se

servaient des côtes de cctaeés pour

hameçons à murènes et des outils pour le calfatage

de leurs

pirogues.
phoques (’) atterrissent quelquefois

Les

aux

îles Tuamotu

et Gambier.

Oiseaux
Les oiseaux sont extrêmement rares et peu variés en espèees
Tahiti; ils étaient certainement beaucoup plus abondants
autrefois, eomnie l’indique le travail de Finsch et Hartlaub
à

(1867), consacré à rorhithologie de la Polynésie.
Les rats introduits par les navires ont certainement
tribué

con¬

beaucoup à leur destruction.

A Tahiti et à Moorea les oiseaux les

plus abondants sur
plages sont le chevalier [torea, Actitis incamis Gmel.),
appelé bécassine de mer par les Européens, le héron crabier
[otm’i, Demiegretta sacra Gmel.), oiseau sacré d’après la tra¬
dition des Maoris, le pluvier {iiriri, Characlrius
fulviis), le
courlis [iiea, Numenius femoratis)^V Anous slolidus L.
(om), etc.

les

Dans les vallées nichent des oiseaux de

mer
gi^nds voi¬
liers, les frégates {otaha), les phaétons, paille-en-queue ou
oiseaux des tropiques [tavae des Indigènes) et les
pétrels
{Pvocellaria rostrata). On se livre cà la chasse, dans les
rivières et les lacs des îles Tahiti, Moorea et liuahine, d’un
canard sauvage ignora, Anas superciliosa
Gmelin).

Parmi les autres oiseaux des îles Tahiti et

Moorea, il faut
petite perruche verte [vini, Corgphilus tahitensis
Gmel.), le martin-chasseur [ruro, Halcgon sacra Gmel.),
oiseau insectivore, sacré d’après la tradition des
Indigènes,
le coucou brun [oovea,
Euchjnamis tahitensis Sparrm.),
citer

une

(’) Uvi aiava des Tahitiens; humi des Tuamotu; kuri
Mangaréviens.

des

moana

(chien de la mer),

�—

71

également sacré (') dont l’aire de dispersion s’étend
aux j'ies J\lar([uises, Tonga et Samoa;
une
petite hirondelle noire
tahilica Ginel.), (pü ne se
rencontre fpi’au fond des plus profondes vallées (vallée de
oiseau

de la Nouvelle-Zélande

Papenoo),

un

oiseau chanteur très remarquable, le mamao

[Talare longirosLris Gmel.), dont le plumage a une coloration
très variable; un moucherolle [Monarcha nigra Sparrm.), les
tourterelles et les pigeons verts. La tourterelle verte (-) de
Tahiti [uupa des Indigènes) a la tête, le cou et la poitrine
gris, mêlé de vert, le ventre vert-olive; une tache rouge-pAle
couvre le front, la partie antérieure et le sommet de la tête.
Les pigeons i^nipe) appartiennent au genre Carpopkaga.
Depuis fpielques aimées, on a introduit à Tahiti le merle
des Moluques, oiseau insectivore qui rend de très grands ser¬
vices.

Archipels des Tuamotu et des Gamhier. — Les oiseaux sont
pauvrement représentés dans les îles haijitées des archipels
des Tuamotu et des Gam])ier ; on ne trouve guère dans cellesci que

le chevalier, la frégate, le courlis et des sternes.

contraire, certains oiseaux sont d’une
naire dans

Au

abondance extraor-

c’est
hirondel¬

quelques des inhabitées ou peu fréquentées ;

ainsi que les kueeka (Sterria lunata Peale), sont des
les de mer caractéristiques de la faune des iles Kauehi,

Puka-

puka et Marutea du Sud ; les paille-en-queue à lirins rouges
[tavake] abondent dans les îles Temoe et Pukapuka; les fré¬
gates nidifient en grand nombre sur quelques motus de Pile
Marutea du Sud (’) et à Pukapuka; les fous [kariga] sont
très communs à Pukapuka.
Les Indigènes font une chasse acharnée à ces oiseaux, en
considérés comme servanl de rel'ug'e, le craljier
dieu Raa (le soleil), el le coucou à ManiUeaha.

(') Les oiseaux sacrés claienl
Ruanu, le marlin-cliasseur au

(^) RLilinopus purpuraLus Gmelin.
(•’) Ij’ensemble de ces moins, situés au sud-ouosL de
de mokoe, qui est le nom mangairévieu de la l'rég'ale.

à

l’ile, porte d'ailleurs le nom

»

�particulier aux œufs et aux petits, cpi’ils peuvent atteindre
plus facilement.
Dans quelques-unes des lies Tuamotu, en particulier à
Marutea du Sud, on rencontre des pigeons [Phlegoenas i^ectoralis Peale) (') à plumage sombre, noir avec des taches
couleur de rouille; ces

oiseaux, très familiers, vivent

sous

le

feuillage, en particulier sous les tohonu {Tournefortia argentea L.) dont ils mangent les graines ; ils se nourrissent
égale¬
ment des graines du nono [Morinda
citrifolia L.).
Les pigeons verts [Ptilinopiis coralensis
Peale), oo des
Indigènes des Tuamotu, kuku des Mangaréviens, sont assez
fréquents à Marutea du Sud, où ils vivent en compagnie des
pigeons noirs, dont ils partagent la nourriture.
Iles Marquises. — Les oiseaux des plages sont les mêmes
que ceux que nous avons cités pour Tahiti et Moopea; les
Marquisiens les désignent toutefois sous des noms différents ;
le chevalier est appelé par eux kivi
(ce nom, aux Tuamotu,
désigne le courlis), la frégate,
le crabier, matukui^).,
le pluvier keuhe, le fou blanc, kakioa, etc.
Les oiseaux les plus caractéristiques sont les
pigeons, parmi
lesquels les plus communs sont les rupe [Serresius galeatus) ;
le kuku, petite tourterelle verte
[Ptilinopiis Dupetitlhouarsi
Nehoux), se nourrit des graines du banian [Ficus prolixa):.,
parmi les autres oiseaux, nous citerons une petite perruche
h\e\x&amp;[pi/iiti, Corgphilus drgasGoulà)^ \Fkomako [Talare longiroslris), oiseau chanteur, et le gobe-mouche {patiotio,
Pomarea nigra).
Reptiles
Pèche de la Tortue.
munes

dans les

mers

—

des

Les tortues marines sont

assez com¬

archipels des Tuamotu, des Gambier

(*) Tutururu des Indigènes des Tuamoln; ili/coe des Mangaréviens.
(^) Les Marquisiens donnent également le nom de matuku aux personnes
qui
ont un long cou.

�—

et des lles-sous-le-Vent ;

73

—

la plus commune est la tortue verte

[Chelone 7nifdas L.), qui est l’objet d’une chasse très active
de la part des Indigènes, très friands de sa chair. La saison
favorable pour la pêche des tortues commence quand le
groupement d’étoiles (les Pléiades) appelé malarïki par les
Tuamotu se lève à l’Est, c’est-à-dire à partir d’octobre; à ce
moment, ces animaux se réunissent, pour s’accoupler et pour
pondre, sur le récif extérieur de certaines îles peu fréquen¬
tées, telles que Pukapuka (archipel des Tuamotu).
Les Indigènes se rendent dans cette île, la saison venue, et
guettent l’approche des tortues ; sitôt qu’un de ces animaux
est signalé, ils sautent à la mer en emportant avec eux un
hameçon en fer, en forme de crochet, attaché à une corde en
bourre de coco d’environ vingt-cinq brasses de longueur ; à
l’aide de ce crochet, ils saisissent la tortue entre le cou et le
membre antérieur. Sitôt qu’elle est prise, le pêcheur la saisit
j^ar les deux pattes antérieures et lui fait prendre une direc¬
tion presque verticale, en appuyant sur l’arrière, la tête de
l’animal étant hors de l’eau ; d’autres Indigènes s’emparent
de la ligne et nagent vers les récifs où la tortue est halée.
Les meiUeurs pêcheurs amènent leur capture sur le rivage
sans se servir de la ligne; ranimai est finalement traîné sur
le sable et renversé

cocotier,
vende

en

sur

le dos

sous un

aliri

en

feuilles de

attendant le moment de le manger ou de le

.

voir des Indigènes de Fakahina, embarqués
par nous à Pukapuka, venir à la nage à bord du côtre mouillé
au large des récifs, en amenant avec eux leur tortue attachée
par une simple corde et qu’ils devaient maintenir horizontale
pour l’empêcher de se sauver.
Nous

avons

pu

La tortue était
était

après
tahu

un

animal sacré chez les vieux Maoris ; elle

mangée en grande pompe, près des marae (autels),
que le prêtre l’avait consacrée aux Dieux; sa chair était

(prohibée)

pour

les femmes et les enfants, qui n’avaient

�le droit d’en
punies de mort.

pas

manger,

les infractions à cette loi étant
Poissons

La classe des

poissons est celle qui oüre aux Polynésiens
alimentaires les plus importantes; le poisson
est leur aliment favori et même indispensable. Quand, dans
leurs vieilles légendes, les Maoris parlent d’un pays riche,
c’est toujours un pays où il y a beaucoup de poissons.
Les Polynésiens ont renoncé à leurs engins de pêche pri¬
mitifs ; nous nous bornerons, dans ce qui suit, à indiquer les
procédés de pêche actuellement en usage.
Hameçons. — Les Indigènes emploient uniquement les
hameçons en métal fabriqués en Europe ; autrefois, ils se ser¬
vaient d’hameçons en nacre, en écaille de tortue, en bois de
mikimiki [Pemphis acidula Forst.), ou en os de baleine.
leurs

ressources

Les habitants de ïubuai continuent à
çon,

se

servir d’un hame¬

de très grande taille, en bois, pour la pêche d’un poisson
énorme, Yiiravena [Raveltas preliosas

Cocco) qui vit dans les
grands fonds; les mêmes hame¬
çons sont utilisés à Fagatau (Tua¬
motu) pour la pêche des requins.
Les Tahitiens

et

les naturels

des

archipels ont cependant con¬
Fusago d'un hameçon en
nacre, d’un type tout particulier,
pour la capture des bonites [auhopa, T'hjinnas pelamys G. V.),
poissons très communs en liante
mer; cet hameçon [avili aahopa)
servé

est formé d’une lame de
Hameçon en bois, utilisé clans l’ile
Fagatau, pour la pêche des re-

(piins (1/G

gr.

nat.).

8 à 12 centimètres de
et de 1

nacre

de

longueur
1/2 à 2 centimètres de

�—

/o

—

largeur, débitée dans une valve d’huitre perlière, de la cbarnière au bord libre, portant solidement
amarré à l’extrémité
en os

fixée
mes

ou

une

de

en

écaille,

crochet

un

en

en

nacre,

arrière duquel est

toult'e de soies de porc ou

de plu¬

frégate; l’engin est mis à la remorque
jeu de la lame de nacre à la

du bateau et le

surface de l’eau attire le

poisson qui vient
happer l’hameçon.
Appâts. — L’appât le plus généralement
employé pour la pêche du poisson de mer
est rabdomen des cénobites (&lt;/«)-, crustacés
terrestres qui se logent dans des coquilles
vides de gastéropodes; à Tahiti, les Indi¬
gènes se servent des crevettes d’eau douce
[oura pape). Les bras des poulpes sont de
bons appâts; les Indigènes des Tuamotu se
servent aussi de 1 encre de ces céphalopo^

•

des

:

1

11

1

ils la font sécher

comme amorce

pour

au

soleil et rutilisent

Hameçon en nacre
pour

la pèche de

honiie (moiiié

s*'-

les poissons à bouche petite ; cette pêche

est inconnue à Tahiti.

Les

Indigènes, et surtout les Tahitiens, se livrent très
pêche au flambeau : ils partent, la nuit, dans
leur pirogue, avec une torche en roseau [acho], en bambou
{ofe) ou en feuille de cocotier [niau) ; les poissons, surpris
dans leur sommeil, sont piqués avec le harpon que l’Indi¬
gène tient d’une main, l’autre main tenant la torche; autre
fois, ils les harponnaient à l’aide d’un bambou aiguisé. Cettepêche est rendue dangereuse par la présence d’un poisson
[Belone] à hcc très allongé (') qui, effrayé par la lumière
de la torche, s’élance dans la direction delà pirogue et pro¬
duit des blessures dangereuses quand son bec s’enfonce dans
la poitrine ou les membres des pêcheurs.
souvent à la

(') Au des Tahiliens; totoviri des Indigènes des Tuamotu.

�—

76

—

Le mode de

pêche le plus répandu aux îles ïuamotu est
pêche au harpon; les Indigènes sont d’une adresse remar¬
quable pour lancer cet engin sur les poissons qui viennent
sur le récif; autrefois, ils se servaient de
harpons [komore]
en bois de mikimiki,
qui étaient également une arme défen¬
sive et otfensive; aujourd'hui, ils emploient des harpons en
fer, fixés à l’extrémité d’un manche très long en ])ois léger
[purau).
Pêcheries fixes. — Dans quelques îles, en particulier aux
Tuamotu, les habitants ont installé, en certains endroits
convenables, des pêcheries fixes; à Fagatau, les pêcheries
fixes sont aménagées dans le lagon, près du village; une
petite baie est fermée, du côté du large par une jetée de
madrépores, qui ne laisse libre qu’une très faible ouverture;
en arrière de cette
jetée et parallèllement à elle se trouve
une barrière formée
par des pieux en mikimiki, dont les
intervalles sont comblés par des valves de tridacnes accumu¬
lées; des Imrrages de blocs de madrépores et valves de
tridacnes, dont la direction est oblique à celle de la jetée
permettent au poisson de s’avancer, mais non de revenir en
la

arrière; finalement, celui-ci arrive dans
arrière par un
laissé libre pour l’entrée
mée

en

d’her])es. Quand un banc de
chambre

une

chambre fer¬

barrage oblique, le faible espace
pouvant être fermé par des paquets
ces

animaux s'aventure dans la

extérieure, il est chassé

les hommes ou les
terminale, dont l’entrée
moment; cette pêche est souvent très fruc¬
par

enfants et amené dans la chambre
est fermée à

ce

tueuse.

Pêche

Cl

l’aide des substances enivrantes du

poisson. —
Indigènes, sauf peut-être ceux des Marquises, ont re¬
noncé à l’usage des substances qui endorment le
poisson;
il y une quarantaine d’années, les Tahitiens se servaient du
fruit du hutu [Barringtonia speciosa
Forster) pour ce genre
de pêche; le fruit frais était ouvert avec un caillou et ils en
Les

�77

—

—

frottaient le rocher
son;

qui forme la cavité où se trouve le pois¬
celui-ci, enivré, vient à la surface et se laisse prendre

à la main.

Ils

se

servaient

également d’une légumineuse [Tephrosia

pucaloria L.), dont ils faisaient macérer les tleurs,
pêcher dans les endroits profonds du bord de la mer.
Poissons
Les
de

les

plus

poissons sont abondants et

pour

communs

assez

variés dans les

mers

rOcéanie, les formes que l’on rencontre appartenant à la

faune

Indique.

Poissons (Feau douce.

—

Dans les rivières de Pile Tahiti,

poisson excellent de la famille des Percoïdes,
Indigènes (‘) [Dules marginatus C. V.), des
anguilles et un petit poisson noir, Yoopu [Eleotris fusca L.).
Le lac Vaihiria est remarquable par la présence d’anguilles
monstres, dites « anguilles à oreilles » [puhi taria) mesurant
quatre à cinq pieds de longueur [Anguilla mauritiana Demi,
et Anguilla aneitensis Günth.).
On trouve également des anguilles d’eau douce dans les
rivières des îles Marquises, dans les torrents et les mares à
on

pêche

le nato

un
des

taros des îles

Gambier et des îles australes, et dans les mares

d’eau saumâtre de certaines îles Tuamotu, en

particulier à
(entre les villages de Tetamanu et de Rotoava).
Poissons de mer.
Dans le port de Papeete, les poissons
les plus communs sont les chétodontes [paraha des Tahi¬
tiens), remarquables par leurs vives couleurs et par la pré¬
sence d’un long fouet en arrière de la nageoire dorsale, et
les tranchoirs [Zanclus cornulus C. V.), animaux se tenant
près des roches, et dont les premiers rayons de la nageoire
dorsale se prolongent en un long fouet.
Fakarava

—

(') Ce poisson esL nommé, à lorl, malo dans l’hisloire naturelle des poissons de
Cuvier et Valenciennes.

�—

78

-

Les halistes

(oz&gt;i\ poissons cuirassés, sont généralement
(Makemo); ils se
de méléagrines à
nacre jaune et de
jeunes huîtres perlières; le Diodon {^lotara),
remarquable par sa carapace hérissée de piquants et le tetrodon [hue, Tetrodon leopardus Day), sont assez
fréquents dans
certains lagons ; les anguilles de mer, murènes et
Ichthyophis abondent dans les pâtés de coraux et sont très redoutées
des plongeurs à cause des morsures cruelles
qu’elles font ;
bons à manger, sauf dans quelques iles
nourrissent de coquillages, en particulier

les anciens Paumotu

dè

ces

se

servaient de la mâchoire inférieure

animaux, attachée à l’index de la main,

en

guise de

couteau et même d’arme offensive.

Les mulets [aime) sont généralement très communs et se
tiennent à peu de distance du rivage ; ces
j)oissons sont sou¬
vent vénéneux et, dans certaines îles
(Moruroa et Marutea du

Sud) il convient de ne les manger qu’à bon escient. Dans
quelques lagons, on pêche un clupéoïde de grande taille, l'ava
des Jahitiens [palii des Tuamotu, Chanos salmoneus
Forster).
Les orphies [Belone] caractérisées
par un long bec avec
lecjuel elles produisent, en s’élançant,* la nuit, sur les
pêcheurs au flambeau, des blessures souvent mortelles, sont
fréquemment vendues sur le marché de Papeete; leurs os
ont une coloration verte; les
aiguillettes [ihe, Hemiramphud)^
poissons appartenant â la même famille que les Belone, ont
la mâchoire inférieure
prolongée en un long bec; elles se
tiennent généralement à la surface et sont très abondantes
dans le port de Rikitea (île
Mangareva).
Les poissons plats ou pleuronectes
[palii des Tahitiens,
Bhomhoidichthys pantherinus Rüppel), très communs sur le
récif extérieur des iles basses, sont
peu recherchés.
Les Labridés sont
représentés par les perroquets (scares),
poissons extrêmement abondants sur les récifs dans les
endroits peu
et par

profonds, que les Indigènes prennent au harpon
les girelles (girelle paon) ; les Carangidés par Vorare

�—

79

—

des Tahitiens

[komcne des Tuamotu, Caranx affinis Ri'ippel),
poisson de petite taille qui vit en Ijandes nombreuses sur
le littoral, et par une carangue [Caranx crumenophthalmiis
Bloch) dont l'aire géographique est très vaste (Atlanlique
intertropical, mer Rouge, océans Indien et Pacifique).
Les rémoras [Echeneu rémora L.) (*), qui s’attachent sur
la peau des autres poissons, en particulier sur celle des
requins, sont très communs dans les lagons des Tuamotu,
mais leur chair est peu recherchée.
Les Bérycidés sont représentés dans les mers de l’Océanie
par le iihi des Tahitiens [Myrisprisiis murdjan Forsk.) (®),
poisson de roche d’un beau rouge carmin, sombre sur le dos,
le liere [Holocentrum tiere G. V.), poisson d’un beau rouge et
le nantie ; les Sparidés, par le tamiire [Pagrus unicolor Q.
G.) et Voeo [Lethrinus rostratus Kühl et V. Hasselt) (^) ; ce
dernier poisson, bon à manger dans certaines îles, est véné¬
neux dans d’autres, en particulier à Marutea du Sud.
Les familles de poissons les plus riches en espèces de
l’Océanie sont celle des Percidés et celle des Serranidés.
Les Percoïdes sont

représentés par le nato, poisson des

les diacopes, dont il existe plusieurs
espèces : la diacope à huit raies [taape, Diacope octolineata
G. Y.), la diacope de Borabora, Vapai [Diacope gibha l’orsk.) ;
la chair des diacopes est excellente. Parmi les Serranidés,
nous citerons le liaamea [Epinephelufi loiiti Bloch et Schnei¬
der), poisson d’un beau rouge, passant à l’argenté sur le ven¬
tre, très commun dans le lagon de Rangiroa, le mérou milleétoiles de Borabora [Serraniis tnyriaster G. V.), le larao
[Scrraniis Jiexagonatus Forster), poisson de roche très com¬
mun dans toutes les îles et dont la chair est très appréciée.
Les poissons-volants [Exocœtns evolans L.) et les dactyloprivières de Tahiti et par

(') Tialiuuri des Taliiliens; kakariuri desTuamoUi.
(-) Peli, des Tuamotu.
(^) Meko, des Tuamotu.

�—

tères
sont

80

—

[Dactylopterus orienLalis G. V.)^
communs en

haute

marara

des Indigènes,

mer.

L’espadon [cihura des Taliiliens, Histiophonis)^ est égale¬
répandu et s’attaque quelquefois aux carènes des
bateaux ; sa dent s’enfonce dans le bois et y reste le plus
ment très

souvent.

Les

Indigènes ne mangent ni les raies, ni les raies-aigles,
peut-être par superstition; par contre, certains indigènes, en
particulier ceux de File Napuka et les Marquisiens, mangent
la chair des requins. Les requins des lagons des iles Tuamotu
sont généralement de petite taille et
peu voraces; les requins
de haute mer et le requin-marteau [taumalaroa] sont
plus
redoutés.
Poissons vénéneux.

—

Dans

beaucoup d’îles Tuamotu,

un

certain nombre de

poissons sont vénéneux et leur ingestion
peut produire des troubles plus ou moins graves. Dans quel¬
ques iles, en particulier Marutea du Nord, Raraka, Kauehi,
Katiu, Makemo, Takuine, Marutea du Sud, Moruroa, la plu¬
part des poissons sont toxiques, un petit nombre seulement
étant bons à manger en toute saison; dans d’autres îles, cer¬
tains poissons sont inoffensifs en un endroit, dangereux en un
autre : c’est ainsi qu’à Rangiroa, le seul
poisson vénéneux
est le liaamea de la passe.

Quelques iles n’ont

pas de poissons vénéneux, et c’est le
Hao, Amanu, Negonego, Marokau, Hikueru,
Vahitabi, Fakahina, Pukapuka.
Dans un lagon qui renferme des poissons
toxiques, il n’y a
généralement que quelques-uns de ceux-ci qui le soient ;
le meko [Lethrinus rostralus) est le
poisson le plus toxique
des îles Marutea du Nord et Marutea du Sud;
l’ingestion de
ce
poisson détermine une dysenterie accompagnée de cram¬
pes, de vertige et d’une extrême faiblesse. Les mulets sont
très souvent vénéneux, en particulier à Marutea du Sud et
à xMoruroa ; les murènes déterminent
également des cas très
cas

des îles

�81

d’empoisonnement, suivis de mort dans certains cas
et Nihiru) ; les balistes sont vénéneux
à

graves

(îles Mariitea du Sud
Makemo.

Les causes de la toxicité des
poissons n’ont pas encore été
établies d’une façon bien
précise ; l’opinion la plus vraisem¬
blable est celle
d’après

laquelle les poissons doivent leurs
propriétés toxiques à l’ingestion de larves de Goralliaires
; il
il est à
remarquer, en

poissons

a

lieu,

observations,
à-dire

au

effet, que le maximum de toxicité des
iles Tuamotu et Gambier,
d’après nos
mois de décembre, janvier et
février, c’est-

aux

aux

moment où les

coraux
expulsent leurs larves, ce
qui vient à l’appui de la manière de voir
exprimée plus haut.

Mollusques
Les
rôle

mollusques jouent, dans

au

la vie des

moins

Polynésiens,

un

égal à celui des poissons ; le mot ia ou ika
désigne d’ailleurs aussi bien les mollusques que les
poissons.
Certains mollusques sont très
appréciés des Indigènes comme
aliment, et dans quelques îles pauvres des Tuamotu
(Fagatau, Reao, Pukapuka, etc.), les tridacnes
(Bénitiers)
consti¬
tuent la base de l’alimentation des
habitants ('). Les coquil¬
lages jouaient également un grand rôle dans
l’outillage des

anciens Maoris

derniers confectionnaient des
hameçons
la coquille des
bénitiers; les valves de
certains Lamellibrancbes, en
particulier celles de YAsaphis
deflorata L., sont encore utilisées dans certaines îles en
avec

la

:

ces

nacre ou avec

guise

de cuiller pour manger le coco
; les pelles avec lesquelles les
anciens creusaient les mares à taro
étaient faites d’une valve

d’huître
acidula

perlière fixée à

un

manche

en

mikimiki

Forster).

[PempJiis

D’autre part, la
revenu

le

pêche des huîtres perlières constitue le
plus important des établissements français de

(') La chair des Lridaciies
Tahiti

esl vendue

sur

le marché de

Papeete.
G

.

�—

82

rOcéaiiie et cette industrie fait vivre

la population des îles

Tuamotu et des îles Gambier.

Mollusques co7ncstibles. — Les molluscpies marins jouent
rdle important dans Texistence des Polynésiens ; un certain
nombre sont comestibles et sont, de ce fait, très recherchés
un

Indigènes et même des Européens.
(Raiatea) et sur le littoral de l’île de
Tahiti, en particulier à Taravao, les Indigènes se livrent à la
pêche d’une huître qui est aussi estimée que celles de nos
des

Aux Iles-sous-le-Vent

,

cotes.

h'Asapliis deflorata L., très commune à Faa (îles Tahiti),
patelles [Helcioniscus tahitensis), les acmées [Acmaea costata Sowb.), la petite modiole australe [Modiola australis
Gray), les chaînes, les sabots [Tiü'bo setosus Gmel.), les ptérocères, les vermets [Vermelus maximus Reeve), le muscle
adducteur de l’huître perlière et les poulpes sont les mol¬
lusques les plus estimés des Polynésiens pour leur nourri¬
les

ture*.

La chair des turbos
lière sont enfilés dans

[inaod) et le muscle de l’huître per¬
une ficelle et séchés au soleil ; les

poulpes sont étendus, après que les viscères ont été enlevés
et séchés également au soleil. Les Tahitiens capturent ces
derniers animaux à l’aide d’un engin particulier [poreho)^
formé d’un bâton sur lequel sont amarrés des morceaux de
coquilles de porcelaines (cyprées) de grande taille ; le bruit
que font ces dernières quand on agite le bâton dans Peau
attire le poulpe ('), qui se précipite sur l’engin et est alors hissé
dans la pirogue.
Crustacés
Un certain nombre de crustacés entrent dans
tion des

l’alimenta¬

Indigènes et même des Européens. Les rivières de

(') Les Indig’ènes des TuamoUi ont remarqué que le bruit de deux
IVappées l’une contre l’autre, près du rivage, attire les poulpes.

coquilles

�83

Tahiti

et

des

—

îles

Marquises fournissent, en abondance,
[Palæmon lar Fabr.) de grande taille ;
à Taravao, les Tahitiens se livrent à la
pêche d’une squille
[varo] qui existe également à Mangareva et dans quelques
îles des Tuamotu (Kauehi,
etc.) et dont la chair est très esti¬
d’excellentes crevettes

mée ; ces crustacés se cachent dans le

sable, dans des trous
les prend à l’aide d’un piège formé d’un
morceau de bois sur
lequel on amarre l’appât ; en dessous
de l’appât sont des ticelles avec des
hameçons ; l’Indigène
présente ce piège à l’entrée du trou et le varo se précipitant
sur le
poisson pilé qui sert d’amorce, il suffît de tirer le
bâton pour que les hameçons s’accrochent aux membres de
l’animal et permettent d’extraire celui-ci de son trou.
très

profonds

;

on

Dans la même

localité, on trouve un gros crabe, Yiipai
Sierra ta Forskal), qui s’enfouit dans la vase, à l’enihouchure des cours d’eau ; ce crabe comestible est
fréquem¬
ment vendu sur le marché de

[Scylla

Les

Papeete.
langoustes [Palinuras penicillatus)

se rencontrent en
moins grande abondance dans toutes les îles de
l’Océanie française ; on les pêche la nuit à la lueur de flam¬

plus

ou

beaux.
Les liabitants de Tahiti

préparent avec les crevettes d’eau
mélangées à du coco rêpé et â de l’eau de mer une
sauce, le taiero, qui stimule l’appétit ; les
Indigènes des
Tuamotu n’ayant pas de crevettes d’eau douce dans leurs îles
emploient pour la confection du taiero les petits crabes
[Ocypoda Urvillei Guérin), si communs dans le sable, sur le
douce

récif extérieur.

Crustacés terrestres.

—

La faune terrestre des îles

siennes est caractérisée
par

l’extrême abondance,

polyné¬

en

certai¬

places, des cénobites ou Bernard-l’ermite adaptés à la vie
terrestre, qui nbritent leur abdomen dans une coquille vide
de gastéropode,
quelquefois même dans un fruit vide (noix
de bancoul) ; aux Tuamotu, ces cénobites,vivent en
companes

�g’iiie des crabes des cocotiers [kaveu)^ crustacés terrestres de
très grande taille, dont les pinces sont des armes redouta¬
bles ; les Tahitiens les nomment d’ailleurs ua vahi haari,
crustacés qui ouvrent les noix de coco. Les crabes des coco¬
tiers grimpent sur les arbres avec la plus grande facilité ; ils
sont comestibles et très
et des

appréciés des indigènes des Tuamotu

Mangaréviens.

Ilerbst),
très nombreux à Tahiti, aux lles-sous-le-Yent et dans c[uelques îles des Tuamotu, creusent des terriers et criblent de
Les crabes terrestres

trous le

[tupa, Carduoma carnifex

littoral; les indigènes des

turent pour

les

Iles-sous-le-Yent les cap¬

manger.
Holothuries

Irépancj. — Les Holothuries [rorï) sont
présentant un intérêt au point de vue
économique; ces animaux, appelés biches de mer (^), fournis¬
sent le produit consommé en Chine sous le nom de Irèpang
et très recherché des Chinois à cause de ses vertus aphrodi¬
Biches de

mer ou

les seuls Echinodermes

siaques.

exportait autrefois une grande quantité de
provenant des îles Tuamotü et des Iles-sousle-Yent; actuellement ce commerce a beaucoup diminué.
La Colonie

biches de

mer

En

1903, il

en a

élô exporté 20.541 kilos, représenlanl une

En

1904, il

en a

été exporté 12.040 kilos, représentant une

valeur de P. 10.856
valeur de P. 4.816

distinguent plusieurs variétés de trépang : la
meilleure, c|u’ils nomment Se-ok-sum, appelée teat fish sur le
marché de Sydney, est fournie par VHoloihuria marnmifera;
viennent ensuite le red \fish [Aclinopygia obesa)^ le black fish
Les Chinois

(^) Biclie-de-mer est la forme française de bicho-do-mar (ver de mer),
lequel les vieux navigateurs portugais désignaient les Holotluiries.

sous

terme

�8o

—■

[Aclinopygia pjohjmorpha) et le lolly fish [Holothiiria
bunda Selenka).

vaga-

Les Holothuries sont extrêmement abondantes dans les

lagons de l’archipel des Tuamotu et sur le récif extérieur;
VHolothiiria vagabunda [rori loto des Indigènes) se trouve
sur le littoral, dans les endroits
peu profonds ; elle exsude,
quand on met le pied dessus, un liquide rouge par toute la
surface du corps; cette espèce fournit un trépang de qualité
inférieure.

Préparation du trépang.

Les biches de

sont récol¬
demi-heure,
sur un feu doux. Elles sont ensuite jetées sur le sol et inci¬
sées sur toute la longueur de la face dorsale du corps à l’aide
d’un couteau bien trancbant ; on les remet ensuite à cuire
—

tées à marée basse et mises à cuire environ

dans l’eau de

mer

pendant environ trois heures, jusqu’à

que la peau se dessèche.
On les retire alors do la marmite et

claies faites
du

on

les met

sur

ce

des

le rachis de la nervure médiane de la feuille

cocotier, le côté ouvert tourné vers le sol ; au-dessous de
claies, on fait un feu qui a pour effet de fumer et de

ces

sécher le
en

avec

mer

une

produit. Celui-ci est alors mis en sacs et est expédié
plus grande précaution à prendre est de pré¬
trépang de rhumidité.

Chine. La

server

le

La récolte des biches de

lieu

également en NouvelleCalédonie, où la préparation du trépang fait vivre quelques
libérés;dans le détroit de Torrès (Queensland), en NouvelleGuinée, à Java et à Sumatra, à Ceylan, à Madagascar et à
mer a

l’ile Maurice.
Les endroits les
entre

plus réputés

Cette industrie est
lies

pour

cette pêche sont compris

Célèbes, la Nouvelle-Guinée et l’Australie.

susceptible d’une certaine extension aux
que le produit soit bien préparé
soit bonne.

Tuamotu, à la condition

et que

la qualité

en

�—

ANIMAUX

QUI

86

-

FOURNISSENT DES PRODUITS
A L’INDUSTRIE

Le

d’exportation des peaux
dans la colonie est très faible ; ces peaux
Nouvelle-Zélande.
commerce

des animaux tués
sont expédiées en

RrriiLEs
Tortue à écaille.—La tortue caret

[Clielone imbricata L.),
qui fournit l’écaille, existe dans les mers de la Polynésie fran¬
çaise, mais elle y est assez rare ; les Indigènes confection¬
naient autrefois des

hameçons

avec

l’écaille de cet animal.

La

qualité de l’écaille exportée de Tahiti est médiocre, la
quantité expédiée étant d’ailleurs très faible : 400 à 500 kilo¬
grammes par an.

Mollusques
Huître

perlière; nacre et perles. — La pêche des huîtres
perlières constitue le revenu le plus important des Etablis¬
sements français de l’Océanie, et fait vivre la majeure
partie
des populations des îles Tuamotu et Gambier. Nous allons
par conséquent nous étendre un peu plus longuement sur
cette industrie, d’une si haute importance
économique.
L’huître perlière des lagons d’Océanie est une variété de
la méléagrine margaritifère [Margaritifera
margaritifera
var.
Cumingi Keeve) caractérisée par la bordure noire,
marquée de vives irisations, de l’assise nacrée ; ce mollusque
a été trouvé
pour la première fois, il y a près de quatrevingts ans, dans le lagon de Pile Marutea du Sud par Hugh
Guming.
On trouve l’huître perlière dans les
lagons de l’archipel
des Gambier, dans ceux de la plupart des îles Tuamotu, et
dans quelques-unes des Iles-sous-le-Vent, en
particulier Scilly.
L’huître perlière existe, mais est rare, dans la zone côtière

�—

de File

Tahiti, limitée

par

87

—

le récif extérieur, et

aux

îles

Marquises.
Les îles de

l'archipel des Tuamotu ne sont pas toutes éga¬
en méléagrines et dans beaucoup de lagons,
celles-ci sont très rares ou même font défaut complètement;
les îles sont d’ailleurs classées par l’Administration en îles
sans nacres, îles peu productives, îles épuisées,
îles en
décroissance et îles productives ('). Ces dernières sont au
nombre de vingt-cinq, les plus riches étant celles d’Hikueru,
lement riches

de Takume et de Hao.

perlières depuis la zone littorale
lagons jusqu’à une profondeur de quarante-cinq mètres;
toutefois ce mollusque se développe mal dans les endroits
peu profonds oii il vieillit sans que son diamètre augmente
beaucoup ; de plus, il se développe mal dans la zone littorale
à cause de la vase qui ne tarde pas à le faire mourir.
La nature des fonds joue un grand rôle : les fonds de vase^
et de sable calcaire sont défavorables ; les meilleurs fonds
sont ceux de débris de madrépores branchus.
Les huîtres perlières n’atteignent leur taille marchande
qu’à l’âge de trois ans; à cet âge, leur coquille est très belle
et généralement de bonne qualité ; plus tard, cette coquille
se
pique, sous l’action des attaques de divers parasites, dont
les plus redoutables sont les Eponges ^perforantes du genre
On rencontre les huîtres

des

Clione.

perlière. — La plonge des huîtres per¬
réglementée parle décret du 21 janvier 1904, com¬
plété par un certain nombre d’arrêtés locaux.
Jusqu’au 27 avril 1904, elle avait lieu, dans les lagons
ouverts, du E’’ novembre au 31 octobre de l’année suivante,
c’est-à-dire pendant douze mois consécutifs; l’arrêté du
Pêche de l’huître

lières est

27 avril 1904

en

a

fixé désormais la durée du l'*’ février au

( ) Le dernier classemenl a eu lieu le 12
besoin d’ètre révise.

septembre 1895; ce classement aurait

�—

l®'"bctobre de

chaque année, établissant ainsi

repos de quatre mois.
La pêche est libre pour

du

88
une

saison de

tous les citoyens français, et l’usage

scaphandre est autorisé.

Les

plongeurs des îles Tuamotu peuvent certainement
passer pour les meilleurs plongeurs du monde; ils descen¬
dent jusqu’à 18 brasses et restent
plusieurs minutes sous
l’eau, sans l’aide de pierre destinée à accélérer leur descente.
Ils partent de bonne heure à la
pêche, dans leur pirogue
à balanciers ou dans un côtre ; arrivés sur les lieux de
plonge,
rs

ils mouillent leur bateau et, vêtus du seul
pareu,

étoffe
qui entoure les hanches, ils sautent à la mer et
explorent les fonds à l’aide d’une lunette, formée d’une boite
quadrangulaire en bois dont le fond est constitué par un verre
à vitre mastiqué avec soin. Quand iis
aperçoivent une méléa^grine, ils se préparent à plonger : ils se mettent sur le bord
de leur canot et pendant
quelques minutes ils aspirent
bruyamment de l’air et l’expulsent avec un fort sifflement ;
quand leurs poumons sont bien remplis, ils se laissent glisser
les pieds les premiers et descendent très
rapidement jusqu’à
une certaine
profondeur, puis font une révolution et descen¬
dent ensuite la tête première, en s’aidant des bras et des
jambes ’; leur main gauche tient une valve d’huitre perlière,
qui leur sert de rame et la main droite est revêtue d’un gant
[tapiiru
qui leur permet d’arracher les pintadines
sans se
couper ; celles-ci sont solidement attachées par un
fort paquet de fils de couleur
vert-sombre, le bijssiis; le
plongeur saisit la coquille du mollusque un peu en dessous du
byssus et tire très fort, de façon à l’arracher de son support.
Le plus souvent, il remonte avec une
nacre, quelquefois
d’indienne

■

deux ; dans certains cas, s’il
peut rencontrer un chapelet
de méléagrines fixées les unes sur les
autres, sa chance est

avec

plus favorable.

�89

—

perlières pêchées sont ouvertes à bord des
pêche, et la chair est rejetée à la mer après que
le pêcheur s’est livré à la recherche des perles dans les par¬
ties molles de ranimai. Les plongeurs conservent toutefois
le muscle adducteur des valves de la coquille : ils l’enfilent
Les liuitres

bateaux de

dans

une

ficelle et le font sécher

que la chair
nourrir.
Les

des

maoa

au

soleil, de la même façon

[Turbo aetosui Gmelin), pour s’en

perles fines sont situées dans les tissus de l’huîtrè per¬

lière, généralement dans la région latéro-dorsale du corps
et renfermées dans

une

sorte de

résultat de la calcification de

poche close; elles sont le

kystes formés

par

le mollus¬

que autour des scolex d’un petit cestode parasite. Les perles
sont extrêmement rares dans certains lagons ou lianes nacriers

et,

au

rai,

aux

Ces

celles
en

assez fréquentes en d’autres, en particulier
lagon de Kaukura (Tuamotu) et sur le banc de Tea-

contraire,

dans le

îles Gambier.

perles ne le cèdent en rien, pour l’orient et la forme, à
des pêcheries de Ceylan et du golfe Persiqne ; on peut

rencontrer de fort grosses,

et

nous en avons vu une, pro¬

(Mangareva) et pesant 95 grains (').
une idée, même approximative, de
l’importance du commerce des perles aux Tuamotu et aux
Gambier, la vente de ces produits se faisant le plus souvent

venant du liane de Taku

11 est difficile de donner

d’une

façon claindestine.

La pêche au scaphandre, auto¬
puis aux îles Tuamotu, a
amené une augmentation très sensible dans la production
annuelle de la nacre, augmentation qui a été l’un des facteurs
de rabaissement du prix rie cette matière première, dont les
archipels souffrent tant en ce moment.
Les scaphandres utilisés sont des engins américains ; l’habit
Pêche

au

scaphandre.

risée d’abord

aux

—

îles Gambier,

(’) Le grain esL runilc de poids, dans le commerce des perles, el vaut environ
"cinq cenligrammes.
_

�—

90

—

comprend que le casque et un veston imperméable que le
plongeur lie solidement à la hauteur de la ceinture et aux
poignets à l’aide d’une courroie; le reste du corps, et en
particulier les jandjes, est entièrement libre; les pieds sont
chaussés de brodequins ordinaires. Le scaphandrier ne se
sert pas d’échelle pour descendre ; il saute
simplement à la
ne

tenant à la main

mer,

filet tressé

un

avec

des cordes

en

fibres

de coco,

dans lequel il mettra sa récolte; deux masses de
plomb reposant sur la poitrine et sur le dos assurent sa
descente et sa stabilité ; le plongeur indigène armé du
scaphandre travaille jusqu’à trois heures consécutives à des
profondeurs de 18 à 35 mètres; il rejette l’air expiré de la
façon la plus simple : la ligature du poignet gauche est assez
lâche, en sorte que l’homme peut, en élevant le bras de temps
en
temps, expulser l’air vicié.
Les dépenses pour l’achat et l'entretien d’un
scaphandre
sont

assez

considérables et actuellement les bénéfices réalisés

sont, très minimes ;

rarmement du cotre pour la

plonge au
scaphandre nécessite, en effet, un effectif d’au moins dix
hommes auxquels le propriétaire de l’engin doit assurer une
solde et la nourriture.

Rendement de la plonge. — La nacre provenant des îles
Gambier, Tuamotu, de quelques-unes des Iles-sous-le-Vent
(Scilly) et de Tîle anglaise de Penrliyn, est dirigée sur
Papeete par les goélettes qui font le cabotage et expédiée en

Europe par Auckland (Nouvelle-Zélande) ou San-Francisco.
Les quantités, en kilogrammes,
exportées ces dernières
années sont les suivantes
En 1900

391.449

En 1901

287.917

:

kilogr. reprédenLanl
»

nne

valeui- de

»

,)

P.

978.G22
863.751

En 1902

354.762

»

..

&gt;.

904.260

]-]n 1903

613.462

..

..

»

1.53S.163

En 190i

633.530

..

..

..

1.267.060

La

plus grande quantité de la

nacre

expédiée de Tahiti

en

�91

Europe est vendue
le

connue sous

nom

sur le marché de Londres où elle
de nacre à bord noir [black edged) ;

est

elle
du bouton noir par
l’Oise, qui ont déjà
la procurer directement, sans

est très recherchée pour la fabrication
les manufacturiers du département de

essayé, mais

en

vain, de

se

passer par l’Angleterre.
L’industrie française consomme

quantité de

nacre, en

d’ailleurs

une

coquilles brutes, qui est de

4.394.477

kilogrammes

en

1903.

2.987.417

en

1902.

3.016.589

en

1901.

4.117.150

en

1900.

3.913.410

en

1899.

grande

:

Huître

perlière à nacre jaune. — Dans beaucoup d’îles de
l’archipel des Tuamotu, on trouve, en abondance, une niéléagrine de petite taille, à nacre jaune paille [Margaritifera
jjanasesae Jameson), appeléepar les Indigènes; à Pukapuka, à Temoe et à Taiaro, on trouve dans ces pipi, des
perles jaune-d’or, noires, rarement blanches, d’nn très bel
orient et qui auraient une certaine valeur si leur éclat ne
s’altérait pas très rapidement.
Les

lagons des îles Tuamotu, et plus spécialement les
sans passes, sont des endroits privilégiés pour la cul¬
ture de l’huître perlière ; il y a lieu de fonder les plus
grandes espérances sur le rendement de ces pêcheries, si
celles-ci sont exploitées d’une manière rationnelle.

lagons

Insectes

Abeille, apiculture.
Tahiti et

aux

est l’abeille

—

l.’élevagc des abeilles est pratiqué à

Iles-sous-le-Vent ; l’abeille introduite à Tahiti

ligurienne (dpA' rnellifica var. ligustica Spinola).
employées sont très rudimentaires ; ce sont de

Les ruches

�9-2

simples boites

en bois posées
abeilles font leurs gâteaux.

—

de champ, dans lesquelles les

Le miel récolté est consommé

sur

place

ou

expédié

aux

Tuamotu; la Mission catholique de Tahiti utilise la totalité
de la cire que

donnent

ses

ruches pour la fabrication des

cierges.
En

1903, la Colonie a exporté 3.315 kil. de cire brute,
représentant une valeur de
P. 7.471 »
En 1904, la Colonie a exporté 1.647 kil. de

-

cire

brute, représentant

une

valeur de F.

2.707

»

SPOiNGIAIRES
On trouve,
ticulier

dans quelques-unes des îles Tuamotu, en par¬
Fakarava, Reao, Temoe, etc., des éponges cornées

dont le tissu est

assez

fin et

rappelle celui des éponges de

toilette.

Jusqu’à présent,

aucune

recherche n’a été tentée dans cette

direction.

ANIMAUX

RECHERCHÉS
POUR LA

PAR LES

INDIGÈNES

PARURE

Oiseaux
Les

Indigènes recherchent les deux longues pennes cau¬
paille-en-queue {Phaelon) et s’en servent comme
ornement. Les guerriers paumotu portaient une coiffure faite
de plumes de frégate et de plumes de
phaéton ; les anciens
Mangaréviens avaient un nom particulier pour désigner une
couronne en
plumes de paille-en-queue [empikitavaké) et une
couronne en
plumes de frégate [cmrumokoe).
Le manteau royal était orné avec les
plumes d’un oiseau
entièrement rouge, appelé kura à
Mangareva, et qui a
dales des

disparu.

�—

93

—

Poissons

Marquisiens-portaient encore, il y a peu de temps, des
poisson.

Les

colliers de dents de

Mollusques

Indigènes'des lles-sous-le-Vent recherchent, pour faire
un petit gastéropode terrestre très abondant sur
les feuilles du fei, la partule de Tahiti; ils percent la coquille
de ces mollusques près de l’ouverture et les enfilent par
groupes de six dans une ficelle. Ces colliers servent à orner
les chapeaux.
On fait également des colliers avec les coquilles des hélicines, petits gastéropodes terrestres qu’on rencontre dans
quelques îles Tuamotu.
Les

des

colliers,

Oursins
Les habitants des Tuamotu

ornent très souvent leur cha¬

peau
thrix

d’une couronne faite de tests d’Oursins {vana, Echinoturcariün)^ débarrassés de leurs piquants et enfilés

dans

une

ficelle.
SiPHONOPHORES

physalies [hemahcma des Indigènes) sont fréquem¬
rejetées sur le récif et les femmes des lles-sous-le-Vent
aiment à parer leur belle chevelure noire de ces animaux
très légers et d’une belle couleur violette.
l^es

ment

ANIMAUX VENIMEUX

Reptiles

reptile venimeux qui existe dans les mers de la
Polynésie est un serpent marin à queue aplatie, Vllydrus
platiirus L., que l’on prend quelquefois à la ligne à Tahiti ;
Le seul

�-

on

le rencontre

U

haute mer, par

bandes nombreuses, dans
serpent, dont la morsure est à
redouter, a une coloration très caractéristique : le dos est
noir-brillant, le ventre jaune, les deux plages colorées étant
séparées par une ligne très nette, allant de la tête à l’extré¬
en

l’archipel des Tuamotu

; ce

mité du corps.
Cet ophidien a une aire de distribution
géographique très
vaste : on l’a
capturé, en efïét, d’une part, sur la côte améri¬
caine, dans le golfe de Basse-Californie et au large de la
côte de Panama, d’autre

Bonne-Espérance). Nous

part, à la baie de la Table (cap de
l’avons jamais rencontré à Man-

ne

gareva.

Poissons
Outre les

poissons vénéneux, il existe dans les îles de
poissons venimeux, dont la piqûre détermine
des accidents plus ou moins
graves.
Le plus dangereux est la
synancée [nohu], poisson très
commun dans le
port de Papeete (Tahiti), aux îles Tuamotu
et aux îles Gambier, dans les endroits
vaseux ; l’animal se
tient immobile, enfoui dans la
vase, généralement près d’un
caillou (‘) ; quand on pose le
pied nu sur son dos, il redresse les
rayons osseux de sa nageoire dorsale, munis à leur base cha¬
cun d’une
glande à venin et, ces rayons entrant dans les
chairs, en même temps que le venin y est injecté, produisent
l’Océanie des

blessure très douloureuse et très difficile à
guérir.
Le tataraiJiau [Pterois volitan^ G.

une

V.), très joli poisson de

couleur rouge, avec des bandes transversales
brun-foncé
bordées de noir, est considéré
par les Indigènes comme aussi

dangereux
mine

passe

la synancée. La piqûre de ce poisson déter¬
plus forte que celle du nohu, mais elle
plus rapidement.
une

que

douleur

(*) Il faul un œil très exercé pour apercevoir
ell'etj à s’y méprendre, un caillou.

un

nohu;

ce

poisson simule,

en

�—

95

des nageoires des diacopes produisent égale¬
piqûre assez douloureuse, incomparablement
moins toutefois que celle des deux poissons précédents.
Les Indigènes ont certains remèdes pour soigner les acci¬
dents qui suivent la piqûre des poissons venimeux, en parti¬
culier celle du nohu, mais il ne parait pas qu’ils réussissent
d’une manière très satisfaisante. Nadeaud cite, parmi les
Les rayons

ment

une

plantes usuelles qu’emploient les Tahitiens, l’écorce contuse
de l'atae [Erythrina indica) et du mape [Inocarpus edulis), le
suc du ajje [Alocasia macrorhiza) et le rea moeruru [/Angiher
zeriüiibet).
Le traitement rationnel s’adressera au symptôme douleur,
au moyen d’injections de morphine, de cataplasmes laudanisés. Bottard recommande d’élargir ou de sucer la plaie, d’y
appliquer une ventouse et de chercher à coaguler le venin
in situ par des agents chimiques, alcool, acides ou alcalis
caustiques. L’essence de térébenthine paraît être très efficace.
Arthropodes

européens ont introduit dans les îles de la
Polynésie plusieurs arthropodes venimeux.
La grande scolopendre [Scolojiendra subspinipes Leacli,
veri des Indigènes) se renconfre dans tous les endroits humi¬
des ; la morsure de cet animal produit une douleur assez
vive. Les poules en détruisent un grand nombre.
Les scorpions [manupatia, animal qui pique ; manu aero
Les navires

paiia, animal à queue qui pique), dont il existe deux espèces
à Tahiti, abondent dans tous les endroits humides; ils sont
de petite taille et leur piqûre n’est pas dangereuse.
Les polistes {Polistes hebraeus L.), appelées « guêpes »
par les Européens, manu patia par les Indigènes, ont été
introduites il n’y a guère plus d’une vingtaine d’années et
sont devenues extrêmement communes dans toutes les îles ;
les enfants jouent avec les mâles, aux mois d’avril et mai, de

�la môme

façon que les enfants crEurope jouent avec les

hannetons.

Ounsi.NS
Les oursins sont abondants dans le port de Papeete et
le récif extérieur de toutes les îles. Les Indigènes redou¬

sur

tent

beaucoup les vana [Echinothrix turcarimi), dont les fines
longues aiguilles noir-violet produisent, au moindre con¬
tact, des blessures très douloureuses, ces piquants se cassant
et restant dans la
plaie.
Les baguettes des feiuke [HeterocenLrotus
mamillatus) peu¬
vent perforer le pied, quand on marche
par mégarde sur ces
oursins ; dans certaines îles, en particulier à Marutea du Sud,
le débarquement sur le récif est rendu dangereux à cause du
et

grand nombre de

ces

Echinodermes.
AiXVÉLlDES

'

Dans tous les

lagons des Tuamotu et des Gambier

on ren¬

contre, dans les endroits vaseux,

une annélide très commune,
appartenant au
Amphinome [veri miti des Indigènes) ;
les segments du corps de cet animal sont
garnis latéralement
de forts paquets de soies qui entrent dans la
peau, au moindre
contact, et déterminent une urtication très vive, qui amène
une inflammation et un
engourdissement des doigts qui dure
deux ou trois jours.

Céleînïérés
Les

grandes méduses du genre Cramhessa apparaissent
lagons en quantité considérable, à la fin de la saison
chaude, c’est-à-dire au mois d’avril.
Les petites méduses brunes
appartenant au genre Nausitlioe, les keakea des Indigènes des Tuamotu, se trouvent en
quantité prodigieuse dans les lagons au moment de la saison
chaude (décembre, janvier, février), et en telle
quantité
dans les

�—

97

qu’il est imjDossible de distinguer le fond de l’eau avec la
plonge. Le contact de cette petite méduse sur la
peau détermine une urtication très vive, surtout sur les
yeux et la plonge doit être suspendue au moment de son
apparition. Ces petits animaux servent de nourriture aux

lunette de

tortues de

mer.

siphonophores sont représentés dans les mers de la
Polynésie par lesvélelles et les physalies; ces dernières, d’une
Les

belle couleur

violette, sont très urticantes.

Les

millépores sont communs dans beaucoup de lagons et
connus des plongeurs ; les Mangaréviens les dési¬
gnent sous le nom de kana megeo (corail venimeux). Ces
liydrocoralliaires, d’une belle couleur jaune-soufre ou jaunesombre, produisent, quand on les touche, une urtication très
vive, qui détermine un engourdissement, durant plusieurs
jours, de la partie blessée.
sont bien

ANIMAUX NUISIBLES

Mammifères

d’Europe, amené en Polynésie par les navires, s’y
multiplié d’une façon inquiétante; cet animal cause de
sérieux ravages dans les plantations, en particulier dans les
Le rat

est

plantations de cocotiers. Les troncs de ces arbres doivent
être garnis d’une ceinture en fer-blanc qui empêche ces ron¬
geurs d'y grimper ; mais il est difficile d’empêcher les dégâts
que font les rats dans les noix qui tombent.
La Chambre d’Agriculture s’est, à plusieurs reprises, pré¬
occupée de rechercher les moyens de détruire ces animaux ;
dans ces derniers temps, elle a fait essayer le virus Danysz,
mais les résultats ne paraissent pas très satisfaisants.
Les rats ont totalement disparu dans certaines îles des
Tuamotu, telles que Pukapuka, où pullulent des chats rede¬
venus

sauvages.
Tahiti

-

7

�98

—

Mollusqi;ks

gastéropodes terrestres sont peu nombreux dans les
Polynésie. Les plus nuisibles sont les véronicelles,
extrêmement communes aux Gambier et à Tahiti et les limaces
Les

îles de la

fpii s’attaquent aux différentes cultures.
Quelques mollusques marins, en particulier les gastrochènes
[GasLrochaena lamellosa) et les litliophages creusent des
galeries dans la coquille de l’huître perlière, qui subit de ce
fait une dépréciation très grande.
Insectes

nuisibles

hyménoptères nuisibles sont peu nombreux à Tahiti ;
fourmis, qui abondent partout, sont certainement les

Les
les

insectes les

plus redoutés.
[huhu)^ qui fait son nid à l’intérieur des

Un mellifère

de purau [Hibiscus tiliaceus
construisent leurs cases, fait

L.)

pieux
lesquels les Indigènes

avec
souvent de grands dégâts.

pélopées [manu hamani repo, animal qui travaille la
terre) et surtout les Pison construisent des nids en terre dans
les habitations, sur les murs, entre les feuillets des livres^
dans les serrures, etc., et sont, de ce fait, très importuns.
On n’a pas signalé d’hyménoptère gallicole dans ces îles.
Les

.

sphénophore dont la larve fait sa coque dans l’écorce
cocotiers, quelques Bostrychides, et les
Élatérides sont les coléoptères les plus fréquents.
Les papillons diurnes sont extrêmement rares ; les noctur¬
nes sont représentés par quelques espèces, en particulier par
un gros sphynx [TJierelra erntus Crammer) dont la chenille
polyphage vit, à Mangareva, sur la vigne.
OrthopLhes. — Le plus gros insecte de l’Océanie est un
phasme qui vit sur le cocotier, et se confond, par sa couleur
verte, avec les feuilles de cet arbre dont il fait sa nourriture.
Les blattes [popoti), en particulier la grande blatte améri,Un

des vieux troncs de

�—

99

—

caille, abondent dans toutes les îles et dans les cales des

goëlettes qui font le cabotage.
Les moustiques abondent dans toutes les îles de la Poly¬
nésie ; ces animaux ont, comme on le sait, un rôle très
impor¬
tant dans la propagation de certaines maladies et ce sont eux
en
particulier qui inoculent à riiomme les larves de la blaire
qui provoque Féléphantiasis [feefee).
Le séjour aux îles Marquises est rendu très
pénible par
les piqûres des simulies.
Maladie

des

cocotiers

Depuis plus de vingt ans, les cocotiers de l'île Tahiti sont
attac[ués par une cochenille, VAspidiotus destnictor Signoret,
cjui y a fait des dégâts autrefois; cet insecte a été signalé à
Papeete sous le nom à'Asjndiotus vastatrix.
La maladie a occasionné de grandes pertes lors de son
apparition, mais peu à peu, les arbres se sont habitués à elle,
et ne paraissent plus en souffrir beaucoup ; nous avons pu
constater, à Taravao, c[ue les cocotiers atteints donnent des
fruits.
11 n’en est pas

de même aux lles-sous-le-Vent et dans la
plupart des îles Tuamotu, où les dégâts sont, au contraire,
très graves depuis cjuelque temps ; la maladie, s’abattant sur
des arbres

sains,

en

tue

un

certain nombre et réduit à peu

près à néant le rendement de

ceux qui résistent.
h'Asjndiotîis destnictor s’attacpie à toutes sortes de plantes;
le purau {hibiscus tiliaceus) est rarement atteint; au con¬
traire, les feuilles du tou [Cordia suhcordata L.) sont quelc[uefois entièrement recouvertes par les coques de cet insecte.
La situation géographique des îles Tuamotu, généralement
situées à plus de 40 milles les unes des autres, se prête
admirablement aux mesures c[ui pourraient être prises en
vue

de circonscrire la maladie.

�-

100

—

plus simple consiste à empêcher, de la façon
la plus rigoureuse, le colportage des noix de coco non décor¬
tiquées, des plantes vertes et des paniers en feuilles de coco¬
tier provenant des îles atteintes.
La

mesure

la

les indigènes accepte¬
raient très volontiers une semblable mesure ; c’est ainsi que
les habitants de Takoto et de Fakahina s’opposent, de la façon
la plus rigoureuse, à l’introduction de toute plante vivante,
y compris les taros [Colocasia esciilenla), d-àna leur île.
11 est utile de faire remarquer que

JOUENT UN ROLE DANS LA FOR¬
MATION DES ILES ET RÉCIFS CORALLIENS

ANIMAUX QUI

Mollusques
Les

moins

mollusques marins jouent tous, à un degré plus ou
grand, un rôle dans la formation des îles et des récifs

coralliens.

Quelques-uns ont un rôle plus important que les autres, à
de leur grand nondDre ; parmi ceux-ci, nous signale¬

cause
rons

les tridacnes,

extrêmement communes dans

certains

lagons, en particulier dont les lagons peu profonds (Faka¬
hina, Fagatau, Vahitahi), où on rencontre des îlots formés
entièrement d’une accumulation de ces coquilles. Une hucarde

[Cardiiim, fracjrum L.) est tellement abondante dans certaines
îles, en particulier à Fakahina, qu’elle arrive à former entiè¬
rement le rivage de l’île, du côté du lagon, en certaines pla¬
ces. Les chames jouent également un certain rôle dans la
formation des calcaires coralliens.
CoRALLlAIRES
Les récifs coralliens de

l’Océanie sont dus à l’activité d’une

cinquantaine d espèces de coralliaires et
coralliaires.

de quelques hydro-

�101

—

qui limitent la racle de Papeete sont surtout
des Pavonia, des Pontes, des madrépores et des
Montipora ; les astrées ne jouent c|u’im rôle très faible dans
Les récifs

formés par

la constitution du

récif.

fuugies, extrêmement abondantes dans les
peu profonds, jouent également un certain rôle
constitution de la masse corallienne.
Les

endroits

dans la

pavonies sont caractérisées par des lames verticales
rapprochées, entre lesrjuelles les débris de toutes sortes
peuvent s’accumuler et former un bloc compact.
Dans les îles Tuamotu, les madrépores jouent également
un grand rôle, ainsi cpie les Porites et les millépores. Les
fungies, rares en haute mer, sont extrêmement communes
dans les lagons ; il en. est de même des madrépores bi’anchus; ces derniers, cjuand ils meurent, forment un support
de prédilection pour T huître perlière.
Les récifs coralliens de Tahiti ont beaucoup de ressem¬
blance avec ceux de la mer Rouge, un grand nombre des
coraux cpii les constituent étant les mêmes.
Les hydrocoralliaires sont représentés dans les mers de la
Polynésie par les millépores et les Stylaster ; les millépores
jouent un grand rôle dans l’édification des récifs et ne man¬
quent que dans quelques lagons (Pukapuka).
Les Stylaster, appelés toka kura (corail rouge) par les Indi¬
gènes des Tuamotu, ressemblent, à première vue, au corail
rouge de la Méditerranée et sont très recherchés par les
collectionneurs, l)ien qu’ils soient sans valeur.
Les

très

Protozoaires

des Protozoaires, qui comprend les animaux
l’organisation est la plus simple, puisqu’elle est réduite
à une cellule, renferme cependant des animaux qui jouent
un grand rôle dans la constitution des récifs.
Les orbitolites [Orbitolites complanata L.) sont extrêmeLe groupe

dont

�—

ment

102

—

dans les endroits peu

profonds, fixées aux
pierres ; le squelette calcaire de ces
animaux affecte la forme d’un disque, cylindrique très
aplati,
le plus souvent plan quelquefois contourné. Les
spécimens
de taille moyenne mesurent trois à
quatre millimètres de
diamètre; quelques-uns atteignent vingt millimètres.
Les amphistégines ont la forme et la couleur d’un
petit
grain de mil; ces petites coquilles calcaires constituent, dans
certaines îles (Pukapuka, Hao, Fakahina,
Fagatau, etc), la
presque totalité de la masse du sable qui recouvre le sol
des motus (îles basses) ; en d’autres endroits, en
particulier
sur la côte ouest de File
Fakahina, la pente de File, du
côté de la haute mer, est formée
presque uniquement d’un
mélange d’orbitolites et d’amphistégines. Par places, ce sable
est consolidé en un calcaire très
solide, au milieu duquel
on trouve
quelques baguettes d’oursins et des débris de
communes

coquilles mortes

ou aux

coraux.

Uu petit foraminifère d’une belle couleur rouge, le
Polymuiiaceum L., est extrêmement commun sur le récif
extérieur, à la surface des coquilles et des blocs de coraux
trema

et contribue

également à la formation des calcaires

coral¬

liens.
Les

globigériiies, petits foraminifères qui flottent à la
parfois d’une grande abondance, et
viennent s’échouer sur le rivage en formant un cordon litto¬
ral de plusieurs centimètres de
largeur.
surface de la mer, sont

�VI

ETHNOGRAPHIE
Mœurs

ET COUTUMES

Les îles de la

des

Indigènes de la Polynésie

f^olynésie française sont

habitées par diffé¬

peuplades appartenant à la race maorie et parlant
un dialecte particulier; les Tahitiens habitent les
îles Tahiti et Moorea et les Ilcs-sous-le-Vent; les Marquisiens, les Tuamotu et les Mangaréviens habitent respective¬
ment les archipels des Marejuises, des Tuamotu et des
rentes

chacune

Gamhier.
Les dialectes

de

ces

dilférentes peuplades présentent beau¬

de similitude et il faut peu de temps à un Tahitien, par
exemple, pour apprendre le mangarévien.
Les dialectes marquisien, mangarévien et tuaniotu sont
caractérisés par l’existence de consonnes k, g (prononcer
ng)^ qui mancj[uent dans le dialecte tahitien, d'une pronon¬
ciation beaucoup plus douce. La langue mangaréviennne se
rapproche beaucoup de celle des îles Rarotonga et de

coup

celle

Nouvelle-Zélande.
La langue maorie est d’ailleurs parlée de la NouvelleZélande aux îles Hawaï (Sandwich) d’une part et de l’île de
Pâcjues aux îles Wallis et Samoa d’autre part.
On a discuté longtemps et on discute encore sur l’origine
des Polynésiens; la première opinion cjui s’est présentée aux
navigateurs plaçait leur berceau dans l’Amérique du Sud
des Maoris

de la

�—

104

Cette

abandonnée et a fait place à
d’après ce savant, les Poly¬
nésiens, originaires de la Malaisie, ont peuplé successivement
opinion a été rapidement
celle émise par de Quatrefages :

Gravures

sur l’oclie de File Pilcairii, l'ailes
par les anciens Maoris
(A, B, C, D, E, lijjiie de fracLure nalurelle de la roche).

les

Samoa, les Tonga, Tahiti et les Marcpiises; des Samoa et
Tonga sont parties des migrations secondaires sur tous les
archipels polynésiens non encore habités, lesEllice, les Hawaï,
les Tuamotu, Mangareva, l’île de
Pâcpies et la NouvelleZélande. Lesson a prétendu depuis que c’était de la NouvelleZélande que les Polynésiens seraient
partis, mais son opinion
n’a pas rallié les suffrages.
des

Certaines coutumes ont contribué certainement
à favoriser les

beaucoup

migrations des Polynésiens : c’est ainsi qu’à
leur avènement, les rois de
Mangareva bannissaient un cer¬
tain nombre de leurs sujets et ceux-ci devaient
quitter leur
île natale sur des radeaux
[paepae] formés de troncs d’arbre

�—

103

à

pain solidement amarrés les uns aux autres par des cordes
more
(écorce àiliihhcm tiliaceus L.), munis d’une voile
et pouvant porter de nombreuses personnes et des provi¬
sions (eau douce et popoi). Ces Man garé viens, partant à
l’aventure sur ces bateaux primitifs, avaient chance de ren¬
contrer une terre où ils se fixaient; c’est ainsi qu’ils ont peuplé
quelques îles orientales de l’archipel des Tuamotu, Temoe,
Marutea du Sud, Reao, Pukapuka, Tematangi et probable¬
ment aussi Pitcairn (’).
Les Indigènes des Tuamotu sont venus de l’île Tahiti, avec
laquelle ils eurent un commerce assez actif dans la suite,
voyageant sur de grandes pirogues doubles [pahi). Les Tahi¬
tiens vinrent leur faire la guerre, soumirent un grand
en

nombre d’îles à leur domination et leur donnèrent le

nom

de

Paumotu

Les

(îles soumises).
Mangaréviens ont,

au contraire, une origine différente
Rarotonga, comme le prouvent les
similitudes du langage et certaines légendes de Rarotonga,
où il est question de Mangaréviens abordant dans l’île d’où
étaient partis leurs ancêtres.
Si l’on ajoute que les habitants de Rapanui (île de Pâques)
sont venus de Rapa, on voit combien est intéressant et com¬
et sont

venus

de l’île

plexe le problème des migrations secondaires des Maoris.
Ceux-ci, originaires des Célèbes, en s’arrêtant dans certaines
îles, lors de leurs migrations successives, se sont modifiés,
de façon à former des peuplades qui paraissent aujourd’hui
très différentes les unes des autres, bien qu’ayant une origine
commune.

Les

Polynésiens se sont beaucoup modifiés au contact des
Européens et les Tahitiens, plus particulièrement, ont com¬
plètement abandonné ou à peu près leurs mœurs et cou(^) Les mutins de la « Bounly », à leur arrivée à Pitcairn, trouvèrent des sque¬
la tête, une valve d'huitre perlière, mollusque qui n’existe pas

lettes avec, sous
datis celte île.

�106

—

tahitienne s’est enrichie de mots
nouveaux, tirés de l’anglais et du français, et diflere beau¬
coup de la langue primitive.
Les Mangaréviens et les habitants des lies occidentales de
l'archipel des Tuamotu se sont également profondément
modifiés au contact des Européens. 11 n'y a guère que les
Indigènes âgés des îles les plus pauvres et les moins fré¬
quentées des Tuamotu et ceux des Marquises qui aient gardé

tûmes

anciennes ; la langue

quelques vagues
d’ailleurs de

souvenirs du passé, souvenirs

jour

qui s’effacent

en jour.

population elle-même disparait lentement, mais sûre¬
ment, depuis l’arrivée des Etrangers, et dans les archipels
des Marquises et de Mangareva la dépopulation s’accentiie
d’une façon inquiétante ; aucune des mesures prises par
l’Administration n’a pu, jusqu’à présent, enrayer cette mor¬
l^a

talité.

les Tahitiens sont d’une grande
les caractères les plus saillants de cette

Les Maoris et surtout
beauté de formes;
race

noirs, rare¬
les lèvres épaisses, le teint ])ronzé; ils sont

sont le nez

ment

crépus,

légèrement aplati, les cheveux

généralement de grande taille.
Les Marquisiens avaient des mœurs beaucoup plus guer¬
rières que les Tahitiens; il y a peu de temps qu’ils ont cessé
d’être anthropophages, tandis que les'Tahitiens faisaient des
sacrifices humains, mais ne mangeaient pas les victimes.
Tatouage

autrefois très en faveur chez tous les
Polynésiens; actuellement il a été abandonné presque par¬
tout, sauf aux Marquises.
Certains Marquisiens sont entièrement tatoués des pieds à
la tête; la jambe est quelquefois tellement tatouée qu’on
Le

tatouage était

la croirait, revêtue

d’un bas.

�-

107

—

Les dessins

qui ornent leur corps sont les mêmes que ceux
qui sont incrustes sur leurs armes et sur les pag-aies de leurs
embarcations.

Jambe lalouée de la reine Vaekeu

L’opération du tatouage est faite
celui-ci délaie dans
brûlant

une

écale de

(îles Marquises).

par le tuhuka (savant) ;
du charbon obtenu en

coco

l’enveloppe externe de la noix de bancoul [ama) et
baguette très fine il fait le dessin sur la partie du
corps qu’il s’agit de tatouer. 11 prend ensuite un instrument
[ta) en écaille de tortue ou en os d’oiseau, taillé en forme de
peigne à dents très fines et fixé à une tige de roseau et, la
main droite armée d’un petit bâton, il frappe à petits coups
sur l’instrument dont les dents sont enduites de la
composiavec une

�—

tion

noire,

en

108

suivant les contours tracés

sur

la

peau

et

font ainsi

pénétrer la peinture assez profondément; le sang
jaillit souvent. 11 survient ensuite un gonflement de la partie
tatouée, que le patient recouvre quelquefois de plantes
écrasées. Le malade est tahu tant que dure sa guérison et est
mis à part dans une case ; quand il est guéri, on procède au
tatouage d’une autre partie du corps.
Vêtements
Les

Indigènes vivaient autrefois dans une nudité prescjue
complète; un pagne en tapa ou écorce d’arbre battue, ou
encore un pagne tressé avec des feuilles de pandanus, était
à peu près leur unique vêtement. Ils avaient aussi un vête¬
ment [tipiita] qui rappelle le « poncho » des Indiens d’Amé¬
rique; ce costume se composait d’une partie couvrant la
poitrine et d’une partie couvrant le dos, cousues ensemble
au-dessus des épaules; pour mettre ce vêtement, l’Indigène
passait sa tête par le trou laissé libre entre les deux moitiés.
Lors des grandes fêtes ou d’une guerre, ils complétaient
leur habillement par divers ornements, couronne en plumes
de frégate et de paille-en-c|ueue sur la tête, ceinture, colliers
etc.; aux Tuamotu, le plus brave d’entrè les guerriers, ou
chef de ceux-ci, portait comme insigne du commandement
un collier formé de
plaques semi-circulaires de nacre, décou¬
pées chacune dans une valve d’huitee perlière à l’aide d’une
scie en peau de requin.
Depuis l’arrivée des Européens, le costume national des
Indigènes est le, pareil, sorte de pagne en cotonnade marqué
de dessins aux couleurs vives, importé d’Angleterre et qu’ils
attachent à la hauteur des hanches ;
tricot de coton, ou même une

talon

ils portent en outre un
chemise et ne revêtent le pan¬

qu’exceptionnellement. Toutefois, les Tahitiens et les
Mangaréviens adoptent plus généralement le costume euro¬
péen; ces Indigènes marchent presque toujours nu-pieds,

�même les

jours de fête, quand ils ont revêtu la redingote et
pantalon noirs.
Les femmes ont adopté une robe d’étoffe légère, sans
taille; elles portent toujours \e pareil sous cette robe ; autre¬
fois, elles avaient des robes en tapa.
le

Habitations
Dans presque toutes les îles de la Polynésie française, les
habitations en bois, couvertes en tôle ondulée, avec véranda,
ont

remplacé les anciennes cases ; il faut aller dans les îles
l’archipel des Tuamotu, à Fagatau, Nukutavake,
Reao, pour trouver des villages entièrement for¬
més de cases en feuilles de pandanus.
pauvres de
Valiitabi et

Les Tahitiens des districts habitent des maisons à claire-

voie, allongées, arrondies

extrémités; la charpente est
pieux àe pmrau et les parois de baguettes de bambou
plantées horizontalement et très rapprochées les unes des
autres; la toiture est en raufara ou feuilles de pandanus
arrangées comme nous l’avons indiqué plus haut (page 58).
Ces Indigènes réservent leurs maisons à l’européenne, bien
installées, pour les grandes cérémonies, ou pour recevoir les
Européens de passage.
L’ameublement de la maison indigène est des plus som¬
maires : quelques nattes et des oreillers, une malle, des
engins de pêche, la râpe à cocos, un couteau à débrousser,
une chaise
pour faire asseoir le visiteur éventuel, c[uelques
bols et quelques assiettes en émail, un pilon en basalte. Les
Mangaréviens ont en outre de grandes auges [kumete) en
bois pour faire h. popoi et les Marcjuisiens des plats ronds,
en bois, ornés d’incrustations.
aux

faite de

NorRRITUBE
Les

Indigènes des îles hautes de la Polynésie française se
poisson et de fruits du pays,

nourrissent essentiellement de

�110

fei, noix de

—

fruit à pain, taro, igname, etc. Le poisson
plus souvent mangé cru, avec du taiero (sauce) ou du
miti haari; au contraire, les fruits sont cuits au four indi¬
gène, dont raménagenient est assez curieux.
Four canaque. — Les Indigènes font un trou dans le sol,
coco,

est le

d’environ 80 centimètres de diamètre et 30 centimètres de

profondeur, et mettent

au fond des feuilles de
des brindilles de bois recouvertes de deux rangs
de bois de purau ou de goyavier. Ils disposent

cailloux

gros

cocotier

ou

superposés
ensuite de

toute la périphérie du bois et recouvrent

sur

celui-ci de cailloux

plus petits, maintenus

en

place

par

les

gros.

Le bois est alors allumé et,

quand il

fini de brûler, les
pierres sont très chaudes, presque rouges; les gros cailloux
sont alors enlevés, ainsi que les morceaux de bois
qui n’ont
pas brûlé complètement et qui pourraient donner aux ali¬
ments mis à cuire

une

a

odeur de fumée.

On

prépare les objets que l’on veut cuire pendant que les
pierres refroidissent lentement ; les fruits à pain sont râpés
avec une
coquille ou une écale de coco et coupés en deux ou
trois

morceaux avec un

instrument

{tapahi)

en

bois de tamanu

de

miro; les pierres étant arrivées à la température con¬
venable, on régularise et on aplanit leur surface, on les
ou

recouvre

de tronçons

derniers. Si

de bananier et

met les fruits à cuire

on

veut faire cuire des

fei, on met sur
pierres chaudes les régimes eux-memes, débarrassés de
leurs fruits, et ces derniers par-dessus les régimes. On couvre
sur ces

on

les

les fruits à cuire de feuilles vertes de

inaioré, de bananier,
feuilles de maioré,

de purau ou de goyavier et de vieilles
attachées ensemble, que l’on conserve
on recouvre

son

le tout de

dure environ

une

exprès pour cet usage;
pierres, quelquefois de terre. La cuis¬
demi-heure; on peut même laisser une

heure.
Les cochons

se

font cuire de même;

quand c’est

un

petit

�iii

cochon, on lui met une pierre chauffée dans le corps et on le
place en entier dans le four, sur des branches de goyavier
qui reposent elles-mêmes sur les pierres chaudes.
La pierre de corail se prête mal à la confection d’un
four; aussi les Indigènes des Tuamotu se procurent-ils des
pierres de Tahiti à bord des goélettes de passage.
Les Indigènes utilisent les allumettes européennes pour
faire du feu; ils savent cependant encore en obtenir en
frottant deux

choisissent

speciosa)

morceaux

un morceau

de bois de la

de bois bien sec,

exemple, et aplanissent

façon suivante : ils
de kahia [Giœttarda

coté avec un cou¬
les pieds, ils frot¬
tent la partie aplanie avec un petit bâton en bois plus dur,
taillé en biseau à son extrémité; le frottement de ce bâton
détermine la formation d’une rainure, dans laquelle s’accu¬
mule la poussière de bois produite, qui finalement prend feu.
Le mouvement que l’on fait pour obtenir le feu ne peut être
mieux comparé qu’à celui d’un menuisier quand il aiguise
son ciseau sur la
pierre.
Les Indigènes s’accompagnent, dans cette opération, d’une
chanson qui rappelle la découverte du feu par Hiro, le pre¬
mier homme qui ait su en faire. Les Maoris avaient d’ailleurs
des chansons appropriées, accompagnant chacun des actes
de leur existence; la génération actuelle a complètement
teau ;

par

maintenant

ce morceau

de bois

un

avec

abandonné cette coutume.
Aux îles
morceau

n’avons

Tuamotu, les Indigènes ont toujours

de bois allumé à

une

extrémité ; à

avec eux un

Fagatau,

nous

assemblée sans cette allumette d’un
genre, que les hommes et les femmes se passent de
main en main pour allumer leur cigarette.
Les Mangaréviens et les Marquisiens conservent, comme
nous l’avons indiqué plus haut, la pâte fermentée du fruit
de l’arbre à pain et préparent avec celte pâte la popoi qui
leur sert de pain.
jamais

nouveau

vu une

�—

112

—

Les habitants de Riirntu et de

Rapa mangent de la pâte de
[po2:)oitaro) et les femmes de Rapa excellent
pour la préparation de cette pâte ; leurs maris ne font abso¬
lument rien; assis par terre, ils attendent
que les femmes
aient fini de préparer la
popoï et en fassent des boules qu’el¬
les leur introduisent dans la bouche, en
accompagnant cha¬
cun de leurs actes de danses et de chansons
appropriées.
Les Indigènes des Tuamotu se nourrissent
presque uni¬
quement de poisson et de noix de coco ; les habitants de
quelques îles pauvres mangent l’amande du fruit du pandanus; la racine du pourpier [Portulaca o/eracc«), cuite à
tare fermentée

l’eau, est également

de leurs aliments végétaux. Les Tua¬
tous des porcs et de la volaille ; en
outre, l’industrie de la pêche de l’huître perlière et la fabri¬
cation du coprah attirent dans leurs îles des
goélettes qui
apportent des vivres en conserve et des plantes alimentaires,
taros, ignames, bananes, oranges, etc.,ainsi que de la farine,
un

motu élèvent
presque

du biscuit de
Les

terre,

mer

et du riz.

Polynésiens mangent généralement accroupis
sur une

par

natte ; une feuille de bananier leur sert de

le plus souvent ils se servent d’une feuille de piirau
guise d’assiette. Toutefois, l’usage des bols et des assiettes
émail s’est répandu parmi eux.

nappe et
en
en

Us boivent de l’eau

ou

du lait de coco, aussitôt

après le
pendant ; le matin et le soir, ils prennent
léger ou du café.
Autrefois, les hommes et les femmes mangeaient à des
tables séparées.
repas, rarement
volontiers du thé

Embarcations
Les

de

pêche

Polynésiens sont, avant tout, un peuple marin; dès le
jeune âge, ils savent nager et les enfants des îles Tuamotu
prennent plaisir à aller se jouer sur le récif extérieur, au mi-

�—

lieu des lames

H3

—

qui déferlent, là où

un

Européen

se

tuerait

infailliblement.
Ils vont

pêcher très loin en mer, dans leurs petites piro¬
à balanciers, sans toutefois quitter les côtes. Beaucoup
d’indigènes des Tuamotu possèdent des côtres de fabrication

gues

européenne,

lesquels ils vont d’île en île.
pirogues ont à peu près totalement disparu,
sauf dans quelques îles orientales de
l’archipel des Tuamotu
(Fagatau, Nukutavake, Vahitati, Reao, etc.); elles sont tail¬
lées dans un tronc de cocotier ou de tou
[Cordia subcordala) ;
dans les îles hautes, on utilise également, à cet
effet, l’arbre
à pain, le tamanu et le
pommier de Gythère. La pirogue ainsi
façonnée étant généralement trop
peu élevée pour tenir la mer, est
surmontée de bordages formés de
planches réunies entre elles par de
la corde de nape^ passant dans des
avec

Les anciennes

trous

ménagés dans chacune des
planches, le long de la ligne
suture ; une latte tirée de la ner¬

deux

de

vure

médiane d’une feuille de

tier, mise
serrée par

coco¬

la ligne de suture et
la corde, assure l’étan¬

sur

chéité.

Dans les

pirogues modernes, les
bordages sont d’une seule pièce. Les
deux balanciers sont

fixés, l’un à
l’avant, l’autre à l’arrière du bateau,
et recourbés à leur extrémité, la¬

quelle

Vilebrequin des anciens Paumolu, ulilisé pour percer les
trous dans leurs pirogues.
P, plateau en bois servant de
volant; A, aiguillon caudal de
la

raie-aigle.

s’attacher sur une pièce de
bois flottante parallèle à la longueur de la
pirogue; celle-ci
est actionnée à d’aide d’une
pagaie.
Outre ces pirogues de pêche, les
Indigènes avaient de
grandes pirogues doubles [pahi] formées de deux bateaux
va

Tahiti

8

�pont, avec une quille et des mem¬
brures; ces
qui pouvaient contenir de nombreux passa¬
gers et des vivres, allaient à la voile, étant munis d’un grand
mât [tira) et d’une vergue; la voile était une natte tressée
avec des feuilles de pandanus. Les Indigènes dirigeaient leur
course à l’aide des étoiles, dont ils connaissaient les noms et
qu’ils groupaient en constellations différentes des nôtres.
Les vieux indigènes de Reao (Tuamotu) se souviennent d’un
pahi venu de l’ile de Pâques (Rapanui) et ayant abordé dans
leur île. Ces traversées très longues n’ont rien d’extraordi¬
naire pour qui connaît l’esprit marin de ces populations, leur
endurance aux privations et leur insouciance des dangers ;
elles expliquent d’une façon suffisante leurs migrations d’île à
île et le peuplement de la Polynésie.

accouplés et réunis

par un

Anciens

monuments.

Marae.

Polynésiens adoraient un grand nombre de Dieux, le
principal étant Taaroa (ou Tacjaroa)^ père de tous les
autres; parmi les Dieux secondaires, Maui est l’im des plus
célèbres : -son plus beau titre de gloire est d’avoir ralenti la
marche du soleil, de façon à augmenter la durée des jours.
Les cérémonies religieuses étaient célébrées par un grandprêtre, revêtu du maro (ceinture) blanc et dont la dignité
était héréditaire ; les prières se faisaient sur des autels
entourés d’une enceinte rectangulaire de blocs de corail ou
de basalte entassés régulièrement, l’ensemble étant désigné
sous le nom de marae. La plupart des marae ont été détruits
par les Indigènes, après qu’ils eurent adopté la religion
chrétienne. On peut en retrouver c[uelques-uns aux Iles-sousle-Vent, aux îles Tuamotu, et dans les îles basses de Temoe
Les

Dieu

et de Marutea du

Sud, voisines des îles Gambier.

(Fakabina, Fagatau, Tauere,
Napuka, Amanu, Hao, etc.) ont sensiblement la même dispoLes

marae

des îles Tuamotu

�liaclcuu (.les anciens

Mansaréviens.

Vieil indiii'ènc des TuainoUi en costume ancien, arme de sa lance.

��—

dlo

sion que ceux de
Tahiti; ce sont de
rées d un mur très

longues enceintes, entou¬
régulier formé de blocs de coraux

aplatis, posés de champ ; certaines dalles, hautes d’environ
deux mètres, ont

Exlrémité du

marae

prie-Dieu el

une

une

vague

forme humaine

et sont des sta-

de Kalipa (île Pakahina), monlrant les
pierres sacrées,
enceinte plus petite en face de la première pierre sacrée.

tues de la Divinité.

Chaque famille avait

un

son marae et son

prêtre, l’accès du marae était interdit aux femmes et aux
enfants; les hommes s’y réunissaient pour manger la tortue,
animal sacré, après l’avoir offerte aux Dieux. Les sacrifices
humains étaient rares et ne se faisaient
que sur l’autel royal
de chaque île. Ils étaient
beaucoup plus fréquents à Tahiti.

�116

Les

marae

des

que l’on peut encore observer
du sud, du côté de la haute mer, ont

Mangaréviens,

à Teinoe et à Marutea

parallélipipèdes rectangles, mesurant 2 mètres
largeur, 6 de longueur et 2 de hauteur, et sont formés de
blocs de madrépores aplatis et posés régulièrement les uns
sur les autres. Une petite ouverture, de 80 centimètres de
hauteur, ménagée sur le devant de l’autel, mène dans une
chambre dans laquelle un homme pourrait se tenir couché ;
la forme de
de

Marae des

Mangaréviens (Ile Temoe).

du Dieu du marae. Ces autels
généralement groupés par cinq ou six au même
endroit, et un sentier de pierres plates bien arrangées sur le
cette chandDre

était le séjour

étaient

sol menait à chacun d’eux.
On

ne

trouve pas

à Tahiti de ces statues

colossales qui ont

allés à l’ile de Pâques.
On en a trouvé à Raivavae et à Pitcairn ; c’est par les habi¬
tants de Raivavae que l’on a su que c’étaient les tii one et les

fait l’étonnement des voyageurs qui sont

�—

117

—

génies du sable [one) et des rochers du rivage, qui
protègent la terre contre les invasions de la mer.
tii pajja,

Danses. Chansons
La danse et le chant sont les

distractions favorites des

Maoris; ceux-ci avaient l’hahitude d’accompagner chacun des
actes de leur vie de danses et de chansons appropriées. Les
vieux

Indigènes des Tuamotu connaissent encore les hymnes

qui accompagnent le lancement d’un bateau,

la pêche de la

Les danses paumotu, qui
quelques îles peu fréquentées,

bonite, la pêche de la tortue, etc.
sont

encore en

ont trait

aux

honneur dans

divers détails de la vie sur

les îles coral¬

liennes.

Polynésiens forment des chœurs d’un ensemble parfait
Européens qui sont venus à Tahiti sont unanimes à
vanter ces himené (mot dérivé du mot anglais hymii).
Les Tahitiens ont abandonné les danses anciennes et leurs
Les

et les

sont loin d’égaler celles des Indigènes des Tuamotu;
également abandonné leurs chants primitifs et leurs
hhnené sont le plus souvent des chants français traduits en
leur langue.
iipaïqxi

ils ont

Cérémonie
La cérémonie du

du

&lt;(

LfMuxi

»

imi.uli, qui consiste à passer

pieds-nus

pierres chauflees au rouge, sans qu’il en résulte de
brfdures, est devenue de plus en plus rare, et ne s’observe

sur

des

plus qu’aux lles-sous-le-Vent ; le nombre des Indigènes
capables de diriger cette cérémonie est d’ailleurs extrême¬
ment restreint. Le cortège est précédé de trois guides, por¬
tant des feuilles de ti [Cordyline terminalis) et aucun des
figurants ne doit regarder derrière lui.
Aucune explication satisfaisante n’a, jusqu’ici, été donnée
de ce phénomène.

�—

Les habitants de la

118

—

Polynésie française se sont fortement
Européens et ^ont abandonné, avec
leurs croyances anciennes, la
plupart de leurs coutumes, en
sorte qu’ils perdent de
plus en plus de leur originalité. Les
traditions de ces peuplades n’ont d’ailleurs
pas été fixées et
elles ne vont pas tarder à
disparaître sans qu’il en reste
trace ; le prolilème de l’origine exacte et des
migrations des
Maoris ne pourra, par
conséquent, jamais être résolu d’une
modifiés

au

contact des

façon satisfaisante.

V

�CONCLUSIONS

Les Etablissements

français de l’Océanie, renommés pour

exceptionnelle de leur climat et la beauté incom¬
parable de leurs sites, ne sont guère connus, en France,
que par des récits enthousiastes, quelquefois exagérés. Nous
avons cherché, dans ce volume, à faire un exposé aussi com¬
plet que possible des productions naturelles de notre Colonie
la salubrité

du

Pacifique.

remarquable du sol des lies hautes permet de
plus grandes espérances sur l’avenir des cultures
coloniales dans ces régions ; les plantations de cotonniers y
furent très prospères pendant de longues années et la culture
La fertilité

fonder les

et la

préparation de la vanille étaient très rémunératrices il y

actuellement, de rendre à

peu de temps encore. On s’etforce,
ces deux industries leur ancienne splendeur.
a

Le sol

calcaire, imprégné d’eau de mer,

coralliennes et du littoral des îles
tions les

des îles basses

hautes, réalise les condi¬

plus favorables au développement du cocotier; la
déjà pris une certaine extension

culture de cet arbre si utile a
dans la Colonie et donne

de sérieux bénéfices.

pêcheries d’huîtres perlières des lagons des Tuamotu
ont, jusqu’en ces dernières années, consti¬
tué la source de revenus la plus importante de nos Etablisse¬
ments de l’Océanie ; cette industrie de la pêche traverse en
ce moment une crise assez sérieuse, par suite de l’abaisseLes

et des Gambier

�120

—

ment du

prix de la nacre, cpii résulte de l’arrivée, sur le mar¬
européen, d’une quantité trojD considéra])le de cette
matière première ; il est absolument certain qu’une exploita¬
tion méthodique des lagons mettra fin à cet état de choses,
ché

et rendra à la Colonie

son

ancienne

prospérité.
de nos possessions
brillant, après le

D’autre part, la situation géographique
de l’Océanie les appelle à un avenir très

percement de l’isthme de Panama.
Toutefois, on ne doit pas se dissimuler qu’il y a de grands
eflorts et de grands sacrifices à faire, pour arriver à doter
cette Colonie de

l’outillage économique qui lui permettra de
place importante qu’elle est appelée à occuper dans
quelques années.

tenir la

�OUVRAGES A CONSULTER

Voyages de découvertes.
1610. Qumos

(Pedro Fernandez de Quir). — Découverle de l’Auslralie.
Voyage autour dit Monde, de 1766 à 1769. Paris, 2® éd.
AVallis.
Voyage autour du Monde dans les années 1766, 1767 et 1768.

1772. Bougainville.

1774.

—

—

Paris.

1785. Cook

1787.
1797.
1830.

1831.

1839.
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1836. Garnot.

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1837. Moerenhout.

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Vile de Tahiti. Louviers.

Voyage

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�j'22
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Mariot (A). — Note sur les îles Tuamotu. Revue marilime et coloniale.
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Gotteau (E.). — En Océanie. Paris.
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1873.

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1875.

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1888. Aylig Marin.
1889. Halligon

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1900. Lemasson.

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En Océanie. Paris.

Six mois à travers l’Océanie. Brest.

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(Paul). — Raiatea la Sacrée. Bulletin de la Société neul'châteloise
de géographie, XIV, 1902-1903, p. 1-246.
1903. Seurat (L.-G.). — Observations sur les îles basses de l’archipel des Gam¬
bier. Papeete.
Observations sur l’île Temoe. Papeete.
Observations sur la structure, la faune et la flore de l’île Marulea du
Sud. Papeete.
1904.
Observations sur quelques îles orientales de l’archipel des Tuamotu,
Papeete.
1905. Agostini (J.). — Tahiti. Paris.
1906. Seurat (L.-G.). — Les îles coralliennes de la Polynésie. Bulletin du Musée
Océnographique de Monaco, n° 65.
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1878. Ribourt

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p. 18-40.
Lacroix (A.). — Note sur la minéralogie de Tahiti. Bulletin de la Soc. Irançaise de Minéralogie, déç. 1904, p. 272-279,
de

1904.

'

�—

123

1905. Michel-Lévy

(Alberl). — Examen pélrographique de quelques roches vol¬
caniques des îles Tuamotu et de l’île Pitcairn. G. R. Acad. Sciences de
Paris, CXLI, p. 895-897.
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1896. Drake

Castillo.

Flore de la Polynésie française. Paris (On trou¬
la bibliographie concernant la Botanique).
1903. Gheeseman.
The Flora of Rarotonga. Transact. Linnean
Society Lon¬
don (2), vol. VI, p. 261-313, 5 pl.
1906. N. Patouillard.
Champignons recueillis par M. Seurat dans la Poly¬
nésie française. Bullelin de la Société mycologique de France, XXII,
p. 1-18, 2 pl.
vera

DEL

—

dans cet ouvrage
—

—

Zoologie.
1849. Fairmaire.

Insectes de

Tahiti, Marquises et îles voisines. Revue et maga¬
Zoologie (2), I, p. 35-36.
Essai sîir les Coléoptères de la Polynésie. Paris.
1859. Frauenfeld.
Nolizen, gesammell wàhrend meines Aufenlhaltes auf.
Neuholland, Neuseeland und Taiti. Wien.
—

sin de

—

—

1867. Fmscii ù. Hartlaub.
de la

—

Beitrag zîir Fauna Central-Polynesiens (Oiseaux

Polynésie).

1878. Fauvel

(A.). — Les Staphylinides de l’Australie et de la Polynésie. Genève.
(A.). — The terreslrial Mollusca inhabiling the Society Islands.
Journ. Acad. Nat. Sc. Philadelphia (2), IX.
1886. Vaillant (L.). — Matériaux pour servir à l’histoire ichthyologique des
archipels de la Société et des Pomotiis, Bull. Soc. Philom. Paris, XI,
p. 49-72.
1884. Garrett

1892. Latzel.

Myriapodes de Tahiti. Bull. Soc. Zool. France, vol. XVII, p. 185.
(L.-G.). — Observations biologiques sur les Cénobites. Bulletin
du Muséum, X.
Voir également la partie zoologique des grands voyages de découvertes.
—

1904. Seurat

Ethnographie.
Voir

Moerenhout, Ellis, Huguenin, etc.
(P.-L.-J.-B.). —Du dialecte de Tahiti, de celui des îles Marquises
et en général de la langue polynésienne. Paris.
1855. Bovis (de). — Etal de la Société tahitienne à l’arrivée des Européens.

1853. Gaussin

Revue coloniale.

1866. Quatrefages
1898. Jausse.n

(de).
(Tepano).

—

—

Les Polynésiens et leurs migrations.
Grammaire et dictionnaire de la langue maorie

Paris.

1904. Seurat

(L.-G.).

—

1. Sur les anciens habitants de l’île Pitcairn. L’Anthro¬
pologie, XV, p. 369-372.

�—

1905. Seurat

(L.-G.).
—

—

124

2. Procédés de pêche des anciens Paumolii. L’Anthro¬
pologie, XVI, p. 295-307.
3. L’archipel des Tuamotu et ses habitants. Mceiu's des
anciens Paumotu.T{e.y\xe coloniale
n“

—

4. Les

28, juillet 1905,

5.

(nouvelle série),

385-399.

des îles orientales de l’archipel des Tua¬
L’Anthropologie, XVI, p. 475-484.
Légendes des Paumolou. Revue des traditions popu¬
laires, XX, n. 11 et 12, Paris, 1905; XXI, n. 2,
marae

motu.

—

p.

1906.

�TABLE

DES

MATIÈRES

Pages
I.

5

Aperçu historique
Iles de la Société

d

Iles Tuamotu

7

Iles Gambier

S

lies australes

8
9

lies voisines. Relations commerciales

Commerce

10

Population

10
13

II. Notions
Iles

géographiques.— Structure des îles. Climat

h,\utes.

Tabili

14

Moorea

10

lies

10

Marquises

Iles australes

17

Arcbipel des Gambier

17

Iles-sous-le-Vent

18

Iles

basses.

19

Iles Tuamotu

Climat.
Iles de la Société

22

Iles

24

Marquises

24
24

Iles Tuamotu
Iles Gambier

Guragans. Cyclones
géologique et minéralogique des îles de la
française

27

Marées. Raz de marée.
III. Etude

Iles

de la

Société.

.

Iles Gambier. Iles Marquises.
Ile Rapa.

—

Iles australes

29
29
30

30

IJgnUe.

Iles Tuamotu
Origine des îles de la

Polynésie

Polynésie

31
31

�—

126

-

Pages
IV.

Botanique.

Flore de la Polynésie IVançaise; plantes alimentaires et

—

34

industrielles. Bois de construction

34

Iles basses

lies hautes

ou

37

volcaniques

Pl.vntes alimextaires.

Cocotier

40

Caféier

46

Canne cà
Plantes

A

46

sucre

48

PARFUMS.—Vanillier

Pl.antes oléagineuses.
Bois

37

Arbre à pain

—

—

Cocotier. Bancoulier

51

UE CONSTRUCTION

Plantes

textiles.

.

.

54

Etoffes

55
56
5^

indigènes
Cordages
Industrie des nattes et des

chapeaux

60

Plantes

tinctorl\les

Plantes

ornementales

Plantes

enivrantes.

—

—

61

Tiare Ta/tili

Kava

61

Tabac

V.

53

Cotonnier

—

62

Plantes vénéneuses

63

Champignons.

63

Zoologie.

—

’

—

Finigus

Animaux utiles et animaux nuisibles Produits de la chasse
et de la pêche

Généralités

sur la

faune de la

Polynésie française

65

Animaux domestiques

Chasse

et

65
67

pèche

69

Mammifères. Cochons sauvages;

mammifères marins

69

Oiseaux

70

Reptiles. Pêche de la tortue

72

Poissons. Pêche, hameçons,

appâts, pêcheries fixes ; pêche à l’aide
de substances enivrantes du poisson
'.
Poissons les plus communs. Poissons d’eau douce, poissons de mer,
poissons vénéneux
Mollusques comestibles

81

Crustacés comestibles

82

.

Holothuries. Biches de
Animaux

mer ou

.

.

trêpang

fournissant des produits a

74
77

84

l’industrie

86

Mammifères. Peaux

86

Reptiles. Tortue à. écaille
Mo\\nsi\\ies. iluître perlière, nacre et perles
Insectes. Abeilles; apiculture, cire et miel

86

86
91

Spongiaires. Eponges
Animaux recherchés

pour

92
la parure par

Oiseaux, Paille-en-queue, Frégate

les

indigènes

......

92

92

�—

127

—

Pages

Mollusques. Colliers de Parlules et d’[Iélici7ies

93

Oursins.

93

Colliers

Siphonophores. l'hysalies (hetna/iema)
A\iM..\.UX

93
93

VENIMEUX

plate [Hydrus plalurus h.)
Poissons venimeux. Symncée, etc
Arthropodes. Scolopendre. Scoi'pion. Polisle
Reptiles. Sei'penl à

93
94
95

queue

Oursins

96

Annélides.

Gélentérés.

Aniphinotnes
Méduses. Physalies. Millépores.

96
96

.

nuisibles

97

Mammifères. Rat

97
98
99

Animaux

d’Europe
Mollusques. Véronicelles. Limaces
Insectes. Moustiques. Coccidés : maladie des Cocotiers
Animaux

.iouant un

rôle

dans

la formation

des

îles

et

récifs

100

CORALLIENS

100

Mollusques

100

Coralliaires
Protozoaires. Sable et calcaire à Orbilolites el
VI.

Ethnographie.

—

Amphistégines.

.

.

Mœurs et coutumes des Indigènes de la Polynésie.

101

103
106

Tatouage

108

Vêtements

i

Habitations

Nourriture. Four canaque
Embarcations

dépêché

;

109

109
112
114

Anciens monuments. Marae

117

Danses. Chansons

Conclusions

117

Bibliographie

119
PLANCHES HORS TEXTE

Tahitien
Tahitien.

14

portant des fruits
—

18

Tahitienne

Case tahitienne. Indigène

lançant le harpon

Indigènes de Tahiti occupés à râper des noix de coco. — Femme indigène
préparant la popoi
Séchoir à vanille et case tahitienne. — Champ de cannes à sucre
Radeau des anciens
sa

Mangaréviens.

—

41
49

Vieil indigène des Tuamotu, armé de
111

lance.

29.072.

35

—

Bordeaux, Y. Cadoret, impr., 17, rue Poquelin-Molière.

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P. Tutataroa
(Peic sûre )

A. CHALLAItEL Editeur

rue

Jacob, Faris

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Organisation adniinistratii^e, politique et Judiciaire. Arnaud et Méray.
Mise en valeur de'notre domaine colonial. Camille Guy.
L’Instruction publique. Froide vaux. — Survivance de l’esprit

français. Taniet.
La

propriété. Imbari de la Tour. — La main-d’œuvre. Dorvault.
L’Agriculture aux Colonies. H. Lecomte.

Ouvrages de l’Institut colonial international de Bruxelles
et de la Société d’Études coloniales de Belgique.

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                <text>Livres libres de droit qui proviennent de la Bibliothèque de l'Université de la Polynésie française (BUPF), du Service du Patrimoine Archivistique et Audiovisuel (SPAA) de la Polynésie française ou de collections privées.</text>
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              <text>La couverture porte en plus : "Exposition coloniale de Marseille de 1906. Section des établissements français de l'Océanie". &#13;
Cet ouvrage figure dans la bibliographie de O'Reilly (n°6370).</text>
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              <text>Seurat, Léon Gaston (1872-1949)</text>
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